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 You were like a virgin, touched for the very first time

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PILULES AVALÉES : 400
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 16 Juin - 17:17



Howard & Kathérina






Cela faisait bien une éternité que Kathérina n'avait pas pu parler à qui que ce soit hormis son époux. Elle n'avait plus l'habitude de discuter, ni de parler à part pour sortir ses phrases répétitives et mécaniques qui justifiaient son état déplorable. Depuis qu'elle était à Ostrov elle n'avait adressé la parole à personne. Elle restait sur son lit ou sous son lit enfermée dans sa cellule à attendre que le temps passe, à craindre le potentiel visiteur qu'elle pourrait avoir. Alors qu'est ce qui l'avait bien poussé à sortir ? Bonnie bien entendu. Elle l'avait prise par la main et l'avait traîné dehors. "Allez, tu as besoin de prendre l'air, de retrouver les sensations si agréables que tu as oublié !" et elle l'avait fait s'asseoir sur un banc en pleins soleil tout en lui caressant la tête "On a pas été très gentilles avec toi ces derniers temps. Tu sais qu'on fait tout ça pour toi ?" Puis elle était partie, elle l'avait planté là, sur son banc sans avoir entendu une seule réponse. Elle était toute seule avec sa crainte de tout. Mais pour une fois elle n'était pas dominée par une de ses personnalités, ou par Andrew. Elle ne savait pas ce qu'elle fichait là, elle ne comprenait pas pourquoi elles étaient toute là dans cet asile lugubre de fous. Mais elle pouvait parler, avec son propre corps et en pensant presque librement.



« Madame, je ne peux me permettre de répondre à une telle question, mais selon moi vous n'êtes pas folle. Vous êtes malade. La peur vous a rendue malade. Je crois que... Votre esprit, comme le mien sans doute, est en prison. Il a peur et il se construit une sorte de... Mur. Et ce mur là, qui justement selon nous doit nous protéger, nous étouffe. »

Kathérina et Howard n'étaient donc pas fous, ils étaient torturés et rongés par la peur. Dans l'histoire ils étaient, certes victimes de quelqu'un mais leur plus grand ennemi.. c'était eux. Ce mur dont il parlait, c'était leur carapace, et elle leur permettait de ne pas recevoir de coup, de personne. Mais ils s'étaient enfermés eux-mêmes et avait égaré les clefs pour pouvoir en sortir. Oui, Howard aussi avait un bourreau et il le lui avait clairement exposé, il lui avait montré dans un élan de courage son drame, sa souffrance, les blessures de toute une vie. Le garçon avait le sang froid, il supportait la torture depuis plus longtemps qu'elle, depuis qu'il connaissait son tyran, son propre père.
« Disons que... Père est un homme autoritaire... Difficile à contenter. Et.... Je ne peux me défaire de lui, et je ne le veux pas, comme vous... Avec Andrew. »
La blonde avait ce regard effrayé et surpris placardé sur son visage angélique. Elle était terrifiée de voir cette vérité là en face, la violence, l'humiliation sur le corps du charmant petit brun. Comment est-il possible de faire du mal à un si serviable garçon ? Ici ce n'était pas une question de "faire plaisir à papa".. Si son père était réellement violent, pour quelles raisons lui avait-il fait de telles choses ? Howard était gentil calme et... c'était impossible qu'il s'agisse là de simple correction :"Comment.. êtes vous parti alors ? Comment.. comment c'est possible de s'échapper si on ne peut pas se défaire de..." Elle ne parvenait pas à le dire, elle n'arrivait pas à exprimer ça comme ça, à dire clairement qu'Andrew lui faisait du mal, qu'elle n'arrivait pas à partir des bras de son tyran. Pourtant elle s'en était sorti, elle était partie du manoir après s'être défendue, elle était partie sans presque rien sur elle. Pas d'argent, uniquement le peignoir de satin favori d'Alicia, sans prendre la peine de prendre des chaussures ou de voler la voiture de son époux. C'était impulsif, il fallait qu'elle s'échappe à ce moment là, l'instinct animal avait parlé soutenu par Lyzbeth. Pourtant elle était là, face à Howard qui était passé d'homme fort et héroïque à victime en un battement de cil. Au fond, ils étaient pareils lui et elle. Elle aurait presque pu tuer Andrew ce soir là mais cet homme était plus fort que ça et sa blessure l'avait juste affaiblit assez longtemps pour le laisser au sol le temps que Kath s'échappe du manoir. Andrew, lui, n'avait pas comprit sur le moment ce qu'il venait de se passer, il était habitué aux crises de violences que lui faisait Lyzbeth mais elle n'avait jamais encore pu franchir la grande porte qui la séparait du monde extérieur ainsi ! Le Duc savait seulement que si elle parlait, si elle se confiait aux autorités il allait devoir se défendre bec et ongle tout en risquant de perdre son épouse. Il fallait agir, il ne fallait pas que quelqu'un d'extérieur sache la vérité ou s’emmêle. Pourtant c'était ce que préconisait le jeune Taylor qui lui faisait face.




« Pourtant Monsieur, vous avez besoin d'un œil neutre sur votre situation. Pourquoi... Bon sang, pourquoi il faut que ça soit moi qui doive éclairer votre lanterne là-dessus ?! »
Il était quand même culotté ce type, Andrew se tuait à lui dire de se mêler de ses affaires, qu'il n'avait besoin de personne pour gérer ça, et Howard s’acharnait à le conseiller et en plus à trouver révoltante l'idée que ce soit bien sur à LUI de lui dire tout cela !
"Ecoutez, je sais ce que je fais. Maintenant je vous ai seulement demandé de laisser mon épouse tranquille. Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de la situation ce.. ce n'est pas seulement une question de jalousie maladive ! En plus de lui apporter un soutient dont elle n'a pas besoin, vous risquez de réveiller ses autres personnalités et croyez moi, ce n'est pas comme ça qu'elle va retrouver la raison." Il était calme, un peu trop même. Il avait même l'air stable et sain d'esprit, sa voix était claire et il ne s'agitait plus. Son regard se faisait simplement désolé et suppliant. Mais il n'était en rien sincère, le Duc se fichait pas mal de la guérison de sa femme, tant qu'elle restait à lui. Il allait devoir tout recommencer depuis le début si elle se mettait à nouveau à tisser des liens sociaux, à reprendre goût à la vie loin de lui. Or, Kathérina n'avait pas le droit de vivre sans lui et à peine le droit de respirer sans l'autorisation de son sévère mari.
Andrew expliqua à Howard l'histoire de la venue de Bonnie, de Lyzbeth, d'Alicia et sous entendit la sienne. « C'est... Effrayant » en conclut le garçon et en effet, ça l'était. Les états passagers de Kathérina avaient tenté de la posséder et désormais c'était le cas et petit à petit, les trois filles la dévoraient, elles ne lui laissaient plus de place. Mais seulement, laquelle d'entre elles parviendrait à ses fins, à toute les tuer ?
Alicia était une des plus faibles, alors ce ne serait certainement pas elle, et sa crainte omniprésente de son mari qui parviendrait à terrasser la puissante Lyzbeth et la sournoise Bonnie.

« Personne ne va vous arracher la langue ! Elle est faite pur ça, il faut parler ! Ne restez pas prisonnière de vous-même... »
Elle pleurait de peur, c'était la première fois qu'Alicia craquait, cela faisait des mois qu'elle encaissait, qu'elle était là, le dos droit, le sourire figé sur son visage de sainte. Cela faisait des mois qu'elle subissait sans broncher, qu'elle s'agenouillait face aux désirs d'Andrew Barrow. Elle était persuadée qu'il était là, toujours à l'écouter et qu'il fallait faire bonne figure face à lui, face aux autres, mais là, là c'était trop.


"Je ne peux pas, je n'ai pas le droit !" Elle avait les yeux exorbités, les bras et les mains crispées contre elle comme pour se protéger. "quoi que je fasse, si je ne vante pas ses mérites, si je ne montre pas à tout le monde que ma vie est parfaite elle devient imparfaite c'est... je ne parviens plus à penser avec ma propre tête... Il va encore me faire souffrir... il faut que tout le monde sache mais personne ne va jamais me croire..." Et elle avait raison. Même si Andrew se mettait à la battre publiquement, même si il précisait dans sa galerie que ses photos terrifiantes étaient de réels clichés sans mise en scène, tout le monde ferait la sourde oreille et personne ne se dresserait face à lui. Les Barrow étaient trop influents pour leur chercher des soucis et se mêler de leurs affaires personnelles et ça, tout le monde le savait.


Lyzbeth ne comprenait pas pourquoi les hommes se sentaient continuellement forcés de faire souffrir leurs compagnes, elle connaissait l'humiliation, elle connaissait l'amour et surtout... les deux à la fois. Alors quand Howard lui disait qu'il voulait guérir de son homosexualité, avoir une vie normale pour une personne de son rang.. elle se révolta.
« Lyzbeth... Je ne veux pas faire du mal à cette femme qui sera la mienne. Je ne veux faire du mal à personne. Tu sais, au fond, celle qui portera mon nom ne m'aimera pas plus que moi je l'aimerais, tu comprends ? Quand elle me verra, elle comprendra. Elle se dira qu'elle n'est pas tombée sur le plus charmant mais qu'au moins je la laisserai tranquille, je ne serait pas dominateur, pas violent, et elle sera libre. Ma femme ne m'aimera pas de cet amour dont tu parles, nous on ne connaît pas cette fièvre. Nous on aime modérément, on aime par convictions, on choisit qui nous aimons, et encore... L'amour... On... On respecte plutôt. Ce que tu dis...dans l'antichambre, n'arrivera pas."
Elle voulait bien le croire, pire, elle le croyait et elle savait bien que l'amour chez les aristocrate s’apparentait plus à.. de la camaraderie ? Elle savait aussi qu'Howard n'était pas un mauvais type seulement... "Je sais, je sais qu'elle t'aimera pas forcément Howard mais.. c'est pas une question d'amour mais d'honneur. Tu imagines toi... tout le monde apprend que ta chère épouse te trompe avec un autre homme ou... pire, une femme ! C'est pas un chagrin d'amour que tu auras, c'est de la honte que tu ressentiras. Là c'est pareil et si ce truc dans l'antichambre ou dans n'importe quelle pièce de ton manoir, je veux pas savoir ou, arrive alors que, pour la joie de tes parents tu t'es marié et a eu un enfant... Tu souilles tout le monde. Alors .. je sais pas moi, barre toi avant de faire une connerie ou alors reste avec eux, suis leurs conseils et... on sera toutes aux première loges pour te voir débarquer aux enfers entre deux verres de Sex on the Beach avec Satan." Mais Howard y croyait ! Il pouvait guérir, il VOULAIT guérir ! 




"Pourquoi tu es si défaitiste ? Pourquoi tu crois que je ne peux pas guérir ? Regarde-toi ! Tu l'as fait, bon de l'autre côté, mais quand même ! »
Lyzbeth sentait son sang bouillir, elle allait l'étrangler si il continuait d'être si naïf.. bon sang il n'avait rien comprit. "Je.. je suis pas défaitiste putain Howard tu... Tu crois que j'ai guéris de lui ? Tu crois que j'ai réussi à me débarrasser de son souvenir, que j'ai pu me laver de ses mains ?! Ça n'est jamais arrivé ! Jamais je n'ai pu me le sortir de la tête, jamais ! Même en tombant amoureuse de Bonnie ou des autres je n'ai pu me guérir de LUI ! C'est.. c'est pas possible de se débarrasser d'un parasite qui est à l'intérieur de toi, dans ta mémoire, dans tes expériences et tes si beaux souvenirs... Je ne suis pas défaitiste je.... je suis simplement et tristement je te l'accorde réaliste." Elle en avait surement trop dit mais tant pis.. il fallait qu'il comprenne que ce n'était pas si simple que ça, qu'on ne pouvait pas oublier et tirer un trait si facilement et...


« Corrige moi si je me trompe mais...  C'est encore un sujet sensible, cet homme, n'est-ce pas ? »
Il avait bien entendu deviné, c'était bien simple, elle venait de lui déballer son ressenti le plus profond et elle était vulnérable comme jamais, à pleurer sur cette histoire fichue. Son souvenir lui donnait envie de vomir, ce type avait trop de foi touché sa peau, autant pour lui donner de sévères coups que de tendres caresses. Il avait été le premier à l'aimer et le dernier à la détruire. Elle baissa les yeux et se frotta machinalement la tête. De toute façon, elle avait commencé, alors autant qu'elle termine son discours.




"On oublie pas quelqu'un qu'on a aimé sincèrement, même si on refuse cette passion. Tu peux pas tirer un trait sur quelqu'un qui t'a enlacé comme ça, qui t'as chéri et asservit, qui t'as enchaîné à lui et qui maintenant squatte ton cerveau en refusant de te laisser partir. C'est.. impossible de cesser d'aimer son premier amour, celui qui fait battre votre coeur et qui vous fait sentir si vivante que vous pourriez traverser n'importe quoi ensemble et... " Elle avait vraiment un mal fou à retenir ses larmes de rage mais, à quoi bon lutter, de toute façon elle se montrait tellement faible depuis ses dernières phrases... "et qui après écrase et dévore ton âme sous tes yeux. La passion est une aliénation Howard. Alors qui... qui peut aimer jusqu'à en oublier sa vie ? Nous, nous tous. Ca sert à rien de battre contre ça Howard, l'amour c'est terrible et jamais.. jamais j'arriverais à le faire s'en aller" Ses mots avaient beau transpirer la haine, ils étaient surtout pleins de désespoir et de tristesse. Lyz n'était plus révoltée, elle était épuisée. "Lui... ce sera jamais une histoire ancienne..." Elle en avait assez et avait bel et bien perdu tout espoir.. du moins pour elle. 


"Alors après... c'est que mon histoire Howard... peut-être que toi ça sera pas pareil mais... dans ce cas là, si un jour tu sors d'ici guérit et totalement hétéro... soit mignon et envoie moi une carte postale."




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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 20 Juin - 22:39



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

Howard James Taylor ne s'était jamais dévoilé devant personne. Il ne s'était jamais déshabillé ni la tenue, ni l'esprit et aujourd'hui, face à la détresse d'une âme jumelle, il avait pris la décision d'accepter ses blessures qui jonchaient sa peau Les poils sombres et indisciplinés de son torse ne dissimulaient pas la souffrance, James Taylor aimait frapper dans le ventre avec ses pieds... La dernière fois qu'il l'avait cloué au sol c'était juste avant de l'interner ici, à Ostrov Island. Il ne l'avait pas torturé de la sorte depuis ses quinze ans, mais son retour de Solihull l'avait indéniablement changé, et James Taylor n'aimait pas le changement, il n'aimait pas non plus les intuitions.... Celles qui mettent mal à l'aise, qui parasitent l'esprit, celles qui laissent la honte s'inviter en vous. Les marques n'étaient pas toutes fraîches, les deux mois d'internement du brun avaient presque réussi à panser toutes ces douloureuses couleurs, mais elles ne trompaient personne. Howard avait tellement honte qu'il se mit à trembler, à pleurer, le héros était tombé. Il voulait tant que quelqu'un comprenne, que quelqu'un voit ce qu'il avait toujours caché, même dans une petite chambre universitaire de quinze mètres carrés. Kathérina se décomposa, voir ses blessures sur le corps d'un autre était sans doute plus significatif...

« Comment.. êtes vous parti alors ? Comment.. comment c'est possible de s'échapper si on ne peut pas se défaire de... »

En reboutonnant sa chemise à la hâte, Howard esquissa un sourire plein d'amertume. Il ne s'était pas enfuit, lui... Il ne voulait d'ailleurs SURTOUT PAS s'échapper. Il voulait rester bien à l'abri du monde extérieur, se cacher sous ses draps comme un enfant, se laisser gagner par la froideur des cadavres, surtout ne pas se laisser envahir par la vie et l'agitation dans des yeux alertes, par le sang qui bout dans des pommettes saillantes, par une canine pointue qui mordille une lèvre charnue... Il voulait se protéger des ces choses qu'il trouvait belles et qui étaient dangereuses, s'enfermer dans le confort de ses habitudes, parce que... Les sentiments qu'il se découvraient étaient moins gérables que les coups de son père...
 
« Je n'ai jamais voulu m'enfuir... C'est Mère qui m'a amenée ici. Père lui, pensait qu'il n'y avait plus rien à tenter après mon dernier séjour à l'hôpital de Cambridge, mais Mère elle, voulait tenter ici... Elle voulait... Malgré mes protestations, malgré mon envie et mon besoin de travailler tout de suite après l'obtention de mon diplôme, elle m'a inscrite ici. Je crois que.... Je crois qu'en me plaçant ici, elle m'a sauvé la vie. Je ne sais même pas si c'était intentionnel... », se désola Howard, désespéré par la situation maritale de ses parents.

Andrew n'avait plus l'air en colère, il était simplement exaspéré par l'attitude de justicier de ce petit inconnu coincé qui essayait de raisonner son épouse.

« Ecoutez, je sais ce que je fais. Maintenant je vous ai seulement demandé de laisser mon épouse tranquille. Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de la situation ce.. ce n'est pas seulement une question de jalousie maladive ! En plus de lui apporter un soutient dont elle n'a pas besoin, vous risquez de réveiller ses autres personnalités et croyez moi, ce n'est pas comme ça qu'elle va retrouver la raison.»
 

Bon, sur ce point, il n'avait pas tout à fait tort, mais... Comment s'abaisser devant tant de souffrance ? Devant une pauvre femme terrorisée par sa propre ombre, par les décombres de son inconscient C'était atroce de constater ses propres faiblesses à travers quelqu'un de si proche sans pouvoir rien faire. Non, il ne pouvait pas s'empêcher de s'interposer, de toute façon, ici, il n'avait plus que ça à faire...
 
« Je comprends bien votre requête expressive Monsieur, mais.... Que voulez-vous ? Je n'y peux rien. D'accord, c'est un peu facile, mais je n'ai rien de mieux sous la main. Je veux être un homme de bien, et même si au fond votre histoire ne me concerne effectivement pas, je lutte pour rétablir la vérité, et que tout le monde se sente bien », mieux que lui, en tout cas. Le jour où Howard comprendra que c'était de lui qu'il devrait s'occuper....
Puis Andrew se mit à pleurer, à devenir aussi fragile qu'une petite pâquerette piétinée par un bon talon de Rangers. Andrew était transfiguré par la peur, et tremblait... Son œil n'était plus aiguisé...

« Je ne peux pas, je n'ai pas le droit ! », gémit la petite voix faible de la blonde, qui se protégeait de ses bras en croix. « Quoi que je fasse, si je ne vante pas ses mérites, si je ne montre pas à tout le monde que ma vie est parfaite elle devient imparfaite c'est... je ne parviens plus à penser avec ma propre tête... Il va encore me faire souffrir... il faut que tout le monde sache mais personne ne va jamais me croire... »

Alicia... Le doute n'était plus permis. Lui qui avait toujours abhorré en silence ce monde factice dans lequel il avait été élevé, lui qui avait eu envie de frapper fort les petites manières et la condescendance d' Alicia, il n'avait plus de colère contre elle en cet instant. Ce n'était pas sa petite mine et ses grosses larmes qui l'avaient dissuadé, mais plutôt ses mots. Howard s'y retrouvait finalement. Personne n'aurait pu soupçonner James Taylor, cet homme si bon, et attentionné et respectueux qui gérait son entreprise comme jamais, qui était un professionnel incomparable, et qui soulageait la douleur de ses chers clients comme personne. James avait tout d'un père exemplaire quand il voyageait, quand il se présentait. Un peu trop austère et stricte peut-être, mais juste et bon. Personne n'aurait la jugeote de croire le pleurnichard de fils...

« Je comprends.... Vraiment. Et alors, qu'est-ce que vous allez faire ? Vous laisser crever ? Le laisser vous tuer ? ». Oh.... On dirait bien que la hargne d' Howard vis à vis de la parfaite petite sainte avait repris ses droits. Il ne voulait plus qu'elle pleure, qu'elle protège son petit corps menu de ses bras trop maigres, il voulait qu'elle s'indigne, qu'elle se mette en colère, qu'elle rejette sa situation de femme soumise, asservie... C'était sans doute peine perdue, mais en révoltant Alicia, c'était toute son éducation qu'il voulait bousculer, c'était ses propres intérêts et convictions. Il voulait évoluer avec elle...
 
 
Lyzbeth elle, elle savait se mettre en colère ! Elle savait secouer Howard comme un tronc d'arbre et découdre ses pensées bien lisses, bien ordonnées, avec les dents.

« Je sais, je sais qu'elle t'aimera pas forcément Howard mais.. c'est pas une question d'amour mais d'honneur. Tu imagines toi... tout le monde apprend que ta chère épouse te trompe avec un autre homme ou... pire, une femme ! C'est pas un chagrin d'amour que tu auras, c'est de la honte que tu ressentiras. Là c'est pareil et si ce truc dans l'antichambre ou dans n'importe quelle pièce de ton manoir, je veux pas savoir ou, arrive alors que, pour la joie de tes parents tu t'es marié et a eu un enfant... Tu souilles tout le monde. Alors .. je sais pas moi, barre toi avant de faire une connerie ou alors reste avec eux, suis leurs conseils et... on sera toutes aux première loges pour te voir débarquer aux enfers entre deux verres de Sex on the Beach avec Satan. »


Howard ne savait pas encore s'il allait ressentir ce genre de... « désagréments » hormonaux toutes sa vie, mais il était persuadé qu'il n'oserait jamais sauter le pas, et fauter, enfin... Qu'il n'oserait PLUS... (rougissement). Il était ici pour se sevrer. Et puis quand il serait marié, il aura bien trop de choses à penser et à organiser pour se préoccuper de telles... Broutilles ! (Enfin, conséquentes quand même les broutilles, hein !).
 
« Hum... », grogna-t-il la tête enfoncée entre ses deux petits genoux cagneux. « Tu crois peut-être que je n'y suis pas en Enfer, hein ? C'est ça ? Tu crois que je vais devoir attendre d'être vieux et d'oublier mon prénom pour rencontrer le Diable ? Dieu recule chaque jour un peu plus et je n'arrive pas à le retenir... Je ne peux même plus prier sans que ce visage de serpent envenime toutes mes pensées, sans que ce manque de lui monopolise tous mes mouvements ! Moi je veux croire que j'arriverai à me défaire de ça, et en même temps.... » , il soupira. « Qui voudrait se défaire de lui ? Qui le pourrait ? Je ne suis même pas certain de pouvoir. J'arrive plus ou moins à gérer mon manque de nicotine, mais CA, ça, c'est invivable... ».
 
Et puis c'est vrai quoi, si Lyzbeth avait réussi à oublier son briseur de cœurs pour se perdre dans la chaleur des femmes, pourquoi ne pourrait-il pas en faire de même ?

« […] Tu crois que j'ai guéris de lui ? Tu crois que j'ai réussi à me débarrasser de son souvenir, que j'ai pu me laver de ses mains ?! Ça n'est jamais arrivé ! Jamais je n'ai pu me le sortir de la tête, jamais ! Même en tombant amoureuse de Bonnie ou des autres je n'ai pu me guérir de LUI ! C'est.. c'est pas possible de se débarrasser d'un parasite qui est à l'intérieur de toi, dans ta mémoire, dans tes expériences et tes si beaux souvenirs... Je ne suis pas défaitiste je.... je suis simplement et tristement je te l'accorde réaliste. »
 
Howard frissonna, ce qu'elle disait était atrocement beau. Elle ne l'avait pas oublié non, loin de là... Est-ce qu'elle disait vrai ? Est-ce qu'on ne pouvait pas laver ses péchés et éradiquer ses désirs ? Lyzbeth pleurait, et... Howard avait envie de boire ses larmes. De goûter le sel de la rancune et de la colère. Est-ce que cette passion dévastatrice avait le goût de la sienne ? Le brun s'était aussi mis à pleurer comme par mimétisme. Un rien matérialisait son émotion depuis qu'il était enfermé, il était à fleur de peau et pleurait aussi facilement qu'il s'énervait pour un rien. Il aurait voulu la toucher, un rien, l'épaule, la main, mais elle n'était pas Bonnie. Ce n'était pas Lyzbeth qu' Howard avait besoin de sentir sous ses doigts, mais la brûlure de cette aventure qui la dévorait comme la lèpre.

« On oublie pas quelqu'un qu'on a aimé sincèrement, même si on refuse cette passion. Tu peux pas tirer un trait sur quelqu'un qui t'a enlacé comme ça, qui t'as chéri et asservit, qui t'as enchaîné à lui et qui maintenant squatte ton cerveau en refusant de te laisser partir. C'est.. impossible de cesser d'aimer son premier amour, celui qui fait battre votre coeur et qui vous fait sentir si vivante que vous pourriez traverser n'importe quoi ensemble et... Et qui après écrase et dévore ton âme sous tes yeux. La passion est une aliénation Howard. Alors qui... qui peut aimer jusqu'à en oublier sa vie ? Nous, nous tous. Ca sert à rien de battre contre ça Howard, l'amour c'est terrible et jamais.. jamais j'arriverais à le faire s'en aller. Lui... ce sera jamais une histoire ancienne... »

Howard avait l'air aussi faible et fragile que Kathérina maintenant... Il était simplement abattu par les rancunes passionnelles de Lyzbeth qui faisaient écho dans son corps vide.

« Ton mal me brûle la peau... », murmura-t-il en la regardant aussi précieusement que sa liberté. « Si tu pouvais sentir battre le mien... », ajouta-t-il en donnant l'impression de vouloir saisir son cœur entre ses deux mains qui tremblaient.

« Alors après... c'est que mon histoire Howard... peut-être que toi ça sera pas pareil mais... dans ce cas là, si un jour tu sors d'ici guérit et totalement hétéro... soit mignon et envoie moi une carte postale. »
 
Howard s'allongea dans l'herbe. Il se fichait pas mal de l'herbe fraîche et des insectes. Son corps vacillait contre l'arbre, il sentait sa colonne vertébrale se désaxer, il ne supportait plus l'équilibre et le poids de son corps. En s'allongeant, c'était comme s'il avait un rocher qui pesait sur sa cage thoracique, il respirait mal, amis tenta de paraître le plus naturel possible. Edgar Anderson avait déjà joué au foot dans ses tripes et l'avait déjà fait vomir, il ne voulait pas le laisser s'amuser de son corps comme une petite marionnette au théâtre Guignol.

Mais... Mais la bouche d' Howard avait envie d'articuler son prénom juste pour se délecter des sonorités, juste parce que dire son nom c'était comme de croquer dans un fruit acide qui le faisait saliver. Parce que dire son nom, c'était comme la douceur d'une plume qui chatouillait ses avant bras et hérissait ses poils. C'était comme de respirer à plein poumons la première bouffée d'air après une noyade.
 
« Je crois que je suis amoureux d' Edgar... ». *silence*
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 21 Juin - 14:26


Ne pleure plus, ton mascara risque de salir ton oeil au beurre noir.




"Je n'ai jamais voulu m'enfuir... C'est Mère qui m'a amenée ici. Père lui, pensait qu'il n'y avait plus rien à tenter après mon dernier séjour à l'hôpital de Cambridge, mais Mère elle, voulait tenter ici... Elle voulait... Malgré mes protestations, malgré mon envie et mon besoin de travailler tout de suite après l'obtention de mon diplôme, elle m'a inscrite ici. Je crois que.... Je crois qu'en me plaçant ici, elle m'a sauvé la vie. Je ne sais même pas si c'était intentionnel... » prononça le brun entre deux sanglots tout en reboutonnant sa chemise qu'il avait un peu plus tôt ouverte pour plaquer sous les yeux de la jeune femme son terrible malheur à lui. Sa mère, en l'éloignant du foyer, lui avait sauvé la vie...Que lui aurait bien fait son père strict si il était resté ? L'aurait-il tué de ses mains ? Surement pas, Howard avait bien l'air d'être fils unique, alors il l'aurait peut-être sévèrement amoché voir même laissé à demi mort mais... Kathérina fut prise d'une angoisse terrible à cet instant même lorsqu'elle réalisa que ce que faisait James Taylor était tout simplement... différent d'une preuve d'amour ! Il battait son fils pour... histoire de taper dans quelque chose peut-être ? Elle ne comprenait pas, elle n'arrivait pas à envisager cette violence. Ce n'était pas la violence passionnelle d'Andrew, les meurtres enflammés de Bonnie c'était... de la violence gratuite et pour le bon plaisir d'une unique personne, celle qui donnait les coups. La blonde avait honte, elle trouvait soudainement que son malheur n'était pas si grand, qu'elle était une bien piètre Lady que de s'être plainte de sa situation face à un garçon qui vivait la même chose mais de la pire façon pensait-elle, puisqu'il n'y avait aucune once d'amour qui pouvait justifier ses blessures.

« Je... je suis désolée... je suis vraiment désolée de vous avoir parlé de tout ça c'est... c'est ridicule pardonnez moi. Ce que vous vivez là ce n'est pas juste c'est totalement... horrible, incompréhensible... Pourquoi vous faire ça ? Pourquoi est-ce que votre père a... » elle hésita un instant, « ..vous a fait ça ? Comment un père peut-il faire ça à son fils ? »  


Elle n'envisageait jamais cette option, le fait que des parents puissent faire volontairement et de façon répétée du mal à leur progéniture ! Mais c'était très facile pour elle d'être indignée face à ce fait, ses parents eux, n'avaient jamais haussé la voix ni levé la main sur elle -et il faut dire qu'Andrew avait donc « rattrapé » ce retard-. Ses parents à elle l'avaient chéri, ils lui avaient laissé le choix, toujours, et elle, elle avait choisi de leur faire honneur. En acceptant d'exercer le même travail que son père, Howard ne faisait-il pas de même ? Il voulait faire honneur à son blason, c'était limpide alors.. pourquoi lui faire du mal ?

Andrew était très différent de James. Outre le fait que son corps d'homme lui servait d'arme de destruction, Andrew frappait différemment. Au commencement ce n'était pas grand chose. Il l'avait déjà giflé, mais il fallait avoué que même si il frappait fort, c'était arrivé peu de fois. Autrement, l'affirmation de sa propriété était visible, il attrapait parfois brutalement le bras de Kathérina en société lorsque quelque chose le dérangeait, il affirmait sa domination face aux autres en la tenant toujours de quelque façon qu'il soit ; debout il gardait sa main prisonnière de la sienne, assis il l'avait toujours encerclant son délicat poignet ou la main dans son dos. Les gens avaient fini par comprendre ; Kathérina était la propriété du Duc et, même si certains trouvaient leur relation amoureuse malsaine, personne n'avait jamais bronché. 
Personne n'était capable d'être clair et de demander vraiment à l'homme ce qu'il se passait. Pourquoi voyaient-ils apparaître des bleus sur le corps de sa femme -de toute façon si quelqu'un l'avait questionné sur ça, Andrew se serait fait une joie de s'en débarrasser, il n'aimait pas qu'un autre que lui toise son épouse-, pourquoi son regard c'était éteint, pourquoi alors qu'initialement Kathérina était danseuse, peinait-elle désormais à tenir debout ? Pourquoi, même si elle avait toujours eu un corps maigre et frêle, était-elle devenue ce petit squelette ambulant ? Bien entendu les gens en parlaient entre eux, ils discutaient beaucoup, mais leurs conclusions aussi justes soient-elles ne les firent pas réagir pour autant, ce qui arrangea bien la famille Barrow.
Le Duc avait apprit d'une désagréable façon la folie de son épouse et il avait beau se voiler la face, il savait pertinemment qu'il était l'unique responsable dans ce désagrément. Les journaux à scandale en avaient d'ailleurs fait un gros titre en se basant sur des informations volées et piratés, le Duc Barrow était à l'origine de la folie de sa femme.  

« Je comprends bien votre requête expressive Monsieur, mais.... Que voulez-vous ? Je n'y peux rien. D'accord, c'est un peu facile, mais je n'ai rien de mieux sous la main. Je veux être un homme de bien, et même si au fond votre histoire ne me concerne effectivement pas, je lutte pour rétablir la vérité, et que tout le monde se sente bien »  

En fait, ce garçon voulait simplement avoir bonne conscience et ne pas faire comme il aurait bien entendu fait dans une réception importante où Andrew et Kathérina auraient été. Bien sûr, en voyant l'état déplorable de cette dernière masqué par de beaux habits et le joli sourire factice d'Alicia, il aurait certainement eu pitié, mais il n'aurait rien dit. Et si Howard se tenait en ce moment même en face du vrai Duc, si Andrew Barrow venait rendre visite à son épouse, se dresserait-il entre eux pour la protéger ? Non, c'était impensable, personne ne faisait ça, personne ne le ferait jamais.

« Vous savez ce qu'il va se passer pour elle et moi si la vérité est « rétablie » ? Kathérina va rester moisir ici, ses humiliations seront alors rendues publiques ; mes clichés d'elle seront considérés comme des éléments importants, comme preuves et donc circuleront encore plus entretenant cette humiliation progressive. Son corps devra faire l'objet d'analyses, de prélèvements, ce qui sera un véritable calvaire pour elle, pire, elle devra en parler, raconter ce qu'il s'est passé, à chaque fois, dans les moindres détails pour que ses accusations si elle en fait, soient le plus solides possibles. Enfin du moins si c'est elle qui prend la parole, parce que si c'est Bonnie, elle dira simplement qu'elle a aimé mes tortures. Après ça, même si un jour elle sort de l’hôpital, ce qui, je vous avoue m'étonnerait fort aux vues de ses crimes, elle sera perdue parce que moi, je ne serais plus là, je moisirais aussi dans une cellule inconfortable en prison ou bien aussi à l'asile. Elle ne pourra pas aller me voir,elle ne pourra pas m'oublier et restera bloquée, sans moi. Vous comprenez, Kathérina c'est... c'est mon âme sœur, on ne peut pas être l'un sans l'autre. Si elle se retrouve toute seule qu'est ce qu'elle va faire ? Elle n'a personne, elle est toute vide à l'intérieur ! »

Bien que ce fait soit entièrement de sa faute, pendant certains moments il s'avouait qu'il s'en voulait. Elle n'était plus la joie incarné, c'était Bonnie qui avait prit cette place. Elle n'était plus là à lui sourire et à lui murmurer qu'elle l'aime de sa voix candide et innocente. Elle ne le regardait plus comme si il était un ange descendu des astres et ce soudain désintérêt le figeait et cristallisait ses pensées.  

« Vous imaginez ma douleur à moi ? Vous croyez que j'ai voulu lui faire du mal ? Au début je voulais simplement qu'elle comprenne que rien ni personne ne nous séparerait et qu'elle.. oui qu'elle est à moi mais... je l'ai séparé d'elle et maintenant.. Elle est plus là, elle est même pas morte, ni vivante, encore moins au paradis mais... moi j'aimerais qu'elle soit là, avec moi, comme avant qu'elle puisse pas partir avant que je lui ai dit d'y aller... Regardez là, elle est plus là, et moi ? Qu'est ce que je vais faire si on me sépare d'elle encore ? Alors si les gens se mettent à fouiner dans notre histoire, dans la réalité... elle est moi on pourra plus vivre. Je n'ai rien en dehors d'elle, je me fiche de tout perdre, ça m'est égal, mon titre, mon argent, le respect, tout ça ça m'est égal, on peut tout me retirer mais je refuse qu'on me la prenne ! » Andrew était dans un état terrible, il fallait avouer. Il avait conscience de ses actes, il les assumait, il en parlait librement, il savait à quel point c'était horrible mais il ne pouvait pas s'en sortir dans la mesure où son orgueil refusait une quelconque aide, où il avait très peur de ça ; qu'il soit séparé de l'amour de sa vie. Le véritable Andrew était dans un état pareil, il était là, à chercher des solutions à l'internement de son épouse, à se démener pour obtenir ne serait-ce qu'une visite ! Mais Ostrov Island était en endroit très gardé et difficile d'accès pour le monde extérieur et il en faisait les frais. Depuis le procès Andrew n'était pas sorti, il réfléchissait à une façon de la rendre libre de l'Asile, ou de la rejoindre.

Soudainement, Alicia c'était mise à parler. Vraiment, pas comme tout à l'heure où elle récitait, là elle parlait, réellement, avec ses mots, avec ses paroles remplies de panique. Elle s'exprimait comme si elle avait peu de temps, comme si son bourreau pouvait revenir d'une minute à l'autre. Elle lançait un appel à l'aide mais le fermait directement lorsqu'elle se rendait compte de sa triste situation.
« Je comprends.... Vraiment. »  
Howard Taylor l'avait dit, il comprenait cette situation où l'on ne peut partir, où on a pas le choix, où on est bloqué. Il savait que tout ce qu'il avait à gagner si il fuyait, c'était la honte et le mépris, mais qu'au moins, la douleur physique s'arrêterait. Seulement Dieu choisissait le destin et la vie de ses enfants, c'était lui qui décidait, alors s'en aller ! C'était comme lui faire un gros doigt d'honneur à la Lyzbeth puis lui sortir un « tu t'es bien foutu de ma gueule, gros con ! ». Alors ils se devaient tous deux de rester dans leur situation inconfortable et intolérable. Et Dieu, lui il ne faisait rien pour ses deux fidèles.
"Et alors, qu'est-ce que vous allez faire ? Vous laisser crever ? Le laisser vous tuer ? »  
La blonde releva ses yeux en larmes vers lui, sa crainte, son visage terrifié, elle était vraiment elle. Alicia ce n'était pas la perfection et les bonnes manières, Alicia c'était la peur sous la perfection, la peur sous les bonnes manières. Elle devait être irréprochable pour ne pas montrer qu'au fond d'elle, elle était tétanisée par son homme, par ses mains, par ses caresses et craignait le moindre de ses soupirs.

« J'ai.. j'ai le choix vous pensez ? Si je pars, Seigneur, si je pars je perds tout ! Vous comprenez j'en suis certaine alors comprenez aussi que je ne peux faire qu'attendre et espérer que ça aille mieux ! Mais... si ça continue, oui si ça continue il va me tuer... il va regretter et être très malheureux... Cependant si je pars ce sera pire j'ai.. je ne peux tout de même pas abandonner mon fils, mais je ne peux pas non plus le lui laisser et... je ne peux pas être loin de mon époux je... je n'ai rien, je n'ai personne ! Où irais-je ? Toutes les portes se fermeront sous mon nez et je devrais rester là, dehors comme Bonnie et Lyz... Regardez moi, honnêtement, jamais je ne pourrais survivre dehors. » 
Le pire était bien qu'elle avait tristement raison, et la seule capable de les faire sortir de cette situation était Bonnie. Bonnie n'avait pas d'attache, ou plutot elle en avait beaucoup, tellement qu'il était simple pour elle de s'en défaire. Elle aurait pu tuer Andrew pendant l'acte, alors elle l'aurait vidé et empaillé comme il aurait fait avec Kathérina. Ou bien, elle aurait prit possession du corps de Kath, elle l'aurait habité, elle aurait chassé les "autres" et serait partie de ses mains. Elle, elle n'aurait eu aucun scrupule pour quitter Andrew, pour l'effacer de sa vie, comme elle faisait avec les autres. Elle avait bien un autre amant en tête à l'heure actuelle, son favori, celui qui allait mourir mais qu'elle n'était plus certaine d'avoir tué. Bonnie était libre, et elle était la seule à pouvoir se sauver et se délivrer. Si une des personnalité devait rester, ou plutôt si quelqu'un devait rester habiter ce corps, c'était bien elle.
Lyzbeth elle, était trop impulsive, trop en souffrance pour envisager une pareille chose. Elle était irresponsable, elle était violente et impulsive. Elle n'acceptait aucune nourriture en dehors de la viande humaine, elle n'acceptait aucune boisson en dehors de l'alcool, aucune bouffée d'air frais sans.. fumée de cigarette. Alors il était bien normal qu'Howard doute de ses paroles sur le respect mutuel et sur tout le discours qu'elle lui tenait là ! Après tout, elle était mal placée pour parler d'honneur !
« Tu crois peut-être que je n'y suis pas en Enfer, hein ? C'est ça ? Tu crois que je vais devoir attendre d'être vieux et d'oublier mon prénom pour rencontrer le Diable ? Dieu recule chaque jour un peu plus et je n'arrive pas à le retenir... Je ne peux même plus prier sans que ce visage de serpent envenime toutes mes pensées, sans que ce manque de lui monopolise tous mes mouvements ! Moi je veux croire que j'arriverai à me défaire de ça, et en même temps.... »  
Mais il fallait l'avouer, il faisait des efforts, il admettait d'être rongé par ce désir pour ce garçon, il disait aussi qu'il voulait s'en débarrasser alors que pourtant, cela semblait vital pour lui de vivre avec son souvenir.
« Qui voudrait se défaire de lui ? Qui le pourrait ? Je ne suis même pas certain de pouvoir. J'arrive plus ou moins à gérer mon manque de nicotine, mais CA, ça, c'est invivable... ».   
SBAM, Lyzbeth faillit manquer un battement de son cœur lorsqu'il lui sortit ça, comme ça ! C'était ça, c'était totalement ça, il avait compris. Elle ressentait la même chose, EXACTEMENT ! Elle devait avouer que depuis qu'elle était partie de chez son mal(e), elle avait songé tant de fois à revenir, à capituler et à agiter le drapeau blanc. Pourtant Lyzbeth faisait partie de ses filles qui préfèrent qu'on les saignent plutôt que de revenir en rampant. Elle s' était même demandée si finir au bout d'une corde avec la chanson Gloomy Sunday en fond ne serait peut-être pas mieux que d'être hantée par lui.  

« Tu vois Howard, c'est ce que je disais.. tu sais que tu as besoin de t'éloigner, tu sais que tu le dois mais tu ne peux pas et surtout.. tu ne veux pas. Son souvenir flotte dans ton esprit confus, tu es partagé entre la raison et l'amour qui tente de la dégager à grand coup de pied. »
Et elle lui exposa ce qu'il se passait à l'intérieur d'elle. La tornade aux sentiments, la mécanique défectueuse de son cœur qui ne comprenait plus bien ce qu'il se passait dans sa petite cage osseuse. C'était horrible, elle aimait cet homme, elle le détestait plus fort encore. Mais rien ne pouvait l'en éloigner, dès qu'elle se remémorait ses immondes caresses sur sa peau, sa façon de subir sa colère et de l'en assaillir en retour et son souffle dans son cou, ses mains fermes d'homme sur sa taille.. Elle rechutait, elle était amoureuse.
« Ton mal me brûle la peau... » avoua alors Howard qui semblait désemparé face à ses mots, à ce qu'elle lui racontait en pleurant des larmes remplies de rage. Il devait peut-être avoir peur de ressentir ça lui aussi, peur de ne jamais oublier, peur d'être obsédé par LUI, ce garçon qui dansait dans sa tête.
« Alors imagine ma douleur à moi, d'aimer un homme que j'ai quitté, un homme dépourvu d'humanité qui m'a fait ramper, qui me demandait de m'exprimer quand il me bâillonnait, qui exigeait des caresses quand j'avais les mains attachées et qui m'a traité comme une chienne sous prétexte que j'étais à lui. Il a cassé mes os, fracturé mon cœur puis a voulu avaler mon âme. Et pourtant... » Elle s'affligeait elle même, la tête dans les mains, ses larmes ne pouvant pas arrêter leur parcours comme ça, si simplement « ...pourtant je donnerais n'importe quoi pour retourner dans les griffes ce salaud qui m’obsède et me harcèle.. »  
« Si tu pouvais sentir battre le mien... » ajouta le garçon qui l'écoutait attentivement et qui donnait l'impression de boire ses paroles. Il tremblait comme une feuille morte frappée par le vent, il avait l'air aussi triste qu'elle, aussi abattu. Il connaissait bien sa douleur, ça elle n'en doutait pas, mais elle n'avait pas envie qu'il vive ça, il méritait d'être heureux et de rendre heureux, pas de subir un bonheur partiel et périssable. Puis il s'allongea dans l'herbe comme si tout le poids du monde reposait sur lui, comme si le simple fait de rester assis et de se tenir droit lui faisait souffrir le martyr. Et ils étaient égaux, là dans l'herbe avec leur douleur et leurs sentiments confus et certains à la fois.
« Je crois que je suis amoureux d' Edgar... »  
Lyzbeth ne put s'empêcher de laisser à nouveau glisser quelques larmes sur ses joues trop creuses avant de les essuyer furtivement et de tourner la tête vers Howard.
« Toutes mes condoléances. ». Oui, pour Lyzbeth l'amour n'était simplement qu'une abomination. Ca faisait mal, ça vous vidait la cervelle de tout ce que vous aviez appris précédemment, de vos erreurs. L'amour était un délicieux poison qui emplissait votre cœur et l'arrêtait quand ça lui chantait.
« Et maintenant ? Que vas-tu faire.. ? Tu n'en sais rien, tu vas encore te torturer à réfléchir, à te demander qu'est ce qui est bien pour toi... enfin, ce qui est correct.. »  puis elle lâcha un soupire, elle voulait au moins savoir une chose ; "C'est un type bien, Edgar ? Pourquoi tu l'aimes, qu'est-ce qui te fait battre le coeur Howard ?"




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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 26 Juin - 20:20



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« Je... je suis désolée... je suis vraiment désolée de vous avoir parlé de tout ça c'est... c'est ridicule pardonnez moi. Ce que vous vivez là ce n'est pas juste c'est totalement... horrible, incompréhensible... Pourquoi vous faire ça ? Pourquoi est-ce que votre père a... ..vous a fait ça ? Comment un père peut-il faire ça à son fils ? »  


Kathérina était choquée et désolée du spectacle qui s'était déroulé devant ses yeux. L'entendre lui demander comment son père avait-il pu se laisser autant emporter par sa violence était quelque chose d'extrêmement dur à imaginer dans la tête d' Howard. Parfois il arrivait à se montrer fort, comme il avait courageusement déboutonné sa chemise pour montrer l'étendue des dégâts, et parfois, il préférait se retrancher derrière le déni et les mensonges comme le faisait Kathérina. La jeune femme avait posé une question, mais Howard n'avait pas la réponse à celle-ci. Pour lui, James Taylor n'était certes pas parfait. Il avait des défauts, et son autorité était parfois oppressante, mais grâce à l'éducation qu'il lui avait donné, l'anglais maîtrisait les bases de l'homme qu'il avait envie d'être. Grâce à ses méthodes quelques peu abusives, il avait appris à ne jamais réitérer les choses qui lui donnait du discrédit à lui et à sa famille.

« Père a fait de son mieux pour que je ne devienne pas le monstre que je suis aujourd'hui. Ce qu'il a fait... Était la moindre des choses finalement pour me faire payer les raisons de mon inscription ici. Je ne suis pas à la hauteur, et je ne suis pas digne, mais il n'est pas méchant. Il ne voulait pas mal faire, il voulait que je fasse bien, et que je comprenne. Il voulait que j'ai assez peur pour que ma conduite soit irréprochable. Je ne sais pas bien où a-t-il malheureusement échoué dans son éducation, peut-être que c'est juste moi qui n'ai pas bien compris... Quoi qu'il en soit... Ce qu'il a fait pour... Pour me contraindre à obéir, c'était... C'était trop dur, et ça continue de l'être parce que... Parce que parfois, alors qu'il n'est même pas là, je sens son ombre planer sur moi, et j'ai peur chaque fois que mes pensées se détournent du droit chemin. Alors... Je crois qu'on devrait apprendre à penser par nous-même, vous comprenez ? ».


Peut-être qu'une part de Kathérna comprenait la douleur et le désarroi d' Howard James Taylor, mais pas son homonyme, le Duc Andrew Barrow.


« Vous savez ce qu'il va se passer pour elle et moi si la vérité est « rétablie » ? Kathérina va rester moisir ici, ses humiliations seront alors rendues publiques ; mes clichés d'elle seront considérés comme des éléments importants, comme preuves et donc circuleront encore plus entretenant cette humiliation progressive. Son corps devra faire l'objet d'analyses, de prélèvements, ce qui sera un véritable calvaire pour elle, pire, elle devra en parler, raconter ce qu'il s'est passé, à chaque fois, dans les moindres détails pour que ses accusations si elle en fait, soient le plus solides possibles. Enfin du moins si c'est elle qui prend la parole, parce que si c'est Bonnie, elle dira simplement qu'elle a aimé mes tortures. Après ça, même si un jour elle sort de l’hôpital, ce qui, je vous avoue m'étonnerait fort aux vues de ses crimes, elle sera perdue parce que moi, je ne serais plus là, je moisirais aussi dans une cellule inconfortable en prison ou bien aussi à l'asile. Elle ne pourra pas aller me voir,elle ne pourra pas m'oublier et restera bloquée, sans moi. Vous comprenez, Kathérina c'est... c'est mon âme sœur, on ne peut pas être l'un sans l'autre. Si elle se retrouve toute seule qu'est ce qu'elle va faire ? Elle n'a personne, elle est toute vide à l'intérieur ! »


Et qu'est-ce qui était mieux pour elle ? Qu'elle reste cloîtrée dans un univers certes un peu fade mais où on s'acharnait à la soigner, ou la laisser dehors vivre sa passion pour cet homme, et le laisser la tuer de ses mains ?


« Vous imaginez ma douleur à moi ? Vous croyez que j'ai voulu lui faire du mal ? Au début je voulais simplement qu'elle comprenne que rien ni personne ne nous séparerait et qu'elle.. oui qu'elle est à moi mais... je l'ai séparé d'elle et maintenant.. Elle est plus là, elle est même pas morte, ni vivante, encore moins au paradis mais... moi j'aimerais qu'elle soit là, avec moi, comme avant qu'elle puisse pas partir avant que je lui ai dit d'y aller... Regardez là, elle est plus là, et moi ? Qu'est ce que je vais faire si on me sépare d'elle encore ? Alors si les gens se mettent à fouiner dans notre histoire, dans la réalité... elle est moi on pourra plus vivre. Je n'ai rien en dehors d'elle, je me fiche de tout perdre, ça m'est égal, mon titre, mon argent, le respect, tout ça ça m'est égal, on peut tout me retirer mais je refuse qu'on me la prenne ! »


Wow... Oui bien sur qu' Howard imaginait sa douleur. Elle était en train de devenir quelque chose de matériel, de concret, quelque chose qu'il pouvait attraper comme un ballon, et garder entre ses mains, impuissant, sans savoir quoi en faire. Andrew prenait conscience de toutes les affreuses choses qu'il avait fait, mais sa passion pour sa femme était solide à toute épreuve, un tel paradoxe rendait fou Howard. Il essaya de se mettre à sa place et il comprenait une seule chose. L'état fiévreux et révoltant que pouvait faire subir la jalousie. Edgar passait son temps à papillonner, et le brun avait eu tout le loisir de comprendre  d'où venait le dégoût et la colère qui labouraient son ventre, mais jamais il n'avait fait payer à Edgar sa façon d'être lui.

« Vous allez vous soigner. Et si... Si vous l'aimiez tant, laissez là tranquille bon sang ! Laissez la respirer par ses propres poumons ! Peut-être que vous pensez que je suis à côté de la plaque et que je ne sais pas ce que c'est que l'amour, mais croyez-moi, je sais ce que c'est de vivre dans l'ombre de quelqu'un, et même si vous vous en fichez royalement, je pense que pour vous aimer mieux, Kathérina a besoin de s'aimer un peu elle-même et... De retrouver son corps... »


Pendant qu' Howard parlait, quelque chose avait fait écho à Alicia parce qu'elle avait pris la place d' Andrew.

Alicia était un petit être fragile, plein de maquillage sociétal, et Howard avait des frissons de dégoût en la regardant s'affoler, se murer dans la peur, et en même temps, tout ce qu'il avait laissé derrière lui pour s'enfermer ici, le rapprochait d'elle. La peur dans ses yeux meurtris déchira e cœur d' Howard, alors que ce dernier la poussait, la bousculait pour qu'elle s'exprime, pour qu'elle parle, pour qu'elle botte Andrew Barrow en touche.


« J'ai.. j'ai le choix vous pensez ? Si je pars, Seigneur, si je pars je perds tout ! Vous comprenez j'en suis certaine alors comprenez aussi que je ne peux faire qu'attendre et espérer que ça aille mieux ! Mais... si ça continue, oui si ça continue il va me tuer... il va regretter et être très malheureux... Cependant si je pars ce sera pire j'ai.. je ne peux tout de même pas abandonner mon fils, mais je ne peux pas non plus le lui laisser et... je ne peux pas être loin de mon époux je... je n'ai rien, je n'ai personne ! Où irais-je ? Toutes les portes se fermeront sous mon nez et je devrais rester là, dehors comme Bonnie et Lyz... Regardez moi, honnêtement, jamais je ne pourrais survivre dehors. » 


Oui, ça c'était sur. Elle n'était pas taillée pour ce genre de vie, pour vivre dans un monde où le luxe et l'obscurantisme ne générerait pas sa vie, mais Lyzbeth le pouvait, Bonnie le pouvait ! Et une part d' Howard était presque sûr que même Kathérina aurait pu. Mince, elle aurait pu vivre ailleurs, reprendre goût à la vie, manger à nouveau, mettre des robes à fleur, laver ses cheveux avec un shampooing à l'abricot et s'allonger dans l'herbe sous un figuier ! Elle méritait de vivre ça.

« Alors ne le laissez pas reprendre le contrôle. Je me doute bien que ce n'est pas facile, mais vous êtes en sécurité ici, votre fils n'est pas entre ses mains, il est à l'abri, détendez-vous. Soyez certaine Madame, qu'ici, la personne dont vous avez si peur ne vous fera aucun mal ! Je ne sais pas pourquoi vous êtes enfermés avec ces gens instables, mais vous êtes protégée, c'est une bénédiction, Dieu qui vous sauve la vie ! »

Alicia avait peur, mais Lyzbeth était en colère quand elle parlait de l'homme qui l'avait rendu malade. La plaie était à vif, la cicatrice était béante. Howard aussi avait un abîme dans la poitrine, un abîme qui portait le nom d'un homme, et c'est Lyzbeth qui avait posé le doigt sur ce secret qui pesait lourd sur sa conscience, Lyzbeth qui l'avait mis assez à l'aise pour qu'il s'ouvre le cœur.


« Tu vois Howard, c'est ce que je disais.. tu sais que tu as besoin de t'éloigner, tu sais que tu le dois mais tu ne peux pas et surtout.. tu ne veux pas. Son souvenir flotte dans ton esprit confus, tu es partagé entre la raison et l'amour qui tente de la dégager à grand coup de pied. »

C'était atroce d'entendre de la bouche d'une autre le mal être qui le rongeait. D'autant plus atroce que ses mots (maux) avaient l'air d'être parfaitement partagés. Lyzbeth et lui étaient définitivement plus proches qu'il ne l'avait imaginé. La première fois qu'elle était apparue devant lui, Howard avait eu la peur de sa vie, mais finalement, il pouvait avoir confiance en elle, il connaissait ce qu'elle ressentait, il connaissait ce que ça faisait de respirer et de souffrir quelque part dans la poitrine.

« Alors imagine ma douleur à moi, d'aimer un homme que j'ai quitté, un homme dépourvu d'humanité qui m'a fait ramper, qui me demandait de m'exprimer quand il me bâillonnait, qui exigeait des caresses quand j'avais les mains attachées et qui m'a traité comme une chienne sous prétexte que j'étais à lui. Il a cassé mes os, fracturé mon cœur puis a voulu avaler mon âme. Et pourtant... ...pourtant je donnerais n'importe quoi pour retourner dans les griffes ce salaud qui m’obsède et me harcèle.. »  

Lyz pleurait, alors qu' Howard pensait qu'elle ne pouvait pas le faire. Il avait vu pleurer beaucoup de femmes, et beaucoup de personnalités ces temps-ci, mais c'était cette douleur là qui lui parlait le plus. Cette douleur qui l'avait conduit ici.

« Est-ce que cet homme t'a aimé ? », demanda le brun qui aurait peut-être voulu pouvoir endurer un tel enfer s'il avait été persuadé qu' Edgar pouvait être malade d' Howard comme ce dernier était malade de lui.

Il était tombé amoureux. Merde... Il était tombé amoureux quoi ! Parfaitement, c'était net, c'était limpide, propre.



« Toutes mes condoléances. »
, se désola Lyzbeth. Howard sourit, il avait même envie de rire. La légèreté soudaine de Lyz était communicative. Il avait prononcé cette phrase tellement de fois, que la situation était franchement ironique .

« Et maintenant ? Que vas-tu faire.. ? Tu n'en sais rien, tu vas encore te torturer à réfléchir, à te demander qu'est ce qui est bien pour toi... enfin, ce qui est correct.. » , demanda-t-elle avant d'ajouter cette phrase presque grossière.  

« C'est un type bien, Edgar ? Pourquoi tu l'aimes, qu'est-ce qui te fait battre le cœur Howard ? »

Howard soupira, toujours allongé sur le dos. Il ne savait pas bien comment répondre, et qui il était pour pouvoir juger si Edgar était un homme bien ou non, mais ce qui était sûr, c'est qu'il était ici, et qu'il souffrait.

« Tu veux que je te dise ? Pour être honnête, j'en sais trop rien. J'veux dire... On n'appartient pas du tout au même monde lui et moi. C'est quelqu'un de secret, d'impulsif, de... C'est une tête brûlée. Il est... Il est libre et je suis en cage. Il a les clefs, il les agite sous mon nez, il semble souffler « si j'ouvre la grille, tu t'envoles ? », et je reste là, à le regarder battre des ailes au lieu de partir moi aussi. Je... Tu vois je ne sais même pas si c'est son apparence qui m'attire, parce que... Parce que quelque part, son physique me fait peur. Quand il me regarde, quelque chose sonde mon corps et c'est déstabilisant, je ne me sens plus au bon endroit, ni au bon moment de ma vie. Et ça, c'est pas forcément quelque chose d'agréable, n'est-ce pas ? », Howard se frotta l'arrête du nez, respira et repris :

« - Mais... Il est audacieux. Il est obstiné. Il est franc. Je sais pas, avec lui je me sens devenir quelqu'un d'autre. Je me fiche si ce quelqu'un est une personne bien ou pas, je me fiche de savoir si cet homme que je deviens plairait à mes parents ou non, je me fous de savoir s'il est fréquentable, j'aime ce type car il me rappelle soudainement que je n'ai qu'une vie, celle que je suis en train de vivre à plein régime quand j'existe dans les yeux d' Edgar. ». Howard se sentait ridicule, il ne répondait même pas à la question de Lyzbeth ! Il ne se voyait pas dire que le regard de cet homme l'avait charmé, ni vanter le goût et la volupté de ses lèvres, et encore moins son sourire qui plongeait dans sa gorge pour aller chercher son cœur à mains nues !  A quoi bon ?

« Voilà... Une femme aurait tout aussi bien me faire ressentir ça, tu crois pas ! »
, plaisanta Howard, qui n'en pensait pas moins.
« Je crois que je suis amoureux d' Edgar... ». *silence*
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 28 Juin - 22:48


Bienvenue sur l'île des jouets défectueux.




« Père a fait de son mieux pour que je ne devienne pas le monstre que je suis aujourd'hui. Ce qu'il a fait... Était la moindre des choses finalement pour me faire payer les raisons de mon inscription ici. Je ne suis pas à la hauteur, et je ne suis pas digne, mais il n'est pas méchant. Il ne voulait pas mal faire, il voulait que je fasse bien, et que je comprenne. Il voulait que j'ai assez peur pour que ma conduite soit irréprochable. Je ne sais pas bien où a-t-il malheureusement échoué dans son éducation, peut-être que c'est juste moi qui n'ai pas bien compris... Quoi qu'il en soit... Ce qu'il a fait pour... Pour me contraindre à obéir, c'était... C'était trop dur, et ça continue de l'être parce que... Parce que parfois, alors qu'il n'est même pas là, je sens son ombre planer sur moi, et j'ai peur chaque fois que mes pensées se détournent du droit chemin. Alors... Je crois qu'on devrait apprendre à penser par nous-même, vous comprenez ? »


Finalement, les raisons pour lesquelles Howard ne se rebellait pas comme Lyzbeth l'avait fait étaient limpides et semblables à celles de Kathérina. Il devait tout à son bourreau, il l'admirait et lui était reconnaissant. Il fallait bien entendu se pencher sur son histoire pour comprendre cette reconnaissance, tout comme il fallait écouter l'histoire du jeune couple Barrow pour comprendre cette passion malsaine et destructrice. Andrew et James voulaient les formater, les rendre comme ils le souhaitaient. Bien entendu, Andrew aimait sa femme comme elle était, il voulait "juste" un peu plus de pouvoir sur elle et d'emprise et James, lui, désirait un fils irréprochable et peut-être même aussi insensible que lui.
Howard était, à la différence de Kathérina, reconnaissant, quelque part, des maltraitances de son père à son égard. C'était pour l'empêcher de fauter, lui faire comprendre ses erreurs. Kathérina n'était pas reconnaissante des violences de son époux. Elle subissait, elle se pliait. Ce n'était même plus simplement des coups mais du vice et de la torture. Kathérina ne c'était jamais dit qu'elle devrait remercier Andrew de la battre, ni que c'était une solution. Elle pensait simplement qu'elle était responsable de sa colère, qu'il fallait bien qu'il se défoule sur quelqu'un, qu'il se venge. Pourtant elle n'avait jamais rien fait de mal, elle le savait. Plus jeune, ça oui elle l'était, et donc un peu naïve et aveuglée par l'amour, sans doute. Elle avait fini par accepter la violence dans l'amour, l'amour dans la violence puisqu'elle ne savait pas, du moins elle ne savait plus, ce qu'était Amour sans Souffrance.


