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 You were like a virgin, touched for the very first time

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PILULES AVALÉES : 240
MIROIR : Daniel Radcliffe
IDENTITÉ : Harrie
CRÉDITS : Bazzart, we <3 it, Tumblr
A DÉBARQUÉ LE : 24/03/2016
FORCE : 1038

SITUATION : Célibataire
EST ÂGÉ DE : 28 ans
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 8 Mai 2017 - 1:31


   

   
ℒike a virgin
Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre
Howard débitait tout un tas de conneries qui lui venait de Dieu seul sait où, l'objectif principal étant de rendre un semblant de sourire à Kathérina. Il n'était pas très doué pour ça, ce qu'il disait était assez naïf ou au contraire brut comme du silex, mal taillé, mal poli. Le genre de phrase qui coupe sur les bords et dont il faut se méfier. Normalement il prenait toujours le temps de réfléchir avant de parler, fallait dire qu'il avait le temps, lui qui passait la plupart de son temps muré dans un silence de pierre tombale. Cette fois, en compagnie de Kate et des autres habitants de son cerveau. Ils apprenait à composer avec chacun d'eux, et malgré les hauts et les bas qui le liait avec toutes ces personnalités, Howard prenait... Il prenait confiance en lui auprès d'elle/s. Kathérina Barrow, ses névroses, ses craintes, ses douleurs, tout ça avait quelque chose de familier pour lui. L'humour hésitant et naïf de l'anglais finit par décrocher un petit sourire à la duchesse épuisée par des angoisses perpétuelles. Cette maigre victoire lui donnait envie de vivre juste assez longtemps pour pouvoir recommencer. S'il savait rendre un tout petit peu d'espoir à une âme jumelle, à un enfant des Enfers comme lui, c'était gagné. Ce qu'il voulait c'était qu'elle se dresse face à son époux, relève sa petite tête lourde sur ses épaules fragiles et plante ses griffes à son tour. Là dans la chair battante de Monsieur Andrew Barrow, injecter ses propres lois, qu'ils soient enfin à égalité s'ils ne pouvaient pas simplement retirer leurs anneaux et se fuir.


« L'angoisse me sciera la gorge Howard... J'aimerais avoir la volonté de me battre mais… c'est dur de faire face et... j'ai... j'ai atrocement peur de sa réaction et de.... J'ai atrocement peur de lui. », bredouilla-t-elle, le visage à nouveau baigné dans des larmes qui soulevaient le cœur de l'anglais. La peur, il connaissait bien ça. Il avait tout le temps peur. Peur de son père, peur de la notoriété, de la lumière des projecteurs, des gros titres. Peur de l'enfer et des démons qui l'attendent. Peur des mains des gens, leurs dix doigts comme des toiles d'araignées qui le capture. Peur de lui-même, des choses qui grondent et qui cognent à l'intérieur. Ces marécages, ce dépotoir de sentiments contradictoires dans lequel il s'enlise un peu plus chaque jour. Il avait peur de tout, de tout. Oh ce n'était pas si difficile à gérer au quotidien parce qu'il n'avait jamais rien connu d'autre. La peur était sa compagne de jeu, il y était habitué et... Avait même finit par s'y attacher. Vivre sans ce nœud dans l'estomac était une chose si inconcevable à imaginer qu'il serait déboussolé de s'en défaire.

« - La peur est une chose naturelle, tu ne crois pas ? Sans la peur il n'y aurait pas de challenge, pas de courage et pas de victoire... C'est la peur qui sera ta meilleure alliée et c'est avec elle que tu parviendra à tes fins... Moi j'y crois. En fait... », il marqua une pause.

«- En fait j'ai envie et besoin d'y croire.


- Comment puis-je continuer dans ces circonstances... ? »
C'était une bonne question... Un faible petit sourire à la fois complice et désolé fleurit sur ses lèvres fines.

« Comment puis-je le savoir... ? Si seulement je le savais, je me passerais le mot ! », souffla-t-il désolé.
Il n'était personne, lui. Juste un petit monsieur morne avec de grosses cernes profondes sous des yeux délavés. Un petit pion pris dans les rouages de deux machines : celle de la société et la sphère hermétique de tout ce qui touchait au funéraire. Un croque-mort affublé d'un nom respectable, très bien et ça rimait à quoi tout ça ? Kathérina lui demandait ce que ça voulait dire d'être quelqu'un, mais il ne se reconnaissait pas dans la réponse qu'il lui avait apportée.

« Mais Howard... toi.. toi aussi tu es quelqu'un voyons, regarde toi ! Tu souffres, tu as mal et.. et en plus de cela tu cherches à tout prix à trouver une solution à mon problème et.. tu es là, avec ta hargne à me relever à chaque fois que mes genoux se plient sous le poids trop lourd que je dois supporter. Howard, tu es quelqu'un, et tu es quelqu'un de bien. Notre problème c'est que... on est terrassé par la peur... Mais un sentiment est toujours passager, n'est-ce pas ? Tu l'as dis toi même, à force d'efforts, à force d'y croire... on peut y arriver. »
Il se força à sourire. Cette moue sur sa bouche ressemblait plutôt à une grimace, c'était dur d'être sincère.

« Je crois que tu me vois comme... » , il hésita. « Une sorte de leader des âmes perdues. ». Il se pointa du doigt, des prémices de larmes dans les yeux. « JE suis une de ces âmes. Si je cherche des solutions à ton problème c'est aussi parce que... On est dans le même bateau. Un bateau friable avec le bec dans l'eau. Je n'ai pas besoin de chercher bien loin les réponses parce que... -», il humecta ses lèvres, gêné et troublé par la honte. « - Parce qu'elles sont en moi déjà. Tes questions percutent mes propres réponses que j'étouffe dans une boite pour ne pas qu'elles essayent de me convaincre, en réalité. ». C'était facile de passer pour un héros quand secrètement on éprouvait la même chose que les autres, mais qu'on n'osait pas mettre en pratique les solutions. Ah le courage... Il était bien loin derrière lui, le courage.
Visiblement, sa réponse n'avait pas convaincue car Kate restait persuadée qu'il était quelqu'un et même quelqu'un de bien.

« Tu vois ! Tu vois, si Howard tu sais, être quelqu'un c'est pouvoir ressentir, et admettre qu'on peut ressentir... tout un tas de choses, cette.. foire sans nom ! C'est ça être humain Howard ! Être quelqu'un c'est toi ! C'est ça, crois moi. »
Il hocha la tête.

« Alors... Être quelqu'un c'est simplement la capacité de ressentir ? D'avoir des sentiments ? Ce n'est pas un peu simpliste ? Si on va par là, les plus grands criminels de l'histoire n'ont pas l'âme pourrie ? Ces pécheurs répugnants méritent de vivre peut-être puisqu'ils ressentent eux aussi ! », ah, tiens... Taylor Père s'exprimait à travers sa bouche. Cet endoctrinement perpétuel qui lui avait lavé le cerveau refaisait surface dans la conversation. Il laissait les mots dégueuler comme ça sans penser une seule seconde à sa tendre Bonnie. Sa furie dangereuse qu'il aurait trouvé rebutante s'il l'avait croisé dans la rue en dehors de ces murs. Soudain, il songea à elle, enfin, la pièce tombe. Il se gifla mentalement pour avoir souillé sa condition et par extension, tout son être. Bonnie... Bonnie était son rayon de soleil. Une petite boule de lumière qui lui chauffait les poumons comme une bonne liqueur. Penser à elle alors que Kathérina avait repris ses droits sur son propre corps était tout bonnement déplacé, mais il n'y pouvait rien, son sourire se creusa. Bonnie savait faire ça : gommer les laideurs qui l'affectait, et le rendre beau.

« Pardon.... Ce que je voulais dire c'est juste que... Ressentir des choses ça signifie être humain, mais pas nécessairement que l'on mérite d'être, à proprement parlé : quelqu'un. C'est mon point de vue. Et ça... Oui, j'ai des sentiments, les mêmes que toi, mais je ne crois pas que ce soit mon destin d'être quelqu'un. Oh ! Oh, mais je me réjouis d'être simplement humain... Tu sais, il y a quelques mois je ne pensais même pas mériter ce « titre », je n'ai pas à me plaindre ! ». Bonnie avait changé ça chez lui.

« Le destin n'est pas une fatalité Howard. Enfin... tout n'est peut-être pas écris d'avance, tout n'est pas fait, tu ne nais pas en étant contraint à une vie. On a le choix. Mais choisir est quelque chose d'extrêmement difficile... »

Choisir ? Si c'était si simple... Combien de fois il avait pesé le pour et le contre pendant les longues heures passées enfermé dans sa propre chambre, terrifié à l'idée de mettre un seul orteil en dehors du manoir ? Car s'il choisissait de court-circuiter son propre destin et de s'enfuir, en serait-il seulement capable ? Voler de ses propres ailes, changer de nom, se défaire de son passé, tout recommencer. Suffisait-il de juste un peu de courage pour se débarrasser des névroses qui l'empêchaient de devenir un homme normal. Normal au sens commun du terme : un monsieur tout le monde, étiquette dont la plupart des « monsieur tout le monde » voulaient se défaire !

« Mais arrivé à un moment, il faut reprendre le volant et faire sa route en suivant nos propres consignes. Alors je vais le faire, et toi aussi. »

C'est à ce moment précis où Howard pouffa d'un rire inattendu, suivi d'un reniflement bruyant. Il essuya sa pommette humide et mordit fort dans son sourire joueur pour ne pas se laisser à nouveau gagner par l'hilarité. Ce que disait Kate était grave et beau, mais...

« Pardon... », s'excusa Howard en couvrant sa bouche. « C'est juste que... Cette métaphore est intéressante d'autant plus que je n'ai jamais passé mon permis de conduire ! », s'esclaffa-t-il à nouveau. Ça faisait un bien fou de pouvoir rire devant Kathérina... Jusque là il était toujours resté dans la retenue, dans la pudeur. Rire était une chose très très intime pour lui. C'était un moment de complicité absolue qu'il partageait volontiers avec Bonnie ou même Lyzbeth, ou...

« Enfin, quoi qu'il en soit, je te remercie mille fois de croire en moi. J'ai besoin de ça, et tu peux compter sur mon soutien aussi. Je ne sais pas si ce qu'on est en train de partager, de... Bâtir ne sont que des belles paroles, sans doute que si, mais e tout cas ça fait du bien. »

Subir, ça le fatiguait. Il n'avait plus les épaules assez solide pour en supporter davantage. Howard avait parlé de son père, il avait insinué seulement, à peine effleuré l'idée et Kathérina avait reçu le message comme une cartouche de fusil dans le cœur d'une colombe.

« Je sais. Je comprends. De la même façon que tu sais pour moi, et que tu comprends. Mais ce n'est pas normal. On ne devrait pas comprendre ce genre de choses, autant qu'on ne devrait pas les subir, Howard...  La bataille sera longue », dit-elle en lui tendant son petit doigt menu pour sceller un pacte naïf et beau avec le jeune Taylor.

« On comprend beaucoup de choses que l'on ne devrait pas... Je crois que c'est ça notre problème. On... On manque cruellement d'innocence. Ou  l'innocence me manque, je ne sais plus trop. », répondit-il en faisant un effort titanesque pour croiser son auriculaire avec le sien.
Est-ce qu' Andrew était apte à comprendre ses fautes et prêt à racheter ses péchés ? Rien n'en était moins sûr selon Howard. Kathérina rapprocha ses deux genoux grelottant et ouvrit la bouche :

« On s'aime vraiment lui et moi Howard. C'est... quelque chose d'incroyable c'est.. comme si à la seconde où on c'était vu on avait échangé nos cœurs. Mais pour procéder à un tel échange, il faut écarter les cages thoracique et briser certains os. Mais les os se réparent Howard. »

… Les os se réparent ? Oui enfin cela dépendait. Pas si la vie si précieuse lui était retirée juste avant le processus de reconstruction, c'était ce qu' Howard craignait par dessus tout : qu'on tue Kathérina, qu'on lui arrache Bonnie. Pas Bonnie...

« Je veux dire que... vivre avec quelqu'un c'est dur, c'est compliqué. Aimer c'est compliqué parce qu'on... on est tiraillé sans cesse entre notre bonheur personnel et celui de l'autre. Mais on est vraiment heureux ensemble tu vois c'est.. Je sais c'est dur à croire, mais.. lorsque j'étais toute seule, dans le noir dans le sous-sol du manoir, mon seul bonheur c'était.. de savoir qu'il était au dessus de moi, qu'il pensait à moi. Je sais qu'il souffre, autant que moi. Il va mal, il ne sait plus comment gérer la situation. Alors, il arrivera à se soigner Howard, parce que je vais l'aider à aller mieux. Et lui et moi, ensemble on va se relever, comme on l'a fait pour toute les petites épreuves. Je vais reprendre le droit de mon corps, et lui va reprendre le droit de sa raison. ».

