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 You were like a virgin, touched for the very first time

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PILULES AVALÉES : 400
MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
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Kathérina Barrow

MessageSujet: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 28 Avr - 18:58



Howard & Kathérina




La journée s'était bien entamée et l'agitation habituelle des couloirs et de la salle commune étaient trop importantes pour que Kathérina songe à y aller. Le simple fait de savoir tout ce monde entassé dans une même pièce lui donnait la nausée, alors être avec eux était inconcevable. Elle avait l'impression d'être toisée en permanence, bien qu'elle soit certaine de ne plus être de ce monde. Elle ne voulait pas qu'on lui parle, elle ne voulait pas qu'on l'approche, qu'on la touche et surtout pas qu'on la regarde de peur qu'on l'interroge sur ses multiples blessures. De son "vivant", avant son procès, avant qu'elle arrive ici, à Ostrov et du temps où elle vivait chez son époux, elle avait toujours réussi à trouver tout un tas d'excuses pour ne pas semer le doute et que quelqu'un ne remarque les horreurs qu'infligeait Andrew à sa chère et tendre et par conséquent ses plaies, sa maigreur excessive et ses bleus envahissants. "Je n'ai pas une minute à moi, alors je suis maladroite" "je n'ai plus d'appétit" "je me suis cognée". Alors oui, ses excuses absurdes faisaient l'affaire. Au final, tout le monde savait ce qu'il se tramait, mais ces pauvres aristocrates avaient bien trop peur et étaient bien trop lâches pour s'opposer à la grande famille Barrow. Tout le monde se taisait, et cela en arrangeait plus d'un. Kathérina était persuadée que le silence était bien plus simple, qu'il cachait la douleur, la faiblesse. Et surtout, elle ne voulait pas nuire à son cher mari dont elle était -et est toujours- folle amoureuse.

Une autre considérait que le silence n'était pas éloquent. Le silence est une barrière face au monde. Bonnie était le genre de jeune femme, fraîchement sortie de l'adolescence, à vouloir tout faire, tout explorer. Voyager, conquérir le monde, danser avec la vie, violer la tristesse, flinguer la honte et transgresser les lois, les interdits surtout. Elle savourait tout ce qu'il se trouvait autour d'elle. Elle aimait le souffle du vent sur ses longs cheveux blonds, l'odeur de la pluie après une nuit d'orage, les rayons du soleil brûlants sur sa peau dorée. Bonnie souriait, elle était incapable de ne pas rayonner. 
Un jour, un déclic : elle était tombée folle amoureuse. Pas d'un homme. Pas d'une femme. Elle était amoureuse de chaque homme, chaque femme. Elle fantasmait les transgenres, elle désirait les hommes occupés et pressés, elle raffolait des femmes hystériques et engagées. Ses multiples aventures étaient une seule et même histoire d'amour. Son histoire avec la vie. Mais elle trompait cette dernière avec la mort. Après la chaleur d'un corps animé vient la froideur d'une peau morte. Ce qu'elle aimait par dessus tout c'était le grand final, l'époustouflant chaos. Jamais ces hommes et ces femmes ne redescendaient du septième ciel. Bonnie leur offrait une nuit, une seule, et une place au paradis. Suite à cela, elle les fixait. Longtemps, très longtemps, puis elle les dessinait.  
Cette dernière s'avançait tranquillement d'un pas léger dans le jardin de l’hôpital, souriait au personnel, aux aliénés, aux fleurs, et au ciel qu'elle se mit à fixer lorsqu'elle s'allongea dans l'herbe humide. Elle entreprit de sortir une feuille froissée et déchirée de la poche de son beaucoup trop large pantalon et déplia cette dernière. Dans la matinée, Lyzbeth avait volé les feuilles de pointage des patients du bloc D ainsi qu'un ridicule petit crayon de papier et les avaient donné à Bonnie pour qu'elle puisse se remettre à dessiner. Cela manquait éperdument à la jeune femme, elle avait sans cesse de l'inspiration, elle ne supportait pas ne pas pouvoir retranscrire sur papier les choses magnifiques du monde ; c'était sa façon de rendre les gens et la vie autour d'elle immortels. Elle abandonna les nuages des yeux et se concentra sur sa feuille au verso vierge. Elle savait qu'elle manquait de quelque chose. 
Elle voulait retrouver les corps, morts ou vifs, peut importe. La blonde considérait que les macchabées étaient bien plus affectifs que les vivants. De vrais partenaires éternels qui ne s'en vont jamais, qui restent jusqu'à ce que vous les jetiez vulgairement. Elle sentait qu'elle avait besoin de ça, de cet amour, cette reconnaissance. Tout en se redressant, elle se mit à dévisager les personnes qui passaient et repassaient sous ses yeux. 
Son regard s'éclaira lorsqu'elle le vit. Cet homme à la tignasse noire et aux yeux aussi cernés que les siens. Elle fut hypnotisée instantanément par ce qu'il dégageait. La tristesse, la confusion, le questionnement, l'épuisement. Tant de choses qui constituent l'humain. Elle adorait les martyrs, ces êtres sans défenses, seuls contre le monde entier. Il lui rappelait beaucoup Kathérina, lui et sa façon de s'effacer, de passer inaperçu alors qu'il avait sans doute -ça, elle en était certaine- une multitude de choses formidable à montrer et offrir. De longues minutes s'écoulèrent et Bonnie le fixait toujours et il avait surement du s'en rendre compte. Alors, elle se leva et s'avança vers cet individu fascinant, s'arrêtant net devant lui, voulant capter son attention. Elle se baissa à sa hauteur tout en souriant : "Cela vous dérange t-il si je vous dessine ?".
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 28 Avr - 21:35


   
Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

   
De l'air, vite. De l'air, de l'air de l'air ! Ici, à Ostrov Island, chaque pan de mur avait des airs de prison, et le jardin constituait le seul petit échappatoire. Il avait besoin de respirer quelque chose de pur, un brin de nature, quelque chose de différent de l'odeur de mort et d’antiseptique qui planait constamment. Pourtant le formol et la putréfaction, il avait senti ça toute sa vie dans la maison funéraire dans laquelle il avait grandi, mais... Aujourd'hui, il ne supportait tout simplement plus le factice, les petits pronostiques médicaux, et la fausse sympathie. Il claqua la porte de sa chambre, en proie à une colère singulière qui ne lui ressemblait pas. Mal à l'aise dans son uniforme blanc, il sorti en trombes et accéda enfin au jardin. L'air du printemps chatouilla son visage austère, et décoiffa ses cheveux. Il fit quelques pas, les yeux rivés sur ses pieds, les mains dans les poches de son pantalon de tissu. Un arbre en fleur lui chatouillait les narines, sans réfléchir, il en cueillit une pour la respirer de plus près. Simplement pour sentir quelque chose de doux qui lui rappelait les superbes bouquets confectionnés pour de grandioses enterrements. Le parfum enivrant lui fit presque tourner la tête, et comme une adolescente amoureuse, il s'assit à même le sol dans l'herbe pour observer plus scrupuleusement les différentes couleurs éclatées sur les pétales. Howard Taylor ne s'asseyait jamais par terre ! Ses origines aristocrates et snobs commençaient doucement à s'évaporer entre les murs épais d'Ostrov Island. Bon sang ce qu'il pouvait être fatigué... Fatigué et lassé ! Lassé de chercher les raisons exactes de son incarcération, lassé de passer de bureaux en bureaux, de psychologues et psychiatres, et de pilules bleues en pilules roses ! Toujours en émerveillement devant la beauté simple d'un simple végétal, il sentit ses yeux ses bleus s'emplirent de larmes. C'était plus un moyen d'expression que de la tristesse pure. Une façon de purifier son corps plein d'ecchymoses de ses péchés, et de ses erreurs. A vrai dire, il ne se sentait même plus pleurer, c'était devenu tellement naturel, comme un bâillement. Il effleura délicatement un pétale et se reprocha silencieusement d'avoir si simplement tué une fleur juste pour quelques secondes de contemplation égoïste. « Désolé... », marmonna-t-il en balançant nonchalamment le végétal sur l'herbe. Il soupira bruyamment en essuyant ses joues rougies d'un revers de manche, et en relevant les yeux, il constata avec un agacement certain, qu'une jeune femme l'observait au loin. Bon sang... Le premier mois qu'il avait passé ici, il avait réussi à se faire tout petit, personne n'était venu lui parler, mais il faut croire que les langues autour de lui commençaient à se délier, et qu'ils étaient tous de plus en plus intrigués par « le croque-mort d'Ostrov » ! Des gens le fixaient de plus en plus, il y en a même qui venaient carrément lui faire la conversation ! Et cette fois-ci, Howard sentait qu'il allait y avoir droit. La jeune femme portait des feuilles blanches et des crayons, elle s'avançait vers lui d'un pas décidé. Il avait beau rompre le contact visuel, faire magnifiquement bien semblant d'épier la beauté du paysage, il voyait d'un coin de l’œil ses chaussures se rapprocher dangereusement de son périmètre de sécurité. Quand elle fut à une distance respectable, la patiente (considérant son uniforme), s'arrêta net et se baissa pour atteindre sa hauteur. (Heureusement qu' Howard était assit car c'était assez humiliant comme ça de mesurer environ deux tête de moins que la plupart des gens, femmes comprises!). Elle afficha un sourire franc et s'adressa à lui d'un ton plutôt enjoué :

« Cela vous dérange t-il si je vous dessine ? ».

Howard tomba des nues. C'était la deuxième fois en quelques jours qu'on voulait le dessiner. Il y avait d'abord ce grand mec bien gaulé qui avait l'esprit d'un gamin qui l'avait griffonné sur une feuille, et offert son œuvre avec la plus grande fierté, et maintenant, cette fille là. Elle avait plutôt l'air normale, équilibrée disons... Howard cilla plusieurs fois, rougit comme à son habitude dès que quelqu'un s'adressait à lui, balbutia quelques onomatopées incompréhensibles. Il se pointa de l'index et balbutia timidement :

« Vous... Excusez-moi ? Vous désirez me dessiner ? Pourquoi diable vouloir faire une telle chose ? Regardez donc ici... », ajouta-t-il en désignant d'un geste de main le superbe arbre en fleur. « Ceci me semble être une bien plus jolie muse. Maintenant... Si ça peut vous faire plaisir, je ne voudrais pour rien au monde vous en priver. ». Record de la phrase la plus longue depuis son arrivée. Il pensait avoir battu son record avec la jeune femme blonde qu'il avait rencontré dans la cour extérieure, mais là, il s'était clairement surpassé ! Les médicaments faisaient peut-être un peu effet après tout... (Saleté de médicaments!).

« J'ai l'impression que j'inspire pas mal les artistes d'Ostrov... », murmura-t-il dans un léger sourire effacé, un sourire sans lumière. Il ne savait pas bien s'il appréciait ou non cette curiosité. En général, il haïssait qu'une attention se porte sur lui, il avait toujours ce sentiment désagréable qu'on était en train de le juger, ou de se moquer de lui.

   
© EKKINOX


Dernière édition par Howard Taylor le Ven 29 Avr - 5:42, édité 1 fois
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 28 Avr - 23:35



Howard & Kathérina





"Vous... Excusez-moi ? Vous désirez me dessiner ? Pourquoi diable vouloir faire une telle chose ? Regardez donc ici..."
Il avait l'air surpris, voire agacé par sa demande si bien qu'il arriva difficilement à formuler cette phrase. Bonnie le regarda, étonnée de sa réaction. Généralement quand elle proposait ce genre de choses, sa demande était bien reçue -surtout que dans la plupart des cas, elle dessinait ses morts, donc le consentement n'était pas d'usage-. Le jeune homme désigna de  la main un arbre qui, à l'aube du printemps, fleurissait.

"Ceci me semble être une bien plus jolie muse. Maintenant... Si ça peut vous faire plaisir, je ne voudrais pour rien au monde vous en priver."

La blonde déchanta. Comment un jeune homme si charismatique et avec un regard aussi profond pouvait dire qu'un arbre aussi magnifique soit-il, puisse avoir un charme supérieur à lui ? Elle marqua un temps sans rien dire. Elle l'observait, elle voulait lui donner une réponse à sa question. Elle ne pouvait pas lui laisser dire ça. 

"J'aime dessiner les personnes vivantes et animées. Mais parfois, mes modèles sont aussi morts et rigides. Sais-tu pourquoi je veux te coucher sur mon papier ? Lorsque je te regarde, j'ai la sensation que tu es coincé entre les deux. Te rends-tu compte de la force que tu dégages ? J'ai l'impression que si j'ai le malheur de fixer ton regard je pourrais me noyer dans ta tristesse." Puis, elle regarda ce que désignait du doigt le garçon.
"C'est vrai que je pourrais le dessiner. C'est beau et coloré. Mais je ne recherche pas la beauté essentiellement. Enfin, pas cette beauté. C'est superficiel. Ici, seuls les patients sont vrais, ils s'abandonnent à leur folie, cette même folie qui fait grimacer leurs visages, qui tord leurs corps. La beauté, celle que j'aime, c'est celle la".

Bonnie reprit son sourire et griffonna sur sa feuille, arrêtant de le toiser. Elle avait déjà tout enregistré. La forme de son visage, ses traits qui lui semblaient familiers, son air grave, ses yeux bleus qui reflétait son âme entière, son histoire et sa détresse.

"Savais-tu que la tristesse rendait honnêtes les Hommes ? Elle dévoile ce qu'ils ont de plus fébrile en eux et ce qu'ils sont profondément. Elle change leurs expressions faciales fausses, comme.. les sourires factices, leurs yeux langoureux, et j'en passe.. pour dévoiler ce qu'ils sont vraiment." Elle leva à nouveau son regard éclatant vers lui et se mit à sourire. Il était triste, il était vrai. Mais qu'est-ce qui pouvait bien le rendre si morose ? Comme tous ici, il cachait quelque chose. Elle se trompait peut-être, mais il semblait perdu dans sa tête, comme Kathérina pouvait l'être. Le jeune homme l'avait regardé un instant avant de lui confier qu'elle n'avait pas été la seule à lui demander cette faveur. L'air de la jeune femme changea d'un coup, elle semblait être très mélancolique et s'arrêta de le fixer pour plonger son regard sur sa feuille et son croquis presque terminé.


"Je ne suis pas une artiste. Dessiner pour moi, ça me permet de ne pas oublier. J'ai peur d'oublier les choses si belles que je rencontre, les personnes formidables et malheureuses que j'immortalise. Et puis, tu me rappelles mes hommes."
Durant sa cavale, Bonnie avait chaque jour un nouveau lieu où dormir, et un nouvel amant. Toujours, ce dernier avait les mêmes critères physique. L'Homme devait être grand, brun aux yeux clairs. Comme Andrew. Il devait avoir cette lueur de folie, et ses yeux suppliants. Comme Andrew. Et comme lui, il devait être amoureux. C'était la spécialité de Bonnie. Elle n'avait jamais su pourquoi mais elle attirait les dangereux torturés qui pensaient avoir les pleins pouvoirs et qui avaient le coup de foudre immédiatement pour elle. C'était ceux qu'elle préférait. Elle avouait fantasmer les gens facilement, elle voyait la beauté partout, dans la jeunesse, dans les plaies, dans les rides, les bouches déchirées par la toux, la peau abîmée par le tabac, par la maigreur, par les courbes. Pourquoi ? Peut-être parce qu'à chaque fois qu'elle voulait regarder dans un miroir rien n'apparaissait. Elle n'avait aucune idée de ce à quoi elle, elle pouvait bien ressembler. Personne ne l'avait jamais décrit, alors, elle prit cette occupation de reproduire, traits pour traits les gens qu'elle voyait et qu'elle trouvait splendides.
"Tu es d'une beauté remarquable." 
Elle le lui dit dans le blanc des yeux, comme ses victimes le faisaient avant qu'elle les achève. Elle ne savait pas si cet homme avait ce même relation avec sa propre image qu'elle, alors, elle préférait ne pas prendre de risque. Bonnie savait que certains ne supportaient pas d'être décrits, qu'ils ne concevaient même pas d'être, comme Kathérina. Elle cessait de l'écouter quand Bonnie lui disait à quel point elle la trouvait, elle aussi, fascinante. Elle rebaissa les yeux sur sa feuille, l'air confus, replaçant une de ses mèches de cheveux gênante derrière son oreille.



"Pardonne moi si je t'offusque à parler et à te dire des choses dont tu te fiches peut-être et que tu n'as surement pas envie d'entendre." Elle esquissa un petit sourire et leva légèrement son regard malin vers son interlocuteur "J'ai.. je ne te perturbe pas trop j'espère ? Sinon n'hésite pas et.. enfin je peux m'en aller. "





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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Ven 29 Avr - 20:56


 
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« J'aime dessiner les personnes vivantes et animées. Mais parfois, mes modèles sont aussi morts et rigides. Sais-tu pourquoi je veux te coucher sur mon papier ? Lorsque je te regarde, j'ai la sensation que tu es coincé entre les deux. Te rends-tu compte de la force que tu dégages ? J'ai l'impression que si j'ai le malheur de fixer ton regard je pourrais me noyer dans ta tristesse. », s'exalta la jeune femme.

Hormis le fait qu' Howard piqua un fard monumental quand la patiente évoqua la tristesse de ses yeux, il resta complètement bouche bée devant l'intensité et peut-être même, la véracité de ses mots. Cela l'avait touché quelque part à l'intérieur de lui, ça résonnait comme un petit écho familier. C'est vrai qu'il s'était toujours sentit coincé entre deux mondes, un peu comme un fantôme. La proximité qu'il avait eu toute sa vie avec des cadavres n'arrangeait rien à ça, mais il y avait une personne qui était encore plus lugubre que les défunts, c'était son père. C'est lui qui l'avait rendu si triste, qui l'avait brimé jusqu'aux os, et qui l'avait condamné à craindre la vie, à craindre les gens.

« C'est... Ah, je... », Howard soupira. Il avait envie de se baffer devant ses balbutiements, face à sa timidité qui rongeait tous les mots qu'il essayait d'articuler. « Vous n'avez peut-être pas tort... La mort c'est un peu comme ma... C'est ma collègue de travail ! Je suis thanatopracteur, enfin... J'étais hors de ces murs... ».