"Ce n'est pas parce que vous "n'êtes pas à la hauteur", ni pour vous faire "comprendre" quelque chose qu'il doit vous frapper. Les choses ça s'explique, pas avec les poings et les pieds mais avec les mots. Comment pouvez vous vous reprocher de ne pas avoir compris alors que sa façon de vous dire les choses était si violente ? C'est vrai quoi je.. je veux dire que... Je ne juge pas votre père qui est certainement un homme respectable il.. il inspire le respect voyez vous, ça ne fait aucun doute. Seulement.. si c'est la seule façon d'éduquer un enfant et que vous êtes d'accord avec ce principe... si c'est si.. normal que ça, feriez vous la même chose à vos enfants Howard ?"
Kathérina avait toujours été intelligente. Elle était réfléchie quand on la laissait penser avec son cerveau. Elle n'était plus dominée par la peur, on ne parlait plus d'elle, elle s'était oubliée en tant que victime cette fois ci et ressemblait un peu plus à Bonnie, sans pour autant l'incarner. Cependant son discours était en contradiction avec ses paroles précédentes concernant son mari et aussi en contradiction avec ses peurs. Kathérina avait accepté la douleur dans sa vie, en même temps qu'elle avait accepté Andrew, ses bons côtés et aussi ses mauvais. Par cette tyrannie, le Duc lui montrait et lui faisait comprendre à qui elle appartenait et il utilisait aussi de blessantes paroles comme arme. La différence c'était que Monsieur Taylor ne semblait pas donner de marque d'affection à son fils et ne semblait pas regretter tandis que Barrow savait que la tendresse était indispensable pour garder son épouse. Sans ses beaux mots, ses marques profondes d'affection et ses preuves d'amour, Kathérina se serait certainement mise à le haïr profondément. Et ça, c'était ce qu'il redoutait le plus. Il fallait qu'il change et il voulait changer. Il était lucide.


« Vous allez vous soigner. Et si... Si vous l'aimiez tant, laissez là tranquille bon sang ! Laissez la respirer par ses propres poumons ! Peut-être que vous pensez que je suis à côté de la plaque et que je ne sais pas ce que c'est que l'amour, mais croyez-moi, je sais ce que c'est de vivre dans l'ombre de quelqu'un, et même si vous vous en fichez royalement, je pense que pour vous aimer mieux, Kathérina a besoin de s'aimer un peu elle-même et... De retrouver son corps... »
Howard comprenait, c'était certain, mais c'était dur pour l'égo d'Andrew que de recevoir des.. conseils ? Si il laissait vivre Kathérina, comme disait Howard, elle aurait la possibilité de s'en aller, de lui tourner le dos ou de fauter encore avec des inconnus ou pire encore, de flirter comme jadis elle l'avait fait avec son propre rival de frère -enfin, plutôt Bonnie à vrai dire-. Cette idée lui était proprement insupportable. Mais lorsqu'il la tenait en laisse, il avait le controle et si la nymphomane se manifestait, il pouvait resserrer la corde et la tourner vers lui pour capter son attention et qu'elle assouvisse ses pulsions sur lui. Cela avait était fort honteux d'apprendre par les journaux son infidélité scandaleuse alors que lui n'avait d'yeux que pour elle. Elle, et celles qui partageaient le même corps.


"Si je la laisse elle va s'en aller, vous comprenez ? Elle l'a déjà fait j'ai.. j'ai relaché mon attention d'elle quelques minutes et... j'ai laissé la porte des catacombes ouverte et elle a trouvé le moyen de partir pour aller.. coucher avec n'importe qui et n'importe quoi ! Enfin... C'est bien difficile de la laisser tranquille. Elle ne veut pas non plus vous comprenez c'est.. Je sais que ma violence est un poison mais justement quand elle est "libre" elle réclame ma présence enfin... de la tendresse. Et toute de manière différente j'en perds la tête je sais que... Alicia ne supporte pas que je la touche elle préfère les mots, Bonnie c'est le contraire elle aime le sexe et la violence et Lyzbeth elle... elle est tellement compliquée à me haïr à ce point puis à m'aimer intensément et Kathérina... Elle veut juste une vie simple et que tout sois... tendre. Mais je ne peux pas arrêter de penser à que serait ma vie si elle s'en allait et... je ne peux pas exister sans elle, je ne veux pas prendre le risque qu'elle trouve quelqu'un de mieux et qu'elle s'en aille ! Mais j'aimerais moi aussi... que ça aille mieux, qu'elle aille mieux et qu'elle puisse à nouveau retrouver son sourire que Bonnie a décidé de prendre."
L'obsession pour la perfection d'Alicia et ses manies pour l'ordre, le sourire de Bonnie et son naturel ainsi que sa spontanéité à couper le souffle, la réflexion impulsive de Lyzbeth et son humour léger, tout ça, toute ces filles étaient des parties de la petite blonde, des traits de son caractères ou bien d'autres choses qui faisaient qu'elle était celle dont Andrew était tombé amoureux. Et ses parties étaient devenues indépendantes, trop indépendantes jusqu'à faire d'elle ELLES.
"J'aimerais lui manquer autant qu'elle me manque. Je ne veux plus de ces filles, de ces extrêmes qu'elle est je... Je la veux elle et je veux qu'elle soit heureuse mais je suis incapable de changer quoi que ce soit et... Oui alors.. sans doute je devrais me faire soigner, prendre quelque chose je ne sais pas... ce n'est pas de sa faute à elle c'est certain..."


Ces derniers mots, elle l'avait entendu un milliard de fois "ce n'est pas de ta faute, c'est la mienne" et c'était en contradiction avec ce qu'il lui disait lorsqu'il la faisait souffrir "te rends-tu compte de ce que tu me fais faire ?! Ton comportement est... intolérable". Alors elle ne savait plus trop ce qui était bon et ce qui ne l'était pas. Pour Alicia c'était bien simple, elle retirait son coeur, elle faisait taire ses émotions et laissait Andrew faire tout ce qu'il voulait. Une Bonne Epouse ne dit pas "non" à son mari. Lorsqu'il veut l'embrasser, il l'embrasse, lorsqu'il veut qu'elle se taise, elle se tait, lorsqu'il désire la toucher il la touche. Alicia était une jeune femme qui ne supportait pas les mains sur son corps, cela lui faisait un mal de chien, elle se sentait généralement très mal et cela pouvait parfois engendrer de violentes crises d'hystérie où son corps tout entier devenait à la merci de son prédateur. Mais elle subissait bien et dignement. Elle ne criait pas, elle pleurait en silence la tête logée dans le cou d'Andrew qui profitait de sa faiblesse alarmante.


« Alors ne le laissez pas reprendre le contrôle. Je me doute bien que ce n'est pas facile, mais vous êtes en sécurité ici, votre fils n'est pas entre ses mains, il est à l'abri, détendez-vous. Soyez certaine Madame, qu'ici, la personne dont vous avez si peur ne vous fera aucun mal ! Je ne sais pas pourquoi vous êtes enfermés avec ces gens instables, mais vous êtes protégée, c'est une bénédiction, Dieu qui vous sauve la vie ! »
Mais ici, ce n'était pas sa place. La matérialiste, la réaliste et la superficielle Alicia ne pouvait pas, ne devait pas rester chez les fous. Même si son fils avait été loin d'Andrew, elle elle n'avait pas le droit de le laisser, elle n'avait pas le droit de l'abandonner comme ça. Et Andrew, il avait tant besoin d'elle. En lui retirant son mari et son fils ainsi, Dieu la rejetait ouvertement, il lui reprochait quelque chose, certainement d'avoir pu, un jour, être l'amie d'une Putain et d'une Lesbienne.


"Une... une bénédiction ? Mais.. non, non Monsieur vous vous trompez c'est... Pensez-vous honnêtement que c'est une bénédiction d'être ici loin de mon foyer, de mon époux et de mon enfant, je..." Elle s'interrompit. Elle n'avait aucun souvenir de ce qu'elle disait. Son foyer ? Oui elle vivait dans un joli manoir avec la famille de son mari, mais elle n'avait pas tellement le souvenir d'avoir materné quelqu'un, encore moins un enfant ou son enfant. "Je... je sais même plus si ce que je dis est réel si.. si il y a vraiment quelqu'un qui me fait tout ce mal je... je suis seulement certaine d'une chose je suis..." Ca lui arrachait la gorge et touchait trop sa fierté mais il fallait qu'elle l'avoue, qu'elle assume ça "Je suis morte de peur. Il me fait peur et il va me tuer. Mais si je reste ici, je vais devenir folle.. je ne peux pas rester dans cette imperfection ambiante dans cette atmosphère qui me rend malade, entourée de Lyz et Bonnie qui veulent faire de moi une mauvaise personne.." Plus elle parlait, plus elle semblait prise d'une panique affreuse, elle arrachait la peau de ses tempes, à nouveau de ses doigts, comme si quelque chose de plus parfait ce cachait sous sa peau salie par les hommes, par les mains et le souffle des amants de Bonnie.


Lyzbeth avait beau sembler insensible au premier abord, elle était profondément meurtrie. C'était bien simple pourtant, à priori, d'occulter quelqu'un qui vous a fait du mal. Lyzbeth était lucide, elle avait fuit comme ça, sans peur, sans regarder derrière elle. Elle avait pris ses jambes trop maigres à son cou et avait laissé le sale type seul et abandonné à lui même, à ses propres vices. Mais rien 'ny faisait, elle avait beau aimer profondément Bonnie, aduler Alicia et protéger la pauvre Kathérina, elle n'oubliait pas ce homme qui un jour, était le sien.
« Est-ce que cet homme t'a aimé ? »
Oh que oui, il l'aimait très fort, c'était certain. Lyzbeth ne parvenait peut-être plus à mettre un nom sur lui, tout comme Alicia ne parvenait pas à le dire. Sinon, leur histoire aurait été fortement incohérente, trois femmes, entichée du même homme fidèle à la même femme à laquelle elles appartenaient. Lyzbeth frappait aussi vite qu'il frappait, sans prévenir, au sens propre comme au figuré. Elle ne se laissait certainement pas faire, mais elle était plus faible. Trop, et bien entendu, elle n'en savait rien. Il la dégoutait, ses mains d'homme délicates et violente qui massaient et broyaient ses petites épaules, qui tiraient ses cheveux pour la mettre à genoux et la forcer à d'humiliants actes, puis qui l'attrapait fermement contre lui et posait sa bouche venimeuse contre la sienne. C'était insupportablement divin.


"Ouais, c'est ça le pire non ? Comment on peut faire souffrir quelqu'un qu'on aime plus que tout ? On se déteste et on s'aime, c'est un gros paradoxe ridicule qui me donne envie de le frapper à chaque fois que j'y pense. Mais il est plus doué pour tabasser que moi. Si ce connard avait eu une laisse, il m'aurait attaché au pied du lit." Elle lacha un profond soupir de tristesse en pensant de manière fuguasse à cette histoire chaotique "Mais oui, il est dingue de moi autant que je le suis de lui. C'est terrible ça. Et rien n'y fait pourtant, je reste accrochée bien qu'amoureuse de ma si jolie Bonnie". L'amour, c'était quelque chose, et Howard avait fini par avouer. Il aimait Edgar, pour tout ce qu'il était, et aussi un peu parce qu'il lui était interdit.


« Tu veux que je te dise ? Pour être honnête, j'en sais trop rien. J'veux dire... On n'appartient pas du tout au même monde lui et moi. C'est quelqu'un de secret, d'impulsif, de... C'est une tête brûlée. Il est... Il est libre et je suis en cage. Il a les clefs, il les agite sous mon nez, il semble souffler « si j'ouvre la grille, tu t'envoles ? », et je reste là, à le regarder battre des ailes au lieu de partir moi aussi. Je... Tu vois je ne sais même pas si c'est son apparence qui m'attire, parce que... Parce que quelque part, son physique me fait peur. Quand il me regarde, quelque chose sonde mon corps et c'est déstabilisant, je ne me sens plus au bon endroit, ni au bon moment de ma vie. Et ça, c'est pas forcément quelque chose d'agréable, n'est-ce pas ? »
Lyzbeth esquissa un sourire, ce gars était un peu comme elle, provocateur, fourbe et avait l'air terriblement libre -et pourtant, peut-être ne l'était-il pas-. Lyzbeth se frotta la tête et arracha machinalement l'herbe fraîchement coupée sous eux "Ouais... tu te sens comme.. en dehors de ton "toi" habituel quand tu es avec lui..."
« - Mais... Il est audacieux. Il est obstiné. Il est franc. Je sais pas, avec lui je me sens devenir quelqu'un d'autre. Je me fiche si ce quelqu'un est une personne bien ou pas, je me fiche de savoir si cet homme que je deviens plairait à mes parents ou non, je me fous de savoir s'il est fréquentable, j'aime ce type car il me rappelle soudainement que je n'ai qu'une vie, celle que je suis en train de vivre à plein régime quand j'existe dans les yeux d' Edgar. »
C'était ça, totalement, il devait raisonner comme ça, il devait conserver cette façon de penser ! "Et ça te fait du bien quand tu te dis ça ? Que tu peux faire tout ce que tu veux, quand tu veux et surtout, avec lui ? Vivre enfin ?"
Elle, c'était Bonnie qui lui avait apprit à se relever. Elle l'avait traîné dehors, sous la pluie au soleil couchant et l'avait fait rire pour la distraire. Bonnie faisait parti de ces filles qui en demandent davantage à cet événement, plus de couleur, davantage de contraste et de calme dans le vent. Et Lyzbeth avait apprit à faire de même, à être pragmatique et à sourire bêtement quand l'odeur de la nuit venait habiter ses poumons, caressait ses paupières et que le sourire de la Nymphe l'accompagnait et illuminait la future nuit.


« Voilà... Une femme aurait tout aussi bien me faire ressentir ça, tu crois pas ! » 
Lyzbeth soupira. ENCORE ! Comment osait-il dire ça après ce si beau discours ?! "RAAAH mais t'es borné toi, tu m'agaces !" Lui lâcha Lyzbeth en se redressant brutalement et en plantant son regard énervé dans le sien "Tu t'en fiches putain ! Une femme aurait pu, gnagnagna, bordel Howard, ok une femme pourrait, d'accord on a comprit ! Mais c'est pas ce qu'il se passe à ce moment même ! Peut-être ok, un jour ça t'arrivera, continue d'y croire si tu en as envie. Mais là, c'est Edgar, ok ? C'est Edgar qui te fait ressentir toute ces belles choses. Rejète pas ça, tu auras peut-être pas l'occasion de trouver une autre âme soeur tu sais. Moi je l'ai repoussé, et je m'en arrache les doigts. Mais bon, on s'en fout. Là il s'agit d'un homme. Et c'est pas grave Howard. Vis un peu"







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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 3 Juil - 17:52



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« J« Ce n'est pas parce que vous "n'êtes pas à la hauteur", ni pour vous faire "comprendre" quelque chose qu'il doit vous frapper. Les choses ça s'explique, pas avec les poings et les pieds mais avec les mots. Comment pouvez vous vous reprocher de ne pas avoir compris alors que sa façon de vous dire les choses était si violente ? C'est vrai quoi je.. je veux dire que... Je ne juge pas votre père qui est certainement un homme respectable il.. il inspire le respect voyez vous, ça ne fait aucun doute. Seulement.. si c'est la seule façon d'éduquer un enfant et que vous êtes d'accord avec ce principe... si c'est si.. normal que ça, feriez vous la même chose à vos enfants Howard ? »


Kathérina était belle quand elle s'indignait, quand l'horreur refusait de la prendre, quand ce qui était bon et juste régissait ses mots et ses attitudes. Howard en sourit tant c'était agréable à voir et à sentir. Le problème c'était que ses phrases résonnaient un peu trop en lui pour conserver son sourire timide, il perdait de sa candeur et de son éclat à chaque seconde. Il essayait d'imaginer son père avoir une conversation diplomatique avec lui, et très franchement, l'image effraya Howard. Il avait peur de James, peur de sa voix, de son jugement, plus que de ses poings, car au moins sa violence était plus silencieuse que la dureté de ses mots. Il ne pouvait pas expliquer à son père ce que ça lui faisait d'être exclu, d'être différent, d'être au bord de la crise d'hystérie chaque fois qu'un corps étranger l'effleurait. Comment parler de cette honte et de cette anomalie aux deux personnes qui l'avaient mises au monde ? Ces parents qui se voulaient trop parfaits qui voulaient engendrer un fils prodige. Comment tenir tête à son père, le regarder dans les yeux, lui dire : « Père, votre fils n'est pas celui que vous désiriez. Père, vous fils va mal. Père, votre fils est cassé, il est instable, il est malade. ». Plutôt mourir...

« Les mots... ? », souffla Howard qui n'osait plus regarder cette Kathérina droite et fière. « Jamais je ne pourrai m'asseoir en face de Père et avoir une conversation qui ne tourne as autour de la finance et du travail. Il ne m'a même pas parlé quand il décida de m'interner ici. Mère n'a rien dit non plus dans la voiture, tout le long du trajet, elle pleurait. Pour répondre à votre question... Non, je ne serai pas le même homme qu'il est. Je refuse de lever la main sur un enfant, je préfère... Je préfère le laisser faire les erreurs, sans  avoir l'audace de m'interposer, considérant l'homme que j'aurai été... L'homme que je suis maintenant. Père s'est trompé. Il a choisi une méthode qu'il croyait infaillible, et regardez-moi aujourd'hui. Je suis ici quand même, mais... Ce qu'il me fait m'empêche sans doute d'aggraver ma situation. Me punit pour dissuader le Diable... ».

Oh non, Howard n'aimait pas ce qui était en train de se passer. Comme si... Les rôles s'inversaient à nouveau et qu'il allait devoir devenir plus vulnérable que Kathérina. Il devait reprendre le dessus, redevenir cet homme qu'il voulait être, et justement, Andrew s'était manifesté, et lui avait permis de s'affirmer davantage.



« Si je la laisse elle va s'en aller, vous comprenez ? Elle l'a déjà fait j'ai.. j'ai relaché mon attention d'elle quelques minutes et... j'ai laissé la porte des catacombes ouverte et elle a trouvé le moyen de partir pour aller.. coucher avec n'importe qui et n'importe quoi ! Enfin... C'est bien difficile de la laisser tranquille. Elle ne veut pas non plus vous comprenez c'est.. Je sais que ma violence est un poison mais justement quand elle est "libre" elle réclame ma présence enfin... de la tendresse. Et toute de manière différente j'en perds la tête je sais que... Alicia ne supporte pas que je la touche elle préfère les mots, Bonnie c'est le contraire elle aime le sexe et la violence et Lyzbeth elle... elle est tellement compliquée à me haïr à ce point puis à m'aimer intensément et Kathérina... Elle veut juste une vie simple et que tout sois... tendre. Mais je ne peux pas arrêter de penser à que serait ma vie si elle s'en allait et... je ne peux pas exister sans elle, je ne veux pas prendre le risque qu'elle trouve quelqu'un de mieux et qu'elle s'en aille ! Mais j'aimerais moi aussi... que ça aille mieux, qu'elle aille mieux et qu'elle puisse à nouveau retrouver son sourire que Bonnie a décidé de prendre. »

Andrew Barrow, le Duc en personne subissait. Il voulait dominer sa femme et la garder pour lui, et au final, c'était Kathérina qui jouait avec lui en le rendant fou. En voyant sa défaite imminente, Kathérina avait sondé son âme en plusieurs, elle s'était rendue fortes de trois âmes supplémentaires, de quatre âmes à vrai dire, et voulait que l'union fasse la force. Certes, physiquement elle ne valait rien face à la puissance du Duc, mais elle empoisonnait subtilement des connexions de son cerveau, elle débranchait les fils, elle les emmêlait, même si elle devrait en faire les frais et crisper les poings pendant que la colère d' Andrew s'abattrait pour se venger. L'important c'était de s'enfuir, c'était de jouer, c'était de participer. Même si le Duc sous les traits fins de Kathérina avait crié sur Howard, en le suppliant de ne plus parler de femmeS au pluriel en évoquant son épouse, celui-ci faisait la même chose. Il parlait de celle qu'il avait conduite à l'église, puis de Bonnie, d'Alicia, de Lyzbeth...

« Mais vous n'avez pas peur de la tuer et qu'elle vous manque à jamais... ? »
, demanda Howard qui réprima un frisson d' horreur en imaginant sa réaction si on devait lui annoncer le suicide de la partie de lui qu'il préférait, le suicide d'Edgar.


« J'aimerais lui manquer autant qu'elle me manque. Je ne veux plus de ces filles, de ces extrêmes qu'elle est je... Je la veux elle et je veux qu'elle soit heureuse mais je suis incapable de changer quoi que ce soit et... Oui alors.. sans doute je devrais me faire soigner, prendre quelque chose je ne sais pas... ce n'est pas de sa faute à elle c'est certain... »



Est-ce qu'il était en train délirer ou le Duc Barrow approuvait ses conseils ? Sa douleur faisait trembler la luette de l'anglais, il avait peur d'enfin comprendre ce qu'il refusait de voir et d'entendre en s'imaginant Andrew. Il avait peur d'imaginer sa souffrance, peur de se mettre à sa place, peur de transposer. Il savait qu'il se consumait de jalousie pour pas grand chose, il savait que c'était un péché grave de convoiter, mais il comprenait qu' Andrew souffre puisque cette douleur, il la connaissait. Il n'avait jamais gardé personne en otage, lui il laissait filer, il laissait s'enfuir, il n'avait plus que lui à torturer à affamer, à blâmer et punir.

« Vous lui manquez, vous lui manquez autant qu'elle vous manque. Elle me l'a dit. Ses yeux ont luit au passage de votre nom, l'espoir allumait faiblement ses pommettes saillantes, elle vivait quand elle parlait de vous, mais... De l'ancien vous. De celui qu'elle veut, celui qu'elle chérie, celui qu'elle aime, et celui qu'une part non négligeable de vous continue d'être. Quand vous perdrez votre violence, vous retrouverez Kathérina», expliqua Howard qui avait l'impression d'avoir toutes les cartes en mains, alors qu'il ne savait même plus comment aborder cet homme qu'il avait enfin retrouvé. Il voulait pouvoir parler pour lui aussi distinctement et avec tant de convictions qu'il le faisait pour Andrew, enfin... Pour Kathérina, ou même pour Alicia qui laissait la peur s'évaporer par tous le spores de sa peau parfaite.


« Une... une bénédiction ? Mais.. non, non Monsieur vous vous trompez c'est... Pensez-vous honnêtement que c'est une bénédiction d'être ici loin de mon foyer, de mon époux et de mon enfant, je...Je... je sais même plus si ce que je dis est réel si.. si il y a vraiment quelqu'un qui me fait tout ce mal je... je suis seulement certaine d'une chose je suis...Je suis morte de peur. Il me fait peur et il va me tuer. Mais si je reste ici, je vais devenir folle.. je ne peux pas rester dans cette imperfection ambiante dans cette atmosphère qui me rend malade, entourée de Lyz et Bonnie qui veulent faire de moi une mauvaise personne.. »

Howard soupira et frotta ses yeux de ses deux mains ouvertes.

« Ces femmes qui vous aiment ne sont pas cruelles, elles veulent vous éloigner d' Andrew car justement vous craignez qu'il voue tue. Je trouve ce geste de protection honorable et noble. Personne ne m'a protégé, moi. J'ai été livré à moi-même, et je pense que vous avez besoin de ça. », Pitié, voilà qu'il jouait au psy, cette idée lui donna la nausée. « Je n'ai pas la prétention de savoir tout sur l'Enfer que vous vivez, mais je vous prie de croire que j'en connais un rayon et j'ai l'impression que vous oubliez de vivre. Je vous dis ça parce que... Parce que je suis pareil que vous. Et ce qu'on laisse derrière, ce qu'on refuse de se laisser vivre, ben ça nous file entre les doigts ensuite. ».

La peur et la nostalgie de rater sa vie le gagna en prononçant ces mots. La sensation de louper les seules choses exaltantes d'une existence le rendait si triste qu'il n'osait même plus fixer Alicia et lui faire la morale, mais Alicia était partie.

Lyzbeth parlait d'amour, et quand elle s'y mettait, elle faisait vivre Howard plus fort. Elle lui faisait comprendre combien justement vivre c'était important, ne pas se laisser miner par la fatalité. Être libre, être fou, être entier. Ressentir l'amour jusqu'au bout des doigts, jusque dans les os même quand ils s'effritent, c'était comme ça qu'elle avait l'air d'aimer Andrew à sa façon.



« Ouais, c'est ça le pire non ? Comment on peut faire souffrir quelqu'un qu'on aime plus que tout ? On se déteste et on s'aime, c'est un gros paradoxe ridicule qui me donne envie de le frapper à chaque fois que j'y pense. Mais il est plus doué pour tabasser que moi. Si ce connard avait eu une laisse, il m'aurait attaché au pied du lit... Mais oui, il est dingue de moi autant que je le suis de lui. C'est terrible ça. Et rien n'y fait pourtant, je reste accrochée bien qu'amoureuse de ma si jolie Bonnie »

Howard ne pu s'empêcher de sourire même si ce qu'elle disait était tragique. Quand deux tragédies se fondaient en une seule et même histoire, c'était une belle coïncidence. Howard s'était toujours senti seul et aujourd'hui, loin d'être comblé, il sentait une unité, une solidarité greffée à sa solitude. Lui aussi aimait autant qu'il haïssait, il connaissait ces sentiments antinomiques, ces antipodes qui finalement, étaient plus proches qu'ils ne paraissaient.

« On peut... Je suppose qu'on peut tellement aimer quelqu'un que... ça nous rend faible. Et que certaines personnes ne supportent pas de l'être... Et ils se vengent sur l'objet de cette faiblesse.... Dis moi son nom. », ordonna presque Howard, piqué non pas de curiosité, mais avide de passion. Il savait qu'elle parlait d' Andrew, mais elle voulait qu'elle dise son nom, qu'elle avoue, qu'elle laisse sa passion malsaine se répandre et qu' Howard se sente moins seul... Juste un peu mois seul d'aimer. d'A.I.M.E.R bordel !


« Ouais... tu te sens comme.. en dehors de ton "toi" habituel quand tu es avec lui... »

Voilà... C'était à peu près ça qu'il avait essayé d'exprimer dans une ridicule tirade, et que Lyzbeth avait résumé en une phrase. Être « en dehors de son lui habituel », il en avait plus qu'envie, il en avait besoin.  Il hocha la tête, un peu piteusement.


« Et ça te fait du bien quand tu te dis ça ? Que tu peux faire tout ce que tu veux, quand tu veux et surtout, avec lui ? Vivre enfin ? »


Howard soupira. Pas un soupire d'agacement, mais plutôt quelque chose qui ressemblait à du désespoir.

« Oui. ». C'était un oui d'église, un « oui » de noces. « N'importe quelle vie en différente de la mienne est bonne à prendre, même pire. C'est le changement dont j'ai besoin parfois... Mais... Celle que je... Celle que j'arpente avec lui c'est pas la vraie vie Lyzbeth c'est... C'est de l'ecstasy. C'est fantastique et dangereux. ».

Et quand Howard avançait d'un pas, quand Howard avouait et s'exhibait le cœur, il reculait aussitôt.


« RAAAH mais t'es borné toi, tu m'agaces ! Tu t'en fiches putain ! Une femme aurait pu, gnagnagna, bordel Howard, ok une femme pourrait, d'accord on a comprit ! Mais c'est pas ce qu'il se passe à ce moment même ! Peut-être ok, un jour ça t'arrivera, continue d'y croire si tu en as envie. Mais là, c'est Edgar, ok ? C'est Edgar qui te fait ressentir toute ces belles choses. Rejète pas ça, tu auras peut-être pas l'occasion de trouver une autre âme soeur tu sais. Moi je l'ai repoussé, et je m'en arrache les doigts. Mais bon, on s'en fout. Là il s'agit d'un homme. Et c'est pas grave Howard. Vis un peu »


Il se mordit la lèvre au sang. Entendre Lyzbeth prononcer le nom qu'il avait tant de mal à prononcer c'était... C'était douloureux. Le plus affligeant c'était qu'elle avait parfaitement raison.

« Ouais... Sauf que... Il ne m'aime pas, lui... Je suis persuadé qu'il... Franchement, il n'y a qu'à l'entendre parler des femmes pour... Bon, il n'est pas irréprochable, sexuellement irréprochable, il a... Je pense qu'il a des déviances dont il ne m'a pas parlé, mais... Je suis bien trop banal pour lui. J'ai... J'ai pas le truc ! », s'exclama Howard qui ne s'en plaignait même pas. C'était un constat, un simple constat .

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 4 Juil - 23:59


Bienvenue sur l'île des jouets défectueux.




« Jamais je ne pourrai m'asseoir en face de Père et avoir une conversation qui ne tourne as autour de la finance et du travail. Il ne m'a même pas parlé quand il décida de m'interner ici. Mère n'a rien dit non plus dans la voiture, tout le long du trajet, elle pleurait. Pour répondre à votre question... Non, je ne serai pas le même homme qu'il est. Je refuse de lever la main sur un enfant, je préfère... Je préfère le laisser faire les erreurs, sans  avoir l'audace de m'interposer, considérant l'homme que j'aurai été... L'homme que je suis maintenant. Père s'est trompé. Il a choisi une méthode qu'il croyait infaillible, et regardez-moi aujourd'hui. Je suis ici quand même, mais... Ce qu'il me fait m'empêche sans doute d'aggraver ma situation. Me punit pour dissuader le Diable... » lui dit le petit brun qui soudainement, n'avait plus sa place de héro, mais adoptait une place de victime en quelque sorte.
La peur des aînés plane continuellement sur les enfants de grande famille. Edward Parker avait d'ailleurs connu cette crainte lorsqu'il tomba amoureux de la jolie Maria Ruiz, la gitane qui vivait de ses pas de danse dans les rues d'Espagne. Il était clair que le père d'Edward n'aurait envisagé une telle épouse pour son fils, mais que voulez vous, personne ne choisit de qui il s'éprend. Cette angoisse de décevoir, Ed' et Maria avaient tout fait pour ne pas noyer leur fille unique dedans, et pourtant. Elle avait redouté depuis sa plus tendre enfance de ne pas être l'enfant parfaite, de faire des erreurs. Alors avec eux, elle n'en fit jamais et habitua ses parents à un comportement parfait et irréprochable. Avec Andrew dans les premiers mois de leur relation, elle osait enfin s'amuser un peu, profiter vraiment d'être ... d'être. Elle n'avait plus une pression infligée d'elle même sur les épaules. Elle était parfaite en faisant des bêtises, en étant maladroite dans ses gestes avec lui, dans ses paroles qui amusaient et charmait le Duc. D'ailleurs, même après leur mariage il réclamait cette spontanéité et tous les deux vivaient, à travers la violence, une idylle idéale si l'on occultait les coups. Ils sortaient beaucoup ensemble ; ils allaient au théâtre, à l'Opéra, au cinéma et à des expositions. Ils riaient de tout, des autres, du monde et mêmes de la peinture qu'Andrew et elle mettaient partout pendant leurs séances, ou des beaux clichés qu'ils réalisaient. Il était facile pour lui de redonner le sourire à sa belle au début, il lui offrait de belles robes des bijoux hors de prix, ou simplement des fleurs et l'invitait à danser dans leur grand salon sur du Jazz, ou encore sur du Bowie ou du Winehouse. C'était simple d'avoir et de garder espoir, mais Kathérina avait fini par comprendre que ce n'était pas de biens matériaux dont elle avait besoin. Elle avait besoin que la douleur cesse. Elle en avait parlé à Andrew, elle avait osé demandé "Pourquoi ?". Et ses paroles venimeuses l'avaient achevé.




"Vous avez peur de ses mots tranchants qui sont davantage violents que ses coups..." Malheureusement, elle le comprenait. C'était ce respect mélangé à la crainte qui les empêchait de se rebeller, de dire "non arrêtez, vous allez trop loin". C'était soit les coups, soit les mots qui faisaient souffrir. Alors les deux entremêlés.. 
Howard était bon, il ne voulait pas que sa progéniture souffre comme lui il avait souffert. Il voulait tout comme l'avaient désiré les parents de Kathérina, laisser place aux doutes et aux bénéfices qu'avaient les erreurs. Les coups n'étaient pas la bonne façon de faire comprendre quelque chose, et Howard venait à nouveau de l'affirmer. La blonde se figea lorsqu'elle se mit à penser à son avenir. Si elle rentrait, si Andrew venait la chercher, qu'adviendrait-il ? Elle savait très bien qu'elle ne pourrait jamais le quitter et que lui ne la quitterait jamais. En parlant d'enfant, une grande crainte l'avait attrapé et coincé dans le coin d'un pièce. Le devoir des aristocrates était la procréation pour léguer son empire aux générations futures mais Kath ne se sentait pas capable de porter un enfant, et ses fausses couches répétées continuaient de lui prouver que son corps n'était pas fait pour cela, encore moins maintenant qu'elle était dans cet état de maigreur excessive. Pourtant et bizarrement, Andrew gardait espoir et ne s'avouait pas vaincu. Il ne s'énervait jamais et ne lui reprochait jamais cette incapacité parce qu'il s'avait que ce n'était pas de sa faute à elle et qu'elle souffrait de cette situation. "Seulement si elle se laissait faire un peu plus souvent.."avait-il confié à Seth Westwood, son meilleur ami qui lui avait déjà une ribambelle d'enfants sur les bras dont il ne s'occupait même pas. 
Au contraire, Andrew aurait été un père formidable et aimant comme il savait le faire. Si il avait eu un fils, comme le prétendait Alicia, il aurait passé tout son temps à lui apprendre ce qu'il connaissait et appliquait. Il lui aurait enseigné l'art d'être un gentleman, un bon chasseur et un As des affaires. S'il avait eu une fille, il l'aurait chéri autant qu'il chérissait son épouse. Elle aurait été sa poupée et il se serait acharné à ce qu'elle soit une doublure de Kathérina. Mais, si elle avait eu le malheur d'être le portrait craché de cette dernière, son adolescence et son passage à l'âge adulte se serait avoué compliqué. Seulement Kathérina se posait des questions, comment élever un enfant dans de telles conditions ?




"Mais là où votre père a échoué, vous réussirez, s'en est certain. Parfois... on a cet espoir que tout va s'arranger et j'espère que vous l'aurez suffisamment pour tenir le long de la route. Je crois.. je crois que moi j'espère trop. Vous êtes voué à un avenir alors que moi... je suis bloquée, lorsqu'une solution s'avance, un autre problème arrive pour me narguer. Je prierai pour qu'il ne se produise pas cela pour vous monsieur Taylor."




Andrew Barrow aussi avait peur de l'avenir, il défendait bec et ongle Kathérina devant Dimitri, son père qui réclamait un petit fils. Andrew n'avait pas la solution et il savait que Kathérina faisait tout ce qu'elle pouvait pour satisfaire son désir de paternité et pour assurer la sécurité d'avoir un bébé Barrow. Dimitri avait pourtant un autre fils, Archange, qui aurait pu facilement donner ceci étant donné qu'il était marié et que son épouse était "une vraie femme". Cependant, cette dernière refusait de lui adresser la parole depuis qu'elle avait découvert qu'il s'était quelque peu ...satisfait avec Bonnie. Malgré ça, Dimitri plaçait depuis toujours ses espoirs dans Andrew, son fils chéri, son favori à qui il en voulait pour le choix de son épouse "Tu as été naïf Andrew. Tu es tombé amoureux de sa beauté et de sa fraicheur due à la jeunesse. Mais elle ne sera jamais une femme, elle restera toujours cette gamine faiblarde incapable d'être mère et ça, tu le savais pertinemment en la choisissant" lui avait reproché son père. Et Andrew savait que la vie de cette "gamine faiblarde" ne tenait qu'à un fil et qu'il avait les ciseaux.




« Mais vous n'avez pas peur de la tuer et qu'elle vous manque à jamais... ? »
Andrew resta le regarder pendant un moment. Il avait déjà pensé à cela, il avait prié pour qu'elle soit immortelle, pour que jamais il ne se réveille à côté de son corps inanimé. Pourtant plusieurs fois le coeur de sa douce c'était arrêté, plusieurs fois il avait du la ranimer et avait même engagé des médecins personnel qu'il payait une fortune pour qu'il garde le secret de la torture infligée à son épouse et pour qu'à n'importe qu'elle heure ils puissent débarquer. Il avait tellement de fois eu peur de la tuer qu'il se montrait désormais d'une tendresse affligeante après les coups. Il avait réfléchit à une solution pour ne jamais être séparé d'elle. Le suicide ou l'empaillement.
"Si. Elle a faillit mourir plus d'une fois, elle me lâchait entre les doigts, elle s'est brisée et maintenant... elle refuse de m'adresser un mot ou un regard. J'ai beau la frapper fort, aucun son ne sort de sa bouche et.. c'est comme si elle était déjà morte..." Il avait baissé la tête pour voiler son regard triste à n'en plus pouvoir et avait cessé de s'indigner, de faire des reproches. "Mais son corps est toujours là, ses gestes montrent qu'elle est en vie, ses tremblements, ses spasmes ou encore le claquement de ses os quand elle tente de se lever ou de marcher. Alors si elle vient à mourir et à me laisser.." Il déglutit face à l'horreur de la situation imaginée "Il.. il aurait fallu une descendance, une fille d'elle et de moi et... je sais qu'à ce moment là elle serait morte en la mettant au monde forcément et donc... Si cette enfant lui avait suffisamment ressemblé elle serait devenue elle et j'aurais retrouvé la Kathérina que j'avais perdu. Mais là... là c'est impossible, c'est terrible mais jamais elle ne pourra enfanter. Alors quand son dernier souffle sortira de sa bouche, que son coeur cessera de battre..." ce qu'il énonçait comme alternative était déjà horrible, c'était pourquoi il hésita franchement avant de prononcer ces horribles paroles mais il fallait que ça sorte, il fallait que sa douleur se transforme en idée terrible "..je ferais en sorte que son corps reste intact comme un trophée de chasse et je la ferais empailler ou.. quelque chose comme ça."
Ainsi, cela ne changeait pas grande chose. Son corps serait malléable, il pourrait la conserver comme une poupée, faire d'elle ce qu'il voulait, un peu comme maintenant. C'était horrible mais d'une tristesse pathétique. Le Duc était désespéré et totalement fou d'amour.




« Vous lui manquez, vous lui manquez autant qu'elle vous manque. Elle me l'a dit. Ses yeux ont luit au passage de votre nom, l'espoir allumait faiblement ses pommettes saillantes, elle vivait quand elle parlait de vous, mais... De l'ancien vous. De celui qu'elle veut, celui qu'elle chérie, celui qu'elle aime, et celui qu'une part non négligeable de vous continue d'être. Quand vous perdrez votre violence, vous retrouverez Kathérina»
Andrew se frottait le front en levant son regard vif vers lui, comme si Howard avait fait une déclaration très importante et décisive. Néanmoins, Andrew ne parut pas réjouit, au contraire, son coeur s'arrachait petit à petit au fil des mots de l'anglais "Je n'arrive pas à ne pas être comme ça, vous comprenez ?! Ce.. ce n'est pas facile de faire confiance à une fille pareille qui a dans son corps une pute, une révoltée, une maniaque et.... C'est insupportable de la voir dans ces.. états qui s'unissent contre moi. A un moment elle va être une tornade qui va tenter des attaques physique, l'instant d'après elle me chevauche pour me satisfaire et quand je pose mes mains sur elle, elle fait une crise d'hystérie et ..quand elle redevient elle... elle encaisse les coups. Je n'arrive pas à me contrôler quand je la vois séduire n'importe qui, lorsqu'elle crache son venin ou quelle reste de marbre et parfaite. Je veux qu'elle réagisse... ELLE, pas "elles"... alors oui, je la frappe parce que je hais de l'aimer à en crever." Il déglutit difficilement le temps de digérer les mots qu'il prononçait "C'est dingue ça on doit.. on s'autodétruit mais on est si malheureux quand on est pas ensemble. Je.. je vais me faire soigner mais il.. il faut qu'elle redevienne elle aussi."
Malheureusement, même si ces paroles auraient pu être celles d'Andrew Barrow, elles sortaient de la bouche de sa victime, celle qui avait tant de fois entendu son mari jurer le changement, lui promettre l'impossible. Alicia savait que ça n'allait jamais s'arranger, mais comment faire lorsqu'on nous bloque à ce point.. et lorsqu'on se bloque ? Lorsqu'on pense être séquestré par une nymphomane et une lesbienne ?




« Ces femmes qui vous aiment ne sont pas cruelles, elles veulent vous éloigner d' Andrew car justement vous craignez qu'il voue tue. Je trouve ce geste de protection honorable et noble. Personne ne m'a protégé, moi. J'ai été livré à moi-même, et je pense que vous avez besoin de ça. » déclara son interlocuteur qui avait visiblement l'air d'apprécier les deux dingues qui répugnaient tant la bourgeoise. Cependant, quelque chose, un infime détail interpella Alicia "vous.. vous avez dit Andrew ?". La peur étouffait sa voix, l'angoisse la tirait vers le bas. Elle n'avait pas énoncé son prénom, elle ne voulait pas croire qu'il s'agissait du Duc, sinon il fallait admettre qu'elle était Kathérina. Cette idée était insupportable. "non... vous ne pouvez pas dire qu'il s'agit de lui..."Elle tenta d'occulter le prénom, en vain, détournant ce sujet ; "je..croyez moi... Bonnie et Lyzbeth ne sont pas les.. anges que vous croyez."




« Je n'ai pas la prétention de savoir tout sur l'Enfer que vous vivez, mais je vous prie de croire que j'en connais un rayon et j'ai l'impression que vous oubliez de vivre. Je vous dis ça parce que... Parce que je suis pareil que vous. Et ce qu'on laisse derrière, ce qu'on refuse de se laisser vivre, ben ça nous file entre les doigts ensuite. »
Alicia hocha la tête, elle l'avait senti. Tous deux avaient l'air morts, vraiment, sans rien d'autre que l'envie d'être parfaits et de rendre fier, d'être irréprochables "Mais vous et moi savons très bien que si nous nous laissons vivre, nous pouvons faire une croix sur notre belle vie de bourgeois et que nous serons la risée de tout le monde.. n'est-ce-pas ?" demanda la jolie blonde qui avait soudainement l'air de laisser tomber le masque.





Lyzbeth se fichait pas mal de sa réputation, d'autres démons la tourmentaient. L'amazone était hantée par le souvenir d'un homme qui la harcelait, qui l'empêchait de souffler. Elle ne l'aurait jamais admis, mais elle était faible face à lui, elle avait beau frapper, fuir, elle se retrouvait toujours attachée, soumise et esclave de cet homme.
« On peut... Je suppose qu'on peut tellement aimer quelqu'un que... ça nous rend faible. Et que certaines personnes ne supportent pas de l'être... Et ils se vengent sur l'objet de cette faiblesse..."
Lyzbeth se redressa et prit sa tête entre ses doigts où le sang avait séché "Tu parles résolument bien de quelque chose que tu connais."
Bien sûr, elle savait qu'Howard était faible face à Edgar, que ce type avait tout d'un Don Juan (ou bien, le beau brun était le"Quijote" et le blond sa "Dulcinea del Toboso") et qu'il lui avait arraché le coeur, qu'actuellement il jouait même avec ! Howard était à sa recherche, il voulait le rattraper et le recoller dans sa poitrine pour que le blond disparaisse à jamais mais.. le jeu ne venait que de commencer.




"Dis moi son nom. "
Lyzbeth se décomposa, l'ordre d'Howard la frappa telle une gifle que le Duc, son Duc aurait pu lui donner. D'atroces souvenirs la reprirent, elle perdait pied, elle perdait le controle. Pourtant elle avait toujours été de celles qui s'extirpaient agilement à chaque accrochage, qui continuait de tenir d'alarmants propos violents et provoquant alors qu'on la frappait, la torturait et encore plus quand cet homme abusait d'elle, ce même homme qui les tenait toute fermement et qui suppliait pour qu'une seule de ses quatre filles reste. "Tu sais très bien de qui je parle putain.." elle se mit à pleurer, de vrai et douloureux sanglots qu'elle ne pouvait plus étouffer avec des blagues douteuses ou des phrases sarcastiques. La tête dans les mains, tirant ses cheveux sous l'angoisse et la colère, elle ne pouvait qu'être honnête et.. faible. 




"Andrew" prononça l'amazone démolie par ce fait. 




Alicia, Lyzbeth et Kath aimaient le même homme, tandis que Bonnie s'amusait avec lui, avec sa passion. Elle, elle en aimait un autre, un différent qui n'était pas violent, un à qui elle avait loué son corps plusieurs fois dans la même nuit, le seul qu'elle pensait avoir tué mais qui n'était pas mort, celui qu'elle n'avait pas dévoré et qui l'avait infecté. Seulement, elle ne savait pas encore cela. Elle attendait le prochain grand amour. Et Lyzbeth à ce moment précis avait, tout comme Howard envie de sortir de son corps et d'en partir loin, d'oublier le prénom qu'elle venait de prononcer dans ses sanglots.




« Oui. N'importe quelle vie en différente de la mienne est bonne à prendre, même pire. C'est le changement dont j'ai besoin parfois... Mais... Celle que je... Celle que j'arpente avec lui c'est pas la vraie vie Lyzbeth c'est... C'est de l'ecstasy. C'est fantastique et dangereux. ».
La blonde inspira profondément "La vraie vie c'est la souffrance Howard alors.. sniffe ta coke et.. profite de ce qui est "fantastique et dangereux avant que tu perdes le contrôle de la situation". Toujours en lutte contre ses pleurs, elle lui prodiguait les conseils que Bonnie appliquait sans vergogne et qu'elle tentait d'appliquer à son tour, sans y parvenir. "Le souvenir de quelqu'un c'est.. beaucoup trop douloureux.. autant être avec lui et d'avoir mal que de souffrir encore plus sans lui".
Mais... mais il y avait toujours un "mais", un hic qui faisait que tout pouvait basculer du jour au lendemain, qui faisait qu'Howard avait peur de cet amour. Là il ne s'agissait plus de ses parents, mais d'Edgar.




« Ouais... Sauf que... Il ne m'aime pas, lui... Je suis persuadé qu'il... Franchement, il n'y a qu'à l'entendre parler des femmes pour... Bon, il n'est pas irréprochable, sexuellement irréprochable, il a... Je pense qu'il a des déviances dont il ne m'a pas parlé, mais... Je suis bien trop banal pour lui. J'ai... J'ai pas le truc ! »
Elle délogea sa tête larmoyante de ses mains vibrantes et elle prit une profonde inspiration.
"La banalité c'est ce qui fait que tu es humain. Personne n'est exceptionnel Howard. C'est la façon dont tu vois quelqu'un qui le rend exceptionnel. Que sais-tu sur sa vision de toi ? Tu n'en sais rien, tu tires des conclusions.. la nuance est là." on aurait pu croire que c'était Bonnie qui parlait, et en réalité, cette dernière prenait du terrain en influençant les autres. Peut-être gagnerait-elle la bataille, qui sait ?


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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 18 Juil - 13:23



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« Vous avez peur de ses mots tranchants qui sont davantage violents que ses coups... »

Kathérina avait vu juste. Rigoureusement juste. « Les mots sont notre meilleure arme »,  Howard avait compris que cette phrase n'était pas dite au hasard. Elle devait avoir été écrite par un pauvre type comme lui, une victime . Il en comprenait le sens. Il avait peur de ce que pourrait dire James Taylor, après tout, c'était son père, c'était le seul ! L'homme qu'il ne devait pas décevoir, l'homme qu'il devait imiter, l'homme à qui on devait le comparer. Et pourtant.... Au fond de lui, voulait-il sincèrement ressembler à son père ? Voulait-il devenir cet brute qui ne savait pas comment gérer ses émotions, qui ne savait manifester ses déceptions à travers la violence ? Howard ne savait même pas comment fermer son poing pour frapper. Il avait vu son père faire des tas de fois, mais son esprit occultait l'instant à chaque fois, à tel point que... Howard se demandait parfois s'il n'avait pas tout imaginé, et si son corps n'était pas couvert de bleus, il se serait laissé berné. Que pouvait-il répondre à Kathérina ? Savait-elle ce que cela faisait de ne pas être à la hauteur de ce que les personnes qui vont ont donné la vie attendent de vous ? Savait-elle quel effet ça faisait quand dans un dîner mondain, ses parents le cachaient derrière eux le plus longtemps possible avant de le présenter, quand ils ne pouvaient plus faire autrement ? Il hocha timidement la tête, et Kathérina reprit :


« Mais là où votre père a échoué, vous réussirez, s'en est certain. Parfois... on a cet espoir que tout va s'arranger et j'espère que vous l'aurez suffisamment pour tenir le long de la route. Je crois.. je crois que moi j'espère trop. Vous êtes voué à un avenir alors que moi... je suis bloquée, lorsqu'une solution s'avance, un autre problème arrive pour me narguer. Je prierai pour qu'il ne se produise pas cela pour vous monsieur Taylor. »

Il avait envie de la croire sur parole. Au final, elle ne pouvait qu'avoir raison sur la forme ! Jamais il ne pourrait être aussi glacial, aussi insensible, aussi austère que son géniteur. En revanche, pouvait-il sincèrement parler « d’échecs » concernant James Taylor. Cet homme avait réussi tout ce qu'il avait entreprit. Il était certes mauvais père, mais c'était un entrepreneur du tonnerre, un sacré homme d'affaire sous son costume de croque-mort, et Howard ne lui arrivait pas à la cheville. Howard était touché par les clients, par leur douleur, et leurs regrets. Howard était faible et sensible. Il avait peur de ne pas avoir les épaules assez solides pour affronter les gens, ceux dont le sang bout encore dans les veines, ceux qui crient, qui sanglotent, qui insultent. Affronter le regard effondré des mères abattues, des orphelins, des veufs. Lui, c'était un homme qui travaillait dans l'ombre, qui faisait du très bon boulot et qui ne voulait pas de médaille pour ça, il voulait rester anonyme, et regarder les gens admirer ses prouesses de très loin. Non, il ne serait jamais comme James, jamais...

« Un avenir, vous croyez ? L'entreprise ne tiendrait pas trois jours si Taylor junior la dirigeait. Je ne suis pas pessimiste, juste réaliste, Madame. Je n'ai aucune poigne, aucune autorité, aucun charisme, pas de tripes, au sens figuré... Mais merci de vous inquiéter de mon sort, peut-être que comme vous, je resterai bloqué ici, on pourra continuer de se raconter nos malheurs, on aura toute la vie... ».

Cette perspective ne plaisait pas tellement au Duc Andrew Barrow. La conversation semblait tourner en l'avantage d' Howard quand il abordait non sans pudeur, l'hypothétique mort de son épouse.


« (…) Elle a faillit mourir plus d'une fois, elle me lâchait entre les doigts, elle s'est brisée et maintenant... elle refuse de m'adresser un mot ou un regard. J'ai beau la frapper fort, aucun son ne sort de sa bouche et.. c'est comme si elle était déjà morte... »

C'était nébuleux cette façon de f=penser pour Howard. Il avait déjà été touché par les mots de ce monstre pourtant, il avait... Ressentit quelque chose qui s'apparentait à de la compassion devant le chasseur, alors qu'il était gibier lui aussi, mais... Régler le conflit, essayer de ramener sa femme terrifiée par lui en lui offrant davantage de violence, c'était obscur pour l'anglais. Pourquoi ne pas faire comme tous les hommes hypocrites de ce monde ? Acheter un bouquet de fleurs, une bouteille de vin, quelques chandelles, un album de Franck Sinatra, tout ça en même temps...

« Mais son corps est toujours là, ses gestes montrent qu'elle est en vie, ses tremblements, ses spasmes ou encore le claquement de ses os quand elle tente de se lever ou de marcher. Alors si elle vient à mourir et à me laisser.. Il.. il aurait fallu une descendance, une fille d'elle et de moi et... je sais qu'à ce moment là elle serait morte en la mettant au monde forcément et donc... Si cette enfant lui avait suffisamment ressemblé elle serait devenue elle et j'aurais retrouvé la Kathérina que j'avais perdu. Mais là... là c'est impossible, c'est terrible mais jamais elle ne pourra enfanter. Alors quand son dernier souffle sortira de sa bouche, que son cœur cessera de battre....Je ferais en sorte que son corps reste intact comme un trophée de chasse et je la ferais empailler ou.. quelque chose comme ça. »

Howard déglutit d'horreur. Il n'était pas révulsé par l'idée « d'empailler » un défunt, c'était son métier ! En revanche, il était scandalisé qu' Andrew puisse GARDER son corps inerte en souvenir, qu'il voit comme une récompense, une fierté dans ce cadavre qui fatalement, finirait par se décomposer malgré les soins de conservation.

« Ce à quoi vous faîtes allusion porte un nom... Est-ce que le terme de nécrophilie vous parle ? », demanda Howard qui fronçait un sourcil d’écœurement. « Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dis, mais je suis thanatopracteur. Et laissez moi vous dire que l'image que vous vous faîtes d'une parfaite petite poupée Katherina, n'est pas conforme à ce qu'il se passera dans la réalité. J'ai une parfaite connaissance de la décomposition des corps, et je vous prie de croire, que même avec toute la fascination et ... » le mot avait du mal à sortir « - l'amour que vous ressentez, vous ne pourrez plus vivre à moins d'un kilomètre de sa dépouille. ».

Howard avait essayé d'être honnête avec Andrew. Il lui avait dit son sentiment par rapport à sa vie qui ne devait normalement pas susciter un tel intérêt. Il aurait du se mêler de ses affaires, mais il avait avoué au duc combien sa femme l'aimait, et combien elle crevait d'espoir de retrouver l'homme doux et attentionné quelle avait connu et pas cette brute assoiffée de sang qui la traînait derrière lui.



« Je n'arrive pas à ne pas être comme ça, vous comprenez ?! Ce.. ce n'est pas facile de faire confiance à une fille pareille qui a dans son corps une pute, une révoltée, une maniaque et.... C'est insupportable de la voir dans ces.. états qui s'unissent contre moi. A un moment elle va être une tornade qui va tenter des attaques physique, l'instant d'après elle me chevauche pour me satisfaire et quand je pose mes mains sur elle, elle fait une crise d'hystérie et ..quand elle redevient elle... elle encaisse les coups. Je n'arrive pas à me contrôler quand je la vois séduire n'importe qui, lorsqu'elle crache son venin ou quelle reste de marbre et parfaite. Je veux qu'elle réagisse... ELLE, pas "elles"... alors oui, je la frappe parce que je hais de l'aimer à en crever. C'est dingue ça on doit.. on s'autodétruit mais on est si malheureux quand on est pas ensemble. Je.. je vais me faire soigner mais il.. il faut qu'elle redevienne elle aussi. »

C'était triste de voir les traits de sa femme parler pour son mari. Le travail qu' Howard était malgré lui, en train de faire avec Andrew, n'allait servir à rien... Peut-être qu'au final c'était lui-même qu'il essayait de convaincre.

« Écoutez... ». Howard souffla, détourna le regard. Il était temps. « J'aime une personne. Vous allez me dire que je ne l'aime pas comme vous aimez Kathérina, peut-être que vous aurez raison, mais ce que je sais c'est que... Cette personne est... Particulière. Je ne dis pas ça parce que je l'aime. Je dis ça parce que c'est quelqu'un extrêmement lunatique, qui peut en un seul battement de cil vous chérir ou vous broyer. Ce n'est pas une maladie, un trouble qui sonde son âme en plusieurs, mais c'est une inconstance tellement prononcée que je puis vous dire que cela me fait le même effet. C'est... C'est atroce à vivre. Son âme, je le touche du bout des doigts, et la seconde d'après, elle m'échappe, me tourne le dos, me pointe du doigt en jubilant. J'ai l'air idiot. Je sais ce que c'est quand la personne qui concentre toute notre attention se détourne de soi. Je sais ce que c'est de vivre dans l'espoir, dans l'attente. Je sais ce que c'est de rêver, de prier, de croiser les doigts, d'arrêter de respirer en devinant ses petits pas derrière l'embrasure de la porte, je SAIS. Et pourtant... Je me dis que cette personne a un libre arbitre. Elle mène sa vie, et quoi que je ressente, rien ne pourra changer ses plans. L'amour faut le gagner, il ne faut pas le forcer, le fabriquer. Ce n'est pas une expérience chimique, ni une recette de cuisine, c'est... Un jeu. Y'a des règles. Je sais que c'est injuste Monsieur, je ne le sais que trop bien, je vous prie de de croire, mais c'est comme ça que ça se passe. Si vous voulez qu'elle revienne, il faut  s'accrocher, et vous tenir à carreaux, malgré votre jalousie, votre tempérament, et vos attentes, vos idéaux. Vous avez changé, acceptez le changement des autres. »

Alicia lui donnait du répit dans son argumentation. Il était plus serein avec elle, il se sentait moins déstabilisé, c'était  son quotidien, il connaissait ses craintes par cœur.



« vous.. vous avez dit Andrew ? Non... vous ne pouvez pas dire qu'il s'agit de lui... »

C'était pourtant tellement tentant de piquer Alicia ici. De la regarder droit dans les yeux et de bousculer ses illusions. Pas parce qu' Howard était curel, mais parce qu'il avait envie de se bousculer lui-même à travers elle. Il fallait qu'ils ouvrent tous les deux les yeux, se faire du mal, toucher le fond pour pouvoir remonter.

« Je..croyez moi... Bonnie et Lyzbeth ne sont pas les.. anges que vous croyez. ».

« Vous avez très bien entendu. J'ai bien dis : Andrew. Andrew Barrow, le Duc. Vous pouvez rester dans le déni si cela vous chante, mais je suis plutôt bien placé pour vous dire que ça finit par vous dévorer.  Je n'ai jamais ds que ces femmes étaient des anges, mais elles ont les pieds sur Terre malgré les horreurs qu'elles font subir. Elles regardent droit dans les yeux, elles ont du courage, elles droites et fières, et je les admirent pour ça. »



« Mais vous et moi savons très bien que si nous nous laissons vivre, nous pouvons faire une croix sur notre belle vie de bourgeois et que nous serons la risée de tout le monde.. n'est-ce-pas ? ». Howard aurait voulu continuer de jouer les arracheurs de dents, mis là, Alicia venait de toucher le point sensible. Elle avait raison, et c'était aussi ce qui inquiétait Howard.

« Je n'ai pas peur de perdre le titre honorifique dont vous parlez. Je crains simplement de perdre du crédit aux yeux de mes parents. J'ai peur de n'être plus rien si je ne suis plus leur fils. Plus personne. Juste un inconnu qui ne connaît rien au monde extérieur, qui n'a jamais rien vu d’autre que la tapisserie hideuse du manoir, et les murs blancs de cet hôpital. Mais je sais que si je veux faire ce qui est juste, il faudra que je passe par là, et vous aussi. ».


Lyzbeth elle, parlait également de quelque chose dont il se sentait dangereusement proche. Elle ne parlait pas vraiment d'amour finalement, mais de danger, de passion, de faute à pardonner, ou à condamner. De vengeance....


« Tu parles résolument bien de quelque chose que tu connais. »
Howard se frotta les tempes. « Je pourrais dire la même chose de toi... », soupira-t-il, confus.

Il voulait que la furie lui expose le nom de son bourreau. Il voulait savoir à qui il s'adressait vraiment, s'il avait devant lui une Alicia ou une Bonnie.


« Tu sais très bien de qui je parle putain.. Andrew»
, murmura-t-elle entre deux sanglots qui broyaient le cœur d' Howard.

L'anglais frissonna. La puissance de ce constat retourna ses tripes. Il avait l'impression de s'entendre. Le prénom était plein d'épines, il faisait mal quand il passait dans la gorge.


« La vraie vie c'est la souffrance Howard alors.. sniffe ta coke et.. profite de ce qui est "fantastique et dangereux avant que tu perdes le contrôle de la situation . Le souvenir de quelqu'un c'est.. beaucoup trop douloureux.. autant être avec lui et d'avoir mal que de souffrir encore plus sans lui »

Oui, MAIS... La drogue c'est dangereux, la drogue on en meurt. On devient fou, au mieux.

« J'ai vécu avec son souvenir dans la peau longtemps... Je sais ce que tu ressens. », au final, Howard pouvait facilement se mettre à la place de toutes les personnalités qu'incarnait Bonnie, ou Kathérina... Kathérina...

Il ne savait pas bien ce qu'il faisait, mais il tapota maladroitement le dos de Lyzbeth. Peut-être qu'elle allait lui arracher la tête, mais elle pleurait, elle avait mal, et le brun sentait la douleur s'épandre sur lui.


« La banalité c'est ce qui fait que tu es humain. Personne n'est exceptionnel Howard. C'est la façon dont tu vois quelqu'un qui le rend exceptionnel. Que sais-tu sur sa vision de toi ? Tu n'en sais rien, tu tires des conclusions.. la nuance est là. »

Ce qu'elle disait était juste et beau. Cela avait le don de gonfler un peu trop l'espoir d' Howard, et ce n'était pas nécessairement une bonne chose, il préférait vivre dans l'abattement du désespoir, mais... Il devait avouer que c'était agréable d'imaginer qu'il pourrait susciter l'intérêt d' Edgar, juste un peu...

« Personne n'est exceptionnel... », répété Howard comme une leçon qu'il devait imprimer avant l'examen.
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 20 Juil - 1:57


Bienvenue sur l'île des jouets défectueux.