Howard réprima de toutes ses forces un frisson d'horreur. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer la scène. Cette pauvre femme captive, à bout de force et affamée, barricadée dans le sous-sol de sa propre maison, par son propre mari. C'était tout bonnement... Intolérable pour lui, ce niveau d'horreur, et pourtant, il s'y connaissait en horreur de part son métier et son éducation. Et cette même fascination, ce même amour inébranlable, c'était à n'y rien comprendre. C'est elle qui parlait de peur quelques minutes plus tôt alors qu'elle se réjouissait que son bourreau marchait sur le sol au dessus de sa tête. C'était terrifiant... Elle semblait développer une sorte de syndrome de Stockholm particulièrement prononcé, mais Howard n'était clairement pas un expert en psychologie, c'était le sentiment qu'il avait en ce moment.

« Père est ce qu'il est. Il me terrifie mais malgré ce que mes yeux ont pu voir, je suis fier de lui. Simplement parce que c'est un homme ambitieux et brillant. Jamais... Kathérina... Jamais je n'ai été privé d'eau ou de nourriture. Je ne dis pas que les punitions étaient et... Étaient et sont de tout repos, mais je n'ai jamais été séquestré dans ma propre maison, le ventre vide. Comment... Comment Diable peut-on pardonner à un tel homme ? », souffla Howard qui pour la première fois jurait par le Diable.
C'était sans doute ce qui avait interpellé Alicia car c'était son tour de parole, elle estimait peut-être simplement que Kate avait assez parlé maintenant.

« Vous.. vous pensez que nous sommes des pions et que... Le diable peut nous posséder, Howard ? »
Oui. Oui, bien sûr qu'il le pensait, sinon pourquoi serait-il un patient d' Ostrov Island en ce moment même et qu'il aurait cette discussion ? Howard baissa les yeux et joua nerveusement avec les bruns d'herbe qui cerclaient les contours de ses chaussures d'extérieur.

« En effet. N'est-ce que pas ce que vous pensez aussi ? », il jonglait constamment entre le vouvoiement et le tutoiement avec Alicia. Andrew et Alicia étaient les deux seules personnalités avec lesquelles il avait encore du mal à composer, malgré les similitudes qui les rassemblaient. Étrangement, il se sentait plus proche des âmes diamétralement opposées à la sienne.

« A quoi servirait le Diable sinon ? Il est là pour s'amuser. Il mange des âmes innocentes et aspire toute leur candeur. Si l'on tombe dans ses filets... Je pense que toute les prières et exorcistes du monde ne sont pas de trop. Le Diable est puissant et choisir de ne pas croire en lui, ne nous garantie pas de ne pas devenir sa prochaine cible. Je ne sais pas ce que j'ai fait pour le tenter, honnêtement. ». Il se mordit la lèvre au sang et arracha plus violemment une motte de gazon.

« Mince, je... J'ai toujours été bon et serviable. Un chrétien fervent et loyal, je n'ai jamais manqué une seule messe du dimanche depuis mon plus jeune âge ! J'ai beau essayer de concentrer mon attention sur l'instant T qui lui aurait permit de se mettre en travers de mon chemin de croix et d'éloigner Dieu de moi, mais... », il soupira.

« Je me suis réveillé un matin, il était là. Il s'est manifesté de la pire façon qu'il soit. Celle que je craignais le plus et a ajouté à ce poison toutes les névroses qui me caractérisent aujourd'hui, comme une petite carte de visite dont je ne peu me défaire. Je suis fini... »
. Il ne supportait pas qu' Alicia lui trouve des excuses, car même s'il était victime de Satan et de sa malice, il restait faible et lâche ! Il aurait du mettre plus de volonté à combattre ses propres vices au lieu de les subir ! Il ne se rendait pas compte qu'il avait élevé la voix de colère et qu' Alicia avait peur.

« Navré... Navré mais franchement Alicia, je vous débecterais. Je vous parlerais de mes péchés et vous vous laveriez la peau jusqu'aux os pour vous purifier des horreurs que ma bouche peut confesser ». En parlant d'horreurs....  Le regard d'Alicia venait de changer à nouveau. Ce regard perçait son front, il faisait du mal. Il était vif et droit, un œil de rapace affamé. Lyzbeth... ? Non, pas Lyzbeth...

« Tu as raison, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'idéaliser un Homme tel que toi. Et bien prie tout seul en pensant que ton cher Dieu sera réceptif et regardera vers toi avant de t'écraser de sa semelle. Si il prend l'envie à Alicia de prier pour toi, dis toi que de toute façon, cela ne servirait à rien ; Dieu n'écoute pas les putains pécheresses, et encore moins les garçons comme toi. Ceux qui baissent la tête à chaque mot de travers, à chaque main levée. Ceux qui chialent et qui s'effondrent dans le fange au moindre coup. »

Andrew Barrow...

La mâchoire d' Howard se crispa et se yeux si bleus, si purs s'assombrirent. Il ne savait sur quelle émotion danser. Quelque part entre la colère, la honte et la pitié, et poussé par un dégoût de l'être humain en général face à ce démon, il se releva en position debout. Là, en équilibre incertain sur ses deux jambes tremblantes, il s'autorisa encore quelques respirations saccadées pour poser correctement ses mots sans qu'ils ne soient mâchés par l'hésitation.

« Tiens tiens, Monsieur Barrow... Ne vous ai-je pas déjà demandé de déguerpir ? », il ne savait pas pourquoi il craignait Taylor de tous ses membres, mais qu'il était prêt à défier Barrow. Peut-être le visage doux et le corps faible de Kathérina lui donnait un avantage physique qui lui prodiguait une force égoïste, mais là, tout de suite, il sentit qu'il aurait pu le tuer de ses mains. La haine fusait dans ses veines comme un poison qui contaminait tous son corps.

« Vous chercher à me déstabiliser sans doute ? Vous ne valez pas mieux qu'un enfant dans une cour de récréation. Vous me faîtes de a peine, Monsieur. », la colère battait son plein dans les veines gonflées de ses poings et sa voix déraillait.

« Vous prétendez être supérieur à moi alors qu'il n'y a pas une heure vous pleurnichiez sur mon épaule, vous vomissiez la sale bile de votre amour. Amour ! », répéta Howard qui s’esclaffait. « Fascination malsaine pour vous même plutôt. Kathérina vous manque parce qu'elle ne vous met plus en valeur. Sans elle, vous n'êtes qu'un pion, un gamin qui a perdu sa poupée. Vous ne valez pas plus que moi. Je ne vous laisserez pas m'atteindre... », bordel c'était.... Merveilleux. Jamais il n'avait osé s'adresser à un être vivant sur ce ton là. Où était-il passé ce petit Howard James Taylor tout chétif et renfermé ? Pourquoi cet Howard là n'arrivait jamais à prendre le dessus ? « J'ai promis à Kathérina de me battre, alors soyez certain que je ne vais pas me laisser intimider par l'objet de ses névroses ! Celui qui l'a rendu malade, qui l'a rendu sale. ». Howard fit un pas vers Andrew, vers sa pauvre femme possédée par son esprit et le défia d'un seul regard, celui de James. La génétique avait bien fait son travail, Howard se serait fait peur s'il avait vu dans une glace la ressemblance frappante avec son père à l'heure actuelle. Il était prêt à cogner, il en avait envie... ça fourmillait dans ses poings et ça battait dans son crâne. Si l'enveloppe charnelle de cet abjecte créature ne s'était pas présentée sous les traits de Kathérina Barrow ou d'une femme en général, il aurait frappé de toute sa frustration et de toute sa haine.

Mais.. Mais, bah... D'un seul coup, il avait perdu la connexion avec Andrew. Ça avait complètement déstabilisé Howard car il était à point et là, dans les yeux en face de lui, il venait très clairement de reconnaître une lueur familière. Il connaissait par cœur chaque regard et chaque tressaillement de sourcil maintenant. Il était surtout très attentif.

Lyzbeth se tenait devant lui, enfin... Assise plutôt et lui il était là comme un idiot, debout comme une éolienne, le vent dans ses cheveux au carré... Stupide, vraiment. Il se rassit, tout chancelant, encore secoué par l'excès d'émotion. Cette fille allait finir par le tuer à changer si souvent de faces. Ah oui, surtout quand elle prenait la forme d'un poison charmant tel que Lyz, qui exprimait un peu trop clairement et franchement le fond de sa pensée comme si elle disait simplement... « bonjour ! ».

« T'as tellement peu d'estime de toi que t'arrives même pas à accepter que ce garçon t'aime peut-être beaucoup. C'est pathétique Howard, c'est ridicule Howard ! »

Seigneur Dieu, ce qu'il n'aimait PAS parler de ça... Évoquer le souvenir d' Edgar Anderson était une véritable épreuve parce que Dieu l'observait. Il le regardait tenter de se défaire de l'emprise de son ennemi juré, et Howard n'était pas fier de sa propre lutte. Edgar lui manquait, à chaque instant. Il rougit furieusement à l'insinuation de Lybeth.

« C'est moi qui suis ridicule ? Lyzbeth, s'il te plaît ! », Edgar avait simplement décelé ce besoin pathétique qu'il avait eu de goûter à sa bouche en cœur. Il avait eu faim de lui, alors le blond avait semé des petites miettes de pain jusqu'à lui, pour le piéger, pour le capturer, puis l'avait littéralement affamé... Il était parti. La famine totale. Il avait eu pitié c'est tout.

« Ce qu'il s'est passé c'est pas forcément de la comédie, c'est pas de la pitié ou un sacrifice, peut-être que c'était réel ! Alors ok c'est pas ce que tu veux, enfin c'est pas quelque chose que tu as envie de te permettre, d'aimer un homme, ok on a comprit mais.. oublie ça cinq minutes Howard. Ok ? Laisse au moins une chance à ton esprit, c'était peut-être réel. »

Aaarrrrrrghhhh ! Howard se boucha vivement les oreilles en grimaçant. Il avait senti ses tympans se disloquer devant tant d’incohérence et d'absurdité ! Lyzbeth allait reprendre la parole, mais Howard hurla.

« NON ! », silence. Il avait déjà avoué pourtant... Il avait déjà avoué à Lybeth, mais tel était la chorégraphie quotidienne d' Howard Taylor : avancer d'un pas, reculer de trois.

« Non... », répéta-t-il, confus. « Ne dis pas ça... S'il te plaît... Je... J'aime pas. », chuchota-t-il comme un petit animal blessé.
Lyzbeth respira un bon coup et continua comme si de rien n'était.

« Tout est encore possible. Peut-être que qui sait, demain Dieu aura écrit « La Bible II » et que dans celle-ci il y aura marqué « les pédés sont cool, venez tous au paradis, on a David Bowie dans le coin déguisé en pétasse New-Yorkaise », qui sait ! Allez Howard, t'es dans un asile, Dieu il est pas là à te surveiller, t'inquiète avec Bonnie on l'a bien occupé ses derniers temps, il a peut-être pas remarqué ton homosexualité ! »

Les lèvres tremblantes d' Howard se fendirent dans un sourire franc. Elle était intenable... Il se pinça l'arrête du nez en essayant de dissimuler son rire qu'il considérait comme irrespectueux envers Dieu, mais franchement, il devait reconnaître qu'elle possédait une sacrée dose d'humour et de culot.

« Tu t'entends parler parfois ou t'es juste un disque programmé automatiquement pour débiter ce genre de bêtises ?  Je ne suis pas jomosexuel nom de Dieu...», marmonna Howard avant de pouffer d'un petit rire salvateur.

« La Bible II... »
, il soupira. « Tu devrais l'écrire tiens, sacré livre de chevet pour un patient d'Ostrov. Je sens encore que c'est un bouquin à classer au rayon éducatif ça encore ! ».

Franchement, selon Howard l'amour c'était juste un truc pus handicapant qu'autre chose. L'amour ou même l'amitié ça ne servait qu'à nuire à son travail et à sa religion ! Inutile en somme ! Mais... Quand il avait énoncé clairement le fond de sa pensée, il avait vu les yeux de chats de sa meilleure amie s'ouvrir en grand comme si elle avait pris un coup de poignard dans l'abdomen. Bonnie était là, elle était arrivée à l'improviste et Howard se serait foutu une balle pour avoir osé lui faire du mal.