Alors qu'il pensait que dessiner son portrait revenait littéralement à gâcher une feuille de papier, et donc par extension, à de tuer un arbre, la jeune femme ajouta :

« C'est vrai que je pourrais le dessiner. », dit-elle en regardant l'arbre en fleur. « C'est beau et coloré. Mais je ne recherche pas la beauté essentiellement. Enfin, pas cette beauté. C'est superficiel. Ici, seuls les patients sont vrais, ils s'abandonnent à leur folie, cette même folie qui fait grimacer leurs visages, qui tord leurs corps. La beauté, celle que j'aime, c'est celle la. »

Wow... Bon sang... Okay, c'était évident que cette fille ne vivait pas avec le même référentiel que les autres, elle avait l'air très légèrement illuminée, mais Howard aimait ça ! Qui était-il de toute façon pour la juger, considérant tous ses troubles sociaux ! Ce qu'elle disait touchait le jeune homme au plus profond de lui-même. C'était comme si elle arrivait à décrire le fond de sa pensée, celle qu'il n'avait jamais vraiment osé exprimer depuis son enfance car c'était trop... C'était trop. Il cilla plusieurs fois, entrouvrit légèrement la bouche, comme si sa mâchoire était devenue trop lourde pour être supportée. Il venait de recevoir un poing dans la poitrine, et bizarrement, c'était agréable... Si Howard avait été un brin plus sceptique ou paranoïaque, il aurait pu croire que cette inconnue s'était renseignée sur ses goûts et habitudes, et était venue le taquiner, mais ça n'avait vraiment pas l'air d'être le cas. Une sincérité et une beauté pure suintaient de ses mots, elle croyait à cette beauté douloureuse, tortueuse, et ça, pour le jeune Taylor, c'était rare, et unique.

« Je suis... Impressionné. Je... Seigneur, j'ai la sensation de m'écouter penser en vous entendant ! C'est... Je pensais être le seul comme ça, et que, pour être honnête, c'était sûrement l'une des raisons de mon internement ici ! J'aime cette beauté dont vous parlez. Cette beauté vraie, à l'état brut, sans retouches. Pourtant, les petites "retouches" justement, c'était mon métier, mais... », il hésita, de peur de passer pour un dingue. « Si vous aviez vu les corps récupérés à la morgue... Des enfants innocents, des noyés avec la peau craquelée et les yeux sortant des orbites, des membres en plusieurs morceaux... Et chaque fois que je finissais mon travail et que j'étais confronté de plein fouet à cette... A cette mort, si paisible et calme, j'étais presque ému. Oui je trouve ça beau cette quiétude, cette chose mystique qui plane au dessus de mon client tout endimanché. Cela me rassure, au fond... La mort est bien moins effrayante que toute cette vie qui grouille, qui vous écrase, qui vous étouffe, enfin, c'est ce que je ressens... Vous devez me prendre pour un fou. Quelle ironie ! », plaisanta Howard en étouffant un petit rire.

C'était vraiment rare qu'il s'exprime autant, particulièrement en présence d'une inconnue dont il ne connaissait même pas le nom.


« Savais-tu que la tristesse rendait honnêtes les Hommes ? Elle dévoile ce qu'ils ont de plus fébrile en eux et ce qu'ils sont profondément. Elle change leurs expressions faciales fausses, comme.. les sourires factices, leurs yeux langoureux, et j'en passe.. pour dévoiler ce qu'ils sont vraiment. »

La jeune femme le fixait avec une certaine attention, et replongea sur sa feuille blanche pour griffonner. Elle avait l'air d'avoir une très bonne mémoire visuelle, car ce qu’apercevait Howard du croquis à l'envers, était particulièrement bluffant.

« Je suis plutôt d'accord avec vous. La tristesse ne peut pas tromper, elle est rarement hypocrite ou simulée. Je pense que bien d'autres sentiments sont vrais, mais pour être tout à fait honnête, ils ont tendance à me fuir à toutes jambes, ces sentiments là ! Oh je ne veux pas me plaindre, je ne suis pas le plus malheureux au fond, ce qui m'attriste c'est... », il désigna d'un geste de tête l'endroit austère où son interlocutrice et lui-même étaient installés. « Et encore, ici c'est le jardin... ! Vous voyez de quoi je veux parler ? ».

La jeune femme lui confia qu'elle aimait dessiner les gens pour immortaliser l'instant, pour se souvenir quand elle avait peur d'oublier. Là encore, cela parlait au jeune anglais.

« Je vous comprends totalement... Bon, il se trouve que j'ai deux mains gauches quand il s'agit de dessiner ou de jouer de la musique, mais j'écris beaucoup. L'écriture et la lecture sont les deux amours de ma vie, ça m'aide à me souvenir, à m'exprimer, et peut-être aussi un peu pour oublier justement. ».

« [...]Tu me rappelles mes hommes. Tu es d'une beauté remarquable. », avoua soudain la patiente.

Bon, alors là, Howard rougit clairement jusqu'à la racine de ses cheveux. Aujourd'hui, une femme l'avait regardé droit dans les yeux et lui avait dit qu'il était beau. Non mieux (ou pire) "une beauté remarquable" ! C'était complètement absurde et grotesque ! Là, elle se fichait probablement de lui. Non, non, il n'était pas beau non ! Franchement, voyons les choses en face : une timidité qui le dévore, un mètre soixante-cinq les bras levés, des toutes petites lèvres, le regard fuyant... Honnêtement c'était pas le genre à faire fantasmer les filles, il le savait, et l'affaire était conclue depuis longtemps. Ceci dit, comme l'avait évoqué la jeune femme précédemment, elle n'avait pas l'air d'aimer que le conventionnel, alors peut-être qu'elle était sincère. Peu importe. Beau ou pas, honnête ou pas, Howard n'irait nulle part avec cette information ! C'était quand même étonnant cette spontanéité. Jamais personne ne lui avait dit qu'il était beau, même pas ses parents, enfin... Surtout pas ses parents ! Il n'avait jamais eu d'amis, et ses clients admiraient son travail, mais ne s'aventuraient pas sur ce genre de remarques déplacées devant le cercueil ouvert d'un de leur proches. Un homme le lui avait fait comprendre un soir... Un soir dangereux et insensé, un soir à rayer de sa mémoire à jamais. Par tous les saints du paradis, pourquoi continuait-il d'y songer ? Cela n'arrangerait pas son état mental il le savait, mais c'était... Cruellement plus fort que sa propre volonté. Cette nuit l'enchaînait, ses souvenirs le prenaient en otage un petit peu chaque jour, et même quand il réussissait brillamment à le refouler, ils revenaient l'assaillir dans ses rêves (enfin, dans ses cauchemars...).

Face au compliment de la jeune femme, il ne répondit rien. Il était bloqué. On aurait dit un genre de poisson mort, mais écarlate d'embarras.

« Pardonne moi si je t'offusque à parler et à te dire des choses dont tu te fiches peut-être et que tu n'as sûrement pas envie d'entendre. J'ai.. je ne te perturbe pas trop j'espère ? Sinon n'hésite pas et.. enfin je peux m'en aller. »
« Y- Y'a pas de mal, je... C'est très gentil. Non, non je vous en prie restez ! », supplia presque Howard, ravi d'avoir trouvé quelqu'un d'aussi étrange que lui.
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Sam 30 Avr - 1:17



Howard & Kathérina






« Vous n'avez peut-être pas tort... La mort c'est un peu comme ma... C'est ma collègue de travail ! Je suis thanatopracteur, enfin... J'étais hors de ces murs... »
Bonnie esquissa un sourire, elle adorait ce métier. Elle avait songé à le devenir une fois ou à faire de son entourage une unique armée, une foule de cadavres. Pouvoir toucher, regarder, s'occuper des morts, elle en rêvait. Mais elle se rendait compte que, finalement, elle n'y aurait pas prit de plaisir particulier. Elle préférait sélectionner ses hommes et ses femmes comme Lyzbeth choisissait quel organe dévorer après ses meurtres, comme Alicia établissait une liste de choses à faire dans sa journée rythmée, comme Andrew rangeait ses armes avant de s'en servir contre l'amour de sa vie et comme Kathérina choisissait mal son entourage et cachait ses plaies. Méticuleusement.  Néanmoins, elle reconnaissait qu'actuellement, elle serait prête à tout pour tenir un cadavre au creux de ses bras fragiles et de le bercer pendant des jours et des jours et le regarder se décomposer petit à petit. 

"Cela nous fait donc une connaissance en commun. Elle est votre collègue et elle est ma maîtresse. Comme un homme se lasse de sa femme, si belle jadis mais à la peau flétrie par le temps, je me suis lassée de la vie qui anime les corps des agités et me suis mise à regarder de plus prêt la hantise des Hommes, plus mystérieuse, plus belle, moins facile à cerner. Elle a fait de mes amours mes victimes. Je crois que c'est pour ça que je suis là. J'ai osé aimer deux choses si différentes et si proches à la fois."

Cette version était bien entendu incomprise par le monde, par les médias. Ces derniers dans les récents journaux parlaient d'elle comme étant "l'invitée perdurable", celle qui vous charme, habite votre toit et votre esprit. Elle était aussi "le Chat noir", véritable malédiction des rues, ainsi que "la poupée vide de Mr. Barrow". Tant d’appellations que d'identités, tant de versions des faits que de victimes, Kathérina, Alicia, Lyzbeth, Bonnie et Andy avaient peuplé les articles de presse. Chaque jour, un coup de foudre pour Bonnie, un dîner pour Lyzbeth, un cadavre pour le reste du monde. Qui aurait pu croire que cette enfant maigrichonne, ce tas d'os toujours apprêté à la perfection aurait pu faire tant de mal ? Andrew -enfin, le vrai, celui de chaire et d'os- avait assisté au procès, lui non plus n'en revenait pas d'avoir lui aussi été victime de son épouse si frêle dont il avait provoqué la folie. Si il avait pu y faire quelque chose, il l'aurait prise avec lui et ils seraient partis, loin, très loin et ce malgré toute la rancœur qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Mais c'était trop tard, et dans son grand manoir, il pleurait l'absence de celle dont il était fou. Bonnie ne c'était jamais vraiment beaucoup préoccupé d'Andrew, elle n'y pensait pratiquement pas. En attendant, elle mordillait l’extrémité de son minuscule crayon en regardant sa feuille. Ce visage, elle l'avait surement déjà vu quelque part, mais pourtant elle ne le connaissait pas.


"Je suis... Impressionné. Je... Seigneur, j'ai la sensation de m'écouter penser en vous entendant ! C'est... Je pensais être le seul comme ça, et que, pour être honnête, c'était sûrement l'une des raisons de mon internement ici ! J'aime cette beauté dont vous parlez. Cette beauté vraie, à l'état brut, sans retouches. Pourtant, les petites "retouches" justement, c'était mon métier, mais..."

Elle avait relevé son visage vers lui pour le regarder parler et s'agiter. C'était comme une douce et belle agonie, ses mots et sa voix étaient mélodieux, chantant. En vérité, peut-être qu'ils étaient tout deux enfermés, condamnés pour avoir une vision du monde et des Hommes différentes de celle des autres. La folie, qu'est-ce dont ? Est-ce ne pas être normal au point de déranger ? Est-ce se dresser fièrement devant les institutions et les codes déjà établit ? Bonnie ne considérait pas ses meurtres comme des meurtres, mais comme des preuves d'un amour impérissable

" Si vous aviez vu les corps récupérés à la morgue... Des enfants innocents, des noyés avec la peau craquelée et les yeux sortant des orbites, des membres en plusieurs morceaux... Et chaque fois que je finissais mon travail et que j'étais confronté de plein fouet à cette... A cette mort, si paisible et calme, j'étais presque ému. Oui je trouve ça beau cette quiétude, cette chose mystique qui plane au dessus de mon client tout endimanché. Cela me rassure, au fond... La mort est bien moins effrayante que toute cette vie qui grouille, qui vous écrase, qui vous étouffe, enfin, c'est ce que je ressens... Vous devez me prendre pour un fou. Quelle ironie ! "

Bonnie sourit à ses derniers mots. Elle pensait comme lui, la mort était plus rassurante de part son calme. On ne se méfie jamais des choses sereines qui se tiennent convenablement.


"Les véritables fous sont ceux qui pleurent quand la mort les rattrape, ou les touche de prêt ou bien de loin. La vie, la naissance, l'apprentissage, l'enseignement, la mort. C'est notre devoir animal, la mort n'est pas tragique, elle est la récompense, le repos après un long moment de travail acharné. Toi, tu rends beaux ces personnes fauchées trop tôt ou non, tu leur rends hommage, tu les élèves et leur offre un magnifique repos. Moi, j'offre la satisfaction de la mort aux personnes que j'aime. Je les fige dans un instant d'extase et de plaisir. Parce qu'ils méritent une belle mort si je tombe amoureuse d'eux. A cet instant ils se sont sentis vivre. Tu sais on oublie ça vite, tant nous sommes prit dans un rythme saccadé infernal et violent. On oublie qu'on respire, qu'on pense, on oublie l'eau sur notre peau, le froid qui gèle nos mains, nos os brisés, les crampes d'estomac lors de nos restrictions alimentaires. Mais la douleur s'en va vite finalement, on oublie. Cela marche aussi pour les caresses d'un homme tendre, celles d'une femme aimante. A l'aube de la mort, les Hommes sentent comme leur cœur les broie lorsqu'il s'articule, ils sont dans un état de transe. Ils sont beaux à voir vivants, encore plus à voir mourir. Et leur rage... ils s'accrochent à la vie quand ils la sentent partir alors que quelques heures auparavant ils disaient encore d'elle qu'elle n'était qu'une chienne, une ingrate, qu'elle ne valait rien. Je leur prouve qu'au final la vie est précieuse et décide de partir quand elle le souhaite." Elle marqua un tant d'arrêt et hésita à parler à nouveau, prise par la peur elle aussi, de passer pour une folle. Pourtant, elle poursuivit.
"C'est étrange, j'aime la douleur, je n'aime pas uniquement la donner. Quand je sens mes côtes se dégrafer, quand mon échine se courbe sous le poids de violents coups, quand mes jambes me lâchent, c'est dans ces moments que je sais que je vis, que j'existe. La pire chose qui pourrait m'arriver ça serait.. que la douleur disparaisse. " Elle releva sa tête blonde de sa feuille et plongea ses yeux dans ceux du jeune homme. La jeune femme esquissa un rictus nerveux en observant ce garçon. Sa tristesse ne c'était pas évaporée mais il semblait y avoir une lueur de passion dans son regard, il se sentait surement compris, enfin. Il avait l'air de boire ses paroles et de les savourait en les dévorant, elle n'avait jamais connu ça. Chacune de ses connaissances c'était contenté de la dévorer elle, de la savourer littéralement, alors qu'on l'écoute, réclamer cela, était une utopie !

"Oh je ne veux pas me plaindre, je ne suis pas le plus malheureux au fond, ce qui m'attriste c'est... [...] Et encore, ici c'est le jardin... ! Vous voyez de quoi je veux parler ? » 
Ils regardaient tout deux au même endroit. Ils s'étaient compris, aucun d'entre eux n'aimaient cet endroit. Pourtant ils avaient connu sans aucun doute de pires lieux, mais ici c'était peut-être trop.. ordonné. Personne ne vivait. Les gens devaient s'organiser, être dans le rythme, ne pas avoir d'avis, d'opinion. La routine les rendait automatiques, comme les ouvriers à la chaîne, ils savaient qu'ici ils perdraient surement leur identité. 
Le jeune homme lui avait confessé que lui, il avait l'écriture et la lecture pour sortir de la réalité et justement, pour oublier. Bonnie pencha la tête sur le côté, perplexe et curieuse :


"Oublier quoi ? vous êtes ? Qui vous êtes ? Ou qui vous entoure et vous étouffe ? Je pense que le mieux est de savoir. Savoir qui est la personne que vous fixez et qui vous fixe chaque jour dans votre miroir, qui est l'ombre ficelée à vos pieds par les jours de grand soleil et qui sont celles qui vous accablent dans l'obscurité."
Elle, elle ne pouvait pas se souvenir. Bien qu'elle ne savait pas qu'elle n'était rien que le fruit d'une imagination délirante et désespérée, elle savait néanmoins ce qu'elle n'était pas sans pour autant en venir à en déduire qui elle pouvait bien être. Bonnie savait en revanche une chose sur l'homme assit à ses côtés. Il est vrai, il est splendide. Elle sentait que sa remarque l'avait gêné, qu'elle l'avait laissé perplexe. Il ne la prenait pas au sérieux comme il ne se prenait pas au sérieux.

"Pourquoi rougis-tu ? Je te le dis, je le pense, je peux même le redire. Les qualités font la beauté, les défauts font le charme. Tu sais à quoi tu ressembles mais pourtant tu ne te vois pas comme tu es. Tu ne te vois pas comme moi je te vois. C'est notre différence. Moi j'aimerais me voir, j'aimerais savoir à quoi je ressemble. Je sais comment je m'appelle, je sais ce que j'aime, ce qui me répugne, mais je suis incapable de me percevoir dans un miroir. Quand je tends mes mains devant mes yeux je vois de petites brindilles qui s'agitent, quand je me regarde dans le miroir je vois une ombre, lorsque je te regarde dans les yeux je ne perçois pas mon reflet et je serais incapable de te dire la couleur de mes cheveux et celle de mes yeux." Elle s'arrêta un instant et regarda son dessin puis reporta son attention sur lui. " Tu as les yeux bleus, des cheveux bruns épais, la peau claire. La description est simple et brève. Mais néanmoins si j'ai raison.. alors je suis incapable de savoir pourquoi il m'est impossible de percevoir comment je suis." Elle gratta nerveusement une de ses plaies à la tempe droite et allongea les baguettes rachitiques qui lui servaient de jambes devant elle et esquissa un sourire. "Je sais qu'au moins une fois quelqu'un a partagé mon avis sur toi. C'est impossible qu'il n'y ait que moi à le remarquer. Mais je te l'assure, je n'ai pas d'arrière pensée, je te le dis parce que je sais que tu en doutes, mais je ne veux pas que tu sois mal à l'aise. Ça doit être étrange de savoir comment on est."
Elle lui avait envoyé à nouveau un sourire radieux. Elle avait l'air ravie de l'avoir rencontré, elle cherchait depuis longtemps, depuis toujours une personne si intrigante qui partagerait sa vision sur la vie, sur la mort, sur l'humanité mais qui serait à la fois si différente d'elle. Et il semblait lui aussi apprécier cette discussion puisqu'il insista finalement pour qu'elle reste à ses côtés. 