Contrairement à Howard, depuis toute petite Kathérina avait été valorisé au point où cela en devenait insupportable. A chaque réception, à chaque sortie mondaine, à chaque réunion entre gens de la Haute, Edward et Maria clamaient qu'ils étaient fiers de leur fille si parfaite. Elle était l'enfant modèle : polie, serviable, souriante, belle, adorable et généreuse, talentueuse et calme. Mise en valeur de manière constante, elle avait trouvé sa place sur le devant de la scène où elle brillait toujours, où elle était étincelante. Ses pieds de danseuse la faisaient voler, ses gestes gracieux et déployés lui donnait cet air angélique, cette impression d'une divinité qui descendait des astres dans une danse majestueuse et grandiose. Elle tournoyait habilement, elle s'élevait toujours lorsqu'elle incarnait des personnages célèbres dans les ballets, que ce soit dans Don Quichotte, Le Lac des Cygnes, l'Après-Midi d'un Faune ou encore la Belle au Bois Dormant, elle rendait splendide toute histoire rien qu'en dansant. La passion l'emportait surtout lorsqu'elle s'adonnait à un tout autre genre de danse qui avaient pour origines le pays de sa mère ; les danses Latines. Elle devait dominer, se confronter à son partenaire, le défier et même le repousser. Que ce soit dans les Tangos, dans un Paso Doble ou bien un Flamenco, elle passait de l'ange et de la nymphe à une diablesse déchaînée. En musique, du moins lorsqu'elle était maîtresse de son violon, elle confrontait ces deux extrêmes, elle les assemblait pour qu'ils ne fassent plus qu'un. Puis, elle décida d'allier danse et musique, et fit de son violon son plus fidèle partenaire en danse classique. C'était presque inédit, jouer en dansant un ballet, c'était impressionnant. C'était sans doute pour ses talents et à cause d'eux que, finalement, elle n'avait jamais eu un ami. Elle était la rivale, la danseuse à qui briser les jambes, la musicienne à qui broyer les doigts.
Edward et Maria avaient été fiers, les autres époustouflés ou jaloux et Andrew... il était tombé amoureux. Andrew avait une grande sensibilité artistique, il était sensible et ouvert mais surtout très réceptif. "Elle est parfaite" avait-il dit lorsqu'il avait vu sa future épouse la première fois dans un ballet où elle jouait la si douce Odette, le Cygne Blanc mais aussi Odile, le vicieux Cygne Noir. On aurait pu croire que le destin du couple se fichait ouvertement d'eux, mais qu'importe. "Elle est parfaite", tout le monde avait reprit les mots du Duc, tout le monde était d'accord. Andrew était fier, mais finalement, il voulait être seul spectateur. Il avait comprit que les activités de son épouses n'étaient autres que de somptueux échappatoires pour elle, que d'autres que lui l'admiraient, que ses partenaires devaient jouer des rôles parfois très intimes avec elle et rien que l'idée des mains d'un danseur sur son épouse lui donnait des envies de meurtre. Alors, il lui cassa un poignet et l'affaiblit tellement qu'elle ne parvint presque plus à tenir debout et malgré les grands soins reçu à Ostrov Island, cela restait difficile. Kathérina ne savait donc pas ce que cela faisait d'être la honte de quelqu'un, mais elle savait ce que cela faisait de devoir être parfaite, de ne pas montrer que finalement, elle était comme tout le monde ; une humaine qui peut faire des erreurs, qui est fatiguée. Ce qui était certain, c'était que le fait d'être valorisé ne donnait pas forcément confiance en soit. Au contraire, Kathérina était devenue une éternelle insatisfaite, visiblement comme Howard.





« Un avenir, vous croyez ? L'entreprise ne tiendrait pas trois jours si Taylor junior la dirigeait. Je ne suis pas pessimiste, juste réaliste, Madame. Je n'ai aucune poigne, aucune autorité, aucun charisme, pas de tripes, au sens figuré... Mais merci de vous inquiéter de mon sort, peut-être que comme vous, je resterai bloqué ici, on pourra continuer de se raconter nos malheurs, on aura toute la vie... ».





Un fin sourire compatissant se dessina sur le visage plus vivant de la jolie duchesse. Elle connaissait ce discours, elle se le répétait avant chaque levé de rideau, dans sa loge lorsqu'elle accordait son violon ou lorsqu'elle mettait son maquillage et ses chaussons de danse avant d'incarner quelqu'un d'autre sur scène. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, comme lui. Pourtant, et à chaque fois, "elle était parfaite".




"Vous connaissez votre métier, vous êtes un passionné Monsieur Taylor. Lorsqu'on est passionné, on réussit." dit-elle en se rapprochant de lui pour qu'ils soient vraiment à la même hauteur, bien qu'elle devait lever un peu le menton pour le regarder dans les yeux, ce que de façon générale, elle ne faisait jamais. Ainsi, face à face et sans rien de superflu, ils étaient égaux. "Lorsqu'on a connu que ça, c'est plus simple de se conforte là dedans et de tout donner, je sais de quoi je parle. Depuis que je sais marcher et me tenir droite, on m'a enseigné l'art de la danse, et depuis que je suis bébé mes parents m'ont bercé avec du Mozart et autres prodigues qui on contribué finalement à mon apprentissage de la musique. On peut dire que j'ai toujours été destiné à devenir violoniste et danseuse, mais quand je voyais mes parents faire, j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Et maintenant, j'ai tous les honneurs, j'étais Kathérina Parker, la fille d'Edward et de Maria et j'ai réussi à faire ce qu'ils ont fait et aussi ce qu'ils n'ont pas fait !". Son sourire c'était agrandit, elle était enthousiaste, elle était vraiment là, vivante sous les yeux du brun. "J'ai été sur toutes les affiches, partout on me voyait, dans les journaux, sur les affiches en ville, même dans de grands magazines on parlait de moi ! J'étais aussi célèbre que mon père, j'avais des tonnes de contrats et de projets et j'avais réussi !". Dire que désormais, à cause de cette folle histoire d'amour elle était tout aussi célèbre mais pour des affaires sordides. Elle était la duchesse sanglante, le Cygne noir était de sortie, Kathérina Parker avait, en même temps que de troquer son nom de famille pour "Barrow", perdu quelque chose de précieux : la raison. "Si j'ai réussi, vous allez réussir Howard." Son regard était doux, il n'y avait plus de souffrance, seulement de l'espoir mais pas pour elle. Pour lui, pour Howard.  




Mais la douleur ne se fit pas attendre et la maigrelette femme s'anima sous les traits de son terrifiant et si désespéré mari, Andrew. Ce dernier n'en pouvait plus, il ne supportait pas l'idée de perdre la femme de sa vie, il ne pouvait pas survivre sans elle. Alors, sous la pression de la folie il avait avancé plusieurs théories terribles qui lui aurait permis de la garder pour toujours. Si le duc avait eu une fille de Kathérina et que cette dernière serait certainement morte en la mettant au monde, l'enfant aurait prit sa place. Elle serait devenue en grandissant la nouvelle Kathérina Barrow et aurait eu le même destin que sa pauvre mère. Comme Raiponce en haut de sa tour, Andrew l'aurait séquestré, l'aurait dressé pour qu'elle devienne dépendante de lui. Avec un peu de chance, un syndrome de Stockholm se serait déclaré, sa fille l'aurait aimé aussi fort que son épouse aurait pu le faire. Mais il savait que cette situation n'arriverait jamais, Andrew savait sa femme incapable de porter un enfant de lui, incapable même désormais de faire quoi que ce soit. Son enveloppe charnelle était vide et immobile, alors pourquoi ne pas l'empailler ?




« Ce à quoi vous faîtes allusion porte un nom... Est-ce que le terme de nécrophilie vous parle ?  Demanda Howard l'air écoeuré. Andrew leva ses yeux vers lui, restant pensif un instant. Il n'avait pas peur, tout comme Bonnie, de la froideur d'un cadavre. Il était habitué au corps gelé de son épouse, à son grelottement permanent. "Au moins, comme ça, l'amant défunt ne peut pas s'en aller, nous, et seulement nous décidons de la fin de la relation... si elle s'achève un jour. Peu importe la décomposition progressive du corps, elle se fait commune avec celle de mon âme" auraient pu dire à l'unissons Bonnie et Andrew. Mais Andrew ne pensait pas faire ça avec le cadavre de sa douce, il ne voulait pas faire ça. Oui, il aimait la toucher, il aimait faire l'amour avec elle mais la façon dont la jeune femme était devenue insensible à ses caresses le faisait atrocement souffrir. Alors morte.. ce serait pire. Le Duc la battait, il l'agrippait, il l'immobilisait lors de tels actes mais dans le seul but qu'elle se débatte, qu'elle se défende et qu'il la sente vivre. Mais ça ne marchait plus, il l'avait déshumanisé. Elle souffrait en silence, gardait tout depuis maintenant deux longs mois. "Je ne profiterais jamais ainsi de son corps mort..." ajouta l'"homme" l'air dépité. « Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dis, mais je suis thanatopracteur. Et laissez moi vous dire que l'image que vous vous faîtes d'une parfaite petite poupée Katherina, n'est pas conforme à ce qu'il se passera dans la réalité. J'ai une parfaite connaissance de la décomposition des corps, et je vous prie de croire, que même avec toute la fascination et l'amour que vous ressentez, vous ne pourrez plus vivre à moins d'un kilomètre de sa dépouille. ... » Andrew se mit à rire, un rire qui semblait douloureux, qui lui déchirait la gorge et lui sortait les larmes. « Je sais... je sais très bien comment cela se passe mais comprenez.... rien, rien ne me séparera d'elle. Pas la mort, pas même la décomposition de son cadavre je.. je m'en fiche. Je sais que c'est possible ce que vous dites mais je tenterais, je ferais tout pour la serrer encore plus longtemps contre moi, pour sentir son petit corps gelé entre mes doigts. Je sais que c'est horrible... je sais. » ajouta le Duc qui n'était plus du tout fier et droit. Le plus horrible était ce fait : Kathérina, enfin son inconscient n'improvisait aucune parole du Duc. Elle ne répondait pas en fonction des dires de Taylor Junior, elle répétait tout ce qu'Andrew avait déjà pu dire, tout ce qu'elle avait entendu de lui. Les discussions avec les Docteurs personnels qui s'occupaient de Kathérina, avec le frère d'Andrew, son sévère père, sa douce et adorable mère et Seth, son meilleur ami. La blonde ne faisait simplement que des ajustements des dires de son homme.




« Ecoutez...J'aime une personne. Vous allez me dire que je ne l'aime pas comme vous aimez Kathérina, peut-être que vous aurez raison, mais ce que je sais c'est que... Cette personne est... Particulière. Je ne dis pas ça parce que je l'aime. Je dis ça parce que c'est quelqu'un extrêmement lunatique, qui peut en un seul battement de cil vous chérir ou vous broyer. Ce n'est pas une maladie, un trouble qui sonde son âme en plusieurs, mais c'est une inconstance tellement prononcée que je puis vous dire que cela me fait le même effet. C'est... C'est atroce à vivre. Son âme, je le touche du bout des doigts, et la seconde d'après, elle m'échappe, me tourne le dos, me pointe du doigt en jubilant. J'ai l'air idiot. Je sais ce que c'est quand la personne qui concentre toute notre attention se détourne de soi. Je sais ce que c'est de vivre dans l'espoir, dans l'attente. Je sais ce que c'est de rêver, de prier, de croiser les doigts, d'arrêter de respirer en devinant ses petits pas derrière l'embrasure de la porte, je SAIS. Et pourtant... Je me dis que cette personne a un libre arbitre. Elle mène sa vie, et quoi que je ressente, rien ne pourra changer ses plans. L'amour faut le gagner, il ne faut pas le forcer, le fabriquer. Ce n'est pas une expérience chimique, ni une recette de cuisine, c'est... Un jeu. Y'a des règles. Je sais que c'est injuste Monsieur, je ne le sais que trop bien, je vous prie de de croire, mais c'est comme ça que ça se passe. Si vous voulez qu'elle revienne, il faut  s'accrocher, et vous tenir à carreaux, malgré votre jalousie, votre tempérament, et vos attentes, vos idéaux. Vous avez changé, acceptez le changement des autres. » 
Andrew esquissa un petit sourire. Même si à quelques degrés près leurs situations étaient biens distinctes, Andrew savait grace aux mots d'Howard qu'on était capable de le comprendre, et cette idée le ravissait. Il savait aussi ce qu'il avançait. L'amour était un jeu, Andrew avait au début tout simplement voulu jouer correctement, puis il avait triché. Andrew n'était pas une mauvaise personne pourtant, et il regrettait ses mauvaises actions. Il n'usait pas que de violence pour reconquérir son épouse, il lui offrait Monts et Merveilles, somptueuses robes, parures de bijoux hors de prix, fleurs à ne plus en avoir de vase... Bien que réceptive au début, au fil des ans, la petite danseuse y était devenue insensible et elle pleurait de tristesse lorsqu'il arrivait devant elle avec de tels cadeaux et qu'il disait « Ma douce, j'aimerais me faire pardonner ». « Ce n'est pas ça... ce n'est pas cela que je souhaite, je n'ai que faire du matériel et de vos excuses sans fond... C'est mon mari que je veux.. L'homme dont je suis tombée amoureuse..» avait-elle osé dire une fois, face à lui. Il avait comprit, il l'avait enlacé, il l'avait embrassé et imploré son pardon. Comme à chaque fois, il redevenait doux et parfait. Comment ne pas craquer ?




« J'ai peur qu'elle parte avec quelqu'un d'autre... c'est si simple pour elle de charmer... c'est si naturel. Elle ne m'aimera jamais autant que je l'aime, vous devez connaître ce tragique sentiment vous aussi, sinon votre discours ne se tiendrait pas de la sorte » La peur le forçait à enchaîner son aimée, tandis que la peur d'Howard le contraignait à se cacher et à laisser faire. Tristes hommes.




En parlant d'Andrew justement, Howard tira une balle dans le cœur d'Alicia. Il avait touché juste et maintenant elle souffrait terriblement.
« Vous avez très bien entendu. J'ai bien dis : Andrew. Andrew Barrow, le Duc. Vous pouvez rester dans le déni si cela vous chante, mais je suis plutôt bien placé pour vous dire que ça finit par vous dévorer.  Je n'ai jamais ds que ces femmes étaient des anges, mais elles ont les pieds sur Terre malgré les horreurs qu'elles font subir. Elles regardent droit dans les yeux, elles ont du courage, elles droites et fières, et je les admirent pour ça. »
Alicia se grattait les tempes, elle se les déchirer et perdit une de ses mains dans sa crinière fauve, la frottant machinalement, comme pour sortir quelque chose de son crâne. « Arrêtez... » murmura-t-elle à Howard qui s'acharnait, « ..arrêtez pitié... cessez.. Je.. je ne veux pas entendre ça.. » La Alicia superficielle et méprisante était bien loin, elle avait laissé sortir la vraie 'Cia, celle qui a peur, qui se crispe et qui pleure en silence. Elle semblait tétanisée, ses yeux suppliants levés vers l'anglais qui s'imposait. Elle avait peur, son corps tremblait d'horreur, elle redoutait, elle ne voulait pas être amoureuse de Barrow, elle ne POUVAIT pas, ce n'était pas possible que ce soit lui son mari, le père de son fils !
« Andrew... Andrew est marié avec Kathérina et... je.. je ne suis pas elle je ne DOIS PAS être elle, vous comprenez ?! Sa vie est.. douloureuse, terrible et moi... moi j'ai tout ce qu'elle n'a pas, j'ai une famille, ma vie est des plus idéales je.. je ne suis pas Kate... » La pauvre blonde tentait de se persuader mais ses mots sonnaient faux, trahis par ses larmes. Elle refusait d'être la faiblarde, celle qui courbait l'échine et se mettait à genoux pour se faire battre ou abuser. Alicia était dévastée par l'idée de ressembler à sa pathétique amie. Si elle admettait être l'épouse d'Andrew, tout comme Lyz admettait à présent que son bourreau était lui, il fallait accepter être Kathérina, puisque le Duc n'a d'yeux de pour elle. « Je suis mariée à quelqu'un d'autre... j'ai eu... j'ai eu un fils il y a peu... j'ai une vie rangée et ordonnée.... je ne suis pas elle. » répéta la bourgeoise les yeux clos, les mains crispées et figées par la frustration. Mais rien n'était cohérant, elle ne s'était surement pas vue dans une glace depuis un moment. La maternité qu'elle prétextait était impossible vu son état, les blessures sur son corps d'enfant témoignaient et parlaient pour elle ; elle était frappée, battue et humiliée. Rien n'était ordonné et rangé. Tout n'était que chaos et désordre. Mais si elle partait, elle perdait tout. Comme Howard.




« Je n'ai pas peur de perdre le titre honorifique dont vous parlez. Je crains simplement de perdre du crédit aux yeux de mes parents. J'ai peur de n'être plus rien si je ne suis plus leur fils. Plus personne. Juste un inconnu qui ne connaît rien au monde extérieur, qui n'a jamais rien vu d’autre que la tapisserie hideuse du manoir, et les murs blancs de cet hôpital. Mais je sais que si je veux faire ce qui est juste, il faudra que je passe par là, et vous aussi. »
Ils n'avaient rien connu de la vraie vie, du vrai monde. La leur était « simple », ils avaient un avenir tout tracé. Il ne fallait pas dévier.
« Mon devoir d'épouse me contraint à la fidélité, la maternité, et pas au divorce et à la fuite. Fuir ce n'est pas faire ce qui est juste.. Ce.. je pense que ce serait lâche et... on ne m'a pas éduqué comme cela. » Elle leva ses yeux clairs vers lui, elle ne parlait plus derrière un masque. « Et vous.. pourquoi voulez-vous vraiment sortir de cette zone de « confort » ? Votre bâtisse ne vous manque t-elle pas ? Votre métier ? Là bas, vous êtes en sécurité, là bas, vous connaissez tout. C'est le choix de la facilité mais c'est tellement plus simple que de changer de vie ! »




En tout cas, grâce à Lyzbeth, elle avait quitté cette « zone de confort », elle avait découvert la vie, le monde et les gens, sans en oublier celui qui gardait fermement en main son cœur battant. Elle parlait du souvenir de Barrow qui l'attirait vers elle continuellement, elle témoignait de sa douleur.
« J'ai vécu avec son souvenir dans la peau longtemps... Je sais ce que tu ressens. 
La main maladroite d'Howard vint se poser sur son dos osseux où le symbole des trois filles était couvert par ce linge trop grand pour elles. Elle frémit un instant entre les pleurs, refermant ses bras sur elle même dans une intention d'auto protection, sans pour autant repousser Howard. Elle savait qu'il avait bon fond, il voulait la rassurer. L'amazone tourna son visage larmoyant et triste, pétrifié par la honte vers lui. Elle écoutait, elle comprenait. Elle avait beau pleurer, elle distribuait ses conseils pour ne pas qu'il connaisse à nouveau le douloureux souvenir de la personne aimée.
« Profite de sa présence, déguste ses mots, noie toi dans ses yeux.. Ici c'est l'asile, c'est pas le vrai monde.. personne... personne prend garde à ça, personne a les yeux sur tes sentiments... Parce qu'ici, personne est exceptionnel, ici, on est juste un numéro. Admettons... » elle passa sa main malade et écorchée sous ses yeux pour éponger les preuves de sa douleur « ..je suis... le 3, Bonnie est le 7, Alicia est le 5, Kath est le 6, toi tu es le 2 et Edgar... c'est ton numéro 1. Il fait parti intégrante de toi maintenant... si 1 plus 1 font deux, alors tu as une chance, il est ta moitié. Une chance ne serait-ce que de.. vivre un instant d'amour sincère dans une misérable vie.... »




« Et si personne n'est exceptionnel, ça veut aussi dire.. que tout le monde l'est. »




Edgar, ce nom devait raisonner dans le crâne du charmant brun, il devait être tranchant pour ses oreilles. Et Andrew.. c'était pareil, le nom de cet homme faisait écho dans la tête de ces filles, toutes avaient un lien avec lui, toutes l'aimaient et souffraient par sa faute. Toutes sauf Bonnie.




« Tu sais... tu sais... » la nymphe esquissa un sourire malicieux, se mordillant la lèvre comme si elle se préparait à faire une bêtise et qu'elle en riait d'avance. Ses yeux, jadis embrumés de cette eau triste luisaient désormais. Bonnie était revenue épauler Lyz, Cia, Kate et Andrew. Et Howard. « Tu sais comment je me sens, moi ? » questionna-t-elle en s'asseyant en tailleur. « Je ne sais pas vraiment qui je suis, comment je suis mais je sais comment je me sens ; Jeune. Idiote. Eternelle. Pourtant, tu sais, je vais disparaître, je vais mourir bien plus vite que j'aurais espéré. Mais j'oublie pas quelque chose de fondamental. Je suis une personne extraordinaire qui tombe amoureuse de personnes extraordinaires ! Et une fois je me suis sentie encore plus éternelle, une seule fois, et c'était dans les bras d'un garçon comme toi, qui ne pensait pas être fabuleux mais qui l'était. »
Bonnie. Elle était la seule qui n'était pas amoureuse du Duc, la seule qui pouvait s'en sortir. Celle qui pouvait tourner la page facilement, détruire le livre, le bruler. Elle devait prendre possession du corps, Kate devait être Bonnie.








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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 24 Juil - 12:17



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« Vous connaissez votre métier, vous êtes un passionné Monsieur Taylor. Lorsqu'on est passionné, on réussit. Lorsqu'on a connu que ça, c'est plus simple de se conforte là dedans et de tout donner, je sais de quoi je parle. Depuis que je sais marcher et me tenir droite, on m'a enseigné l'art de la danse, et depuis que je suis bébé mes parents m'ont bercé avec du Mozart et autres prodigues qui on contribué finalement à mon apprentissage de la musique. On peut dire que j'ai toujours été destiné à devenir violoniste et danseuse, mais quand je voyais mes parents faire, j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Et maintenant, j'ai tous les honneurs, j'étais Kathérina Parker, la fille d'Edward et de Maria et j'ai réussi à faire ce qu'ils ont fait et aussi ce qu'ils n'ont pas fait ! »

Elle avait l'air fière de pouvoir dire ça. Howard aurait aimé pouvoir en dire autant. Il estimait sincèrement ses deux parents, mais il n'était pas fier d'être leur fils pour la simple et bonne raison qu'il n'arrivait toujours pas à se rendre compte qu'un type comme lui puisse descendre de ces deux figures humaines. Il n'était rien, un petit animal insignifiant, le petit insecte qu'on écrase, il ne pouvait décemment pas avoir été engendré par Meredith et James Taylor. Pourquoi n'avait-il aucune passion, lui ? Il adorait la littérature, mais il ne faisait que lire après tout, cela ne nécessitait pas un savoir faire particulier ! Il ne savait ni chanter, ni danser comme Kathérina, ni cuisiner. Il connaissait le tableau périodique des éléments, les formules, les liaisons chimiques, il savait calculer à la vitesse de l'éclair, il ne dessinait pas trop mal mais pas de quoi se prétendre artiste, mais il n'avait aucune passion, aucun don particulier.

« J'ai été sur toutes les affiches, partout on me voyait, dans les journaux, sur les affiches en ville, même dans de grands magazines on parlait de moi ! J'étais aussi célèbre que mon père, j'avais des tonnes de contrats et de projets et j'avais réussi ! Si j'ai réussi, vous allez réussir Howard. »


La notoriété il connaissait ça. Évidemment on ne parlait pas de la même, il était plus connu de réputation, ce n'était pas une star, mais la plupart des entrepreneurs dans le monde connaissaient son nom, et il avait une réputation irréprochable, enfin, surtout son père. Lui c'était, « le petit Taylor » dans l'ombre de son paternel. Kathérina avait réussi, donc il pouvait réussir, ah oui ? C'était ça que la logique voulait ? Parce que...

« Avec tout le respect que je vous dois, vous avez réussi puis... Vous avez été enfermée ici. J'ai du mal à percevoir ça comme un signe flagrant de réussite, sans vouloir vous saper le moral, bien sûr. Mais... Vous avez sans doute raison sur un point : la persévérance fait le succès. »

C'est vrai qu'il connaissait son métier, nom de Dieu ! Il se souvenait de lui sur les bancs bondés de l'amphithéâtre quand il était encore étudiant. Quand les autres types de sa promo organisaient des soirées imbibées d'alcool et de substances illicites en tous genres, il restait dans sa petite chambre pour réviser. Il observait parfois un peu trop longtemps le lit froid et désert d' Edgar Anderson, mais il se replongeait aussitôt dans ses formules pour éviter de trop penser. Le concours était dur, les tests, et les applications concrètes de thanatopraxie étaient rudes également, mais il n'avait jamais abandonné. Il avait réussi chaque année haut la main, majeur de promo chaque semestre, mais il n'en avait jamais tiré une fierté particulière. Ramener d'excellents résultats n'était pas quelque chose d'occasionnel qui rendait fier, c'était la routine, il n'avait pas d'autre choix, alors l'excitation était particulièrement ternie. « Han, encore un vingt... », et Edgar crissait des dents. Même si au fond, il n'était dans cette école que pour emmerder sa mère, il ne voulait pas comprendre pourquoi son colocataire se sentait si vide et morne quand il recevait la meilleure note, chaque fois...
Andrew était un artiste, lui. Enfin... L'art a toujours été subjectif, hein... ?

« Je sais... je sais très bien comment cela se passe mais comprenez.... rien, rien ne me séparera d'elle. Pas la mort, pas même la décomposition de son cadavre je.. je m'en fiche. Je sais que c'est possible ce que vous dites mais je tenterais, je ferais tout pour la serrer encore plus longtemps contre moi, pour sentir son petit corps gelé entre mes doigts. Je sais que c'est horrible... je sais. », il riait et... Howard se mit à rire lui aussi. RIRE.

« Comme c'est romanesque... ! Vous avez une vision de la mort tellement belle à la Romeo & Juliet, et je ne peux pas vous le reprocher considérant mon métier, mais laissez moi vous expliquer comment fonctionne la putréfaction d'un corps, même quelques jours après le décès. », dit-il en sortant de sa poche sa petite paire de lunettes censées reposer ses myopes et fatigués. Cela lui donnait un air légèrement plus sérieux et intelligent. Avant de se souvenir parfaitement des étapes qu'il avait appris en cours, il souffla de la buée sur les verres pour les nettoyer, les ajusta sur son nez, puis repris.

«  D'abord il y apparaîtra sur votre épouse aussitôt le décès prononcé, une coloration étonnante des veines, elles vont s'assombrir et vous pourrez les voir u travers de son corps. Je vous avoue que c'est un phénomène assez fascinant qui pourrit encore vous plaire, mais attendez la suite. Dès le troisième jour, les veines ne seront plus que des lignes noires sous sa peau livide, peau parsemée de zones de couleur verdâtre, les tissus vont gonfler, ainsi que ses parties génitales. Ensuite au bout d'à peine une petite semaine, et là c'est nettement moins glamour, son abdomen sera rempli de gaz en abondance : ammoniaque, azote, méthane, phosphine, oxyde de carbone, et j'en passe ! Ses globes oculaires vont ensuite naturellement se liquéfier, et je vous assure que ce n'est pas joli à voir. Ensuite elle sera complètement défigurée car les ballonnements s'étendront sur tout le corps et déformeront sa peau, la couvriront de cloques. Sa peau aura définitivement une couleur verdâtre, voir jaune foncée, elle sera glissante et spongieuse... Certes vous pouvez la conserver quelques temps dans un réfrigérateur si ça vous chante, ça retardera à peine le processus, mais au final ce qui va lui arriver résultera de la fatalité, vous ne pourrez pas stopper l'étendue des dégâts qui ne feront jamais qu'empirer. Et je ne vous parle même pas de l'odeur. Un nez comme le vôtre n'est pas habitué à sentir ça... Croyez-moi, j'ai tout à fait la vision de la mort que vous imaginez, mais il n'y a rien de romantique là-dedans. ».

« J'ai peur qu'elle parte avec quelqu'un d'autre... c'est si simple pour elle de charmer... c'est si naturel. Elle ne m'aimera jamais autant que je l'aime, vous devez connaître ce tragique sentiment vous aussi, sinon votre discours ne se tiendrait pas de la sorte »

Howard soupira. Il ne comptait plus leurs heures longues où il avait attendu Edgar dans la chambre, les genoux recroquevillés sur sa poitrine, les yeux fixés sur les aiguilles de la pendule. Était-ce une stratégie, ou était-il simplement en train de s'envoyer en l'air avec une fille dont il ne connaissait même pas le prénom quelque part dans un coin. Allait-il revenir tout pantelant, tout fier de lui ? Il avait toujours eu un succès fou auprès des gens, ce n'était pas lié au succès, ni même à son charme, c'était... Howard ne pouvait pas en expliquer la cause, mais personne ne pouvait résister à son petit numéro. Alors... Il ne pouvait que comprendre ce que traversait Andrew Barrow.

« A vrai dire, que je comprenne ou pas, ça ne fera pas avancer votre cas... Ce que vous ressentez ça fait partie du jeu, partie de la vie. C'est... Peut-être que même si vous allez sans doute refuser de vous l'avouer, une part de vous est comblée qu'elle puisse partir car cela vous oblige à avoir peur. La peur de perdre l'autre, comme je vous le disais, est salutaire. J'aime cette de le... De perdre. Et... Sans doute que vous l'aimez aussi. ».

Quelque chose du bouleverser Alicia dans ce qu'il racontait car elle se manifesta, tremblante comme un chien que l'on bat.

« ..Arrêtez pitié... cessez.. Je.. je ne veux pas entendre ça.. Andrew... Andrew est marié avec Kathérina et... je.. je ne suis pas elle je ne DOIS PAS être elle, vous comprenez ?! Sa vie est.. douloureuse, terrible et moi... moi j'ai tout ce qu'elle n'a pas, j'ai une famille, ma vie est des plus idéales je.. je ne suis pas Kate... »

Howard ne pouvait pas vraiment imaginer la confusion dans laquelle il avait placé la bourgeoise. Elle avait l'air de Léonardo Dicaprio dans Shutter Island, enfin, en plus vulnérable ! C'était difficile à regarder tant d'incompréhension, tant de terreur. Howard voulait bien faire, il voulait la réveiller, mais il était maladroit. Il ne se doutait pas qu'il serait sans doute mieux d'entrer dans son jeu, ses airs de petite princesse de la Haute le révulsait, il voulait la bousculer, la sortir du monde qu'elle partageait avec lui et tous les autres de son rang, et lui faire prendre conscience.

« Je suis mariée à quelqu'un d'autre... j'ai eu... j'ai eu un fils il y a peu... j'ai une vie rangée et ordonnée.... je ne suis pas elle. »


« C'est qui que vous essayez de convaincre là au juste ? Moi ou vous ? Bien ! Alors si vous êtes mariée à quelqu'un d'autre, dites-moi son nom. Ou celui de votre charmant fils... Je parie que vous ne pouvez plus vous en souvenir. Allez-y... Racontez moi les détails qui composent son visage, est-ce qu'il vous ressemble ? A-t-il les yeux de son père ? RACONTEZ-MOI ! Vous vous mentez, ce n'est pas de votre faute, mais c'est fatiguant pour vous, et pour moi qui vous vois de l'extérieur. »

« Mon devoir d'épouse me contraint à la fidélité, la maternité, et pas au divorce et à la fuite. Fuir ce n'est pas faire ce qui est juste.. Ce.. je pense que ce serait lâche et... on ne m'a pas éduqué comme cela.  Et vous.. pourquoi voulez-vous vraiment sortir de cette zone de « confort » ? Votre bâtisse ne vous manque t-elle pas ? Votre métier ? Là bas, vous êtes en sécurité, là bas, vous connaissez tout. C'est le choix de la facilité mais c'est tellement plus simple que de changer de vie ! »

Howard laissa échapper un rire discret. Alors c'est de ça dont il avait l'air, lui ? Un divorcé en cavale ? Il avait envie de frapper son joli petit minois parfait avec une pierre pour avoir osé lui demander de telles choses !

« Qu'est- ce que vous croyez ? Bien sûr que ma maison me manque, que mon métier me manque ! Ici je ne fais rien, et je me sens au moins deux fois plus inutile que je ne le suis d'ordinaire ! Mais... Je ne suis en sécurité nulle part, et encore moins là-bas. Alors oui c'est plus facile comme vous dites si bien, mais peut-être, PEUT-ÊTRE que la vie c'est comme ça, c'est pas facile. Je ne suis pas en train de me plaindre que la vie est rude, je suis en train de l'accepter, simplement. Et si elle est cruelle envers moi, pourquoi je ne le serai pas tout autant envers elle ? Pourquoi je ne tenterai pas... ? », wow.... Lyzbeth. C'est elle qui cognait dans ses tempes en cet instant très précis. Lyzbeth qui sans le vouloir lui apprenait à être fort, à être libre. Lyzbeth, la petite voix qui s'était toujours écrasée au fond des abîmes de son corps quand on lui appliquait une montage de gel sur ses cheveux bien peignés pour l'amener dîner. La petite voix qui regardait les chaussures cirée du Père et qui disait « non ! ». Lyzbeth était un brasier...

« Profite de sa présence, déguste ses mots, noie toi dans ses yeux.. Ici c'est l'asile, c'est pas le vrai monde.. personne... personne prend garde à ça, personne a les yeux sur tes sentiments... Parce qu'ici, personne est exceptionnel, ici, on est juste un numéro. Admettons... Je suis... le 3, Bonnie est le 7, Alicia est le 5, Kath est le 6, toi tu es le 2 et Edgar... c'est ton numéro 1. Il fait parti intégrante de toi maintenant... si 1 plus 1 font deux, alors tu as une chance, il est ta moitié. Une chance ne serait-ce que de.. vivre un instant d'amour sincère dans une misérable vie.... »
Il frissonna et hocha la tête.

« Je suis le 2... », répéta Howard. « Je suis le 2, je suis un numéro, un numéro sans histoire, sans passé, sans avenir. Un numéro fait ce qu'il veut. ».



« Et si personne n'est exceptionnel, ça veut aussi dire.. que tout le monde l'est. »


Il releva la tête, surpris par le son soudain plus clair de la voix de Lyzbeth. Un timbre doux comme un nectar qu'il avait adoré écouter comme sa musique préférée....


« Tu sais... tu sais... Tu sais comment je me sens, moi ?  Je ne sais pas vraiment qui je suis, comment je suis mais je sais comment je me sens ; Jeune. Idiote. Eternelle. Pourtant, tu sais, je vais disparaître, je vais mourir bien plus vite que j'aurais espéré. Mais j'oublie pas quelque chose de fondamental. Je suis une personne extraordinaire qui tombe amoureuse de personnes extraordinaires ! Et une fois je me suis sentie encore plus éternelle, une seule fois, et c'était dans les bras d'un garçon comme toi, qui ne pensait pas être fabuleux mais qui l'était. »

BONNIE. Bonnie était revenue. Il esquissa un sourire de soulagement.
« Alors soyons imparfaits et extraordinairement banals. Tu m'as manqué... », son absence était déjà pesante.

« Personne n'est exceptionnel... », répété Howard comme une leçon qu'il devait imprimer avant l'examen.
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
CRÉDITS : BIBI
A DÉBARQUÉ LE : 06/04/2016
FORCE : 1394
In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
SITUATION : Mariée
EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Sam 30 Juil - 17:52


La vie n'est acceptable que dans la démesure.

« Avec tout le respect que je vous dois, vous avez réussi puis... Vous avez été enfermée ici. J'ai du mal à percevoir ça comme un signe flagrant de réussite, sans vouloir vous saper le moral, bien sûr. Mais... Vous avez sans doute raison sur un point : la persévérance fait le succès. » ajouta alors Howard qui avait écouté les quelques paroles passionnées de Kathérina.
Ses dires lui firent esquisser un sourire, et cela devait être bien étrange pour l'anglais de voir le visage de la petite femme éclairé de vie par un sourire qui rappelait bien évidemment ceux de la si douce Bonnie. Elle pensa au caractère absurde de la situation ; il avait bien raison, elle avait sa notoriété, elle s'était donnée à deux cent pour cent pour parvenir à un tel résultat de perfection puis, en une fraction de seconde elle s'était retrouvée à un procès, à son procès et balancée à l'asile. A l'asile, pourquoi à l'asile déjà ?


« Vous avez raison. C'est affligeant n'est-ce pas ? J'ai consacré ma petite vie à ma réussite, à ma popularité et mon talent. Et aujourd'hui je ne suis pas seulement enfermée, ce n'est pas cela qui m'empêche de continuer ce que j'aime, je pourrais passer à travers cela, réclamer un violon ou une quelque forme de chose qui me permettrait de m'épanouir un minimum. Aujourd'hui je n'ai aucun moyen de revenir à ce que j'étais avant ; je peux à peine tenir debout, je souffre rien qu'à rester droite sur mes jambes, je souffre rien qu'à tenir quelque chose entre mes doigts. Mon enveloppe charnelle est froide, crispée, mes os sont cassés. Alors si j'étais chez mon mari, la situation serait la même. Certes, je ne serais pas connue sous le pseudonyme d'une criminelle, je le serais toujours par le biais de mon époux ou des titres des magazines et journaux qui annonceraient ma prochaine représentation. Mais Andrew m'a retiré ça, il m'a tout pris. C'est lui qui a éclaté ma carrière, pas Bonnie ni Lyzbeth. »
Elle ne semblait plus avoir peur cette fois en énonçant le prénom de l'amour de sa vie. Elle n'avait pas l'air rancunière non plus, elle admettait juste ce qu'il en était avec une pointe de regret néanmoins. « Si je sors d'ici il ne me laissera pas me remettre. Je ne danserais plus jamais, je ne jouerais plus jamais d'instruments. » Cette dure constatation lui brisa le cœur, son sourire s'évapora immédiatement. La première fois qu'Andrew l'avait frappé au point qu'elle ne puisse plus se relever et marcher pendant une courte période, elle avait cru mourir. Elle avait directement pensé à sa carrière. Puis les médecins des Barrow lui avaient certifié qu'il serait encore possible pour elle de déambuler comme elle le faisait. « Comment puis-je faire pour rendre cela impossible, sans pour autant la rendre infirme ? »avait alors demandé le Duc à un des médecins. « Si vous souhaitez vraiment une telle dépendance, continuez ce que vous faites
La petite équipe de Docteurs de la famille Barrow était totalement soumise à la volonté de ces derniers. Ils ne devaient jamais parler de ce qu'il se passait dans ce grand manoir, ils devaient être disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Mais au bout de quelque années à côtoyer le couple, un des plus vieux craqua et décida de partir, ne supportant raisonnablement plus de devoir administrer des soins à une enfant qui se faisait torturer par son homme sadique. Il ne supportait plus cette mort lente, cette douce agonie qu'il lui faisait 'vivre', et il ne pouvait plus, il ne voulait plus fermer les yeux sur ça et se contenter de conseiller à Kathérina de se « laisser faire pour que la douleur soit moins vive ». Il n'acceptait plus tout ça et avait décidé de fuir les Barrow. Par la suite... disons qu'Andrew avait finalement trouvé un moyen très efficace pour le faire taire.

« J'ai vu des inspecteurs de polices. Ils m'ont dit que j'étais folle. J'ai vu les épouses et connaissances des gens qu'on m'accuse d'avoir tué. Elles m'ont aussi dit que j'étais folle. Le juge a dit que je n'étais pas responsable de ces actes de part ma folie. Ici, les gardes, les médecins, les psychiatres, le personnel... ils disent que je suis folle, que Lyzbeth, Alicia et Bonnie sont dans ma tête. Qu'elles sont des hallucinations. Moi je pense simplement qu'on veut encore me retirer les choses que j'aime, je pense que c'est Andrew qui veut ça. Il contrôle tout le monde, tout le temps pour me contrôler moi.» 
Kathérina avait pleinement connaissance des pouvoirs qu'avait son mari, il avait réussi à la manipuler durant des années pour l'écarter de tout, de tout le monde. En un claquement de doigts il mettait à genoux qui il voulait, il était puissant, il était démoniaque. Kathérina était alors persuadée que tout cela n'était qu'un complot, qu'Andrew avait corrompu tout ce beau monde pour lui faire croire que les seules amies qu'elle avait n'étaient pas réelles. « La seule personne qui est dans ma tête c'est lui. Il a réussit à me parasiter et je n'ai aucun moyen pour lui échapper. Je ne sais même pas si je le veux... Je ne pensais pas en tombant amoureuse de lui que je devrais me battre pour survivre... est-ce la seule façon d'aimer ; se faire consumer et brûler par la passion ?» ajouta-t-elle en osant regarder Howard dans les yeux, sans cette fois ci vérifier où se trouvait le Duc, si il avait pu entendre de tels aveux et questionnements.

D'ailleurs, d'une certaine façon Andrew était là, et il trouvait dans une situation familière. En effet, un spécialiste lui détaillait les étapes de l'après mort, le côté un peu moins romantique, l'envers du décors, les réactions chimiques et autres qui faisaient bien des cadavres des objets monstrueux.
« Comme c'est romanesque... ! Vous avez une vision de la mort tellement belle à la Romeo & Juliet, et je ne peux pas vous le reprocher considérant mon métier, mais laissez moi vous expliquer comment fonctionne la putréfaction d'un corps, même quelques jours après le décès. »
Le Duc Barrow avait déjà entendu la suite des paroles d'Howard, un de ses médecins lui en avait parlé très longuement pour en venir à une conclusion bien triste ; il faudrait s'y prendre tôt après le décès de Kate pour l'empailler, la vider ainsi de tout ce qui faisait qu'elle aurait vécu quelques instant plutôt, la vider de ce qui la ferait dépérir comme le disait Howard. Comme un animal empaillé, il ne resterait donc plus que la peau de Kathérina sur une toute nouvelle structure « osseuse » remplie de paille ou d'autre matériaux, ou bien il faudrait prendre le temps de gratter minutieusement chacun de ses os pour qu'aucun organisme jadis vivant ne vienne détruire le travail fait. « C'est tout à fait possible » avait dit le taxidermiste qui avait l'habitude d'empailler les trophées de chasse des Barrow « Il suffit simplement de faire un travail rapide et soigné, il ne faut négliger aucun détail. Il faudra premièrement la dépouiller, décoller la peau de la chair, des muscles. Il faudra aussi établir un mannequin correspondant au corps et l'anatomie de votre épouse et ensuite, il n'y a plus qu'à l'habiller de sa peau tannée et traitée. Bien sur, certains os comme son crâne pourront être conservés. Vous retrouverez votre épouse, avec disons.. l'âme en moins.» avait-il expliqué de façon synthétique.


Andrew avait bien écouté les paroles du médecin, du taxidermiste et aussi celles d'Howard et ces opinions se rejoignirent. « J'ai déjà connaissance de cela, et c'est pour cette raison qu'on ne peut pas parler dans ce cas là de nécrophilie. Le taxidermiste la prendra en charge le plus tôt possible pour que rien d'elle ne soit détérioré. » Il annonça ça de façon totalement calme et neutre, comme si il en avait déjà parlé des centaines de fois, comme si ce fait était normal ! Finalement, il n'était pas comme Bonnie, enfin de ce point de vue là. Bonnie aimait les cadavres, et finalement, Kathérina ne connaîtra que quelques heures à peine en tant que tel. Elle passera de vivante à morte, et de morte à objet de décoration.
Andrew n'était pas prêt de laisser partir sa douce, que ce soit un autre homme qui souhaite la lui voler, ou bien la mort.

« A vrai dire, que je comprenne ou pas, ça ne fera pas avancer votre cas... Ce que vous ressentez ça fait partie du jeu, partie de la vie. C'est... Peut-être que même si vous allez sans doute refuser de vous l'avouer, une part de vous est comblée qu'elle puisse partir car cela vous oblige à avoir peur. La peur de perdre l'autre, comme je vous le disais, est salutaire. J'aime cette de le... De perdre. Et... Sans doute que vous l'aimez aussi. »

Arrivé à ce stade, ce n'était même plus une peur, c'était une hantise constante, une idée insupportable qui planait et Andrew voulait la sécurité, il voulait être certain que jamais elle ne lui échapperait. Mais pour une fois Andrew fut assez triste qu'Howard ait un peu tord, il aimait se conforter dans ses paroles et se rassurer en se disant qu'il n'était pas seul. Mais cette fois, il l'était.
« Non. Si j'aimais cette idée, j'aurais confiance en elle, je la laisserais vivre, respirer ne serait-ce que quelques instants.. sans moi. Ce n'est pas le cas, je ne supporte pas ça, je déteste apprendre qu'elle a passé une bonne journée sans moi, j'aime la voir souffrir quand je m'absente, j'aime que lorsque je rentre elle m'accueille chaleureusement. Et si elle rit avec quelqu'un d'autre, si elle sourit, si elle parle avec quelqu'un d'autre, j'ai cette envie incontrôlable de la frapper, de lui faire payer, lui montrer que je suis son seul maître, qu'elle est à moi. Alors je la séquestre, je la rends dépendante. Ca me conforte sur le moment et puis.. et puis je sens que je la rends malheureuse.... »

Malheureuse était un bien faible mot. Kathérina avait trouvé refuge dans d'autres femmes, fragiles et fortes à la fois. Elle s'était retranchée cette fois-ci derrière Alicia, la fière et superficielle jeune femme qui pliait désormais sous le poids de ses peurs et ses mensonges.
« C'est qui que vous essayez de convaincre là au juste ? Moi ou vous ? Bien ! Alors si vous êtes mariée à quelqu'un d'autre, dites-moi son nom. Ou celui de votre charmant fils... Je parie que vous ne pouvez plus vous en souvenir. Allez-y... Racontez moi les détails qui composent son visage, est-ce qu'il vous ressemble ? A-t-il les yeux de son père ? RACONTEZ-MOI ! Vous vous mentez, ce n'est pas de votre faute, mais c'est fatiguant pour vous, et pour moi qui vous vois de l'extérieur. »
Les paroles de l'anglais étaient tranchantes, sèches et lui donnait l'impression qu'on lui plumait la tête. Alicia avait enterré les souvenirs imparfaits qui transpiraient la souffrance au fond de son âme mais tout lui revenait en pleine figure.


Dans un sifflement insupportable, Andrew avait fait son entrée en craquant ses phalanges en un son qui lui faisait toujours froid dans le dos. Il avait encore frappé, littéralement parlant et l'avait laissé comme une vulgaire chienne agoniser contre le sol irrégulier des catacombes. De ses yeux encore ouverts, elle scrutait les rats qui tournaient à distance raisonnable d'elle, elle tentait d'empêcher le sang de sortir de son corps, elle faisait en sorte à ce qu'il ne tache pas sa robe. Elle s'empêchait de pleurer pour ne pas gâcher le maquillage qu'Andrew lui avait préalablement appliqué avec soin le matin même et elle serrait les dents. Elle n'avait pas mal aux os qu'il venait de lui briser, elle n'avait pas mal au crâne, ni au dos qui c'était fracassé contre un des murs. La douleur l'avait prise aux tripes lorsqu'il l'avait tabassé, au ventre et lui avait au passage arraché le cœur. 
Elle savait ce qu'il s'était produit, elle l'avait déjà vécu, elle connaissait cette douleur particulière. Alicia était née la dernière ce jour là, c'était une des dernières personnalité. Alicia s'était accrochée à des espoirs, à des choses insensées, illogiques. Elle avait prié pour avoir un fils, elle avait supplié Dieu pour une telle faveur alors qu'elle même, comme toutes les autres était née d'une fausse couche. Elle avait prié pour que son mari ne soit plus partagé entre tendresse et violence, elle aurait aimé cette vie parfaite.
Seulement quand elle tentait de se rappeler... rien n'arrivait. Elle ne se souvenait pas de son fils, pas de son prénom, pas de son premier mot ni de son apparence, et encore moins de sa date de naissance. Alicia était aussi dévastée que Lyzbeth, la tête aux creux de ses mains à vifs, elle avait mal au crâne à se retourner le cerveaux.
« Arrêtez, arrêtez ! JE NE SAIS PAS ! Je n'en sais rien, vous êtes satisfait je... je ne sais même pas laquelle je suis alors.. arrêtez... pourquoi vous me faites ça .. ? »
Elle avait perdu de ses belles manières, elle n'était rien d'autre qu'une pauvre fille égarée, recherchant et mendiant une identité et une vie.
« ce que je réclame à Dieu n'est rien... tout le monde a ce que je convoite... sauf moi... » Doucement elle prenait conscience de la réalité, mais il ne fallait qu'un rien pour qu'elle se plonge à nouveau dans une vie imaginaire et parfaite, avec son jeune fils, son mari parfait.

« Qu'est- ce que vous croyez ? Bien sûr que ma maison me manque, que mon métier me manque ! Ici je ne fais rien, et je me sens au moins deux fois plus inutile que je ne le suis d'ordinaire ! Mais... Je ne suis en sécurité nulle part, et encore moins là-bas. Alors oui c'est plus facile comme vous dites si bien, mais peut-être, PEUT-ÊTRE que la vie c'est comme ça, c'est pas facile. Je ne suis pas en train de me plaindre que la vie est rude, je suis en train de l'accepter, simplement. Et si elle est cruelle envers moi, pourquoi je ne le serai pas tout autant envers elle ? Pourquoi je ne tenterai pas... ? »
Alicia, perdue dans sa tête commençait à prendre tout au pied de la lettre, sans filtre, sans second degré. Elle parlait comme elle pensait, sans recul.

« C'est vrai, qu'avez-vous à perdre dès à présent ? » son regard se faisait sincère, mais c'était bien elle qui parlait, c'était bien elle qui l'incitait à.. fauter ? Pêcher ? Se venger de la vie qui ne se gênait pas en leur imposant la douleur. Elle lui proposait ouvertement de s'ouvrir à la férocité, tout comme Lyzbeth faisait lorsqu'elle parlait d'amour.

« Je suis le 2..." avait répété Howard.
Lyzbeth avait établit une théorie sur les chiffres ; Bonnie était le nombre magique, celui qui donne espoir, celui qui le retire aussitôt ; le 7 qui s'élève par sa droiture horizontale, puis qui chute en une diagonale, qui prend une autre direction. Alicia était le 5, l'indécis, qui commence doucement à avancer dans la vie avant de reculer doucement, pour repartir vers la rigueur et la tenir durant une courte ligne jusqu'au précipice. Kate était un 6, celui qui commençait je-ne-sais-où, qui formait une boucle, un cercle vicieux avant d'arriver, lui aussi, au bord du gouffre, bloqué. Elle, elle était un 3, celui qui se promenait de façon circulaire puis retournait en arrière et recommençait encore les mêmes erreurs, tête baissée. Selon ce principe, Howard était un 2. Il avait commencé sa vie de façon plate, son destin était tracé. Puis, il avait rencontré Edgar qui l'avait fait monter d'un coup d'un seul dans sa vie et qui, une fois les talons tournés avait laissé Howard faire lentement demi-tour, en une petite boucle inachevée. Libre à lui de retrouver ce garçon, le 1 qui avait toujours vécu sa vie de façon rapide en une ligne.
« Je suis le 2, je suis un numéro, un numéro sans histoire, sans passé, sans avenir. Un numéro fait ce qu'il veut. »
S'il fallait résumer l'amour d'Andrew pour Kathérina, on aurait pu y mettre le 8 qui forme l'infini une fois couché. Le coup de foudre arrive au commencement, au milieu et la passion est une ligne qui s'entremêle à d'autres sentiments forts. La relation n'a aucune issue possible, on y est engouffré, on en sort jamais.


« Tu n'es pas Taylor Junior ici. Tu es le 2, celui qui n'existe pas sans le 1. Mais avant de devenir le 2, il te faut être 1, retrouver l'autre 1, et tu seras une personne complète, tu seras peut-être heureux un court instant, mais vaut mieux l'être brièvement que de ne jamais l'être, non ? Tu sais, j'ai longtemps détesté l'amour après l'histoire qui a ravagé mon coeur. Je tenais à me révolter contre lui. Pour moi, aimer était simplement synonyme de "subir", ça voulait dire être esclave, appartenir à quelqu'un, et je ne voulais plus aimer. J'ai préféré frapper et provoquer, rire et m'amuser ; c'était le chaos. Alors je me disais "les hommes n'auront pas ma peau" et finalement.. je me suis rendue compte que l'on m'en avait déjà défaite. » 

Bonnie aimait bien la théorie de Lyzbeth, mais elle préférait lier les nombres à des significations plus logiques qui se basaient sur le vécu direct, et non sur le parcours d'une vie. Quoi qu'il en soit, elles se comprenaient, et Howard aussi.


« Alors soyons imparfaits et extraordinairement banals. Tu m'as manqué... »
Un sourire éclatant se dessina sur le visage de la jolie nymphe, elle aimait entendre Howard réfléchir, sa réflexion était des plus fascinantes, il était si ouvert d'esprit qu'il n'écoutait pas seulement les paroles, il les encrait dans sa tête, il y pensait.
« La perfection est quelque chose d'ennuyeux et de laid, Howard. La laideur c'est.. les gens dénués d'imperfection dans des.. endroits aussi parfaits qu'eux. La perfection c'est être.. figé. Or, le dynamisme est synonyme de vie, c'est l'irrégularité, ouais, l'imperfection, l'imprécision. C'est explorer en touchant sans avoir peur de se faire mal et d'user sa peau, c'est rire fort à s'en décrocher les machoires, s'embrasser à se faire saigner la bouche, à s'arracher la langue. Vivre c'est se tenir la main à s'en décrocher les poignets pour emmener les gens aimés dans des endroits qui te font te sentir bien. Des endroits imprécis, imparfaits et brumeux qui te laissent quelque chose d'agréable dans le cœur. » Ses yeux verts étaient éclairés d'une façon incroyable, elle était passionnée des sensations humaines, passionnée d'aventure et de plaisirs simples.


« Howard, Howard, tu as un fantasme, un rêve ? Quelque chose que tu rêverais de faire avec quelqu'un ? Aller quelque part où tu es bien, où tu penses que tu es invincible, unique au monde ? » demanda la blondinette qui s'était redressée et assise à nouveau en tailleur face à lui.






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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 2 Aoû - 14:12



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« Vous avez raison. C'est affligeant n'est-ce pas ? J'ai consacré ma petite vie à ma réussite, à ma popularité et mon talent. Et aujourd'hui je ne suis pas seulement enfermée, ce n'est pas cela qui m'empêche de continuer ce que j'aime, je pourrais passer à travers cela, réclamer un violon ou une quelque forme de chose qui me permettrait de m'épanouir un minimum. Aujourd'hui je n'ai aucun moyen de revenir à ce que j'étais avant ; je peux à peine tenir debout, je souffre rien qu'à rester droite sur mes jambes, je souffre rien qu'à tenir quelque chose entre mes doigts. Mon enveloppe charnelle est froide, crispée, mes os sont cassés. Alors si j'étais chez mon mari, la situation serait la même. Certes, je ne serais pas connue sous le pseudonyme d'une criminelle, je le serais toujours par le biais de mon époux ou des titres des magazines et journaux qui annonceraient ma prochaine représentation. Mais Andrew m'a retiré ça, il m'a tout pris. C'est lui qui a éclaté ma carrière, pas Bonnie ni Lyzbeth. »

Kathérina était lucide, et sa peur semblait s'évanouir petit à petit, c'était à la fois terrifiant, et formidable ! Cette femme, ce... Ce petit moineau anémié faisait peine à voir, mais son honnêteté et sa conscience la rendait presque forte et entière pour une fois. Son sourire faisait renaître l'espoir, enterrait les ténèbres, malgré la teneur atroce de ses propos. On avait ôté à Howard la seule chose pour laquelle il était doué, il ne pouvait que comprendre cette frustration, et cette crainte de perdre davantage, cette impression de n'être rien sans passion, sans savoir faire, être frustration, cette... Inutilité.

« Si je sors d'ici il ne me laissera pas me remettre. Je ne danserais plus jamais, je ne jouerais plus jamais d'instruments. » 

Howard ne savait pas vraiment pourquoi cette évidence l'assomma comme un coup de massue. C'était tellement... Intense, atroce, cette facilité qu'elle avait soudain à se conformer, à se résigner. Il était pareil à vrai dire... Il savait ce qu'il adviendrait du petit Howard James Taylor quand il rentrerait à « la maison ». Il savait également ce qu'il n'allait jamais faire, et ça, c'était le plus triste. Avoir un vie normale, envoyer des sms devant la télé, surfer sur internet, chatter avec des filles, draguer, se faire taquiner par ses parents en le voyant sortir tout pomponné le soir, ça... C'était à des années lumières de son quotidien. Bien sûr il travaillait beaucoup, il se servait d'ailleurs souvent de cet alibi pour justifier le fait que sa vie ne décollait pas, mais... Pendant ses heures libres, il restait enfermé dans sa chambre de peur de croiser ses parents, de peur d'être questionné froidement sur ses intentions en sortant de la maison, et qu'on lui ordonne de faire demi tour, et de préparer le prochain client. Autant rester enfermé seul, leu faire oublier sa présence, comme la Belle au Bois Dormant, ne pas laisser échapper un son. Parfois il ouvrait la fenêtre et s’asseyait à cheval sur l'embrasure pour profiter un peu des rayons du soleil que sa peau livide craignait comme la peste. Il ne s'était jamais vraiment questionné sur la vie des autres, Howard n'était pas le genre d'homme à se comparer à autrui. C'était sa vie, un point c'est tout. Pourquoi devrait-il s'en plaindre ? Il avait du travail, un qu'il aimait, un nom respectable, une grande maison qui pouvait lui fournir un brin d’indépendance et d'intimité, il était fortuné, et n'avait qu'à ouvrir la bouche pour être nourri... Techniquement il ne manquait de rien, il n'allait pas se plaindre alors que d'autres peinaient à subsister ! Cependant... Parfois il prenait conscience des choses infâmes qui se passaient sous son propre toit. L'influence sans limites de son Père au regard taillé comme celui d'un rapace, celui de sa mère toute aussi mesquine mais au visage déformé par la peur. Il voyait les manipulations, les machinations misent en œuvre, les secrets, les voix qui se baissent et se taisent quand il s'approchait, les regards assassins qui insultent, qui menacent. Maintenant il était grand, il était habitué à tout ça, mais avant...  Alors qu'il n'était qu'un tout petit garçon plein de vie et débordant d'innocence, rêvant d'explorer le monde, être brimé et manipulé comme il l'a été, restera une expérience traumatisante. Les punitions, il comprenait, mais... Il ne saisissait pas bien où avait-il fauté. Il passait son temps à craindre de mal faire et de se faire corriger. Les cauchemars ne lui laissaient aucun répit, et Maggie, la douce et tendre Maggie s'était faite congédiée du jour au lendemain pour lui avoir chanté une chanson pour l'endormir.
Le piège qui se refermait Kathérina, Howard en était aussi prisonnier. Depuis le jour de sa naissance que personne n'a pris plaisir à lui raconter, il ne savait même pas si ses parents étaient heureux, pas une seule photo ne le prouve en tout cas dans les archives de la maison. Est-ce que sa mère a eu des complications ? Une césarienne ? Lui avait-il fait mal en restant trop dans son ventre, en la déformant, pour que ses parents lui e veuille comme ça ?  Il n'en saura jamais rien, mais il refusait de voir une autre personne suivre le même chemin que le sien.

« Vous avez raison. Alors dansez... Jouez, et ne rentrez plus. »
, c'était si simple, si naïf, si innocent, mais il fallait le dire, il fallait le faire. Peut-être que c'était logique justement parce que c'était naïf. Kathérina perdit son sourire, celui qu' Howard aimait car il lui insufflait la force nécessaire pour la convaincre.

« J'ai vu des inspecteurs de polices. Ils m'ont dit que j'étais folle. J'ai vu les épouses et connaissances des gens qu'on m'accuse d'avoir tué. Elles m'ont aussi dit que j'étais folle. Le juge a dit que je n'étais pas responsable de ces actes de part ma folie. Ici, les gardes, les médecins, les psychiatres, le personnel... ils disent que je suis folle, que Lyzbeth, Alicia et Bonnie sont dans ma tête. Qu'elles sont des hallucinations. Moi je pense simplement qu'on veut encore me retirer les choses que j'aime, je pense que c'est Andrew qui veut ça. Il contrôle tout le monde, tout le temps pour me contrôler moi.» 

Fallait-il approuver les dires des médecins et risquer de perdre sa confiance et attiser sa déception ? Fallait-il briser son cœur et frapper où ça fait mal comme avec Alicia ? Howard s'était fait violence pour toucher en plein cœur cette pauvre femme, il ne voulait pas recommencer, c'était trop dur... Se taire lui paraissait une excellente option, la lâcheté...

« La seule personne qui est dans ma tête c'est lui. Il a réussit à me parasiter et je n'ai aucun moyen pour lui échapper. Je ne sais même pas si je le veux... Je ne pensais pas en tombant amoureuse de lui que je devrais me battre pour survivre... est-ce la seule façon d'aimer ; se faire consumer et brûler par la passion ?» 

Ses yeux étaient des poignards qui se posaient juste sous sa carotide, si bien qu'il eut du mal à déglutir.

« C'est... C'est  à moi que vous posez cette question ? Le pauvre type dérouté dont la passion écœurante et sale a mené jusqu'ici ? ». Ce qu'il vivait était peut-être encore plus ridicule que la tragique histoire de Kath. Au moins, même si son mari était un homme diabolique et malsain, même s'il l'asservissait complètement et lui faisait peur, ils n'en restent pas moins mariés et fous l'un de l'autre. Ils... Ils avaient juste une curieuse façon de l'exprimer.  Lui, c'était l'homme qui aimait dans le vide, celui qui pédale dans la semoule, qui s'embourbe dans un puits de vase. L'homme qui n'avoue pas, l'homme qui tremble de peur, qui se flagelle pour oser ne serait-ce que PENSER à ses réels désirs. L'homme qui souille les valeurs de l'église, qui couvre ses croyances de honte et qui ne peux rien empêcher, plus à ce stade... Comment allait-il être sauvé, lui ?