« Mais...How..Howard je... sans l'amour, qu'est ce que je deviens moi ? Je.. c'est la seule raison que j'ai de vivre, c'est ma seule façon d'exister Howard ! Je suis incapable de me voir, ou même de gérer mes émotions parce que je suis incapable de réaliser que j'existe et... le seul moment ou je sais, ou je peux sentir que je suis vivante c'est... uniquement quand je suis en compagnie de quelqu'un qui m'aime, ou qui me touche ou encore me regarde, mince Howard, ma vie ne dépends que de ça... »

Il déglutit, là il avait bien l'air con. Il fronça les sourcils, désolé et agita ses mains comme pour dire « non, non ! Je suis désolé... ».

« Non, Bonnie, juste... Je ne dis pas qu'il faut bannir ça, je dis simplement que... C'est pas de tout repos. », est-ce que Lyzbeth aurait comprit le fond de sa pensée, elle ? Il s'en voulait à en mourir d'avoir abîmé cette jolie lueur dans ses yeux luisants. Cette lueur qui l'aidait à tenir debout, il ne fallait pas qu'elle s'éteigne, jamais ! Sa gorge se noua, il avait peur de ne plus savoir trouver les mots pour regagner le droit de la voir sourire et sautiller à nouveau.

« Je suis une esclave de la déesse de l'amour Howard, c'est le secret de ma survie. Mais maintenant... maintenant je suis toute seule Howard. Ceux que j'ai aimé sont morts entre mes bras, j'ai assassiné celui que j'aime sans lui dire ce que je t'ai dis et maintenant... je n'ai pas la moindre chance de partir d'ici... Je vais crever ici toute seule, Howard... »

Là, il entendit le son qu'avait fait son cœur en se brisant. La dernière phrase de Bonnie l'avait achevé, littéralement. Ses jambes avaient du mal à supporter son poids et toute sa solitude se répercutait à l'intérieur de lui, contre toutes les parois de son corps. Ça faisait de l'écho et résonnait dans sa cervelle. crever. Crever seule, seule, seule, seule, SEULE.. Howard ne voulait pas qu'elle meurt, pitié non et encore moins qu'elle soit SEULE, car Bonnie était déjà morte si elle était seule. Pour tout au monde il ne voulait qu'elle s'imagine qu'il la laissait ici, croupir dans un lieu qui ne méritait pas d'accueillir la partie de son âme qui était belle et bonne comme une mangue dorée aux premiers rayons de l'été.

« Tu n'es pas seule, Bonnie... », sa voix se tordit d'émotion et de douleur. Il s'empara de ses frêles épaules, si petites dans ses paumes ouvertes et la secoua doucement. « Tu n'es pas seule ! », répéta-t-il un peu plus franchement, les larmes débordant de ses yeux. Dans un élan d'impulsivité et de sentiments en pagaille, Howard se précipita sans réfléchir sur la bouche humide de larmes de Bonnie. Il l'embrassait franchement sans se soucier de l'Enfer qui grondait sous ses semelles, ni d' Andrew Barrow, ni d' Edgar, ni de personne. RIEN ni personne. Juste un baiser d'amitié et de soutien. Un qui l'accompagnait, qui la soutenait, qui donnait à la fois de la force à la nymphette en cruel besoin de chaleur humaine et l'anglais blessé et introverti. Après quelques petits baisers furtifs supplémentaires sur sa bouche boudeuse, Howard recula d'un pas, un peu sonné et respira bruyamment.

« Euh... Enfin... Voilà. Je suis là. Toujours là. C'était ce que je voulais dire », balbutia Howard qui lui avoua ensuite que la perdre serait la pire chose qui pourrait jamais lui arriver. Il aurait presque préféré ne jamais revoir revenir Edgar plutôt que te perdre sa Bonnie... Et Satan et Dieu savaient combien c'était sincère.

« La différence entre toi et moi Howard, c'est que toi...tu n'as pas besoin d'être plusieurs personnes pour être un individu entier. Et tu sais que, quoi qu'il advienne, personne dans ta tête ne va tenter de te tuer ou de te faire partir sans ton accord. Je ne peux pas faire confiance à mes amies Howard, c'est pour ça qu'il faut qu'elles partent avant de me jeter dehors et que je m'éteigne. Il faut que Kathérina me laisse son corps, elle.. elle n'a plus aucune chance d'être heureuse. »

Aïe... Là c'était un coup dur... La culpabilité pesait lourd sur les épaules d' Howard. Lui qui défendait et persuadait Kate d'un côté pour qu'elle soit forte et qu'elle s'émancipe et écouter Bonnie tenter de prendre ce corps pour toujours au détriment de la duchesse... Son cœur se serra trop fort parce qu'il savait que... Il sentait que même s'il aurait renié toutes les personnalités de Kate pour ne garder que Bonnie, il savait que c'était mal et que l'épouse Barrow devait retrouver son corps et toute sa lucidité.


« Mais toi Howard, je sais que tu existes VRAIMENT. Tu n'es pas simplement le fruit de l'imagination hallucinante de Kate, tu es réel ! Tu es le seul en qui je peux avoir confiance, alors il faudra que tu me le dises si les autres te disent qu'elles ne veulent plus de moi, d'accord ? Tu m'aideras à vivre, Howard ? »

Howard se mit à pleurer. C'était trop. Il tomba à genoux, terrassé par tout l'amour qu'il découvrait pour un être sans défense au moins autant fragile que lui. C'était nouveau et difficilement gérable de devoir jouer sur plusieurs tableaux comme ça et de devoir mettre ses propres sentiments de côté pour faire le bien.  Fallait-il avouer qu'il aider Kathérina à reprendre le contrôle, fallait-il briser son cœur qu'il aimait tant. Non... Pitié non... Il n'était pas prêt à la voir mourir, à la voir partir... Il se fichait de mentir, car oui, il mentait par omission maintenant.

« Tu es... Bonnie... Je ne t'oublierai jamais... Si j'existe si fort comme tu le prétends, c'est parce que tu sais comment me sauver la vie. Tu sais tout faire... », soupira-t-il en la prenant dans ses bras. La petite nymphe reprit son air guilleret et chantant qu' Howard aimait. Ça l'aidait à panser sa douleur. Enfin un peu de fraîcheur...

« Howard, si tu n'étais pas ici, si tu n'avais pas le poids de ton père sur les épaules... qu'est ce que tu ferais ? Où tu aimerais aller ? Où tu vivrais ? Avec qui ? Je veux que tu visualises en même tant que tu fabriques ta réponse. Je veux que tu t'y imagines, d'accord ? Cet endroit sera ton asile, celui où tu te retires lorsque tout va mal, ton monde idéal. »

Le sourire d' Howard s'étendit jusque dans la lueur de ses iris troubles. C'était l'heure de s'évader au dessus des murs d' Ostrov, Bonnie savait l'y transporter. Il aimait ces instants magique ou les murs de pierres n'étaient qu'illusion.

« Bien... ». Rien. Il avait beau imaginer très fort, il ne se voyait nulle part... Son esprit n'arrivait même pas à fantasmer un monde meilleur, ou du moins un monde différent. Qu'y avait-il au delà du Manoir ? Au dessus des croix cimentées des cimetières ? Il fit un effort et soupira discrètement.

« Si je n'étais pas un Taylor et, qu'accessoirement, je ne serais ps enfermé dans un asile d'aliénés, cela va de paire, je... Je crois que je partirai. Je quitterai ma patrie natale et j'irai m'installer ailleurs. Dans un endroit tropical peut-être ! », mais n'importe quoi Howard... Tu détestes le soleil ! « Non... Non, je visiterai un peu les différents endroits qui me tendraient les bras, mais je reviendrai ici pour y vivre seul. SEUL. Enfin seul... Dans ma maison à mon nom. Oh ! Ça aussi... Je changerais de nom. De prénom ET de nom de famille. Je serais un autre. J'apprendrai à conduire, à cuisiner et je n'aurais plus... Peur. Peur de sortir le soir, en journée. Peur de croiser Père, peur que la mort ou Satan me rattrapent, peur de la peur. J'irai à la bibliothèque comme un homme normal... J'irai manger dans un restaurant sans me sentir oppressé par la foule ou perturbé par le bruit infernal de toutes ces assiettes qui s'empilent... Si j'étais normal... », il ne pouvait PAS s'empêcher de penser à Edgar... Il battait dans les veines de ses tempes. Il était le symbole ultime et éternel de cette liberté qu'il voulait atteindre. C'était atroce ne serait-ce que de l'admettre.

« Toi, tu serais ma voisine et je viendrai t'inviter à boire un thé que j'aurais laissé infuser pour toi... », il ferma le yeux et sourit. C'était délicieux.

« Je suis heureux dans ce fantasme là, c'est terrifiant d'être heureux... ».
   
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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
CRÉDITS : BIBI
A DÉBARQUÉ LE : 06/04/2016
FORCE : 1394
In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
SITUATION : Mariée
EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 4 Juin 2017 - 21:11


❝ Drink my tears, I'm at your mercy ❞
- Howard & Kathérina -
C'est drôlement dangereux de s'attacher à quelqu'un, c'est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l'autre est douloureuse.  
« - La peur est une chose naturelle, tu ne crois pas ? Sans la peur il n'y aurait pas de challenge, pas de courage et pas de victoire... C'est la peur qui sera ta meilleure alliée et c'est avec elle que tu parviendra à tes fins... Moi j'y crois. En fait... j'ai envie et besoin d'y croire. »
La peur avait le don particulier de rester encrer dans la mémoire, circuler sous la peau comme un amant parti trop vite, au levé du jour. Elle nouait les tripes, débranchaient les cables qui connectaient les parties du cerveaux les unes aux autres. Elle était angoisse, tristesse et colère insupportable. Kathérina n'avait plus d'estime pour elle, elle n'était plus capable d'affirmer à quel point elle était forte parce que, tout simplement, la force et le courage l'avaient laissé tombé. Le Challenge, Howard parlait de Challenge, de Victoire. Mais c'était plus grave qu'un simple jeu, ce qu'elle avait à « gagner » (ou plutôt re-gagner..) dans cette histoire, ce n'était pas une médaille ou un petit trophée plaqué or. Non, elle retrouverait le droit sur son corps, le droit sur sa pensée et peut-être même.. sur ses sentiments. Mais si la peur n'avait pas été là... si elle n'avait pas été là, Kathérina aurait été bien plus libre d'elle même.
Elle fit un « non » de la tête à Howard. Pour une fois, elle ne le comprenait pas, son raisonnement ne lui parlait pas. « Howard.. Howard je suis désolée mais... ça me paraît absurde ! Tu te rends compte ? Si cette fichue angoisse ne c'était pas emparée de moi, ne m'avait pas mise à genoux, j'aurais pu faire tellement de choses ! J'aurais pu me relever, j'aurais pu me défendre ! » et pourtant.. pourtant Howard avait raison. La peur avait divisé Kathérina pour la faire régner, elle avait construit des Êtres forts, elle avait invoqué Lyzbeth. Lyzbeth, la seule qui avait pu défendre le corps de Kathérina... ou du moins essayé. Lyzbeth avait toisé Barrow pour lui faire voir quel monstre il était. Puis, elle avait fait grandir son corps, en un claquement glacial qui avait fait écarquiller les yeux du Duc. Elle aurait dû pourrir au sol, tremblante, et gémir à mesure que ses os se broyaient. Cependant, elle était debout, les yeux enragés et les mâchoires serrées. Puis, elle l'avait frappé, elle aussi. Lyzbeth était née ce jour là.