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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 1 Mai - 1:28


 
Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

 
« Cela nous fait donc une connaissance en commun. Elle est votre collègue et elle est ma maîtresse. Comme un homme se lasse de sa femme, si belle jadis mais à la peau flétrie par le temps, je me suis lassée de la vie qui anime les corps des agités et me suis mise à regarder de plus prêt la hantise des Hommes, plus mystérieuse, plus belle, moins facile à cerner. Elle a fait de mes amours mes victimes. Je crois que c'est pour ça que je suis là. J'ai osé aimer deux choses si différentes et si proches à la fois. »

Howard déglutit difficilement. La pièce était en train de tomber. S'il lisait bien entre les lignes, la jeune femme était tout bonnement en train de lui avouer qu'elle tuait ses amants, les uns après les autres. Une meurtrière... Une meurtrière pleine de poésie et de grâce, de l'exclusif ! Il n'en revenait pas. Il se repassait ses mots dans sa tête, et au bout de la troisième fois, il comprenait toujours la même chose. Cette fille avait l'air d'avoir une réelle... Une réelle fascination pour la mort, comme si elle possédait ce pouvoir divin de contrôler un être humain, de décider s'il avait encore le droit de respirer. Visiblement dans sa tête, ce n'était pas un acte sadique, c'était même logique et beau. Tuer un homme fou de désir, fou d'amour à l'apogée de sa beauté et de son allégresse, le tuer avant qu'il ne redescende, avant qu'il ne vive déjà plus, englué dans son morne quotidien ! Bon sang elle n'avait tellement pas l'air comme ça ! Toute maigre, féminine jusqu'aux bout des ongles, elle avait l'air si douce, si fébrile... L'habit ne faisait définitivement pas le moine ! C'est vrai qu' Howard aussi avait toujours eu cette... Disons cet attrait pour la mort. Faut dire qu'il avait toujours baigné dedans, et il était féru des tragédies Shakespearienne et Raciniennes, comment passer au travers de la fatalité de la mort ?  Seulement il n'avait jamais ressenti un besoin ou une fascination quant au meurtre. Il était bien trop lâche de toute façon pour oser lever la main sur un simple petit insecte ! Il s'occupait des morts, il faisait son devoir, point barre. Il se sentait plutôt agréablement en confiance avec elle, et face à ces révélations, il ne savait plus bien sur quel pied danser. Elle venait quand même de lui faire un sacré compliment sur sa "soit disante" beauté, qu'il lui rappelait "ses hommes", et là, elle lui annonçait qu'elle assassinait ses amants, avouez que ce n'était pas vraiment rassurant comme situation !

« Je... Excusez-moi ? Vous pensez que vous êtes enfermée ici parce que... », Howard n'osait même pas formuler la phrase. « Vous... Vous avez tué des gens ? », finit-il par bredouiller, tout honteux et mal à l'aise. Sa question avait l'air d'une interrogation enfantine, un petit garçon qui admire un super héros.

Malgré cette quasi certitude qui le remplissait peu à peu quant à l'histoire de cette femme, Howard continuait de se sentir anormalement... « compris » par elle, et ça, c'était ce qu'il y avait de plus terrifiant ! Pendant que le jeune anglais se répétait les idées principales de son interlocutrice en tête, cette dernière ajouta quelque chose de si fort, qu'il en perdit l'équilibre ! (Une chance qu'il fut déjà assit!).

« Les véritables fous sont ceux qui pleurent quand la mort les rattrape, ou les touche de prêt ou bien de loin. La vie, la naissance, l'apprentissage, l'enseignement, la mort. C'est notre devoir animal, la mort n'est pas tragique, elle est la récompense, le repos après un long moment de travail acharné. Toi, tu rends beaux ces personnes fauchées trop tôt ou non, tu leur rends hommage, tu les élèves et leur offre un magnifique repos. Moi, j'offre la satisfaction de la mort aux personnes que j'aime. Je les fige dans un instant d'extase et de plaisir. Parce qu'ils méritent une belle mort si je tombe amoureuse d'eux. A cet instant ils se sont sentis vivre. Tu sais on oublie ça vite, tant nous sommes prit dans un rythme saccadé infernal et violent. On oublie qu'on respire, qu'on pense, on oublie l'eau sur notre peau, le froid qui gèle nos mains, nos os brisés, les crampes d'estomac lors de nos restrictions alimentaires. Mais la douleur s'en va vite finalement, on oublie. Cela marche aussi pour les caresses d'un homme tendre, celles d'une femme aimante. A l'aube de la mort, les Hommes sentent comme leur cœur les broie lorsqu'il s'articule, ils sont dans un état de transe. Ils sont beaux à voir vivants, encore plus à voir mourir. Et leur rage... ils s'accrochent à la vie quand ils la sentent partir alors que quelques heures auparavant ils disaient encore d'elle qu'elle n'était qu'une chienne, une ingrate, qu'elle ne valait rien. Je leur prouve qu'au final la vie est précieuse et décide de partir quand elle le souhaite. », s'exclama-t-elle dans une sincérité à couper le souffle.

Howard n'avait pas besoin de soulever la manche de son uniforme pour savoir qu'elle venait de lui donner une chair de poule qu'il n'avait pas ressenti depuis bien longtemps... Ce qu'elle disait était tout simplement terrible, et en même temps tragiquement divin, du Racine à l'état pur ! Cette femme était un poison délicieux et subtil, un de ceux des poèmes de Baudelaire ! Quelque chose de si merveilleux qu'il peut contrebalancer les pires atrocités ! Elle avait une façon de s'exprimer, d'aimer ce qu'elle faisait, d'y croire et surtout... Bon sang, cette logique implacable à laquelle la beauté de ses mots faisaient presque adhérer. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine de dandy anglais, il avait la sensation très étrange et fabuleuse de rencontrer une de ses héroïnes de théâtre. Il voulait répondre un tas de choses, les mots se pressaient en masse sur le bout de sa langue, mais sa voix était éteinte, transfigurée par une émotion troublante. Il murmura ces mots, avec les yeux anormalement luisants pour une telle conversation :

« Vous êtes... Stupéfiante. Terrifiante c'est certain, mais... Seigneur... », marmonna-t-il en proie à un ineffable stupéfaction. Il savait que c'était mal ce qu'elle faisait ! Il en était convaincu et en temps normal cela l'aurait révolté, mais c'était si propre et si parfait qu' Howard se prenait les pieds dans la toile de son interlocutrice. Cette jolie blonde qui avait l'air de si bien mener sa barque...

« Je vais être parfaitement honnête... Je n'arrive pas bien à cerner si je vous trouve scandaleuse ou incroyable... Probablement un peu des deux deux. ».

Elle enchaîna sur son opinion quant à la douleur et à son ressenti. Elle aimait visiblement ressentir la douleur car elle se sentait vivre et exister à travers l'impétuosité de ce sentiment.

« Je suis d’accord avec vous sur ce point en tout cas... Parfois je me sens tellement seul que j'en ai le vertige, mais je sais combien cette... Tristesse, ce manque à combler peut me faire du bien. C'est lamentable car j'ai l'impression de quelque part... Me complaire dans une mélancolie, dans cette morosité hors du commun, et c'est assez ridicule. J'aurais pu au moins une fois essayé d'être heureux, encore que... J'ai bien tenté une ou deux fois, mais les résultats n'étaient pas très concluants ! », dit-il en s'enfonçant les ongles dans la peau pour ne pas penser à... Pour ne pas penser.

La conversation tourna autour de cette capacité étrange que nous avons d'occulter ou d'oublier les choses. Howard lui confia combien parfois il avait besoin de s'évader à travers la fiction d'un roman, pour fuir le monde dans lequel il vivait. La jeune femme lui répondit sensiblement ce qu'il redoutait d'entendre :

« Oublier quoi ? Où vous êtes ? Qui vous êtes ? Ou qui vous entoure et vous étouffe ? Je pense que le mieux est de savoir. Savoir qui est la personne que vous fixez et qui vous fixe chaque jour dans votre miroir, qui est l'ombre ficelée à vos pieds par les jours de grand soleil et qui sont celles qui vous accablent dans l'obscurité. »

« Vous croyez... ? Je pense que c'est bien agréable de se voir en face si l'on admire ce reflet dont vous parlez... Ce n'est pas le cas de tout le monde, et puis... Peut-on vraiment être certain de nous-même ? Mon inconscient et mes... Mes démons se jouent bien de moi, et j'évite de leur accorder trop d'intérêt. C'est pour ça que j'essaye de fuir au maximum les réflexions philosophiques me concernant. Je suis un Taylor, je peux être fier de mon nom et de notre notoriété, mais au fond, j'ai la sensation de déshonorer mon blason. Les Taylor sont si exemplaires, si droits, et je suis si... Enfin, je ne cherche pas les compliments, j'ai d'ailleurs un peu de mal avec ce concept. Quoi qu'il en soit, c'est jamais évident de faire preuve de transparence et de neutralité quand on fait une introspection. J'ai un peu peur de ce que j'y trouverai, dans cette tête...». Il se demandait si oser révéler à ce point son mal-être, était correct vis à vis de sa famille à qui il devait un respect inébranlable.


« […] Moi j'aimerais me voir, j'aimerais savoir à quoi je ressemble. Je sais comment je m'appelle, je sais ce que j'aime, ce qui me répugne, mais je suis incapable de me percevoir dans un miroir. Quand je tends mes mains devant mes yeux je vois de petites brindilles qui s'agitent, quand je me regarde dans le miroir je vois une ombre, lorsque je te regarde dans les yeux je ne perçois pas mon reflet et serais incapable de te dire la couleur de mes cheveux et celle de mes yeux. ».

« Bien, contentons nous alors à ce que vous croyez être, c'est déjà pas mal. Comment vous appelez-vous ? Vous n'en avez aucune idée ? », il esquissa un sourire : « Vous savez ce que dirait Shakespeare, encore une fois ? "Qu'y a-t-il dans un nom? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom.". Je m'appelle Howard, Howard James Taylor. Au final ce ne sont que six lettres, c'est du vent ! ».

Après cette discussion plutôt agréable et amusante à citer le dramaturge anglais, Howard se raidit et perdit de son éclat quand elle prononça ces mots (dangereux) :


« Je sais qu'au moins une fois quelqu'un a partagé mon avis sur toi. C'est impossible qu'il n'y ait que moi à le remarquer. ».

Elle avait dit quelque chose après, mais Howard était resté figé sur cette première partie de phrase. C'était comme quelque chose coincé dans sa gorge, quelque chose qui lui obstruait toute forme de respiration. Pitié... N'y pense pas Howard. A quoi bon ? Il rougit intensément, et se maudit violemment en sentant ses pommettes fourmiller d'embarras. C'était infernal ces hurlements dans le ventre, ces sueurs froides nocturnes, ces crises d'angoisse à toutes heures, cette... Seigneur Dieu, cette honte... Une honte tellement consistante qu'elle faisait mal quand elle pesait sur la conscience.

« Je... C'est- M... Non.. Non non c'est... Y'a rien à dire. Ma vie privée est... C'est compliqué », acheva Howard sans oser parler de ses strictes valeurs familiales qui l'avaient toujours défendu d'avoir droit à une vie sociale NORMALE.
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 1 Mai - 4:36



Howard & Kathérina





« Je... Excusez-moi ? Vous pensez que vous êtes enfermée ici parce que... Vous... Vous avez tué des gens ? »


Le petit brun aux yeux clairs avait l'air à la fois décontenancé et admiratif, deux sentiments difficilement associables. Cette question en était la preuve, mais sa formulation ne plaisait pas vraiment à Bonnie. "Tuer" c'était ôter la vie machinalement, comme ça, histoire de faire du mal. Bonnie ne tuait pas. Elle offrait la fin des souffrances que la vie donnait gratuitement en concluant sur une note agréable, après ses douces caresses, ses étreintes amoureuses, elle leur coupait le souffle. Littéralement.



"Il faut toujours un terme violent pour parler de passion. "Un coup de foudre", c'est terrible, c'est vif, on ne s'y attend pas. C'est un acte imprévu, presque irréel, qui frappe quelqu'un une seule et unique fois et qui le marque jusqu'au fond de son coeur pour toujours. "Tomber amoureux", quoi de plus terrible qu'une chute. Il y a l'impuissance, l’abandon à l'autre, la détresse, la panique. J'ai rencontré mes hommes et mes femmes dans des lieux que je n'avais jamais fréquenté, nous sommes tombés ensemble et avons été foudroyé. J'étais la Reine des hommes, l'interdit des femmes. J'ai vu la beauté sur leurs visages, leur sourire désireux de moi. Je les ai tous aimé, et si j'en avais gardé un, j'aurais privé les autres et me serait privé des autres. Je ne les ai pas tué. Je les ai rendu immortels."
Elle réalisait petit à petit que cette petite aventure parmi les Hommes lui manquait, elle se languissait d'eux, de ces personnes dont elle ne connaissait que le corps, que le sourire.


"Ça n'a jamais frôlé mon esprit de faire ça. Enfin au début. J'ai trois amies. KathérinaAlicia et Lyzbeth. Kathérina était victime de son homme, Andrew, un noble.. un Duc je crois, oui, un beau Duc anglais. Lyzbeth a tenté de tuer ce dernier pour la protéger. Ca n'a pas marché, alors nous sommes partie ensemble. De plus, il fallait ralentir l'enquête sur l'acte de Lyz tu comprends, la fuite de Kath et il fallait qu'on se cache. Je les aime, je peux tout faire pour elles à ce moment là. Je trouve des hommes, des femmes. Au début je les séduis, comme ça, sans envie, sans passion. Lyzbeth les tue, elle nous prépare à manger avec leur dépouille, Alicia nettoie. Puis un soir, je vois un homme, fascinant, étrange. Il tousse, il est pâle, il tremble, personne ne lui parle, il prend beaucoup de médicaments, il est épuisé, malade. Il avait surement un cancer ou bien le SIDA. Nos regards se sont croisés, nous nous sommes vite aimés. Cette nuit là j'ai apaisé sa douleur, c'était si simple, il m'a sourit en mourant, je sais qu'il me remerciait de la lui offrir de la sorte. J'ai alors compris ce qui m'animait. Ce n'était pas un meurtre.Bonnie avait planté son regard dans celui du jeune homme. Elle voulait qu'il fasse la différence entre elle et un meurtrier. Elle afficha doucement un triste sourire : "La souffrance ne vaut surtout pas mieux que la mort.  Tuer.. tuer comme tu dis... Tuer c'est ma façon d'aimer.. sincèrement.. profondément, quand je sens que mon amour subit la vie au lieu de la chérir."



« Vous êtes... Stupéfiante. Terrifiante c'est certain, mais... Seigneur... »

Elle le savait étonné, il n'avait sans doute jamais entendu de tel récit, enfin un récit si réel et non sorti des livres qu'il aimait tant. Mais l'histoire était plus belle racontée par Bonnie, évidemment. Personne ne racontait mieux qu'elle, personne n'était aussi libre et passionné qu'elle. Elle détourna lentement ses yeux vert du garçon et s'appuya sur ses coudes, à moitié allongée dans l'herbe désormais presque sèche. Elle ne savait que répondre, elle trouvait, certes avec du recul sa façon d'aimer atypique mais elle arrivait à considérer cela comme normal. Elle avait vu Andrew torturer Kathérina, elle avait vu l'amour que l'un comme l'autre se donnaient malgré les coups, les humiliations et la violence. Selon elle, Andrew faisait perdurer l'agonie de sa douce pour lui offrir une mort plus belle. Peut-être qu'inconsciemment, elle reproduisait le même schéma mais en abrégeant la souffrance des amours de sa vie. 




« Je vais être parfaitement honnête... Je n'arrive pas bien à cerner si je vous trouve scandaleuse ou incroyable... Probablement un peu des deux deux. » Rajouta l'homme toujours à ses côtés.


" Je suis seulement passionnée. Je comprends ton hésitation, il est vrai, mon rôle est spécial. Ce que j'ai fait, du moins pour la morale des Hommes, est scandaleux et horrible. Mais quand nous nous penchons sur les détails, cela devient différent. Les circonstances, les personnes à qui je me suis donnée et qui se sont donnés en retour. Des victimes des choix qu'ils ont opéré au cour de leur vie, bien contents de pouvoir trouver au détour d'une avenue une jeune femme sans histoire, mais passionnée par eux comme personne ne l'a jamais été. Peu importe le reste, peu importe le sort final. Quand j'étais avec eux, ils étaient heureux." Elle se figea soudainement, quelque chose venait de percuter son esprit, quelque chose d'illogique. 
"Moi, Lyzbeth et Alicia avons participé à tout cela. Nous avons été actrices de ce beau carnage et, pourtant, personne n'a parlé de nous, ni dans les journaux, ni au procès. Kath figurait dans les articles de presse et elle a eut son procès. Pas nous. Néanmoins nous sommes ici toutes les quatre.. Pourtant, elle, elle n'a rien fait." Elle se frotta le front, cherchant  une explication rationnelle à tout cela mais rien ne venait. C'était sans doute parce qu'elle était incapable d'admettre ce qu'il se passait vraiment. Finalement, elle fit s'en aller très vite cette constatation qui lui aurait sans aucun doute fait mal au crâne à force. Admettre c'était reconnaître qu'elle était profondément seule, ou plutôt qu'elle n'existait pas.