Le démon de Kathérina se matérialisa devant lui, sous les traits si parfaits de sa belle, de sa damnée épouse. Il était... Infecte. Malheureux, fade, et perdu, mais infecte. Il parlèrent de présumée mort de sa femme qu'il aurait provoqué à coups de pieds, puis de sa volonté rebutante de la conserver comme un tueur en série qui collectionne des bouts de ses victimes pour jouir de sa réussite. Exposer le corps de Kathérina comme un bibelot qui habille la pièce, autour duquel s'amasse la poussière, c'était... Howard failli vomir. S'il s'était arrêté là, l'anglais aurait pu se raisonner, rendre sur lui, mais il tartina allégrement la tartine des deux côtés :

« (...) Je déteste apprendre qu'elle a passé une bonne journée sans moi, j'aime la voir souffrir quand je m'absente, j'aime que lorsque je rentre elle m'accueille chaleureusement. Et si elle rit avec quelqu'un d'autre, si elle sourit, si elle parle avec quelqu'un d'autre, j'ai cette envie incontrôlable de la frapper, de lui faire payer, lui montrer que je suis son seul maître, qu'elle est à moi. Alors je la séquestre, je la rends dépendante. Ca me conforte sur le moment et puis.. et puis je sens que je la rends malheureuse.... »

Stop. Howard avait atteint son seuil de tolérance à l'horreur. Il fallait qu'Andrew ferme cette bouche, cette bouche qui n'était pas la sienne. Il fallait que son souvenir, son ombre cesse de planer autour de sa femme, et de contrôler jusqu'à son timbre de voix, ses mimiques, et ses propos. Voir la victime parler de son sort sans s'en douter, la victime parler en tant que bourreau était abominable. Il fallait qu' Howard agisse, vite. Envoyer des décharges électriques dans ce cerveau qui l'effrayait comme il le faisait déjà avec Alicia.

« Kathérina. Arrête. Arrête. Andrew n'est pas là, tu entends ? ». Il tutoyait. Ses mains tremblaient, il n'était sûr de rien, c'était risqué de jouer avec la patience et les limites d'Andrew, mais il n'avait rien à perdre, lui.

« Je te préviens, si tu continues de te prendre pour lui, je ne t'écoute plus. Andrew ne m'intéresse pas, tu entends ? C'est un homme mauvais, et je n'aime pas ce qui est mauvais, je ne l'aime pas. ». Il n'était pas sûr de se souvenir d'inspirer et d'expirer comme il fallait, mais cette notion de bien et de mal amena Alicia sur le devant de la scène, et... Face à Howard, elle n'était pas très jouasse, mais bon, qu'elle était belle, BELLE, pour la première fois à ses yeux.


« Arrêtez, arrêtez ! JE NE SAIS PAS ! Je n'en sais rien, vous êtes satisfait je... je ne sais même pas laquelle je suis alors.. arrêtez... pourquoi vous me faites ça .. ? »

Bordel, oui, pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi arrachait-il son cœur alors que tuer un moustique lui faisait de la peine ? Pourquoi jouait-il avec les sentiments et l'équilibre mental des gens ? Est-e que cet endroit avait réellement finit par le rendre fou ? Il faisait ça parce qu'il se sentait puissant pour la première fois de sa vie. Il le faisait car il pouvait se venger contre l'image, contre le symbole de tout ce qui l'avait blessé, détruit. Un punching-ball fragile, c'était injuste, lâche, égoïste, mais ce n'était pas Alicia qu'il voulait blesser. C'était le petit garçon qui s'était laissé humilié, qui avait respiré le petit carré d'air qu'on lui avait autorisé à faire entrer dans ses maigres poumons. Il voulait qu'elle crie, qu'elle déchire, qu'elle frappe, qu'elle dise « non ! ». Il voulait qu'ils se battent pour terrasser leurs démons communs, se battre pour se sentir mieux, pour se sentir fort, pour gagner, pour guérir. Et en cet instant précis, Alicia était forte, Alicia valait quelque chose, elle était terrible, révolté, ravagée, elle était à la hauteur de son adversaire, à la hauteur de la honte et de la rage d' Howard, elle était réellement parfaite... Parfaite, pas comme la société voulait qu'elle soit, mais comme Howard la voyait.

« ce que je réclame à Dieu n'est rien... tout le monde a ce que je convoite... sauf moi... » 

Howard se leva, et la pris par un pan de son uniforme pour la lever aussi. Ce n'était pas de la violence, c'était un élan. La hargne n'assiégeait nullement son visage, il était plus fasciné qu'en colère. Il voulait qu'Alicia soit debout, soit droite et conquérante. Il voulait que Kathérina le soit, et Lyzbeth, et Bonnie bordel ! Par terre, ils l'avaient trop étés. Ils connaissaient le goût du plancher, de la poussière, il était temps de respirer un peu de ciel, de s'y planter la tête dedans.

« Debout. C'est ici que vous devez être, Alicia. Que... Que TU dois être. Tu ne dois pas être la reine du monde, mais tu ne dois surtout pas être cet insecte que l'on écrase du talon. Regarde-moi... C'est ta vie bon sang, tu dois vivre et cesser de seulement exister ! Arrête de te raconter des histoire pour te prouver que tu ressembles à quelqu'un, et SOIS quelqu'un ! Je ne veux plus me soumettre, je ne veux plus serrer les dents et attendre que la douleur passe. Si je dois être puni, si je dois être tué, je veux commettre les fautes, et pas craindre de les commettre ! », Lyzbeth était un bon professeur, indéniablement.

« C'est vrai, qu'avez-vous à perdre dès à présent ? » 
Oh Seigneur, Howard éclata de rire. Mais alors, un rire... Un de ceux qui soignent plus vite qu'un Doliprane 1000, qui apaisent plus férocement encore qu'une piqûre de morphine. Le vrai fou-rire qui éclate dans une conférence et qu'on ne peut réprimer, celui qui est beau et insolent, celui qui est impoli mais qui vit de toutes ses forces. Il avait envie d'enlacer Alicia, mais il savait qu'elle n'était pas prête encore pour ça, il était juste fier de l'entendre prononcer ces mots, une victoire minuscule, elle allai très certainement rebrousser chemin, mais elle l'avait DIT , elle l'avait pensé...



« Tu es grande maintenant, tu es grande quand tu dis ça. Regarde... Bon sang, regarde le ce monde. », il montra d'un geste imprécis la veste étendue de jardin fleuri en face d'eux, malgré les barbelés et les briques qui barraient leur liberté. On aurait dit un camé qui venait de prendre sa dose, il racontait n'importe quoi, se désinhibait totalement sous l'euphorie de ce moment qu'il avait secrètement espéré depuis toujours. Cette petite poupée parfaite incarnant sa détention mentale, qui, à défaut de se révolter complètement, grognait pour manifester son désaccord avec ce qu'ils subissaient tous les deux. Jouissif...

A cet instant c'est Lyzbeth qui déboula près de lui, curieuse d'être debout en face de lui. Lyzbeth mettait de l'huile sur le feu par seul acte de présence, chacun de ses mots renforçaient la folie d' Howard, il avait envie de s'étrangler de rire, il était... Fou.

« Tu n'es pas Taylor Junior ici. Tu es le 2, celui qui n'existe pas sans le 1. Mais avant de devenir le 2, il te faut être 1, retrouver l'autre 1, et tu seras une personne complète, tu seras peut-être heureux un court instant, mais vaut mieux l'être brièvement que de ne jamais l'être, non ? Tu sais, j'ai longtemps détesté l'amour après l'histoire qui a ravagé mon cœur. Je tenais à me révolter contre lui. Pour moi, aimer était simplement synonyme de "subir", ça voulait dire être esclave, appartenir à quelqu'un, et je ne voulais plus aimer. J'ai préféré frapper et provoquer, rire et m'amuser ; c'était le chaos. Alors je me disais "les hommes n'auront pas ma peau" et finalement.. je me suis rendue compte que l'on m'en avait déjà défaite. » 

Howard esquissa un sourire complice face à tant de passion. Son ventre était déchiré par la puissance des mots, par la force des émotions qu'il ressentait à l'égard de cet homme, mais sa bouche riait comme celle d'un enfant.

« Si l'amour est brutal avec toi, sois brutal avec l'amour, perce l'amour qui te perce et tu le posséderas. », il aimait citer Shakespeare, il aimait quand sa vie collait aux drames qu'il exposait dans ses œuvres. « T'entends ? Possède-le, posséder.. », il était ivre de... Il ne savait même pas de quoi, mais son dos heurta le tronc d'arbre derrière lui, c'était l'instant où il se rendait compte qu'il était monté sur des ressorts. Bonnie aimerait ça putain... Et Bonnie apparue comme par enchantement devant ses yeux transis de fascination.


« La perfection est quelque chose d'ennuyeux et de laid, Howard. La laideur c'est.. les gens dénués d'imperfection dans des.. endroits aussi parfaits qu'eux. La perfection c'est être.. figé. Or, le dynamisme est synonyme de vie, c'est l'irrégularité, ouais, l'imperfection, l'imprécision. C'est explorer en touchant sans avoir peur de se faire mal et d'user sa peau, c'est rire fort à s'en décrocher les machoires, s'embrasser à se faire saigner la bouche, à s'arracher la langue. Vivre c'est se tenir la main à s'en décrocher les poignets pour emmener les gens aimés dans des endroits qui te font te sentir bien. Des endroits imprécis, imparfaits et brumeux qui te laissent quelque chose d'agréable dans le cœur. » 

Howard lui attrapa les mains, et la fit tourner maladroitement comme s'il l'avait invité au bal de l'école.

« Bonnie, tu es stupéfiante ! Et si... Si je restais ici et que j'étais heureux ? Et si je goûtais la vie au lieu de ne pas l'aimer par principe ? Tu sais, comme un enfant capricieux qui a décidé qu'il n'aimait pas les épinards ! ».

Bonnie s'était assise en tailleurs, il avait envie de s’asseoir près d'elle, mais est-ce que ses jambes allaient obéir et rester tranquilles ?


« Howard, Howard, tu as un fantasme, un rêve ? Quelque chose que tu rêverais de faire avec quelqu'un ? Aller quelque part où tu es bien, où tu penses que tu es invincible, unique au monde ? » 

« Mon rêve ?! », personne ne lui avait jamais demandé s'il avait même rêvé un jour. Il s'assit à côté de Bonnie, mais pour répondre à sa question, il fallait qu'il bouge, qu'il marche, qu'il sautille, qu'il s'envole.

« Je veux... Aaaargh ! », grommela-t-il en s'enlaçant comme s'il ne pouvait pas le dire. Pas par pudeur ou honte cette fois, mais parce qu'il ne savait pas bien comment le formuler. « Je veux... Pouvoir voyager à travers toutes les merveilles de la Terre sans même avoir à bouger de mon lit. Juste laisser le poids d'un corps me clouer au sommier et du même coup qu'il m'amène... Ne plus craindre chaque mouvement de ses lèvres, mes laisser me mordre, m'empoisonner, me salir...», était-ce bien lui qui disait ça?! « Ce que je veux, vraiment? Je ne veux pas décrocher la lune, je ne veux pas atteindre des sommets, je veux être heureux d'être prisonnier. Tu dois rien comprendre! J'aurais mieux fait de dire: j'veux devenir pilote de chasse!Pourquoi tu me demandes ça, Bon Bon'?», Ok, là on l'avait clairement perdu.

 
- Adrenalean 2016 pour Bazzart




PS : c'est ça qu'il veut ! C'est plus clair ?
Spoiler:
 
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Sam 6 Aoû - 11:53


Pensez à nous, pauvres fous, nous brûlons encore de cet amour..

Alors dansez... Jouez, et ne rentrez plus. » avait déclaré Howard après avoir écouté Kathérina parler de sa triste situation, de son mari qui l'avait dévoré au point de briser sa carrière. Mais c'était bien simple de dire cela si naïvement et justement. Le brun se trouvait en face d'une jeune fille amoureuse du simple fait de pouvoir aimer, une fille qui adorait follement un homme qui l'aimait d'un amour plus fort encore ! Elle était incapable d'imaginer sa vie sans lui, elle ne préférait d'ailleurs pas y penser. Que ferait-elle, le soir venu après les répétitions de violon et de danse ? Elle rentrerait dans une maison vide, caresserait un chien et lui donnerait à manger. Puis, le soir arrivant, elle se mettrait à son balcon et y prendrait place jusqu'au coucher du soleil. Ou alors, elle rentrerait, retrouverait la chaleur étouffante d'un nouvel homme, d'un fiancé qui l'enlacerait et qui prononcerait de jolis mots, ceux que n'importe quelle femme rêve d'entendre après une journée de dure labeur « Comment c'est passé ta journée ma chérie ? ». Kathérina répondrait d'un sourire comme à chaque fois et se déferait de lui, lassée ; jamais elle n'aurait cessé de penser à Andrew, même en nichant dans les bras d'un autre et ça.... ça elle le savait pertinemment. Alors, pour que la situation se démêle, qu'ils puissent à nouveau être heureux ensemble, il fallait aussi qu'Andrew se fasse soigner, et vite. Leur amour toxique et venimeux redeviendrait alors saint et beau et les terrifiants clichés de la galerie du Duc redeviendrait ces belles photographies prises un soir d'été entre deux fous rire et non entre deux viols, ponctués de coups.


« J'aimerais avoir la force de ne plus l'aimer vous savez. Ce serait si simple et comme vous dites, je pourrais encore jouer, encore danser ! Je.. je vivrais où je veux et quand je veux, je serais libre de sourire quand je le souhaite, de rire aux éclats. Mais c'est.. c'est devenu une utopie que de désirer cela. Je l'aime. Et avec toute la volonté du monde, jamais cela ne pourra s'estomper. Il a été le premier que j'ai aimé, il est le seul que j'aime. Vous savez j'ai... j'ai déjà regardé les autres hommes qui me fixaient et écouté ceux qui m'invitaient à danser. Aucun d'entre eux ne lui arrive à la cheville c'est... une mort lente que de l'aimer mais... c'est si agréable quand tout va bien que je pourrais presque endurer la douleur des années encore et ce.. jusqu'à mon décès certainement. » elle s'interrompit quelques instant, réalisant qu'elle était arrivée au point de non retour. Elle baissa les yeux sur ses jambes maigres à en faire peur allongées sur l'herbe, sur ses mains qui semblaient se décomposer, perdre leur peau, leur tissu.. sur ses longs cheveux blonds qu'Andrew n'avait pas coiffé depuis trois semaines et qui torturaient les infirmières qui n'en voyaient jamais le bout lorsqu'elles s'acharnaient à les démêler. Kate était morte, elle était plongée au purgatoire et attendait sa peine. « Rien que d'être ici, loin de lui me fait souffrir. Pourtant je le sens si proche constamment, qui me guette, me surveille, attendant un faux pas !  Et puis... qui sera là pour moi si il n'est plus là ? Qui me regardera danser avec fierté, qui écoutera mes mélodies, attendant avec hâte que je les joue encore et encore le soir venu ? C'est.. c'est Andrew qui fait ça, il est celui qui m'a davantage donné l'envie et j'ai.. j'avais doublé mes efforts pour voir ses yeux scintiller, le voir sourire. Si je pars loin.. si je pars sans lui alors il n'y a plus aucun intérêt à la musique, à la danse. Je joue pour lui, je danse pour lui. Vous comprenez ? »


« Rien ne t'attendra mon amour, tant que nous serrons tous les deux. », les mots d'Andrew raisonnait dans sa tête trop pleine d'informations, trop pleine de douloureux et de bons souvenirs. Andrew fumait toujours ses cigarettes du bout des doigts, dans tout le manoir. Il s'en grillait une lorsqu'il était triste, lorsqu'il était en colère, lorsqu'il buvait du Bourbon, lorsqu'il était dehors. Il avait attiré Kathérina sur le balcon tandis que Let's Dance de Bowie traversait les murs de la grande bâtisse, au volume maximum. Le Duc avait fait danser sa duchesse, il avait désormais pour but d'admirer le coucher du soleil en la gardant contre lui et en lui montrant comment allumer la source qui produisait une fumée légère en continu. Les doigts de sa jeune femme tremblaient trop pour bien tenir le briquet et l'actionner convenablement et Andrew avait du lui tenir les mains pour qu'elle parvienne à faire une étincelle. « Demain je t'emmènerais où tu voudras, quand tu voudras. » Puis il avait fumé sa cigarette du bout des doigts, tenant dans une autre main la taille menue de la jolie blonde qui était émerveillée par la lune qui montait dans le Ciel rose « Alors, vous ne remettrez pas aux sous sols ? ». Qui aurait bien pu se douter que cette passion, cet amour qui paraissait si pur était destructeur et qu'il ravageait le cœur et l'âme des deux amants ? Et surtout.. Pourquoi ? Que c'était-il passé pour qu'Andrew devienne si possessif, si jaloux et Kate si... apeurée et insensible désormais ?
« C'est... C'est  à moi que vous posez cette question ? Le pauvre type dérouté dont la passion écœurante et sale a mené jusqu'ici ? »
Kate pencha sa tête sur le côté, tirée de ses mémoires. Elle se mit à sourire. Ecoeurante et sale, c'était ainsi qu'il décrivait l'amour qu'il avait pour la personne de son cœur. « Je crois que vous avez peur. Vous êtes certainement enivré par l'amour et cela vous répugne car vous ne vous attendiez pas à vivre cela.. de cette façon. Quelque chose vous déplaît, quelque chose vous surprend et ne vous convient pas. Pourtant c'est certainement un détail mais qui a, tout de même une certaine importance. Mais écoeurante ou pas, sale ou non, la passion reste de la passion. Ca fait mal, parfois même beaucoup, mais au fond... il y a toujours un aspect positif. Regardez autour de vous, les gens ici sont tous des passionnés. Alors que ce soit de couteaux, de cadavres, de la solitude ou.. d'amour... c'est de la passion. Et tant qu'on se passionne pour quelque chose ou quelqu'un c'est une bonne chose parce que.. ça prouve qu'il y a de la vie ou, du moins, de l'esprit. Ca prouve que vous êtes humain. » Kathérina savait de quoi elle parlait, elle avait vu son père et sa mère partager leurs passions avec elle, elle les avait vu passionnés l'un pour l'autre, s'aimant davantage chaque jour. Elle vivait celle d'Andrew, elle en était partie intégrante et.. finalement elle était celle du Duc, la seule chose à laquelle il pouvait consacrer des heures à la regarder, la dessiner, la photographier, la frapper et l'abuser. Mais, aujourd'hui, le reflet de Barrow avait trop parlé à travers Kath, il s'était exprimé, il avait détaillé, crié, pleuré et rit. Il avait trop habité la jeune danseuse. C'était devenu insupportable pour Howard d'écouter la si fragile noble parler à sa place, dire de telles horreurs et exposer son triste sort par les dires d'un amoureux fou.


« Kathérina. Arrête. Arrête. Andrew n'est pas là, tu entends ? » réagit Howard qui n'en pouvait plus de la voir agir comme cet homme infame et détestable. Kathérina se mit à rire. Un rire qui n'en provoquait pas d'autres, un rire qui glaçait le sang et qui faisait bien mal à la gorge, qui brisait le cœur. Un rire de folie, un cri de l'intérieur. « Qu..qu'est-ce que tu dis ? ». Son regard était déboussolé, son sourire douloureux affiché sur son visage de martyr. La douleur et la maladie, voilà ce qu'elle était à présent. Ses mains crispées grattaient très fort, trop fort ses tempes déjà abîmées par de précédentes mutilations. Elle replia ses jambes contre son buste décharné dans un craquement désagréable et terrible, elle serra ses genoux contre elle, écroulée de rire. C'était un tout ; la tristesse, le déséquilibre mental, les hallucinations, la souffrance, l'envie de mourir immédiatement. Elle s'arrachait la peau, elle se tirait les cheveux et machouillait désormais ses poignets de frustration, d'envie de ressentir à nouveau la souffrance quotidienne, cherchant à la contrôler comme Andrew le faisait. Il se tenait à nouveau derrière elle, il lui agrippa fermement les épaules. « Il ment. » susurra l'Andrew imaginaire qui la maintenait contre lui comme pour qu'elle ne lui échappe pas. Son corps réagit à ce contact imaginaire, il se replia plus, il se raidit et la jeune femme se mit davantage à pleurer qu'à rire, bien que son sourire perdu soit toujours présent.
« Il a dit tout ça... j'ai entendu.. tout. J'ai vu et... il m'a dit des choses. Il me dit des choses ! Tout le temps. Maintenant je veux qu'il sorte.. SORS DE MA TÊTE ! ». Elle adressa clairement ses derniers mot à au duc qui, comme réponse, resserra vivement son emprise sur elle, la faisant sursauter dans un gémissement de douleur. La duchesse ne savait plus vraiment où regarder à cause de la peur qui l'avait vivement terrassé, mais surtout à cause de lui qui se nichait juste derrière. « C'est comme mon ombre maintenant... il est là constamment, tout le temps, il veut pas s'en aller ! Je mens pas, je dis pas de mensonges, il a vraiment dit, il va vraiment me faire tout ça... il faut que je sorte de là, il faut que je sorte ! »
« Je te préviens, si tu continues de te prendre pour lui, je ne t'écoute plus. Andrew ne m'intéresse pas, tu entends ? C'est un homme mauvais, et je n'aime pas ce qui est mauvais, je ne l'aime pas. » ajouta l'anglais qui semblait terrifié par les mots qui étaient sortis de la bouche de la malade. Elle fit non de la tête de façon vive, totalement apeurée, encore plus que la première fois lors de la première crise d'angoisse de l'après midi. « Faut pas dire ça, il doit pas savoir ! Si tu dis ça il va te faire tuer, comme les autres ! Dis pas ça, aide moi pitié, aide moi ! Tout le monde s'en va et me laisse toute seule, personne ne veut m'aider, personne ne veut me laisser sortir de ce cauchemars, pitié ! » Ses tremblements étaient encore plus incontrolables, si bien qu'elle peinait à rester assise droite, elle s'agrippait alors à ses propres genoux pour se maintenir tandis que les sanglots l''assaillissaient. Brusquement, elle protégea sa tête de ses bras, comme si Barrow se tenait en face, prêt à frapper. Cela devait être frustrant de ne pas voir ce qu'elle voyait, ni d'entendre, mais aussi d'un grand soulagement car le simple fait d'imaginer tout cela était à en vomir. C'était terrible, monstrueux de la voir dans un état tel que celui là.





Puis, soudainement, Howard avait attrapé ce petit bout de femme, il l'avait fait se lever dans l'unique but de la faire plus grande en même temps que lui. Ils ne méritaient pas de ramper au sol, ils méritaient de dominer le Ciel.


« Debout. C'est ici que vous devez être, Alicia. Que... Que TU dois être. Tu ne dois pas être la reine du monde, mais tu ne dois surtout pas être cet insecte que l'on écrase du talon. Regarde-moi... C'est ta vie bon sang, tu dois vivre et cesser de seulement exister ! Arrête de te raconter des histoire pour te prouver que tu ressembles à quelqu'un, et SOIS quelqu'un ! Je ne veux plus me soumettre, je ne veux plus serrer les dents et attendre que la douleur passe. Si je dois être puni, si je dois être tué, je veux commettre les fautes, et pas craindre de les commettre ! » 
Elle n'avait pu s'empêcher de reculer vivement lorsqu'elle l'avait senti la saisir, elle avait eu peur, mais ses mots vifs l'avaient distrait et elle s'était focalisée sur là-dessus. Alicia savait qu'elle avait une vie, mais seulement, elle ne savait pas vraiment laquelle. Elle piochait dans ses souvenirs, dans ses rêves et elle mélangeait tout. A elle de bâtir cette fois, à elle de construire !
« Pensez-vous que je puisse avoir un jour une vie à moi, où j'aurais le pouvoir et... le droit de la contrôler ne serait-ce qu'un peu si.. je me dresse ainsi ? » demanda-t-elle en levant sa tête blonde vers lui, comme s'il était Dieu et qu'il avait toute connaissance de la vie.

Ses gestes brusques l'effrayaient de moins en moins, elle s'adaptait, il n'était peut-être pas un danger après tout, simplement une personne normale avec des impulsions anormales et.. sanguines ?
« Tu es grande maintenant, tu es grande quand tu dis ça. Regarde... Bon sang, regarde le ce monde. » 
Alicia jeta un coup d'oeil au jardin, aux aliénés qui criaient à gorge déployée, aux infirmiers qui avaient un œil sur eux en passant, aux gardiens, aux belles fleurs et respira un grand coup le parfum de l'été. Elle esquissa un petit sourire (enfin un vrai sourire!) en baissant légèrement les yeux lorsqu'elle prit conscience que ce jardin ressemblait à un endroit du sien. Enfin, du manoir familial des Parker, les parents de Kate.

« Et vous, que voyez-vous ? » demanda-t-elle en relevant ses yeux éclatants vers le charmant brun.




La danse imprécise d'Howard fit se réveiller le côté le moins parfait de Kathérina, Lyzbeth. Les mouvements du garçon, cette vie qui transpirait de toute sa peau avait attiré la jeune furie. Il écoutait, ne se lassait pas de ses jolies phrases, de ses analyses aussi pertinentes qu'étranges. Dire qu'il redoutait au début de la rencontrer !
« Si l'amour est brutal avec toi, sois brutal avec l'amour, perce l'amour qui te perce et tu le posséderas. » cita l'anglais. « rendez-lui piqûre pour piqûre et vous le vaincrez. » ajouta-t-elle, le sourire aux lèvres. Et c'est ce qu'elle avait tenté de faire. Elle avait été violente avec Andrew, elle lui avait rendu les coups, elle avait protesté finalement contre l'amour lorsqu'elle se trouvait dans l'incompréhension la plus totale face à ces événements. Elle avait appliqué « Oeil pour œil, dent pour dent ». « Tu crois que c'est la bonne solution ? », puisqu'elle n'en savait rien, autant demander à ce garçon amoureux de l'interdit, ce type qui voulait et... qui ne voulait pas. Qui savait quoi faire pour être heureux, mais qui se refusait au bonheur pour l'honneur.  « T'entends ? Possède-le, posséder.. » Lyzbeth sourit et lui ébouriffa les cheveux. « Possède. Agrippe le, prend le, MANGE LE. Il est sous tes yeux, alors il peut être dans tes bras, entre tes doigts, entre tes dents. DEDANS toi, tu peux l'avoir pour toi tout seul si tu t'en donnes les moyens. Possède le, fais ce que tu veux avec lui parce qu'il est maître de ton esprit. »




« Bonnie, tu es stupéfiante ! Et si... Si je restais ici et que j'étais heureux ? Et si je goûtais la vie au lieu de ne pas l'aimer par principe ? Tu sais, comme un enfant capricieux qui a décidé qu'il n'aimait pas les épinards ! ».
Et Howard semblait renaître. Il attrapa Bonnie par la main pour la faire tourner dans une valse maladroite et amusante ce qui la fit rire, bien évidemment et elle se laissa guider dans l'imprécision du mouvement en se rattrapant aux épaules de l'anglais fou « T'es vivant Howard, t'es si beau quand tu vis. » Les barges des alentours devaient les prendre pour des dingues à s'agiter comme ça, sans s'arrêter, à pleurer, gesticuler, rire, hurler, se lever puis se rasseoir ! Quelle ironie, fallait-il donc être aliéné pour vivre de vraies émotions, rencontrer la sincérité de vraies personnes et.. toucher le bonheur ? Oser avouer qu'on est amoureux, ou au contraire qu'on déteste.. ? « Tu penses qu'on peut être heureux enfermé ici ? Je veux dire la liberté c'est pas... » elle avait regardé autour d'elle et constaté les grillages, les murs très, trop hauts. Puis, elle l'avait regardé, lui qui n'avait jamais pu être aussi.. libre ! Loin de son père tyrannique, loin de sa mère indifférente et passive, il était libre, même enfermé dans une cellule ! Au moins il respirait le grand air à pleins poumons. « Non.. non oublie mes mots. On sera tous heureux ici, c'est pas si mal, c'est pas si grave. Toi tu vas être libre de penser à qui tu veux, quand tu veux et moi... on va me tenir à distance de mes désirs mesquins. Peut-être même qu'on va nous guérir ! » elle se mit à sourire et à serrer dans ses mains celles d'Howard en soutenant son regard. Tout deux, ils se transmettaient de l'espoir, ils en avaient réellement besoin.




 « Je veux... Pouvoir voyager à travers toutes les merveilles de la Terre sans même avoir à bouger de mon lit. Juste laisser le poids d'un corps me clouer au sommier et du même coup qu'il m'amène... Ne plus craindre chaque mouvement de ses lèvres, mes laisser me mordre, m'empoisonner, me salir... Ce que je veux, vraiment? Je ne veux pas décrocher la lune, je ne veux pas atteindre des sommets, je veux être heureux d'être prisonnier. Tu dois rien comprendre! J'aurais mieux fait de dire: j'veux devenir pilote de chasse!Pourquoi tu me demandes ça, Bon Bon'?»
Bonnie se mit à rire en écoutant ces beaux aveux. Enfin il était clair dans ce qu'il voulait malgré la confusion de ses propos, enfin il admettait que c'était ça, que c'était Edgar qui était le seul à pouvoir le rendre heureux. C'était tellement beau à voir, tellement superbe à les imaginer là, épanouis comme jamais, à rire ensemble et à oser s'aimer. Elle aurait voulu les voir ensemble, elle aurait voulu voir les yeux d'Howard scintiller face à ce garçon qui était si beau et terrible dans les propos d'Howard.
« Howard, Howard, Howard, si tu deviens pilote de chasse, tu m'emmèneras dans ton avion, Howard ? J'ai toujours rêvé de voler ! Mais non, non je sais, tu ne veux pas devenir pilote de chasse. Tu veux être amoureux.. non, enfin, tu veux être fier d'être amoureux ! Fier de la personne que tu aimes, avoir confiance. Fier d'aimer ce type, c'est beau, c'est magnifique comme rêve. Tu sais que rien qu'avec lui par la pensée tu peux parcourir la terre et voir toute les merveilles du monde. Rien qu'à travers ses yeux. » son regard brillant le transperçait, elle le regardait comme une gamine qui regarde folle d'admiration une personne plus grande, comme une fillette devant le père noël. « Moi aussi je veux être fière d'être amoureuse, je veux avoir la force d'aimer une seule personne à la fois, avoir la force de ne pas... resserrer mes mains autour de son cou, savourer ses caresses sans désirer sa mort. Je veux continuer d'être libre, mais être libre avec quelqu'un à mes côtés. Quelqu'un de permanent. » Elle marqua un pause, comme si elle venait de constater quelque chose. « Je veux sortir d'ici, je ne veux plus jamais rentrer au manoir. Je veux avoir une nouvelle vie, une nouvelle peau. »




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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 10 Aoû - 18:06



Like a virgin


«Étreins-moi, brusquement, violemment, je veux que tu me brises les côtes, une à une, et surtout, prends ton temps. Je veux pouvoir savourer pleinement cette douleur exaltante. Je veux que chacun de mes os se rompent dans tes bras. Membres désarticulés, muscles et tendons sectionnés, jolie poupée ensanglantée, dégradée, avariée.»

« J'aimerais avoir la force de ne plus l'aimer vous savez. Ce serait si simple et comme vous dites, je pourrais encore jouer, encore danser ! Je.. je vivrais où je veux et quand je veux, je serais libre de sourire quand je le souhaite, de rire aux éclats. Mais c'est.. c'est devenu une utopie que de désirer cela. Je l'aime. Et avec toute la volonté du monde, jamais cela ne pourra s'estomper. Il a été le premier que j'ai aimé, il est le seul que j'aime. Vous savez j'ai... j'ai déjà regardé les autres hommes qui me fixaient et écouté ceux qui m'invitaient à danser. Aucun d'entre eux ne lui arrive à la cheville c'est... une mort lente que de l'aimer mais... c'est si agréable quand tout va bien que je pourrais presque endurer la douleur des années encore et ce.. jusqu'à mon décès certainement. »

Le courage, l'impulsion, la hargne, tout ce qu'avait ressenti Howard en essayant de persuader Kathérina s'envolait petit à petit. Non, il ne voulait pas se laisser avaler par une nouvelle vague de doutes et de terreur. Il savait être fort, ça ne voulait pas dire qu'il l'était c'est vrai, mais il SAVAIT l'être. Il pouvait le feindre, et presque le croire. La passion que ressentait la jeune femme lui ôtait l'envie d'éprouver la moindre once de sentiment amoureux. Le monde était vaste et semblait beau en apparence. L'abolition de l'esclavage aurait du éradiquer toute forme d'asservissement ici bas, et pourtant elle se donnait à ce démon sans broncher, en pleine conscience, et même si les mots du brun résonnaient en elle par moment, même si elle avait conscience qu'elle devRAIT changer, elle faisait demi tour pour revenir pleurer sur les chaussures d' Andrew Barrow.

 « Rien que d'être ici, loin de lui me fait souffrir. Pourtant je le sens si proche constamment, qui me guette, me surveille, attendant un faux pas !  Et puis... qui sera là pour moi si il n'est plus là ? Qui me regardera danser avec fierté, qui écoutera mes mélodies, attendant avec hâte que je les joue encore et encore le soir venu ? C'est.. c'est Andrew qui fait ça, il est celui qui m'a davantage donné l'envie et j'ai.. j'avais doublé mes efforts pour voir ses yeux scintiller, le voir sourire. Si je pars loin.. si je pars sans lui alors il n'y a plus aucun intérêt à la musique, à la danse. Je joue pour lui, je danse pour lui. Vous comprenez ? »

« Si je comprends bien... Vous assimilez votre époux à Dieu. Un être suprême que personne ne peut égaler, qui vous regarde d'en haut, qui vous juge, qui vous corrige, qui sait mieux que vous ce qui est bon ou mauvais pour vous. Je ne crois pas que je sois en train de vous juger, je suis simplement en train d'essayer de comprendre. Éclairez moi bon sang, c'est ça que vous voulez finalement ? Vous laisser voler chaque respiration par un monstre, par un marionnettiste ? Vous voulez tout lui pardonner sous prétexte que vous l'aimez ? Vous pensez que l'amour auquel vous êtes si loyale peut justifier de tels actes ? Je comprends que vous ayez peur, parce que moi aussi j'ai peur. Je ne suis pas un justicier, je suis... Pour être honnête, je ne suis que l'unique fils d'un amour factice, je ne sers qu'à bien faire le travail qu'on m'a collé entre les mains depuis que je suis en état de marcher et de réfléchir seul. J'ai peur de cette personne qui m'oppresse, et que j'admire, je ne sais pas comment m'échapper, et je ne sais même pas si j'en ai envie, ais ce que je sais en revanche, c'est que je ne veux pas mourir ! Est-ce que vous voulez le laisser gagner ? ». Howard se frotta les tempes, s'humecta les lèvres et marqua une petite pause, semblant chercher ses mots.

« Ce n'est pas une simple partie de cartes qu'il va gagner, ce n'est pas un pari hippique, c'est votre VIE qui est sur la sellette, c'est votre vie qu'il mise comme au poker. Il a déjà failli vous perdre plusieurs fois avec ses mauvaises mains successives à chaque partie, mais quand il va perdre pour de bon, vous ne vous réveillerez pas, et vous ne serez plus là pour applaudir les torts qu'il vous fait subir. Je sais que vous n'existez que dans son regard, je ne suis pas stupide ! Bon sang je... Je sais ce que c'est ce sentiment de ne plu avoir de libre arbitre, okay ? ». Allez Howard, rattrape le ce petit morceau de courage, et cette volonté de convaincre. Elle s'envole par dessus les grilles de l'hôpital, vite saute lui dessus. Plaque là au sol, écrase la de ton poids, ne la laisse pas s'envoler à nouveau.

« Si vous voulez mourir, je veux dire... Réellement mourir, je ne pourrai pas vous en empêcher. Je ne suis pas qualifier pour ôter ce genres d'idées, mais pour embellir la mort, une fois l'acte accompli. Alors si tel est votre dessein, je peux vous dire quelles issues sont les moins douloureuses, celles qui abîmeront moins votre corps, les traits de votre visage. Si c'est ça que vous voulez bon sang, dîtes le moi, vous n'avez pas besoin d'attendre si longtemps que quelqu'un le fasse pour vous. Soyez au moins quelqu'un à part entière une fois dans votre vie, juste pour vous donner la libération de la mort. ».

C'était hard. Il avait sans doute été trop loin, mais allait-il sincèrement continuer à jouer les victimes, les personnes compatissantes qui hochaient un peu trop facilement la tête en regardant des vies se décomposer ? Est-ce qu'il avait décemment le droit de permettre ou plutôt de cautionner un tel spectacle qui s'offrait à lui ? Il n'avait pas été chercher les problèmes, il n'était pas allé fourrer son nez dans les affaires des autres, il avait laissé Kathérina, laissé Bonnie venir à lui, il avait écouté, et maintenant il était impliqué jusqu'au cou. Kathérina était pire que Bonnie, plus imprévisible encore. Elle pouvait apparaître comme le pire des martyrs, et la seconde d'après se montrer forte et compréhensive.

« Je crois que vous avez peur. Vous êtes certainement enivré par l'amour et cela vous répugne car vous ne vous attendiez pas à vivre cela.. de cette façon. Quelque chose vous déplaît, quelque chose vous surprend et ne vous convient pas. Pourtant c'est certainement un détail mais qui a, tout de même une certaine importance. Mais écoeurante ou pas, sale ou non, la passion reste de la passion. Ca fait mal, parfois même beaucoup, mais au fond... il y a toujours un aspect positif. Regardez autour de vous, les gens ici sont tous des passionnés. Alors que ce soit de couteaux, de cadavres, de la solitude ou.. d'amour... c'est de la passion. Et tant qu'on se passionne pour quelque chose ou quelqu'un c'est une bonne chose parce que.. ça prouve qu'il y a de la vie ou, du moins, de l'esprit. Ca prouve que vous êtes humain. »

Il mima un « non » de la tête. Kathérina parlait comme Bonnie, mais elle n'arrivait pas à l'influencer comme savait le faire la nymphomane. Le discours de celle qui séduisait les hommes pour ensuite les tuer avait su le toucher, et il ne savait pas pourquoi. Sans doute son côté... « volatile », candide, cette façon de s'envoler qu'il lui enviait. Il se laissait aveugler comme un petit papillon nuit sur une lampe à huile, mais il ne pouvait se laisser convaincre par une femme battue, aussi faible que lui, qui refusait de survivre, qui... Qui voulait continuer normalement mais qui ne faisait jamais qu'en parler comme d'un rêve inaccessible.

« Non. Non... Ce que vous dites est beau Kathérina, mais c'est de la folie. La passion est quelque chose qui doit faire grandir votre âme, ou qui doit simplement vous rendre heureux. Une passion ça agit comme un moteur dans une vie, c'est une récompense après le labeur par exemple. La passion ça peut être dangereux. Si vous êtes un fan de voitures de courses, quand vous obtenez enfin la vôtre, rien ne vous empêche de vous tuer brutalement. Si vous souffrez de passion amoureuse, et j'utilise le verbe souffrir à bon escient je crois, cela peut avoir des conséquences sur votre santé mentale, cela peut même vous conduire à vous faire consciemment du mal jusqu'à commettre l'irréparable si vous êtes vraiment blessé et vidé. Mais la passion dont vous parler, celle que partage certains de patients d'ici, c'est un crime. On ne peut pas tuer une personne de sang froid et faire passer son acte pour de la passion, mais c'est exactement ce qu'est en train de faire Andrew. Il existe un proverbe qui dit « La liberté s'arrête où commence celle d'autrui », ne laissez pas votre liberté finir dans l'estomac de ce manipulateur qui vous aime peut-être, que vous aimez peut-être également, mais vous êtes trop... Importante, trop talentueuse, trop prometteuse pour vous laisser crever. Je ne veux plus entendre parler de cet homme. Il est dehors, vous êtes ici. Vous devez vous reconstruire, inventer une autre vie, je crois que c'est dans vos cordes.... », l'insinuation était calculée. Andrew devait disparaître, peut-être qu'une part de lui ne voulait se laisser manger par cette passion vorace et insatiable qu'il ressentait pour Edgar, et sans doute qu'il avait peur de devenir une Kathérina, il fallait la protéger de ses propres sentiments. Ce n'était peut-être pas à lui de la délivrer, mais pour se sentir complet, il devait au moins essayer, jusqu'au bout. Tout essayer, quitte à tout détruire, tout foutre en l'air, ses convictions et ses idéaux. C'est alors que cette idée surgit dans sa tête, c'était pas vraiment réfléchit, l'impulsion lui fit directement parler à Kathérina alors qu'Andrew possédait son corps. Lui faire entendre raison, tourner le dos au spectacle du duc, ne plus être son public pour qu'il se retrouve seul et n'existe plus.

« Qu..qu'est-ce que tu dis ? »
. Kathérina semblait si déboussolée qu'elle se mit à rire, un rire qu' Howard ne pouvait imaginer provenir d'un corps si maigre. Elle donnait l'impression que sa peau allait complètement se décoller, qu'il allait bientôt devoir converser avec un petit tas d'os. Ses ongles déchiraient, grattaient, s'auto-mutilaient. C'était moche, vraiment, mais il en fallait plus pour impressionner Howard, il voyait des corps bien plus amochés que ça, et il resta concentré sur son but premier.

« Il a dit tout ça... j'ai entendu.. tout. J'ai vu et... il m'a dit des choses. Il me dit des choses ! Tout le temps. Maintenant je veux qu'il sorte.. SORS DE MA TÊTE ! ».

Howard eut un léger mouvement de recul quand la jeune femme expulsa ce cri hors de son corps, la souffrance était palpable, oh plus que ça en fait, elle semblait lier les pieds et les poings d' Howard, il se sentait ankylosé par elle, pris au piège. Non. Il ne voulait pas se laisser sombrer, ça suffit maintenant !

« C'est comme mon ombre maintenant... il est là constamment, tout le temps, il veut pas s'en aller ! Je mens pas, je dis pas de mensonges, il a vraiment dit, il va vraiment me faire tout ça... il faut que je sorte de là, il faut que je sorte ! »

Howard se retint d'esquisser un sourire face à la douleur de Kathérina, mais il aimait ce qu'il entendait, il aimait cette volonté de s'échappait qui renaissait chaque fois dans sa bouche, même si elle ne faisait pas long feu. Chaque fois c'était un nouvel espoir.


« Sortez. Sortez bon sang. Arrêtez de penser que je vous juge, ou croire que vous avez besoin de me demander la permission. Vous essayez constamment de vous convaincre que vous avez tort, mais NON, vous avez raison : il est mauvais pour vous. Une partie de vous le souffle tous les jours, et vous faites taire cette voix, ce que vous imaginez d' Andrew vient vous menacer et vous rebrousser chemin. Ne soyez pas conditionnée, rebellez-vous parce qu'ici vous ne craignez rien. Il ne vous tuera pas puisqu'il n'est pas là Kathérina ! Il est dehors, vous n'avez aucune idée de ce qu'il fait, d'où il est, s'il est même encore vivant ou libre. », tranche Howard, arrache le pansement, blesse. Sauve...

« Si vous devez passer par cette souffrance, par ce vide atroce que son absence vous infligera, peu importe ! Vous connaissez la souffrance, vous savez ce que c'est et croyez-moi, vous aurez connu bien pire ! Vous ne voulez pas que je parte ? Alors faîtes moi confiance ou laisser vous couler. On ère pas au purgatoire toute la vie, à un moment vous allez basculer d'un côté ou de l'autre, et je vous conseille de bien choisir... »
.

Kathérina était défigurée par la peur, elle protégea son visage comme si on pouvait la rouer de coups de pieds, elle tremblait de tout son corps, et elle se laissait totalement avaler par ses sanglots interminables. Howard voyait soudain Alicia... Ah non, elle devait suivre l'exemple, elle n'était pas idiote finalement cette fille là, elle avait été éduquée d'une certaine façon, une façon qu'il comprenait, mais après lui avoir exposé son point de vue, Howard avait réussi à lui faire entendre raison, enfin... A l'intriguer en tout cas. Cette souffrance là il ne voulait plus la voir, il avait envie de tournoyer, de sautiller avec Bonnie, et de souffler. Il voulait ré apprendre à sourire bordel ! Il souleva Alicia, il la fit tenir sur ses petits pieds tremblants, il voulait qu'elle regarde autour d'elle, qu'elle voit le monde différemment, même si l'impulsion qu'il avait eu vers elle lui avait clairement fait peur.

« Pensez-vous que je puisse avoir un jour une vie à moi, où j'aurais le pouvoir et... le droit de la contrôler ne serait-ce qu'un peu si.. je me dresse ainsi ? »
 

Howard soupira.

« Non... Je ne pense pas que tu puisses tout à coup prendre le pouvoir, ce n'est pas magique la vie. Elle est cruelle et sacrément obstinée à mettre des bâtons dans les roues, ais je crois que tu peux vivre plus sereinement. Je crois qu'à défaut d'être maître, tu peux être actrice de cette vie et pas simplement spectatrice et esclave. Et ça... C'est déjà un espoir formidable vers lequel tu peux largement tendre. Tu as ça en toi. Si je le peux, tu le peux aussi... »

Il avait arrêté de vouvoyer Alicia, et il se fichait qu'elle continuait à le faire. Il voulait que ses mots soient concrets, il voulait la toucher, et le « vous » était à des kilomètres de ce qu'il essayait de lui faire comprendre. Le monde était si vaste, elle n'avait qu'à tendre sa petite main pour en saisir un morceau qu'elle garderait, un morceau rien qu'à elle, pour une fois.

« Et vous, que voyez-vous ? »
, demanda-t-elle en plantant son regard dans celui d' Howard après avoir esquissé un vrai sourire, la plus belle chose dont elle était capable à l'heure actuelle, la preuve que le bonheur n'était pas complètement éteint à l'intérieur d'elle.

Howard regarda autour de lui comme elle, et afficha une petite moue enfantine sur ses lèvres fines.

« Ce que je vois ? Des murs épais impossibles à franchir, mais des fleurs enivrantes et des arbres flamboyants pour leur faire concurrence. Je vois aussi des types qui hurlent à la mort et... Je me dis que finalement, j'ai encore toute ma tête, mais si je suis aussi perturbé. Je me dis que y'a pire que moi. Je vois aussi que cet endroit me brime autant qu'il me protège, et me fais doucement prendre conscience que... Je peux être quelqu'un, et ne pas simplement être... « Fils de.. », tu comprends ? ».

Oui c'est ça, en fin de compte, Howard se sentait de plus en plus libre ici, alors qu'il était enfermé pour une période encore indéterminée. Ici il se sentait en sécurité, et cette sensation sans doute erronée lui procurait une joie singulière. Howard n'avait jamais de sa vie été chouchouté, ne s'était jamais réveillé sans ressentir cette boule dans son estomac noué, cette peur dans ses tripes, et aujourd'hui, même si tout n'était pas tout rose, même si portait un uniforme, et qu'il mangeait sur un plateau repas à la cantine, il était un petit bout de quelqu'un.

Et puis... C'était comme s'il s'était fait des amis, des amiEs plutôt. Il en avait deux au total, deux femmes qui en fait n'en étaient qu'une seule. C'était les inconvénients de tisser des liens au sein d' Ostrov Island, mais cela lui convenait, il composait avec ces deux personnalités, et il aimait ça. Quand Lyzbeth revint lui bousculer les neurones, son état d'euphorie empira considérablement. Cette femme le délivrait du sort de Kathérina et il avait l'impression de sauter sur un espèce de trampoline géant juste quand elle faisait acte de présence. Il se mit à danser et à citer Shakespeare, oui, les deux en même temps, et elle savait suivre le degré de sa folie.

« Rendez-lui piqûre pour piqûre et vous le vaincrez.  Tu crois que c'est la bonne solution ? »,demanda-t-elle pendant que l'anglais lui sommait de posséder cet amour qui l'aliénait et auquel elle n'arrivait pas à se défaire. Elle ébouriffa ses cheveux sombres et Howard ferma aussitôt les yeux en plissant la peau de son nez, comme un enfant qui attend que l'embrassade de tante Ashley soit terminée !


« Possède. Agrippe le, prend le, MANGE LE. Il est sous tes yeux, alors il peut être dans tes bras, entre tes doigts, entre tes dents. DEDANS toi, tu peux l'avoir pour toi tout seul si tu t'en donnes les moyens. Possède le, fais ce que tu veux avec lui parce qu'il est maître de ton esprit. »

Les yeux d' Howard brillaient tellement qu'il avait l'impression de pleurer alors qu'il sentait un réel sourire enflammer un peu la candeur de ses joues. Ce que disait Lyzbeth était atroce, ça lui donnait comme de l'eczéma sur la peau qu'il avait besoin de gratter jusqu'au sang, des cloques putrides qui le faisaient souffrir, parce que c'était sale. Oh mais nom de Dieu, il le voulait tout ça, et c'était ça qui lui mettait de la poudre aux yeux : que quelqu'un puisse se dresser en face de lui, et agisse comme un miroir avec ses désirs les plus noirs, les plus sombres. Elle se pointe comme ça sans crier gare, elle écrase toutes les conventions sous des petites chaussures d’hôpital qu' Howard voyait comme des Doc Martens avec des talons en fer. Elle dit clairement combien l'anglais voulait un homme, cet homme particulièrement malgré les interdictions, malgré le nom qu'il devait porter jusqu'à sa mort, malgré le jugement impitoyable de Dieu. Elle citait toutes les parties de son corps où Edgar pouvait se fondre, s'infiltrer, c'était comme de prendre de plein fouet une tornade de sentiments. Ses jambes semblèrent se rompre le temps d'un instant, il du s'agripper au cou de Lyzbeth pour ne pas tomber. Il finit par l'enlacer complètement, c'était quelque chose qu'il ne savait pas bien faire. Il se cramponnait simplement à elle comme si sa propre vie en dépendait, comme s'il attendait que le séisme, blottis sous une table, tremblants. Il serra fort même s'il savait que Lyzbeth abhorrait les hommes et que c'était dangereux. Elle était totalement incontrôlable, il le savait, mais il était bouleversé, il se fichait des conséquences, il avait besoin de serrer fort, de sauter sur son dos, de la secouer, d'embrasser. Merde ouais... Pas nécessairement Lyzbeth, ni même Edgar (Oh Seigneur, Edgar...), mais goûter à nouveau des lèvres, laisser l'impulsion qu'il ressentait s'exprimer à l'intérieur d'une bouche à travers les mouvements de sa langue... Mais non. Il se recula, essuya ses yeux d'un revers de manche et hocha la tête.

« Tu es l'un des démons les plus rusés que j'ai jamais rencontré et pourtant j'en connais un paquet... ».

Bonnie, Bonnie la merveilleuse, Bonnie sa petite bouffée d'air pur remplaça Lyzbeth. Elle agissait comme Lyz mais était plus fraîche, plus pimpante, moins pessimiste. La vie suintait d'elle, et Howard la buvait comme un milk-shake. Elle lui attrapa la main et laissa échapper un rire juvénile, candide qui se transmit aussitôt.


« T'es vivant Howard, t'es si beau quand tu vis. »

Les regards en biais qui se posaient sur eux, Howard n'en avait que faire. Il se pointa du doigt et haussa les sourcils d'un air surpris.

« Moi ? ». Il leva les yeux au ciel sans retenir un petit sourire conquis. « T'es bête ! C'est toi qui est belle ! ». Howard n'avait jamais été attiré par le sexe opposé, c'était d'ailleurs ce qui lui composait la majorité de ses tourments, mais ce n'était pas simplement les cheveux de Bonnie qu'il trouvait bau, ni même sa bouche pulpeuse, ses grandes mains, ou une quelconque partie de son anatomie. Elle était belle, divinement belle, et il ne savait pas dire ce qui l'attirait tant en elle. Il aimait sa folie, sa légèreté, son besoin irrépressible d'aimer à 200 %, son besoin de croquer la vie comme un fruit, ça c'était beau, et Howard aurait voulu égoïstement garder ce petit concentré d'énergie dans une boîte qu'il garderait sur lui, et qu'il pourrait ouvrir chaque fois qu'il se sentirait seul. Il avait besoin d'une fille comme Bonnie, même si personne n'était comme elle, et... Ce qui était tragique, c'est qu'il était conscient que ces deux femmes qu'il avait toujours voulu avoir en amies, n'existaient que dans l'imaginaire de Kathérina, cette femme victime qu'il voulait délivrer... Et s'il perdait Bonnie... ? S'il perdait Lyzbeth, à cause de lui ?

 « Tu penses qu'on peut être heureux enfermé ici ? Je veux dire la liberté c'est pas... Non.. non oublie mes mots. On sera tous heureux ici, c'est pas si mal, c'est pas si grave. Toi tu vas être libre de penser à qui tu veux, quand tu veux et moi... on va me tenir à distance de mes désirs mesquins. Peut-être même qu'on va nous guérir ! »

« Je ne me sens pas sale ni mesquin quand je suis avec toi. Avec toi... Je suis presque heureux d'être moi, répugnant et imparfait. Je ne te remercierai jamais assez de m'ouvrir la porte à une forme d'expression dont je ne me serais jamais cru capable, juste parler de moi, m'extraire de cette réalité qui s'acharne à vouloir me faire culpabiliser. Avec toi, tout est plus simple... Je ne sais pas bien comment te rendre la pareille. Merci. Merci ! », répéta-t-il, le sourire jusqu'aux oreilles. Il garda sa main et se mit à courir à travers le parc, Bonnie sautillant derrière lui. Il courraient si vite maintenant, slalomant entre les patients, qu'il chutèrent lamentablement dans l'herbe fraîche, hilares. Le souffle court, Howard répondit à sa question, qu'est-ce que qu'il voulait, sur quoi fantasmait-il ? C'était simple, tellement simple qu'on pouvait se demander en quoi était-ce quelque chose de si inaccessible pour être classé dans une telle catégorie. Ces aveux firent rire Bonnie, et il rit avec elle.


« Howard, Howard, Howard, si tu deviens pilote de chasse, tu m'emmèneras dans ton avion, Howard ? J'ai toujours rêvé de voler ! Mais non, non je sais, tu ne veux pas devenir pilote de chasse. Tu veux être amoureux.. non, enfin, tu veux être fier d'être amoureux ! Fier de la personne que tu aimes, avoir confiance. Fier d'aimer ce type, c'est beau, c'est magnifique comme rêve. Tu sais que rien qu'avec lui par la pensée tu peux parcourir la terre et voir toute les merveilles du monde. Rien qu'à travers ses yeux. »

Son sourire était tellement béat qu'il faisait presque peine à voir, comme celui d'un enfant à qui on allait devoir avouer que la petite souris n'existait pas.

« Moi aussi je veux être fière d'être amoureuse, je veux avoir la force d'aimer une seule personne à la fois, avoir la force de ne pas... resserrer mes mains autour de son cou, savourer ses caresses sans désirer sa mort. Je veux continuer d'être libre, mais être libre avec quelqu'un à mes côtés. Quelqu'un de permanent. » 

Howard allait répondre, il ouvrit la bouche, inspira, mais avant qu'un son ne s'échappe de sa gorge, Bonnie reprit :

« Je veux sortir d'icije ne veux plus jamais rentrer au manoir. Je veux avoir une nouvelle vieune nouvelle peau. »

Il fronça les sourcils. Ce que disait Bonnie était assez antinomique. Voulait-elle rester ici ou s'enfuir ? Et puis... Bonnie n'était pas censée habiter dans... « Le manoir », si ? Oh Seigneur... Et s'il persuadait Kathérina à travers Bonnie ?

« Ne rentre pas. S'il te plaît... Tu peux être la personne que tu veux, ne crains plus rien de l'extérieur, tu es forte ! ».
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
CRÉDITS : BIBI
A DÉBARQUÉ LE : 06/04/2016
FORCE : 1394
In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
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EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 11 Aoû - 20:58



Howard & Kathérina





Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre. Et tellement de choses encore, tu es infiniment nombreux : celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles. Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile, n’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie, parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être 


« Si je comprends bien... Vous assimilez votre époux à Dieu. Un être suprême que personne ne peut égaler, qui vous regarde d'en haut, qui vous juge, qui vous corrige, qui sait mieux que vous ce qui est bon ou mauvais pour vous. Je ne crois pas que je sois en train de vous juger, je suis simplement en train d'essayer de comprendre. Éclairez moi bon sang, c'est ça que vous voulez finalement ? Vous laisser voler chaque respiration par un monstre, par un marionnettiste ? Vous voulez tout lui pardonner sous prétexte que vous l'aimez ? Vous pensez que l'amour auquel vous êtes si loyale peut justifier de tels actes ? Je comprends que vous ayez peur, parce que moi aussi j'ai peur. Je ne suis pas un justicier, je suis... Pour être honnête, je ne suis que l'unique fils d'un amour factice, je ne sers qu'à bien faire le travail qu'on m'a collé entre les mains depuis que je suis en état de marcher et de réfléchir seul. J'ai peur de cette personne qui m'oppresse, et que j'admire, je ne sais pas comment m'échapper, et je ne sais même pas si j'en ai envie, ais ce que je sais en revanche, c'est que je ne veux pas mourir ! Est-ce que vous voulez le laisser gagner ? »


Quand Howard Taylor commençait à parler, rien ne pouvait plus l'arrêter. Il écoutait, était attentif à chacun des mots de la jeune femme, il analysait chacune de ses paroles jusqu'au moindre soupir qui pouvait illustrer la lassitude de Kath, qui constatait tristement qu'Howard avait éperdument raison. Lors de son long et mémorable discours, elle avait réfléchit tout comme lui au sens de ses phrases, au pourquoi du comment. Pourquoi aimait-elle Andrew ? Pour ce qu'il n'était hélas plus aujourd'hui. Enfin, il restait tout de même un peu de cet homme si tendre et aimant, mais il s'était fait dévoré par le monstre jaloux et possessif qu'il incarnait dès à présent. A quoi bon continuer sur une telle voie, considérer son homme comme un Dieu alors que finalement il s'était lui même tourné vers le Diable, pactisant avec pour posséder la fragile créature qu'elle était devenue. « Un marionnettiste... » répéta la danseuse, les yeux levés vers Howard. « Pensez-vous qu'il s'agisse de cela que.. » Elle ne parvenait plus à rien formuler tant la réalité était frappante, déconcertante et... oui, cela la choquait. Pour la première fois, sa situation lui semblait anormale, cette relation.. non, ce mariage n'était pas normal. L'amour était là, il était l'essence qui avait fait se propager le feu mais la violence n'avait rien à faire au sein de le foyer, dans leur couple. Andrew jouait avec la vie de Kathérina sans même s'en rendre compte. Bien que conscient de la force de ses coups, il n'arrêtait que lorsqu'IL n'en pouvait plus, lorsque cela devait trop insupportable pour lui de lui faire tout ce mal. Jamais il ne s'arrêtait lorsqu'elle le suppliait de cesser, lorsqu'elle hurlait de douleur comme une chienne qu'on tabasse, lorsqu'elle pleurait comme si on lui arrachait son âme. Il s'arrêtait quand il se sentait mal de la faire souffrir, lorsque son regard vidé d'émotion car fatigué, se posait sur lui et qu'il ne ressentait plus une once d'amour dans le regard de sa douce. Oui, parfois Kathérina se mettait à le détester, mais elle ne pouvait pas exprimer ça, elle avait peur. Alors Lyzbeth arrivait à ce moment là, elle bousculait tout et elle frappait, à son tour elle voulait faire mal, elle voulait se venger.
« Ce n'est pas une simple partie de cartes qu'il va gagner, ce n'est pas un pari hippique, c'est votre VIE qui est sur la sellette, c'est votre vie qu'il mise comme au poker. Il a déjà failli vous perdre plusieurs fois avec ses mauvaises mains successives à chaque partie, mais quand il va perdre pour de bon, vous ne vous réveillerez pas, et vous ne serez plus là pour applaudir les torts qu'il vous fait subir. Je sais que vous n'existez que dans son regard, je ne suis pas stupide ! Bon sang je... Je sais ce que c'est ce sentiment de ne plu avoir de libre arbitre, okay ? »
Elle était en danger, et Bonnie était l'instinct animal qui l'avait poussé à fuir à toute jambe, à trouver de la nourriture fraiche et qui avait arraché la page du livre, non, brûlé le fichu bouquin qui avait scellé la vie de Kate à celle d'Andrew. Elle, elle n'était pas amoureuse de lui, elle était la seule à dire « On s'en fiche de tout ça, on a pas besoin de lui. On va trouver une personne qui fera notre bonheur et si on trouve pas, c'est qu'on est pas faites pour ça, tout simplement ».
« J'ai failli mourir cinq fois et... C'est sûr que si nous nous retrouvons ça arrivera... encore et encore. Mais c'est même plus ça qui me fait peur vous comprenez... je n'ai que faire de la mort, de son calme apaisant qui me conduira là où je dois aller. Je ne sais même plus si j'ai encore peur d'avoir mal et de prendre des coups, j'en ai tellement reçu que j'en suis devenue totalement insensible. Je.. je pense toujours à lui avant de penser à moi, je crois que c'est ça mon soucis j'ai... j'ai un besoin de me demander constamment « que va-t-il faire si je ne suis plus là » ? Alors que je sais que si je lui laisse un seul indice il me retrouvera comme il sait si bien le faire, qu'il fera encore et encore des promesses qui tiendront le temps d'un agréable mois ou deux. Je me demande toujours comment ça pourrait marcher sans qu'on s'abîme tous les deux, il n'y a qu'une solution mais il ne s'y contraindra jamais... Il ne voudra jamais accepter de se faire soigner et moi... je vais passer ma vie ici Howard.. sauf si il vient m'en tirer. Et si il vient, comment je vais faire ? Je... je pourrais pas fuir. »


Mais Howard avait la solution, encore. Et c'était bien vrai, il avait pertinemment conscience de ce qu'il faillait faire, il savait qu'un sevrage était nécessaire, mais il devait sans doute savoir aussi que cela n'était pas si simple, qu'une obsession ne cesse pas d'un coup, d'un seul et en claquement de doigt.
« Si vous voulez mourir, je veux dire... Réellement mourir, je ne pourrai pas vous en empêcher. Je ne suis pas qualifier pour ôter ce genres d'idées, mais pour embellir la mort, une fois l'acte accompli. Alors si tel est votre dessein, je peux vous dire quelles issues sont les moins douloureuses, celles qui abîmeront moins votre corps, les traits de votre visage. Si c'est ça que vous voulez bon sang, dîtes le moi, vous n'avez pas besoin d'attendre si longtemps que quelqu'un le fasse pour vous. Soyez au moins quelqu'un à part entière une fois dans votre vie, juste pour vous donner la libération de la mort. ».
Kate hoqueta de stupeur face à la force de ses paroles. Il lui proposait une alternative simple, rapide et efficace qui pourrait soigner ses maux pour de bon ; le suicide.
« Je ne veux pas mourir. Ni de ses mains et... encore moins des miennes. J'ai... j'avais encore tellement de choses à voir vous savez, un avenir prometteur, des endroits où retourner. Et même si c'est sans espoir je veux rattraper le coup je.. je souhaite rassembler les morceaux éparpillés de ma vie. » Elle possédait désormais quelque chose qu'elle avait perdu au fil des ans : la volonté de s'en sortir, l'espoir de pouvoir se défaire d'Andrew Barrow, de se tirer de cette passion malsaine, celle que dénonçait sans regret Howard, celle qu'il trouvait inacceptable.