Mais Kathérina ne savait pas, elle ne se doutait pas un seul instant qu'elle avait pu donner naissance à ces Êtres, ces personnes si différentes d'elle qui lui avaient sauvé la vie, forcé son cœur à battre pour vivre, et pas seulement pour Andrew. La vision brouillée, presque gelé par la froideur que dégageait son corps, elle ne savait pas comment avancer encore, faire face au Duc.. encore.
« Comment puis-je le savoir... ? Si seulement je le savais, je me passerais le mot ! Je crois que tu me vois comme...  Une sorte de leader des âmes perdues  JE suis une de ces âmes. Si je cherche des solutions à ton problème c'est aussi parce que... On est dans le même bateau. Un bateau friable avec le bec dans l'eau. Je n'ai pas besoin de chercher bien loin les réponses parce que.. Parce qu'elles sont en moi déjà. Tes questions percutent mes propres réponses que j'étouffe dans une boite pour ne pas qu'elles essayent de me convaincre, en réalité. »
Howard ne voulait-il donc pas s'en sortir ? Howard voulait-il nier son mal(e), l'enterrer et ne plus jamais y repenser ? La danseuse le scruta longuement en se rongeant les doigts de sa main droite. « Tu n'es pas vraiment perdu, alors... n'est-ce pas ? Tu sais ce que tu dois faire, mais tu sais que ce n'est pas ce que tu veux, non ? » elle devait avouer que, même si leur problème n'était pas le même, la solution se résumait à cela : pour contourner le problème, ou du moins l'apaiser, un ou plusieurs sacrifices devraient se faire, quo i qu'il advienne.
Kate repensa à Andrew, et à cette séparation forcée par la justice... ou Dieu, qui avait peut-être entendu ses prières. Mais le soucis était le suivant ; elle n'était pas heureuse sans lui, il lui manquait terriblement. Cela faisait maintenant quelques mois qu'elle était là, sans lui, perdue, toute petite. Andrew avait toujours eu cette façon incroyable de la faire se sentir.. grande, merveilleuse.. parfaite. Et là... elle se sentait vide, terne. Malade. Elle avait peur, pas qu'il l'oublie, non, peur de ne jamais le revoir, peur de ne plus pouvoir habiter ses bras, regoûter à sa bouche. Le manque, elle le connaissait maintenant. Elle qui trouvait ridicule l'addiction de Lyzbeth pour la liqueur, l'addiction de Bonnie pour le sexe, ou cette dépendance d'Alicia à l'ordre et la rigueur... elle, elle était droguée à l'amour, Andrew coulait dans ses veines, habitait son cœur, logeait dans son cerveau, lui gardait les poings liés dans le dos. Le seul contact qu'elle avait de lui se résumait par des lettres. Andrew écrivait beaucoup, énormément, mais jamais Kathérina n'avait répondu, de toute façon c'était désormais impossible pour elle, jusqu'à ce que les os de ses poignets se solidifient. Pourtant, chaque semaine elle en recevait, de plus en plus longues, de plus en plus tristes. Le désespoir du Duc se faisait sentir, sa tristesse... et l'alcool qui remplaçait son sang. Ses mots faisaient trembler ses mains, pleurer ses yeux. Mais il lui promettait.. promettait de trouver une solution, il lui disait qu'il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne serait-ce pouvoir aller la voir ici, pour la faire sortir de cet endroit. Mais en avait-elle envie ? Oui, certainement. Kathérina voulait retrouver son identité, elle ne voulait plus être seulement « la patiente de la chambre n°..... », « la danseuse infirme », « la fillette avec le TDI », « l'Amante Religieuse ». Elle voulait retrouver sa carrière, son rang, son nom. Elle voulait redevenir quelqu'un, et pas seulement « l'épouse du Duc Barrow ».


« Alors... Être quelqu'un c'est simplement la capacité de ressentir ? D'avoir des sentiments ? Ce n'est pas un peu simpliste ? Si on va par là, les plus grands criminels de l'histoire n'ont pas l'âme pourrie ? Ces pécheurs répugnants méritent de vivre peut-être puisqu'ils ressentent eux aussi ! »
Kathérina se décomposa. Elle pensa à Bonnie, Bonnie qui lui avait sauvé la vie, Bonnie qui avait réparé son corps, pansé ses plaies, qui l'avait serré dans ses bras et chuchoté de tendres paroles à son oreilles lorsque le Duc l'avait laissé pour morte à plusieurs reprises, baignant dans son propre sang. Cette façon de parler, de mépriser lui rappelait Andrew. Elle se souvenait bien de tous les instants où, la télé allumée, Andrew avait pesté contre violeurs, criminels et aliénés ; « Putain je te jure, tout ces malades, ils ne méritent que la chaise électrique. », disait-il systématiquement à son épouse lorsque de nouveaux faits divers faisaient surface. Paradoxal, non ? Puis, soudainement, Howard se rendit compte de ses paroles.
« Pardon.... Ce que je voulais dire c'est juste que... Ressentir des choses ça signifie être humain, mais pas nécessairement que l'on mérite d'être, à proprement parlé : quelqu'un. C'est mon point de vue. Et ça... Oui, j'ai des sentiments, les mêmes que toi, mais je ne crois pas que ce soit mon destin d'être quelqu'un. Oh ! Oh, mais je me réjouis d'être simplement humain... Tu sais, il y a quelques mois je ne pensais même pas mériter ce « titre », je n'ai pas à me plaindre ! »
Puis, rapidement, Kathérina releva la tête en écoutant Howard parler, en réfléchissant à la possible simplicité de tout ce malheureux bazar. « Tu... tu as pensé à la lobotomie, Howard ? » Repartir à zéro, avec une nouvelle vie, tout réapprendre, se reconstruire.. ça pouvait être possible grâce à tout cela, non ? Pouvait-on conjurer les vices, oublier ses obsessions grâce à cet étrange moyen ? Peut-être que prendre l'autoroute du bonheur serait plus simple, non ? D'ailleurs, la métaphore vie/autoroute avait bien fait rire Howard, ce qui était un agréable progrès !
« C'est juste que... Cette métaphore est intéressante d'autant plus que je n'ai jamais passé mon permis de conduire ! » Le visage de la danseuse s'illumina d'un sourire. Oui, il était bien vrai que vu sous cet angle... « Moi non plus.. mais pour une raison que j'ignore, c'est marquant comme comparaison alors.. ! »
« Enfin, quoi qu'il en soit, je te remercie mille fois de croire en moi. J'ai besoin de ça, et tu peux compter sur mon soutien aussi. Je ne sais pas si ce qu'on est en train de partager, de... Bâtir ne sont que des belles paroles, sans doute que si, mais e tout cas ça fait du bien. »
Howard avait raison, quelque part. Mais rien que le fait de prononcer de telles paroles leur faisait prendre conscience des événements qui s'introduisaient dans leur vie. C'était une bonne chose de mettre des mots sur des douleurs. « Nous vivons dans un monde d'illusion Howard, un monde de papier. Rien n'est si important qu'on peut le penser, rien n'est plus vrai que ce que toi tu ressens. Je suis mal placée pour dire ça, mais j'ai toujours suivi ce que mon cœur me disait, c'est pour ça que j'ai épousé Andrew, c'est pour ça que je suis devenue.. « quelqu'un » comme tu dis, c'est pour ça que je suis danseuse, c'est pour ça que j'ai vécu de belles choses, et aussi de très mauvaises. Mais un jour, crois moi, Dieu nous viendra en aide, je te le promets. Dieu va t'aider. N'abandonne pas ta foi, prie, remercie le Ciel, remercie ton cœur de battre, ton cerveau de fonctionner. »

« On comprend beaucoup de choses que l'on ne devrait pas... Je crois que c'est ça notre problème. On... On manque cruellement d'innocence. Ou  l'innocence me manque, je ne sais plus trop. » Kathérina acquiesa, elle comprenait ce qu'il disait, elle partageait son avis. Pourtant... pourtant, il semblait que le jeune homme avait du mal à s'imaginer supporter le mal de Kathérina, il y trouvait même quelques différences. « Père est ce qu'il est. Il me terrifie mais malgré ce que mes yeux ont pu voir, je suis fier de lui. Simplement parce que c'est un homme ambitieux et brillant. Jamais... Kathérina... Jamais je n'ai été privé d'eau ou de nourriture. Je ne dis pas que les punitions étaient et... Étaient et sont de tout repos, mais je n'ai jamais été séquestré dans ma propre maison, le ventre vide. Comment... Comment Diable peut-on pardonner à un tel homme ? » Kathérina ouvrit la bouche... et la referma. Howard venait de lui placarder la vérité en face, il venait de lui faire comprendre que la situation était choquante, que ce n'était pas normal. Comment pouvait-elle supporter cela ? Des souvenirs qui n'étaient pas à elles vinrent parasiter son esprit ; les cloisons entre ceux des autres filles n'étaient pas si solides que cela, il fallait croire. Elle se sentait coupable. Coupable de son imperfection, de son amour peut-être trop faible pour un homme trop fort, coupable de trahison, coupable de haïr son mari et d'ignorer jusqu'à sa présence, même. Coupable de la luxure, coupable de ne pas lui donner l'héritier qu'il attendait. Coupable de ses cicatrices sur sa peau satinée, de son corps brisé par les mains de son dieu. "Tu l'as cherché Kathérina tu... tu sais que je ne veux que ton bien mais... mais tu ne me laisses pas le choix, ma douce." Tout était de sa faute, toujours, tout les jours, un nouveau prétexte. « Tu lui as laissé te parler », « tu as laissé ce danseur toucher ta peau », « tu t'es refusée à moi », « tu ne m'as pas accueilli quand je suis rentré ce soir », « tu as osé parler sans ma permission », « tu n'as pas porté cette robe que je t'ai offert », « tu as laissé mon partenaire d'affaire te regarder », « tu n'es qu'une trainée avide de regard et de désir », « tu ne mérites pas le regard de Dieu », « tu devrais rester à terre, au pied de notre lit. », « Un jour je te couperais les cordes vocales pour que tu cesses de t'en servir à charmer n'importe quel imbécile. » La violence devenait habituelle, omniprésente, tout autant que la douceur et... Non, pas tout autant, Andrew était infâme jusque dans sa tendresse malsaine. Rien n'allait. « Je... je ne veux pas me poser la question. Je ne sais pas comment je... comment je survis. Mais c'est de ma faute, il.. il ne doit pas faire cela sans raison Howard... c'est une bonne personne... je.. écoute, je n'en sais rien... Peut-être.. peut-être est-ce parce que je ne suis pas encore tout à fait parfaite, peut-être est-ce parce que je ne lui donne pas suffisamment d'attention, peut-être est-ce parce que je n'arrive pas à lui faire un enfant, peut-être est-ce parce qu'il m'aime toujours plus chaque jour et que j'ignore cet amour je... j'en sais rien Howard... je sais pas. » elle avait l'air de paniquer, ses yeux cherchaient un repère, où à chasser le diable, elle avait entrelacé ses doigts pour s'empêcher de bouger de trop et ses genoux s'entrechoquaient dans un fracas terrible. Elle était malade, à cause de l'amour de sa vie. C'était la seule chose de certaine, finalement ; le Diable devait se délecter de ce spectacle dramatique.


« A quoi servirait le Diable sinon ? Il est là pour s'amuser. Il mange des âmes innocentes et aspire toute leur candeur. Si l'on tombe dans ses filets... Je pense que toute les prières et exorcistes du monde ne sont pas de trop. Le Diable est puissant et choisir de ne pas croire en lui, ne nous garantie pas de ne pas devenir sa prochaine cible. Je ne sais pas ce que j'ai fait pour le tenter, honnêtement. Mince, je... J'ai toujours été bon et serviable. Un chrétien fervent et loyal, je n'ai jamais manqué une seule messe du dimanche depuis mon plus jeune âge ! J'ai beau essayer de concentrer mon attention sur l'instant T qui lui aurait permit de se mettre en travers de mon chemin de croix et d'éloigner Dieu de moi, mais... Navré... Navré mais franchement Alicia, je vous débecterais. Je vous parlerais de mes péchés et vous vous laveriez la peau jusqu'aux os pour vous purifier des horreurs que ma bouche peut confesser » Laver sa peau jusqu'aux os, elle l'avait déjà fait. Pas à cause de paroles trop répugnantes, pas à cause du diable sous ses yeux, non. A cause d'Andrew, de ses mains sur son corps, sur sa bouche. A cause de Bonnie qui avait tenté Archange, qui l'avait rendu infidèle à son époux. A cause de la saleté des catacombes, à cause du sang sur ses jambes, à cause de ses plaies, à cause de son image. Son image, celle qu'Andrew façonnait comme bon lui semblait, celle qu'il abimait, détruisait pour mieux la reconstruire. Et en parlant du loup... un Démon surgit de l'esprit trop pleins de la petite danseuse.