« Je suis d’accord avec vous sur ce point en tout cas... Parfois je me sens tellement seul que j'en ai le vertige, mais je sais combien cette... Tristesse, ce manque à combler peut me faire du bien. C'est lamentable car j'ai l'impression de quelque part... Me complaire dans une mélancolie, dans cette morosité hors du commun, et c'est assez ridicule. J'aurais pu au moins une fois essayé d'être heureux, encore que... J'ai bien tenté une ou deux fois, mais les résultats n'étaient pas très concluants ! »


Bonnie ne put s'empêcher de lui sourire à nouveau. Il avait essayé d'être heureux, ça n'avait pas marché. Peut-être bien qu'il n'était pas fait pour le bonheur, peut-être bien qu'on l'avait élevé dans le but de le défaire de sentiments, pour le rendre le moins humain possible. Qui a du mal à ressentir, ne peut être heureux et épanouit.
Vient l'angoisse, les ténèbres qui vous enlacent, l'engouement, la douleur. L'humain détestait finalement avoir le choix, c'était universel. Il préférait qu'on lui ordonne. Au moins si il échouait, ça ne serait pas de sa faute mais celle du commanditaire. Mais, personne n'avait sans doute imposé à ce jeune homme le bonheur. On l'avait soumis à la discipline, la morosité, l'impartialité et par conséquent la névrose et la tristesse.



"La tristesse est la seule chose que tu connaisses vraiment de la vie, de ta vie. Elle te guide, c'est pour ça que tu ne peux vivre avec. Elle t'a forgé, on t'a éduqué avec, comme si tu étais dans l'ombre d'un grand frère toujours meilleur que toi, partout. Toi, tu es l'ombre de la tristesseElle te domine." Jusque là, Bonnie pensait qu'il en était conscient, pourtant, il semblait en être loin, trop seul, sans doute, sans réelle conscience de son Être.


«Je pense que c'est bien agréable de se voir en face si l'on admire ce reflet dont vous parlez... Ce n'est pas le cas de tout le monde, et puis... Peut-on vraiment être certain de nous-même ?"
C'était leur différence. Bonnie ne se voyait pas, mais elle était certaine d'elle, contrairement à ce jeune homme.

"[...]Je suis un Taylor, je peux être fier de mon nom et de notre notoriété, mais au fond, j'ai la sensation de déshonorer mon blason."
La peur, il avait peur, bien sur. Peur de décevoir cette haute et importante famille que ses ancêtres avaient construit, peur de devenir la cause de leur désarroi.
"[...]J'ai un peu peur de ce que j'y trouverai, dans cette tête..."
La question qui se posait à présent était bien définie ; avait-il peur des autres, ou de lui même ? Bonnie ferma un instant les yeux, c'était simple et complexe à la fois. Les autres l'avaient forcé à se redouter. Quelqu'un avait cassé quelque chose en lui. Elle le dévisagea avant de prendre la parole et se redressa, s'asseyant en tailleur et se rapprochant de lui, dans la foulée, et percuta son regard de ses grand yeux.


"Ecoute toi parler s'il te plait. Ecoute toi penser. Pour ces souvenirs. pour ton sourire perdu ou jamais atteint, ton rire naissant quand tu étais enfant ou que tu as rêvé de voir illuminer ton visage, pour ton futur amour violent, pour ta tendresse refoulée sans mots. Cherche dans ta mémoire, n'aie pas peur des éléments que tu trouveras dans cette tête." 


Malgré tout, ils avaient en commun une identité floue, à des degrés différents.

« Bien, contentons nous alors à ce que vous croyez être, c'est déjà pas mal. Comment vous appelez-vous ? Vous n'en avez aucune idée ? »
Ce qu'elle croyait être. Elle ne croyait pas. Elle savait et ne savait pas.
"Je m'appelle Bonnie, c'est tout ce que je sais précisément"
 « Vous savez ce que dirait Shakespeare, encore une fois ? "Qu'y a-t-il dans un nom? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom.". Je m'appelle Howard, Howard James Taylor. Au final ce ne sont que six lettres, c'est du vent ! »
La réflexion du Dandy la fit sourire, tout comme sa référence superbe à une réplique de Juliette, la jeune amoureuse 
"Oui, que dirait Shakespeare ; "Ton nom est mon seul ennemi. Tu n'es pas un Taylor, tu es toi même. Qu'est-ce qu'un Taylor ? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage. Ni rien qui fasse partie d'un Homme. Oh ! sois quelque autre nom". Alors abandonne ta crainte de déshonorer ton nom, tes choix font parti de toi, de toi. Je suis Bonnie, seulement Bonnie, je suis ici, je ne sais rien de moi. Tu es Howard, tu es ici, et tu as encore tant à apprendre sur toi."


Elle savait, qu'un jour viendrait ou qu'un jour passé, une personne avait considéré Howard comme Howard. Juste Howard, l'homme discret mais charmant. Mais cette constatation avait semblé le gêner.



« Je... C'est- M... Non.. Non non c'est... Y'a rien à dire. Ma vie privée est... C'est compliqué »,
Il avait une peur sensationnelle du jugement et du regard porté sur lui, il se cachait, se voilait. Il avait sans doute honte.

"Rien n'est compliqué lorsqu'on choisit que ça ne l'ai pas. Regarde où tu es, qui sont les gens autour de toi. Des aliénés dans un endroit clôt, macabre. Regarde moi, penses-tu que j'aurais quelconque intérêt à te juger ? La honte n'a pas sa place dans un asile. Sois fier, n'attend rien que de toi. "


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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Dim 1 Mai - 21:25


 
Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

 
« Il faut toujours un terme violent pour parler de passion. "Un coup de foudre", c'est terrible, c'est vif, on ne s'y attend pas. C'est un acte imprévu, presque irréel, qui frappe quelqu'un une seule et unique fois et qui le marque jusqu'au fond de son cœur pour toujours. "Tomber amoureux", quoi de plus terrible qu'une chute. »
C'était une réflexion intéressante qu' Howard avait déjà mené dans le passé, mais à vrai dire elle n'avait abouti à rien. Il n'était jamais tombé amoureux. Il savait ce que c'était, il savait ce que ça faisait, il l'avait lu, il l'avait vu au cinéma, mais ça s'arrêtait là. Bien sur qu'une part de lui désirait ardemment ressentir cette tornade dont parlait cette femme, mais à quoi bon ? Pour avoir le droit de vivre pleinement cette passion il devait se marier, et il en était hors de question. Il n'était pas prêt pour ça, et d'ailleurs il n'était pas un cadeau pour sa future femme. Il la plaignait déjà ! La seule fille vers qui il s'était avancé de toute sa vie était la petite rouquine de sa classe de primaire. Il avait voulu lui offrir la délicieuse tarte au citron de sa nurse Maggie, mais elle l'enfant en larmes la lui avait renvoyé dans la figure. Depuis, il s'était tourné vers la religion, il s'y était adonné corps et âme, probablement plus pour arrêter de penser que pour gagner son petit bout de paradis. Plus tard, à l'université, il avait rencontré Edgar. Ce type qui s'était ouvertement moqué en gardant tout de même cette complicité dérangeante. Avec lui, il ne pouvait pas vraiment discuter de choses sérieuses, Edgar n'était jamais sérieux. Il n'y en avait que pour lui, « moi, et moi, et moi ! ». Au début, Howard s'était senti offensé, et finalement il l'avait percé à jour, il avait compris que le blond parlait de lui surtout pour éviter de devenir fou face au passé douloureux d' Howard. Cela avait le don de le mettre hors de lui, et il ne supportait pas de voir le jeune Taylor se soumettre à une telle tyrannie. Il ne voulait pas se disputer avec lui, alors il n'en parlaient jamais. Howard pensait à lui en écoutant ce que disait son interlocutrice, puisque son colocataire de chambre à l'école avait des dizaines de conquêtes, lui. Howard n'avait jamais apprécié ses dépravations nocturnes, il s'était déjà énervé un soir pour essayer de le remettre dans le droit chemin, et lui, au lieu de répondre en haussant le ton, ben... Il l'avait... Il l'avait perverti. Edgar avait arraché sa petite croix d'argent autour du cou comme un vampire qui craignait la fureur de Dieu, et l'avait frappé à l'intérieur...
« Il y a l'impuissance, l’abandon à l'autre, la détresse, la panique. J'ai rencontré mes hommes et mes femmes dans des lieux que je n'avais jamais fréquenté, nous sommes tombés ensemble et avons été foudroyé. J'étais la Reine des hommes, l'interdit des femmes. J'ai vu la beauté sur leurs visages, leur sourire désireux de moi. Je les ai tous aimé, et si j'en avais gardé un, j'aurais privé les autres et me serait privé des autres. Je ne les ai pas tué. Je les ai rendu immortels. »

Visiblement, cette femme avait connu des aventures homosexuelles. C'était un mot qu' Howard n'utilisait jamais. Il lui brûlait tout simplement la bouche. On lui avait raconté quand il était déjà tout petit, que s'il devait un jour éprouver ce genre d'infamie, les flammes putrides de l'enfer le dévoreraient jusqu'aux os, et Dieu n'aurait pas pitié de lui.  Edgar lui, était presque fier de défier l'autorité divine aussi facilement. Il ramenait au dortoir des tas de jeunes filles en fleur, et même des hommes, et Howard avait la nausée, seul dans son petit lit, à se boucher les oreilles si fort qu'il entendait les battements de son cœur bourdonner dans ses tympans.
« Ça n'a jamais frôlé mon esprit de faire ça. Enfin au début. J'ai trois amies. Kathérina, Alicia et Lyzbeth. Kathérina était victime de son homme, Andrew, un noble.. un Duc je crois, oui, un beau Duc anglais. Lyzbeth a tenté de tuer ce dernier pour la protéger. Ça n'a pas marché, alors nous sommes partie ensemble. De plus, il fallait ralentir l'enquête sur l'acte de Lyz tu comprends, la fuite de Kath et il fallait qu'on se cache. Je les aime, je peux tout faire pour elles à ce moment là. »

Une étincelle s'était allumée dans les yeux avides de la jeune femme. Elle avait l'air très liée à ses filles dont elle parlait. Howard ne connaissait pas la chaleur de l'amitié et cette confiance inébranlable. Il se concentra sur l'envie de pouvoir un jour partager la même chose. C'était abstrait pour lui, ce concept. Il ne comprenait pas bien comment on pouvait autant se faire confiance aveuglément, en toutes circonstances, et puis à quoi ça servait ? Il comprenait l'amour puisqu'il y voyait une finalité : le mariage, les enfants, l'éducation, mais l'amitié ?

« Je trouve des hommes, des femmes. Au début je les séduis, comme ça, sans envie, sans passion. Lyzbeth les tue, elle nous prépare à manger avec leur dépouille, Alicia nettoie. Puis un soir, je vois un homme, fascinant, étrange. Il tousse, il est pâle, il tremble, personne ne lui parle, il prend beaucoup de médicaments, il est épuisé, malade. Il avait sûrement un cancer ou bien le SIDA. Nos regards se sont croisés, nous nous sommes vite aimés. Cette nuit là j'ai apaisé sa douleur, c'était si simple, il m'a sourit en mourant, je sais qu'il me remerciait de la lui offrir de la sorte. J'ai alors compris ce qui m'animait. Ce n'était pas un meurtre.  La souffrance ne vaut surtout pas mieux que la mort.  Tuer.. tuer comme tu dis... Tuer c'est ma façon d'aimer.. sincèrement.. profondément, quand je sens que mon amour subit la vie au lieu de la chérir. »

Howard déglutit. Il tenta d'occulter ce qu'il avait entendu des activités atroces que pratiquait son amie Lyzbeth, et il se recentra sur les mots de la jolie blonde. La description de la mort de l'homme malade qu'elle avait aimé, avait tout d'un dénouement tragique de pièce de théâtre ! C'était dur, violent, et émouvant. La chair de poule persistait sous les manches trop grandes. Il trouvait qu'elle avait du mordant, du courage, et une passion solide à toute épreuve.  

« Je comprends votre logique... C'est dur à entendre pour quelqu'un comme moi, qui a été enfermé dans des carcans, qui n'ai jamais pu faire quelque chose d'excitant, qui n'ai jamais pu désobéir à l'autorité et à la volonté de Dieu, mais je comprends... Je ne dis pas que j'aurais envie d'avoir cette force de donner la mort à quelqu'un, je suis déjà bien trop lâche pour m'ôter ma propre vie, vous vous doutez bien que je ne pourrai jamais vous suivre. Au risque de vous décevoir, je pense que c'est mal ce que vous faites, mais... C'est tellement beau votre façon de me l'expliquer que je vous respecte, que je comprends. Vous embrouillez tellement mes convictions que vous parvenez à me convaincre ».  

La patiente lui expliqua qu'elle comprenait que ses actes étaient atroces vis à vis de la loi, mais qu'ils étaient respectables et nobles d'un point de vue passionnel. Elle avait l'air tellement... Pleine de vie ! Elle se donnait aux autres avec une telle facilité, elle croquait la vie à pleine dents, elle profitait de tout ce que cette dernière avait à offrir. Elle lui avait déjà expliqué que la douleur ne lui faisait pas peur, que parfois, elle existait par elle, alors après tout, pourquoi ne pas se lancer à corps perdu dans ce tsunami que représente la vie ? Howard était admiratif car il était strictement incapable d'un tel acte de bravoure. Pendant que le jeune homme se perdait dans ses réflexions, elle ajouta :  


« Moi, Lyzbeth et Alicia avons participé à tout cela. Nous avons été actrices de ce beau carnage et, pourtant, personne n'a parlé de nous, ni dans les journaux, ni au procès. Kath figurait dans les articles de presse et elle a eut son procès. Pas nous. Néanmoins nous sommes ici toutes les quatre.. Pourtant, elle, elle n'a rien fait. ».

Ces filles dont elle parlait, ses amies, avaient l'air étranges... Quelque chose tiqua à l'oreille d' Howard, quelque chose dans son discours avait l'air illogique et complexe. Les détails du massacre qui avait conduit ses amies et elle entre ces murs, n'étaient pas clairs. Personne n'avait été jugé coupable, aucune d'elles n'avaient fait de la prison, elles avaient toutes fini ici, cela était plutôt difficile à concevoir. Howard connaissait les procureurs et les juges, il savait que le jury aimait que les méchants payent et aillent en prison, et là, elles avaient toutes été jugées « déséquilibrées ».  


Howard lui confia ensuite la réelle détresse qui filait dans ses veines depuis sa naissance, cette solitude qui lui glaçait le sang. Elle avait plutôt raison quand elle affirmait sans le connaître qu'il n'avait connu que la tristesse, et que cette dernière s'était donc chargée de son éducation. C'était pitoyable d'en arriver à un tel constat, mais à un moment, la vérité il fallait la regarder en face. Howard lui, contrairement à elle (visiblement), n'avait jamais confiance en lui, n'était jamais assez sûr de pouvoir affirmer quelque chose. Des convictions et des idées il en avait, mais pour les revendiquer, c'était une autre paire de manches ! Il changeait vite d'avis, il était bien trop influençable. Comment voulez vous ne pas l'être devant une femme aussi convaincante, pleine de passion, celle qui fait vibrer, qui fait voyager d'un simple battement de cil ! Lui qui n'avait connu que la sévérité et la rationalité de ses parents, écouter une fille comme elle, c'était fantastique, d'ailleurs, il n'y avait pas de 'fille comme elle' !
Quand il retrouva l'usage de la parole, Howard lui confia qu'il avait peur de son ombre, peur de son reflet et des décombres de son inconscient. Elle ne voulait rien entendre :

« Écoute toi parler s'il te plaît. Écoute toi penser. Pour ces souvenirs, pour ton sourire perdu ou jamais atteint, ton rire naissant quand tu étais enfant ou que tu as rêvé de voir illuminer ton visage, pour ton futur amour violent, pour ta tendresse refoulée sans mots. Cherche dans ta mémoire, n'aie pas peur des éléments que tu trouveras dans cette tête." »

Howard soupira discrètement. Ce n'était pas elle qui l'exaspérait, mais la vérité de ses mots qui l'obligeait à sortir de l'ombre confortable derrière laquelle il se retranchait. Le sourire enfantin et candide dont elle parlait, il l'avait troqué contre une mâchoire serrée, un bout de lèvre trituré, et des cantiques élevées vers un Dieu abstrait. Quant à son 'futur amour violent', autant directement occulter ce passage.
Elle lui confia enfin son prénom. Bonnie. Howard sourit à l'évocation de son nom, c'était joli, cela lui allait comme un gant, il appréciait le fait de pouvoir mettre un nom sur un visage. Quand il cita Shakespeare pour parler de la banalité d'un simple nom propre, elle suivit le mouvement :

« "Ton nom est mon seul ennemi. Tu n'es pas un Taylor, tu es toi même. Qu'est-ce qu'un Taylor ? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage. Ni rien qui fasse partie d'un Homme. Oh ! sois quelque autre nom". Alors abandonne ta crainte de déshonorer ton nom, tes choix font parti de toi, de toi. Je suis Bonnie, seulement Bonnie, je suis ici, je ne sais rien de moi. Tu es Howard, tu es ici, et tu as encore tant à apprendre sur toi. »


Son visage s'illumina. Pourtant ce qu'elle disait était dur à entendre, cela faisait partie des vérités qu' Howard n'avait pas envie d'entendre, mais... Le fait qu'elle cite aussi bien le dramaturge était quelque chose de si agréable, qu'il en oublia sa détresse et la gravité de ses mots.
« Wow... Votre connaissance de "Roméo et Juliette" me ferait presque abdiquer ce nom qui m'a été donné. Je comprends le fait qu'ici plus rien n'ait d'importance, que nous ne sommes plus certains de qui nous sommes et d'où nous venons, mais.. J'ai bon espoir de sortir bientôt. Que les gens se rendent compte que ma place n'est pas là. J'aimerais me sortir de ça, je ne l'accepte pas d'être séquestré comme un vulgaire animal en cage sur qui ont fait des expérimentations scientifiques, ça rime à quoi ? Vous ne ressentez pas la même chose ? Vous acceptez d'être ici ? Remarquez, vous êtes toute nouvelle ici... Si vous ne ressentez pas ce que je ressens, ça viendra, faîtes moi confiance... Je veux retrouver une vie normale, et pour moi, ça signifie, quelque chose de familier, quelque chose que je connais. Je ne sais même pas si je tiens à me défaire de mon passé, 'est atrocement difficile. Je n'en ai pas la carrure. Sans mon nom et l'avenir qui m'appartient, je ne suis rien. ».  