« Non. Non... Ce que vous dites est beau Kathérina, mais c'est de la folie. La passion est quelque chose qui doit faire grandir votre âme, ou qui doit simplement vous rendre heureux. Une passion ça agit comme un moteur dans une vie, c'est une récompense après le labeur par exemple. La passion ça peut être dangereux. Si vous êtes un fan de voitures de courses, quand vous obtenez enfin la vôtre, rien ne vous empêche de vous tuer brutalement. Si vous souffrez de passion amoureuse, et j'utilise le verbe souffrir à bon escient je crois, cela peut avoir des conséquences sur votre santé mentale, cela peut même vous conduire à vous faire consciemment du mal jusqu'à commettre l'irréparable si vous êtes vraiment blessé et vidé. Mais la passion dont vous parler, celle que partage certains de patients d'ici, c'est un crime. On ne peut pas tuer une personne de sang froid et faire passer son acte pour de la passion, mais c'est exactement ce qu'est en train de faire Andrew. Il existe un proverbe qui dit « La liberté s'arrête où commence celle d'autrui », ne laissez pas votre liberté finir dans l'estomac de ce manipulateur qui vous aime peut-être, que vous aimez peut-être également, mais vous êtes trop... Importante, trop talentueuse, trop prometteuse pour vous laisser crever. Je ne veux plus entendre parler de cet homme. Il est dehors, vous êtes ici. Vous devez vous reconstruire, inventer une autre vie, je crois que c'est dans vos cordes.... »
Andrew était en train de la tuer, elle en avait pleinement conscience. Maintenant il fallait se battre, résister, dire « non », comme Lyzbeth le faisait. Alors bien sûr que Kathérina comprenait Howard et son jugement, elle l'entendait ,elle assimilait et son cerveau n'avait pas été totalement réduit en bouillie par le Duc, elle était intelligente et vive d'esprit. Mais elle aurait beau se jurer l'impossible, vouloir oublier l'ancien Andrew en se remémorant les atrocités vécues, les humiliations multiples, les années de peur, de violence que l'amour de sa vie lui avait offert sur un plateau doré, l'enfermant dans une prison de diamants... elle savait qu'il suffisait d'un seul regard, d'une seule caresse de la part d'Andrew pour retomber entre ses griffes et même après des années entre les murs d'Ostrov à se sevrer de lui, à débuter une nouvelle vie.
« Il me faudrait véritablement être amnésique ou... j'en sais rien une lobotomie pour que tout ça s'efface, pour que je puisse avoir la force d'arrêter ce cauchemars... » Elle le savait, elle en était persuadée, rien que le fait de l'apercevoir, le voir s'avancer vers elle ferait rebattre son cœur fou d'amour pour lui. Lorsqu'Andrew viendrait la chercher, lorsqu'il replongera son regard dans le sien et qu'il l'étreindra comme jamais... elle sera à nouveau prisonnière.

Maintenant, c'était bien ce qu'elle était, une prisonnière qui tente de passer à travers les barreaux, qui veut se défaire de ses liens et se détacher de son bourreau. Howard avait réveillé Kathérina, celle qui hurle à son double d'ouvrir les yeux sur la situation, celle qui gémit comme un animal enragé, un animal qu'on frappe impunément et qui ne veut qu'une chose, survivre.
« Sortez. Sortez bon sang. Arrêtez de penser que je vous juge, ou croire que vous avez besoin de me demander la permission. Vous essayez constamment de vous convaincre que vous avez tort, mais NON, vous avez raison : il est mauvais pour vous. Une partie de vous le souffle tous les jours, et vous faites taire cette voix, ce que vous imaginez d' Andrew vient vous menacer et vous rebrousser chemin. Ne soyez pas conditionnée, rebellez-vous parce qu'ici vous ne craignez rien. Il ne vous tuera pas puisqu'il n'est pas là Kathérina ! Il est dehors, vous n'avez aucune idée de ce qu'il fait, d'où il est, s'il est même encore vivant ou libre. Si vous devez passer par cette souffrance, par ce vide atroce que son absence vous infligera, peu importe ! Vous connaissez la souffrance, vous savez ce que c'est et croyez-moi, vous aurez connu bien pire ! Vous ne voulez pas que je parte ? Alors faîtes moi confiance ou laisser vous couler. On ère pas au purgatoire toute la vie, à un moment vous allez basculer d'un côté ou de l'autre, et je vous conseille de bien choisir... »
La jeune femme referma ses dents ses doigts déjà bien abîmés, elle écoutait et se battait contre les ombres autour d'elle « Mais alors pourquoi je le vois ?! Pourquoi j'arrive à le sentir ?! Je ne comprends rien, je ne comprends pas ce qu'il se passe ma tête est un labyrinthe et lui... lui il secoue le tout ! » son regard était trop sombre pour ses yeux si clairs, ils étaient remplit de haine, de colère et de crainte tristement justifiée.
« Je veux plus être toute seule... il faut que quelqu'un m'aide » le rire fou se calma et s'estompa, elle dégrafa ses dents serrées de son os, un sanglot désespéré s'éleva vers Howard. « Je veux plus retourner là bas » avait-elle dit comme un souhait et une supplication, « je veux pas mourir encore, quelque chose... quelque chose ne marche pas, il va me tuer et... même après ça il me laissera pas partir ! Il va m'empailler comme un vulgaire animal je... je veux pas finir comme ça Howard... » conclu-t-elle, ravagée par les larmes et la tristesse de cet... aboutissement.




Howard avait presque convaincu Alicia, elle devait devenir maîtresse d'elle avant de partir à la conquête du monde, elle devait se servir de la conclusion précédente pour redevenir un être à part entière.
« Non... Je ne pense pas que tu puisses tout à coup prendre le pouvoir, ce n'est pas magique la vie. Elle est cruelle et sacrément obstinée à mettre des bâtons dans les roues, ais je crois que tu peux vivre plus sereinement. Je crois qu'à défaut d'être maître, tu peux être actrice de cette vie et pas simplement spectatrice et esclave. Et ça... C'est déjà un espoir formidable vers lequel tu peux largement tendre. Tu as ça en toi. Si je le peux, tu le peux aussi... »
Et il avait foutrement raison, Alicia pouvait être tout ce qu'elle voulait, quand elle voulait même sans être Dieu vivant ! Avant, oui avant elle rayonnait sans avoir à faire semblant, elle ne se cachait pas, elle brillait ! Oui, elle avait toujours eu l'imagine d'une gravure de mode irréprochable, sortant tout droit d'un magazine Vogue ou encore d'une pub Chanel, elle était constamment parée des plus somptueuses parures assorties divinement bien avec ses tenues haute-couture et au fond, elle était tout aussi belle et rayonnante ! Elle avait cherché la perfection et elle l'avait trouvé dans le bonheur. Alicia avait été heureuse, même dans cette vie chaotique avant qu'elle ne décide de l'abattre. Il fallait qu'Alicia se retrouve et.. non, il fallait qu'Alicia retrouve Kathérina. C'était tout, c'était ça, la clef.
« Alors, si je comprends bien, nous avons toujours un moyen de parvenir au bonheur, même si il se montre être de courte durée. Mais il reste quand même un peu présent et vous affirmez qu'on peut vivre réellement notre vie ? » questionna-t-elle dans un sourire « Avant je pensais que c'était possible. Je ne sais pas vraiment pourquoi cette idée m'a quitté, mais je pense que vous avez raison sur toute la ligne. »
Mais la vie banale ne plaisait pas à Alicia, elle était tout de même Alicia Barrow ! Ici, tout était morose et moribond et.. si froid, Dieu, qu'il faisait froid. Et pourtant, Howard parvenait à être optimiste et pragmatique, lui qui venait du même monde qu'elle, naissant avec une cuillère en or dans la bouche !
« Ce que je vois ? Des murs épais impossibles à franchir, mais des fleurs enivrantes et des arbres flamboyants pour leur faire concurrence. Je vois aussi des types qui hurlent à la mort et... Je me dis que finalement, j'ai encore toute ma tête, mais si je suis aussi perturbé. Je me dis que y'a pire que moi. Je vois aussi que cet endroit me brime autant qu'il me protège, et me fais doucement prendre conscience que... Je peux être quelqu'un, et ne pas simplement être... « Fils de.. », tu comprends ? »
Alicia hocha la tête : « Oui. Je comprends. Nous pouvons devenir des personnes à part entière et pas uniquement que des... bouts de personnes éparpillés ça et là. » Le puzzle commençait à s'assembler, et bien que dans quelques heures à peine tout se remélangerait, c'était quand même bien de se rappeler ce que cela faisait de vivre pour sois et pas.. par procuration.




Lyzbeth elle s'acharnait à le faire, du moins à le mimer dans les moindres détails. Lyzbeth voulait être aussi égoïste que le diable, elle s'était d'ailleurs bien amusée à voir agoniser les proies et partenaires de Bonnie lorsqu'elle leur avait prit la vie. Lyzbeth aimait l'horrible, le terrible, mais elle aimait par dessus tout le partager, sentir qu'elle pouvait influencer. Howard semblait réceptif, il adorait l'écouter vivre comme ça, il buvait ses paroles dégoutantes de fille gâchée par la vie qui déblatérait sur comment aimer alors qu'elle n'avait même pas trouvé l'antidote à l'amour. En revanche, elle savait comment s'y engouffrer, comment s'y noyer et ses idées plaisaient tellement à Howard et lui parlaient à un point qu 'il n'avait pu se retenir ; il l'avait enlacé, faisant claquer ses cotes et s'entrechoquer aux siennes.
« Tu es l'un des démons les plus rusés que j'ai jamais rencontré et pourtant j'en connais un paquet... »
Lyzbeth se mit à rire comme elle savait si bien le faire et elle ne put s'empêcher... de le frapper vivement à l'épaule. « Notre surnom c'est l'Invitée Perdurable, pas... « La fille du Diable » mais si tu veux, tu pourras donner cette version plutôt clinquante aux autorités et aux médias lorsqu'ils repasseront faire un crocher à Ostrov pour la suite de l'affaire Barrow. En attendant, la prochaine fois que tu reposes tes mains d'homme sur moi, je te les arrache et te les fais manger » conclu joyeusement la furie qui lui lança un sourire amusé. Certainement qu'elle plaisantait ! Enfin... elle était surtout bien atteinte niveau folie alors … mieux vaut ne pas prendre ses « blagues » à la légère.




Puis, dans une danse folle et merveilleuse exécutée avec une grande maladresse, Bonnie avait savouré le moindre trait d'Howard qui pouvait bien se tendre pendant qu'il vivait, souriait et vivait. Ouais, il était carrément craquant en cet instant.
« Moi ? T'es bête ! C'est toi qui est belle ! » Bonnie ne put s'empêcher de rire aux éclats, encore et encore dans une mélodie enjouée. « On est ridicules Howard, mais qu'est ce que ça fait du bien ! Oh tu sais, en plus je crois qu'en plus d'être beau, toi aussi t'es bête ! Comme moi ! On est pareil ok ? Toi et moi, on peut être pareil. On peut s'équilibrer, se tempérer tu vois ! J'ai... j'ai pas envie de te tuer Howard, c'est un truc de dingue ! J'ai envie de tuer personne ! » elle avait l'air d'halluciner et d'être si heureuse de cette nouvelle en cet instant. Pas de mauvaise pensée, pas non plus une envie de sexe, ni de besoin de chair. Juste d'air frais sur les joues teintées par les rayons chauds du soleil.
« Je ne me sens pas sale ni mesquin quand je suis avec toi. Avec toi... Je suis presque heureux d'être moi, répugnant et imparfait. Je ne te remercierai jamais assez de m'ouvrir la porte à une forme d'expression dont je ne me serais jamais cru capable, juste parler de moi, m'extraire de cette réalité qui s'acharnee à vouloir me faire culpabiliser. Avec toi, tout est plus simple... Je ne sais pas bien comment te rendre la pareille. Merci. Merci ! »
Et elle, contrairement à Lyz se mit à l'étreindre encore et encore, se balançant à son cou, perdant ses doigts dans ses cheveux, sur son visage d'angelot. « Je suis contente que tu sois... content » ajouta-t-elle. Bon, c'était clairement inutile, mais il fallait qu'elle illustre sans cesse ses sensations de vive voix, il fallait qu'Howard sache que son bonheur pouvait rendre heureux d'autres gens, qu'il était considéré, pour la première fois. Elle continuait de le regarder un sourire mélancolique plaqué au visage et se mit à rire légèrement « T'es une des plus belles personne que j'ai rencontré. Tu es honnête, tu es droit, tu es entier Howard. T'es un soleil. Mais ne laisse plus personne te faire douter de toi, te retirer ta fierté. » Puis, dans un élan incontrôlable et une spontanéité déconcertante, Howard resserra sa main autour de celle de Bonnie et l'entraîna dans une course effrénée, pleine de rire et de trébuchements à travers le parc, bousculant sans vergognes les individus qui marchaient paisiblement. Ils tombèrent finalement et par chance dans un autre coin d'herbe sous les yeux amusés des infirmiers. La jolie nymphe fut prise d'un fou rire d'une puissance et d'une joie palpable et phénoménale, elle serra l'anglais dans ses bras. « Tu vas me rendre infirme à me faire courir, danser et sauter partout ! Oh tu sais, ça fait bien quelques mois que je n'ai pas dansé que.. que je me suis pas amusée autant ! Ô, Howard ! Si tu t'en vas et que je reste, qu'est ce que je vais m'ennuyer sans toi, Howard » dit-elle en lui léchant le bout du nez puis en enfouissant sa tête dans le cou du brun essoufflé et étalé dans l'herbe tel une crêpe ! Et elle riait, de tout, de leur bétise, des mots échangés, des utopies et des projets qu'ils avaient fait pour leur vie individuelle future.




« Ne rentre pas. S'il te plaît... Tu peux être la personne que tu veux, ne crains plus rien de l'extérieur, tu es forte ! », ces derniers mots firent sourire Bonnie. Ou Kathérina, elle même ne savait plus très bien qui elle était en cet instant. « Non, non je ne rentrerais jamais là bas, j'ai pas peur Howard, j'ai pas peur de ce qu'il y a dehors. Et j'espère que les gens auront plus peur du tout de moi. Du moins ici. Je n'ai pas besoin de lui pour exister Howard, ni d'elles et... » elle se redressa vivement, comme illuminée par une vision, une idée ! « Tu sais ce que je vais faire ? Je vais... toute les tuer, une à une et... bon peut-être que je garderais un peu Lyzbeth mais au final... tu vois, elles souffrent toute ! Ca sert à rien de les garder avec moi ! Alors... alors je vais les réduire en cendres, je vais posséder ce petit corps démantibulé. Je veux être celle qu'on était toute les quatre avant, quand on était toute ELLE ! Avant qu'on rencontre Andrew, avant qu'il nous sépare les une des autres. » elle riait, encore et toujours, « Il faut … que je prenne les commandes pour qu'elles n'aient plus jamais mal ! » termina-t-elle en s'allongeant à nouveau dans l'herbe contre son ami.
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 14 Aoû - 18:41

On a frôlé la vie! ✻ Kathérina & Howard
« J'ai failli mourir cinq fois et... C'est sûr que si nous nous retrouvons ça arrivera... encore et encore. Mais c'est même plus ça qui me fait peur vous comprenez... je n'ai que faire de la mort, de son calme apaisant qui me conduira là où je dois aller. Je ne sais même plus si j'ai encore peur d'avoir mal et de prendre des coups, j'en ai tellement reçu que j'en suis devenue totalement insensible. Je.. je pense toujours à lui avant de penser à moi, je crois que c'est ça mon soucis j'ai... j'ai un besoin de me demander constamment « que va-t-il faire si je ne suis plus là » ? Alors que je sais que si je lui laisse un seul indice il me retrouvera comme il sait si bien le faire, qu'il fera encore et encore des promesses qui tiendront le temps d'un agréable mois ou deux. Je me demande toujours comment ça pourrait marcher sans qu'on s'abîme tous les deux, il n'y a qu'une solution mais il ne s'y contraindra jamais... Il ne voudra jamais accepter de se faire soigner et moi... je vais passer ma vie ici Howard.. sauf si il vient m'en tirer. Et si il vient, comment je vais faire ? Je... je pourrais pas fuir. »

Kathérina était insaisissable. Howard croyait l'avoir convaincue, elle approuvait, et elle fuyait à nouveau. Elle lui échappait comme de la fumée qu'on essaye d'attraper. Ça le rendait fou d'être devant une âme qui avait besoin de lui, de lui ou de n'importe qui, et que malgré toute sa bonne volonté, il était impuissant. Il se sentait frustré, rongé et triste. Il réactivait sa hargne à chaque respiration comme quand on appuie fort sur les boutons de la télécommande quand les piles sont à plat. Bon... Quand les piles sont à plat, il faut les changer ! Même si au fond, Howard n'était pas doué avec la technologie, il savait au moins ça, alors il était temps de repartir à l'attaque ! Il fut brutal, sortit d'une boite imaginaire ses mots les plus cinglants, les plus tranchants, et Kathérina réagit comme il l'avait prévu.

« Je ne veux pas mourir. Ni de ses mains et... encore moins des miennes. J'ai... j'avais encore tellement de choses à voir vous savez, un avenir prometteur, des endroits où retourner. Et même si c'est sans espoir je veux rattraper le coup je.. je souhaite rassembler les morceaux éparpillés de ma vie. »

Rassembler les morceaux... C'était ce qu' Howard avait la sensation de faire. Il tenait un bout de Kathérina dans sa main, il essayait de le lier avec la pièce que la jeune femme elle-même avait en sa possession, comme s'il cherchait à assembler deux pièces de puzzle. Elle ne voulait pas mourir, et ça, pour le brun, ça voulait dire qu'il avait terminé d'emboîter les bordures du cadre, il n'avait plus qu'à remplir l'intérieur. Comme si c'était une mince affaire... !

« Les tragédies où les protagonistes meurent par amour c'est bien dans les livres. Il est temps de tourner la page, de la déchirer, il s'agit encore une fois de votre vie, vous ne pouvez pas la risquer dans un pari sur l'avenir. Vous n'êtes pas un protagoniste, vous ! Je crois que vous avez le droit de mener une vie normale, paisible. ».


« Il me faudrait véritablement être amnésique ou... j'en sais rien une lobotomie pour que tout ça s'efface, pour que je puisse avoir la force d'arrêter ce cauchemars... »

Howard grimaça. Elle faisait de la peine à voir. Il aurait voulu pouvoir débrancher le fil, apaiser sa souffrance, la laisser partir... Mais il avait été trop de fois passif, inutile à regarder les choses se faire et s’enchaîner sans pouvoir émettre l'ombre d'un avis, il devait agir, maintenant. Il tentait d'influencer, de motiver, de convaincre comme s'il voulait se persuader lui-même, comme s'il avait besoin que la jeune femme suive le mouvement pour qu'il trouve le courage nécessaire de sauter le pas. « Viens, viens avec moi, Andrew n'est pas là. ».
 

« Mais alors pourquoi je le vois ?! Pourquoi j'arrive à le sentir ?! Je ne comprends rien, je ne comprends pas ce qu'il se passe ma tête est un labyrinthe et lui... lui il secoue le tout ! »

Elle s'énervait, et la colère était saine. Elle lavait la part d'elle qui avait accepté d'être déshumanisée, la rébellion était une bonne chose. Howard voyait le feu dans ses yeux luisants, il avait envie de l'acclamer comme un coach sportif qui félicite son joueur.

« Il a vrillé votre tête, a installé des câbles à l'intérieur. Vous le devinez partout, vous avez tellement eu peur de lui, que votre esprit le redessine partout comme un mauvais présage. Il est dans votre souvenir, et... Je sais combien le souvenir peut-être intense et réel. On a l'impression de sentir, de se rappeler le goût et les sensations, mais tout ça c'est faux ! Un délire de notre imagination, un de ces délires qui nous ont conduits ici... ».

« Je veux plus être toute seule... il faut que quelqu'un m'aide. Je veux plus retourner là bas. Je veux pas mourir encore, quelque chose... quelque chose ne marche pas, il va me tuer et... même après ça il me laissera pas partir ! Il va m'empailler comme un vulgaire animal je... je veux pas finir comme ça Howard... »

Elle pleurait, elle était exténuée, mais jamais elle n'avait été aussi belle que maintenant. Howard avait l'impression qu'on venait de lui coller un coup de poing dans le ventre, il faillit s'étouffer avec sa salive tant ce qu'elle disait était beau. Ses supplications avaient des airs de victoire, et l'anglais aurait voulu l'enregistrer pour écouter ce délice chaque fois qu'il manquera de confiance en lui. Allez ! Il fallait s'y tenir maintenant ! Howard avait du mal à retenir ses larmes, sa gorge était nouée, et sa pomme d'adam le faisait atrocement souffrir, mais son sourire était au rendez-vous pour sauver les apparences. Il pris Kathérina par la main en se contrefichant de l'avis d'un Andrew imaginaire, et la souleva comme Alicia. Il serra sa main comme s'il concluait un pacte.

« Vous pouvez me faire cette promesse ? Je ne vous force pas à choisir entre la passion ou la raison, ni de choisir de me faire confiance plutôt qu'à votre époux, j'aimerais simplement que vous me juriez d'essayer d'y voir clair, d'accord... ? »
.

Alicia devenait forte, Howard ressentait de moins en moins de rancœur envers elle. Il restait honnête mais ne voulait plus blesser pour l'atteindre, mais juste lui coller des électrodes pour qu'elle s'échappe de sa situation qui la faisait souffrir, qu'elle puise mordre dans le bout de vie qu'on lui avait accordé.


« Alors, si je comprends bien, nous avons toujours un moyen de parvenir au bonheur, même si il se montre être de courte durée. Mais il reste quand même un peu présent et vous affirmez qu'on peut vivre réellement notre vie ? »

Howard refléta son sourire.

« Qu'est-ce qui est mieux selon toi : grappiller un moment de bonheur éphémère, ou se terrer dans les ténèbres parce qu'être heureux nécessite de fournir un petit effort ? »


« Avant je pensais que c'était possible. Je ne sais pas vraiment pourquoi cette idée m'a quitté, mais je pense que vous avez raison sur toute la ligne. »

La réponse était là, limpide dans sa phrase.

« Oui. Je comprends. Nous pouvons devenir des personnes à part entière et pas uniquement que des... bouts de personnes éparpillés ça et là. »


Kathérina Barrow qui disait ça, qui utilisait justement un « bout de personne éparpillé » d'elle-même pour parler à Howard. C'était presque... Poétique !

« Je ne sais pas vous, mais parfois je suis fatigué de vivre par procuration, encor une fois je ne me plains pas, je n'ai pas assez de force pour être un rebelle, mais c'est pesant. Ici on peut respirer un peu, alors même si certains aspects de ma vie me manquent, j'essaye de me reconstruire, je suis ici pour réfléchir après tout, et je vous invite à en faire autant. ».

Une des personnalités de Kathérina ne semblait pas vouloir réfléchir. Elle voulait tout déchirer, tout rompre, tout envoyer balader. Son rire était un genre de signal, un engrenage auquel on avait le choix d'adhérer, ou de rejeter (à vos risques et périls). Howard était tombé dans son piège après une méfiance certaine, elle ne lui avait pas laissé le temps de la craindre davantage, elle lui avait ouvert la peau et avait saupoudré la plaie de sel.  

« Notre surnom c'est l'Invitée Perdurable, pas... « La fille du Diable » mais si tu veux, tu pourras donner cette version plutôt clinquante aux autorités et aux médias lorsqu'ils repasseront faire un crocher à Ostrov pour la suite de l'affaire Barrow. En attendant, la prochaine fois que tu reposes tes mains d'homme sur moi, je te les arrache et te les fais manger », prévint-elle en se cessant de rire, frappant Howard à l'épaule comme un vieux camarade d'école.

L'anglais échangeait des rires avec elle, c'était un équilibre parfait, un équilibre de déséquilibrés ! Avec elle, il se sentait vraiment homme. C'était sans doute grâce/ à cause de son aversion malsaine pour eux, sa façon de le repousser comme ça même dans la plaisanterie sous prétexte qu'il était né avec le mauvais sexe, ça le rendait plus viril et moins honteux d'être lui. Il arqua un sourcil et sa « blague » lui donna presque envie de surenchérir, pour voir. Il fit mine de déboutonner la braguette de son uniforme et pris un air le plus misogyne dont il était capable.

« Eh, "l'Invitée Perdurable", tu vas voir ce qu'on appelle un homme, un vrai ! » (Non, Howard... non, du tout.). Il arqua un sourcil d'incompréhension en rougissant en se demandant bien comment il avait pu laisser sa bouche ou même son cerveau penser une telle chose ! Il s'étrangla dans un fou rire.

« Nan mais tu vois comment tu me rends ? Quand je suis arrivé ici, je ne pouvais même pas me regarder dans un glace bon sang ! T'as une mauvaise influence sur moi ! ».

En parlant de mauvaise influence... On aurait pu penser qu'une tueuse sanguinaire obsédée par la mort aurait pu conduir Howard sur le mauvais chemin, et pourtant...
 
« On est ridicules Howard, mais qu'est ce que ça fait du bien ! Oh tu sais, en plus je crois qu'en plus d'être beau, toi aussi t'es bête ! Comme moi ! On est pareil ok ? Toi et moi, on peut être pareil. On peut s'équilibrer, se tempérer tu vois ! J'ai... j'ai pas envie de te tuer Howard, c'est un truc de dingue ! J'ai envie de tuer personne ! »

Bonnie était son petit rayon de soleil, son calme avant la tempête, non... Sa tempête ! Pas le même genre qu'Edgar, le genre qui le rend euphorique sans raison, le genre qui le rend normal. La seule femme qui avait su le trouver beau, qui l'avait rassuré, qui avait su le prendre en tant qu'homme et petit garçon à la fois. Bonnie lui donnait envie d'escalader des murs, de plonger dans l'eau, de sauter dans une flaque d'eau, de faire la course et de s'effondrer à la ligne d'arrivée, essoufflé. Elle lui donnait des envies de plage, des envies de large, de coucher de soleil, de voyage en montgolfière. Bonnie sa petite veilleuse qui brille pendant un film d'horreur, sa bouteille d'eau glacée en plein mois d'août, sa boîte à musique, Bonnie !  

« C'est toi qui est ridicule ! », lança-t-il en la bousculant de manière complice. Quand elle le touchait, qu'elle le caressait, Howard n'y voyait plus aucune menace, aucune agression. Son périmètre d'intimité était largement envahit mais il s'en fichait cette fois, est-ce que ça voulait dire que peut-être qu'un peu d' Ostrov Island l'avait guérit ? Comment pouvait-il autant craindre autrui, même une simple poignée de main, et laisser Bonnie lui lécher le bout du nez, ou enfoncer ses doigts dans ses cheveux épais ? Il se laissait étouffer par la ferveur de la blonde, et il déposa même un petit baiser sur sa pommette quand elle s'adressa à nouveau à lui :

« T'es une des plus belles personne que j'ai rencontré. Tu es honnête, tu es droit, tu es entier Howard. T'es un soleil. Mais ne laisse plus personne te faire douter de toi, te retirer ta fierté. »

Bon sang, mais pourquoi personne n'avait jamais osé ou voulu lui dire de telles choses ? Pourtant il avait eu besoin de les entendre ! Entendre qu'il était bon, qu'il n'était pas parfait mais qu'il essayait d'être un homme bien. Qu'une personne puisse lui montrer ses qualités et l'empêcher de se trouver si insipide. Sa mère ne l'avait jamais trouvé « le petit garçon le plus beau du monde », son fils était le sien parce qu'il avait été dans son ventre, voilà tout. Depuis il était cet inconnu, cet élève a qui il fallait apprendre à vivre convenablement, cet homme qui allait devoir endosser la responsabilité de reprendre le flambeau. Et... Bonnie quoi !
Il se laissa aller pour de bon, pourquoi retenir ses larmes davantage au fait ? Il pris le visage de la jeune femme dans ses mains, et éclata de rire entre deux sanglots. Howard n'avait jamais dit « je t'aime », mais là il avait envie de lui dire, mais il craignait que cela soit mal interprété. Disait-on « je t'aime » à une amie ? Pas dans le monde où il avait té éduqué en tout cas, mais dans celui de Bonnie, sans doute !

« T'as pas le droit d'être aussi gentille avec moi... Je ne suis pas habitué... Je vais y prendre goût après ! ».
Et il l'entraîna à travers le parc, juste histoire d'évacuer un peu toute la gravité et la tension de sa conversation avec Kathérina, pour se dégourdir un peu les jambes. En tombant à la renverse, Bonnie s'esclaffa :

« Tu vas me rendre infirme à me faire courir, danser et sauter partout ! Oh tu sais, ça fait bien quelques mois que je n'ai pas dansé que.. que je me suis pas amusée autant ! Ô, Howard ! Si tu t'en vas et que je reste, qu'est ce que je vais m'ennuyer sans toi, Howard »


Son cœur se serra brusquement, derrière son sourire, le ton était grave.

« Bonnie, je ne suis qu'un pion sans toi. Je t’amènerai avec moi ou resterai ici, t'en fais pas... », c'était peut-être utopique, mais il avait envie d'y croire, il avait envie de rester captif de son nuage d'illusion, juste encore un peu pare que la réalité, il avait trop macéré dedans, et c'était nocif.

« […] Je ne rentrerais jamais là bas, j'ai pas peur Howard, j'ai pas peur de ce qu'il y a dehors. Et j'espère que les gens auront plus peur du tout de moi. Du moins ici. Je n'ai pas besoin de lui pour exister Howard, ni d'elles et... »

Howard arqua un sourcil quand Bonnie se releva d'une traite, comme frappée par la foudre.

« Tu sais ce que je vais faire ? Je vais... toute les tuer, une à une et... bon peut-être que je garderais un peu Lyzbeth mais au final... tu vois, elles souffrent toute ! Ca sert à rien de les garder avec moi ! Alors... alors je vais les réduire en cendres, je vais posséder ce petit corps démantibulé. Je veux être celle qu'on était toute les quatre avant, quand on était toute ELLE ! Avant qu'on rencontre Andrew, avant qu'il nous sépare les une des autres. »

Euh... Ou pas. Nan mais elle a fumé là ou... ? Il était hors de question qu'elle fasse ça parce que la vraie personnalité de toutes ces femmes, c'était quand même Kathérina, Howard n'avait pas été rendu assez fou pour ne pas voir l'évidence. Elle était en train de parler du fait de se tuer elle-même, c'était ça qu'elle ne comprenait sans doute pas...

« Il faut … que je prenne les commandes pour qu'elles n'aient plus jamais mal ! »

« Bonnie regarde moi. Je t'interdis de faire ça, tu m'entends ? Et là je suis sérieux. Ces femmes sont tes amies, tu n'as pas le droit de lever la main sur elles... Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal... Tu risques gros, tu vas quand même pas te mesurer à Lyzbeth.. »
, dit-il dans un souffle qui se voulait plus ironique pour détendre à nouveau l'atmosphère.
   
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 15 Aoû - 23:39



Howard & Kathérina





Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre. Et tellement de choses encore, tu es infiniment nombreux : celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles. Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile, n’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie, parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être 


« Les tragédies où les protagonistes meurent par amour c'est bien dans les livres. Il est temps de tourner la page, de la déchirer, il s'agit encore une fois de votre vie, vous ne pouvez pas la risquer dans un pari sur l'avenir. Vous n'êtes pas un protagoniste, vous ! Je crois que vous avez le droit de mener une vie normale, paisible. »


Kathérina ne voulait plus être la victime de la fatalité de son destin, elle voulait simplement être elle, penser par elle même sans laisser plus personne être maître d'elle. Elle ferma les yeux quelques instants, imaginant le bonheur que cela pourrait être. Elle avait faim de vie, elle avait faim de liberté. Bien entendu, cela ne sera pas facile, ce sera presque comme franchir un mur si haut qu'on en voit jamais le sommet mais.. Finalement elle en avait connu des difficultés, elle les avait toujours surpassé. Pourquoi cette fois-ci échouerait-elle ? La blonde travaillait sans relache lorsqu'elle se trouvait faible à un moment précis, lorsqu'un enchaînement de danse lui échappait, lorsqu'elle se foulait la cheville : elle se redressait toujours, fière et droite ! Lorsqu'une note de musique ne voulait pas se laisser faire sous ses longs doigts de musicienne, elle s'acharnait à donner de la vie à ses compositions, de la passion. Elle n'avait jamais échoué, elle avait juste obéis, elle avait suivi les ordres de son partenaire en danse, de ses professeurs, de ses parents, de son mari qui lui interdisait de s'exprimer réellement dans ses propres créations. Et.. justement, un projet qu'elle fantasmait de réaliser se matérialisa soudainement sous ses yeux. Un jour ou une nuit, alors qu'elle était enfermée aux catacombes, elle avait écrit dans sa tête, très précisément les actes et les scènes d'un immense ballet qu'elle aurait aimé faire et réaliser. Non, exprimer. Avec celui-ci, elle aurait tout avoué en passant par l'art, elle aurait montré son calvaire et cet amour qui la déchirait. Elle aurait joué, dansé sa souffrance le temps d'un ballet, sa vie se serait terminée sous les applaudissements. Mais elle avait toujours été craintive, elle s'était surtout dit, comme à chaque fois « si il voit ça, il va me tuer. » Mais est-ce que ça avait de l'importance désormais ? Non, plus aucune. Il fallait bien que les gens comprennent ce qui l'avait poussé à suivre Bonnie et Lyzbeth, il fallait qu'ils sachent pourquoi cela c'était passé.. comme ça.
« Je pense que si je reste ici, ma vie n'aura rien de normale ou de paisible, de même que si je sors et finalement.. je pense que ce n'est pas plus mal. Je ne suis pas faite pour le vrai bonheur ou le calme permanent mais.. si je sors j'aimerais simplement... tirer ma révérence comme il se doit, réaliser un projet qui me tient à cœur et que je n'aurais pas de mal à mettre en place si on m'en laisse l'occasion. Si je veux tourner la page il me faut être actrice de MA tragédie, il faut que je fasse de ça quelque chose de fictif, quelque chose que j’interprète sur scène et que je laisse pour toujours au placard quand je la quitte ! Mais maintenant, tout le monde pense que je suis une criminelle, tout le monde me confond avec Bonnie et Lyz, tout le monde écoute les médias... Il faut.. que je prenne le dessus, vous avez raison. »
Et elle en était capable, elle savait qu'elle pourrait se tenir face à Andrew et lui dire « Andrew, vous avez un problème, il faut vous soigner, mais je resterais pour vous épauler, je vous le promets. » et elle savait qu'il pourrait très bien lui tomber dans les bras en acquiesçant, en la suppliant de lui pardonner toutes les horreurs commises.. tout comme il pourrait retourner la situation, nier, lui faire du mal. Encore. Mais désormais, à défaut d'être puissante, elle voulait être une fille forte.


« Il a vrillé votre tête, a installé des câbles à l'intérieur. Vous le devinez partout, vous avez tellement eu peur de lui, que votre esprit le redessine partout comme un mauvais présage. Il est dans votre souvenir, et... Je sais combien le souvenir peut-être intense et réel. On a l'impression de sentir, de se rappeler le goût et les sensations, mais tout ça c'est faux ! Un délire de notre imagination, un de ces délires qui nous ont conduits ici... »
Il était encré à l'intérieur de son crâne, mais Howard avait raison ; son imagination complotait avec le Duc pour la faire souffrir, pour qu'il continue à l'habiter. Elle était dingue, totalement, elle s'en arrachait la peau et en pleurait de souffrance, elle était piégée à l'intérieur de sa tête, elle aussi. « Est-ce qu'il est réel au moins... il existe vraiment tu crois ? » à ce stade, elle n'en était plus sure, et puis après tout, désirait-elle vraiment le savoir ? Elle sentait pour la première fois depuis sa dîtes mort ses boyaux se tordre, le cri dans son esprit était comme étouffé, il ne trouvait plus d'air. « Je veux qu'il disparaisse, je peux pas aimer un homme comme ça... j'en peux plus, j'ai plus la force » avoua-t-elle finalement, entre ses sanglots qui déchiraient le cœur. C'est qu'une image projetée, en vrai il n'a jamais existé, il fallait se répeter ça, inlassablement.
Puis, comme pour sceller une promesse, comme si ils avaient tout deux entaillés leurs mains pour un pacte de sang, Howard la prit au creux des siennes et la serra.
« Vous pouvez me faire cette promesse ? Je ne vous force pas à choisir entre la passion ou la raison, ni de choisir de me faire confiance plutôt qu'à votre époux, j'aimerais simplement que vous me juriez d'essayer d'y voir clair, d'accord... ? »
La Kathérina effrayée releva la tête, cessa le mal qu'elle se faisait et regarda longuement à travers ses yeux brumeux le garçon. « Je vous le jure. »


Howard enseignait la vie comme si il la connaissait bien, comme si elle était une bonne amie à lui. Howard enfilait la peau fragile mais dure d'un philosophe, costume qui lui allait fichtrement bien, il fallait l'avouer.
« Qu'est-ce qui est mieux selon toi : grappiller un moment de bonheur éphémère, ou se terrer dans les ténèbres parce qu'être heureux nécessite de fournir un petit effort ? »
Il incitait Alicia à relever le menton, à devenir pragmatique et finalement elle sentait que s'il était poussé à lui dire ça, c'était parce qu'au fur et à mesure qu'il parlait, il prenait conscience de ce que lui même devait faire. Ils pouvaient mutuellement se faire grandir, prendre conscience qu'il fallait profiter de ce temps assassin qui vous nargue, fait tourner les aiguilles plus vite ou plus lentement pour que vous vous perdiez à l'intérieur et réclamiez à nouveau une naissance nouvelle pour rattraper les erreurs passées.
« Le bonheur est toujours de courte durée, toujours alors.. vous avez raison, il faut saisir les opportunités quand elles se présentent et pas attendre que la vie fasse une exception pour nous. »


« Je ne sais pas vous, mais parfois je suis fatigué de vivre par procuration, encor une fois je ne me plains pas, je n'ai pas assez de force pour être un rebelle, mais c'est pesant. Ici on peut respirer un peu, alors même si certains aspects de ma vie me manquent, j'essaye de me reconstruire, je suis ici pour réfléchir après tout, et je vous invite à en faire autant. »
Elle hocha la tête, c'était exactement ce qu'il se passait de son côté depuis qu'elle avait commencé à se poser des questions sur sa vie. Finalement, elle se laissait diriger par une personne qui lui disait que faire et qui avait le pouvoir de lui interdire des choses. Constamment, elle se laissait dicter par ses peurs et son angoisse infâme. Elle devait supporter les mains du Duc sur elle alors que le contact la dégoutait, elle devait supporter les jurons, les injures de ce derniers allant à son encontre, elle devait survivre et non.. vivre comme une personne normale, tout simplement.
« J'avais.. commencé à me poser des questions en arrivant ici mais... c'est compliqué de réfléchir dans une petite cellule sale partagée en quatre. Ne croyez vous pas que... si nos angoisses sont quelque part, communes, que le problème pourrait venir de notre milieu, de notre mode de vie ? » cette question lui trottait dans la tête et lui faisait mal, est-ce que tous les nobles étaient maudits et contraints à une vie de douleur ?


Evidemment, il n'y avait pas que les riches aux bonnes manières qui souffraient et pour preuve, Lyzbeth avait immensément mal et, à l'origine de cette douleur se trouvait un homme, le bourreau des quatre jeunes femmes, Andrew. Il était non seulement à l'origine de ses années de souffrance, mais aussi de sa haine des mâles et plus particulièrement des garçons que venait d'imiter d'Howard en caricaturant le parfait macho.
« Eh, "l'Invitée Perdurable", tu vas voir ce qu'on appelle un homme, un vrai ! »
Lyzbeth se mit à rire, un rire tellement franc qu'il était impossible de s'en lasser. Elle ne se moquait pas d'Howard, non pas du tout, mais cette interprétation était tellement juste ! « Howard ça sonne faux quand tu le fais c'est comme si moi je jouais à la Duchesse ou à la séductrice ! Non attend, attend, j'entre dans ton personnage Howard ! » Elle renifla tout en se recoiffant à la manière d'un James Dean, abordant une moue d'homme pédant prétentieux et se colla à Howard tel un type pas net en chaleur, le toisant de façon aguicheuse. 
« Hey mon joli, on t'a jamais dit que tes yeux étaient magnifiques ? On pourrait faire des folies pour ces yeux là. Allez viens, jvais te monter ma Harley Davidson et mes bottes cirées, tu vas craquer ! » puis, elle repartit dans un fou rire jusqu'à s'en décrocher la machoire « les hommes, j'te jure. Toi tu dragues comment Howard ? T'aimerais te faire draguer comment, hm ? Hey mais tu sais que le pire dans tout ça, c'est que ces types pensent vraiment qu'on va bien réagir à de telles avances ? « OH MON DIEU, quel charme palpable, tenez beau gentleman, voici mon numéro de téléphone ! » ahah, non. Juste, non.»
C'était étrange, Lyzbeth aimait bien Howard, elle le trouvait distrayant et pas trop entreprenant pour un homme, c'était certainement un des rares avec qui elle pouvait discuter sans lui crier dessus, lui faire porter le lourd fardeaux des misogynes.
« Nan mais tu vois comment tu me rends ? Quand je suis arrivé ici, je ne pouvais même pas me regarder dans un glace bon sang ! T'as une mauvaise influence sur moi ! »
Lyzbeth s'étira en l'écoutant la blâmer, le sourire aux lèvres. « Olala, quelle horrible personne je suis, désormais tu pourras peut-être même fantasmer sur toi même lorsque tu trouveras face à ta glace le charmant personnage que tu m'as presenté il y a quelques instants. » ajouta-t-elle avec humour dans le plus grand des sarcasmes non dissimulé.


L'euphorie était bien présente, elle planait au dessus d'Howard et Bonnie comme un cerf-volant, et elle avait finalement décidé de s'incruster en eux, d'y faire son nid.
« C'est toi qui est ridicule ! » avait balancé le beau petit brun en riant et en la bousculant comme on se chamaille avec son meilleur ami lorsqu'on a la joie de retrouver. Bonnie se contenta de sourire, finalement, il n'y avait pas besoin de beaucoup de mots ou de belles formules pour exprimer à ce moment là ce qu'elle ressentait. Tout bonnement, elle était heureuse et elle s'était faite pour la première fois de sa vie un ami. Cette idée l'enchantait.
« T'as pas le droit d'être aussi gentille avec moi... Je ne suis pas habitué... Je vais y prendre goût après ! » se plaint Howard tout en courant et en sautant avec elle, comme pour graver cet instant magique et merveilleux dans leurs mémoires avant qu'ils se laissent tomber dans l'herbe du jardin sous les yeux de quelques dingues qui avaient du mal à comprendre la situation. « C'est toi qui parle de gentillesse Howard ? Depuis tout à l'heure tu me couvres d'éloges que je ne mérite pas, Ô Howard, qu'est ce que tu veux ! Je ne peux que te rendre la pareille ! Quand j'étais petite... je me souviens que constamment, tout le temps même on me couvrait de compliments, sans même que j'en comprenne le pourquoi et toi... toi Howard » elle caressa longuement son visage, son air joyeux se dissipant un peu « .. pourquoi t'as le visage d'un petit garçon qui en a jamais eu ? Pourtant je suis sure que t'en méritait, je suis sure que t'en mérite. Howard, Howard tu me regardes ? Regarde moi te dire que t'es beau, que t'es un chouette type qui mérite que d'être heureux, qui mérite de tout avoir tout de suite. Tu m'entends Howard, tu comprends ? Faut que tu sois heureux parce qu'en ce monde y'a de mauvaises personnes qui volent ton bonheur. Je veux que tu saches que t'es formidable, même si on te le dit pas assez souvent. Te dis pas que c'est les paroles en l'air d'une simple folle, s'il te plait Howard, faut pas te dire ça... » elle avait l'air de tenir à ses propos, elle avait l'air d'y croire et .. c'était sans doute cela qui était si beau à voir. Deux fous allongés dans l'herbe, à terre, encore une fois, d'accord. Mais à cet endroit en ce moment même, c'était par la pensée qu'ils s'élevaient, qu'ils osaient être ce qu'ils avaient envie. Ils pouvaient être, entre les murs épais et infranchissables d'Ostrov Island, libres.


« Bonnie, je ne suis qu'un pion sans toi. Je t’amènerai avec moi ou resterai ici, t'en fais pas... »
Elle en avait presque les larmes aux yeux et, même en sachant que ce projet farfelu était impossible, elle sentit son cœur se réchauffer. Tu vas rester à mes côtés ? Ne t'en va pas comme avec les autres, je veux pas être.. comme eux. Demain matin je veux.. je souhaiterais que tu sois encore là, ne me quitte plus, ce serait tellement dommage tu sais. Je veux encore une fois pouvoir caresser ta peau satinée, parcourir de mes doigts ta jungle de cheveux d'or et me noyer dans le lac de tes yeux.. alors, reste.. On pourrait partir faire le tour du monde, toi et moi..., avait proposé Irwin lorsqu'ils étaient tous les deux enrubannés dans ses draps, avant que l'accident qu'elle pensait lui être fatal ne se produise. Elle aurait aimé lui dire oui, oui je viens avec toi, oui je reste avec toi jusqu'à la fin mais.. elle n'avait pas pu. Il ne fallait pas. Et Howard, il promettait pour rassurer mais finalement, elle avait beau être dingue et pleine d'optimisme, elle savait ce qui était de l'ordre de l'impossible.
« Dis pas ça Howard, t'auras des soucis si tu me caches dans ta valise ! » répondit-elle en plaisantant, bien que l'idée d'être séparée de son nouvel ami lui fendait le cœur, « Tu sais bien que je vais rester ici jusqu'à ce que je m'éteigne... Mais... mais c'est pas grave ! De ma p'tite cellule j'imaginerais la jolie vie que tu auras, quand je viendrais au jardin je penserais à toi ! Tu sais quoi je.. je vais te donner quelque chose à moi, et tu le garderas sur toi, d'accord ? Je l'ai depuis que je suis bébé, faut me promettre que t'en prendra soin ! Et... et tu l’emmèneras partout et aussi quand tu iras dans un bel endroit, d'accord ? Comme ça je serais aussi un peu là bas et tu te souviendras de mes précédentes paroles. »


 Mais Howard, à l'inverse de Bonnie était lucide. Il savait bien que Bonnie n'était qu'un petit bout de Kathérina qui avait la volonté de guérir. Lui même croyait en cette guérison ; ça ne se fera pas en trois jours, il faudra du temps, mais Kathérina parviendra à guérir, c'est certain. C'est pourquoi lorsque Bonnie parla de.. supprimer les autres personnalités de son corps, Howard s'opposa, catégoriquement.
« Bonnie regarde moi. Je t'interdis de faire ça, tu m'entends ? Et là je suis sérieux. Ces femmes sont tes amies, tu n'as pas le droit de lever la main sur elles... Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal... Tu risques gros, tu vas quand même pas te mesurer à Lyzbeth.. »
Le visage de Bonnie fut rempli instantanément d'un nuage d’incompréhension et... de tristesse.
« Mais.. pourquoi pas, Howard ? Elles... elles sont pas heureuses, alors ça sert à quoi de les laisser ramper dans la poussière ? Elles peuvent pas s'en sortir Howard, elles pourront jamais ! » elle s'était redressée et semblait être au bord des larmes, sa voix si mélodieuse brisée par la tristesse de cette constatation amère, comme si elle était en pleins deuil. « Pourquoi.. pourquoi j'aurais pas le droit de leur offrir la satisfaction de la mort de.. les mettre dans le ciel comme des étoiles ? Elles ont mal Howard et... c'est terrible je.. j'arrive à ressentir leur douleur... je veux pas continuer comme ça moi je... je veux plus jamais cesser de rire, tu comprends ? » Elle s'arrêta un instant, baissant la tête, distraire par un brun d'herbe qui était plus grand que les autres « Pourquoi j'ai pas le droit de vivre ma vie dans un vrai corps, comme tout le monde ? » ajouta-t-elle, en relevant son si joli minois victime de l'incompréhension.



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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 16 Aoû - 18:00

On a frôlé la vie! ✻ Kathérina & Howard
« Je pense que si je reste ici, ma vie n'aura rien de normale ou de paisible, de même que si je sors et finalement.. je pense que ce n'est pas plus mal. Je ne suis pas faite pour le vrai bonheur ou le calme permanent mais.. si je sors j'aimerais simplement... tirer ma révérence comme il se doit, réaliser un projet qui me tient à cœur et que je n'aurais pas de mal à mettre en place si on m'en laisse l'occasion. Si je veux tourner la page il me faut être actrice de MA tragédie, il faut que je fasse de ça quelque chose de fictif, quelque chose que j’interprète sur scène et que je laisse pour toujours au placard quand je la quitte ! Mais maintenant, tout le monde pense que je suis une criminelle, tout le monde me confond avec Bonnie et Lyz, tout le monde écoute les médias... Il faut.. que je prenne le dessus, vous avez raison. »

Howard pensait comme elle sur le fait que ni Kathérina ni lui ne pouvaient sincèrement accéder à ce que le commun des mortels appelait « bonheur ». D'ailleurs comme l'aurait souligné Alicia, il n'existe pas ce bonheur empirique, il n'y a que des épisodes heureux ou malheureux, des petits morceaux de bonheur, et c'est déjà pas mal. La jeune femme battue avait une idée de génie : mettre en scène sa propre tragédie qui retracerait sa vie, ses souffrances, et surtout, l'issue de ce combat acharné. Elle allait gagner, Howard en était presque certain à présent ! Elle devait gagner de toute façon, elle n'allait pas laisser un homme bousiller ses projets, et encore moins bousiller sa vie, maintenant elle allait poser les règles du jeu, relancer la partie, et la gagner nom de Dieu !

« C'est une brillante idée que vous avez là. Je pense que c'est un projet colossal qui vous demandera beaucoup de réflexion et de labeur, et vous avez besoin de vous concentrer sur quelque chose de concret, de plus concret que de comment plier correctement une serviette en papier lors d'une réception. Vous avez besoin de voir quelque chose que vus avez vécu se dresser sous vos yeux, et pas seulement être spectatrice de cette tragédie, mais de la vivre, de la raconter aux gens, de parler enfin, sans même ouvrir la bouche. Ça promet d'être quelque chose de fantastique à laquelle j'aimerais fortement assister. Il faut que vous le fassiez. Il faut que vous sortiez d'ici, et que vous soyez libre de le faire, c'est... c'est votre rêve, il est à VOUS, et personne ne doit personne ne PEUT vous le prendre ! ». Andrew Barrow n'avait qu'à bien se tenir, d'ailleurs quand on parlait du loup...


« Est-ce qu'il est réel au moins... il existe vraiment tu crois ? »

Kathérina le tutoyait, cela voulait sûrement dire qu'elle se perdait tellement dans la réflexion, que le sujet était si grave, qu'elle ne s’embarrassait plus des codes sociaux qu'on lui avait inculqués le temps d'une question.

« Je veux qu'il disparaisse, je peux pas aimer un homme comme ça... j'en peux plus, j'ai plus la force »

Ses sanglots étaient comme des pneus qui crissent dans un dérapage extrême, une horreur à supporter, mais les supplications et les désirs qu'elle formulait clairement maintenant, étaient un régal.

« Vous ne pouviez me faire davantage plaisir qu'en m'avouant une telle chose. Je crois qu' Andrew existe surtout dans votre tête, comme une tâche qui s'incruste et qui ne part pas au lavage... Mais je crois, je CROIS que vous êtes sur le bon chemin je pense. Je ne vais pas vous dire qu'il sera facile, et après tout j'en sais rien, mais... Vous êtes comme Alice. Perdu sur votre petit chemin, des tonnes de bifurcations possibles, et vous, tout ce que vous avez à faire c'est avancer, mais SURTOUT, ne pas reculer, la fin du labyrinthe est devant vous. »


« Je vous le jure. », c'est qu'elle répondu solennellement quand Howard lui demanda de lui faire la promesse de toujours essayer de grappiller son propre morceaux de bonheur sans se le laisser manger sous le nez.


Alicia avait compris elle aussi que la vie n'était pas aussi belle et simple qu'on avait voulu lui faire croire.

« Le bonheur est toujours de courte durée, toujours alors.. vous avez raison, il faut saisir les opportunités quand elles se présentent et pas attendre que la vie fasse une exception pour nous. »

« Vous pensez qu'on peut y arriver, tous les deux, dans l'état dans lequel on est, et du milieu où l'on provient ?», cette fois Howard ne moralisait plus, il posait une question. Il cherchait activement des réponses à cette interrogation, ça tournait de plus en plus dans sa tête déjà en ébullition.


« J'avais.. commencé à me poser des questions en arrivant ici mais... c'est compliqué de réfléchir dans une petite cellule sale partagée en quatre. Ne croyez vous pas que... si nos angoisses sont quelque part, communes, que le problème pourrait venir de notre milieu, de notre mode de vie ? »
, c'était un élément de réponse. Howard mentirait s'il disait qu'il ne s'était jamais demandé si sa différence et son malheur ne provenait pas de ce milieu où il baignait. Parce que... Ses parents, il ne les avait jamais vu heureux, et même jamais vu sourire. Ils restaient figés même dans la joie. Ses grands parents il les avait peu connus (du moins du côté de sa mère car ses grands parents paternels étaient déjà partis avant sa naissance), eux non plus n'inspiraient pas la joie de vivre. Tous les gens qu'il rencontrait et qui étaient issus de la même branche sociale que lui, étaient tous factices comme si du ciment avait pris sur leur visages, c'était un vrai spectacle de marionnette, mais un plutôt flippant.

« Allez savoir... Très honnêtement je me suis parfois posé la question, mais j'ai vite rebroussé chemin car j'avais un peu honte de penser que ma richesse me rendait malheureux alors que d'autres mouraient de faim dans la même ville que moi. C'est pas juste, tu vois ? »

Heureusement qu'au beau milieu de ces discussions tragiques, la sensationnelle Lyzbeth apparaissait pour faire le show. Un show nettement plus distrayant et hilarant que le fameux spectacle de marionnettes qui faisait froid dans le dos d' Howard. Son rire en lui même était déjà communicatif, mais alors quand elle commença à singer ce qu'elle imaginait être la plupart des hommes, Howard du se tenir les côtes tellement le fou rire l'avait gagné.


« Hey mon joli, on t'a jamais dit que tes yeux étaient magnifiques ? On pourrait faire des folies pour ces yeux là. Allez viens, jvais te monter ma Harley Davidson et mes bottes cirées, tu vas craquer ! »

En essuyant une petite larme au coin de son œil, Howard, écarlate d'avoir rit aux éclats, tenta de reprendre son sérieux.

« Comment résister à une telle invitation, je lâche le manoir, et m'enfuis par la porte de derrière, fais chauffer le moteur ! ».

Lyzbeth était vraiment un phénomène qui attirait l’œil, un – 70% sur une paire de Louboutin !


« Les hommes, j'te jure. Toi tu dragues comment Howard ? T'aimerais te faire draguer comment, hm ? Hey mais tu sais que le pire dans tout ça, c'est que ces types pensent vraiment qu'on va bien réagir à de telles avances ? « OH MON DIEU, quel charme palpable, tenez beau gentleman, voici mon numéro de téléphone ! » ahah, non. Juste, non.»


« Tu penses que y'en a qui sont sensibles à ce genre d'approches ? Mon Dieu jamais je n'oserai, c'est... Ridicule. Comment j'aimerais qu'on me drague ? Ou... Comment MOI, je drague ? Tu veux rire ? C'est à peine si j'ose dire « bonjour » à un inconnu, et je te parle d'un inconnue taré qui est enfermé avec moi ici, à Ostrov, pas la Reine d'Angleterre ! », il réfléchit quelques secondes, se frotta le menton, et reprit.

« Franchement je sais pas, je... Quand je suis avec Edgar, je prends son exemple car... Pour être honnête c'est la seule personne avec qui j'ai envie de séduire, ben... Je crois que ça passe par l'humour. Quand on est ensemble, on ne peut pas s'empêcher de chausser une certaine répartie, comme un jeu de ping pong tu vois ? Je crois que pour ma part, c'est lui répondre pour éviter de lui laisser penser qu'il a trop d'importance, et ça... Dans ma tête j'imagine que ça peut lui donner envie de surenchérir, et d'être de plus en plus... Tu vois ? J'en sais rien, je m'y prends comme ça mais je n'y réfléchis pas vraiment. Puis, comment j'aimerais qu'on s'y prenne avec moi, c'est la même chose... Je crois que s'il me complimentait toute la journée je serai tellement mal à l'aise ! Je veux dire, je le trouve immensément plus intéressant et superbe que moi, alors comment peut-il oser me faire des compliment sur mes yeux quand on a les siens, et idem pour chaque centimètre carré de son corps, j'veux dire... Non, je préfère que ça soit cette petite guégère, ces disputes à coups de complicité, je suis comme ça. Après tout, prenez Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy... N'aie-je pas raison ? ». Jamais Howard n'avait parlé si ouvertement d'amour, de drague, de lui, de ses fantasmes, préférences, et encore moins d' Edgar...


« Olala, quelle horrible personne je suis, désormais tu pourras peut-être même fantasmer sur toi même lorsque tu trouveras face à ta glace le charmant personnage que tu m'as presenté il y a quelques instants. »


« Très franchement.... » -silence à trois francs cinquante- «  Si Edgar se la jouait comme ça, y'a moyen que je succombe ! », s'esclaffa-t-il en rougissant, presque certain d'avoir officiellement perdu la tête.

La volubile Bonnie rendit visite à l'anglais, ce qui avait le don de le rendre fou de joie. Elle était si... Naturelle et gentille !

« C'est toi qui parle de gentillesse Howard ? Depuis tout à l'heure tu me couvres d'éloges que je ne mérite pas, Ô Howard, qu'est ce que tu veux ! Je ne peux que te rendre la pareille ! Quand j'étais petite... je me souviens que constamment, tout le temps même on me couvrait de compliments, sans même que j'en comprenne le pourquoi et toi... toi Howard »

Elle caressait son visage comme une mère qui encourage fils avant d'aller à l 'école.

« .. Pourquoi t'as le visage d'un petit garçon qui en a jamais eu ? Pourtant je suis sure que t'en méritait, je suis sure que t'en mérite. Howard, Howard tu me regardes ? Regarde moi te dire que t'es beau, que t'es un chouette type qui mérite que d'être heureux, qui mérite de tout avoir tout de suite. Tu m'entends Howard, tu comprends ? Faut que tu sois heureux parce qu'en ce monde y'a de mauvaises personnes qui volent ton bonheur. Je veux que tu saches que t'es formidable, même si on te le dit pas assez souvent. Te dis pas que c'est les paroles en l'air d'une simple folle, s'il te plait Howard, faut pas te dire ça... »

Bonnie était la seule à croire au bonheur d' Howard, celui qu'il évoquait avec Kathérina et Alicia, celui avec le « B » majuscule, l'empirique ! Pour la blonde, Howard devait être heureux parce qu'il était beau, parce qu'il était bon, et ça résonnait en lui comme un écho puisque jamais il n'avait imaginé qu'il devait coûte que coûte accéder à ce sentiment là. Il pensait que d'autre y avaient le droit, droite le cranaient, d'autres le feignaient, mais lui, il faisait partie de ceux qui étaient tout simplement passés à côté. Des fois, on loupe le coche !

« Je... Je te promets que je m'y atèle, et... t'avoir rencontré contribue grandement à ce que TU peux appeler « Bonheur », alors... »
, alors il voulait l'amener avec elle bon sang ! Qu'ils fassent les 400 coups, qu'elle rencontre Edgar, qu'elle l'amène goûter des choses, découvrir des choses, chanter des choses !

« Tu sais bien que je vais rester ici jusqu'à ce que je m'éteigne... Mais... mais c'est pas grave ! De ma p'tite cellule j'imaginerais la jolie vie que tu auras, quand je viendrais au jardin je penserais à toi ! Tu sais quoi je.. je vais te donner quelque chose à moi, et tu le garderas sur toi, d'accord ? Je l'ai depuis que je suis bébé, faut me promettre que t'en prendra soin ! Et... et tu l’emmèneras partout et aussi quand tu iras dans un bel endroit, d'accord ? Comme ça je serais aussi un peu là bas et tu te souviendras de mes précédentes paroles. »


Howard ne se doutait pas qu'un cœur qui se brise pouvait se matérialiser à ce point, et pouvait presque... Faire du bruit à l'intérieur. Les éclats de porcelaines éparpillés tout autour de ce qui anciennement servait de pompe, de moteur à ton corps, sont irréparables. On ne recolle pas de la porcelaine. Ce qu'elle lui disait lui faisait si mal qu'il se mit à pleurer sans pudeur, et pas des larmes de joie, ou des manifestations de rire cette fois. Ce syndrome de l'abandon qui le hantait et revenait planer sur lui comme une fatalité inextricable. Il ne savait pas si Bonnie resterait ici toute sa vie car il espérait que Kathérina allait guérir et mener à bout son projet, mais... Il savait qu'il ne la reverrait plus si l'un d'eux partait. Cette idée broya toutes les parties valides de son corps. Les sanglots remplacèrent les larmes, lui qui était si joyeux et si léger quelques secondes avant. Les mots tranchent, la réalité tue. S'il avait écouté le Diable sur son épaule, s'il avait été égoïste, il aurait mentit à Kathérina, il aurait nuit à sa guérison autant qu'il le pouvait, s'opposer aux médecins, faire obstacle, juste pour garder Bonnie et la libérer d'ici. Plus jamais d'Andrew, juste deux bons amis qui ne peuvent se passer l'un de l'autre... Oh comme l'égoïsme était tentant... Kathérina allait guérir, et Bonnie allait mourir... Disparaître, ne plus jamais refaire surface. Howard secoua la tête en mimant
« un non »
catégorique, comme un enfant qui refuse de grandir.