« Tiens tiens, Monsieur Barrow... Ne vous ai-je pas déjà demandé de déguerpir ?  Vous chercher à me déstabiliser sans doute ? Vous ne valez pas mieux qu'un enfant dans une cour de récréation. Vous me faîtes de a peine, Monsieur.  »
Andrew se leva, plantant son regard de diable dans les yeux clairs d'Howard. Les seuls qui avaient osé lui parler de la sorte étaient tous, soit morts, soit infirmes, et Andrew s'en voulait de ne pas avoir eu la présence d'esprit de conserver son Smith & Wesson accroché à sa cheville. Une furieuse envie d'exploser la cervelle de ce morveux se baladait dans son crâne, mais il fallait rester digne. Il esquissa un petit sourire. Insupportable.
« Vous déstabiliser ? Je vous dis seulement ce qui me semble être juste, mais si cela vous déstabilise, cela fait d'une pierre deux coups, Taylor. » Andrew avait voulu interrompre le dialogue entre Kate et le jeune homme. Elle en disait trop, elle se rendait compte de trop de choses, et.. comme il n'était pas capable, pour le moment de la faire taire (ce qu'il reporta donc à plus tard), il décida de s'en prendre à Howard, tout simplement. « Vous savez qu'il va arriver de mauvaises choses à Kathérina... par votre faute ? » La culpabilisation, son arme la plus terrible, et la plus lâche, vraisemblablement.
« Vous prétendez être supérieur à moi alors qu'il n'y a pas une heure vous pleurnichiez sur mon épaule, vous vomissiez la sale bile de votre amour. Amour ! Fascination malsaine pour vous même plutôt. Kathérina vous manque parce qu'elle ne vous met plus en valeur. Sans elle, vous n'êtes qu'un pion, un gamin qui a perdu sa poupée. Vous ne valez pas plus que moi. Je ne vous laisserez pas m'atteindre... »
Andrew attrapa le cou d'Howard d'un geste vif et serra sa gorge entre ses doigts. La force du Duc faisait oublier le corps maigre et faible de son épouse, c'était... effrayant. Le regard de Kathérina c'était noircit... elle était partie. « Comment osez-vous... juger les circonstances ? Vous ne manquez pas de cran, vous ne manquez pas de vanité pour vous adressez à moi de la sorte ! Me connaissez-vous seulement ? Vous croyez... vous croyez qu'elle n'est qu'un accessoire pour moi ? Vous croyez qu'elle n'est qu'une jolie poupée qu'on exhibe, qu'on montre ? Vous êtes stupide, vous êtes naïf !» Il le poussa violemment en détacha sa main de son cou. Un rire fendit le visage de la blonde, Andrew cessa de le regarder. « Vous ne savez pas à qui vous vous adressez lorsque que vous lui parlez, ce qu'elle dit, ce qu'elle vous raconte, ce n'est que 15% de notre vie. Elle ne vous parle pas de ce qu'elle me fait subir, à moi ? Elle ne vous parle pas de sa violence ? De sa sournoiserie et de ses provocations ? Elle ne vous dit pas à quel point elle et moi.. nous sommes semblables. Pourquoi pensez-vous qu'elle reste, hm, Monsieur Taylor ? Sachez, qu'elle n'est pas toute seule à avoir mal.» Il reporta son regard méprisant sur lui, « Mais ça, vous vous en fichez. Vous la croyez, elle, uniquement elle et les autres Putains qu'abrite son esprit délirant. Et bien faites, faite lui confiance et méprisez moi, Howard, un jour vous comprendrez ce dont je parle, un jour vous redouterez de croiser son regard. »
Mais Howard ne lâchait rien, il était prêt, il sortait ses crocs... il aurait pu tuer le Duc, il aurait pu le jeter au sol et briser le corps de la danseuse pour que les mots répugnants cessent de franchir sa bouche, lui crever les yeux pour qu'elle ne puisse plus jamais le mépriser de la sorte..
 « J'ai promis à Kathérina de me battre, alors soyez certain que je ne vais pas me laisser intimider par l'objet de ses névroses ! Celui qui l'a rendu malade, qui l'a rendu sale. »
Andrew se mit à rire, encore, un rire déchirant, terrifiant. « Ce n'est pas moi qui l'ai rendu sale. Oh ce n'est pas moi très cher, elle... elle a le diable dans son corps. » Son sérieux n'effaça pas le rictus qu'il avait aux coins des lèvres, loin de là. « Et moi... moi je tente de le faire sortir, de la retrouver elle. »


Le calme revenu, la tempête bien lointaine était passée. Lyzbeth était là. Elle avait l'air un peu sonnée et.. non pas elle, elle elle allait très bien, c'était son corps qui fatiguait, il avait tout autant de mal qu'Howard à suivre les personnalités dans leurs fantaisies. Lyzbeth avait soif, elle venait de passer après Andrew, la personne qui lui faisait le plus peur au monde et... elle avait besoin d'un petit verre pour la remonter... enfin, plutôt de deux ou trois bouteille, cela dit.
« C'est moi qui suis ridicule ? Lyzbeth, s'il te plaît ! », OUI, OUI HOWARD, TU ES RIDICULE, aurait-elle aimer crier en se foutant de sa gueule, le doigt tendu vers lui. Mais la fatigue venait de l'abattre, de faire déclarer forfait à la furie. Lyzbeth voulait soulager Howard, elle voulait qu'il autorise son esprit à divaguer, à quitter la réalité.. au moins cinq minutes, Howard... elle aurait été jusqu'à toquer à la porte de Dieu, le divertir pendant ce court temps pour qu'il ne voit pas Howard, pour qu'il ne le jette pas aux limbes.
« NON !  Ne dis pas ça... S'il te plaît... Je... J'aime pas.   » Lyzbeth fronça les sourcils et elle se mit sur ses genoux, secoua Howard « T'es un putain de Paresseux Howard PUTAIN ! Tu me gaves, tu me saouuuuuuuuuuuuuuules ! En fait, en fait tu veux pas d'aide, hein ? C'est ça Howard, tu veux pas que je t'aide, tu veux pas trouver de solution ! Tu veux rester ici, creuser un trou et TE METTRE DEDANS ET Y MOURIR ! » Elle se leva brusquement « Et je suis sensée faire quoi moi, face à ça ? Je.. je suis impuissante, je peux PAS arranger ton problème putain, je peux pas t'aider si tu refuses de TE venir en aide ! Howard je passe ma vie à être spectatrice, à regarder Kate se faire massacrer le corps, à regarder Alicia se faire violer, à regarder Bonnie massacrer ET violer, à ME faire massacrer et me faire violer, et... et je peux JAMAIS rien faire ! J'ai beau donner tout ce que je peux, j'arrive pas ! Howard je suis pas capable, je suis coincée dans ce corps trop faible, tout défectueux, je suis condamnée à être IMPUISSANTE, POUR TOUJOURS ! Alors putain Howard... » elle tenta de reprendre sa respiration, d'effacer ses larmes de rages et de tenir sur les batonnets qui lui servaient de jambes et qui tremblaient beaucoup trop pour qu'elle reste debout plus de cinq minutes, « laisse moi te venir en aide... ». Ses jambes cédèrent et la forcèrent à retrouver le sol, là où tout avait commencé.


Mais elle avait reussi à redonner le sourire au brun, elle était parvenue à lui faire quitter la réalité quelques secondes ! AMEN
« Tu t'entends parler parfois ou t'es juste un disque programmé automatiquement pour débiter ce genre de bêtises ?  Je ne suis pas jomosexuel nom de Dieu...» Lyzbeth arqua un sourcil « En vrai c'est pas possible, tu te fous vraiment de ma gueule ? T'as cru que j'étais conne et sourde en plus ? Edgar il a un pénis hein. Pénis = mâle. Ok tu me suis ? Et toi.. bah je suppose que t'as aussi tout ce qu'il te faut... là où il faut ! ALORS SI ! T'es pédé, désolée. Pi' fait pas genre « oh my gaaaaaddddd j'étais pas au courant » SI, SI TU ES AU COURANT, car c'est TOI qui me l'a dit. » elle devait avouer qu'elle y mettait vraiment du cœur, pour l'aider, c'était bien rare d'ailleurs. Aider quelqu'un, c'était une chose, mais aider un homme. Lyzeth se surprit à rire toute seule ; elle constata qu'Howard avait vraiment des problèmes de gonzesse.
« La Bible II...Tu devrais l'écrire tiens, sacré livre de chevet pour un patient d'Ostrov. Je sens encore que c'est un bouquin à classer au rayon éducatif ça encore !   »
Lyzbeth le gratifia d'un sourire qui en disait long et, soudainement prit des airs qui ne lui.. ressemblait pas. Un air pédant, presque précieux, une mine concentrée, accompagnée d'un geste délicat pour coiffer ses cheveux en un chignon (qui ne tint pas longtemps, étant donné que Lyzbeth était incapable de coiffer ses cheveux) « Là... j'ai l'air sérieuse ? J'ai une dégaine d'écrivain ?! » demanda-t-elle à Howard en remontant sur son petit nez des lunettes...fictives et invisibles. « Ca ferait un carton comme bouquin ! Les gens y croiraient, c'est CEEEEERTAIN ! ».. le pire dans tout cela, c'était qu'elle était bien capable de l'écrire, cette nouvelle bible ; se placer en Dieu était une idée qui lui plaisait bien ;.. où comment bien blasphémer !


Puis, la rage de Lyzbeth s'envola, ainsi que sa bonne humeur, par la même occasion. Howard lui aussi, blasphéma ; il sous-entendit qu'une vie sans amour serait plus simple. Le cœur de Bonnie se brisa et, en un instant, elle ne fut plus qu'une pauvre petite fée sans lumière, à laquelle on aurait arraché les ailes. Howard s'agita lorsqu'il se rendit compte à quel point ses mots avaient frapper la nymphe en pleins fouet et il regretta presque immédiatement ;
« Non, Bonnie, juste... Je ne dis pas qu'il faut bannir ça, je dis simplement que... C'est pas de tout repos. » Bonnie c'était fermée, elle se noyait dans la tristesse, dans le désespoir. Quelle était son utilité sur cette petite planète en phase terminale, où l'amour avait laissé place en la haine, où les gens ne chantaient plus « All you need is love », où l'économie était plus importante que les vies humaines, où les gens différents étaient interné, où l'entreprise pharmaceutique refusait de poursuivre ses recherches pour trouver un moyen efficace pour lutter contre le SIDA, où l'humain en sacrifiait d'autres ! « La haine et la terreur bercent notre monde Howard.. c'est ça.. c'est ça qui est épuisant... l'amour se fait rare, il ne parvient plus à se cultiver.. on le coupe à la racine, on l'arrache à sa terre. On le met dans un vase pour faire bien et puis quand il fane... on le jette à la poubelle. » Les yeux de Bonnie pleuraient, ils témoignaient de son désespoir, de sa dépendance aux regards, aux mains sur elle, à la passion déchirante. Elle n'avait pas envie de finir à la poubelle, parmi les jolies fleurs arrachées à leur maison. « L'amour disparaît ! Howard, la haine fabrique des Hommes qui ne sont plus humains, elle accouche de sales types qui profitent du système pour s'en mettre pleins les poches, elle crache sur les plus faibles, sur les plus différents ! Les écoles sont des usines à fabriquer des moutons bien dociles pour qu'ils contribuent à l'enrichissement de l'état, les enfants sont de futurs requins sans sentiments. Les entreprises déshumanisent le Vivant et le tuent, la société veut enfermer les gens dans une « morale » qui les force à se contraindre à une vie triste, monotone et sans risque ! Et moi Howard, moi je vais crever, je vais mourir ! On me gave de centaine de médicaments pour lutter contre la maladie et moi, moi plus les jours passent plus je vais mal, plus mon corps se décompose. Je perds des branches, je tremble, je vomis mes poumons, crache du sang, j'ai froid, je deviens comme Kate ! Tout ça parce qu'on veut pas me soigner, tout ça parce que personne ne veut m'aimer UNIQUEMENT parce que je suis « immorale », « scandaleuse », que je suis une Putain, une criminelle qui a butté une vingtaine d'hommes et de femmes et... ils se mettent pas à ma place les plus grands, les avocats, les juges, l'état. Pourquoi j'ai fais ça Howard ? » elle leva ses yeux clairs et trempés vers lui, l'air dépité « Toi tu sais.. toi tu comprends Howard. Alors pourquoi pas eux ? Pourquoi on m'a mise là Howard ? J'ai fais que.. libérer des gens... je pouvais pas les laisser souffrir, c'était terminé pour eux, tu sais... toi tu sais... »