Sa persuasion subtile et convaincante ne lâchait rien. Elle s'acharnait sur lui :

« Rien n'est compliqué lorsqu'on choisit que ça ne l'ai pas. Regarde où tu es, qui sont les gens autour de toi. Des aliénés dans un endroit clôt, macabre. Regarde moi, penses-tu que j'aurais quelconque intérêt à te juger ? La honte n'a pas sa place dans un asile. Sois fier, n'attend rien que de toi. ».


Il avait la gorge nouée et les joues en feu. Pourquoi pensait-il encore à ce petit obsédé ? Il avait encore son goût d'adrénaline dans la bouche et le sillage invisible tracé par ses longues mains sur son corps fébrile.  Il n'y pouvait strictement rien, même en se jurant de ne plus y songer, la scène s'imposait à sa mémoire, c'était totalement inconvenant ! Même avec toute la bonne volonté du monde, il n'arrivait pas à se défaire de cette sensation de feu dans le bas de son ventre ou.... De l'effet inexplicable que lui provoquait la virilité d'Edgar contre ses cuisses... Il perdait littéralement l'équilibre chaque fois qu'il devait subir les supplices de ce souvenir. Il déshonorait l'essence même d'être un homme. Il sentait que ça brûlait, que ça s'étirait dans une zone dangereusement proche de son ventre, et lui, il pleurait comme une fillette sous sa douche glacée. Rien que d'y repenser là, maintenant...

« Je vous assure que... Si vous connaissiez les détails de ma vie, vous n'auriez rien à y envier. D'un côté j'ai envie de me libérer de ces chaînes, mais d'un autre, je n'ai que ça, c'est ça ma sécurité, et moi... J'ai BESOIN de sécurité, vous comprenez Bonnie ? ».
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 2 Mai - 0:26



Howard & Kathérina






Howard buvait ses paroles, il l'écoutait attentivement, il réfléchissait à ses paroles et se les appropriait surement. Il comprenait les actes sordides mais raisonnés de Bonnie, il avait conscience que ce qui l'animait.


« Je comprends votre logique... C'est dur à entendre pour quelqu'un comme moi, qui a été enfermé dans des carcans, qui n'ai jamais pu faire quelque chose d'excitant, qui n'ai jamais pu désobéir à l'autorité et à la volonté de Dieu, mais je comprends... Je ne dis pas que j'aurais envie d'avoir cette force de donner la mort à quelqu'un, je suis déjà bien trop lâche pour m'ôter ma propre vie, vous vous doutez bien que je ne pourrai jamais vous suivre. Au risque de vous décevoir, je pense que c'est mal ce que vous faites, mais... C'est tellement beau votre façon de me l'expliquer que je vous respecte, que je comprends. Vous embrouillez tellement mes convictions que vous parvenez à me convaincre ».   

Howard lui rappelait Alicia, celle qui avait sa vie dictée par les instituions religieuses, celle qui ne pouvait pas lever la main, faire acte de violence, qui ne pouvait se révolter. Elle et lui étaient voués à une vie de soumission, de passivité et jamais ils ne pourraient connaître le bonheur de l'imprévu puisque leur vie entière était parfaitement calculée. 

"Je pense qu'on ne peut pas dire qu'il est lâche de ne pouvoir ôter la vie. Je suis incapable de freiner mes pulsions passionnelles, vous êtes incapable de vous adonner pleinement à une passion. Alors, nous sommes faibles tous les deux, seulement à échelles différentes. Une de mes amies, Alicia serait d'accord avec toi. Elle hait ce que je suis, elle hait ce que je fais. C'est immoral, c'est vicieux, me dit-elle. Elle ne pourra jamais comprendre ce qu'est la passion, pourtant Dieu et Diable savent à quel point elle en rêve. Lyzbeth elle non plus, ne comprend pas la passion amoureuse qui mène à la destruction. Tant de fois elle a dit à Kathérina de s'en aller, de partir loin de son tyran ! Cette dernière, faiblarde, brisée, apeurée, fidèle, ne le pouvait pas. Elle ne le voulait pas, Andrew était sa raison de respirer, son coeur bat pour cet homme si infâme et bon à la fois, si vicieux et victime de son amour pour elle. Sa Kathérina.. elle est la seule qui comprend mes actes profonds. Je suis certaine que tu l'aimerais, elle aussi. Elle a surement reçu une éducation semblable à la tienne, elle a été élevé pour être la Perfection, pour pouvoir faire perpétuer l'honneur de sa Haute Famille. Elle est tellement... ensorcelante,  détruite et ravagée par son adoration.. J'ai l'impression que je n'étais rien avant elles. Je n'ai pas souvenir d'une vie passé, d'un foyer, d'une famille. Je me souviens de Kathérina, seule dans le noir, comme tu es si seul. Je suis son ange gardien, celle qui sera toujours là. Je les aime sincèrement. Tu aimerais les voir ? Tu aimerais voir à quoi elles ressemblent ?" 
Le visage de Bonnie s'éclaira, et elle se mit à dessiner à une vitesse folle trois femmes. Identiques. A l'exception de la couleur de leur cheveux, de leur coiffure, elles étaient semblables. Et Bonnie était pareille à elles. Elle tendit de ses mains tremblantes et malades le papier où ces trois jeunes femmes étaient désormais là, le fixant. Alicia, Lyzbeth, Kathérina
"Elle n'a que vingt ans, pourtant elle a déjà vécu comme si elle en avait mille. Son corps meurtri, sa peau cisaillée, elle a craché ses tripes, pleuré toutes les larmes de son corps jusqu'à laisser échapper des larmes de sangs, hurlé intérieurement, maudit son amant, eut peur, eut envie de mourir. Elle est souillée, violée, déshonorée, révoltée. Elle a fixé de ses yeux vides le ciel au crépuscule, elle a regardé la lune en voyant le soleil, puis elle a eut le souffle coupé. Elle veut avoir les yeux bandés, ne plus rien entendre, rien ressentir. Elle a un soucis au fond d'elle qui se voit à des kilomètres, elle ne veut pas guérir, car guérir ça veut dire perdre tout ce qu'elle a de cher. Elle traine son squelette avec douleur, elle veut de l'attention, mais elle veut qu'on la laisse tranquille." 
De qui parlait-elle ? Elle même ne le savait pas. Des trois ? D'Alicia ? De Lyz et de Kath? D'elle même ? C'était sorti de sa bouche, elle avait retroussé ses manches, gratté les cicatrices de Kath tout en fixant le dessin. Au final le prénom n'avait pas d'importance, la Juliette de Shakespeare avait raison.


« Wow... Votre connaissance de "Roméo et Juliette" me ferait presque abdiquer ce nom qui m'a été donné."
En effet, cela était le but. "Renie ton père, abdique ton nom." C'était visiblement en partie à cause de ces derniers qu'Howard avait si peu confiance en lui et aux autres.


"Je comprends le fait qu'ici plus rien n'ait d'importance, que nous ne sommes plus certains de qui nous sommes et d'où nous venons, mais.. J'ai bon espoir de sortir bientôt. Que les gens se rendent compte que ma place n'est pas là. J'aimerais me sortir de ça, je ne l'accepte pas d'être séquestré comme un vulgaire animal en cage sur qui ont fait des expérimentations scientifiques, ça rime à quoi ?"
Sortir ? Cela était-il possible ? Qu'avait fait Howard, au fond ? Il n'avait commis aucun crime, mais on ne l'avait surement pas mis ici pour rien. Certes, il avait des troubles, elle le sentait, et en effet, sa place n'était pas ici. Mais elle ? Pourquoi était-elle à l'asile au lieu d'être en prison ? Elle avait, pour la justice tué des hommes et des femmes. Elle les avait dévoré, puis elle avait recommencé. Normalement, on l'aurait envoyé directement derrière les barreaux dans une prison pour femmes jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais elle était ici, avec les autres, parmi les fous, et elle était saine d'esprit. Elle retroussa ses manches et remit correctement son alliance qui tentait de s'échapper de son annulaire. Bonnie se décomposa. Son alliance ? L'alliance de Kathérina plutôt. Que faisait-elle à son doigt ? Elle faillit faire une réflexion à haute voix mais se retint. La blonde détacha difficilement son regard de cet anneau symbole de fidélité et d'amour pour reprendre le fil de ce que disais Howard.

"Vous ne ressentez pas la même chose ? Vous acceptez d'être ici ? Remarquez, vous êtes toute nouvelle ici... Si vous ne ressentez pas ce que je ressens, ça viendra, faîtes moi confiance... Je veux retrouver une vie normale, et pour moi, ça signifie, quelque chose de familier, quelque chose que je connais. Je ne sais même pas si je tiens à me défaire de mon passé, c'est atrocement difficile. Je n'en ai pas la carrure. Sans mon nom et l'avenir qui m'appartient, je ne suis rien. ».   
Ressentir ce besoin de s'en aller ? Bien entendu elle l'avait. Est-ce qu'elle acceptait ? Elle n'en savait rien. Elle ouvrit la bouche puis la referma. Les paroles du brun étaient vraies, brutales et tranchantes. Pourtant, il avait tristement raison. Elle fut prise de nausée. Elle ne s'imaginait pas rester ici toute sa vie, elle était si jeune.


"Accepter est un bien grand mot. Il faudrait être sensiblement défaitiste pour se résoudre à rester moisir entre ces murs. Ce n'est pas la vie dont je rêvais, je ne m'attendais pas à finir ici. Ou plutôt à commencer ici. Mais c'est mieux que la prison n'est-ce pas ? En prison je serais morte si vite. Les femmes là bas, elles n'ont aucune passion pour la vie, elles n'ont pas la fougue. Juste de la haine, pour tout, et surtout pour n'importe quoi. Ici c'est différent, mais j'ai très peur de me perdre tu comprends ? Je suis effrayée à l'idée de rester là, ne plus connaître les corps, leurs mains qui m'agrippent, me raclent le dos, tirent mes cheveux. Leurs visages qui se ferment lorsqu'ils sont contrariés, qui s'illuminent à la moindre source de plaisir, de bonheur. Les baisers brûlants sur ma peau d'un homme à l'aube de la mort, jadis beaux, grands, forts. Les tendresses maternelles des femmes, leurs courbes généreuses, leurs regards langoureux. Puis leur froideur, leur rigidité mortuaire. Ici il n'y aura plus aucun geste d'amour, il n'y a personne qui puisse faire une victime et me résigner à rester ici, ça me paralyse.
Bien entendu, je veux posséder, je veux à nouveau offrir la mort. J'ai vu des personnes qui me plaisaient mais.. Ce n'est pas simple. Je ne sais rien de personne. Tu vois, toi, par exemple. Si je t'avais rencontré dans la rue, ou n'importe où, cela m'aurait donné des indications sur toi, tes habitudes de vies. Tu m'aurais plu, énormément. J'aurais aimé te tirer de ta triste vie et t'offrir mes bras et ma sympathie, puis te figer dans ton bonheur. Mais, en ce moment, dans ces circonstances, je ne ferais jamais ça. Tu n'es pas à moi, tu appartiens à quelqu'un d'autre, c'est comme si tu étais marqué par son odeur. Je pourrais te faire ce que j'ai fait avec beaucoup bien entendu, tout sauf.. le final. Je n'aurais pas le droit de.. "tuer". Avec toi, avec les personnes marquées par quelqu'un, ce n'est pas mon devoir de faire ça. Mais ça me manque. Ils me manquent."


Howard voulait retrouver une vie "normale". Il voulait donc retrouver la vie qui l'avait rendu fou, et donc, conduit ici. Dans ce principe, il n'en finirait jamais. Bonnie avait de la compassion pour lui, elle avait peur pour lui, lorsqu'il sortirait finalement, lorsqu'il retomberait entre les crocs de la vie qui énonce clairement sa première règle : Les gens différents n'ont pas leur place ici. Howard lui rappelait Antigone, elle le sentait désireux d'une vie folle, rythmée par la passion, sans le temps qui use les sentiments. Il voulait vivre, mais il était bloqué par une puissance supérieure à lui, inexplicable. Il aurait peut-être voulu être simplement Howard, mais comme le pragmatique Créon, il ne se voyait exister sans son haut rang qui inspirait selon lui, tout son Être, sa crédibilité.
"Ne souhaites-tu pas te.. construire un nouvel avenir ? N'as-tu jamais voulu tout abandonner ? Pas forcément pour quelqu'un ou pour une raison mais.. simplement comme ça ? Impulsivement. La vie offre de si belles rencontres lorsqu'elles n'est pas bercée par la routine, Howard."
Elle savait que c'était difficile. Enfin elle l'imaginait, elle ne pouvait avoir conscience si simplement d'une telle chose. Elle concevait de partir pour une nouvelle vie car elle, elle n'avait rien.

« Je vous assure que... Si vous connaissiez les détails de ma vie, vous n'auriez rien à y envier. D'un côté j'ai envie de me libérer de ces chaînes, mais d'un autre, je n'ai que ça, c'est ça ma sécurité, et moi... J'ai BESOIN de sécurité, vous comprenez Bonnie ? "
Il veut tout casser, partir pour être libre, mais il y a toujours des conséquences. "La liberté se prend comme se donne la vie. Avec violence et dans le bruit." Howard refuse les conséquences, il a peur du retour de médaille.
"Je ne t'envie pas, j'ai peur pour toi. Que feras-tu quand tu rentreras chez toi ? Tu ne seras pas guérit, tu te sentiras mal parce que tu as des regrets. Tu ne peux pas te délivrer de tes chaînes sans sortir de ta zone de confort. Mais je te comprends. Je te comprendrais tellement si j'étais quelqu'un d'autre. J'ai vu les dégâts que cette "sécurité" causait. Ne te laisse pas faire, prouve toi que tu peux t'en sortir, et tu t'en sortiras. C'est compliqué mais possible. Ne vis pas ta vie par procuration. Vis, tout simplement. Tant que tu es ici, tu ne dois rien à personne. Tu sortiras, alors profite, ici, pas de règle, pas de religion, fait ce que tu veux ! Danse, pleure, cris, frappe, attrape un infirmier et contraint le à te donner tout l'amour dont tu manques, jète le, prend en un autre, va t'étendre au soleil, envoie balader ceux qui te dérangent. Diable, profite de ton incarcération et ton exil parce qu'après.. après, Howard tu vas retrouver ta vie d'avant, celle qui te répugne tant. Ou bien souhaites-tu sortir pour.. retrouver quelqu'un ?"






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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 2 Mai - 18:44


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« Je pense qu'on ne peut pas dire qu'il est lâche de ne pouvoir ôter la vie. Je suis incapable de freiner mes pulsions passionnelles, vous êtes incapable de vous adonner pleinement à une passion. Alors, nous sommes faibles tous les deux, seulement à échelles différentes. Une de mes amies, Alicia serait d'accord avec toi. Elle hait ce que je suis, elle hait ce que je fais. C'est immoral, c'est vicieux, me dit-elle. Elle ne pourra jamais comprendre ce qu'est la passion, pourtant Dieu et Diable savent à quel point elle en rêve. »

C'est vrai qu'il se reconnaissait étrangement dans le portrait que Bonnie dressait de son amie Alicia. Cela ne lui renvoyait pas vraiment une très bon image de lui-même, il se rendait juste compte, encore une fois, de combien il subissait sa vie au lieu de la vivre. Ça lui faisait également penser qu'il avait eu un... Ami (?) qui haïssait son comportement, un peu comme Bonnie et Alicia. Il écarquilla les yeux quand l'image d' Edgar flotta dans son esprit, et se concentra sur la suite de la conversation.

« Lyzbeth elle non plus, ne comprend pas la passion amoureuse qui mène à la destruction. Tant de fois elle a dit à Kathérina de s'en aller, de partir loin de son tyran ! Cette dernière, faiblarde, brisée, apeurée, fidèle, ne le pouvait pas. Elle ne le voulait pas, Andrew était sa raison de respirer, son cœur bat pour cet homme si infâme et bon à la fois, si vicieux et victime de son amour pour elle. Sa Kathérina.. elle est la seule qui comprend mes actes profonds. Je suis certaine que tu l'aimerais, elle aussi. Elle a sûrement reçu une éducation semblable à la tienne, elle a été élevé pour être la Perfection, pour pouvoir faire perpétuer l'honneur de sa Haute Famille. Elle est tellement... ensorcelante,  détruite et ravagée par son adoration.. J'ai l'impression que je n'étais rien avant elles. Je n'ai pas souvenir d'une vie passé, d'un foyer, d'une famille. Je me souviens de Kathérina, seule dans le noir, comme tu es si seul. Je suis son ange gardien, celle qui sera toujours là. Je les aime sincèrement. »

Finalement, peut-être qu' Howard avait un petit bout de caractère de chacune des amies de Bonnie, et c'était pour cela qu'elle s'entendait si bien avec lui. C'était un peu déstabilisant... Il n'était amoureux comme Kathérina, mais être enchaîné à un tyran il savait ce que c'était. L'objet de sa terreur n'était nulle autre que son père, encore une fois. Il lui faisait peur, il lui faisait mal, mais il l'admirait tellement qu'il ne pouvait rien lui reprocher. C'est vrai, il lui avait enseigné l'amour de la chimie et des éléments, il  lui avait inculqué comment se conduire en société, et comment gérer sa fortune. Il avait cette fièvre de réussir, cette peur de l'échec, et ce perfectionnisme signé Taylor, et il savait bien qui remercier pour ça, mais... Parfois il avait des éclairs de lucidité, et il voyait au grand jour par où il était passé pour en arriver là. Tous les murs qu'il avait rasé, combien de planchers il avait lavés de son propre corps étendu dessus ? Il avait cette colère, cette haine froide au fond du ventre, à tel point que dans ces moments là, il pouvait presque préférer l'hôpital à sa lugubre maison.