« Non... Je ne veux pas... Bonnie.. ! Quand on me dira qu'il faudra partir, si toutefois ça arrive... », il fixa sa chevalière et la fit tourner pour éviter de regarder son amie. « ça m'achèvera, tu comprends ? J'ai... J'ai jamais eu d'amis, j'ai eu.. J'AI Edgar, je ne sais pas pour combien de temps, la vie j'espère, mais ça n'est pas un ami comme les autres, avec lui je ne peux pas...  Bonnie tu vas affreusement me manquer. », ses sanglots déformaient ses phrases, t il pris un instant pour enfouir son visage dans ses mains et se calmer. En reniflant bruyamment, il écouta son amie évoquer l'idée de tuer ses doubles pour subsister, mais elle ne devait pas tenter le coup, elle n'était pas lucide sur ce coup là...


« Mais.. pourquoi pas, Howard ? Elles... elles sont pas heureuses, alors ça sert à quoi de les laisser ramper dans la poussière ? Elles peuvent pas s'en sortir Howard, elles pourront jamais !  Pourquoi.. pourquoi j'aurais pas le droit de leur offrir la satisfaction de la mort de.. les mettre dans le ciel comme des étoiles ? Elles ont mal Howard et... c'est terrible je.. j'arrive à ressentir leur douleur... je veux pas continuer comme ça moi je... je veux plus jamais cesser de rire, tu comprends ? »

« Parce qu'elles sont en toi Bonnie, et que si tu en tue une, c'est toi que tu vas tuer ! Je ne sais pas comment je dois te le dire... Mais je ne veux pas que tu meurs... »
, sa gorge se serrait à nouveau et il du faire quelques exercices discrets de respiration pour contrôler l'oscillation de sa voix.


« Pourquoi j'ai pas le droit de vivre ma vie dans un vrai corps, comme tout le monde ? »


« Parce que tu es malade... Pourquoi je n'ai pas le droit de me trouver normal et de pouvoir aimer et prier sans honte ? Parce que je suis malade... Pas la même maladie, mais peut-importe ! On est ici, on est prisonnier de quelque chose, et ce qui nous arrive est injuste, mais le sort tombe au hasard sur les gens, et on était sur le mauvais chemin, je suis navré de te l’apprendre, Bonnie. Tu ne méritais pas ça, tu méritais d'exister pleinement... », c'était si dur à dire et à réaliser, qu'il manqua de tomber dans les pommes tant il avait chaud, et la lucidité le quittait peu à peu.
 
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 29 Aoû - 13:03



Howard & Kathérina





Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre. Et tellement de choses encore, tu es infiniment nombreux : celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles. Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile, n’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie, parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être 


« C'est une brillante idée que vous avez là. Je pense que c'est un projet colossal qui vous demandera beaucoup de réflexion et de labeur, et vous avez besoin de vous concentrer sur quelque chose de concret, de plus concret que de comment plier correctement une serviette en papier lors d'une réception. Vous avez besoin de voir quelque chose que vus avez vécu se dresser sous vos yeux, et pas seulement être spectatrice de cette tragédie, mais de la vivre, de la raconter aux gens, de parler enfin, sans même ouvrir la bouche. Ça promet d'être quelque chose de fantastique à laquelle j'aimerais fortement assister. Il faut que vous le fassiez. Il faut que vous sortiez d'ici, et que vous soyez libre de le faire, c'est... c'est votre rêve, il est à VOUS, et personne ne doit personne ne PEUT vous le prendre ! »
Quelle folle utopie que d'oser penser qu'un jour elle allait pouvoir à nouveau être fière d'elle, de son travail puisque, quoi qu'il en soit, Andrew tyrannique ou pas, elle ne sortirait certainement pas de si tôt d'ici et il était presque certain qu'il lui faudrait un long moment avant de pouvoir à nouveau danser comme auparavant aux vues de sa faiblesse déconcertante.Elle avait beau savoir comment orchestrer tout cela puisqu'elle vivait le calvaire qu'elle aurait souhaité mettre en scène, elle avait surtout très peur. Pas de la réaction du Duc, ça, elle s'y attendait, mais d'exposer tout cela aux yeux du public, d'afficher sa folie ainsi.. elle était effrayée d'en prendre conscience. Oui, maintenant il fallait admettre et se raisonner comme tentait de le faire l'anglais de bonne volonté qui lui faisait face. Kathérina laissa apparaître sur son visage si triste ordinairement un petit sourire, certes, mais un franc sourire.
« Je.. je vous remercie. Je sais que c'est nécessaire si je veux m'en sortir, je ne sais pas trop pourquoi mais je pense que ça m'aidera. Il faut juste... que je pense individuellement, que je me concentre sur ça. Il est sûr et déjà écrit que si je parviens à sortir d'ici, ce sera grâce à mon mari, à la corruption. Il ne faut surtout pas que je replonge dans l’engrenage infernal de l'amour obsessionnel, il ne faut pas que je défaille en le voyant sinon... sinon je signe mon arrêt de mort, mon emprisonnement au manoir à perpétuité. Il faut... je dois reprendre le contrôle mais ça me paraît tellement.. irréaliste ! »
La danseuse admettait enfin, elle avouait que la situation ne lui convenait pas, ne lui convenait plus, elle contredisait Alicia qui avait dit que tout allait bien, elle hochait la tête face à Lyzbeth qui soutenait l'idée que cette relation malsaine basée certes sur l'amour mais aussi sur la terreur de l'intimidation et du rapport de force était scandaleuse, révoltante. Désormais elle partageait son avis, du moins elle osait l'exprimer face à ce garçon inconnu qui n'en pensait pas moins.
« Vous ne pouviez me faire davantage plaisir qu'en m'avouant une telle chose. Je crois qu' Andrew existe surtout dans votre tête, comme une tâche qui s'incruste et qui ne part pas au lavage... Mais je crois, je CROIS que vous êtes sur le bon chemin je pense. Je ne vais pas vous dire qu'il sera facile, et après tout j'en sais rien, mais... Vous êtes comme Alice. Perdu sur votre petit chemin, des tonnes de bifurcations possibles, et vous, tout ce que vous avez à faire c'est avancer, mais SURTOUT, ne pas reculer, la fin du labyrinthe est devant vous. » 
Alice était tombée dans un trou en suivant ce petit animal frustré d'être en retard. Elle était tombée dans une pièce aux multiples portes, comme si ces portes représentaient une option, et les clefs le choix fait. Pour atteindre la clef de la porte qui l'intéressait, elle avait du grandir, rapetisser, pleurer une marre de larmes avant de s'en emparer pour ouvrir ce satané choix de vie. Une alternative parmi tant d'autres. Rien que là, des similitudes se dessinaient avec la vie de Kathérina. Elle aussi s'était effondrée, se retrouvant dans une situation où beaucoup de choix s'offraient à elle ; se soumettre, fuir, se battre. Elle aurait aimé n'avoir qu'une clef et ne pas avoir le choix, comme ça elle aurait pu remettre la faute sur le destin mais manque de chance, elle les avait toute en main, c'était elle qui pouvait décider comme Alice finalement, quand se réveiller de ce cauchemar. Elle n'avait pas encore prit le thé avec le chapelier ni rencontré la reine rouge, mais elle était désormais certaine qu'il fallait passer de l'Autre côté du Miroir, retourner dans les méandres de son esprit pour comprendre sa folie, AVANCER comme l'avait dit Howard, comprendre oui, vraiment guérir aussi !
« Si je suis vraiment folle et que j'ignore ce que Cheshire Cat disait sur la folie commune à tous, il faut que je me soigne, il faut que je me soigne d'Andrew et de cette obsession qui me parasite mais il... il faudra absolument qu'il fasse de même pour que.. tout aille mieux entre nous. Sinon je devrais partir et... je ne sais vraiment pas où et comment mais il le faudra. » C'était bien triste à avouer, mais c'était ainsi, elle ne pouvait plus survivre comme ça, elle ne pouvait plus placer sa vie dans les mains de son mari.


Une chose était certaine, le Croque-mort et la Danseuse pliaient sous le poids d'une puissance forte et néfaste qui encadraient leurs épaules, chuchotant, sifflant à leurs oreilles affûtées. Pourquoi Dieu ne faisait-il rien pour ses deux plus grands fidèles, ceux qui n'avaient (presque) jamais pêchés, ceux qui se tournaient toujours vers lui, implorant à genoux son pardon, réclamant en rampant une naissance nouvelle ? Il les testait peut-être, qui sait.
« Vous pensez qu'on peut y arriver, tous les deux, dans l'état dans lequel on est, et du milieu où l'on provient ?» avait-il demandé à Alicia qui se questionnait sur cette interrogation qui lui parcourait l'esprit depuis quelques temps déjà ? La blonde titubait de rester debout, trop concentrée sur la réponse qu'elle allait donner ; elle avait du mal à tenir correctement en place, rester bien droite comme à sa grande habitude était presque impossible.
« Oui ? C'est possible, beaucoup sont heureux sans le mériter, et je ne pense pas que nous soyons les pires personnes au monde, non ? Je veux dire, si le bonheur ne tient qu'à quelques choses finalement, qu'il est un peu partout, avec notre œil avisé et notre capacité à réfléchir, on pourrait bien pour une fois le remarquer, lâcher prise et... savourer quelque chose qui nous semble agréable, n'importe quoi, tant que cela nous tire un sourire.. » proposa la bourgeoise qui semblait nettement moins factice qu'auparavant.
« Allez savoir... Très honnêtement je me suis parfois posé la question, mais j'ai vite rebroussé chemin car j'avais un peu honte de penser que ma richesse me rendait malheureux alors que d'autres mouraient de faim dans la même ville que moi. C'est pas juste, tu vois ? »
Le visage séraphique de la duchesse se referma peu à peu, « Vous savez, on peut être riche et mourir de faim.. » enfin elle osait évoquer un de ses traumatismes infligés par Andrew, commun avec Kathérina. Il y en avait eu des jours, des semaines où elle avait crevé la dalle avec l'interdiction formelle de manger quoi que ce soit. Le pire n'était pas les moments où elle était aux catacombes sans eau ni nourriture, non ! Le pire était lorsque l'enfer était public, à des réceptions par exemple. Oui, d'elle même sous le regard mesquin de son époux, elle devait refuser les plats et garder son sang froid face à l'odeur alléchante des plats des grands chefs qui cuisinaient pour les invités. Une torture terrible lorsqu'on a pas mangé depuis presque une semaine et que l'odeur d'un charmant mets vient vous chatouiller les narines.
« Mais je ne suis pas d'accord, il n'est pas question de justice ici « c'est injuste »... pas tellement. Nous avons le droit d'être triste même si nous sommes fortunés.. Ce n'est pas la richesse qui rend malheureux, peut-être que c'est... la façon dont on l'utilise... On peut être riche et heureux, regardez... les parents de Kathérina eux ils étaient vraiment.. à nager dans le bonheur. Pourtant on aurait pu croire que la gitane qu'était Maria Ruiz, sa mère, aurait eu les yeux plus gros que le ventre face à tout cet argent et... non, même pas. Et Kate avant de rencontrer Andrew, elle rayonnait. Je pense que s'est possible, rare puisque les gens sont vénaux, mais possible. Nous pourrions essayer cette folle expérience, non ? »
Alicia avait la volonté de tenter le coup, juste pour aujourd'hui, juste pour quelques heures, comme quoi Howard savait se montrer influent !


Bon, à l'inverse de Lyzbeth, Alicia ne parlait pas de tout abandonner pour partir vivre comme bon lui semblait, mais c'était déjà un bon début que d'envisager de se détendre de temps en temps. En parlant de détente, certains y allaient un peu fort dans la rigolade ! Lyzbeth et Howard se plaisaient à sortir de leur peau, de leur personne « habituelle » pour revêtir l'habit d'hommes narcissiques et misogynes à souhaits s'essayant à la séduction
« Comment résister à une telle invitation, je lâche le manoir, et m'enfuis par la porte de derrière, fais chauffer le moteur ! » Lyzbeth se mit à applaudir en riant, elle en pleurait tant ses côtes brisées la faisaient souffrir de bouger ainsi qu'elle du se les tenir.
« Je savais que tu rêvais de partir vers le soleil couchant avec un tel James Dean ! » ajouta-t-elle.
« Tu penses que y'en a qui sont sensibles à ce genre d'approches ? Mon Dieu jamais je n'oserai, c'est... Ridicule. Comment j'aimerais qu'on me drague ? Ou... Comment MOI, je drague ? Tu veux rire ? C'est à peine si j'ose dire « bonjour » à un inconnu, et je te parle d'un inconnue taré qui est enfermé avec moi ici, à Ostrov, pas la Reine d'Angleterre ! »
C'était vrai que parler d'approche et de drague en ce lieu était un peu bête. Ils ne se trouvaient pas à un rendez-vous meetic ou autre connerie dans ce genre. Ils étaient dans un asile, en quoi cela pouvait-il bien être important, finalement ?
« Je pourrais pas supporter une telle approche attend... t'imagine ? Non non, c'est trop c'est tellement.. horrible. Je crois que ce que je hais justement c'est la drague, j'aime quand ça se fait naturellement ! Par exemple avec Bonnie y'avait pas de.. question de drague. Elle séduit malgré elle, sans s'en rendre compte c'est genre.. instinctif. Spontané, sans arrière pensée. J'aime ça, j'aime rencontrer quelqu'un avec qui rien n'est sur, rien n'est écrit. On s'est pas parlées dans le but d’être ensemble. On s'est parlées parce qu'on voulait passer le temps. Ensuite j'ai vu à quel point elle était belle, même si ses yeux m'avaient déjà envouté, tu vois ? »
Visiblement, il voyait, avec Edgar, ça semblait être pareil. Howard n'avait pas eu besoin de « t'as de beaux yeux tu sais » ou d'autres approches minables, non avec Edgar c'était.. Évident.
« Franchement je sais pas, je... Quand je suis avec Edgar, je prends son exemple car... Pour être honnête c'est la seule personne avec qui j'ai envie de séduire, ben... Je crois que ça passe par l'humour. Quand on est ensemble, on ne peut pas s'empêcher de chausser une certaine répartie, comme un jeu de ping pong tu vois ? Je crois que pour ma part, c'est lui répondre pour éviter de lui laisser penser qu'il a trop d'importance, et ça... Dans ma tête j'imagine que ça peut lui donner envie de surenchérir, et d'être de plus en plus... Tu vois ? J'en sais rien, je m'y prends comme ça mais je n'y réfléchis pas vraiment. Puis, comment j'aimerais qu'on s'y prenne avec moi, c'est la même chose... Je crois que s'il me complimentait toute la journée je serai tellement mal à l'aise ! Je veux dire, je le trouve immensément plus intéressant et superbe que moi, alors comment peut-il oser me faire des compliment sur mes yeux quand on a les siens, et idem pour chaque centimètre carré de son corps, j'veux dire... Non, je préfère que ça soit cette petite guégère, ces disputes à coups de complicité, je suis comme ça. Après tout, prenez Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy... N'aie-je pas raison ? »
Lyzbeth se figea quelques instants, se rendant compte de la logique déconcertante d'Howard. Un jeu de ping pong et on renvoi la balle à l'adversaire, elle vivait exactement ceci avec Barrow, bien qu'il s'agissait d'un échange de violence, œil pour œil, dent pour dent. Il frappait et elle rendait les coups, les jurons. Il rabaissait, elle faisait de même et ils étaient incapables d'aimer autrement.
« T'aimes... quand c'est pas calculé, quand le feeling passe pas par la drague pure en fait c'est... je crois que tout le monde veut ça au fond non ? Geeennre... fuis moi je te suis, suis moi je te fuis, un jeu ! Le chat et la souris, on tourne autour du pot, on se cherche quoi ! C'est ça que tu veux ? Dis moi ton Edgar, il est joueur, tu me l'as sous entendu tout à l'heure, il est frivole nan ? Alors il fait pareil avec toi tu penses ? »
Puis, revenant brièvement sur le comportement lourd de certains hommes, Howard avoua l'inavouable
«  Si Edgar se la jouait comme ça, y'a moyen que je succombe ! » Lyzbeth pouffa de rire, totalement choquée de l'entendre dire une telle chose « On dit l'amour rend aveugle mais là, ça te rend carrément con ! Genre tu vas pas me faire croire que si Edgar crache par terre, porte une casquette à l'envers HIDEUSE et qu'il te fait HEY MIGNON, T'AS UN ZERO SIX ?!, tu vas te retourner comme une adolescente devant Justin Bieber et lâcher un AW EPOUSE MOI BEBE ! Non, non Howard, je refuse d'y croire ! » termina-t-elle sans parvenir à cesser son rire de furie.


Puis, tout s'estompa au fur et à mesure, l'euphorie naissante des deux nobles redescendit après la grande aventure effrénée dans le jardin lorsqu'ils terminèrent presque enlacés dans l'herbe à rire et à parler, à se découvrir comme deux enfants jouant dans le sable. Howard disait tout ce qu'on aurait aimé entendre à Bonnie qui lui renvoyait bien l’ascenseur ; elle le voulait heureux, il le méritait, oui c'était sûr !
« Je... Je te promets que je m'y atèle, et... t'avoir rencontré contribue grandement à ce que TU peux appeler « Bonheur », alors... »
Ses yeux clairs s'illuminèrent en même temps que son large sourire, elle réussissait à le faire rire, à le faire hurler de joie, à se débarrasser de sa pudeur oppressante, c'était tellement bon de voir ça. Bonnie s'amusait à tripatouiller le col de la chemise terne comme une mère qui ajuste la cravate de son fils avant un entretiens ou qui défroisse le short de ce dernier avant le premier jour de classe. Bonnie aimait le contact physique avec Howard qui ne montrait plus aucun signe de méfiance, au contraire il avait des attitudes encourageantes. Elle n'avait jamais autant touché un garçon sans avoir d'arrière pensée ou de désir, c'était très étrange pour elle.
« Tu sais, je crois que tu participes à chasser mes vieux démons, toi aussi. J'ai beau te regarder, te toucher, j'ai pas de mauvaises pensées, pas de besoin de... quoi que ce soit. Ta bonté doit déteindre je crois ! »
Puis, l'idée intolérable d'être séparé jailli dans leur esprit. Oui c'était possible, même très probable qu'un jour vienne et qu'Howard ne soit plus ici. Bonnie serait sans doute très triste de perdre cette personne qui pouvait l'éloigner de la terrible image qu'elle avait d'elle même. Bien que cela ne faisait que quelques heures qu'ils avaient fait connaissance, la nymphette avait l'impression de l'avoir toujours connu, d'avoir passé sa vie à ses côtés. Un cordon les reliait, comme si un fil rouge accroché à leurs poignets solidement avait toujours été là, s'en était dingue.
« Non... Je ne veux pas... Bonnie.. ! Quand on me dira qu'il faudra partir, si toutefois ça arrive... ça m'achèvera, tu comprends ? J'ai... J'ai jamais eu d'amis, j'ai eu.. J'AI Edgar, je ne sais pas pour combien de temps, la vie j'espère, mais ça n'est pas un ami comme les autres, avec lui je ne peux pas...  Bonnie tu vas affreusement me manquer. »
Il pleurait et rien que cela lui fendait le cœur, elle, la meurtrière qui avait fasciné les médias des semaines durant était affectée par les pleurs d'un inconnu fraichement rencontré ! Elle le prit dans ses bras de moineau décharné pour garder son souvenir le plus longtemps contre elle, comme si elle pouvait se greffer à lui pour ne jamais en être séparé.
« J'espère de tout mon cœur que tu vas sortir parce que tu ne mérites pas d'être ici toi. J'espère aussi que telle une petite souris je pourrais me glisser dans tes bagages mais tu sais bien que.. ça se passera pas comme ça alors... » Alors elle envisageait déjà le pire alors qu'ils auraient certainement tout le loisir de se voir et à nouveau de se serrer l'un contre l'autre ainsi. Elle détacha ses cheveux qu'Andrew avait habillé d'une queue de cheval à l'aide d'un ruban précédemment lorsqu'il présidait encore le corps de la danseuse « tu vois j'ai enfin trouvé quelqu'un comme toi. J'ai l'impression de te connaître depuis le bac à sable, de t'aimer comme j'ai jamais aimé quelqu'un sincèrement et purement tu vois. Pas de l'amour quand on est amoureux, mais de l'amour... d'un autre type, tu vois Alors... je te donne ça comme promesse qu'on se reverra même si tu t'en vas. C'est rien, c'est tout petit finalement et ça a aucune valeur mais je sais que ma maman m'attachait toujours les cheveux avec ça avant. » et tout en ouvrant la main du garçon elle y déposa le petit ruban rose qui l'avait suivit toute sa vie. « Comme ça tu seras jamais loin de moi finalement. Et si la science fait des progrès, doit y'avoir un peu d'ADN dessus comme ça tu pourras me cloner » ajouta-t-elle en riant et en resserrant ses bras autour de lui.


Mais Bonnie avait beau réconforter Howard, lui faire du bien rien qu'en parlant, elle était malade, dans tous les sens du terme. Peut-être faudrait-il qu'elle prenne les choses en main, qu'elle chasse les alter égo du corps de Kathérina, voire même qu'elle chasse Kathérina ! C'était une bonne idée ? Howard ne semblait pas pour.
« Parce qu'elles sont en toi Bonnie, et que si tu en tue une, c'est toi que tu vas tuer ! Je ne sais pas comment je dois te le dire... Mais je ne veux pas que tu meurs... »
Bonnie n'arborait plus ce sourire éclatant, elle ne riait plus, elle ne gesticulait plus. « Mais... mais si je les laisse faire tu crois qu'elles feront quoi ? Elles vont nous faire mourir, elles se laissent faire, elles se laissent dominer et... elles nous font prisonnière si je décide pas de les sortir de ce corps elles vont me faire disparaître, j'ai pas envie de partir d'ici Howard ! La vie que je peux avoir est tellement merveilleuse... je veux pas m'en aller et pourtant tout le monde ici veut que je parte. » c'était un discours naïf mais pleins de sens, Bonnie savait que si on soignait Kathérina, elle allait s'évaporer. Elle avait quelques moments de lucidité où elle comprenait qu'elle était... ELLES. Alors elle voulait se battre pour gagner le corps, vivre à travers elle mais Howard savait que c'était une mauvaise chose, qu'elle devait rendre son enveloppe charnelle à Kathérina.
« Parce que tu es malade... Pourquoi je n'ai pas le droit de me trouver normal et de pouvoir aimer et prier sans honte ? Parce que je suis malade... Pas la même maladie, mais peut-importe ! On est ici, on est prisonnier de quelque chose, et ce qui nous arrive est injuste, mais le sort tombe au hasard sur les gens, et on était sur le mauvais chemin, je suis navré de te l’apprendre, Bonnie. Tu ne méritais pas ça, tu méritais d'exister pleinement... »
La nymphe se serra contre lui, la fatalité de la situation l'assommait d'un coup sec, le Dieu dont parlait tant Alicia se fichait ouvertement d'elle en la pointant du doigt et elle... qu'est ce qu'elle allait faire ? « Je sais... je sais que je suis pas une vraie personne tu sais. Mais si je me manifeste c'est qu'il y a une raison, c'est que je suis quand même là, quelque part. Je suis comme.... tu vois les étoiles, celles que nous on peut voir dans le ciel sont déjà mortes depuis très très longtemps. Là c'est pareil, je suis un bout de Kate qui est mort, mais que tu vois, pas à cause de la vitesse de la lumière, mais parce que je veux encore briller. Je veux pas m'éteindre et mourir Howard. »




CREDITS IMAGES: BIBI ○ CREDITS FICHE: ROMANE
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 6 Sep - 15:44

On a frôlé la vie! ✻ Kathérina & Howard
« Je.. je vous remercie. Je sais que c'est nécessaire si je veux m'en sortir, je ne sais pas trop pourquoi mais je pense que ça m'aidera. Il faut juste... que je pense individuellement, que je me concentre sur ça. Il est sûr et déjà écrit que si je parviens à sortir d'ici, ce sera grâce à mon mari, à la corruption. Il ne faut surtout pas que je replonge dans l’engrenage infernal de l'amour obsessionnel, il ne faut pas que je défaille en le voyant sinon... sinon je signe mon arrêt de mort, mon emprisonnement au manoir à perpétuité. Il faut... je dois reprendre le contrôle mais ça me paraît tellement.. irréaliste ! »

Peut-être était-il temps pour Howard d'envisager une réorientation professionnelle, psychologue ça lui allait pas trop mal... Ou pas ! En fait s'il y parvenait si bien c'était parce qu'il vivait sensiblement la même histoire que Kathérina, à quelques détails près. C'était plus facile d'ouvrir son cœur, de laisser ses désirs les plus fous vivre pour elle et non pour lui, comme des conseils qu'elle se devait d'appliquer sans songer qu'en fait il se faisait lui-même la morale. Cela fonctionnait bien, le cheminement se faisait également dans sa propre tête. Ça lui rappelait étrangement la conversation qu'il avait eu avec Edgar Anderson dans l'entrée de l'hôpital. Cette volonté de se tirer loin d'ici, mais la réalité décourageante qui ne cessait de se foutre en travers de leur route. Ces gardes, ces alarmes, cet océan, et pire que tout pour Howard : cette liberté hypothétique... C'était ça le plus gros danger, le plus gros obstacle pour lui. Comment pouvait-il tout lâcher, se détacher de son nom pour devenir Monsieur Anonyme, se rebaptiser pour échapper au piège de son arbre généalogique. Bon sang ce qu'il comprenait Kathérina, il était en phase avec elle comme s'il ne faisaient plus qu'un. En poussant les portes d' Ostrov et qu'elles se refermèrent sur lui comme une lourde fatalité, il ne s'était jamais douté qu'il allait rencontrer cette âme jumelle, ce petit havre de consolation qui, dans sa douleur égale, allait lui prouver qu'il n'était pas le seul à souffrir en silence.

« Cela vous paraît irréaliste car vous en rêvez. Les rêves sont comme ça... D'ailleurs il faut que ça soit assez irréaliste justement pour pouvoir en rêver, non ? Sinon c'est plus un... Projet, bien que les deux peuvent s’imbriquer, je vous le concède. Le Duc qui vous a épousé est... Comment dire ça... Enfin, encore une fois je ne suis sans doute pas le mieux placé pour vous donner des leçons, mais c'est une pierre qui retient la ficelle du ballon qui doit s'envoler... », oui Howard n'a pas eu d'enfance, faire une métaphore avec un ballon c'est puérile mais c'est assez logique.

« Vous avez besoin d'aller d'aller chercher vos rêves, de regonfler le ballon d’hélium, j'ai... J'ai besoin de sentir votre volonté et vos espoirs. » voilà... Tout était dit. Il avait laissé entrevoir sa détresse à Kathérina, il lui avait dit « Il faut que vous alliez mieux parce que vous et moi nous portons mutuellement. Vous tentez, je tente, deal ? ».


« Si je suis vraiment folle et que j'ignore ce que Cheshire Cat disait sur la folie commune à tous, il faut que je me soigne, il faut que je me soigne d'Andrew et de cette obsession qui me parasite mais il... il faudra absolument qu'il fasse de même pour que.. tout aille mieux entre nous. Sinon je devrais partir et... je ne sais vraiment pas où et comment mais il le faudra. »

Howard avait lu « Alice in Wonderland », et plus d'une fois ! L'épisode dont parlait Kathérina l'avait particulièrement fait réfléchir sur la vie qu'il menait, celle qu'il aurait pu mener, et celle qu'il ne pourrait jamais goûter, même avec toute la volonté du monde. Il devenait fou, il devenait malade, et il ne savait plus où donner de la tête. Est-ce que c'était son père qui avait raison ? Edgar ? Qui suivre ? Qui écouter ? Il se sentait comme une petite Alice dégringoler de tout son poids au fond du terrier, la chute allait être brutale, mais il avait besoin de toucher le sol, de marcher sur quelque chose de solide.

« Ce chat est un psychopathe... Personnellement il m'a toujours fichu une trouille bleue ! Faut dire que j'étais jeune quand j'ai lu Alice, en retombant dedans plus récemment... J'ai eu une toute autre vision de l'histoire, mais ce fameux Cheshire Cat est toujours aussi pesant ! Il rentre dans mon cerveau... », dit-il en se frottant les tempes et en chassant ces images obsédantes.

« Vous avez raison, il faut se débarrasser de ce qui vous encombre et vous tire vers le bas. Si Andrew en fait partie »
et il en fait partie ! « alors il faut agir... !» 

En parlant d'agir, Alicia n'avait pas vraiment de doutes sur le fait qu'elle et li pouvaient arriver à dépasser son milieu social et ses origines, pour s'émanciper.

« Oui ? C'est possible, beaucoup sont heureux sans le mériter, et je ne pense pas que nous soyons les pires personnes au monde, non ? Je veux dire, si le bonheur ne tient qu'à quelques choses finalement, qu'il est un peu partout, avec notre œil avisé et notre capacité à réfléchir, on pourrait bien pour une fois le remarquer, lâcher prise et... savourer quelque chose qui nous semble agréable, n'importe quoi, tant que cela nous tire un sourire.. »

Sa réflexion n'était pas idiote, elle avait raison en fin de compte. Des gens malhonnêtes étaient heureux, et d'autres qui s'épuisaient à faire le bien étaient fauchés par le poids écrasant des responsabilités.

« Tu penses qu'on doit prendre le taureau par les cornes, je veux dire... », il pouvait dire à Alicia des choses qu'il ne pouvait pas exprimer avec Kathérina. Par exemple sa peur d'échouer, ses craintes, et toutes les choses qui auraient fait douter ou hésiter la danseuse.

« Et si on échoue ? Si on fournit l'effort mais qu'au final on se heurte au mur de nos illusions. Si la réalité nous rattrape et nous... », il déglutit difficilement - « nous fracasse... », au sens propre et au sens figuré, malheureusement.

« Vous savez, on peut être riche et mourir de faim.. »


Howard releva la tête, ses sourcils fournis et sombres très légèrement froncés pour marquer une insinuation. Le ton d' Alicia semblait lourd comme un glas, une révélation cinglante. Howard avait compris, il avait parlé à Kathérina juste avant, il connaissait les sévisses que subissait la femme du Duc Barrow, et ce genre d'actes lui faisaient froid dans le dos.

« Je comprends... Tout comme on peut être riche et avoir la gorge tellement serrée qu'il nous est impossible d'avaler quelque chose de solide. »
, ouais... Ils n'étaient pas si différents finalement.

« Mais je ne suis pas d'accord, il n'est pas question de justice ici « c'est injuste »... pas tellement. Nous avons le droit d'être triste même si nous sommes fortunés.. Ce n'est pas la richesse qui rend malheureux, peut-être que c'est... la façon dont on l'utilise... On peut être riche et heureux, regardez... les parents de Kathérina eux ils étaient vraiment.. à nager dans le bonheur. Pourtant on aurait pu croire que la gitane qu'était Maria Ruiz, sa mère, aurait eu les yeux plus gros que le ventre face à tout cet argent et... non, même pas. Et Kate avant de rencontrer Andrew, elle rayonnait. Je pense que s'est possible, rare puisque les gens sont vénaux, mais possible. Nous pourrions essayer cette folle expérience, non ? »

Les larmes montèrent aux yeux d' Howard. Les rétines brûlèrent et il détourna le regard pour le fixer au loin, au dessus des grilles aux dents pointues d' Ostrov Island. Il mima un « non » très catégorique de la tête sans regarder Alicia.

« Des gens peuvent être heureux avec un porte feuille bien garnie. La bourgeoisie n'est pas toujours remplie de masques aux sourires factices, je vous l'accorde. En revanche... La folle expérience dont tu parles, je ne peux pas en faire mon affaire. ». Cet idiot de petit catholique poussait ces femmes à avancer, à agir, et lui reculait devant la moindre difficulté, quelle plaie... !

« J'aimerais vous montrer le milieu dans lequel je vis. Il vous suffirait d'un seul regard pour comprendre. Je ne me plains pas de ne pas être heureux, je reste simplement lucide sur la situation. Je vis dans un endroit où la lumière du jour s'arrête aux volets de la bâtisse. A l'intérieur tout est mort, dans... Tous les sens du terme. Il n'y a plus de joie, de curiosité, de légèreté. Je n'ai jamais reconnu une once d'humour à Père, Mère quant à elle devient toute petite, elle a le dos voûté, sa bouche est scellée avec du ciment. Franchement... Regarde-moi ! J'ai l'air d'une poupée de cire ! »
, s'exclama-t-il en désignant son visage blafard qui contrastait avec la lourdeur épaisse de ses cheveux noirs. 

« Et puis chez moi... », il mordit dans sa lèvre. « Il y a le Diable. », comme ça, vlan. Ce n'était pas James Taylor la menace et le parasite majeur dans la demeure, c'était le Malin qui contrôlait son cerveau, et c'était en partie pour ça qu' Howard admirait son père et son talent, et craignait les forces maléfiques qu'il subissait lui aussi.

« J'ai prié, si tu savais combien de fois j'ai prié, mais Il est resté là... ».

En parlant du Diable.... Lyzbeth avec sa chevelure qui avait soudain l'air d'un brasier se pencha en arrière pour éclater de rire en se tenant les côtes. Son rire était effrayant mais communicatif.
 Lyzbeth se mit à applaudir en riant, elle en pleurait tant ses côtes brisées la faisaient souffrir de bouger ainsi qu'elle du se les tenir.

« Je savais que tu rêvais de partir vers le soleil couchant avec un tel James Dean ! »

Les lèvres fines d' Howard se retroussèrent timidement alors que ses pommettes fourmillaient encore. Pourquoi pas ? Il n'était clairement pas un James Dean, lui, mais si éventuellement il en connaissait un ? Un Jack Dawson ! La réflexion de la furie sur les techniques de drague, le ramena sur la terre ferme.

« Je pourrais pas supporter une telle approche attend... t'imagine ? Non non, c'est trop c'est tellement.. horrible. Je crois que ce que je hais justement c'est la drague, j'aime quand ça se fait naturellement ! Par exemple avec Bonnie y'avait pas de.. question de drague. Elle séduit malgré elle, sans s'en rendre compte c'est genre.. instinctif. Spontané, sans arrière pensée. J'aime ça, j'aime rencontrer quelqu'un avec qui rien n'est sur, rien n'est écrit. On s'est pas parlées dans le but d’être ensemble. On s'est parlées parce qu'on voulait passer le temps. Ensuite j'ai vu à quel point elle était belle, même si ses yeux m'avaient déjà envouté, tu vois ? »

La cage thoracique du brun se souleva un peu trop fort, à tel point qu'il manqua de s'étouffer. S'il voyait ? Lyzbeth parlait avec un homme complètement démunit par l'absence d'un autre, qui aurait vendu sa peau pour pouvoir rester quelques secondes de plus en sa compagnie. La séduction, la drague n'avait rien à voir là dedans ! Edgar draguait les femmes, il l'avait vu à l’œuvre, il était doué pour ça ! Mais entre eux, rien de tout cela n'avait lieu d'être. Howard avait simplement besoin qu'il soit présent devant ses yeux, bien réel et juste immobile comme une statue de marbre vers laquelle il se tournait pour prier. Juste le fixer droit dans les yeux jusqu'à ce que ça devienne trop troublant, jusqu'à se sentir mal à l'aise et dépossédé de tout.

« Je vois... Être... Surpris. Tomber des nues par l’invraisemblance des sensations qui circulent.. », il déglutit en fixant un brin d'herbe.  

« T'aimes... quand c'est pas calculé, quand le feeling passe pas par la drague pure en fait c'est... je crois que tout le monde veut ça au fond non ? Geeennre... fuis moi je te suis, suis moi je te fuis, un jeu ! Le chat et la souris, on tourne autour du pot, on se cherche quoi ! C'est ça que tu veux ? Dis moi ton Edgar, il est joueur, tu me l'as sous entendu tout à l'heure, il est frivole nan ? Alors il fait pareil avec toi tu penses ? »


Howard soupira longuement à l'évocation de Lyz : « Ton Edgar », comme s'il pouvait le posséder comme quelque chose de matériel. Edgar était de la fumée de cigarette.

« Edgar ne m'aime pas. On s'est retrouvé, je... J'ai ressenti tellement de sensations atroces dans le ventre, à en vomir tripes et boyaux, et lui ? Rien... Il tait là, tellement... Stoïque, tellement imperturbable, sortant de trois mois d'isolement, tout crasseux, l'air ahurit. Il n'a rien ressenti je te dis... J'ai l'impression qu'il s'en fout de moi, que si j'avais été n'importe qui d'autre j'aurais tout aussi bien fait l'affaire. Laisse tomber, pas de plans James Dean pour nous. »

Pourtant, Edgar avait des charmes incalculables qui auraient pu faire tomber Howard en un rien de temps, sans même qu'il s'en rende compte. Il pouvait même bousculer les conventions, jouer à tout ce que l'anglais abhorrait, il décrocherait le gros lot quand même...

« On dit l'amour rend aveugle mais là, ça te rend carrément con ! Genre tu vas pas me faire croire que si Edgar crache par terre, porte une casquette à l'envers HIDEUSE et qu'il te fait HEY MIGNON, T'AS UN ZERO SIX ?!, tu vas te retourner comme une adolescente devant Justin Bieber et lâcher un AW EPOUSE MOI BEBE ! Non, non Howard, je refuse d'y croire ! »

Howard croisa les bras, faussement vexé, rougissant à peu près comme une adolescente devant Justin Bieber justement.

« Eh eh eh ! Tant que tu n'as pas rencontré Edgar, tu ne peux pas imaginer ! Je suis certain qu'il peut te faire changer d'avis. Si tu le voyais rahhh »
, Howard James Taylor, quinze ans et demi.
Et l'arrivée fracassante de Bonnie à ses côtés n'arrangea en rien son euphorie. Howard essayait de sauver Kathérina et Bonnie lui renvoyait l’ascenseur, sacrée équipe ! Il était heureux là, là tout de suite en tout cas, présentement. Oh il ne se faisait pas d'illusions, il savait bien que cette sensation de félicité était de courte durée, mais tout bonheur était bon à prendre dans sa situation. Bonnie était le soleil d'Ostrov, rien à voir avec Edgar qui malgré les sensations qu'il faisait subir à l'anglais, ne lui apportait que davantage de doutes et de terreur.

« Tu sais, je crois que tu participes à chasser mes vieux démons, toi aussi. J'ai beau te regarder, te toucher, j'ai pas de mauvaises pensées, pas de besoin de... quoi que ce soit. Ta bonté doit déteindre je crois ! »

Il se mit à rire.

« Ma bonté ? Bonnie, tu es gentille, mais tu ne dois pas souvent croiser des nobles gens, parce que je n'ai rien de tout ça ! Je me laisse simplement porter par ta force, moi qui n'en ai pas, et probablement tu te vois un peu en moi. Et... Si je peux te faire prendre conscience du bien que tu m'apportes, alors je m'estime heureux ! », même à son livre préféré, Howard n'avait jamais fait de telles déclarations !

Le croque mort passait du rire aux larmes avec Bonnie. Ce qu'ils vivaient était tellement intense, ils étaient tellement fusionnels que l'idée même d'être séparés à jamais lui donnait envie de mourir à nouveau, comme la fois où il avait franchit pour la première fois ces portes, la mort dans l'âme, certain qu'il finirait par mettre fin à ses jours en toute tranquillité. Les bras maigres et tremblants de la jolie nymphette l'enveloppèrent et Howard se sentit si faible d'un seul coup, comme vidé de toutes ses forces.

« J'espère de tout mon cœur que tu vas sortir parce que tu ne mérites pas d'être ici toi. J'espère aussi que telle une petite souris je pourrais me glisser dans tes bagages mais tu sais bien que.. ça se passera pas comme ça alors... » 


Elle détacha ses cheveux, et le visage humide de l'anglais se noya dans un océan de phéromones. Voilà que l'envie malsaine de condamner Kathérina refit surface. « Mais viens, cache toi dans ma valise, tu es si maigre, personne ne te remarqueras ! », songea-t-il naïvement.

« Attends, on pleure comme des madeleines là, mais rien ne garantie que je sorte un jour. J'ai de lourdes pathologies malgré mon caractère de bonne poire...»


Et Howard compris pourquoi elle avait lâché sa lourde chevelure. Dans ses mains squelettiques elle serrait son petit ruban rose fermement, et le tendit vers son ami.

« Tu vois j'ai enfin trouvé quelqu'un comme toi. J'ai l'impression de te connaître depuis le bac à sable, de t'aimer comme j'ai jamais aimé quelqu'un sincèrement et purement tu vois. Pas de l'amour quand on est amoureux, mais de l'amour... d'un autre type, tu vois Alors... je te donne ça comme promesse qu'on se reverra même si tu t'en vas. C'est rien, c'est tout petit finalement et ça a aucune valeur mais je sais que ma maman m'attachait toujours les cheveux avec ça avant. »

La main d' Howard avait l'air de celle d'un homme âgé, vibrante d'émotion, emprisonnant le présent de l'amie dont il avait toujours rêvé. Peut-être que Kathérina allait pleurer d'avoir perdu ce ruban, mais elle devrait s'y faire parce qu'il ne pouvait pas laisser derrière lui cette preuve d'amitié. Il allait un jour repartir avec la preuve qu'une personne lui avait fait dépasser toutes ses peurs et ses troubles. Elle faisait de lui l'homme qu'il avait toujours rêvé d'être, enfin... A quelque détails près qu'elle ne pourrait jamais guérir, mais cette preuve il la chérirai quand il doutera qu'une telle amitié puisse avoir un jour traversé sa vie.

« Bonnie, je... », sa salive lui fit un mal de chien en descendant dans sa gorge. Il savait que c'était important pour elle, alors à son tour il devait faire un geste vers elle, non, il VOULAIT le faire, c'était différent. On lui avait retiré sa petite croix d'argent autour du coup, il ne portait que sa chevalière. Cette chose ignoble qui alourdissait son doigt et qui le marquait comme un animal à abattoir. James le tuerai s'il savait qu'il avait fait cadeau de ce blason, mais... Peut-être qu'il aurait pu lui dire que l'hôpital l'avait égaré en la lui confisquant ! Il al retira donc, péniblement car elle n'avait jamais quitté son annulaire droit, et la plaça dans la paume ouverte de Bonnie.

« Elle est bien trop grande pour ton doigt, mais c'est tout ce que j'ai à te donner, et je t'interdis de refuser. Donne la à Lyzbeth au pire, elle pourra en tirer un bon prix ! », plaisanta-t-il en essuyant une larme avec sa manche. Dieu que c'était bon de retirer cette chose ! Il n'avait jamais osé le faire, mais c'était comme de faire bloc avec Kathérina et Alicia, être le ciment qui lie les deux, « on y va ! », c'était donné de la vie et de la crédibilité à ses paroles. Il l'avait fait inconsciemment, juste pour offrir quelque chose à Bonnie, puis maintenant, tout s’emboîtait dans son esprit. C'était fantastique.

« Comme ça tu seras jamais loin de moi finalement. Et si la science fait des progrès, doit y'avoir un peu d'ADN dessus comme ça tu pourras me cloner »


« Ne me tente pas, je pourrai bien essayer de te cloner ! », surenchérit-il en versant sa dernière larme dans les cheveux blonds qui chatouillaient son nez.

Il était temps d'essayer de faire comprendre à Bonnie que c'était elle qu' Howard aimait, mais que malheureusement elle était malade, et qu'elle ne devait tuer ses alter-egos car elle se tuerait elle-même... Il était à peu près certain qu'aucun psy de cet hôpital ne s'était risqué à de telles insinuations directes, il était dangereux là, très dangereux...


« Mais... mais si je les laisse faire tu crois qu'elles feront quoi ? Elles vont nous faire mourir, elles se laissent faire, elles se laissent dominer et... elles nous font prisonnière si je décide pas de les sortir de ce corps elles vont me faire disparaître, j'ai pas envie de partir d'ici Howard ! La vie que je peux avoir est tellement merveilleuse... je veux pas m'en aller et pourtant tout le monde ici veut que je parte. »


Une colère singulière monta dans son corps.

« C'est faux ! Moi je ne veux pas que tu partes ! J'aime bien tes amis, elles sont intelligentes, mais personne n'a le droit de t'arracher à moi ! Si ça n'avait pas été si compliqué j'aurais pu pousser l'égoïsme jusqu'à approuver ta volonté d'écarter Kathérina, écarter Alicia et même Lyzbeth, mais non, Bonnie ! Ne te fais pas de mal... Essaye de vire, essaye... D'exister le plus longtemps possible, je t'en prie... J'ai besoin  de toi... », c'était un supplice. Jean qui rit et Jean qui pleure, un pantin.

« Je sais... je sais que je suis pas une vraie personne tu sais. Mais si je me manifeste c'est qu'il y a une raison, c'est que je suis quand même là, quelque part. Je suis comme.... tu vois les étoiles, celles que nous on peut voir dans le ciel sont déjà mortes depuis très très longtemps. Là c'est pareil, je suis un bout de Kate qui est mort, mais que tu vois, pas à cause de la vitesse de la lumière, mais parce que je veux encore briller. Je veux pas m'éteindre et mourir Howard. »

Mais comment pouvait-on dire ça ? Est-ce que la force de la psychologie pouvait décemment faire dire de telles choses ? C'était pire qu'un jouet dans Toy story ! « Je sais que je ne suis pas une vraie personne ». Wow c'était brutal, et fou. Devant tant de lucidité, une lucidité effrayante, Howard inclina la tête, et referma la main de Bonnie sur sa chevalière comme pour l'emprisonner à l'intérieur.

« Les étoiles ne t'arrivent pas à la cheville...
Kathérina. »
, vlan. Voilà comment dire « j'ai compris que tu avais compris ».
 
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EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 21 Sep - 23:23



Howard & Kathérina




Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre. Et tellement de choses encore, tu es infiniment nombreux : celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles. Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile, n’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie, parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être 


« Cela vous paraît irréaliste car vous en rêvez. Les rêves sont comme ça... D'ailleurs il faut que ça soit assez irréaliste justement pour pouvoir en rêver, non ? Sinon c'est plus un... Projet, bien que les deux peuvent s’imbriquer, je vous le concède. Le Duc qui vous a épousé est... Comment dire ça... Enfin, encore une fois je ne suis sans doute pas le mieux placé pour vous donner des leçons, mais c'est une pierre qui retient la ficelle du ballon qui doit s'envoler... »
Kathérina était un petit ballon que le Duc s'acharnait à crever, il voulait la faire exploser, la comprimer si fort qu'elle se dégonflerait lamentablement. Attendait-il vraiment sa chute, sa déchéance ? Souhaitait-il réellement la voir au plus bas, plus malheureuse que jamais ? Non, bien sur que non, cela n'était pas dans ses projets. Il avait toujours eu cette lueur dans le regard en voyant sa danseuse rayonner, il l'avait vanté, il avait même crâné d'avoir une telle fille à son bras et lorsqu'il lui avait passé la bague au doigt, il avait tout bonnement pleuré de joie. Le sentiment était indescriptible, jamais il n'aurait pu penser aimer autant, admirer à ce point une personne, vénérer même. Mais cette perfection le hantait, cette réussite flagrante portait l'attention sur elle, Kathérina était demandée, convoitée. Andrew n'aurait pas eu de satisfaction à la savoir dans son ombre, mais il ne voulait pas qu'elle l'oppresse, qu'elle devienne omniprésente dans l'environnement extérieur. Non, il la voulait omniprésente pour lui, pas pour les autres. Et pourtant.. pourtant il participait à cette sur exposition, il faisait d'elle une figure emblématique, sa muse qui siégeait sur chaque centimètre des grands murs de sa galerie. Et les autres, Lyzbeth, Alicia et Bonnie... Andrew n'avait jamais pu comprendre réellement ces personnes et pourtant, Dieu seul savait combien il les aimait, combien Bonnie le manipulait joyeusement, réclamant les pires supplices et le faisait se sentir si faible lorsqu'elle partait en compagnie d'autres hommes puis revenait ramper souriante à ses pieds le couvrant de caresses et de mots rassurants, combien il aimait ses disputes incessantes avec Lyzbeth, les coups, les mots douloureux et la violence, son cri, ses yeux exorbité par la haine qu'elle lui vouait, sa rage quand il osait la maintenir contre lui et l'embrasser.. et la tendresse déguisée d'Alicia qui était terrifiée, oui, il aimait la terreur dans ses yeux, la façon dont elle restait droite et fière en toute condition, la force qu'elle mettait à se montrer irréprochable, à se laisser faire sans dire un mot. Il aimait ces filles si différentes qui avaient un jour constituées la femme de sa vie, et maintenant il ne savait plus comment les réunir. De là où il était, pleurant sur son sort, sur cet éloignement insupportable qu'il devait gérer avec calme, il regrettait ses actes malveillants, ses paroles outrageuses et la douleur infligée à sa douce. Néanmoins.. il ne pouvait s'empêcher d'avoir de violentes envies, des pensées obscènes « si je l'attrape, si je la retrouve je ne lui laisserais plus la force de se relever pour qu'elle franchisse à nouveau la porte. »
« Depuis que je suis ici, je crois que toutes mes pensées sont utopistes, c'est toujours.. surréaliste. Je veux m'en aller pour régler ma vie, réparer mes erreurs, soigner mon mari, avoir une famille, réaliser ce projet dingue... Et voir ce qu'il se passe sans l'avoir réglé sur du papier à lettre par la suite. Je ne sais pas si après ça je serais heureuse, mais je sais que si je retrouve celui que j'ai aimé, la personne si calme et douce qui a prit ma main... je pourrais peut-être sourire sincèrement. Renaître de mes cendres pour ainsi dire.. » Elle inspira profondément en levant les yeux au ciel, elle ne devait plus pleurer, elle n'avait presque plus de larmes et s'en était assez, elle devait relever la tête.
« Vous avez besoin d'aller d'aller chercher vos rêves, de regonfler le ballon d’hélium, j'ai... J'ai besoin de sentir votre volonté et vos espoirs. »
Pourquoi ? Kathérina pencha légèrement sa tête sur le côté en toisant de ses grands yeux le petit brun. Il avait besoin de sentir ça, comme si cet espoir, cette envie de se battre était communicative, comme si par sa possible réussite, elle l'entraînait avec elle et... En fait, il avait raison, ils remonteraient la pente. Il croyait en elle, alors elle allait faire de même.
« Et toi, qu'advient-il de toi ? Si.. si tu me tiens ce si beau et grand discours, si tu me regardes dans les yeux comme cela et que tu me dis tout ça, alors toi aussi.. toi aussi tu dois y croire. » la blondinette l'avait tutoyé, comme si il avait été un frère de galère, un partenaire de malchance avec qui elle avait tout connu. Ils devaient s'épauler. Alors, elle lui tendit son petit doigts « Si je te jure que je vais tenter d'aller mieux, de m'en sortir, de me regonfler d'air pour pouvoir m'envoler librement, toi aussi tu dois me le jurer Howard. " ses mots, les expressions de son visage et même sa voix, plus rien ne laissait voir qu'il s'agissait là d'une jeune fille détruite par la vie, ravagée, triste et oppressée. Elle retrouvait une once de spontanéité, un petit éclat au coin de l’œil.


Naïveté, sourire en coin et bons joyeux, l'ingénue Alice venait de s'emmêler dans la conversation. Elle aussi elle en avait vu des vertes et des pas mûres, elle avait croisé la route de vilaines et épineuses roses, traversé des labyrinthes, conversé avec des drogués, des fous, c'était cachée pour échapper aux gardes et c'était retrouvée en face d'une tyrannique Reine sadique. Elle était devenue grande, puis toute petite, elle avait pleuré comme Howard, comme Kate des rivières entières, dit des choses maladroites à répétition, elle voulait se rattraper et finalement sortir de ce cauchemars sans fin. On aurait pu croire finalement, qu'Alice aussi était coincée entre les grands et interminables murs d'Ostrov Island, l'île qui dansait sur ses pleurs, l'île où le Dodo c'était trouvé avec les autres animaux avant qu'elle n'entre vraiment dans son merveilleux monde onirique. Une question se posait désormais. Qui avait été réellement l'allié de la petite blonde en tenue bleue ? Le chapelier l'avait-il vraiment aiguillé, ou l'avait-il simplement davantage retardée ? En parlant de retard, le lapin ne s'était-il donc pas servi de l'enfant pour aller chercher ses gants et arriver à l'heure aux pieds de la Reine ? La chenille ne s'était-elle donc pas délectée de la voir consommer toute ces boissons, tous cs gâteaux et ses champignons afin de finalement toujours être à une taille inconvenante ? Et le Chat Cheshire.. ne fichait-il pas d'elle pendant tout se temps à la surveiller et sourire sans cesse dans l'ombre ? « Ce chat est un psychopathe... Personnellement il m'a toujours fichu une trouille bleue ! Faut dire que j'étais jeune quand j'ai lu Alice, en retombant dedans plus récemment... J'ai eu une toute autre vision de l'histoire, mais ce fameux Cheshire Cat est toujours aussi pesant ! Il rentre dans mon cerveau... »
Jamais elle n'avait vu les choses sous cet angle, mais il n'avait pas tord finalement. Ce chat était difficile à cerner, vraisemblablement. « Andrew est comme lui. Son sourire est carnassier, il apparaît et disparaît, il rit de ton malheur et il tournoi dans ta tête. Il est marquant, mystérieux et inoubliable. Finalement, on ne sait pas vraiment ce qu'il veut, si c'est aider, épauler ou enfoncer. » C'était pesant comme disait Howard, cette angoisse permanente qui la prenait au cou, elle se questionnait souvent sur les buts de son époux. Il n'avait pas de limite, encore moins de logique. Je t'aime alors je t’asservis, c'était une routine, mais une routine toute foi rythmée, imprévisible. Cheshire Cat était tout aussi dingue, sauf que lui n'avait aucune peur de l'abandon comme Barrow, il n'avait pas non plus d'épouse incontrôlable, bien heureusement ! Mais une chose était certaine, il avait manipulé la jeune Alice et c'était un de ses points communs avec Andrew qui avait rendu malade la Alicia. « Vous avez raison, il faut se débarrasser de ce qui vous encombre et vous tire vers le bas. Si Andrew en fait partie  alors il faut agir... !» La danseuse se frotta le front en gardant les yeux sur Howard. Agir, qu'entendait-il par cela ? Lyzbeth avait agit, elle avait failli le tuer, elle avait prit fermement le bras de Kathérina et avait volé la voiture favorite du Duc. C'était suffisant, non ? « Agir ? Comment ? Je n'ai jamais vu de solution pour.. agir contre Andrew. Je devrais partir tu penses ? Je devrais l'oublier, passer à autre chose, trouver quelqu'un de « mieux » ? Je devrais tout quitter, redémarrer tout. C'est difficile comme projet, c'est délirant. Mais.. il faut que je continue … que je me remette à vivre si Dieu me pardonne et m'offre une chance. » Une chance ? C'était bien trop tard, malgré toute les précaution qu'avait prit Alicia pour garder un corps irréprochable, propre, la nymphomane l'avait contaminé d'un virus qui la détruisait petit à petit et qui ne laisserait bientôt d'elle qu'un cadavre effrayant, frappé par la mort qu'Howard pourrait bien se faire joie de décorer, qui sait ! Mais 'Cia ne savait pas, elle était saine, avait une vie saine et parfaite. Elle, elle n'était pas malade, mais ses amies avaient mérité leur triste sort.


« Tu penses qu'on doit prendre le taureau par les cornes, je veux dire...Et si on échoue ? Si on fournit l'effort mais qu'au final on se heurte au mur de nos illusions. Si la réalité nous rattrape et nous... nous fracasse...   »
Howard doutait désormais de ses propres propos. Il y a quelques instants, il L'avait relevé, il l'avait faite plus grande, plus forte et maintenant.. les questions existentielles revenaient à la charge brutalement.
« Nous sommes des taureaux de corrida. On nous élève dans le luxe, la beauté. On a tous ce qu'on veut, quand on veut. Un toit, un lit confortable et sans fin aux draps merveilleux ornementé à en faire mal à la tête. De beaux habits qui soulignent notre aspect si matérialiste et superficiel mais qui prouve aux autres gens hautains et pédant qui appartiennent à notre groupe social que nous aussi, nous avons notre importance et de belles manières. Mais, le toréador est là, il observe, il surveille, et lorsque nous arrivons à maturé, on nous jette dans l'arène. On nous humilie, on nous massacre, on viole notre dignité. Il nous exécute sous les regards ébahit, puis.. puis les applaudissements qui refletent l'indifférence fusent sous les mains de la populace qui qualifie cet acte d' »art », comme si notre douleur était belle, majestueuse. « C'est normal. » « Ca ne nous regarde pas ». Les gens qui nous entourent ne se posent pas les bonnes questions. Ils ne prennent pas le temps de se demander Pourquoi on fait ça à ces bêtes, pourquoi on nous fait ça à nous. Parce qu'ils savent, parce que cela se voit. Nous sommes des bêtes de foires Howard. Alors la réalité et là, elle va nous rattraper, mais elle ne va pas nous fracasser. Ce sont nos démons, nos toréadors qui s'en chargeront. Ca arrivera, pleins de foi encore. Mais ça fait mal sur le moment, et longtemps après. Nos plaies témoignent de notre existence et montrent aussi qu'on s'est relevé. Inlassablement. » Elle s'arrêta quelques instants en le regardant droit dans les yeux. « Si on échoue, c'est pour mieux réussir. Il faut réitérer. Recommencer. C'est pénible, mais c'est mieux que rester au sol. » C'était la danseuse, la musicienne, et la perfectionniste qui parlait cette fois. Alicia n'était pas comme la mère d'Howard, loin de là. Elle était fière, elle souriait à pleine bouche, elle était superbe, impressionnante d'apparence respectable. Impeccable, irréprochable, couverte de bijoux, de vêtements haute couture. Mais à l'intérieur, elle n'était pas si étincelante. Mais ici, pour une fois elle trouvait une âme jumelle qui partageait sa souffrance, qui écoutait, qui comprenait. « Je comprends... Tout comme on peut être riche et avoir la gorge tellement serrée qu'il nous est impossible d'avaler quelque chose de solide. » Alicia hocha la tête tristement, cette situation elle ne la connaissait que trop bien, malheureusement. « Des gens peuvent être heureux avec un porte feuille bien garnie. La bourgeoisie n'est pas toujours remplie de masques aux sourires factices, je vous l'accorde. En revanche... La folle expérience dont tu parles, je ne peux pas en faire mon affaire. » Un seul mot vain à la bouche de l'aristocrate « Pourquoi ? », peut importe les conventions, elle se fichait à présent de l'impolitesse de sa petite question, mais c'était soit il ne disait rien, soit il en avait dit suffisamment pour attiser la curiosité de la duchesse.
« J'aimerais vous montrer le milieu dans lequel je vis. Il vous suffirait d'un seul regard pour comprendre. Je ne me plains pas de ne pas être heureux, je reste simplement lucide sur la situation. Je vis dans un endroit où la lumière du jour s'arrête aux volets de la bâtisse. A l'intérieur tout est mort, dans... Tous les sens du terme. Il n'y a plus de joie, de curiosité, de légèreté. Je n'ai jamais reconnu une once d'humour à Père, Mère quant à elle devient toute petite, elle a le dos voûté, sa bouche est scellée avec du ciment. Franchement... Regarde-moi ! J'ai l'air d'une poupée de cire ! » Alicia fit donc, elle le regarda et lui au moins avait quelque chose d'important, de fondamental. « Au moins... au moins vous.. vous êtes lucide. Vous savez ce qui vous arrive, pourquoi vous êtes ici, pourquoi vous vous sentez mal. Moi, qu'st-ce que je fais ici ? Pourquoi je n'ai pas l'impression d'avoir de vrais souvenirs, la certitude d'avoir un foyer, la vie si parfaite que je suis persuadée d'avoir. Et si j'avais votre situation ? Ou si je n'étais rien, tout simplement ? » Cette idée même lui glaçait le sang, si elle n'était qu'un petit spectre, ou un petit caillou insignifiant, à quoi bon être capable de penser, de créer des illusions.
« Et puis chez moi...  Il y a le Diable. J'ai prié, si tu savais combien de fois j'ai prié, mais Il est resté là... » Alicia fut parcourue d'un frisson désagréable et elle ne pu s'empêcher de sonder le regarde d'Howard, tentant de voir si ce démon ne l'avait pas possédé. Mais rien, son regard était clair, d'une pureté hallucinante. « Le diable.. le diable n'est pas derrière toi, ou sur ton épaule. Il est à l'intérieur, sous ta peau, il gambade dans ton cerveau. Tu imagines, si le diable devait se trouver chez chaque âme en peine ? Howard... tu pourras le chasser, j'en suis certaine. Je pourrais prier pour toi si tu veux, pour que ça cesse. Mais les prières ne sont malheureusement pas garanties ».