Howard ne voulait pas laisser Bonnie dans les ténèbres, seule face à elle même, seule contre tous. Il avait du voir, ou entendre brièvement cette histoire, mais n'avait peut-être pas du faire le rapprochement entre la douce Bonnie et le Monstre décrit par la télévision. La manipulation médiatique savait faire, elle pouvait influencer comme bon lui semblait, finalement.
« Tu n'es pas seule, Bonnie...Tu n'es pas seule !   » Et, soudain, sa bouche plaquée contre la sienne, la respiration coupée, le diable de Bonnie renvoyé dans sa cage abjecte et le vide...disparu. Bonnie avait gratté l'écorce d'Howard, avait tenté de briser sa carapace, taper fort pour le voir s'ouvrir, le voir sourire... Apercevoir ce qui pouvait bien se cacher malicieusement derrière son premier regard, sombre et distant, cette façade qui était le masque de son âme si torturée, épuisée par la vie. Peut-être que.. deux solitudes pouvaient finalement s'annuler. La chaleur d'un corps pouvait... tout. Effacer. C'était Bonnie qui avait exploité ce concept et.. Howard comprenait. Il savait, il la connaissait si bien et... si vite !
« Euh... Enfin... Voilà. Je suis là. Toujours là. C'était ce que je voulais dire »
Les yeux écarquillés de Bonnie, les deux infirmiers qui avez le regard posés sur eux, tout aussi surpris que la petite blonde et... la vie reprit son court autour d'eux, Bonnie inspira et posa sa main (trop) tremblante sur sa bouche. « Tu... tu me connais Howard. » elle releva son regard pour admirer le brun, son courage et sa ténacité « Tu... t'es vraiment formidable, retient ça... s'il te plait. » et elle le prit dans ses bras sans force, elle le serra contre elle et libéra un flot de larme.. libérateur. Elle se sentirait certainement plus légère après cela. Et, finalement, Howard rejoignit Bonnie dans ses pleurs, comme deux vieux amis qui se retrouvaient après des années d'absence, comme deux amants après une dispute violente, comme deux jumeaux, séparés à la naissance.
« Tu es... Bonnie... Je ne t'oublierai jamais... Si j'existe si fort comme tu le prétends, c'est parce que tu sais comment me sauver la vie. Tu sais tout faire... »

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Le vent souffle doucement pour soulager les peaux du soleil qui tape fort sur les Vivants. La ville est aussi belle que la campagne, aussi colorée. Les gens sont beaux, ils s'aiment, des hommes avec des femmes, des femmes embrassent des femmes et des hommes chuchotent des mots doux à d'autres hommes. C'est l'été à Londres, et n'importe où il fait beau. Tout le monde est différent, heureux. La masse d'anonymes rie, parle, danse et chante. Un monde idéal. Bonnie veut connaître le bonheur utopique d'Howard.
« Si je n'étais pas un Taylor et, qu'accessoirement, je ne serais ps enfermé dans un asile d'aliénés, cela va de paire, je... Je crois que je partirai. Je quitterai ma patrie natale et j'irai m'installer ailleurs. Dans un endroit tropical peut-être ! « Non... Non, je visiterai un peu les différents endroits qui me tendraient les bras, mais je reviendrai ici pour y vivre seul. SEUL. Enfin seul... Dans ma maison à mon nom. Oh ! Ça aussi... Je changerais de nom. De prénom ET de nom de famille. Je serais un autre. J'apprendrai à conduire, à cuisiner et je n'aurais plus... Peur. Peur de sortir le soir, en journée. Peur de croiser Père, peur que la mort ou Satan me rattrapent, peur de la peur. J'irai à la bibliothèque comme un homme normal... J'irai manger dans un restaurant sans me sentir oppressé par la foule ou perturbé par le bruit infernal de toutes ces assiettes qui s'empilent... Si j'étais normal... Toi, tu serais ma voisine et je viendrai t'inviter à boire un thé que j'aurais laissé infuser pour toi...  »
Bonnie esquissa un petit sourire, sécha son visage avec ses mains et elle se mit à réfléchir à sa vie idéale, à son bonheur à elle.
« Elle est jolie ta vie. Tu t'appellerais comment ? Tu prendrais quel nom ? Un joli prénom ! C'est beau Howard aussi remarque... peut-on vraiment faire plus beau ? Je ne sais pas. » Elle esquissa un petit sourire « Je serais tout près de chez toi et... et j'aurais une grande roulotte pour pouvoir partir où bon me semble ! Et tu pourras venir avec moi Howard ! Je t'inviterais, tu viendras, hein Howie ? Et puis tu pourras venir chez moi ! Chez moi il n'y a pas de meuble, il n'y a pas Kate, pas Andrew, pas Alicia, et pas Lyzbeth ! Il y a moi, et.. un mouton que j'aurais adopté ! Et des tapis, partout ! Des coussins... et un matelas ! Et tu viendras me voir. Dans ma vie.. je vois Irwin, lui... il sera là aussi, il prendra des cachets, encore, mais cette fois ci ils seront efficaces, et on pourra vivre longtemps lui et moi.. on pourra même peut-être fabriquer un bébé, un qui aura ses yeux.. et pour te faire plaisir, on le baptisera, on ira à l'église et tu seras son parrain ! Ca te plairait ? Et enfin, on vieillira, comme deux personnes normales, pas malades, pas tristes, après avoir fait le tour du monde. Et je t'inviterais boire un café, ou un thé. Un que je déteste mais que j'ai quand même chez moi parce que tu l'adores. » L'éclat et la flamme de ses yeux revinrent ; elle était heureuse, rien qu'à l'idée d'imaginer ce monde.

« Je suis heureux dans ce fantasme là, c'est terrifiant d'être heureux... » Bonnie se mit à rire et reprit ses mains dans les siennes.
« C'est beau d'être terrifié par le bonheur... parce que tu ne le connais pas encore. »





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EST ÂGÉ DE : 28 ans
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 6 Juin 2017 - 0:00


 

 
ℒike a virgin
Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre
Kathérina éventrait l'argumentation d' Howard par des petits coups de tête discret qui affichaient clairement un désaccord grandissant.

« Howard.. Howard je suis désolée mais... ça me paraît absurde ! Tu te rends compte ? Si cette fichue angoisse ne c'était pas emparée de moi, ne m'avait pas mise à genoux, j'aurais pu faire tellement de choses ! J'aurais pu me relever, j'aurais pu me défendre ! »
Le croque-mort fronça ses épais sourcils noirs. Il ne comprenait pas son raisonnement.

« Mais... Te défendre de quoi, Kathérina ? Si tu n'avais pas eu cette peur alors tu n'aurais rien craint, tu n'aurais pas à faire face au danger, et tu n'aurais pas été plus forte, juste... Ignorante de ce qu'est réellement l'horreur. », il laissa planer un silence pesant.

« Alors oui, ça aurait été sans doute mieux, mais comme tu le sais, on n'a jamais ce que l'on désire dans la vie. Ça aurait été mieux de n'être pas fou, de n'avoir rien vécu de tel sans doute, ou peut-être que ça aurait été mieux de juste se réveiller une seule journée et oublier jusqu'à la définition même de la douleur, mais nous, nous deux, on est pas tombé de ce côté là du monde. C'est... C'est pas magique, on ne peut pas choisir, enfin on ne peut pas choisir, si mais... ». Si il savait finalement... Le calcul n'était pas bien compliqué après tout...

« Tu n'es pas vraiment perdu, alors... n'est-ce pas ? Tu sais ce que tu dois faire, mais tu sais que ce n'est pas ce que tu veux, non ? »

Kate avait vu en lui, elle avait comprit elle aussi. Plus rien derrière quoi se cacher, Howard plongea son visage dans ses grandes mains comme un dernier recours. La partie de lui qui respectait son père, celle qui l'admirait religieusement se doutait de l'issue à prendre. Elle savait que cet homme droit, lui l'increvable, le roc qui ne s’effritait jamais était foncièrement mauvais. James n'était pas quelqu'un de bien. James se moquait de lui. Jamais il n'avait pris la peine de lui raconter un bout de son enfance, un souvenir. Lui transmettre quelque chose qui pouvait s'apparenter à un avorton d'amour, mais ce n'était pas ça qui le rendait sale. Il avait le droit d'être un mauvais père, Howard s'imaginait que ce n'était pas une tâche facile et que lui-même aurait sans doute faibli aussi à ce rôle, mais... Il était mauvais quand son regard semait la répression et la terreur. Il était mauvais quand seulement le bruit des glaçons qui s'entrechoquaient dans son verre de bourbon déchiraient le silence pesant du grand salon principal. Howard le revoyait très clairement, droit dans son grand fauteuil, les jambes croisées, les pommettes saillantes. La main crispée à son verre, les nervures de ses doigts qui devenaient légèrement blanche à force de serrer. Il attendait qu' Howard balbutie toute sa honte et sa confusion, il attendait que son fils le déçoive, allez, qu'on en finisse ! Howard savait que la cruauté avait un visage, un visage qu'il revoyait chaque fois qu'il tremblait, chaque fois qu'il fermait les yeux et qu'il avait peur de ne plus jamais voir le jour. James était mauvais, psychologiquement mauvais. Il agissait directement sur son esprit, il avait planté son drapeau noir dans la terre hostile dans laquelle se répandaient les restes de son cerveau. Il le savait bien ça, particulièrement quand il le rappelait à son jeune fils : « Regardez-moi, je suis votre père ,vous me devez obéissance! ». Howard frissonna. Il entendait sa voix... Sa voix... Seigneur ! Elle n'était pourtant pas glaciale du tout, elle était même empiriquement chaude et presque suave. Pas suave comme celle d'Edgar, non. Pitié non. Plus... Molle et lente. Elle se traîne, elle lui faisait peur. Oui James Taylor était un homme dangereux. Howard entendait ses phalanges craquer et devint livide. Il n'était plus un petit garçon, c'était un homme. Un homme bien fait qui aurait pu lui dire « stop », qui aurait pu lui rendre la monnaie de sa pièce et le rouer de coups, lui faire goûter la vengeance qu'il méritait. Howard se sentait encore trop faible, trop éteint, trop... Insignifiant pour ne serait-ce que relever les épaules devant Taylor père. Il était capable de laisser la colère le gagner, il connaissait cette sensation qui bout dans les veines, ce besoin de frapper, mais il en était tout bonnement incapable, il était... Asservit.

« Je sais ce que je ne peux pas. J'aimerais bien croire qu'avec tout ce qu'ils me donnent ici, j'arrive à... Faire le tri dans tout ce... », il grimaça. BORDEL c'est le mot qu'il voulait utiliser, mais il se retint du bout des lèvres.

Et puis les interrogations de Kathérina ne l'aidaient pas ! Elle voulait savoir ce que ça faisait d'être humain, ce que c'était d'être quelqu'un. Qu'est-ce qu'il en savait, lui ? Il rejeta sa rage grandissante sur les pécheurs de ce monde en prenant bien soin d'oublier qu'il en faisait partie comme sa meilleure amie qui n'existait que dans la tête de Kate. Cette dernière se figea, le visage complètement déconfit par ses mots affûtes. Howard savait faire du mal gratuitement, Howard le doux agneau inoffensif, celui qui n'aurait pas blessé une mouche, savait comment tourner ses phrases pour qu'elles deviennent des armes blanches qui laissaient des traces rouges dans les chairs. Parfois, sans savoir pourquoi, il avait ce besoin de blesser sans raison, c'était un genre de colère constante, grouillante dans son ventre qui refluait par son œsophage et qui déversait sa bile sur toutes les âmes innocentes environnantes, sur les victimes plus faibles que lui encore. Il était lâche, il était son père... ça le prenait de rares fois quand il n'était pas d'accord, quand il était en colère ou quand il avait honte un peu trop fort. Il souffrait de son propre comportement, de ses démons, de ses terreurs, de sa faiblesse incurable, de TOUT, tout le temps !

« Tu... tu as pensé à la lobotomie, Howard ? »


La lobotomie ? Son cerveau répètes ce mot mais Howard ne bronche pas, pas un mot ne s'échappe de sa bouche. S'il y avait déjà pensé ? Tel était le dilemme qui l'animait depuis qu'il avait entendu parler de certaines pratiques de traitement d' Ostrov Island. C'était si tentant... Arracher à son cerveau ce bout de chair de trop qui pourrit dans son crâne en infestant tout son corps par la même veine. C'était si simple d'ouvrir sa tête, de l'ôter, simplement le retirer et tout recoudre. Recommencer l'histoire. Oublier le concept même de peur, d'oppression. Oublier l'autorité obsédante, la menace de l'Enfer et la promesse de Paradis dont il ne verrais jamais la couleur. Se moquer d'avoir envie de sexe, de sexe brutal et passionné. Se foutre de se souvenir d' Edgar Anderson chaque fois que ses yeux se posent sur la cambrure des reins d'un infirmier qui ne lui arrivent pas à la cheville.