« Tu aimerais les voir ? Tu aimerais voir à quoi elles ressemblent ? », demanda Bonnie en parlant de ses fameuses amies, visiblement inséparables.
Howard hocha la tête, piqué de curiosité. Il regardait son interlocutrice dessiner à une vitesse vertigineuse. Quand elle lui tendit le résultat, son cœur manqua un battement et son sang se glaça, littéralement. Il sentit un frisson désagréable lui parcourir l'échine en prenant la feuille de papier entre ses mains tremblantes. C'était trop tard, il avait la puce à l'oreille maintenant, et peut-être aurait-il préféré ne se douter de rien. Il commençait à comprendre qu'il ne rencontrerai jamais vraiment les femmes sur le dessin de Bonnie, pour la simple et bonne raison qu'elles étaient toutes, Bonnie. Ce n'était pas une couleur de cheveux qui allait tromper l'esprit cartésien d' Howard, peu à peu la pathologie se dévoilait, elle s’effeuillait devant ses yeux délavés, et le déclic était difficile à cacher. Il déglutit et tenta d'écouter, de se concentrer, d'ignorer...

« Elle n'a que vingt ans, pourtant elle a déjà vécu comme si elle en avait mille. Son corps meurtri, sa peau cisaillée, elle a craché ses tripes, pleuré toutes les larmes de son corps jusqu'à laisser échapper des larmes de sangs, hurlé intérieurement, maudit son amant, eut peur, eut envie de mourir. Elle est souillée, violée, déshonorée, révoltée. Elle a fixé de ses yeux vides le ciel au crépuscule, elle a regardé la lune en voyant le soleil, puis elle a eut le souffle coupé. Elle veut avoir les yeux bandés, ne plus rien entendre, rien ressentir. Elle a un soucis au fond d'elle qui se voit à des kilomètres, elle ne veut pas guérir, car guérir ça veut dire perdre tout ce qu'elle a de cher. Elle traîne son squelette avec douleur, elle veut de l'attention, mais elle veut qu'on la laisse tranquille. ».

L'évidence balayait son esprit de plus en plus précisément. Il ne pouvait s'empêcher de détailler chacun de ses mots, d'analyser, de créer des connexions. Quand elle parlait de Kathérina, c'était limpide comme de l'eau de roche. Il ne connaissait pas Bonnie, il venait tout juste de la rencontrer, mais chaque personne qu'elle décrivait avec passion avait quelque chose à voir avec elle, sa façon de parler de ses amies et elle comme... Comme une seule et même personne... Il pensait que c'était une chose que l'amitié provoquait et qu'il ne pouvait pas comprendre, ce côté « fusionnel », dire « nous » pour signifier « je », mais maintenant tout s'éclairait. Le massacre, le jugement, la prison, l'asile... Bon sang...

« C'est... Elle a l'air de beaucoup souffrir votre amie Kathérina... », se risqua Howard qui essayait de contrôler les variations dangereuses de sa voix. Il priait pour que sa réflexion n'apparaisse pas clairement comme quelque chose du genre : « raconte moi ta souffrance... ».

Pendant qu'il faisait diversion du mieux qu'il pouvait en parlant de la sensation d'enfermement qu'offrait l'asile d'aliénés, il pris Bonnie en flagrant délit. Son visage s'étonna légèrement en voyant le petit anneau à son auriculaire gauche. Howard ne l'avait même pas remarqué jusqu'à présent. Soudain, la tension était trop forte et il ne pouvait plus cacher ses interrogations où il allait exploser. Il lui demanda sans détours :
« Vous êtes mariée, Bonnie? ».

Elle resta concentré sur la réponse qu'elle devait fournir pour les précédentes tirades d' Howard. Elle lui avoua qu'elle ressentait évidemment cette sensation désagréable d'étouffement, mais qu'elle remerciait le ciel de ne pas avoir terminé ses jours en prison. Elle était convaincue qu'elle n'y aurait pas résisté, mais Howard ne pouvait s'empêcher de penser le contraire. Bonnie et... Ses « acolytes » avaient l'air si fortes, ou si elles ne l'étaient pas, elles avaient le mérite d'être impulsives, violentes, fougueuses et passionnées ! Elle aurait fait fureur à la prison pour femme.  

« Je suis effrayée à l'idée de rester là, ne plus connaître les corps, leurs mains qui m'agrippent, me raclent le dos, tirent mes cheveux. Leurs visages qui se ferment lorsqu'ils sont contrariés, qui s'illuminent à la moindre source de plaisir, de bonheur. Les baisers brûlants sur ma peau d'un homme à l'aube de la mort, jadis beaux, grands, forts. Les tendresses maternelles des femmes, leurs courbes généreuses, leurs regards langoureux. Puis leur froideur, leur rigidité mortuaire. Ici il n'y aura plus aucun geste d'amour, il n'y a personne qui puisse faire une victime et me résigner à rester ici, ça me paralyse. ».

Howard piqua un fard et baissa le regard. Il se dégageait une force érotique incroyable de ses mots, et c'était difficile pour lui de devoir écouter ça. Bien sur, malgré son éducation religieuse très stricte, et ces interdictions, il n'était qu'un homme après tout... Même s'il n’agissait pas comme tous les jeunes de son âge, qu'il n'avait pas traversé l'adolescence comme tout le monde, il lui arrivait de subir quelques fabulations de son esprit... Il se faisait payer très cher ces petits moments d'égarement, mais jamais oh grand jamais, il ne pourrait en parler aussi ouvertement que Bonnie. Elle parlait de sexe et de passion avec un tel naturel, comme si elle le saluait. C'était franchement déroutant et malsain.

« […] Tu vois, toi, par exemple. Si je t'avais rencontré dans la rue, ou n'importe où, cela m'aurait donné des indications sur toi, tes habitudes de vies. Tu m'aurais plu, énormément. J'aurais aimé te tirer de ta triste vie et t'offrir mes bras et ma sympathie, puis te figer dans ton bonheur. Mais là, en ce moment, dans ces circonstances, je ne ferais jamais ça. ».

Howard ne savait clairement plus où se mettre. Il aurait voulu pouvoir retourner la terre pour s'y planquer dessous. Tomber dans un abysse si profond pour ne jamais pouvoir remonter à la surface et affronter cette conversation. Il ne savait pas non plus s'il était plus effrayé qu'un soir, Bonnie le tue dans son sommeil, ou qu'elle tente de lui faire du rentre dedans, ou encore, malgré ses dires, faire les deux comme à son habitude... Il tenta de rester le plus naturel et impassible possible, comme si une foule de prétendantes lui soufflait sensiblement la même chose dans le monde extérieur, et qu'il en était presque lassé. Son cœur battait si fort qu'il ne s'entendait presque plus penser, son cerveau lui ordonnait surtout de fixer le sol, de surtout continuer d'arracher consciencieusement l'herbe à ses pieds. Avant qu'il n'ai pu bredouiller un semblant de phrase totalement décousue, elle ajouta quelque chose qui faillit clairement le tuer.


« Tu n'es pas à moi, tu appartiens à quelqu'un d'autre, c'est comme si tu étais marqué par son odeur. Je pourrais te faire ce que j'ai fait avec beaucoup bien entendu, tout sauf.. le final. Je n'aurais pas le droit de.. "tuer". Avec toi, avec les personnes marquées par quelqu'un, ce n'est pas mon devoir de faire ça. Mais ça me manque. Ils me manquent. »

Il était à peu près sur qu'un coup de poignard dans le cœur devait sensiblement provoquer la même sensation. Là, elle délirait complètement. Non, elle se trompait, indéniablement. Il n'appartenait à personne, enfin si, il appartenait à son travail. Il n'avait connu aucune femme capable de l'amener à faire des projections dans le futur alors comment pouvait-elle le sentir "marqué par son odeur" ? C'était atroce cette lame chauffée à blanc qui serpentait dans ses entrailles en toute impunité. Des larmes s'échappèrent de ses yeux sans qu'il ne puisse les retenir, sans qu'il ne puisse s'en cacher cette fois-ci. La pudeur et l'intimité s’effondrèrent à genoux, elles n'étaient pas assez fortes contre la simple évocation, contre la simple insinuation d'une telle...
Il pris sa tête entre ses mains et grimaça douloureusement. A l'intérieur ça cognait, l'affluence de son sang faillit éclater ses vaisseaux, l'anévrisme le guettait, elle l'attendait au tournant. La simple connexion (trop) logique que son cerveau faisait entre les paroles de Bonnie et Edgar était tout simplement insupportable.


« Ne souhaites-tu pas te.. construire un nouvel avenir ? N'as-tu jamais voulu tout abandonner ? Pas forcément pour quelqu'un ou pour une raison mais.. simplement comme ça ? Impulsivement. La vie offre de si belles rencontres lorsqu'elles n'est pas bercée par la routine, Howard. "[…] Ne te laisse pas faire, prouve toi que tu peux t'en sortir, et tu t'en sortiras. C'est compliqué mais possible. Ne vis pas ta vie par procuration. Vis, tout simplement. Tant que tu es ici, tu ne dois rien à personne. Tu sortiras, alors profite, ici, pas de règle, pas de religion, fait ce que tu veux ! Danse, pleure, cris, frappe, attrape un infirmier et contraint le à te donner tout l'amour dont tu manques, jette le, prend en un autre, va t'étendre au soleil, envoie balader ceux qui te dérangent. Diable, profite de ton incarcération et ton exil parce qu'après.. après, Howard tu vas retrouver ta vie d'avant, celle qui te répugne tant. Ou bien souhaites-tu sortir pour.. retrouver quelqu'un ? » 

Il éclata en sanglot. Une colère, plutôt une hargne s'empara de tout son corps, et sans vraiment réaliser, il s'était relevé. Droit comme un « i », les poings serrés, les joues empourprées de honte, de la haine de lui-même plein la bouche, il se mit à crier. Il n'avait pas fait ça depuis des années... Il gardait toujours, il se contenait et ravalait sa colère depuis des années. Il éclata :

« Mais nom de Dieu, qu'est-ce que tu crois ? », cria-t-il en en oubliant le vouvoiement. Ce n'était pas contre Bonnie qu'il était fâché, mais ses mots osaient mettre en lumière ses démons, elle n'y allait pas par quatre chemins, et tant de franchise était intolérable à ses oreilles. Il préférait encore la suggestion hypocrite de ces psychiatres, c'était trop dur...

« Tu penses peut-être que n'ai jamais eu envie de tout quitter ? Que les marques des chaussures cirées de Père sur mon corps me faisaient plaisir ? Tu ne connais pas ma vie, tu ne sais pas comment sont mes parents, et comment le mot "rébellion" pour moi est un leurre dangereux ! Un tissu de mensonges qui fait miroiter des choses impossibles. Tu penses pas que mille fois déjà j'ai fais mon balluchon, et j'ai rebroussé chemin de peur que... De peur que Père me tue, littéralement bon sang ! Tu oses me dire que je dois vivre ma vie comme je l'entends ? C'est ça mon quotidien, je préfère cette soumission à la tétraplégie, ça te donne une idée de combien je peux tenir à la vie, finalement non ? ».

Les sanglots fusaient si forts que quelques regards au loin se posèrent sur eux. Howard ne voyait plus personne, il était animé par la plus merveilleuse colère, celle qui apaise, qui crève le cœur et laisse s'échapper toutes les putréfactions à l'intérieur, bordel que c'était bon...

« Je suis navré de te dire tout ça, je sais que tu cherches à m'aider, mais tu... Tu ne peux pas comprendre ! "Attraper un infirmier", non mais franchement, tu t'entends parler Bonnie ? Qu'est-ce que je dois comprendre au juste, hein ? Lave tes soupçons, efface tout de suite ce à quoi tu penses, je... Je n'en veux pas de ça, tu comprends ? Je n'en veux pas... ! », répéta Howard en s’effondrant de douleur. « C'est trop dur... », s'étrangla-t-il dans ses larmes, en retombant au sol comme une pleureuse.
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 3 Mai - 0:17



Howard & Kathérina





« C'est... Elle a l'air de beaucoup souffrir votre amie Kathérina... » 
Bonnie regarda son dessin. Elle avait oublié ce que ça faisait, de les dessiner. Alicia était bien trop souvent en mouvements pour être croquée à la perfection -et elle se vexait dès que sa coiffure impeccable ne l'était pas sur le papier-, si bien que même Bonnie trouvait toujours des défauts à ses représentation de la jolie maniaque. Lyzbeth, elle, n'aimait simplement pas cela. Elle n'aimait pas son reflet, son image. Elle aurait préféré être un garçon, alors elle cultivait un petit côté Androgyne dans ses tenues volées à leurs cadavres et arborait en contraste un maquillage intense, des yeux charbonneux renforçant son air fatigué et ses iris claires, ainsi qu'une bouche écarlate, presque sanglante. Et Kath.. Bonnie préférait ne pas la dessiner. Elle ne supportait pas son reflet, elle se haïssait de paraître aussi faible, si vulnérable. De ne pas avoir le corps de femme qui lui permettrait d’être un jour, mère au cœur de son foyer, d'honorer sa famille, de donner un héritier aux Barrow. Elle ne tolérait simplement pas son corps d'enfant, trop frêle pour résister à une étreinte un peu trop passionnée. Et puis, la dessiner était le rôle d'Andrew, le réel comme l'imaginaire. Le droitier n'avait pas besoin qu'elle pose pour lui, il la dessinait à n'importe quel moment, après leurs caresses passionnées, après s'être acharné sur elle, après l'avoir presque tué. Il fantasmait tout les aspects de son épouse. Il aimait son corps plus qu'osseux paré de somptueuses tenues, il l'aimait couverte de bleus, de lacérations violentes témoignant de son appartenance à lui. Il aimait son sourire, il aimait cet air vide qu'elle avait parfois lorsqu'il était allé trop loin dans la torture. Bonnie esquissa un petit sourire, continuant d'observer la représentation de Kathérina.


« Je pense qu'elle est coincée aux Enfers. Elle est là, impuissante, enchaînée. Il y a cinq minutes, elle vivait, on la couvrait de cadeaux et de beaux mots. D'un coup, d'un seul, elle a sombré et s'est faite trainer dans la boue, laver le corps avec du sang, vidée de ses pêchés par des coups de fouets. Sortie de sa prison dorée, jetée aux catacombes ayant pour seul bourreau son Homme, qui pleure sa presque mort mais ris de ses maux. Il l'humilie, la casse en deux. A chaque silence glacé, il lui hurle qu'il l'aime, et son silence le rend fou. Il la mutile, l'abuse et la frappe rien que pour l'entendre crier son prénom. Et pour sentir reposé sur lui son regard amoureux et terrifié, il lui demande pardon avec une tendresse angélique. Leur idylle est un Phénix, elle se renouvelle éternellement. Et quand ils ne sont qu'un, il n'y a qu'eux. Ils n'ont d'yeux que l'un pour l'autre. Je pense qu'elle souffre beaucoup de ne pouvoir partir. Elle sait qu'il est toxique pour elle pourtant. Mais partir quand on a toujours été habitué à se soumettre, c'est malheureusement presque impossible. »
Elle abaissa son regard. La jeune femme semblait réfléchir, elle tentait plus précisément de reconstruire ses souvenirs, elle ne voulait pas se tromper sur ses dires. Puis, de manière totalement spontanée, alors qu'elle était parvenue à effacer cette information de sa tête, Howard lui posa une question, la question qu'elle redoutait. 


« Vous êtes mariée, Bonnie? » 
Elle se décomposa, littéralement. Bonnie regarda cette alliance. Elle ne savait pas vraiment à qui elle était, ou bien qui la lui avait offerte. Elle était bien entendu accompagnée d'une bague de fiançailles, elle était superbe, luxueuse. Aucun de ses hommes ni de ses femmes n'aurait pu lui offrir de telles choses. Elle se gratta nerveusement la tempe gauche, un peu trop fort d'ailleurs, tentant de savoir. Avait-elle été mariée, Jadis ? Avant d'avoir connu Kathérina, Andrew, Lyzbeth et Alicia ? Les avait-elle récupéré sur un macchabée ? Elle était en quête de souvenirs qui auraient pu lui donner ne serait-ce qu'un tout petit indice sur l'avant qui semblait si lointain. Elle ne savait pas quoi dire, elle n'avait pas vraiment la réponse. Pourtant elle savait qu'elle n'avait jamais eu le temps de profiter d'un amant le temps nécessaire pour anticiper une demande en fiançailles, en mariage. 



« Non. Pas moi. Je ne sais pas ce que font ces bagues là, à ma main, ni les blessures et les maux que je ressens sur et sous ma peau. Je n'aurais jamais pu me marier. Je ne pourrais supporter un époux marqué par le temps, ça m'est inconcevable. J'aime qu'après la mort, le temps à peine n'effleure un visage. Ces bagues ne sont sûrement pas à moi. Kathérina a sûrement du me les donner, je ne vois que cela comme hypothèse probable.. je ne peux pas accepter de me marier.. Je ne veux pas être esclave de quelqu'un. Ça n'a pas de sens. Je veux être libre de moi. »
Elle était tendue et peu sure d'elle cette fois. Sa pudeur revint d'un coup, d'un seul. Elle ne voulait pas se poser cette question, elle avait parfaitement ignoré ces choses inconnues à ses mains jusqu'à maintenant. Sa gorge se serra, elle sentit son cœur s'accélérer et une boule se faire dans son ventre, elle se sentait piégée, comme si elle avait un secret affreux, un lourd fardeau qu'elle était contrainte de porter depuis des années et puis, que finalement, après ce long moment de silence et de torture suprême, quelqu'un l'avait percé à jour. Elle ne se sentait pas à sa place dans ce corps, le fait d'ignorer tout finalement d'elle et de ne pas se souvenir.. tout cela lui donnait un vertige immonde, indescriptible. 