En tout cas, si il y en avait bien une qui ne se mettrait jamais à genoux, que ce soit pour prier ou.. pour d'autres choses, c'était la flamboyante Lyzbeth. Elle était brutale, violente, elle parlait fort, riait aux éclats, elle avait même pleuré, honteuse, elle avait refermé son visage ravalant son sourire et durcit ses traits pour à nouveau se détendre.. tout cela en présence de ce petit bout d'homme qui flanchait petit à petit, que la vie s'amusait à malmener. Et ils parlaient d'amour, ils ne souhaitaient plus se révolter, casser des murs et gravir des montagnes. Ils parlaient de sentiments, d'amour d'une vie et.. de désespoir aussi. Surtout.
« Je vois... Être... Surpris. Tomber des nues par l’invraisemblance des sensations qui circulent.. Edgar ne m'aime pas. On s'est retrouvé, je... J'ai ressenti tellement de sensations atroces dans le ventre, à en vomir tripes et boyaux, et lui ? Rien... Il tait là, tellement... Stoïque, tellement imperturbable, sortant de trois mois d'isolement, tout crasseux, l'air ahurit. Il n'a rien ressenti je te dis... J'ai l'impression qu'il s'en fout de moi, que si j'avais été n'importe qui d'autre j'aurais tout aussi bien fait l'affaire. Laisse tomber, pas de plans James Dean pour nous. » Lyzbeth le regarda. Elle ne savait rien, et cela aurait été prétentieux d'affirmer ce dont ele ignorait l'essence même. Si Howard disait qu'Edgar ne l'aimait pas, c'était aussi vrai que cela pouvait être faux. « Il ne t'aime pas. Hm. Et alors ? Comment le sais-tu ? Il te l'a dit ? Montré ? Il te repousse, il est.. désagréable avec toi ? Mais c'est ton meilleur ami, tu me l'as dit. Le seul que tu ais jamais eu. Alors.. tu fais quoi maintenant ? Tu sondes son âmes, tu questionnes « Dieu » pour qu'il te donne une réponse ? Edgar... je sais pas moi il.. il t'a déjà montré un quelconque intérêt qui ne relevait pas de.. l'amitié ? » Et il fallait réfléchir, ils ne pouvaient pas avancer comme ça, sans indices et.. Lyzbeth n'était pas dans la tête d'Howard. « Eh eh eh ! Tant que tu n'as pas rencontré Edgar, tu ne peux pas imaginer ! Je suis certain qu'il peut te faire changer d'avis. Si tu le voyais rahhh » Lyzbeth cligna des yeux plusieurs fois d'affilée après les mots endiablés d'Howard. Finalement, elle avait déjà changé d'avis bien avant que le gentil croque-mort lui parle d'Edgar, bien avant d'entrer à Ostrov island. Andrew lui, il aurait pu faire n'importe quoi, il était détestable, elle le haïssait, cet homme possessif et manipulateur la répugnait, cette enflure qui la violentait et l'asservissait sans vergogne.. mais Lyzbeth avait le défaut d'aimer ceux des autres.. justement. Elle aimait le Duc pour tout ce qu'elle haïssait chez lui. Elle adorait le détester, tout comme Howard détestait aimer Edgar. « Je te crois.. » plus d'effusion de rire, juste son expression pesante. Lyzbeth réfléchissait et bien que les exclamations enflammées d'adolescente d'Howard raisonnait dans ses oreilles comme une mélodie joyeuse, cette attitude lui rappelait des souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Quelque chose ne collait pas.


Mais Bonnie ne laissa pas la place au doute à Lyzbeth, il fallait étouffer la lucidité pour survivre, pour qu'elle puisse être une personne à part entière. Une bonne personne, à la hauteur d'Howard. « Ma bonté ? Bonnie, tu es gentille, mais tu ne dois pas souvent croiser des nobles gens, parce que je n'ai rien de tout ça ! Je me laisse simplement porter par ta force, moi qui n'en ai pas, et probablement tu te vois un peu en moi. Et... Si je peux te faire prendre conscience du bien que tu m'apportes, alors je m'estime heureux ! » Bonnie se mit à sourire en serrant les mains d'Howard dans les siennes, en restant le regarder comme s'il était la plus belle chose qu'elle ait jamais vu sur cette terre et un jour, un jour elle avait rencontré une personne « noble ». Ce n'était pas Andrew qui lui retournait l'estomac, qui tenait fermement son cœur battant et inaccessible dans ses doigts. Un autre en avait la clef et depuis cette jolie nuit, chaque amant avait son visage, sa voix, ses mains maladroites et son sourire gêné. « J'ai connu un garçon qui était comme toi. Vite mal à l'aise, un peu pudique, maladroit et adroit à la fois avec un joli sourire et tes yeux clairs. Il s'apellait Irwin et comme toi, il doutait de sa place sur cette terre, il avait peur de l'avenir, peur de regarder quelqu'un en face, peur d'oser rire. Il était... il était gentil, comme toi. Pourtant la vie non plus ne lui a pas fait de cadeaux tu sais. Ce garçon, c'était mon âme sœur, la vraie. » La jolie nymphe ne le regardait plus, elle balançait doucement ses mains et celles d'Howard, n'osant plus le regarder lui « Je suis beaucoup tombée amoureuse, tout le temps, mais jamais aussi fort. Je crois. Et c'est le seul que j'aimerais bien retrouver et serrer très fort contre moi. » et elle souriait, elle souriait la tête plongée dans les souvenirs de cette soirée et cette nuit délicieuse, se souvenant encore de la sensation unique et superbe de la main de cet homme malade agrippant la crinière de cette dernière et l'enlacer, non sans une petite retenue de peur de lui faire mal. Alors qu'ils étaient lovés l'un contre l'autre à parler d'une possible et douloureuse séparation, Bonnie fit un présent à Howard pour lui donner la preuve de son existence dans sa vie. Comme une promesse, un « je serais toujours là pour toi. » Alors, il décida de faire de même. « Elle est bien trop grande pour ton doigt, mais c'est tout ce que j'ai à te donner, et je t'interdis de refuser. Donne la à Lyzbeth au pire, elle pourra en tirer un bon prix ! » et il glissa dans sa main glacée jusqu'à l'ongle sa grande et superbe chevalière. Bonnie releva son regard ébahit et surpris vers lui ; « Howie... ton papa va pas être content donc... donc je vais cacher ta bague dans ma cellule pour que personne ne la trouve et la perde ! Quand je mourrais, je te laisserais des indices partout dans l'hopital pour que tu la retrouves, parce que j'ai pas envie de te causer du soucis. » Elle avait pour la première fois l'air gênée, à croire que jamais de sa petite vie elle n'avait reçu de cadeau. Puis, elle releva son visage angélique vers lui, et mit la chevalière sur son pouce en la faisant tourner joyeusement. 
« Je t'aime. », cela devait être la première fois qu'il entendait cela de sa vie, la première fois qu'on le regardait droit dans les yeux en lui disant une chose si significative. C'était bien rare d'entendre ces lourdes paroles de façon sincère, les gens s'amusaient à se le balancer vulgairement sans penser à la signification propre de ces trois petits mots. Elle avait encadré le visage du gentleman entre ses doigts tremblants, elle souriait comme il n'était pas permis et elle.. elle se sentait vivre ! « C'est ce que je ressens maintenant. » Elle parlait d'amour avec un grand A, mais pas l'amour comme le ressentait Andrew pour Kathérina, comme Howard avec Edgar, comme Edward avec Maria ou Lyzbeth avec les trois filles. Elle parlait d'un amour qui ne détruit pas, qui porte, un amour fraternel, un amour solidaire.


Mais désormais, le sourire pouvait difficilement se glisser dans la conversation qui prenait des allures tragiques, dramatiques. Bonnie ou plutôt Kathérina était folle. Elle n'allait pas bien, elle était malade. Son esprit lui jouait des tours et Howard en avait bien conscience. Bien qu'il désirait que Kathérina guérisse, une partie de lui voulait qu'elle garde au moins Bonnie.. ne sachant évidement pas que Bonnie était celle qui était le plus la jeune danseuse.

«Moi je ne veux pas que tu partes ! J'aime bien tes amis, elles sont intelligentes, mais personne n'a le droit de t'arracher à moi ! Si ça n'avait pas été si compliqué j'aurais pu pousser l'égoïsme jusqu'à approuver ta volonté d'écarter Kathérina, écarter Alicia et même Lyzbeth, mais non, Bonnie ! Ne te fais pas de mal... Essaye de vire, essaye... D'exister le plus longtemps possible, je t'en prie... J'ai besoin  de toi... »
Ses paroles déchiraient le cœur de la jeune femme, elle qui ne voulait jamais cesser de rire elle s'était mise à sangloter, ses yeux éclatants luisaient davantages noyés dans les larmes, elle se tenait à lui car elle aussi elle avait besoin de lui. Le seul garçon qui avait pu être son ami, celui qu'elle ne convoitait pas de tuer, celui à qui elle aurait pu dire n'importe quoi et qui l'aurait toujours soutenu. « Je veux pas laisser Kate toute seule dans le noir... elle est pas assez forte, elle survivra jamais sans moi... mais je veux plus partager, j'en ai assez Howard... ça fait trop mal, c'est trop douloureux d'arriver, de repartir comme ça impulsivement... j'en ai assez de pas me sentir vraie je... je sens un immense découragement, une sensation d'isolement de.. moi, c'est insupportable, j'ai peur... c'est une angoisse perpétuelle d'un malheur flou, une déficience interne, je n'ai plus de force, plus de désir, plus cette excitation qui me poussait à aimer vivre dans un corps partagé. Je.. je partage ses souvenirs, tu... tu te rends compte ça... ça me rend dingue d'avoir ces images en tête qui me sont inconnues puis... quelques heures plus tard j'oublie! Dans quelques heures, oui, j'aurais oublié cette prise de conscience et.... ça me rend malade Howard, je veux plus vivre comme ça... Je veux être une vraie fille, une fille qui voit son reflet, qui sait de quelle couleur sont ses cheveux, qui sait aimer, qui ne partage pas sa vie. » elle était dévastée mais c'était tellement théâtral, un véritable spectacle, Bonnie jouait à merveille les scènes tragiques, elle était si vivante, impressionnante ! Et pourtant, elle était détruite, serrée contre le corps meurtri de son nouvel ami qui devait souffrir autant qu'elle. « Howard... On peut toujours se mentir, on peut toujours tourner la réalité autrement. Pourquoi.. pourquoi on devrait toujours la prendre de la façon la plus flagrante et évidente qu'il soit ? On peut.. ne pas être ici. On est pas dans un asile, on est là où on veut être, avec qui on veut être. Ca pourrait être.. un hotel, très grand où on prend soin de nous.. pas sur cette île morose, non.. juste plus loin que la ville et.. suffisamment proche de la route pour qu'on puisse partir en voiture où on veut.. quand on veut. Il faut.. casser les murs dans nos têtes avant de gravir ceux d'ici. Dans notre imaginaire on peut-être qui on veut, on peut avoir une vie différente, quand on regarde les choses sous un autre angle.. elles deviennent totalement.. contrastées avec la réalité. Mens toi ou.. mens moi ! Tu n'es pas forcément ce que tu crois être, ce que les autres voient. Et moi, moi qu'est ce que je suis ? Je suis tout et mon contraire... », elle se laissait manger par la folie, dévorer par un imaginaire trop vaste et étendu chez elle qui était sa seule source de réconfort. Il fallait remplacer ça, remplacer ses vies fictives... Mais Howard avait les mots, il savait parler, réconforter et donner du courage.
« Les étoiles ne t'arrivent pas à la cheville... 
Kathérina. » Elle n'était pas détruite, elle était déconstruite, il fallait juste une bonne âme pour assembler le puzzle, lentement mais surement. « J'ai tant de mal à me sentir vivante que je suis elle, j'aimerais parfois qu'on redeviennent une seule fille et... c'est impossible... »






CREDITS IMAGES: BIBI ○ CREDITS FICHE: ROMANE
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EST ÂGÉ DE : 28 ans
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 9 Oct - 22:54

On a frôlé la vie! ✻ Kathérina & Howard
« Depuis que je suis ici, je crois que toutes mes pensées sont utopistes, c'est toujours.. surréaliste. Je veux m'en aller pour régler ma vie, réparer mes erreurs, soigner mon mari, avoir une famille, réaliser ce projet dingue... Et voir ce qu'il se passe sans l'avoir réglé sur du papier à lettre par la suite. Je ne sais pas si après ça je serais heureuse, mais je sais que si je retrouve celui que j'ai aimé, la personne si calme et douce qui a prit ma main... je pourrais peut-être sourire sincèrement. Renaître de mes cendres pour ainsi dire.. »

Serait-elle heureuse après ça ? Personne ne pouvait le prédire, mais Kathérina avait sincèrement l'air de réellement tenir à sa vie. Malgré son attitude d'oiseau fébrile, elle avait la rage au fond d'elle, elle aimait être heureuse, elle en avait besoin comme de la nourriture et là, elle commençait vraiment à être affamée de bonheur.

« Je trouve ça beau votre volonté d'être heureuse et de retrouver cette quiétude. Il paraît que la volonté c'est la moitié du chemin, et d'ailleurs... Concernant votre projet, ce qui est vraiment important est rend heureux est, le plus souvent, le chemin pour y arriver au lieu de la finalité du projet. Le chemin est plus excitant que l'arrivé. », il était certain d'avoir déjà entendu ça quelque part, mais ça avait du résonner en lui assez fort pour qu'il le retienne. Elle avait l'air atteinte par ses propres mots, par ses propres désirs et attentes de la vie. Howard ne connaissait que trop bien cette façon de lever la tête pour respirer un peu à la surface, pour exposer ses yeux au vent pour sécher les prémices de larmes qui scintillent.

« Ne vous en faîtes pas, vous avez un grand potentiel en vous, je ne suis pas cartomancien ou quoi, mais je sais pas... C'est peut-être naïf et stupide de vous dire ça mais ... Je le sens. Je sais que vous ne pouvez pas nécessairement vous lancer à l'aveuglette et changer votre vie sur un simple « je le sens », mais... Mais », il marqua une pause puis releva la tête comme un bienheureux et proclama : « Mais mince, je le sens, c'est tout ! », on était bien avancé avec ça pardi !


« Et toi », oula, Howard n'était pas vraiment friand des « et toi ? », ils dérangeaient comme un caillou dans sa bottine.


« Qu'advient-il de toi ? Si.. si tu me tiens ce si beau et grand discours, si tu me regardes dans les yeux comme cela et que tu me dis tout ça, alors toi aussi.. toi aussi tu dois y croire. »

Pendant tout ce temps, Howard s’époumonait à la convaincre, et il se plaisait à se nourrir de son espoir, lui en voler une toute petite partie pour se sentir stable juste pour pouvoir continuer encore un peu, mais... Est-ce qu'il était assez fort, assez crédible pour y croire à ses propres arguments ? Il hocha la tête, l'air le plus convaincant possible.

« Tu veux que je te dise ? J'y crois sincèrement qu'on peut se sortir de là, mais je vais devoir tenter de me raisonner et surtout essayer d'être quelqu’un, pour une fois. ».


« Si je te jure que je vais tenter d'aller mieux, de m'en sortir, de me regonfler d'air pour pouvoir m'envoler librement, toi aussi tu dois me le jurer Howard. »


L'image fit sourire Howard. Il voulait être ce petit garçon qui attache le ballon de baudruche à son poignet, agripper fermement la ficelle pour ne pas qu'il s'échappe parce que ce petit ballon rond  le rend heureux pour l'instant. Il n'aimait pas jurer, il avait peur des parjures, il savait combien il avait du mal à tenir des promesses, à se faire violence, mais devant tant de vigueur et d'espoir.

« Je vais le faire... Si tu me dis que tu sauras affronter Andrew, je serais sans doute assez fort pour affronter Père. ». Ce qui était sorti de sa bouche ne pouvait plus être ravalé, too late.

« Enfin je veux dire... », oh il avait beau tenter de noyer le poisson, son embarras était tel qu'il se perdait dans sa construction de phrase, il était incapable de trouver une excuse plausible. Comment il allait pouvoir tenir tête à James ? Comment il allait pouvoir soutenir son regard, relever les épaules et le menton, bomber le torse, et dire NON. Oui il y arrivera, il avait dit oui à Kathérina, il avait surtout dit oui à Bonnie ! Bonnie lui donnerait la force, il enlacerait son souvenir et son visage de fierté suffirait sans doute à lui donner un soupçon de courage. James n'était pas Dieu, James était un homme de chair et de sang, malgré cet alliage de fer, il avait des faiblesses, et Howard saurait trouver les failles et crier comme il l'avait fait contre Andrew, il saura frapper au bon endroit pour voir s'écrouler la tour qui lui faisait de l'ombre, oui !

« Je promets. »
, bredouilla-t-il, confus.

Heureusement que la conversation vira aussitôt sur la littérature, sujet qui avait le don de le mettre en confiance, à l'aise.  Alice au pays des merveilles, un jeu d'enfant... Mais le chat qui posait trop de questions dans tous les sens et qui riait de toutes ses dents l'avait toujours angoissé.

« Andrew est comme lui. Son sourire est carnassier, il apparaît et disparaît, il rit de ton malheur et il tournoi dans ta tête. Il est marquant, mystérieux et inoubliable. Finalement, on ne sait pas vraiment ce qu'il veut, si c'est aider, épauler ou enfoncer. »

Howard visualisait trop bien le personnage, et imaginer un homme, une femme, un être humain quel qu’il soit s'approcher de Bonnie lui hérissait les poils d'horreur. Son visage se ferma, il avait la mâchoire crispée par la haine. Dans cs moments là, il sentait qu'il pouvait être fort lui aussi, qu'il pouvait se mettre en colère et faire du mal. Peut-être que s'il avait eu son père en face de lui, il aurait eu assez de courage pour dire : « Regardez moi ! Je suis Howard James Taylor, je suis une personne que tu as engendré. Je ne veux plus porter ce nom qui me colle à la peau, je ne veux plus être associé à vous ! », et peut-être même qu'il serait assez fou pour oser lui dire « tu », lui dire « Tu n'es rien pour moi, détruis ta femme tant que tu le peux encore, avant qu'elle ne comprenne comme moi et qu'elle te tue comme tu nous a éteins. ». Vite, vite il fallait que ce courage l'habite encore un peu, qu'il dure, et pas qu'il ne vacille à la seconde où il se retrouvera seul dans sa cellule, car telle était l'éternelle maxime d' Howard « avancer d'un pas, reculer de trois », une vraie chorégraphie finalement.

Howard avait allumé une mèche, celle d'un bâton de dynamite qui n'allait pas tarder à exploser, enfin du moins il l'espérait, mais l'ardeur de Kate semblait s'essouffler à chaque respiration, et pourtant elle reprenait confiance timidement,  tout n'était qu’incertitude, mais 'envie était réelle et semblait terrasser le doute.

« Agir ? Comment ? Je n'ai jamais vu de solution pour.. agir contre Andrew. Je devrais partir tu penses ? Je devrais l'oublier, passer à autre chose, trouver quelqu'un de « mieux » ? Je devrais tout quitter, redémarrer tout. C'est difficile comme projet, c'est délirant. Mais.. il faut que je continue … que je me remette à vivre si Dieu me pardonne et m'offre une chance. »

Penser à autre chose... Trouver quelqu'un de « mieux »... Pitié. Comme si on trouvait l'homme de sa vie comme quand on ramasse des champignons en forêt ! Il tenta de se mettre à sa place, et il n'aimait guère ce qu'il imaginait spontanément.

« Ce n'est pas ce que je dis.... Il ne faut pas non plus imaginer qu'en claquant des doigts tu effaceras comme sur une ardoise tes peines et celui que tu aimes aujourd'hui. Que trouver quelqu'un de meilleur sera aussi simple... Ce n'est pas pour te décourager mais je ne crois pas qu'on aime quelqu'un parce qu'il est juste bon. Enfin... Tu vois. Mais respirer par toi-même serait déjà une sacrée avancée... Tu auras tout le temps d'apprendre à te reconstruire. Chaque chose en son temps, d'accord ? ».


Alicia avait chassé la fragile nymphette, Alicia qui partageait son monde et qui avait une sainte horreur de ces conventions dont Howard avait peur. Ces cases dans lesquelles il fallait rentrer sans déborder d'un cil.


« Nous sommes des taureaux de corrida. On nous élève dans le luxe, la beauté. On a tous ce qu'on veut, quand on veut. Un toit, un lit confortable et sans fin aux draps merveilleux ornementé à en faire mal à la tête. De beaux habits qui soulignent notre aspect si matérialiste et superficiel mais qui prouve aux autres gens hautains et pédant qui appartiennent à notre groupe social que nous aussi, nous avons notre importance et de belles manières. Mais, le toréador est là, il observe, il surveille, et lorsque nous arrivons à maturé, on nous jette dans l'arène. On nous humilie, on nous massacre, on viole notre dignité. Il nous exécute sous les regards ébahit, puis.. puis les applaudissements qui refletent l'indifférence fusent sous les mains de la populace qui qualifie cet acte d' »art », comme si notre douleur était belle, majestueuse. « C'est normal. » « Ca ne nous regarde pas ». Les gens qui nous entourent ne se posent pas les bonnes questions. Ils ne prennent pas le temps de se demander Pourquoi on fait ça à ces bêtes, pourquoi on nous fait ça à nous. Parce qu'ils savent, parce que cela se voit. Nous sommes des bêtes de foires Howard. Alors la réalité et là, elle va nous rattraper, mais elle ne va pas nous fracasser. Ce sont nos démons, nos toréadors qui s'en chargeront. Ca arrivera, pleins de foi encore. Mais ça fait mal sur le moment, et longtemps après. Nos plaies témoignent de notre existence et montrent aussi qu'on s'est relevé. Inlassablement. Si on échoue, c'est pour mieux réussir. Il faut réitérer. Recommencer. C'est pénible, mais c'est mieux que rester au sol. »

Wow...
Howard avait toujours eu l'impression d'être cette bête de foire, il sentait bien le regard de certains, celui qui se questionne, qui juge, qui murmure « c'est lui ! », mais sa notoriété était bien moindre face à celle de la blonde si parfaite en face de lui. La situation familiale d' Howard s'amplifia d'un seul coup, il ressentit la pression d' Alicia puissance dix, il se sentit étouffé, claustrophobe de sa propre vie.

« Tu es terrifiante... »
, souffla-t-il, les poils sombres hérissés sur ses bras. « Terrifiante et pleine de justesse. C'est écœurant. J'ai peur tu sais Alicia... Tous ces yeux qui clignent et toisent, si seulement on pouvait les leur fermer, qu'ils détournent ce regard qui trou le front comme une balle. Est-ce que ça te fais aussi mal que moi ? Est-ce que ça te pèse autant ? Quelle question... Ce que tu viens de dire le prouve assez... Es-ce que, Alicia, tu connais des gens comme nous qui ont relevé la tête ? ».

Parce que... Ce discours émancipateur était bien beau, mais même si Howard se plaisait à y croire, lui il ne pourrait jamais être heureux comme ça, pas avant qu'il soit guérit, qu'il soit en paix avec lui-même. Alicia ne comprenait pas... Et s'il le lui disait, est-ce qu'elle le rejetterai et se crisperait ? Est-ce qu'elle redeviendrait cette femme qu' Howard avait trouvé atroce à la première rencontre, cette femme stricte et dure, qui ne l'était peut-être pas d'ailleurs... Sa bouche posait des « pourquoi ? » auxquels l'anglais n'arrivait pas à répondre. Là il ne s'agissait pas de Bonnie, ni même de Lyzbeth, là c'était Alicia !

« Parce que je suis un pécheur qui s'acharne à être un homme bon. Je n'arrive pas à chasser le Diable, je n'arrive pas à reprendre le contrôle, et... Le poids est trop lourd cumulé à e qu'il se passe, chez moi. L'un ou l'autre séparément je peux essayer d'être fort et de faire face, mais là je me sens... Enseveli par le destin, par la sombre fatalité. Je commence à me dire qu'il n'y a rien à faire. ». Peut-être qu'au final rien ni personne ne le débarrasserait de ça.


« Au moins... au moins vous.. vous êtes lucide. Vous savez ce qui vous arrive, pourquoi vous êtes ici, pourquoi vous vous sentez mal. Moi, qu'st-ce que je fais ici ? Pourquoi je n'ai pas l'impression d'avoir de vrais souvenirs, la certitude d'avoir un foyer, la vie si parfaite que je suis persuadée d'avoir. Et si j'avais votre situation ? Ou si je n'étais rien, tout simplement ? »

Lucide ? Quand il voulait bien l'être, c'était pas évident, être lucide ça faisait mal, c'était dur.

« Et tu m'envie de l'être ? La lucidité est un monstre. Je la haïs, viscéralement. La lucidité c'est le Mal, c'est mon Mal à moi. C'est un genre de Lucifer tu comprends ? Non, bien sûr que non. ».


« Le diable.. le diable n'est pas derrière toi, ou sur ton épaule. Il est à l'intérieur, sous ta peau, il gambade dans ton cerveau. Tu imagines, si le diable devait se trouver chez chaque âme en peine ? Howard... tu pourras le chasser, j'en suis certaine. Je pourrais prier pour toi si tu veux, pour que ça cesse. Mais les prières ne sont malheureusement pas garanties ».

Oh, que quelqu'un prie pour lui, cela le touchait, personne ne l'avait proposé. Sa mère l'avait sûrement fait en cachette, loin de son mari, mais jamais elle ne lui avait fait part de ses prières, elle sommait juste son fils unique de réciter bêtement, de serrer fermement son chapelet, peut-être que cela le protégerait. Encore un tissu d'illusions. Combien de fois Howard s'était endormi avec, combien de fois il avait embrassé sa petite croix, porté à son front, murmuré des prières comme des consolations, et tout ça pour ça ?

« Tu ne comprends pas... C'est de ma faute. Un jour j'ai péché, j'ai cédé, et depuis... Depuis je ne retrouve plus Dieu ! », gémit le brun dont la voix oscillait dangereusement. « Je l'ai perdu... Oui. Prie pour moi s'il te plaît, peut-être qu'il t'écoutera, qu'il aura pitié de moi.. ».

Mais Lyzbeth n'allait pas le laisser s'accabler longtemps. Lybeth allait débarquer et raser, ébranler, tout fracasser là dedans, hop hop hop et que ça saute ! Fini les larmes, laisse brûler le feu sans l'éteindre ! Lyzbeth parlait d' Edgar, le pire était à craindre...


« Il ne t'aime pas. Hm. Et alors ? Comment le sais-tu ? Il te l'a dit ? Montré ? Il te repousse, il est.. désagréable avec toi ? Mais c'est ton meilleur ami, tu me l'as dit. Le seul que tu ais jamais eu. Alors.. tu fais quoi maintenant ? Tu sondes son âmes, tu questionnes « Dieu » pour qu'il te donne une réponse ? Edgar... je sais pas moi il.. il t'a déjà montré un quelconque intérêt qui ne relevait pas de.. l'amitié ? »

Aaaargh ! Ce qu' Howard pouvait abhorrer cette nature qui le faisait rougir si furieusement, il sentait ses oreilles chauffer, c'était insupportable !

« Euh... Je.. J'en sais rien moi ! », oh si tu sais ! « Est-ce que... Est-ce que les amis glissent leurs mains dans vos cheveux et sondent votre âme justement d'un seul regard ? Je n'ai jamais vraiment eu d'amis, au final je ne sais pas ! Ceci dit... Même en cas d'extrême gratitude, les amis ne s'embrassent pas sauvagement n'est-ce pas ? », le mot « sauvagement » le gênait, il animait de vieilles tensions et surtout de vieilles pulsions en lui, désagréable chose ! Personne ne pouvait comprendre ce que voir Edgar Anderon pouvait provoquer chez lui. C'était pas juste agréable comme quand on est amoureux, c'était douloureux, c'était intense. Juste parce que c'était lui bon sang, c'était lui cet être si imparfait qu'il admirait tant, et qu'il était sûr que tout le monde admirait comme lui. Comment ne pas voir Edgar autrement qu'avec ses yeux ? Il en avait fait part à Lyz d'ailleurs, et quand elle insinua qu'elle POURRAIT être d'accord avec lui, Howard n'aima pas ça. C'était stupide car il avait lui-même provoqué ça, quel crétin !

« Ouais bah... », grommela-t-il, les bras croisés, encore écarlate. Un silence passa, puis il se tourna vers Lyzbeth et éclata de rire, quelque chose de complice, de simple, la pression qui retombe. C'était incohérent d'imaginer cette femme séduisant Edgar ! Il riait de sa jalousie absurde.

Mais... Il n'allait plus rire longtemps, parce que sa Bonnie, son petit concentré de vitamines allait plonger dans sa poitrine pour jouer aux Lego à l'intérieur. A assembler, à détruire.


« J'ai connu un garçon qui était comme toi. Vite mal à l'aise, un peu pudique, maladroit et adroit à la fois avec un joli sourire et tes yeux clairs. Il s'apellait Irwin et comme toi, il doutait de sa place sur cette terre, il avait peur de l'avenir, peur de regarder quelqu'un en face, peur d'oser rire. Il était... il était gentil, comme toi. Pourtant la vie non plus ne lui a pas fait de cadeaux tu sais. Ce garçon, c'était mon âme sœur, la vraie. » , avoua-t-elle en regardant ses longues mains qu'elle serrait. Qu'est-ce que c'était qu'une âme sœur au fond ? Qu'est-ce que ça voulait dire ces bêtises d'adolescents ?

« Je suis beaucoup tombée amoureuse, tout le temps, mais jamais aussi fort. Je crois. Et c'est le seul que j'aimerais bien retrouver et serrer très fort contre moi. »
, dit-elle. Cela sonnait comme un compliment, il pouvait être aimé par quelqu'un comme Bonnie finalement, peut-être que dans une autre vie... Non Howard, ça n'avait pas marché, ne ranime pas ton espoir !

« Irwin avait l'air d'un type formidable. Peut-être qu l'on aurait pu être de bons amis lui et moi. Peut-être que tu aurais vécu avec lui et que vous m'auriez invité boire le thé »
, comme des gens civilisés et normaux. Non, Bonnie et Howard n'étaient pas normaux voyons.

La chevalière d'Howard état quelque chose de lourd sur sa main. 750 millièmes d'or rhodié qui comprimait son annulaire comme un fer rouge qui marquait à jamais. Il ne l'avait jamais retiré, jamais. Même quand il s'était perdu quelques instant dans sa chambre avec Edgar et qu'ensuite il était entré dans une église, pas même quand il avait passé les murs d' Ostrov. Aujourd'hui, il la retira difficilement parce que son doigt s'était habitué à la forme, à la lourdeur, et il l'offrit à Bonnie. En l'enlevant il avait senti un poids se défaire de lui comme un exorcisme qui fonctionnait et qui libérait la victime des ténèbres. La preuve de son asservissement avait quitté son doigt, il regrettait, il avait HONTE d'offrir ça à une personne qu'il chérissait autant, mais c'était tout ce qu'il avait.


« Howie... ton papa va pas être content donc... donc je vais cacher ta bague dans ma cellule pour que personne ne la trouve et la perde ! Quand je mourrais, je te laisserais des indices partout dans l'hopital pour que tu la retrouves, parce que j'ai pas envie de te causer du soucis. »


C'était dur. Howard avala difficilement sa salive, entendre, se rappeler que Bonnie allait mourir lui fendait le cœur en un nombre incalculable de morceaux.

« Mon papa... ? », il frissonna, il frissonna tellement qu'il eut un mouvement de recul, un geste de tête comme s'il s'était coincé le cou et qu'il essayait de détendre ses muscles.

« N'aie pas de remords Bonnie. Père n'est pas une personne qui est digne de t'apprécier. », il avait lâché ça comme ça, ça résonnait dans ses tympans ce grand silence assourdissant après sa phrase. JAMAIS il n'avait osé dire un tel mal de son père, et encore moins d'insinuer de telles choses, mais Bonnie, comme Edgar, étaient des personnes qui devaient rester loin de James Taylor, loin, sous peine qu' Howard ne devienne trop virulent, et dise des bêtises. Avant qu'il ne se mette à jouer au justicier et à défendre, à se positionner à la fois en avocat et en procureur, avant qu'il ne se mette à accomplir la promesse qu'il avait faite à Kathérina. Alors qu'il pensait à cette honte à son blason qu'il venait de laisser échapper, Bonnie, loin de se démanteler, ouvrit à nouveau la bouche pour avouer quelque chose qui arracha les tympans d' Howard.


« Je t'aime. ».





Puis elle s'empressa d'ajouter en tenant fermement le visage du brun entre ses mains :


« C'est ce que je ressens maintenant. »

Alors ça ressemblait à ça. Une larme roula sur la joue rougie d' Howard, il n'était pas si léger et chantonnant qu'elle, il était effaré, scotché par la puissance de ces simples mots que trop de gens avaient l'habitude de prononcer aussi aisément qu'un « bonjour ». C'était bien la première fois qu'Howard l'entendait, et il ne l'avait jamais dit non plus, pas même à une peluche qu'on cajole quand on est enfant. Il l'avait dit à Edgar  en parlant d'elle c'est vrai, il avait dit « Je l'aime », mais là c'était différent.
C'était si simple que c'était effrayant. Il poussa un bruyant soupire, comme s on lui avait donné un violent coup de poing dans l'estomac.

« Je... M-Moi aussi. »
, bredouilla-t-il sans pour autant être encore capable de le dire. Il n'était pas sûr de son coup, c'était grave de dire « Je t'aime », il l'avait lu déjà, et même s'il se doutait bien qu'il n'y avait aucune connotation amoureuse dans cet aveux spontané et innocent, c'était tout de même dur à dire ! Et puis.. Quand le pathétique s'accentua, quand les deux amis comprirent que leur destin serait d'être séparés, quoi qu'il arrive, par la guérison ou la mort, Howard trouvait cela de plus en plus simple à dire et à penser finalement. Il aimait Bonnie, très fort, et la douleur qu'il ressentait juste à l'idée d'imaginer son départ était intolérable.


« Je veux pas laisser Kate toute seule dans le noir... elle est pas assez forte, elle survivra jamais sans moi... mais je veux plus partager, j'en ai assez Howard... ça fait trop mal, c'est trop douloureux d'arriver, de repartir comme ça impulsivement... j'en ai assez de pas me sentir vraie je... je sens un immense découragement, une sensation d'isolement de.. moi, c'est insupportable, j'ai peur... c'est une angoisse perpétuelle d'un malheur flou, une déficience interne, je n'ai plus de force, plus de désir, plus cette excitation qui me poussait à aimer vivre dans un corps partagé. Je.. je partage ses souvenirs, tu... tu te rends compte ça... ça me rend dingue d'avoir ces images en tête qui me sont inconnues puis... quelques heures plus tard j'oublie! Dans quelques heures, oui, j'aurais oublié cette prise de conscience et.... ça me rend malade Howard, je veux plus vivre comme ça... Je veux être une vraie fille, une fille qui voit son reflet, qui sait de quelle couleur sont ses cheveux, qui sait aimer, qui ne partage pas sa vie. »

Le brun se rua sur elle. Il posa une main sur sa poitrine squelettique et geignit à s'en défaire la mâchoire :

« Mais Bonnie regarde, sens, tu es en vie là ! Ta poitrine est minuscule et fébrile, mais j sens les pulsations battre là, contre ma main, regarde, sens ! Kathérina est assez forte, TU es assez forte, et Alicia aussi et ne parlons pas de Lyzbeth, vous êtes invincibles. Pitié... ne me laisse pas... ». Invincible n'était sans doute pas le mot exact, c'était un mensonge, une fabulation de son esprit, mais le mensonge n'était pas si mal...


« Howard... On peut toujours se mentir, on peut toujours tourner la réalité autrement. Pourquoi.. pourquoi on devrait toujours la prendre de la façon la plus flagrante et évidente qu'il soit ? On peut.. ne pas être ici. On est pas dans un asile, on est là où on veut être, avec qui on veut être. Ca pourrait être.. un hotel, très grand où on prend soin de nous.. pas sur cette île morose, non.. juste plus loin que la ville et.. suffisamment proche de la route pour qu'on puisse partir en voiture où on veut.. quand on veut. Il faut.. casser les murs dans nos têtes avant de gravir ceux d'ici. Dans notre imaginaire on peut-être qui on veut, on peut avoir une vie différente, quand on regarde les choses sous un autre angle.. elles deviennent totalement.. contrastées avec la réalité. Mens toi ou.. mens moi ! Tu n'es pas forcément ce que tu crois être, ce que les autres voient. Et moi, moi qu'est ce que je suis ? Je suis tout et mon contraire... »

Il n'arrivait pas à quitter à ce point la réalité malgré son imagination et les tas d'histoires qu'il avait pu lire dans sa vie.

« Tu fabules Bonnie, tu es charmante quand tu fabules... J'ai envie de te suivre. Oui, après tout faisons ça ! Si Ostrov doit nous garder prisonnier, si tu dois mourir, si je dois partir, si l'on ne doit plus se voir, alors vivons jusqu'au bout, jusqu'à la dernière respiration qu'on pourra partager ! Mince Bonnie, Ostrov est à nous d'accord ? », s'exclama Howard, le cœur battant, mais Bonnie avait mal, Bonnie saignait.


« J'ai tant de mal à me sentir vivante que je suis elle, j'aimerais parfois qu'on redeviennent une seule fille et... c'est impossible... »


« Rien n'est impossible ! », ça il avait très envie d'y croire, il l'avait entendu dans plusieurs films et ça l'avait d'ailleurs fait sourire « ouais bien sûr, viens faire un tour dans ma vie et tu verras si rien ne l'est ! », c'était ce qu'il avait songé avant de se retrouver dans une telle situation.

« Ne soit plus qu'une seule, ne sois plus que Bonnie, mon amie. ».

© MISE EN PAGE PAR YOUNG.HEART.
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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
CRÉDITS : BIBI
A DÉBARQUÉ LE : 06/04/2016
FORCE : 1394
In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
SITUATION : Mariée
EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 27 Oct - 18:10


❝ I hope you don't mind that I put down in words. ❞
- Howard & Kathérina -
C'est drôlement dangereux de s'attacher à quelqu'un, c'est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l'autre est douloureuse.  
 « Je trouve ça beau votre volonté d'être heureuse et de retrouver cette quiétude. Il paraît que la volonté c'est la moitié du chemin, et d'ailleurs... Concernant votre projet, ce qui est vraiment important est rend heureux est, le plus souvent, le chemin pour y arriver au lieu de la finalité du projet. Le chemin est plus excitant que l'arrivé. »
A cet instant précis, Kathérina savait pertinemment qu'elle devrait renoncer à quelque chose. Si elle sortait, si Andrew le tirait d'Ostrov Island, devrait-elle être reconnaissance et s'incliner à nouveau devant sa grandeur ? Devrait-elle lui sauter au coup, l'enlacer de toute ses forces en lui murmurant milles « merci » ? Non, si elle voulait ne serait-ce tenter de se relever, de reprendre le contrôle de sa vie, celle que le Duc lui avait volé, il faudrait continuer d'ignorer ses excuses, il faudrait parvenir à résister à ses pleurs, à ses cris et supplications. « Je ne voudrais pas avoir fait ces efforts.. toute ces années de pratique pour rien, pour sombrer dans l'oubli et... enfin je suis née pour ça ! C'est tout ce qu'il me reste de ma mère, la danse, c'est tout et... Je sais aussi que si je parviens à faire ce ballet, ce sera sa seule représentation alors... alors il faudra que ça devienne réalité, du moins si je le souhaite plus que tout. » Si elle montait ce ballet, si elle faisait de ce fantasme une réalité, elle devrait renoncer à Andrew, c'était certain. Le Duc se sentirait certainement très mal en voyant tout cela, ce show ruinerait sa vie, tout le monde serait au courant de la vérité, et du responsable de la maladie de Kate. Elle gâcherait la vie de son époux avec cela, mais au moins elle se protégerait elle. Etait-elle prête à le sacrifier et à, pour une fois faire un choix dur et égoïste ?


« Ne vous en faîtes pas, vous avez un grand potentiel en vous, je ne suis pas cartomancien ou quoi, mais je sais pas... C'est peut-être naïf et stupide de vous dire ça mais ... Je le sens. Je sais que vous ne pouvez pas nécessairement vous lancer à l'aveuglette et changer votre vie sur un simple « je le sens  Mais mince, je le sens, c'est tout ! » Kathérina baissa la tête gênée en lachant un léger rire. Elle aussi elle le sentait, mais elle ne pouvait pas arrêter de se poser des questions sur les conséquences et... et puis comment allait-elle parvenir à tenir à nouveau sur ses jambes comme avant ? Elle scruta ses dernières, elle observa quelques instants ses pieds tremblants et bleuté. C'était stupide, mais la blondinette avait beau avoir conscience de son état actuel, elle gardait une petite lueur d'espoir dans un coin de son cœur battant. OUI, battant, il battait ! Il n'était pas de ce cristal froid et désagréable comme elle le croyait depuis sa mort, elle ne se voyait pas se décomposer présentement elle... elle n'était ni rongée par les vers, ni par les charognards. Son cœur battait « C'est possible. Il faut.. il faut seulement que j'aille mieux. Si je vais mieux, je pourrais faire ça, je pourrais relancer ma carrière et forcer Andrew à se soigner. Il faut que je devienne suffisamment forte. » Car oui, il faudrait forcer, il faudrait faire voir au Duc la vérité en face, il faudrait qu'il s'écoute parler, il faudrait qu'il voit son épouse, il faudrait qu'il réalise une bonne fois pour toute et qu'il arrête de promettre dans le vent ! « Regarde ce que tu as fait de moi », c'était ça qu'elle devrait lui dire, elle devrait lui montrer, elle devrait être droite, le regard fixe et accusateur, « c'est de ta faute », il devra entendre ça, réaliser, cesser de nier.






Nier, c'était typiquement humain, se mentir à sois-même, l’auto-conviction était un moyen pratique qui visait à se manipuler, modifier notre sens de la réalité pour ne pas voir nos faiblesses, ce qu'on ne veut pas observer avec attention, analyser et qui nous empêche de résoudre nos problèmes, de chasser nos vieux diables, ceux qui tournoient continuellement avec nous, qui nous invitent.. non, qui nous forcent à danser et à boire joyeusement avec eux. « Tu veux que je te dise ? J'y crois sincèrement qu'on peut se sortir de là, mais je vais devoir tenter de me raisonner et surtout essayer d'être quelqu’un, pour une fois. » Kathérina resta le regarder quelques instants, le garçon désirait vraiment, du moins elle le pensait, s'en sortir. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il faisait là, elle ne savait pas vraiment de quoi il devait se sortir mais une chose était sûre, il devait apprendre à s'estimer. « Ca veut dire quoi pour toi Howard.. être quelqu'un ? », souvent cette question trottait dans sa tête comme son petit insecte, ils jouaient ensemble parfois. Être quelqu'un c'était la reconnaissance chez les Parker, Kate avait toujours pensé cela ; « Tu vas grandir et tu vas voir ce qu'il se passe autour de toi. Tu vas te rendre compte que c'est toi avec tes coups de pieds, hissée sur tes pointes que c'est toi qui rythme ton environnement. Tu faucheras de tes jambes, tu brilleras et tu seras même peut-être le soleil de quelqu'un. Ce que tu feras justifiera ton existence. Ce que tu vas aimer, ce que tu vas détester. Tu as le choix, mais sache que les applaudissements que tu as entendu ce soir étaient pour toi, pour ton talent, parce que tu es une petite musicienne, parce que tu es une petite danseuse en plus d'être quelqu'un. Ce que tu es, ce que tu étais tu ne le sauras uniquement quand la vieillesse viendra frapper à ta porte. Et là tu auras le recul necessaire pour te dire « j'ai été telle personne dans ma vie, cette dernière m'a satisfaite, j'ai vécu tout ce que je voulais vivre, aimé ceux que j'avais envie d'aimer. J'ai été quelqu'un, oui, je n'ai aucun regrets. » lui avait-dit son père lorsqu'elle n'était encore qu'une petite fille insouciante. Elle n'avait jamais compris tout ce discours, elle c'était toujours demandée quand elle comprendrait d'ailleurs. Sentait-elle la vieillesse, ou du moins la mort ? Oui, elle avait même sympathisé avec, et elle avait compris. « Je vais le faire... Si tu me dis que tu sauras affronter Andrew, je serais sans doute assez fort pour affronter Père. » Kate releva les yeux vers lui, constatant avec effroi que le paternel de son nouvel ami ne devait certainement pas être si tendre et si à l'écoute que son propre père à elle. « Enfin je veux dire... » la petite duchesse avait perdu le sourire qui avait commencé à donner cette forme si douce à son visage, elle sentait quelque chose de grave arriver, elle sentait le mal-être d'Howard, sa gêne, son embarras. « Qu'est ce que tu veux dire Howard ? » elle ne souhaitait pas qu'il tourne autour du pot, qu'il se voile encore la face à coup de « père est un homme respectable » tout comme elle l'avait fait avec Andrew « Admets ce qu'il se passe », oui il le fallait, il fallait qu'il ait cette force, il avait dis que si elle disait qu'elle pourrait affronter l'amour de sa vie, il affronterait le grand James Taylor, alors.. « Howard, je te promets que j'affronterais Andrew, je te promets que je tiendrais debout, que je pourrais le regarder dans les yeux et que je lui dirais que... que ça peut pas continuer... » et qu'il peut aller se faire foutre, accessoirement, rajouta Lyzbeth qui tenait la main de Kate qui ne pu s'empêcher.. de rire en regardant dans sa direction. « Je promets. », ajouta sûr de lui le gentleman qui semblait cette fois-ci bien décidée. La danseuse hésita quelques instants avant de lui tendre son petit doigt pour sceller la promesse « Je sais que... tu peux toucher personne, que ça te fait peur et je t'avoue que moi aussi ça me fait peur et me fait mal au ventre. Mais juste là, c'est important. J'ai toujours fais ça avec mes parents quand on se promettait de réussir dans quelque chose, j'ai toujours fais ça avec mes cousins pour qu'ils me jurent qu'ils iraient bien et qu'ils ne se feraient jamais prendre en volant de la nourriture dans les marchés espagnols, j'ai toujours fais ça avec Andrew quand on se promettait de s'aimer toute notre vie, et je veux faire ça avec toi, parce qu'à présent ça a toujours marché, parce que je veux que tu y arrives, qu'on y arrive. Dis toi que.. il n'y aura pas de montagne à gravir, je ne te demande pas de faire le tour du monde à pied en quelques jours sans prendre l'avion, je ne te demande pas de guérir de ton mal, mais je veux que quoi qu'il advienne.. tu tiennes ta promesse et... ça me donnera aussi la force de tenir la mienne. Et quand on sera sur le point de flancher, on se rappellera de ça, je me dirais que tu as réussi et que moi aussi je peux. »C'était certain, une bonne part de Bonnie constituait Kathérina et c'était presque plaisant de l'entendre espérer, de l'entendre sceller ce pacte qui formerait une partie de leur futur, elle en était certaine.






« Ce n'est pas ce que je dis.... Il ne faut pas non plus imaginer qu'en claquant des doigts tu effaceras comme sur une ardoise tes peines et celui que tu aimes aujourd'hui. Que trouver quelqu'un de meilleur sera aussi simple... Ce n'est pas pour te décourager mais je ne crois pas qu'on aime quelqu'un parce qu'il est juste bon. Enfin... Tu vois. Mais respirer par toi-même serait déjà une sacrée avancée... Tu auras tout le temps d'apprendre à te reconstruire. Chaque chose en son temps, d'accord ? » Elle ne pouvait pas vaincre ses sentiments, elle ne pouvait pas les faire taire, les enterrer. Elle était folle d'amour pour Andrew, bien plus qu'elle n'était folle d'ailleurs ! Pertinemment, elle savait que jamais elle ne pourrait s'en défaire. Il était dans son cœur, dans sa tête, dans ses os broyés, dans sa peau détruite, oui, littéralement il l'avait marqué, elle était tatouée comme un animal à abattre, comme une juive dans un camp de travail. L'initiale de cet homme guettait, il plaquait ses mains chaudes comme l'enfer sur sa frêle nuque, il appuyait fort et jamais ne la lâchait. Et cet amour, un amour exclusif et passionnel, qui les déchirait et les rapprochait, non cet amour là n'était pas public, il n'était pas aussi parfait. 






Oui ils pleuraient, ils souffraient, ils s’abîmaient mais étaient incapables de continuer la route l'un sans l'autre. Les autres les voyaient comme les nouveaux Thadée Klossowski de Rola et Loulou de la Falaise « ils sont à leur image, naturellement et incroyablement charismatiques, glamours. Ils personnifient la fantaisie chique de notre siècle, la vie artistique, aristocratique, la mode, l'élégance, la beauté, la jeunesse et l'excès. Le tout distillé en un seul couple. ». Finalement le côté sombre de leur amour n'était perçu que dans les horribles clichés du Duc, vu évidemment comme des mises en scène ; « rien ne cloche chez eux. Ils sont talentueux, riches, ils s'aiment. », si seulement cela avait été aussi simple. On ne parlait d'eux comme d'un tout, comme si ils n'avaient formé qu'une seule personne, l'incarnation des époux parfaits. Alors comment justifier la folie de madame Barrow ? Comment se faisait-il qu'elle avait craqué, tué, mangé des êtres humains, que son corps balafré avait été retrouvé dans un piteux état dans les faubourgs de Londres ? Oui, quelque chose clochait, tout le monde pouvait le voir, et les regards accusateurs c'étaient tournés vers Andrew Barrow, dévasté. « Je ne veux pas me séparer de lui pour toujours... mais il est malade, alors je suis prête à m'en défaire jusqu'à ce qu'il aille mieux. Je crois... je crois que c'est une bonne alternative et... il faut que les gens sachent ce qu'il m'a fait je.. je dois arrêté d'être muette, d'accepter ça, j'ai des preuves, j'ai des faits.. il ne peut me détruire davantage que ce qu'il a déjà fait. » mais il le pouvait, bien qu'elle prétendait le contraire, une peur venait la hanter parfois, la peur qu'il la paralyse littéralement, brisant de ses coups chaque os de son corps, lui retirer la mobilité, voir même la parole.. ce ne serait pas difficile, il avait déjà réussi à réduire son cerveau en bouillie, lui faire trouver la situation normale par le conditionnement. Elle était loin de cesser d'avoir peur.





Howard aussi avait peur, il avait peur de la réalité des morts tranchants et francs d'Alicia (oui, elle pouvait être franche quand il fallait, laisser tomber le masque de porcelaine qui assombrissait son visage humain), il avait peur des gens de leur milieu.. « Tu es terrifiante... Terrifiante et pleine de justesse. C'est écœurant. J'ai peur tu sais Alicia... Tous ces yeux qui clignent et toisent, si seulement on pouvait les leur fermer, qu'ils détournent ce regard qui trou le front comme une balle. Est-ce que ça te fais aussi mal que moi ? Est-ce que ça te pèse autant ? Quelle question... Ce que tu viens de dire le prouve assez... Es-ce que, Alicia, tu connais des gens comme nous qui ont relevé la tête ? » Alicia inspira en fermant les yeux, c'était dur de parler, de réconforter et elle n'avait jamais été douée pour cela ! Elle était celle qui accablait, l'amie désagréable qui criait des « je te l'avais dit ! » mais pas aujourd'hui, non, pas aujourd'hui. « Howard, je ne vis que pour les regards, les approbations, les « c'est bien ,c'est beau ce que vous faites, votre conduite est exemplaire ». Je ne vis pas pour moi, je vis pour les autres, à travers leurs regards. Si on ne croit pas en moi, je n'existe pas. Si on ne me regarde pas, je m’éteins. On.. on est bien loin du « je pense donc je suis » n'est-ce-pas.. ? C'est même.. totalement l'inverse j'en ai bien peur. Je n'ai connu que cela, c'est pour ça que je suis là, c'est mon rôle d'être parfaite, c'est mon rôle de faire par mon touché la justesse et la beauté. L'imperfection me hante, elle est là, tout le temps et.. ce n'est pas moi qui l'anime. Ce sont les regards des autres, ils sont tellement nombreux, ils voient chaque détails Howard ! Oui, oui Howard, c'est terrifiant, et si je me retrouve en enfer, je serais certainement dans une boucle temporelle où mon enveloppe charnelle se retrouverait dans un endroit remplit d'imperfection, et... de personnes prêtes à me juger, moi, mes gestes, mon corps et... ces fichus TOC ! » ses paroles transpiraient la douleur et la souffrance. Si Howard l'avait vu dans son contexte, dans son beau manoir, dans sa belle robe et avec son joli masque, il aurait totalement pu se demander si elle se fichait de lui, avec ses fausses plaintes mais.. elles étaient bien vraies, malheureusement tout comme les siennes.
« Je suis un pécheur qui s'acharne à être un homme bon. Je n'arrive pas à chasser le Diable, je n'arrive pas à reprendre le contrôle, et... Le poids est trop lourd cumulé à e qu'il se passe, chez moi. L'un ou l'autre séparément je peux essayer d'être fort et de faire face, mais là je me sens... Enseveli par le destin, par la sombre fatalité. Je commence à me dire qu'il n'y a rien à faire. »



Sept fois Alicia passa sa main dans ses cheveux qui la gênaient, très vite, trop vite, elle tiqua et recommença à se gratter les tempes « mais... mais.... » les dents serrées elle réfléchissait, on aurait pu croire d'aspect qu'elle faisait une vraie crise d'angoisse mais.. non, elle libérait ses pensées trop longtemps maintenues, enfermées dans sa cage de cristal.« Mais tu tentes, tu essayes, il n'y a rien de plus gratifiant que de voir cela. Même si tu perds ne.. ne sois pas comme moi à attendre que tout sois parfait, ça n'est pas utile.. c'est... c'est.. c'est insupportable, tu peux pas vivre comme ça ! C'est pas la vraie vie d'e^tre tranquille, d'être bon tout le temps ! Tu tentes d'être une personne personne, tu as la volonté ça prouve que tu n'es pas mauvais Howard ! Oui, oui je sais que je ne sais rien de toi, oui, tu me dis des choses et je n'en comprends pas le sens, tu es mauvais, le diable t'habite mais... tu veux le chasser, c'est tout ce que tu me dis, c'est tout ce que je vois et crois moi, crois moi c'est déjà merveilleux que tu veuilles le faire s'en aller. », la rage, la rage, voilà pourquoi Lyzbeth aimait Alicia, parce qu'elle gardait tout en elle, caché sous ses parures, ses yeux vides et durs mais quand elle explosait.. c'était phénoménal. Son jugement était juste, c'était bien les seuls moment où elle était lucide, malheureusement pour elle. « Et tu m'envie de l'être ? La lucidité est un monstre. Je la haïs, viscéralement. La lucidité c'est le Mal, c'est mon Mal à moi. C'est un genre de Lucifer tu comprends ? Non, bien sûr que non. » Alicia écarquilla les yeux, chiffonna puis défroissa son uniforme quatorze fois cette fois-ci « Non, non, bien sûr que non ? Howard, la lucidité c'est ce qui fait que tu es réel ! Tu as envie d'être un simple fantôme ? Tu as envie d'être transparent ou tu veux vivre pour toi ? Tu es lucide, tu as conscience de ton mal et tente d'y remédier. C'était la meilleure chose qu'il puisse t'arriver. L'ignorance.. le déni... c'est terrible. Crois moi Howard quand je te dis cela, crois moi ! » était-ce le désespoir qui sortait de sa bouche, jaillissait de ses yeux globuleux. Elle aurait voulu l'agripper et le secouer en le suppliant d'accepter ce mal, la lucidité justement. Mais elle ne pouvait pas.
« Tu ne comprends pas... C'est de ma faute. Un jour j'ai péché, j'ai cédé, et depuis... Depuis je ne retrouve plus Dieu ! Je l'ai perdu... Oui. Prie pour moi s'il te plaît, peut-être qu'il t'écoutera, qu'il aura pitié de moi.. » Alicia haucha la tête, elle ferma les yeux quelques instants, elle voulait joindre ses mains et prier, mais elle du s'y reprendre à cinq fois pour qu'elles soient parfaitement jointe, elle n'y parvenait pas, pas pour l'instant, elle devrait attendre pour prier. « On pêche tous. Dieu accorde le pardon, Dieu va te pardonner ! Il pardonne tout, tout le monde, même Lyzbeth, même Bonnie et Dieu seul sait à quel point ce qu'elles font est mal, même Kate, même Andrew, même mon mari, même moi ! Il a pardonné à Charles Manson, il a pardonné, toujours encore encore ! Il est peut-être très occupé, mais il reviendra vers toi ! » la foi l'animait avec une force impressionnante et époustouflante, comme un enfant croyant au père noël et veillant bien à rester sage toute l'année, surtout à l'approche de noël.







Howard n'avait pas pu dire à Alicia ce qu'il avait fait, il n'arrivait pas à admettre à la jeune duchesse que c'était sa relation particulière avec son meilleur ami qui le faisait crever de honte, si il avait pu il se serait presque auto flagellé, c'était pour dire à quel point il avait peur de passer toute l'éternité dévoré par les flammes des enfers. Mais Lyzbeth voulait TOUT savoir, elle voulait trouver des solutions. « Est-ce que... Est-ce que les amis glissent leurs mains dans vos cheveux et sondent votre âme justement d'un seul regard ? Je n'ai jamais vraiment eu d'amis, au final je ne sais pas ! Ceci dit... Même en cas d'extrême gratitude, les amis ne s'embrassent pas sauvagement n'est-ce pas ? » Lyzbeth s'étouffa avec sa salive. Ce n'était pas un rire ni un cri, elle ne toussait pas à cause de sa terrible maladie, ni de la fumée de cigarette qu'elle avait aspiré plus tôt, ni de celle qu'Andrew avait aspiré et craché en la tenant contre lui, non non, elle s'étouffait juste à s'en dégrafer les poumons et reprit tout de même ses esprits. « T'es con ou quoi ? » c'était tout ce qu'elle avait pu dire, ou du moins demander. Non, non c'était plutôt une question rhétorique. « T'es stupide Howard, je t'aime bien mais t'es un crétin. Attends, entre potes on se roule pas des pelles , enfin sauf avec Bonnie parce qu'elle adore embrasser comme ça cette salope, mais NON, personne ne fait ça entre amis, non NON ET NON ! Parce que là c'est... » elle inspira « .. bon ok.. euh comment dire.. c'est malaisant. Nan parce que tu vois je déteste les hommes. Alors imaginer deux hommes... non mais je suis pas homophobe hein, je suis lesbienne, je déteste juste les hommes.. eum... » puis toussa « c'est genre... il t'a.. roulé une pelle et.. SAUVAGEMENT en plus quoi... Ok écoute Howard, jte parle vraiment.. d'une amie à un ami, ok ? Non parce que bon, je sais pas vraiment si on est amis, je crois hein, tu m'as pleuré dessus, je t'ai pleuré dessus, jcrois que ça veut dire ce que ça veut dire hm ? Euh bon.. je me perds, je m'égare. T'as genre.. tout faux, Edgar c'est pas JUSTE ton meilleur ami quoi .. enfin sauf si il a fait ça dans le contexte d'un jeu ou pour déconner mais là, là HOWAARD PUTAIN CA A L'AIR SERIEUX ! Ok attends, faut que je me calme, je reprends mes esprits, promis j'arrête de crier, respire Lyz, respiiiiiiiiire... » elle ferma les yeux, soupira d'un coup en balayant l'image des deux garçons, l'un contre l'autre partageant ce baiser fougueux et intense, en alerte, les corps d'Howard crispé et pétrifié tandis qu'Edgar parcourait de ses mains son... « PUTAIN » s'écria-t-elle, « c'est trop érotique dans ma tête là, bon on va oublier, jvais pas me calmer ça marche pas ! Bon euh.. donc il t'a... embrassé. Ok. Ok. C'était pas de la gratitude mon coco. Bon et.. et après ? Il a fait quoi ? Il a dit quoi ?! » elle était impatiente, comme une gamine à qui on racontait une histoire à laquelle on avait déchiré les dernières pages.