« NON ! »
, cria Howard alors qu'un silence déchirant accompagna sa réponse brutale et inattendue. Il voulait la faire taire... Il ne voulait plus entendre parler de ça, il avait PEUR, peur ENCORE ! Peur de ce qui change, du danger, de l'imprévu.

« Enfin quoi Kathérina Barrow, tu penses qu'on est que des machines sur lesquelles ont peut décider de simplement... Débrancher la prise ? C'est trop simple... », il avait l'air condescendant, antipathique même ! Ça l'énervait de sentir qu'il désirait de cette chose lâche et simple, de refuser de se battre. Il souffla un bon cout et manière de s'excuser, la remercia pour toute cette compassion dont elle faisant preuve.

« Nous vivons dans un monde d'illusion Howard, un monde de papier. Rien n'est si important qu'on peut le penser, rien n'est plus vrai que ce que toi tu ressens. Je suis mal placée pour dire ça, mais j'ai toujours suivi ce que mon cœur me disait, c'est pour ça que j'ai épousé Andrew, c'est pour ça que je suis devenue.. « quelqu'un » comme tu dis, c'est pour ça que je suis danseuse, c'est pour ça que j'ai vécu de belles choses, et aussi de très mauvaises. Mais un jour, crois moi, Dieu nous viendra en aide, je te le promets. Dieu va t'aider. N'abandonne pas ta foi, prie, remercie le Ciel, remercie ton cœur de battre, ton cerveau de fonctionner. »

Arrrrrrgh ! Andrew Barrow. Juste l'évocation de son nom lui donnait la nausée. Son esprit n'était pas assez ouvert pour comprendre le point de vue du Duc, de se mettre à sa place. Comment pouvait-elle lui pardonner les sévices qui lui faisait subir ? Ça dépassait l'anglais. Kathérina perdit ses moyens.

« Je... je ne veux pas me poser la question. Je ne sais pas comment je... comment je survis. Mais c'est de ma faute, il.. il ne doit pas faire cela sans raison Howard... c'est une bonne personne... je.. écoute, je n'en sais rien... Peut-être.. peut-être est-ce parce que je ne suis pas encore tout à fait parfaite, peut-être est-ce parce que je ne lui donne pas suffisamment d'attention, peut-être est-ce parce que je n'arrive pas à lui faire un enfant, peut-être est-ce parce qu'il m'aime toujours plus chaque jour et que j'ignore cet amour je... j'en sais rien Howard... je sais pas. »

Oh... « Parfaite... ? », répéta Howard écœuré. « Parfaite pour lui ? Mais... Tu le vois PARFAIT, toi ? Ce type suinte par tous les orifices, il pue l'égoïsme, je le sens d'ici, par tes souvenir, par ta servitude ! QUOI ! QUOI ! », hurla Howard. « Tu veux me confronter Kathérina ? Tu veux le défendre, tu veux lui dire Amen ? Je suis désolé mais ça sera sans mon soutient cette fois ! », quel petit ingrat Taylor junior... Oser blâmer la duchesse alors qu'il n'était pas mieux lotit. Franchement, le fantôme d'Anderson lui décapait le cerveau. Anderson s'étranglant dans son hilarité malsaine, un rire qui faisait grincer des dents. Anderson  la forme de ses mains, les tâches de rousseur estompées sur ses phalanges, ses ongles rognés, ses rides aux coins des yeux chaque fois qu'il pouffe, ses fossettes qui démarquent ses joues, les traits de son menton. Ses dents blanches comme de l'ivoire malgré les dégâts de la drogue et la cigarette. Ses yeux ternes, pales et fatigués qui se ravivent à chaque nouvelle idée fumante ! Anderson bordel de DIEU ! Une telle créature aphrodisiaque, une telle progéniture de l'Enfer qui grandissait en lui comme un arbre ! Tout était sensuel, tout était excitant chez lui ! Chaque morceau de peau même un pli du genou, même la peau fripée de son coude ! Le col de sa chemise, le fil décousu dans son vieux veston, ses surcouches de vêtements qui ne vont pas toujours ensemble, les épis dans ses cheveux fin. Anderson son haleine, sa voix de tourne disque qui déraille quand il s'énerve, son nez droit, ses cils trop clairs, ses petits yeux plissés qui laissent seulement deviner le lagon bleu au fond de l’abîme. Son regard de fouine, son corps imberbe, sa pomme d' Adam, ses grandes oreilles, tout ! C'est atroce ce petit parasite volant de l'esprit qui cogne contre la fenêtre de son crâne et ne trouve pas la sortie !  

Pendant qu' Howard faisait le listing mental de tout ce qui le rendait fou, Andrew Barrow en personne vint amplifier sa colère. Le duc se leva de tout son long et à cet instant, l'anglais ne voyait plus Kathérina, même plus Bonnie, juste la carrure de ce mâle dominateur, ce fou dangereux qui pouvait lui prendre la nymphette et la briser dans ses doigts.

« Vous déstabiliser ? Je vous dis seulement ce qui me semble être juste, mais si cela vous déstabilise, cela fait d'une pierre deux coups, Taylor. »

Howard détestait qu'on l'appelle « Taylor », ça lui irritait la peau et lui usait les tympans.  Il savait bien que son propre nom portait l'ombre étouffante de son paternel, que chaque fois qu'il se présentait son ADN ne pouvait plus être maquillé car il s'appelait H. James Taylor. Il ne supportait pas de rester assis alors que le vautour le toisait de tout là-haut. Il se releva et malgré sa petite taille, il dépassait aisément l'ersatz de Barrow.

« Vous me faîtes rire avec votre concept même de justice... C'est un mot qui ne va pas dans votre bouche, vous ne le sentez pas, à son goût ? », demanda Howard dont le regard cerclé de noir était d'une violence accablante.

« Vous savez qu'il va arriver de mauvaises choses à Kathérina... par votre faute ? »
Howard avait envie de frapper mais à la place, il esquissa un sourire et s'approcha d'Andrew.

« Bonnie va vous mettre en pièces. »
, juste à dire son prénom, Howard se sentait mieux. Comme d'appuyer sur une pompe à morphine. Il profita de sa confiance pour accabler le duc de tout ce qu'il pensait réellement. C'était si bon de pouvoir faire la morale à quelqu'un, d'oser s'énerver et avilir quelqu'un, ça changeait... Sauf que Barrow, emporté par une colère noire, se jeta à son cou. Il serra fort et ce n'était pas force de la petite fille fragile qui pressait, c'était la force d'au moins cinq hommes. Howard tenta de se dégager mais il suffoquait. Pourquoi les gardes n'étaient pas dans le coin au bon moment pour une fois ?!

« Comment osez-vous... juger les circonstances ? Vous ne manquez pas de cran, vous ne manquez pas de vanité pour vous adressez à moi de la sorte ! Me connaissez-vous seulement ? Vous croyez... vous croyez qu'elle n'est qu'un accessoire pour moi ? Vous croyez qu'elle n'est qu'une jolie poupée qu'on exhibe, qu'on montre ? Vous êtes stupide, vous êtes naïf !», aboya Andrew en le repoussant violemment en arrière, le libérant enfin de son emprise. Le croque-mort toussa plusieurs fois et respira un grand bol d'air.

« Vous ne savez pas à qui vous vous adressez lorsque que vous lui parlez, ce qu'elle dit, ce qu'elle vous raconte, ce n'est que 15% de notre vie. Elle ne vous parle pas de ce qu'elle me fait subir, à moi ? Elle ne vous parle pas de sa violence ? De sa sournoiserie et de ses provocations ? Elle ne vous dit pas à quel point elle et moi.. nous sommes semblables. Pourquoi pensez-vous qu'elle reste, hm, Monsieur Taylor ? Sachez, qu'elle n'est pas toute seule à avoir mal. Mais ça, vous vous en fichez. Vous la croyez, elle, uniquement elle et les autres Putains qu'abrite son esprit délirant. Et bien faites, faite lui confiance et méprisez moi, Howard, un jour vous comprendrez ce dont je parle, un jour vous redouterez de croiser son regard. »

Il n'avait pas pu placer un mot, trop occupé à vérifier s'il respirait toujours correctement. Andrew savait où appuyer pour bloquer l'air, l'empêcher d'atteindre ses poumons, mais il état habitué à la violence, dommage pour le Duc. Il savait ce que ça faisait d'étouffer, de suffoquer. Il connaissait les hématomes autour de sa gorge qui n'avaient rien de suçons, mais plutôt des marques de poigne.

« BORDEL MAIS VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT MALADE ! Ça va pas là-haut vous ! », il hurlait de son reste de voix. « Malheureusement pour vous, va falloir serrer encore plus fort pour m'atteindre. J'ai une plutôt bonne résistance aux coups voyez-vous? Il semblerait que votre petite femme et moi on a plus de points commun que vous ne le pensiez... »

Comment Kathérina pouvait se laisser salir par un monstre pareil ? Andrew se mit à rire, un rire dégueulasse.

« Ce n'est pas moi qui l'ai rendu sale. Oh ce n'est pas moi très cher, elle... elle a le diable dans son corps.  Et moi... moi je tente de le faire sortir, de la retrouver elle. »

Oh mais ouiii bien sûr !

« Pour vous fuir, elle s'est reconstruite en d'autres personnes, elle s'est effacé pour se défaire de votre emprise. Le Diable est en elle ? C'est presque drôle ça... Oui il est en elle. La faute à qui ? Vous nécrosez jusqu'à son identité propre, quel parfait amant vous faites ! », ça lui allait bien de parler de la manière d'aimer quelqu'un... Il sentait que cette fois, ses poings allaient se délier, là, à la prochaine réplique, la prochaine provocation, il ne tiendrait plus mais... Mais Andrew s'évapora. C'était gratifiant en fait. Le sentiment de l'avoir effrayé même si son esprit savait bien que ce n'était qu'une vaste illusion.

Lyzbeth avait foutu un coup de pied au cul d'Andrew, allez au suivant, fais de la place vieux pédant ! Bon, Howard était soulagé de la voir enfin détrôner cet abruti mais... La conversation qu'elle avait en boucle sur son magnéto ne l'enchantai guère... Non bordel il n'aimait pas Edgar, quoi, il lui avait déjà dit ? Non c'est juste que c'était... Juste pour voir sa réaction...  

« T'es un putain de Paresseux Howard PUTAIN ! Tu me gaves, tu me saouuuuuuuuuuuuuuules ! En fait, en fait tu veux pas d'aide, hein ? C'est ça Howard, tu veux pas que je t'aide, tu veux pas trouver de solution ! Tu veux rester ici, creuser un trou et TE METTRE DEDANS ET Y MOURIR ! »

La furie s'énerve elle va même jusqu'à se lever. Il s'imaginait creuser sa tombe et mourir dedans. C'était presque tentant si ça n'avait pas été au sein d' Otsrov Island.

« Et je suis sensée faire quoi moi, face à ça ? Je.. je suis impuissante, je peux PAS arranger ton problème putain, je peux pas t'aider si tu refuses de TE venir en aide ! Howard je passe ma vie à être spectatrice, à regarder Kate se faire massacrer le corps, à regarder Alicia se faire violer, à regarder Bonnie massacrer ET violer, à ME faire massacrer et me faire violer, et... et je peux JAMAIS rien faire ! J'ai beau donner tout ce que je peux, j'arrive pas ! Howard je suis pas capable, je suis coincée dans ce corps trop faible, tout défectueux, je suis condamnée à être IMPUISSANTE, POUR TOUJOURS ! Alors putain Howard... »

Howard déglutit pendant qu'elle reprenait son souffle. Elle n'était plus drôle du tout, elle était terrifiante, authentique, puissante, forte dans ses faiblesses. Elle était exactement comment il désirait tant voir Kathérina un jour...

«Laisse moi te venir en aide... »
. Ses jambes ne la tirent plus debout alors elle s'écroula au sol. Howard déglutit bruyamment.

« Je... ça me fait de la peine Lyzbeth... J'aimerais que tu puisses m'aider, qu'est-ce que je dois faire... ? Dis-moi..». Howard n'osait pas la toucher, il voulait la réconforter, lui dire qu'il était un cas à part, que l'aider c'était comme de vouloir braver l' Himalaya à cloche pied, c'était pas sa faute... Son cœur prenait des coups, sa sensibilité revenait. C'était étrange de surfer sur différentes tonalités d’émotions, le large spectre de sensations entre Andrew et Bonnie... Cette femme qui n'aimait que les femmes et vomissait sur les hommes et leur triste condition de mâles, se proposait d'aider Howard. C'était presque vexant ! Le brun ténébreux se serait volontiers laissé tenter par l'expérience, mais Lyz se fatiguait inlassablement à le qualifier « d'homosexuel », ce qu'il appréciait moyennement, pour ne pas dire pas du tout.