Puis, ils dévièrent, et elle préféra nettement parler de comment elle vivait l'instant présent, mais aussi de comment les choses auraient pu se passer dans d'autres circonstances. Certes, elle n'avait pas beaucoup de mal à anticiper et à prévoir. Parfois elle se trompait, cependant ce n'était pas grave, au moins, elle apprenait. Mais, au fur et à mesure qu'elle tissait ses mots comme une toile infinie, elle remarquait que le comportement calme et attentif d'Howard évoluait. Plus elle parlait en lui énonçant ce qu'elle pensait, plus il rougissait, il laissait fuguer quelques larmes de ses yeux, il se crispait. Bonnie l'observait méticuleusement. Il s'était redressé et lui faisait désormais face, prenant la place du dominant dans leur conversation tumultueuse, il pleurait, il laissait enfin sortir toute cette peine. Depuis combien de temps la gardait-il en lui, si profondément ? Bon sang, il était pleins de vie, cette vie qui ne demandait qu'à sortir ! Et c'est ce qu'elle fit.


« Mais nom de Dieu, qu'est-ce que tu crois ? » lacha-t'il en haussant la voix.
Bonnie se raidit, écarquilla les yeux, stupéfaite. Elle voulait qu'il réagisse, et cela n'était que le début.


« Tu penses peut-être que n'ai jamais eu envie de tout quitter ? Que les marques des chaussures cirées de Père sur mon corps me faisaient plaisir ? Tu ne connais pas ma vie, tu ne sais pas comment sont mes parents, et comment le mot "rébellion" pour moi est un leurre dangereux ! Un tissu de mensonges qui fait miroiter des choses impossibles. Tu penses pas que mille fois déjà j'ai fais mon balluchon, et j'ai rebroussé chemin de peur que... De peur que Père me tue, littéralement bon sang ! Tu oses me dire que je dois vivre ma vie comme je l'entends ? C'est ça mon quotidien, je préfère cette soumission à la tétraplégie, ça te donne une idée de combien je peux tenir à la vie, finalement non ? » 


Kathérina en aurait pleuré. Tant de souffrance pour ce pauvre homme. Elle se serait reconnue, elle aurait partagé sa peine, pleuré la vie, imploré le seigneur. Pourquoi nous faites-vous cela, nous, vos fidèles, nous qui n'avons jamais fauté ? 
Alicia aurait été profondément choqué par cette déferlante de douleur et de rage. Par la suite, elle aurait sans doute épongé les larmes du garçon et reprit son sourire superficiel, lui aurait arrangé ses cheveux et aurait changé de sujet, elle aurait ignoré ces propos si forts et si... si vrais ! 
Lyzbeth se serait révoltée. Elle aurait bien était capable de fracasser le paternel d'Howard contre une table de marbre, cinq, dix, vingt fois de suite pour qu'il comprenne ce qu'il avait fait endurer à son fils ! Elle l'aurait laissé là, à demi mort, elle aurait rit de le voir se vider son sang, ce bourreau, ce père indigne qui n'a pas su en être un correct. Elle l'aurait fait manger à Howard, comme un louveteau mange le mal Alpha pour récupérer sa puissance. 
Et Andy, lui, aurait fuit les paroles du jeune homme. Il serait resté là, tremblant, la gorge serrée tel un coupable sur le banc des accusés. Il se serait reconnu dans l'homme tyrannique aux chaussures cirées, frappant. A cette figure dure et masculine qui impose le respect et la discipline, qui contraint par la peur à rester.
Mais ici, il s'agissait de Bonnie. Elle contempla des larmes pleins les yeux cet homme éclore. Elle l'admira, comme une apparition divine. Ses cris, ses gestes, ses sanglots ! C'était si pur, si profond ! Elle ne parvenait pas à détacher ses pupilles de lui, elle l'écoutait, attentivement. Elle ne devait pas parler, surtout pas l'interrompre, c'était beaucoup trop beau, la scène était parfaite. Howard était Howard. A ce moment, il se fichait bien de l'importance de ses mots sur son blason, il se moquait si son langage ne correspondait pas aux codes de la Haute. Il était vrai, sans artificeIl vivait.


« Je suis navré de te dire tout ça, je sais que tu cherches à m'aider, mais tu... Tu ne peux pas comprendre ! "Attraper un infirmier", non mais franchement, tu t'entends parler Bonnie ? Qu'est-ce que je dois comprendre au juste, hein ? Lave tes soupçons, efface tout de suite ce à quoi tu penses, je... Je n'en veux pas de ça, tu comprends ? Je n'en veux pas... !  
C'était vrai. Il y avait nombre de choses qu'elle ne pouvait pas comprendre. Sa manière de satisfaire et d’apaiser sa peine n'était pas la même pour tout le monde, elle en avait bien conscience. Elle ne s'entendait pas parler, elle ne s'écoutait pas parler, bien sur que non. C'était toujours les autres. Elle, elle parlait, sans fin, sans s'arrêter. Elle écoutait aussi, elle avait besoin d'écouter. Bonnie était submergée par l'émotion, par ces tirades fantastiques et impulsives que venait lui sortir Howard. C'était une gifle, un coup de fouet, un baiser ardent. Elle avait cette impression étrange et magnifique que sa vie ne dépendait que de ses mots. 



« Tu t'écoutes enfin.. tu vois ce qu'il se passe Howard. Je.. je veux dire... Je sais que je dis des choses insensées parfois, c'est tranchant et décousu tu vois bien mais.. je me rends compte de ta douleur, j'ai bien conscience de ce que tu me dis là mais.. tu admets ce que tu refoulais jusqu'à présent.. enfin du moins je suppose puisque je te connais à peine. Non, tu as raison, je ne te connais pas et je ne peux pas comprendre. Mais si il y a une chose que je peux faire c'est t'écouter. Tu as tellement de choses si puissantes en toi Howard.. je me suis trompée, encore. Tu n'es pas aussi faible que moi. » Elle sourit entre ses larmes d'émotion, les yeux levés vers lui. « Tu es tellement fort et tenace. Tu as.. un courage.. une fougue ardente. Tu te bats pour ta vie c'est... c'est si beau. Pardonne mes mots et mes propos inconvenants, pardonne ma vision bafouée. »




« C'est trop dur... » finit-il par lâcher avant de crouler sous la souffrance et la peine. 
Bonnie suffoquait, elle haïssait de voir des hommes comme lui rongés par la tristesse, la colère, la fatalité et le désespoir. Elle ne savait que faire. Bonnie ne pouvait pas le laisser là, abandonné à cette horde de sentiments négatifs, il ne fallait pas qu'il affronte seul ses démons. Elle hésita, elle ne savait pas. Elle avait peur qu'il interprête mal ses propos, mal ses gestes. Elle ferma les yeux quelque secondes puis reporta à nouveau son regard sur lui. Elle tremblait comme à son habitude et avait le corps froid. Mais elle voulait lui apporter la chaleur réconfortante qui donnait aux gens de la stabilité. Elle prit une des mains du jeune homme et l'engloba des siennes. L'émotion de la jeune demoiselle était percevable dans tout ses membres, ses tremblements plus intenses, dans ses yeux, par ses larmes, dans les battements forts de son cœur et sur son visage. Au plus profond de son âme elle le senti. Elle était retournée. Elle aurait pu mourir maintenant. Elle eut beaucoup de difficulté à le regarder dans les yeux cette fois-ci, néanmoins, elle réussit, restant effroyablement confuse. 


« Tu es admirable Howard. Tu.. je te demande pardon. »




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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 3 Mai - 14:22


Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

« Je pense qu'elle est coincée aux Enfers. Elle est là, impuissante, enchaînée. Il y a cinq minutes, elle vivait, on la couvrait de cadeaux et de beaux mots. D'un coup, d'un seul, elle a sombré et s'est faite traîner dans la boue, laver le corps avec du sang, vidée de ses pêchés par des coups de fouets. Sortie de sa prison dorée, jetée aux catacombes ayant pour seul bourreau son Homme, qui pleure sa presque mort mais ris de ses maux. Il l'humilie, la casse en deux. A chaque silence glacé, il lui hurle qu'il l'aime, et son silence le rend fou. Il la mutile, l'abuse et la frappe rien que pour l'entendre crier son prénom. Et pour sentir reposé sur lui son regard amoureux et terrifié, il lui demande pardon avec une tendresse angélique. Leur idylle est un Phénix, elle se renouvelle éternellement. Et quand ils ne sont qu'un, il n'y a qu'eux. Ils n'ont d'yeux que l'un pour l'autre. Je pense qu'elle souffre beaucoup de ne pouvoir partir. Elle sait qu'il est toxique pour elle pourtant. Mais partir quand on a toujours été habitué à se soumettre, c'est malheureusement presque impossible. »


C'était beau et terrible à la fois de supporter un tel supplice. Évidemment Kathérina lui rappelait sa propre existence. Il était d'autant plus touché maintenant qu'il avait compris que Bonnie parlait d'elle-même. Il cherchait presque les hématomes sur son corps pendant qu'elle déplorait Andrew. « Kathérina » lui rappelait surtout combien on pouvait se laisser détruire physiquement et mentalement par un être que l'on estime supérieur à nous-même. Howard ne se rendait pas bien compte que son père le battait, pour lui c'était plutôt une façon de le punir, de le « corriger » quand il l'avait bien cherché. Ses moments de lucidité étaient rares et trop douloureux pour y songer trop longtemps. La chose qui différenciait cette part de Bonnie et lui, c'était l'amour. Andrew avait tout l'air d'un salop fini. Frapper une femme, quelle infamie.... Mais au moins, il avait l'air de l'aimer (contradiction totalement choquante). James Taylor n'aimait pas son fils, c'était le moins qu'on puisse dire. Il ne lui avait jamais dit, et ne lui montrait pas non plus, sauf si les coups de pieds étaient un gage d'amour, mais ils ne disent pas ça dans les livres de Jane Austen n'est-ce pas ? Son père et sa mère avaient besoin de lui. Il l'avaient conçu dans un but purement économique et maintenant, il avait intérêt à assurer car ils n'avaient pas que ça à faire de « torcher des mômes ». Dès qu'il sortirait d'ici, il aura plutôt intérêt à reprendre très vite ses marques... Toutes les marques...

Quand il osa demander à Bonnie si elle était mariée, celle ci se figea de surprise. C'était un coup bas de la part du jeune homme, mais pas dans l'intérêt de lui faire du mal, bien au contraire. Il voulait savoir si elle se rendait compte de sa pathologie, ce qu'elle aurait à lui répondre, il voulait être sûr, comprendre comment les mécanismes de son cerveau fonctionnaient. C'était quelque peu... Fascinant.    


« Non. Pas moi. Je ne sais pas ce que font ces bagues là, à ma main, ni les blessures et les maux que je ressens sur et sous ma peau. Je n'aurais jamais pu me marier. Je ne pourrais supporter un époux marqué par le temps, ça m'est inconcevable. J'aime qu'après la mort, le temps à peine n'effleure un visage. Ces bagues ne sont sûrement pas à moi. Kathérina a sûrement du me les donner, je ne vois que cela comme hypothèse probable.. je ne peux pas accepter de me marier.. Je ne veux pas être esclave de quelqu'un. Ça n'a pas de sens. Je veux être libre de moi.»


Elle semblait prise au piège dans la gueule du loup. Howard ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'empathie, au fond elle devait tellement souffrir, et parfois sans même s'en rendre compte, c'était tragique. Il ne savait pas s'il devait continuer dans ce sens, lui faire doucement ouvrir les yeux, ou s'écraser et faire comme s'il n'avait rien remarqué. Il préféra opter pour cette solution étant donné qu'il ne connaissait pas Bonnie, et qu'il ne voulait pour rien au monde lui déclencher une crise, et réveiller son côté « Lyzbeth »...

« Oh... Oui. Votre amie a du vus en faire cadeau fut un temps, vous ne les remarquez même plus, c'est ce qu'il m'arrive avec ma propre chevalière ! Elle fait partie de mon doigt, je ne peux pas m'en séparer, c'est comme mon ongle. Concernant le mariage... Je vous comprends. Je n'y aspire pas vraiment non plus à vrai dire. Il paraît qu'il vaut mieux être seule que mal accompagné, personnellement je préfère être seul plutôt d'être celui qui accompagne mal une pauvre âme innocente. ».

C'est dommage parce que la conversation se passait à merveille avant que Bonnie ne laisse ses mots dépasser sa pensée. C'est dommage qu'elle ait posé le doigt sur le point sensible, sur le sujet à éviter. Ce n'était dans ses projets de s'emporter comme ça, mais Howard devint complètement fou. Il s'était rabaissé au niveau de n'importe quel taré qui logeait ici. Malgré le visage surprit et les yeux alarmés de Bonnie, il ne pouvait plus s'arrêter de hurler. Sa poitrine était en feu, il sentait les cloques brûlantes recouvrir ses poumons atrophiés, il fallait purifier tout ça, il ne pouvait plus tolérer de garder l'horreur à l'intérieur. A sa grande surprise, pendant qu'il lui aboyait dessus, Bonnie, au lieu de s'enfuir en courant ou justement de surenchérir, l'admirait comme le messie descendu sur Terre. Jamais il n'avait vu une telle fascination dans les yeux de quelqu'un, c'était terrifiant. Elle aurait pu le bouffer tout entier, littéralement, l'absorber par tous les pores de la peau. Elle était suspendue au moindre mouvement de ses lèvres comme si elle attendait un affranchissement qui arriverait toujours à la prochaine respiration. L'émotion la transfigurait, elle montait silencieusement en transe pendant qu' Howard, dans le même état, explosait de rage. Entre quelques larmes d'émotion, elle parvint à articuler quelque chose de plus beau encore que la délivrance :



« Tu t'écoutes enfin.. tu vois ce qu'il se passe Howard. Je.. je veux dire... Je sais que je dis des choses insensées parfois, c'est tranchant et décousu tu vois bien mais.. je me rends compte de ta douleur, j'ai bien conscience de ce que tu me dis là mais.. tu admets ce que tu refoulais jusqu'à présent.. enfin du moins je suppose puisque je te connais à peine. »

Il mourait d'envie de répliquer quelque chose, de se défendre, de hurler plus fort que ses paroles pour les couvrir. Pour que surtout, aucune partie de sa conscience bancale n'en soit témoin. Il ne voulait pas entendre parler de « refoulement », ça c'était un mot de psy pour lui témoigner gentiment qu'il avait un grave problème. Ce n'était pas seulement un caprice, c'était presque une question de vie ou de mort, c'était... « Accepter », c'était bien beau, mais avait-il réellement envie de déshonorer tout ce en quoi il croyait ? Avait-il envie d'avoir tellement honte de lui qu'il pourrait briser un miroir rien qu'en s'y regardant ? Désirait-il que le Diable s'empare de son âme et la dévore goulûment, s'en délecte et lèche le goût de trahison encore sur ses doigts crochus ? Il eut un frisson d'horreur à cette image et adressa un petite prière improvisée à Dieu, « Pardon... », songe-t-il si fort, qu'il se demanda s'il ne l'avait pas dit à haute voix.


« Non, tu as raison, je ne te connais pas et je ne peux pas comprendre. Mais si il y a une chose que je peux faire c'est t'écouter. Tu as tellement de choses si puissantes en toi Howard.. je me suis trompée, encore. Tu n'es pas aussi faible que moi.  Tu es tellement fort et tenace. Tu as.. un courage.. une fougue ardente. Tu te bats pour ta vie c'est... c'est si beau. Pardonne mes mots et mes propos inconvenants, pardonne ma vision bafouée. »



Une armée aurait pu se relever et retourner au combat en entendant ces mots-là. Des morts auraient pu rebrousser chemin et refuser le sommeil éternel devant autant d'espoir et de vie exhalée. Howard laissa s'évaporer sa colère, trop touché et fatigué pour continuer de hurler. Il s'effondra au sol comme un mouchoir que l'on froisse et dont on se débarrasse vulgairement. Il n'avait plus de forces, pas qu'il en fut pourvu avant, mais cette fois, il était vraiment au plus bas. Bonnie aussi était dans un drôle d'état. Elle semblait accablée par l'émotion et Howard ne savait pas bien si c'était agréable ou douloureux pour elle. D'un geste impulsif, elle s'empara de la main frêle d' Howard, et ce dernier usa des dernières ressources d'énergie qui lui restait, pour écarquiller les yeux et faire un bond en arrière. Son contact froid sur sa peau nue le brûla comme un fer rouge. Il ouvrit béatement la bouche, il hurla en silence, son visage était strié par la douleur. Il faillit vomir son cœur, et referma aussitôt la bouche pour le ravaler. Il avait peur. RED ALERT, quelqu'un était en train de le toucher ! Son cerveau était conditionné à la douleur chaque fois qu'il recevait le moindre contact, même une simple caresse réconfortante comme celle-ci. C'était un réflexe de Pavlov probablement causé par la rage de son père. Son corps était tellement en souffrance qu'il se produisit quelque chose d'irréel, digne d'un romand de science fiction. Sa main rougit anormalement, comme quand on la pose sur une plaque chaude. Les doigts fins de Bonnie laissèrent des marques blanches dessus, c'était terrifiant. Depuis qu'il était enfermé ici, il avait bien été obligé d'avoir des contacts de ce genre ne serait-ce qu'avec les médecins, les... Les infirmiers (gros moment de malaise en pensant à eux d'ailleurs...), et même avec les autres patients. Ses gens qu'il avait croisé dans les couloirs, qu'il avait bousculé, ou encore cette fille qui saignait qu'il a du prendre en charge. Des contacts il en avait eu, mais un comme ça, complètement délibéré, tendre, c'était au dessus de ses forces. Alors pourquoi quand... Quand... Avec Edgar il n'avait pas ressenti ça pourtant ! Bien sur au départ il avait été scandalisé et avait eu ce mouvement de recul, le même que celui avec Bonnie (en pire), mais une espèce de... De transe avait engloutit sa terreur irrationnelle. Il serra les dents pour ne pas repartir dans une crise, il n'en avait plus le courage de toute façon.

« Tu es admirable Howard. Tu.. je te demande pardon. », soupira-t-elle en capturant sa main aussi intensément que si c'était sa dernière chance de survie.