Bonnie était aussi impatiente que Lyzbeth, elle savait qu'elle voulait quelqu'un plus que tout au monde, elle regrettait presque de s'en être allée ce matin là, quand elle avait quitté les draps du Russe. « Irwin avait l'air d'un type formidable. Peut-être qu l'on aurait pu être de bons amis lui et moi. Peut-être que tu aurais vécu avec lui et que vous m'auriez invité boire le thé ». Bonnie releva ses grand yeux larmoyants vers Howard. Elle était triste, elle avait senti ce flot de regrets l'assaillir et l'étouffer, oui, Bonnie regrettait. Elle serra plus fort les mains d'Howard dans les siennes « C'est sûr, tu l'aurais adoré. C'était une bonne personne... on aurait pu faire de belles choses ensembles, on aurait pu être heureux. On aurait passer notre fin de vie ensemble, on aurait pu s'aimer jusqu'à en perdre la notion du temps. » et elle c'était mise à pleurer, « et moi.. moi je suis partie, il m'a demandé si je l'aimais et moi je suis partie comme une voleuse et j'ai tout gâché.. et maintenant je suis coincée ici, je vais plus jamais le revoir Howard.. j'ai tout fichu par terre juste à cause de cette stupide peur de l'engagement, de l'amour et de l'abandon.. » démolie, oui, elle venait de se déconstruire, d'avouer son erreur, et bien plus encore « j'ai jamais aimé une personne à ce point.. comment on peut tomber amoureux si follement et si vite... en une nuit.. comment on peut penser tout connaître d'une personne en une nuit ? Il m'a fait confiance alors qu'il ne l'avait jamais fait à personne avant... j'ai tout fais foirer Howard.. j'aimerais tellement le revoir tu sais.. » elle ne parvenait même pas à sécher ses larmes, elle était abattue, le remords la submergeait, soudainement elle se mit à ressentir de la haine, pour elle même, pour cette fichu maladie qui l'aurait de toute façon un jour ou l'autre séparé d'Irwin. Mais Howard était bon, il lui rappelait l'homme de sa vie, elle n'était pas amoureuse de lui mais elle l'aimait d'un amour indescriptible, un coup de foudre amical sans aucun doute. Elle lui avait fait un présent et il avait décidé de lui en faire un à son tour, un précieux qu'elle serra dans le creux de ses mains gelées, redoutant tout de même la réaction du père du petit Taylor si il découvrait que ce dernier n'avait plus sa chevalière. « Mon papa... N'aie pas de remords Bonnie. Père n'est pas une personne qui est digne de t'apprécier. » Bonnie rebaissa la tête « j'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose Howard.. je veux plus que tu ais mal.. » c'était enfantin, irréel dans la bouche d'une adulte mais.. Bonnie sortait à peine de l'enfance, on avait fait en sorte que Kathérina devienne une femme bien trop tôt et Bonnie était cette partie d'elle qui ne désirait pas une telle vie. Elle était honnête, elle était vraie, sans filtre, c'était bien pour cela qu'elle avait dit « je t'aime » à Howard. « Je voulais que tu entendes ça au moins une fois dans ta vie. J'espère qu'on te le dira, j'espère que tu le diras aussi aux gens que tu aimeras quand tu te sentiras prêt à aimer. J'espère que tu le diras à tes enfants, j'espère que tu comprennes ce que ça signifie. Mais pour l'instant.. c'était important que je te le dise. Parce que c'était sincère, et que rien ne réchauffe autant le cœur que des mots sincères.. » malgré sa tristesse elle lui avait sourit, elle avait refermé ses yeux pour bannir ses larmes puis l'avait regardé à nouveau et embrassé sur le front. « Ne doute plus de toi Howard. », et ce dernier ne voulait pas non plus qu'elle doute d'elle, visiblement. Il l'avait prit contre lui, plaquant une de ses mains sur sa cage thoracique, geste qui la fit sursauter de surprise. « Mais Bonnie regarde, sens, tu es en vie là ! Ta poitrine est minuscule et fébrile, mais j sens les pulsations battre là, contre ma main, regarde, sens ! Kathérina est assez forte, TU es assez forte, et Alicia aussi et ne parlons pas de Lyzbeth, vous êtes invincibles. Pitié... ne me laisse pas... » Allez Bonnie, allez Bonnie, ravale tes larmes, la nymphette ferma les yeux et déposa sa main gauche sur celle d'Howard, tentant de se concentrer un maximum sur le témoignage de vie qui siégeait en elle, mais elle avait du mal, vraiment. Elle avait peur, pas de la mort en elle même et qu'elle vienne la cueillir dans sa jeunesse, non, mais que ses amies causent sa mort. Elle détacha la main d'Howard d'elle et se détacha de lui le cœur lourd, anéantie par ses idées et se referma littéralement sur elle même, au bords des larmes « je veux pas te laisser Howard... mais elles me font mal, j'en ai assez de ne pas être un individu à part entière tu... c'est comme si tu disposais de ton corps que 1 tiers de temps Howard, je.. je sais pas ce qu'elles en font, comment elles s'en servent et... Kate le détruit, Alicia le détruit, Lyzbeth le détruit ! Elles vont me tuer, elles veulent me faire partir Howard je le sais, elles veulent m'arracher à moi.. c'est pour ça qu'il faut que je les fasse partir, ce corps il est à moi Howard, c'est à mon tour de le prendre et de pas le rendre ! » c'était totalement faux, il était loin de lui appartenir et celle qui avait fait le plus de dégats n'était autre qu'elle même, malheureusement. Mais elle avait si peur, trop peur de quitter le monde qu'elle aimait temps. Alors elle s'en était construit un, un qui allait à sa convenance, un si beau et merveilleux !


« Tu fabules Bonnie, tu es charmante quand tu fabules... J'ai envie de te suivre. Oui, après tout faisons ça ! Si Ostrov doit nous garder prisonnier, si tu dois mourir, si je dois partir, si l'on ne doit plus se voir, alors vivons jusqu'au bout, jusqu'à la dernière respiration qu'on pourra partager ! Mince Bonnie, Ostrov est à nous d'accord ? » Bonnie rongeait ses ongles, elle déchirait la peau, elle abimait et avait beaucoup de mal à revenir vers lui, à fabuler encore, il fallait qu'elle se calme, qu'elle empêche la tristesse de la dominer. « Oui, oui d'accord. On.. on est pas obligé d'être là mentalement on est pas enchaîné, on a pas la camisole, ils me l'ont retiré avant que je vienne ici, alors j'ai le droit de faire ce que je veux, toi aussi Howard ! Toi aussi ! » elle se tourna à nouveau vers lui et se mit à genou, les mains sur les épaules de l'anglais qu'elle remuait légèrement de part sa force.. de cacahuète. « Howard, Howard, tu écoutes Bowie ? Je... j'ai compris sa chanson. We can be heroes, just for one day ! Howard, Howard, c'est ça. Et ce « one day », on est pas obligé de le faire durer 24 heures ! Une journée c'est pas obligé de faire 24 heures ! Bowie il est mort, il est mort en Janvier ? En Janvier je crois, on me l'a dit, c'est triste tu crois ? Non, non maintenant c'est une étoile, Starman, c'est une étoile. Comme toi, sauf que toi tu brilles ici, là devant moi ! T'es réel Howard ? Oui, et si c'est mon esprit qui t'a fabriqué, je le remercie. Je m'en fiche qu'on me punisse ici, je m'en fiche qu'on me frappe, qu'on me dispute. C'est ça qui est pas réel, la tristesse, la souffrance. Tu comprends ? » l'enthousiasme était revenu, elle partait loin mais elle avait mis à la poubelle la douleur. « Rien n'est impossible !  Ne soit plus qu'une seule, ne sois plus que Bonnie, mon amie. » Bonnie l'enlaça, pas très fort mais tout de même, elle se lova contre lui comme si d'une minute à l'autre on allait les séparer « Moi aussi je veux être seule à l'intérieur, je veux rester là, je veux être ton amie. »






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EST ÂGÉ DE : 28 ans
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 8 Nov - 23:15

On a frôlé la vie! ✻ Kathérina & Howard
« Je ne voudrais pas avoir fait ces efforts.. toute ces années de pratique pour rien, pour sombrer dans l'oubli et... enfin je suis née pour ça ! C'est tout ce qu'il me reste de ma mère, la danse, c'est tout et... Je sais aussi que si je parviens à faire ce ballet, ce sera sa seule représentation alors... alors il faudra que ça devienne réalité, du moins si je le souhaite plus que tout. »

La Duchesse voulait être quelqu'un. Pas une personne que l'on nommerait simplement par son titre, elle voulait exister pour elle-même. Marquer les esprits autrement que par « femme de... », et visiblement elle était bien partie ! Howard ne pouvait qu'admirer cette force qu'elle déployait de tout son cœur alors qu'elle semblait encore si faible et instable, alors qu'une simple brise matinale aurait pu la renverser. L'anglais ne se gêna donc pas pour lui faire part de la fierté qu'il éprouvait face à un tel entrain, entrain qu'il aurait adoré partager davantage. Le brun était convaincu au plus profond de son âme qu'elle parviendrait à ses fins, elle le devait car si Kathérina échouait, tout le monde échouerait derrière elle.

« Ne tournez plus autour du pot, sautez-y à pieds-joints, et puis... », un léger sourire fleurit sur ses lèvres, il n'osait pas vraiment poursuivre, mais il tenta. « Si vous avez si peur d'échouer, faîtes moi confiance, y'a de pires endroits pour se planter qu'un joli pot. Vous pourrez toujours vous consoler d'être devenue une belle fleur ! », bon c'était enfantin, mais c'était le brin d'humour que lui insufflait cette bouffée d'espoir tout frais.

« C'est possible. Il faut.. il faut seulement que j'aille mieux. Si je vais mieux, je pourrais faire ça, je pourrais relancer ma carrière et forcer Andrew à se soigner. Il faut que je devienne suffisamment forte. »

Entendre le nom du Duc Barrow faisait grincer les dents d' Howard. C'était plus fort que lui, cet homme le débectait de tout son corps, de toute son âme. Sa souffrance ne l'atteignait pas, pour lui rien au monde ne pouvait justifier le fait d'avoir recours à la violence, à ce genre de violence qui plus est. A la seconde où l'on avait osé levé la main sur lui, il était devenu complètement terrifié par tout contact physique. Écouter et découvrir une femme sans défense se faire torturer avec un telle asservissement lui retournait complètement les tripes.

« Il faut... Que vous cessiez d'essayer, maintenant il faut que vous en soyez persuadée ! », encore une fois, tellement rapide et facile à dire, mais ce n'était pas des paroles en l'air, il était convaincu.  


« Ca veut dire quoi pour toi Howard.. être quelqu'un ? »,

C'était une question qu'on ne lui avait jamais posé auparavant.

« Être quelqu'un ? », répéta le brun un peu rêveur. Est-ce qu'être quelqu'un ça voulait dire être un Duc Andrew Barrow, ou un Howard James Taylor ? Est-ce qu'«être quelqu'un c'était être reconnu, la notoriété et la richesse, l'éloquence ? James Taylor, son père, ne lui avait pas souvent enseigné ce qu' être quelqu'un » pouvait signifier. Il lui avait surtout apprit ce qu'il ne fallait pas être. Il ne devait pas être feignant, oisif, il ne devait pas être arrogant, ni vulgaire, ni faible, oh non, surtout pas faible.... Il ne devait pas être stupide, impertinent, sensible. Il ne devait pas faire HONTE, pas manquer de respect, pas perdre son temps. Tous les jours il s'était échiné à être cet homme que ses parents pourraient regarder droit dans les yeux, cet homme qu'ils pourraient fièrement désigner comme leur fils unique. Se faire internet au sein d'Ostrov Island ne faisait pas parti des attendent des Taylor, n'étaient pas quelque chose de gratifiant.

« Tu sais... Je... Je suppose qu'être quelqu'un c'est d'avoir de l'influence, être intelligent, être juste, c'est... », il souffla et retira ses lunettes pour se frotter les yeux. Il n'avait pas l'air franchement convaincu par ce qu'il disait, on aurait dit un politicien bien coiffé qui chantonnait sa campagne électorale comme un petit rossignol sous une fenêtre. Il renfila ses lunettes un peu grandes pour ses yeux de chat, et appuya son menton sur ses bras repliés sur ses genoux. Il était sans doute trop naïf. Pour lui être quelqu'un c'était...

« Toi. Toi, tu es quelqu'un. Je ne vais pas te mentir, regarde-toi... Tu es maigre, tu as peur, tu es persuadée d'être au seuil de la mort, tu penses même parfois qu'elle t'habite et creuse un peu plus loin chaque fois avec son ongle crochu. Je pense que tu es quelqu'un parce que ta tête est relevé, parce que tu veux décider, parce que tu sais ce que tu veux. », il s'humidifia les lèvres et détourna le regard.

« Est-ce qu'on a besoin d'être tous des Martin Luther King pour être quelqu'un ? Ces... Ces femmes qui sont tes amies sont des héroïnes.... », le nom suivant lui brûlait la bouche. Il avait envie de faire d' Edgar Anderson un héros aussi, pas parce qu'empiriquement il en était un, mais parce qu' Howard aimait la personne qu'il était, alors... Peut-être qu'il n'était pas QUELQU'UN comme l'entendait Kathérina ou comme l'entendait son père, mais pour lui, c'était une personne que l'on se devait d'admirer.

« Se battre. Se lever en trombe dans l'assistance. S'asseoir en tailleur dans l'herbe mouillée. Les yeux rouges, la respiration hachée les poings serrés, les cris, la haine dans la mâchoire, l'enfance au bout d'un sourire. ». C'était des mots décousus qu' Howard enfilait sans regarder Kate. Il n'arrivait même pas à construire des phrases intelligibles.

« Quelqu'un... », souffla-t-il comme s'il se moquait légèrement. « L'audace ! De la franchise trop ! Ou au contraire de la mauvaise foi. La gaminerie, l'espoir, la fougue, le culot... », il se mordit la lèvre.

« J'en sais rien du tout, Kathérina. », soupira finalement Howard, confus. Mais ce qu'il savait en revanche, c'était qu'il venait de se vendre. Ses mots avaient dépassé sa pensée. Il avait évoqué son père, et Kate avait aussitôt relevé les yeux, comme un radar qui perçait son front.

« Qu'est ce que tu veux dire Howard ?  Admets ce qu'il se passe.  Howard, je te promets que j'affronterais Andrew, je te promets que je tiendrais debout, que je pourrais le regarder dans les yeux et que je lui dirais que... que ça peut pas continuer... »

Ce que disait Kathérina le soulageait d'une part, et l'affolait considérablement de l'autre.

« C'est... ça me fait chaud au cœur, je serais malheureux si tu rebroussais chemin », quelle merveilleuse façon d'être à la fois honnête et fuyant quant à la question principale. La duchesse n'était pas dupe, elle avait posé une question qui appelait largement une réponse, et ce n'était pas la première fois qu'elle y faisait allusion. Il était temps de passer aux aveux car inventer un mensonge sur son père en si peu de temps était un réel défi pour Howard. Il n'arrivait pas à parler de James, pas tel quel en tout cas. Il lui avait déjà soufflé que c'était un homme autoritaire, que dire de plus ? C'était plus simple pour lui de montrer plutôt que d'avouer.

« Je... Je crois que toi et moi on est pas si différents, finalement...Je suis... », sa gorge se serra. Il hésita entre relever ses manches ou déboutonner sa chemise comme il avait montré à Bonnie, mais il n’en fit rien. Kathérina s'était confié, elle avait ouvert son cœur, c'était dure pour elle de parler d'Andrew Barrow alors il se devait de ne pas choisir la facilité, histoire de lui prouver que ses efforts n'étaient pas vains pour lui.

« Je ne suis pas à la hauteur des espérances de Père. », lâcha-t-il d'une traite. Il était bien partie, il fallait se lancer. « Il a une façon d'exprimer sa colère et sa déception d'une manière assez... Il... Il concentre son mécontentement sur moi. Je veux dire... Littéralement... », peut-être que ce n'était pas très clair, mais une femme battue comme l'état Kate, devrait comprendre...
Kathérina sembla touchée par les promesses qu'ils s'échangèrent et fit quelque chose qui sortit Howard de sa souffrance pour le laisser perplexe. Elle tendait en l'air son petit doigt, près du brun, comme si elle s'attendait à quelque chose en particulier que ce dernier ne percutait pas du tout.

« Je sais que... tu peux toucher personne, que ça te fait peur et je t'avoue que moi aussi ça me fait peur et me fait mal au ventre. Mais juste là, c'est important. J'ai toujours fais ça avec mes parents quand on se promettait de réussir dans quelque chose, j'ai toujours fais ça avec mes cousins pour qu'ils me jurent qu'ils iraient bien et qu'ils ne se feraient jamais prendre en volant de la nourriture dans les marchés espagnols, j'ai toujours fais ça avec Andrew quand on se promettait de s'aimer toute notre vie, et je veux faire ça avec toi, parce qu'à présent ça a toujours marché, parce que je veux que tu y arrives, qu'on y arrive. Dis toi que.. il n'y aura pas de montagne à gravir, je ne te demande pas de faire le tour du monde à pied en quelques jours sans prendre l'avion, je ne te demande pas de guérir de ton mal, mais je veux que quoi qu'il advienne.. tu tiennes ta promesse et... ça me donnera aussi la force de tenir la mienne. Et quand on sera sur le point de flancher, on se rappellera de ça, je me dirais que tu as réussi et que moi aussi je peux. »

Son cœur se chargea d'une émotion singulière qu'il tentait tant bien que mal de dissimuler. C'était la première fois qu'on lui proposait quelque chose comme ça, et il était touché d'entrer dans le cercle affectif de la duchesse, il s'imaginait que c'était quelque chose qui devait avoir énormément de signification pour elle. Il aurait voulu l'imiter, mais une boule d'angoisse comprima sa gorge au moment de s'approcher, au moment du contact. Il se sentait étouffer, littéralement. Il aurait pu enlacer Bonnie et pourtant, Kathérina lui semblait encore trop lointaine, distante, réservée comme lui pour lui accorder un tel effort. Elle le savait, elle avait souligner sa difficulté sociale, et cela le soulagea de ne pas avoir à s'expliquer sur ses bizarreries. Néanmoins, il était absolument hors de question de refuser la politesse à cette femme qui lui avait montré ouvertement ses plaies et qui s'était confiée avec une telle sincérité. Il déglutit bruyamment et scella le pacte comme elle le désirait pendant que de grosses gouttes de sueur perlaient à son front au moment du contact.  Ses jambes tremblèrent légèrement, puis un peu plus, ses genoux s'entrechoquèrent, et sa main devint si moites qu'il la retira aussitôt. Il aurait voulu parler, juste un petit mot pour faire passer la pilule, pour la distraire, histoire de dire « allez, ça va ! », mais son visage était tellement blême et figé qu'il n'en fut même pas capable. Il hocha la tête avec un petit sourire crispé, espérant détendre au maximum l'atmosphère, puis, au bout de quelques interminables secondes, il retrouva un semblant de parole.

« C'est charmant... Très charmant ! », bredouilla-t-il avec un air tellement coincé qu'il aurait pu faire passer Un Darcy pour.... Carlos !
Il se hâta de retrouver ses marques, conseiller, donner son avis, c'était bien mieux comme ça. Selon lui, Katherina devait essayer, devait y arriver, mais l'illusion n'était pas permis, elle n'oubliera jamais Andrew, et ce n'était pas ce qu'elle voulait, assurément pas.


« Je ne veux pas me séparer de lui pour toujours... mais il est malade, alors je suis prête à m'en défaire jusqu'à ce qu'il aille mieux. Je crois... je crois que c'est une bonne alternative et... il faut que les gens sachent ce qu'il m'a fait je.. je dois arrêté d'être muette, d'accepter ça, j'ai des preuves, j'ai des faits.. il ne peut me détruire davantage que ce qu'il a déjà fait. »

Howard hocha la tête vivement.

« Tu as raison, au fond... N'est-ce pas ce que l'on fait quand on tient aux gens ? Agir dans leur propre intérêt. Tu... Tu penses qu'il y arrivera, à se soigner j'entends ? », demanda l'anglais, un peu mal à l'aise pour tester son espoir.

Alicia partageait les peurs du brun, elle sentait le poids de la culpabilité et le jugement .

« Howard, je ne vis que pour les regards, les approbations, les « c'est bien ,c'est beau ce que vous faites, votre conduite est exemplaire ». Je ne vis pas pour moi, je vis pour les autres, à travers leurs regards. Si on ne croit pas en moi, je n'existe pas. Si on ne me regarde pas, je m’éteins. On.. on est bien loin du « je pense donc je suis » n'est-ce-pas.. ? C'est même.. totalement l'inverse j'en ai bien peur. Je n'ai connu que cela, c'est pour ça que je suis là, c'est mon rôle d'être parfaite, c'est mon rôle de faire par mon touché la justesse et la beauté. L'imperfection me hante, elle est là, tout le temps et.. ce n'est pas moi qui l'anime. Ce sont les regards des autres, ils sont tellement nombreux, ils voient chaque détails Howard ! Oui, oui Howard, c'est terrifiant, et si je me retrouve en enfer, je serais certainement dans une boucle temporelle où mon enveloppe charnelle se retrouverait dans un endroit remplit d'imperfection, et... de personnes prêtes à me juger, moi, mes gestes, mon corps et... ces fichus TOC ! »

Le brun se rongea les ongles tellement furieusement qu'il dérangea ses lunettes sur l'arrête de son nez. Il détestait parler d'enfer, surtout avec une personne qui le craignait tout autant que lui. Il avait peur que cette conversation engendre le mal, et s'abatte sur eux avec fracas.

« C'est ça, ton enfer ? », souffla Howard d'un ton presque inaudible. Malgré la souffrance évidente d' Alicia, Howard voulait partager sa peine pour se mettre à son niveau, mais il ne savait même pas clairement à quoi pouvait ressembler sa pire situation. Il n'était pas certain au fond de lui, que l'Enfer qu'il imaginait en ce moment même n'était finalement pas ce dont il rêvait secrètement. Cette simple pensée lui troua le ventre.

« Mon enfer est un endroit moite et sale qui infeste la sueur et l'alcool. Satan plonge dans nos moelle épinières, en tire des ficelles et se jouent, ils nous fait jouer dans son petit théâtre. », il venait de dire « nous ». Ils étaient au moins deux sur les planches grinçantes du Diable. La lucidité l'avait encore une fois battu à plat de couture, cette lucidité qui lui barrait la route et dont il avait tant de mal à se défaire parfois.

« [...] Howard, la lucidité c'est ce qui fait que tu es réel ! Tu as envie d'être un simple fantôme ? Tu as envie d'être transparent ou tu veux vivre pour toi ? Tu es lucide, tu as conscience de ton mal et tente d'y remédier. C'était la meilleure chose qu'il puisse t'arriver. L'ignorance.. le déni... c'est terrible. Crois moi Howard quand je te dis cela, crois moi ! »

NON ! Non bon sang, elle avait tort !

« Alicia, Alicia, stop, s'il te plaît ! Je ne veux pas être désagréable, mais je refuse d'écouter davantage ce... Ce tissu de CONNERIES ! », s'énerva le brun dont le cœur battait plus fort qu'un caisson de basses sur un char de parade.

« Et puis arrête de m'idéaliser, de me trouver des excuses à tout bout de champ ! Si tu m'avais rencontré dans la haute société, si tu avais vu mon vrai visage, celui que je m'efforce de cacher, tu m'aurais vomis sur les pieds, non, tu aurais eu trop de distinction pour ça, mais ça aurait été tout comme ! Et... Je ne t'en aurais même pas tenu rigueur d'ailleurs. », son pouls s'affolait, il lui avait dit que c'était un pécheur de la pire espèce, un moins que rien, indigne d'être un enfant de Dieu, et pourtant...

« On pêche tous. Dieu accorde le pardon, Dieu va te pardonner ! Il pardonne tout, tout le monde, même Lyzbeth, même Bonnie et Dieu seul sait à quel point ce qu'elles font est mal, même Kate, même Andrew, même mon mari, même moi ! Il a pardonné à Charles Manson, il a pardonné, toujours encore encore ! Il est peut-être très occupé, mais il reviendra vers toi ! »

Sa colère retomba froidement. Il était encore en ébullition mais se contint de toute sa volonté.

« Père dit le contraire. Le prêtre de ma paroisse a peur pour mon âme, il prie souvent pour moi, comme si je ne pouvais pas le faire tout seul ! C'est insupportable ! », grommela-t-il.


Il n'y avait qu'une contre laquelle Howard ne risquait pas de s'énerver, et c'était Lyzbeth, celle qui venait de prendre le relais de la petite bourgeoise. Elle parlait d'Edgar, elle parlait d' Edgar avec une aisance et un naturel qui coupait le souffle du jeune british. Elle dégelait la glace, elle s'asseyait dessus et faisait fondre l'iceberg avec son franc parlé et son impulsivité. Howard n'avait jamais su si le blond avait oui ou non de réels sentiments (et surtout sincères) à son égard, mais il n'avait pas véritablement envie de creuser la question. Aujourd'hui, il se mangeait une réponse plutôt salée.

« T'es con ou quoi ? »

Etait-il franchement nécessaire qu' Howard réponde à cette question... ?

« T'es stupide Howard, je t'aime bien mais t'es un crétin. »

Juste au cas où il n'avait pas compris la première fois, tiens c'est cadeau !

« Attends, entre potes on se roule pas des pelles , enfin sauf avec Bonnie parce qu'elle adore embrasser comme ça cette salope, mais NON, personne ne fait ça entre amis, non NON ET NON ! Parce que là c'est... »

Une micro pause (franchement bien savoureuse et méritée!).

« .. bon ok.. euh comment dire.. c'est malaisant. Nan parce que tu vois je déteste les hommes. Alors imaginer deux hommes... non mais je suis pas homophobe hein, je suis lesbienne, je déteste juste les hommes.. eum... »

Howard grimaça. « Imaginer deux hommes » n'aurait pas du réjouir son imagination de la sorte (et … « imagination » était utilisé à un sens TRES large....). Il aurait du frissonner d'horreur comme cette femme en face de lui, mais face aux commentaires de la blonde, il resta intrigué et se tut pour finir de l'écouter.

« c'est genre... il t'a.. roulé une pelle et.. SAUVAGEMENT en plus quoi... Ok écoute Howard, jte parle vraiment.. d'une amie à un ami, ok ? Non parce que bon, je sais pas vraiment si on est amis, je crois hein, tu m'as pleuré dessus, je t'ai pleuré dessus, jcrois que ça veut dire ce que ça veut dire hm ? Euh bon.. je me perds, je m'égare. T'as genre.. tout faux, Edgar c'est pas JUSTE ton meilleur ami quoi .. enfin sauf si il a fait ça dans le contexte d'un jeu ou pour déconner mais là, là HOWAARD PUTAIN CA A L'AIR SERIEUX ! Ok attends, faut que je me calme, je reprends mes esprits, promis j'arrête de crier, respire Lyz, respiiiiiiiiire... »

Le brun se mit à rire. Un rire discret, bien dissimulé derrière derrière ses phalanges repliées, il se mordait nerveusement des petites peaux gercées sur sa lèvre inférieure, tentant tant bien que mal de refouler un nouveau sourire traître.
Elle ferma les yeux puis jura :

« PUTAIN ! C'est trop érotique dans ma tête là, bon on va oublier, jvais pas me calmer ça marche pas ! Bon euh.. donc il t'a... embrassé. Ok. Ok. C'était pas de la gratitude mon coco. Bon et.. et après ? Il a fait quoi ? Il a dit quoi ?! »
Il n'avait jamais parlé de ce baiser, il n'avait jamais osé avouer à quel point ça avait été bon et... Torride, en fait.

« Il... Non, c'était pas si... Je pense surtout qu'il a du avoir pitié de moi. Tu vois, malgré ses fugues, ses secrets et son côté instable, c'est un garçon très... Imprévisible et c'est un bon ami. C'est le meilleur que j'ai eu, alors vu les... Les soirées agréables et cocasses qu'on a partagés, je pense qu'il a du se sacrifier. Pour la bonne cause, tu vois ? », maintenant.... « C'est vrai que... Il a quand même sacrément bien joué le jeu... A croire qu'il a de l’avenir dans le cinéma, si sa carrière de fou à duré indéterminé de décolle pas... ! », plaisanta Howard qui se souvenait de la violence du baiser et la passion des moindres gestes. Il entendait surtout, bien au delà du précieux contact, cette respiration froissée contre sa bouche. Edgar avait manqué d'étouffer, comme si manquer d'air était plus enviable que de cesser de l'embrasser...

« Bon... Va falloir que tu aies raison alors, je voudrais pas te gâcher la fin de la série... », taquina-t-il en baissant la tête. « En réalité... Tout ça me paraît un peu trop irréaliste, et quand bien même tu aurais raison... Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Ça n'a aucun avenir, et... Bon, même si e ne veux pas te rabattre encore les oreilles avec mes croyances, mais tu sais... Je peux pas. C'est dommage, oui, sans doute. ».

Une autre femme partageait sans doute l'avis de Lyz, c'était sa douce furie : Bonnie. Celle qui aimait trop fort, trop intensément, trop dangereusement. Elle parlait de cet homme qui lui avait tant fait de bien, celui pour qui elle aurait sans doute pu renoncer à tous les autres, Howard le sentait dans ses yeux, ils brillaient de regrets et de tristesse.


« C'est sûr, tu l'aurais adoré. C'était une bonne personne... on aurait pu faire de belles choses ensembles, on aurait pu être heureux. On aurait passer notre fin de vie ensemble, on aurait pu s'aimer jusqu'à en perdre la notion du temps.  et moi.. moi je suis partie, il m'a demandé si je l'aimais et moi je suis partie comme une voleuse et j'ai tout gâché.. et maintenant je suis coincée ici, je vais plus jamais le revoir Howard.. j'ai tout fichu par terre juste à cause de cette stupide peur de l'engagement, de l'amour et de l'abandon.. », dit-elle en pleurant, brisant le cœur du brun.

C'était tragique, pathétique même... Est-ce que la vie de Bonnie aurait changé si elle avait dit « Je t'aime » à cet homme malade ? Est-ce que Kathérina se serait effacée au profit de ce bonheur éphémère mais tranquille, serein, sans violence ? Est-ce que sa PROPRE vie aurait pu changer lui aussi ? Il y avait tellement d'occasions manquées, de regrets, de « what if », comme Bonnie, mais finalement le « c'est mieux ainsi » avait toujours eu raison d' Howard.

« J'ai jamais aimé une personne à ce point.. comment on peut tomber amoureux si follement et si vite... en une nuit.. comment on peut penser tout connaître d'une personne en une nuit ? Il m'a fait confiance alors qu'il ne l'avait jamais fait à personne avant... j'ai tout fais foirer Howard.. j'aimerais tellement le revoir tu sais.. »

Howard serra les dents, très fort. Il ne pouvait s'empêcher de revoir les images de sa première rencontre avec celui qui, dans son esprit, subsistait l'homme dont Bonnie était follement éprise. Un sac à dos en toile s'échouant sur son épaule droite, la respiration haletante, des semelles déjà en retard. Des cheveux en brosse, une voix suave, un rictus dans la commissure des lèvres. « C'est lequel mon lit ? ». Howard avait simplement sourit, un peu comme un enfant qui découvre sa montagne de cadeau au pied du sapin un matin de Noël, comme ça. Il était loin de se douter qu'une telle folie l'aliénerait, qu'il pourrait ressentir pour cet inconnu débarquant en trombes dans sa chambre, les mêmes sensations que décrivait Bonnie.


« Je ne sais pas, Bonnie.... », gémit-il, désemparé. « Je ne crois pas que tu penses comme moi, mais... Tout ne serait-il pas facilité si les êtres humains étaient épargnés par ce fléau qu'est l'amour ? », c'était une question naïve, mais il s'était souvent posé la question. Quoi qu'il en soit, Bonnie pleurait encore, rien ne semblait pouvoir la consoler. Même le piètre cadeau qu' Howard lui avait offert ne semblait pas lui faire tant de bien, elle était peinée.

« j'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose Howard.. je veux plus que tu ais mal.. », s'exclama-t-elle comme un petit enfant craintif qui a besoin d'être rassuré : non il n'y a pas de monstre qui se cache sous ton lit !

Il ouvrit la bouche pour la rassurer, mais elle lui avait dit « je t'aime ». Ces mots là avaient té d'une violence sans nom, à tel point qu'il avait été incapable de répondre correctement, juste quelques mots décousus qui signifiaient vaguement que c'était réciproque.

« Je voulais que tu entendes ça au moins une fois dans ta vie. J'espère qu'on te le dira, j'espère que tu le diras aussi aux gens que tu aimeras quand tu te sentiras prêt à aimer. J'espère que tu le diras à tes enfants, j'espère que tu comprennes ce que ça signifie. Mais pour l'instant.. c'était important que je te le dise. Parce que c'était sincère, et que rien ne réchauffe autant le cœur que des mots sincères..  Ne doute plus de toi Howard. »

Ses enfants... Est-ce qu'un jour il en aurai un ? Sans doute. Pourvu qu'il ne soit pas comme lui, pourvu qu'il hérite tout de sa mère. Une jeune femme raffinée et bien élevée qui n'aurait rien à se reprocher, une qui n'aurait pas traîné dans les marécages nauséabonds de Lucifer.

« Un jour peut-être... Mais, que tu me le dise toi, aujourd'hui au beau milieu d'un hôpital où tout bonheur semble condamné, c'est déjà... Ça signifie beaucoup pour moi. Et... Merci. », ça venait du fond du cœur
Il sentait la forte et puissante Bonnie s'effondrer sous ses yeux, et ça, c'était hors de question. Elle souffrait de sa maladie, elle souffrait vraiment.

« Je veux pas te laisser Howard... mais elles me font mal, j'en ai assez de ne pas être un individu à part entière tu... c'est comme si tu disposais de ton corps que 1 tiers de temps Howard, je.. je sais pas ce qu'elles en font, comment elles s'en servent et... Kate le détruit, Alicia le détruit, Lyzbeth le détruit ! Elles vont me tuer, elles veulent me faire partir Howard je le sais, elles veulent m'arracher à moi.. c'est pour ça qu'il faut que je les fasse partir, ce corps il est à moi Howard, c'est à mon tour de le prendre et de pas le rendre ! »

Il avait envie d'être égoïste avec son amie, parce que cette fois, il crevait de trouille de perdre quelqu'un de plus, quelqu'un à qui il s'était bien trop attaché.

« Tu es malade, Bonnie. Tu es beaucoup de monde à la fois, et je t'avoue que ça m'a fichu la trouille la première fois que le défilé de personnalités s'est présenté à moi, mais te perdre, me... », il ne pouvait même pas finir cette phrase. « Tu sais, je ne suis pas malade de la même façon que toi, mais c'est très souvent que je ne suis pas moi-même. Je n'existe qu'un jour sur deux, je ne sais plus bien parfois si je suis untel ou untel. Évidemment, tu me diras que c'est différent, mais quand tu y penses très fort, je ne pense pas... Je m'inventerais volontiers de nouveaux « moi » pour t'accompagner, et que tu ne partes jamais. ».

Et puis Bonnie avait changé d'avis, ou du moins, elle ne voulait plus y songer, et un sourire assiégea de nouveau sa jolie bouche. Elle sautillait à nouveau comme une petite fée clochette qui sème du bonheur à chaque fois qu'elle foulait le sol.

« Oui, oui d'accord. On.. on est pas obligé d'être là mentalement on est pas enchaîné, on a pas la camisole, ils me l'ont retiré avant que je vienne ici, alors j'ai le droit de faire ce que je veux, toi aussi Howard ! Toi aussi ! », dit-elle en lui massant légèrement les épaules. C'était si léger qu'on aurait pu croire qu'une simple brise passait sur sa nuque.

« Howard, Howard, tu écoutes Bowie ? Je... j'ai compris sa chanson. We can be heroes, just for one day ! Howard, Howard, c'est ça. Et ce « one day », on est pas obligé de le faire durer 24 heures ! Une journée c'est pas obligé de faire 24 heures ! Bowie il est mort, il est mort en Janvier ? En Janvier je crois, on me l'a dit, c'est triste tu crois ? Non, non maintenant c'est une étoile, Starman, c'est une étoile. Comme toi, sauf que toi tu brilles ici, là devant moi ! T'es réel Howard ? Oui, et si c'est mon esprit qui t'a fabriqué, je le remercie. Je m'en fiche qu'on me punisse ici, je m'en fiche qu'on me frappe, qu'on me dispute. C'est ça qui est pas réel, la tristesse, la souffrance. Tu comprends ? » .

Howard n'avait aucune idée de ce qu'elle racontait. Bien sûr qu'il connaissait David Bowie, de nom du moins, mais de là à réciter ses paroles... En tout cas, il était d'accord avec les paroles de cette chanson, et surtout avec l'enthousiasme avec laquelle récitait Bonnie.

« Je suis réel, en fin, je crois ! Je suis là... Et tant que tu seras dans cet endroit, je ne te lâcherai pas d'une semelle ! », c'était comme une promesse.

« Moi aussi je veux être seule à l'intérieur, je veux rester là, je veux être ton amie. ». Il esquissa un semblant de sourire, celui qu'on montre quand on est ému et heureux à la fois. Il avança un pas vers Bonnie, et il serra fort dans ses bras cette femme dont il ne pouvait attraper le petit doigt, quelques minutes auparavant.

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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
CRÉDITS : BIBI
A DÉBARQUÉ LE : 06/04/2016
FORCE : 1394
In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
SITUATION : Mariée
EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 4 Mai - 19:50


❝ Drink my tears, I'm at your mercy ❞
- Howard & Kathérina -
C'est drôlement dangereux de s'attacher à quelqu'un, c'est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l'autre est douloureuse.  
« Ne tournez plus autour du pot, sautez-y à pieds-joints, et puis... Si vous avez si peur d'échouer, faîtes moi confiance, y'a de pires endroits pour se planter qu'un joli pot. Vous pourrez toujours vous consoler d'être devenue une belle fleur !  »
Kathérina ne put empêcher un petit rire de s'échapper de sa bouche tel un diablotin qui aurait trouvé un endroit plus chaud que les enfers pour s'y faufiler. Howard venait de décrisper sa mâchoire et de défaire les nœuds qui maintenaient le corps de la danseuse tendu et surtout... il venait d'écarter les mains d'Andrew de sa gorge. Elle pouvait enfin respirer et oser sourire, ne serait ce qu'un peu. Howard lui redonnait un soupçon d'espoir, il fallait se l'avouer. La jeune femme avait une grande considération pour lui, parce qu'il écoutait, et qu'il comprenait. Elle qui en avait voulu à ses proches de nier l'évidence, elle qui avait croisé le regard terrifié de ses partenaires de ballet à la vue de ses blessures, elle qui avait rivé ses yeux sur un des majordomes Barrow qui était resté immobile, réduit à l'état de statue alors qu'elle était en train de se faire battre par le duc, elle qui en avait voulu à Dieu de ne pas répondre à ses prières, elle qui n'avait jamais remis la faute sur son bourreau. Et aujourd'hui, elle était là, en face d'un homme qui n'avait pas hésité à lui faire comprendre que lui, il pouvait savoir ce qu'elle avait vécu, et ce qu'elle vivrait encore si Andrew venait la chercher. Alors certes ses paroles respiraient l'évidence, mais bon sang, qu'est ce qu'un tel discours lui avait manqué ! Cette fois, cette unique fois, Dieu avait regardé ses deux pantins et c'était dit « pourquoi ne pas faire tomber ce malheureux sur cette malheureuse? » et il en fut ainsi.

« Il faut... Que vous cessiez d'essayer, maintenant il faut que vous en soyez persuadée ! »
Arrêter d'essayer d'aller mieux, d'essayer d'arranger les choses. Transformer les « je pense » par des « je sais », les « peut-être » par des « c'est certain », c'était ça, la solution ? L'auto-conviction pouvait-elle, à elle seule, permettre à la petite duchesse de briser ses chaînes, de couper la corde qui serrait son cou et l'empêchait de respirer ? Kathérina avait-elle au moins une fois dit à son mari « Plus jamais tu ne lèveras la main sur moi. » ? Certainement pas, car Kathérina était lâche, avait peur et avait surtout oublié comment vivre sainement. Elle avait occulté que l'amour pouvait être pacifique, qu'il n'y avait pas besoin de coup, de violence et d'humiliation pour s'aimer. Elle s'était conforté dans la douleur et le chagrin à en devenir tellement triste qu'elle n'aurait même plus pu donner la définition de ce mot. Elle se sentait ingrate et indigne du Duc qui l'aimait d'un amour inconditionnel et qui, malgré sa démence, ne ratait pas une occasion pour lui crier à quel point il pouvait l'aimer. Kathérina avait peur de le perdre, plus que de mourir de ses mains.


« L'angoisse me sciera la gorge Howard... j'aimerais avoir la volonté de me battre mais... » son sourire vacillait, il peinait à orner son visage si jeune et dévoré par la souffrance, « … c'est dur de faire face et... j'ai... j'ai atrocement peur de sa réaction et de.... », soudainement, elle commençait à prendre conscience de ses mots, et elle se trompait sur un point qui n'était pas des moindres, « ..j'ai atrocement peur de lui. » oui, pas de la douleur, pas du chagrin, pas des coups, des injures... Kathérina Barrow avait peur de son époux qui était la seule personne à ce jour à qui elle avait offert sa vie, déposant son cœur entre ses mains. Les larmes reprirent possession de son visage et les tremblements de son corps vinrent jouer la mélodie malsaine des cliquetis de ses os. Kate venait de saisir la fatalité de sa situation.
« Comment puis-je continuer dans ces circonstances... ? » la question était rhétorique, à vrai dire elle connaissait la réponse : elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas baisser le regard face à Andrew, il n'était pas Dieu, il n'avait pas le droit de vouloir régir sa vie de la sorte. Il n'était personne, du moins, il n'était pas de ceux qu'on aurait pu flatter en lui disant « tu es quelqu'un de bien ». Non, Andrew n'était pas quelqu'un de bien, il était quelqu'un de perdu, quelqu'un de triste, quelqu'un qui avait peur d'être déçu et de souffrir.

Être quelqu'un c'était aussi ça, c'était être agressé par des sentiments négatifs, plier l'échine face aux oppresseurs et se révolter dans le silence, attendre que les choses aillent mieux, patientant pour le « moins pire ».
« Être quelqu'un ? Tu sais... Je... Je suppose qu'être quelqu'un c'est d'avoir de l'influence, être intelligent, être juste, c'est... Toi. Toi, tu es quelqu'un. Je ne vais pas te mentir, regarde-toi... Tu es maigre, tu as peur, tu es persuadée d'être au seuil de la mort, tu penses même parfois qu'elle t'habite et creuse un peu plus loin chaque fois avec son ongle crochu. Je pense que tu es quelqu'un parce que ta tête est relevé, parce que tu veux décider, parce que tu sais ce que tu veux.  »
Kathérina avait l'étrange sensation d'halluciner. Ce qu'il disait faisait écho dans son crâne et frappait contre ses parois. La danseuse avait déjà suscité l'admiration et la fierté, mais jusqu'à ce jour elle ne les avait pas.. reconsidéré. Qu'est ce que tout cela pouvait-il bien valoir ? Qu'est ce qu'elle pouvait bien en avoir à faire des autres, ceux qui ne la regardent uniquement pendant trois heures de sa vie où elle n'est pas celle qu'elle devrait être, où elle est debout, fière et droite sur une scène ou encore derrière les photographies sordides de son mari ? Eux ne savaient pas, ils n'avaient pas besoin de savoir. Mais toute seule, face à son miroir, à ce reflet qu'elle osait à peine défier, elle ne valait rien.
« Mais Howard... toi.. toi aussi tu es quelqu'un voyons, regarde toi ! Tu souffres, tu as mal et.. et en plus de cela tu cherches à tout prix à trouver une solution à mon problème et.. tu es là, avec ta hargne à me relever à chaque fois que mes genoux se plient sous le poids trop lourd que je dois supporter. Howard, tu es quelqu'un, et tu es quelqu'un de bien. Notre problème c'est que... on est terrassé par la peur... Mais un sentiment est toujours passager, n'est-ce pas ? Tu l'as dis toi même, à force d'efforts, à force d'y croire... on peut y arriver. » et Howard continuait à réfléchir, son crâne menaçait d'exploser.
« Est-ce qu'on a besoin d'être tous des Martin Luther King pour être quelqu'un ? Ces... Ces femmes qui sont tes amies sont des héroïnes.... » Kate releva la tête, pensant avoir mal entendu mais il n'en était rien. Howard pensait peut-être bien dire, mais ce constat acheva la jeune femme. Ces femmes étaient tout ce qu'elle n'arrivait pas à être. Courageuse et révoltée, détachée et paisible, Parfaite.
« Se battre. Se lever en trombe dans l'assistance. S'asseoir en tailleur dans l'herbe mouillée. Les yeux rouges, la respiration hachée les poings serrés, les cris, la haine dans la mâchoire, l'enfance au bout d'un sourire. Quelqu'un... L'audace ! De la franchise trop ! Ou au contraire de la mauvaise foi. La gaminerie, l'espoir, la fougue, le culot... J'en sais rien du tout, Kathérina. »

Oh que si, il savait, la preuve ! « Tu vois ! Tu vois, si Howard tu sais, être quelqu'un c'est pouvoir ressentir, et admettre qu'on peut ressentir... tout un tas de choses, cette.. foire sans nom ! C'est ça être humain Howard ! Être quelqu'un c'est toi ! C'est ça, crois moi. » l'enthousiasme l'avait regagné, elle voulait le porter à son tour, elle devait le faire parce que maintenant, elle savait. Elle savait ce qu'Howard cachait, elle savait qu'il n'était rien de plus qu'un homme qui souffrait, et ce qui importait maintenant c'était.. d’apaiser la douleur, de bander ses plaies.
« Le destin n'est pas une fatalité Howard. Enfin... tout n'est peut-être pas écris d'avance, tout n'est pas fait, tu ne nais pas en étant contraint à une vie. On a le choix. Mais choisir est quelque chose d'extrêmement difficile... » elle avait à nouveau pu le regarder dans les yeux pour sonder ses réactions, pour peser ses mots car.. elle savait que ça avait de l'importance.
« Mais arrivé à un moment, il faut reprendre le volant et faire sa route en suivant nos propres consignes. Alors je vais le faire, et toi aussi. » un sourire fendit ses larmes tandis qu'elle observait le jeune croque mort réfléchir. Elle le sentait tellement fort, tellement prêt à devenir maître de sa vie !


« C'est... ça me fait chaud au cœur, je serais malheureux si tu rebroussais chemin. Je... Je crois que toi et moi on est pas si différents, finalement...Je suis... Je ne suis pas à la hauteur des espérances de Père »
Le plancher aurait pu s'écrouler sous ses pieds, Kathérina n'aurait pas poussé un cri de surprise. Elle aurait accepté de tomber en même tant qu'Howard qui serait, lui même resté aussi silencieux. Bien sûr, cet aveu la révoltait. Il n'avait pas besoin d'en dire davantage, elle avait compris, comme lui l'avait compris. « Il a une façon d'exprimer sa colère et sa déception d'une manière assez... Il... Il concentre son mécontentement sur moi. Je veux dire... Littéralement... » Kathérina le regarda longuement, resta silencieuse et ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir « Je sais. Je comprends. De la même façon que tu sais pour moi, et que tu comprends. Mais ce n'est pas normal. On ne devrait pas comprendre ce genre de choses, autant qu'on ne devrait pas les subir, Howard... ». Il fallait croire que cette séparation temporaire avec Andrew lui faisait du bien, Kathérina commençait à se rendre compte de sa situation conjugale anormale , commençait à comprendre que la violence n'était qu'optionnelle. « La bataille sera longue », termina Kathérina avant de tendre son annulaire vers Howard afin de sceller leur promesse de lutte acharnée vers la liberté.
« C'est charmant... Très charmant ! » finit par dire Howard qui avait l'air fier d'avoir pu survivre à ce contact. Kathérina ne le tortura pas plus longtemps et lâcha son doigt et ponctua cet échange d'un sourire spontané et sincère. Elle espérait qu'Howard ne brise pas la promesse en s'inclinant face à son père, et elle espérait pouvoir être assez forte pour rester face à Andrew, planter son regard dans le sien et lui dire « Tu vas m'écouter maintenant. Tu vas mal, et tu me fais du mal. Il faut que ça change . »
« Tu as raison, au fond... N'est-ce pas ce que l'on fait quand on tient aux gens ? Agir dans leur propre intérêt. Tu... Tu penses qu'il y arrivera, à se soigner j'entends ? »
Kathérina prit ses genoux dans ses mains pour qu'ils cessent de s'entrechoquer et se mit à réfléchir, vraiment cette fois, à la question, sans se laisser submerger par ses émotions. « On s'aime vraiment lui et moi Howard. C'est... quelque chose d'incroyable c'est.. comme si à la seconde où on c'était vu on avait échangé nos cœurs. Mais pour procéder à un tel échange, il faut écarter les cages thoracique et briser certains os. Mais les os se réparent Howard. » elle renifla légèrement et passa sa main sous ses yeux pour balayer les larmes qui avaient l'énorme volonté de voiler son visage. « Je veux dire que... vivre avec quelqu'un c'est dur, c'est compliqué. Aimer c'est compliqué parce qu'on... on est tiraillé sans cesse entre notre bonheur personnel et celui de l'autre. Mais on est vraiment heureux ensemble tu vois c'est.. Je sais c'est dur à croire, mais.. lorsque j'étais toute seule, dans le noir dans le sous-sol du manoir, mon seul bonheur c'était.. de savoir qu'il était au dessus de moi, qu'il pensait à moi. Je sais qu'il souffre, autant que moi. Il va mal, il ne sait plus comment gérer la situation. Alors, il arrivera à se soigner Howard, parce que je vais l'aider à aller mieux. Et lui et moi, ensemble on va se relever, comme on l'a fait pour toute les petites épreuves. Je vais reprendre le droit de mon corps, et lui va reprendre le droit de sa raison. » C'est les yeux remplit de volonté et non plus d'espoir qu'elle parle et qu'elle affirme donc, en ce jour, que les Barrow s'en sortiront.




Pour Alicia, la question était déjà réglée ; sa famille n'avait aucun soucis, son couple n'avait aucun soucis et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour l'auto-conviction et l'aveuglement maîtrisé, elle s'y connaissait et depuis sa naissance elle se confortait avec ses beaux mensonges. Mais jamais elle n'avait réussi à reconnaître sa perfection, elle n'en faisait jamais assez, elle n'arrivait jamais à être irréprochable à 100%, et cet amère constat la tuait.
« C'est ça, ton enfer ? Mon enfer est un endroit moite et sale qui infeste la sueur et l'alcool. Satan plonge dans nos moelle épinières, en tire des ficelles et se jouent, ils nous fait jouer dans son petit théâtre. »
Alicia frissonna et serra ses jambes contre elle et ne pu s'empêcher de se gratter vivement les tempes, très perturbée par la description que venait de faire Howard. Et si ces filles qui avaient prit possession de son crâne étaient des diables ? Et si l'Enfer, ce n'était pas cela, après tout ?
« Vous.. vous pensez que nous sommes des pions et que... Le diable peut nous posséder, Howard ? » c'était une vraie question, remplie de peur et de désespoir. Alicia pouvait être lucide sur la situation, mais voulait-elle vraiment savoir ? Allait-elle encore se terrer dans le mensonge pour éviter de vivre son existence terrible, remplie d'imperfection et de vice ? La parfaite petite femme au foyer ne connaissait que le déni et en avait fait son meilleur ami, et aujourd'hui, elle se rendait compte à quel point ce choix avait été une mauvaise idée. Cependant, le petit croque mort n'était pas de cet avis.
« Alicia, Alicia, stop, s'il te plaît ! Je ne veux pas être désagréable, mais je refuse d'écouter davantage ce... Ce tissu de CONNERIES ! Et puis arrête de m'idéaliser, de me trouver des excuses à tout bout de champ ! Si tu m'avais rencontré dans la haute société, si tu avais vu mon vrai visage, celui que je m'efforce de cacher, tu m'aurais vomis sur les pieds, non, tu aurais eu trop de distinction pour ça, mais ça aurait été tout comme ! Et... Je ne t'en aurais même pas tenu rigueur d'ailleurs. »
Elle se crispa et contracta ses doigts tremblants autour de son crâne, comme pour filtrer les informations et refermer le volets de ses yeux sur la vérité. « Arrêtez. Ne... ne criez pas. » elle avait une sainte horreur de l'agitation. Une sainte horreur de l'imprévisible. Une sainte horreur de la surprise. Alicia aurait aimé mentir, encore. Mais à la place, elle avait disparu, laissant l'euphorie gagner son crâne, diriger ses nerfs en prévention du chaos à venir. Il fallait qu'elle redescende dans les méandres de son esprit pour y trouver de la joie, son doux mari et leur adorable progéniture. Respirer l'air frais dans son décors blanc et pur. Mais Lyzbeth était plus forte et voulait la dégager à coup de Doc Marten's dans sa gueule, à cette "pouffiasse pédante". Et malgré le fait qu'Alicia s'agrippe aux phalanges des trois filles, elles la surplombaient toutes. Alors certes, elles étaient toutes brisées, Lyz avait le cœur en miette et était remplie de rage, mais elle avait conservé son  regard lucide à travers ses cheveux indisciplinés et Bonnie avait beau ne vivre qu'à travers les regards, marchander des larmes cachées sous ses jupons, son sourire aurait pu réveiller des morts et son accent était le plus charmant du monde. Alicia n'était pas de taille, Alicia devait partir et rester dans son coin d'enfer, dans un quart de la tête de Kate. Va t'en. Mais il y avait quelqu'un qui pensait être le plus fort de tous dans cette histoire. Il était persuadé avoir un droit absolu sur tout, et sur tout le monde. Il jugeait, il méprisait.


Un sourire se dessina sur son visage, il passa la main dans ses cheveux et transperça Howard de ses yeux. « Tu as raison, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'idéaliser un Homme tel que toi. » Sa voix piquante et hautaine laissa un écho glacial dans le crâne de Kathérina où elle lui criait de ne pas s'en prendre à ce garçon, de lui foutre la paix. Mais Andrew s'ennuyait sérieusement, tout seul dans son quart de tête à lui.
"Le prêtre de ma paroisse a peur pour mon âme, il prie souvent pour moi, comme si je ne pouvais pas le faire tout seul ! C'est insupportable ! »
Andrew le toisa, encore dieu, ENCORE lui ! Comme s'il pouvait être maître de tout et de tous. « Et bien prie tout seul en pensant que ton cher Dieu sera réceptif et regardera vers toi avant de t'écraser de sa semelle. Si il prend l'envie à Alicia de prier pour toi, dis toi que de toute façon, cela ne servirait à rien ; Dieu n'écoute pas les putains pécheresses, et encore moins les garçons comme toi. Ceux qui baissent la tête à chaque mot de travers, à chaque main levée. Ceux qui chialent et qui s'effondrent dans le fange au moindre coup. » La violence était la spécialité de cet Andrew, il n'y voyait aucun inconvénient à se montrer sous ce jour, et encore moins dans un tel endroit, tout comme Lyzbeth d'ailleurs.


En revanche, Lyzbeth n'avait pas eu à l'être plus que d'ordinaire avec Howard. Elle s'était même quelque peu.. apaisée en sa présence. Etonnant, non ? Howard se confiait en cet instant à elle, et il lui parlait de son principal soucis, son Amour. Edgar Anderson l'obsédait, il le hantait et surtout cet échange fuguasse qu'ils avaient eu et qui n'avait rien d'un geste amical. La langue d'Edgar dans la bouche d'Howard et.. inversement. D'ordinaire cette vision aurait donné de l'urticaire à Lyz, mais cette fois là, elle se sentait d'humeur à être aimable, et il fallait en profiter, l'occasion ne se reproduirait pas de si tôt !
« Il... Non, c'était pas si... Je pense surtout qu'il a du avoir pitié de moi. Tu vois, malgré ses fugues, ses secrets et son côté instable, c'est un garçon très... Imprévisible et c'est un bon ami. C'est le meilleur que j'ai eu, alors vu les... Les soirées agréables et cocasses qu'on a partagés, je pense qu'il a du se sacrifier. Pour la bonne cause, tu vois ?  C'est vrai que... Il a quand même sacrément bien joué le jeu... A croire qu'il a de l’avenir dans le cinéma, si sa carrière de fou à duré indéterminé de décolle pas... ! En réalité... Tout ça me paraît un peu trop irréaliste, et quand bien même tu aurais raison... Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Ça n'a aucun avenir, et... Bon, même si e ne veux pas te rabattre encore les oreilles avec mes croyances, mais tu sais... Je peux pas. C'est dommage, oui, sans doute.   »
Lyzbeth soupira bruyamment et releva son visage déconcerté vers Howard. « T'as tellement peu d'estime de toi que t'arrives même pas à accepter que ce garçon t'aime peut-être beaucoup. C'est pathétique Howard, c'est ridicule Howard ! » elle se redressa et se mit correctement face à lui « Ce qu'il s'est passé c'est pas forcément de la comédie, c'est pas de la pitié ou un sacrifice, peut-être que c'était réel ! Alors ok c'est pas ce que tu veux, enfin c'est pas quelque chose que tu as envie de te permettre, d'aimer un homme, ok on a comprit mais.. oublie ça cinq minutes Howard. Ok ? Laisse au moins une chance à ton esprit, c'était peut-être réel. » elle respira un grand coup « Tout est encore possible. Peut-être que qui sait, demain Dieu aura écrit « La Bible II » et que dans celle-ci il y aura marqué « les pédés sont cool, venez tous au paradis, on a David Bowie dans le coin déguisé en pétasse New-Yorkaise », qui sait ! Allez Howard, t'es dans un asile, Dieu il est pas là à te surveiller, t'inquiète avec Bonnie on l'a bien occupé ses derniers temps, il a peut-être pas remarqué ton homosexualité ! » Lyzbeth était très nulle pour être sérieuse, alors elle préférait rigoler un peu. Ou plutôt, voir rigoler Howard, ce serait son petit plaisir de l'après midi.


Bonnie et Lyzbeth se rejoignaient sur ce point ; elles voulaient faire régner une atmosphère paisible et détendue, mais la nymphette était à bout de nerf, elle n'arrivait plus à sortir de bonnes pensées de son crâne. Irwin était son plus gros regret, et chaque jour depuis sa présumée mort elle se repassait en boucle sa nuit avec lui, ses doigts dans ses cheveux et son regard dans le sien. Elle aurait tant aimé l'adorer moins, elle aurait presque voulu ne jamais rien ressentir pour lui afin de ne jamais connaître une telle tristesse.
« Je ne crois pas que tu penses comme moi, mais... Tout ne serait-il pas facilité si les êtres humains étaient épargnés par ce fléau qu'est l'amour ? »
Howard débrancha la machine électronique qui alimentait le cœur de Bonnie et la mit sur pause quelques instants. « Mais... » elle peina à reprendre sa respiration « How..Howard je... sans l'amour, qu'est ce que je deviens moi ? Je.. c'est la seule raison que j'ai de vivre, c'est ma seule façon d'exister Howard ! Je suis incapable de me voir, ou même de gérer mes émotions parce que je suis incapable de réaliser que j'existe et... le seul moment ou je sais, ou je peux sentir que je suis vivante c'est... uniquement quand je suis en compagnie de quelqu'un qui m'aime, ou qui me touche ou encore me regarde, mince Howard, ma vie ne dépends que de ça... » plus elle parlait, plus elle se rendait compte de la superficialité de sa présence dans le troisième quart du crâne de Kate. Elle avait la désagréable impression d'être comme Alicia ; suspendue au regard des autres. Et pourtant, pourtant elle était née la première, née de la jalousie d'un Homme et de l'impuissance d'une femme, elle était née dans le sang et les prémices de l'horreur et c'était dévoilée dans les bras d'un autre Homme qui l'avait fait se sentir vivante. Elle vivait à travers les yeux des individus et le désir des Hommes telle une succube assoiffée, et elle écumait les bordels comme Tinkerbell sautait de fenêtre en fenêtre à la recherche d'un gamin ayant faim de belles histoires. Elle était pathétique. « Je suis une esclave de la déesse de l'amour Howard, c'est le secret de ma survie. Mais maintenant... maintenant je suis toute seule Howard. Ceux que j'ai aimé sont morts entre mes bras, j'ai assassiné celui que j'aime sans lui dire ce que je t'ai dis et maintenant... je n'ai pas la moindre chance de partir d'ici... Je vais crever ici toute seule, Howard... » elle baissa pour la première fois les yeux, défaitiste à en pleurer. La maladie siégeait sur son dos, secouait sa cervelle dans tous les sens.


« Tu es malade, Bonnie. Tu es beaucoup de monde à la fois, et je t'avoue que ça m'a fichu la trouille la première fois que le défilé de personnalités s'est présenté à moi, mais te perdre, me... Tu sais, je ne suis pas malade de la même façon que toi, mais c'est très souvent que je ne suis pas moi-même. Je n'existe qu'un jour sur deux, je ne sais plus bien parfois si je suis untel ou untel. Évidemment, tu me diras que c'est différent, mais quand tu y penses très fort, je ne pense pas... Je m'inventerais volontiers de nouveaux « moi » pour t'accompagner, et que tu ne partes jamais.  »
Les battements de son coeur c'étaient accélérés au rythme des mots passionnés d'Howard. Ses yeux brillants et ses gestes maladroits lui faisaient l'effet d'une tornade qui pouvait tout ravager en elle. Il sortait ses tripes et les posait sur la table, son âme si pure se déchaînait; il aurait séparé son esprit en deux pour la faire sourire, la comprendre, qu'il disait. « La différence entre toi et moi Howard, c'est que toi...tu n'as pas besoin d'être plusieurs personnes pour être un individu entier. Et tu sais que, quoi qu'il advienne, personne dans ta tête ne va tenter de te tuer ou de te faire partir sans ton accord. » elle leva ses yeux vers le petit croque mort avant d'ajouter « je ne peux pas faire confiance à mes amies Howard, c'est pour ça qu'il faut qu'elles partent avant de me jeter dehors et que je m'éteigne. Il faut que Kathérina me laisse son corps, elle.. elle n'a plus aucune chance d'être heureuse. » Bonnie était défaitiste, mais c'était certainement volontaire. Peut-être tentait-elle de se rassurer quant à son triste sort. « Mais toi Howard, je sais que tu existes VRAIMENT. Tu n'es pas simplement le fruit de l'imagination hallucinante de Kate, tu es réel ! Tu es le seul en qui je peux avoir confiance, alors il faudra que tu me le dises si les autres te disent qu'elles ne veulent plus de moi, d'accord ? Tu m'aideras à vivre, Howard ? » Cette fois, c'était elle qui avait besoin de lui, son regard l'implorait d'accepter ses derniers mots, et son sourire était revenu couronner sa bouche.
« Je suis réel, en fin, je crois ! Je suis là... Et tant que tu seras dans cet endroit, je ne te lâcherai pas d'une semelle ! » Howard avait pactisé avec une petite diablesse, et il la serra dans ses bras quelques instants plus tard, comme pour  provoquer une fusion. Oh, que Bonnie aurait aimé rester ainsi des jours durant et sentir son ami si proche d'elle, si confiant. Quelque part, elle était très fière de tout ça, de l'avoir rencontré, de lui avoir parlé et peut-être de plus tard, pouvoir l'aider.
« Howard, si tu n'étais pas ici, si tu n'avais pas le poids de ton père sur les épaules... qu'est ce que tu ferais ? Où tu aimerais aller ? Où tu vivrais ? Avec qui ? Je veux que tu visualises en même tant que tu fabriques ta réponse. Je veux que tu t'y imagines, d'accord ? Cet endroit sera ton asile, celui où tu te retires lorsque tout va mal, ton monde idéal. »







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You were like a virgin, touched for the very first time

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