« En vrai c'est pas possible, tu te fous vraiment de ma gueule ? T'as cru que j'étais conne et sourde en plus ? Edgar il a un pénis hein. Pénis = mâle. Ok tu me suis ? Et toi.. bah je suppose que t'as aussi tout ce qu'il te faut... là où il faut ! ALORS SI ! T'es pédé, désolée. Pi' fait pas genre « oh my gaaaaaddddd j'étais pas au courant » SI, SI TU ES AU COURANT, car c'est TOI qui me l'a dit. »

Howard failli tomber dans les pommes en laissant à ses oreilles la liberté de supporter cet affront. C'était très gênant, à tel point qu'il se mit à rougir comme il n'avait jamais rougit jusque là. Son teint de poupée de cire s'embrasa jusqu'aux os, une bouffée de chaleur sembla s'échapper du col de son uniforme de patient.

« Je... », balbutia-t-il en décortiquant les arguments de Lyzbeth. S'il se mettait à penser à l'entrejambe d' Edgar c'était fini pour lui et pour sa crédibilité. Il sentait encore malgré toutes ces années, la sensation intolérable de son bas ventre tendu frictionner l'intérieur de sa cuisse... Par tous les saints du paradis... . Il avait été souillé de luxure, c'était comme une tache d'encre indélébile sur sa mémoire.

« Oui enfin... J'étais... A ce moment là faut dire aussi que j'avais pas toute ma tête pour ma défense. J'avais pas mal bu et... » boucle là, Howard, tu t'enfonces, tu le sens. « Phhh », il se frotta le visage encore écarlate dans ses mains, et le bout de ses oreilles s'enflammèrent quand dans l'obscurité de ses paumes il revit le visage coquin et fier d' Anderson lui faire doucement comprendre combien il en avait eu envie. Toujours dans ses mains, Howard devenait à nouveau friable, percé en plein jour.

« En même temps... », bredouilla-t-il dans ses paumes pendant que ses oreilles fumaient. « Il est... Tellement... BREF ! », il relève la tête, yeux rougis, et... Non, TOUT rougit, il tenta de prendre un air naturel pendant que Lyz, elle, se composait un nouveau masque. Celui d'une intello pédante qui ne lui allait pas au teint !

« Là... j'ai l'air sérieuse ? J'ai une dégaine d'écrivain ?! »

Mmmh... Vraisemblablement.

« Ca ferait un carton comme bouquin ! Les gens y croiraient, c'est CEEEEERTAIN ! ».. Ah, la Bible II c'était de ça dont elle parlait ! Ça avait bien fait rire Howard même si c'était peut-être un péché, mais un vénielle il ne craignait rien sur ce coup là.
A peine le temps de se dérider que la petite flamme de sa vie, celle qui ne dévorait pas ses entrailles comme une allumette sur de l'essence venait de montrer sa petite bouille. Il la reconnaissait à la moindre de ses expression de visage, à chaque tressaillement de sourcil, sa façon de poser ses yeux de chat sur lui...

« La haine et la terreur bercent notre monde Howard.. c'est ça.. c'est ça qui est épuisant... l'amour se fait rare, il ne parvient plus à se cultiver.. on le coupe à la racine, on l'arrache à sa terre. On le met dans un vase pour faire bien et puis quand il fane... on le jette à la poubelle. » , non, non... Ne pleure pas petit bijou aux mille facettes !

« Bonnie je..- », mais elle reprit, plus tragiquement encore.

« L'amour disparaît ! Howard, la haine fabrique des Hommes qui ne sont plus humains, elle accouche de sales types qui profitent du système pour s'en mettre pleins les poches, elle crache sur les plus faibles, sur les plus différents ! Les écoles sont des usines à fabriquer des moutons bien dociles pour qu'ils contribuent à l'enrichissement de l'état, les enfants sont de futurs requins sans sentiments. Les entreprises déshumanisent le Vivant et le tuent, la société veut enfermer les gens dans une « morale » qui les force à se contraindre à une vie triste, monotone et sans risque ! Et moi Howard, moi je vais crever, je vais mourir ! On me gave de centaine de médicaments pour lutter contre la maladie et moi, moi plus les jours passent plus je vais mal, plus mon corps se décompose. Je perds des branches, je tremble, je vomis mes poumons, crache du sang, j'ai froid, je deviens comme Kate ! Tout ça parce qu'on veut pas me soigner, tout ça parce que personne ne veut m'aimer UNIQUEMENT parce que je suis « immorale », « scandaleuse », que je suis une Putain, une criminelle qui a butté une vingtaine d'hommes et de femmes et... ils se mettent pas à ma place les plus grands, les avocats, les juges, l'état. Pourquoi j'ai fais ça Howard ? » elle leva ses yeux clairs et trempés vers lui, l'air dépité « Toi tu sais.. toi tu comprends Howard. Alors pourquoi pas eux ? Pourquoi on m'a mise là Howard ? J'ai fais que.. libérer des gens... je pouvais pas les laisser souffrir, c'était terminé pour eux, tu sais... toi tu sais... »

C'était.... Howard ne pleurait plus, il était... Scotché. Percuté par la logique et la réalité de Bonnie, celle qui la clouait au sol en dé-punaisant ses petites ailes de fée. Il le savait, elle était malade et un jour, elle allait s'éteindre, bien plus tôt qu'il ne le pensait et ne l'aurait voulu, mais caque fois qu'elle le lui rappelait, il sentait quelque chose se briser à l'intérieur. C'était comme un refus catégorique et pourtant il ne refusait jamais que la mort opère et fasse son travail. Il essuya ses grosses larmes sur ses joues et avala difficilement sa salive.

« Tu... Les gens ne sont que de petites boites vides. Des cartons qui prennent l'eau par tous les côtés et qui deviennent friables, incapables de tenir debout. N'en veux pas aux Hommes d'être faibles, d'être tristes, d'être dociles et asservis. Nous... Nous n'avons pas tous eu la chance de croiser ta route... », les larmes remontèrent par sa trachée, mais Howard les ravala difficilement. Il ne voulait plus pleurer, fini. Il était temps d'être fort . Il avait une amie à soutenir.

« Je... Je vais te dire un secret que je ne t'ai jamais dis jusque là... Bonnie je... Je COMPRENDS ta soif à épancher. Ce besoin de prendre des vies... J'ai pas dis que j'approuvais, je suis chrétien ! J'ai dis que... », il essuya encore une larme sur sa bouche et la redressa pour qu'elle lui fasse bien face. Elle était aussi malléable qu'une petite figurine de chiffon entre ses doigts.

« J'imagine la sensation, je me suis mis à ta place souvent pour comprendre. Et même si je ne pourrais jamais le deviner entièrement, je ne serais jamais ton ennemi. Ni les avocats comme tu dis, ni les médecins, ni les policiers. Je suis la personne sur qui tu pourras compter jusqu'à ton dernier souffle parce que... Parce que depuis que je te connais, j'ai appris au moins une chose sur moi : je suis capable de ressentir autre chose que de la haine. Je ne t'en remercierai jamais assez, jamais. ».

Bonnie résonnait, elle était comme vide, c'était tragique. Howard ne supportait pas que ses joues s'éteignent, la candeur et le feu sur ses pommettes hautes était tout ce qui pouvait lui redonner le sourire. Sa bouche, sans demander la permission à son esprit s'était précipité sur ses lèvres humides de larmes. Il ne se doutait pas vraiment que c'était ce que l'on appelait communément un baiser. Pour lui c'était ce dont Bonnie avait besoin, et ce qu'il était capable de lui donner. Il se foutait du regard des infirmiers, des gardes qui arrivaient enfin pour leur petite promenade de santé dans le parc, il voulait juste que Bonnie reprenne toute cette peine et la dépose un peu plus loin. Elle semblait surprise de ce contact, elle ne s'y était pas attendu, mais Howard non plus à vrai dire. Elle posa sa main sur sa bouche.

« Tu... tu me connais Howard. Tu... t'es vraiment formidable, retient ça... s'il te plait. »

Bonnie avait le compliment facile c'est vrai, mais l'anglais était touché quand même.Elle se jeta dans ses bras qui avaient l'air musclés et fort comparé à sa maigreur et à sa vulnérabilité. Ses larmes mouillèrent le col de son uniforme alors il serra juste un peu plus fort en la berçant doucement de gauche à droite. C'est en sentant ses cheveux qu' Howard pleura à son tour. Une odeur douce de petit bonbon lui chatouillait les narines, c'était terrifiant comme même son odeur corporelle pouvait changer d'une personnalité à l'autre... Chaque fois qu'il était en présence de Bonnie, il avait ce parfum tout autour de lui. Une petite fraise tagada. Une friandise aussi douce que la vie dont elle rêve. Elle demanda d'ailleurs à l'anglais qui essuyait ses larmes dans quelle réalité fantasmé il aurait aimé s'épanouir. Le brun parti dans un ramassé de conneries, de poneys et de petits arc-en-ciel dont il ne verrait jamais les couleurs, mais il savait que ça ferait sourire Bonnie.

« Elle est jolie ta vie. Tu t'appellerais comment ? Tu prendrais quel nom ? Un joli prénom ! C'est beau Howard aussi remarque... peut-on vraiment faire plus beau ? Je ne sais pas. »


Un sourire de gratitude. Howard était le nom que lui avait donné son père. Il ne l'avait jamais aimé.

« J'en sais rien, tu me donnerais quel nom ? J'aime Otave, mais encore trop pédant à mon goût. Pourquoi pas un nom français. Eugène peut-être ? Peu importe, tout sauf Howard et James... » jamais encore il n'avait prononcé le nom de son père devant Bonnie en parlant de son père.
Vite, il incita la blonde à lui parler de son Idéal à elle pour se changer les idées.

« Je serais tout près de chez toi et... et j'aurais une grande roulotte pour pouvoir partir où bon me semble ! Et tu pourras venir avec moi Howard ! Je t'inviterais, tu viendras, hein Howie ? Et puis tu pourras venir chez moi ! Chez moi il n'y a pas de meuble, il n'y a pas Kate, pas Andrew, pas Alicia, et pas Lyzbeth ! Il y a moi, et.. un mouton que j'aurais adopté ! Et des tapis, partout ! Des coussins... et un matelas ! Et tu viendras me voir. Dans ma vie.. je vois Irwin, lui... il sera là aussi, il prendra des cachets, encore, mais cette fois ci ils seront efficaces, et on pourra vivre longtemps lui et moi.. on pourra même peut-être fabriquer un bébé, un qui aura ses yeux.. et pour te faire plaisir, on le baptisera, on ira à l'église et tu seras son parrain ! Ca te plairait ? Et enfin, on vieillira, comme deux personnes normales, pas malades, pas tristes, après avoir fait le tour du monde. Et je t'inviterais boire un café, ou un thé. Un que je déteste mais que j'ai quand même chez moi parce que tu l'adores. », la lueur dans ses yeux revenait, c'était merveilleux, enfin, AMEN ! La naïveté lui allait si bien... Oui, il voulait boire ce thé avec son amant, il voulait voir sa petite roulotte plantée comme un pissenlit dans le champ à côté de chez lui, et... Oui, il voulait même voir cet enfant, même s'il ne saurait pas comment tenir le rôle de parrain. Les enfants l'effrayaient encore plus que les adultes !

« Tu es merveilleuse... », murmura-t-il en fermant les yeux. « Je te vois. Ta robe est jolie, rien à voir avec ce que l'on porte tous les joues ici. Elle est vaporeuse, fleurie, et toi tu rayonnes, comme d'habitude ! Cette vie là est plaisante, j'y camperait peut-être quand je me sentirai triste ou quand Andrew viendra m'insulter ! », non, ne pense pas à Andrew Howard ! Il préférait détourner sa rage et se laisser envahir par la félicité. C'était presque... Effrayant de ne plus avoir peur le temps d'un court instant. Il avait peur de ce qu'il ne connaissait pas, en d'autres termes, le bonheur..

« C'est beau d'être terrifié par le bonheur... parce que tu ne le connais pas encore. »

Il se pinça les lèvres et serra Bonnie contre lui. « Pas encore, Bonnie, pas encore... », chuchota-t-il d'un air réconfortant alors que derrière son épaule, il voyait déjà les ténèbres repointer le bout de leur nez...
 
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