« C'est... Merci, mais... Tu te trompes, d'accord ? C'est pas... C'est pas ce que tu crois », balbutia-t-il en recommençant à rougir. Comment pouvait-elle déceler une telle faiblesse dans le comportement d' Howard ? Comment pouvait-elle (en le rencontrant pour la première fois), comprendre combien son corps et son esprit appartenaient à une personne qui pouvait le sauver de l'enfer de son quotidien ? Dieu, comment savait-elle que certain membres du personnel de l'hôpital auraient pu le toucher plus qu'il ne l'aurait toléré avec n'importe qui d'autre... ?

« Je suis... Irrécupérable. Je suis bon pour les flammes de l'enfer. Qu'ais-je fais pour mériter un tel courroux ? », l'esprit commençait à voir clair sous le voile confortable du déni, mais ça n'allait pas durer. Chaque fois qu' Howard faisait un pas en avant, il en reculait de deux. Son visage se perdit dans sa main libre, voulant le recouvrir tout entier.
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 4 Mai - 0:53



Howard & Kathérina






« Oh... Oui. Votre amie a du vus en faire cadeau fut un temps, vous ne les remarquez même plus, c'est ce qu'il m'arrive avec ma propre chevalière ! Elle fait partie de mon doigt, je ne peux pas m'en séparer, c'est comme mon ongle. Concernant le mariage... Je vous comprends. Je n'y aspire pas vraiment non plus à vrai dire. Il paraît qu'il vaut mieux être seule que mal accompagné, personnellement je préfère être seul plutôt d'être celui qui accompagne mal une pauvre âme innocente. ».


Bonnie esquissa un petit sourire à l'évocation de la chevalière qu'avait Howard. Elle savait que c'était une tradition, enfin plutôt un héritage dans le milieu Aristocrate. Elle l'avait déjà observé chez Andrew et aussi à la main d'Edward, le père de Kathérina. Les parures et surtout les bagues faisaient en effet parti des corps de ces personnes, et pour cause : certains se faisaient même enterrer avec ! Elle avouait ne pas comprendre cet attachement aux biens matériels, elle n'y voyait pas d'utilité. Évidement, elle avait aussi des affaires, comme tout le monde, mais elle aurait bien pu se passer d'habits, d'argent, de maison et de tout cela. Elle ne savait d'ailleurs pas où elle vivait et ne c'était jamais vraiment posé la question. Parfois elle était là, parfois elle ne l'était pas. C'était tout et aussi simple que ça.
Un soupire de soulagement accompagna son précédent rictus et elle se détendit. Elle fut ravie de constater qu'elle n'était pas la seule à envisager difficilement l'union de deux Êtres, aussi magnifiques soient-ils. En effet, elle avait prit au mot cette réplique qu'avait confectionné Musset issue de Lorenzaccio: « Je n'appartiens à personne ; quand la pensée veut être libre, le corps doit l'être aussi. ».


Elle avait cependant souvent repensé à son premier amour, le premier qu'elle tua par passion, le malheureux malade, le mort en sursit du bar. Repassant leur rencontre et leur nuit dans son esprit, elle se posait souvent la question suivante : Qu'est ce qu'on serait devenus, lui et moi, si je ne lui avais pas offert sa délivrance ? Ils auraient certainement approfondit leur lien, ils auraient rit, pleurés, fait des projets comme les autres couples. Puis la mort aurait arraché à Bonnie cet homme. Il devait avoir 35 ans lorsqu'ils s'étaient rencontrés, et, souffrant d'une maladie -elle supposait qu'il avait le SIDA, vu le bon nombre de médicaments qu'il prenait au comptoir et vu sa maigreur ainsi que son teint de cadavre- il n'aurait jamais dépassé les 40 ans. Elle aurait donc, dans le meilleur des cas, partagé sa vie, commencé à la construire pendant cinq années avec un seul et unique homme qu'elle n'aurait jamais apaisé elle même en lui offrant son décès. Bonnie aurait souffert de sa mort, elle y aurait vu une injustice, elle aurait regretté de ne pas l'avoir achevé plus tôt. Si mon amant était résigné à mourir, pourquoi cela n'aurait pas été de mes mains ? Elle grimaça légèrement. Non, elle ne voulait pas vivre comme ça, penser chaque jour au même homme, aller déposer des fleurs sur sa tombe et entendre ses amis dire « il faut que tu refasses ta vie désormais », comme si la vie s'arrêtait au dernier battement du cœur de votre âme sœur.
Définitivement, elle aimait beaucoup trop offrir la mort quand on la lui réclamait implicitement ou non. Étrangle moi, serre moi, ne parle pas, pas un mot, soupire et ferme tes yeux. Non ! Regarde moi, sourit moi ! Arrache ma peau, fracasse mes côtes, sort m'en le cœur, détruis le, mange le encore battant et plonge ton regard dans le mien. Et si je n'en peux plus, que la mort m'emporte, embrasse moi et violemment, recommence.


Bonnie écoutait les paroles d'Howard attentivement et il semblait se considérer comme un fardeaux pour l'humanité et plaignait déjà la future personne qui partagerait sa vie. Pourtant il n'allait sûrement pas avoir le choix. Elle retint un petit rire sarcastique ; les nobles et les fortunés ont toujours tout ce qu'ils veulent.. sauf les mariages d'amour qui se transforment bien souvent en mariages d'intérêts. Elle savait bien que ce n'était pas toujours le cas, par exemple les parents de Kathérina avaient l'opportunité d'un choix, ceux d'Andrew aussi et c'est pour cela qu'Andrew et Kathérina avaient, eux aussi été chanceux en choisissant d'épouser qui ils désiraient. Elle souhaitait alors bien du courage à Howard pour subsister aux caprices d'une aristocrate pourrie gâtée, ou alors totalement effacée avec qui jamais il ne pourrait espérer discuter honnêtement. Il méritait vraiment d'être heureux et de trouver « chaussure à son pied ». Diable, si Bonnie avait eu le terrible malheur de dire ces derniers mots à Lyzbeth, celle ci lui aurait sûrement mit une bonne gifle. Lyz détestait qu'on compare les femmes à des objets, elle détestait qu'on souhaite à un homme de trouver une prétendante et de se marier avec puisque pour l'impulsive brunette, une femme ne devait pas avoir le malheur d'être avec un homme. Elle aurait pu s’appeler Andromaque, « celle qui combat les hommes » tant elle les haïssait et si elle avait pu faire elle même une troupe d'Amazones, elle l'aurait fait bien volontiers ! Elle avait une vision pessimiste du monde et de la vie qu'elle trouvait injuste et déplorable et, bien entendu, des institutions qui impliquaient que l'homme dominait le foyer, comme le Mariage.


« Il est vrai que le mariage est bien compliqué. C'est la seule bataille où l'on dort avec l'ennemi. Pour ma part, c'est un engagement trop long, trop douloureux, et les promesses faites lors des vœux me paressent impossibles à mettre en application sur une durée trop longue. » Elle posa à nouveau ses yeux sur lui et retroussa ses manches qui la gênaient, dévoilant ses plaies profondes et pour certaines encore fraîches ainsi que d'horribles traces bleutées à ses poignets, de terribles lacérations qui les entouraient. Elle, elle ne se rendait compte de rien, et heureusement qu'elle ne parvenait pas à se voir d'un côté. «  Je me lasserais je pense, au bout d'un moment certes, mais je sais que j'ai besoin de partir, partir loin parfois. Je ne veux pas de stabilité. J'espère en tout cas, que tu auras le choix de la personne qui partagera ta vie, je sais que c'est bien compliqué lorsqu'on fait parti d'une famille comme la tienne, mais je te souhaite tout de même de vraiment pouvoir choisir. »


Suite à des paroles un peu trop personnelles concernant le jeune homme, ce dernier avait littéralement explosé de douleur et de rage ! Bonnie avait entendu et vu Howard comme jamais personne ne l'avait sûrement perçu. Il était là, planté devant ses yeux, son corps s'articulant puis cessait ses mouvements fous, ses mots qui fusaient encore et encore, envoyés dans les airs comme des missiles. Et son visage, sa mâchoire qui semblait craquer alors qu'il hurlait sa vie, son drame, ses yeux qui pleuraient sans même qu'il en ait conscience, ses sourcils qui se fronçaient et se relâchaient comme dans une danse incroyablement rythmée et nuancée. Bonnie n'avait pas voulu qu'il souffre en l'écoutant, elle voulait simplement lui montrer qu'elle comprenait, qu'elle pouvait envisager les désastres que la vie pouvait faire.
Son cœur se serrait douloureusement lorsqu'il lui parlait de son père violent, de la hargne avec laquelle il se battait finalement pour sa survie. S'effacer pour lui, c'était s'assurer d'être tranquille pour un bon moment. Bonnie l'imaginait, étalé sur le sol froid d'une pièce lugubre, son géniteur debout, le fixant en le méprisant et lui, pauvre victime, beau mais torturé, si frêle et impuissant face à cette figure emblématique, gardait ses larmes pour lui pendant que le sang coulait. Son sang. Une grande tristesse saisit dangereusement Bonnie, elle avait envie d'éclater en sanglots rien qu'en l'imaginant souffrir. Elle avait prit sa main, elle était coupable de son état et elle avait longtemps hésité avant de le toucher mais elle ne pouvait pas le laisser comme ça et le regarder sans agir et lui montrer une quelconque marque d'empathie. Il avait paru effrayé et avait été prit d'un bref recul : il se sentait très mal et Bonnie se sentait elle aussi dans un sale état. Elle ne supportait pas de se dire que c'était de sa faute si il était désormais au bord du gouffre, voulant s'y jeter.


«  Tu te trompes, d'accord ? C'est pas... C'est pas ce que tu crois »
Bonnie ne pouvait plus le regarder, cela devenait difficile pour elle, elle était rongée par la culpabilité, avec l'insupportable impression de l'avoir cassé ou quelque chose comme ça. Elle avait honte de ses mots et de son indiscrétion et le pire était qu'elle ne savait plus du tout si elle avait tord ou si il avait eu une telle réaction parce qu'elle avait tout à fait raison. Elle commençait à se sentir très confuse et sa tête tournait. Un bocal remplit d'aiguilles qu'on agitait sans se lasser, tout commençait à se troubler.


« D'accord, excuse moi, pardonne moi, je n'aurais pas dû.. » Bouleversée, elle n'arriva pas à terminer son semblant de phrase bien qu'elle aurait voulu lui murmurer mille pardons.


« Je suis... Irrécupérable. Je suis bon pour les flammes de l'enfer. Qu'ais-je fais pour mériter un tel courroux ? »


Qu'ai-je fais pour mériter une telle peine ? Patiente et admirative fidèle du Seigneur, qu'ai-je fais pour mériter la torture du Roi de mon cœur, pourquoi vole-t'il mon âme comme on enlève des draps sales, pourquoi moi ?
Kathérina connaissait les prières pleines d'espoirs auxquelles elle passait des nuits, yeux rivés vers le plafond en attendant qu'on l'aide. Des Prières vaines. Elle entendait les mots d'Howard, elle ne savait décidément pas d'où ils venaient et pourquoi toute cette obscurité s'emparait d'elle. Elle était ici, toujours à la même place, tête baissée et ses mains entourant celle du garçon qui avait lui aussi baissé la tête, se cachant presque.


« On évoque souvent les flammes, la chaleur, les démons hurlant et riant de tout, de rien, de nos pauvres âmes. Mais mon Enfer à moi, est fait de glace. »



Elle avait enfin parlé ! C'était la première fois depuis qu'elle était arrivée là, à Ostrov qu'elle prononçait un mot. Howard était le premier à pouvoir entendre le son de sa voix qui était bien différente de celle de Bonnie. Elle était douce et claire mais il s'en dégageait une sensation étrange d'oppression et d'angoisse mais surtout.. d'immense faiblesse. Au contraire, la voix de Bonnie était chaude et suave et pouvait vous faire fondre en un rien de temps et elle pouvait vous faire croire n'importe quoi. En entendant Kath, la simple envie de l'aider, peu importe son malheur, pouvait vous prendre d'un seul coup. Elle tremblait encore plus que Bonnie qui lui avait laissé le cœur serré, l'estomac retourné par les paroles de l'homme à qui elle tenait les mains.
« Kathérina, qu'est-ce que tu fais ? ». Elle sursauta, elle était encore hantée par la voix tendre et à la fois brutale de son mari. Il n'était pas là, mais elle le craignait. Elle leva ses yeux embués de larmes vers Howard et lâcha brusquement ses mains, l'air terrifié. Elle tira sur ses propres manches pour cacher ses blessures et regarda furtivement autour d'elle. Son expression avait totalement changée, elle avait peur, elle redoutait qu'on la voit, qu'on l'observe. Elle sursauta même lorsqu'elle senti l'herbe chatouiller une de ses chevilles ! Elle ne connaissait plus cette sensation, elle n'avait pas mis les pieds dehors depuis très longtemps, elle ne reconnaissait plus les rayons du soleil, le ciel dégagé ouvrant en grand les portes du Paradis qu'elle non plus n'atteindrait jamais. Tout la terrifiait et surtout ce garçon en face d'elle. Pourquoi avait-elle eu un tel geste de tendresse avec lui ? Pourquoi diable avait-elle ses mains par dessus la sienne ? Andrew l'aurait frappé très fort si il avait vu ça. Mais elle non plus, elle n'avait rient vu.
Kathérina n'avait pas non plus constater sa vie changer, elle n'avait pas prévu ce qui allait lui arriver. Elle avait eu une enfance heureuse bien que dictée par la discipline et des parents attentionnés. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Son adolescence calme c'était achevée à son mariage qui fit de sa vie un chaos ordonné, un enfer glacé où le Diable n'était autre que la personne qu'elle chérissait le plus au monde, la seule personne qu'elle avait. Elle se souvenait de la douleur, de ces violentes paroles, de ces gestes déplacés, trop appuyés, secs et brutaux. Elle se souvenait de sa chambre luxueuse, du lit conjugal splendide où son époux se révélait plus tendre que jamais et parfois plus terrible que n'importe quel monstre dont ont parlait dans les faits divers. Cependant, elle se rappelait surtout des catacombes, de ces quatre murs délavés et défraichit en pierre, des rats, de son corps recroquevillé tremblant dans une danse macabre. Là bas, son souffle se faisait de plus en plus saccadé et elle souffrait, les yeux aussi vides que ceux d'un mort perdus dans l'étroite salle de torture où elle séjournait, à même le sol telle une chienne. Elle entourait souvent de ses bras aussi peu larges que ses pauvres jambes ses faibles genoux écorchés et s'étreignait seule, dans le froid pour se réchauffer face au courant d'air glacial qui lui frigorifiait le squelette.
Lorsqu'il vient la voir elle ne sait pas à quoi s'attendre. Des caresses passionnées, des pleurs et de lamentables excuses tristement sincères ? Ou bien des cris, des injures, des coups et de l'abus en témoignage de sa soumission à lui ? Elle se souvenait du froid, de la dureté de la mort. Elle était souillée, humiliée, déjà décédée. Elle connaissait l'Enfer dont parlait son interlocuteur. Son Enfer à elle était de glace.


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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 4 Mai - 17:47


Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

« Il est vrai que le mariage est bien compliqué. C'est la seule bataille où l'on dort avec l'ennemi. Pour ma part, c'est un engagement trop long, trop douloureux, et les promesses faites lors des vœux me paressent impossibles à mettre en application sur une durée trop longue. »

Pendant qu'elle parlait, le regard d' Howard fut immédiatement attiré par les bleus et cicatrices que Bonnie avait autour des poignets. Quelque chose se brisa en lui. Elles étaient vilaines, jusqu'où grimpaient-elles ? Il connaissait bien ces marques, il avait les mêmes. Peut-être pas autant, mais son corps se souvenait et enregistrait un peu trop bien. Il avait du mal à concentrer son attention ailleurs, il se retenir pour ne pas afficher une moue d'affliction, et pour se focaliser sur les mots de Bonnie.

«  Je me lasserais je pense, au bout d'un moment certes, mais je sais que j'ai besoin de partir, partir loin parfois. Je ne veux pas de stabilité. J'espère en tout cas, que tu auras le choix de la personne qui partagera ta vie, je sais que c'est bien compliqué lorsqu'on fait parti d'une famille comme la tienne, mais je te souhaite tout de même de vraiment pouvoir choisir. »

« "Dormir avec l'ennemi", vraiment ? Est-ce que le mariage est si terrible que ça ? ».

Bien sur, Howard avait déjà réfléchit à son propre mariage. Il en avait même discuté avec le prêtre de sa paroisse. Il devait trouver une jolie fille bien élevée, de bonne famille pour assurer les fonds familiaux, et pour lui donner un bel héritier. Au fond, c'était complètement à gerber, mais c'était ce qu'on avait enseigné au jeune anglais. Ce dernier avait l'habitude de se perdre dans des romans d'un autre temps ou dans des tragédies, et à travers ses œuvres, il avait eu tout le loisir de se rendre compte que « mariage » ne rimait pas forcément avec « amour ». Il n'était plus un enfant, il comprenait l'économie, et il ne voyait pas pourquoi il irait contre l'autorité parentale si ces derniers tenaient à ce qu'il épouse une inconnue. Elle ou une autre après tout, qu'est-ce que ça changeait ? Howard se fichait pas mal de savoir si elle serait jolie ou non, l'important c'était que pour rien au monde elle ne veuille le toucher, qu'elle désire dormir avec lui... Le moment venu, il se ferait violence pour lui donner ce pourquoi elle l'avait épousé, mais rien d'autre. Une fois, une seule fois, en priant le ciel pour que la nature et la biologie fassent leur boulot ! Même s'il préférait ne pas y songer de suite, il se doutait bien que le moment fatidique arriverait bien vite, considérant son âge, et le temps qu'il commençait à passer dans des asiles comme celui-ci. Les Taylor feraient mieux de lui coller une fille dans les bras pour avoir vite fait leur héritier, avant qu' Howard ne pète complètement les plombs.
Au fond, il n'avait rien contre le mariage. C'était un acte sacré qu'il respectait au même titre que toutes les volonté du Seigneur, mais c'était un peu trop conceptuel pour lui, il ne se sentait pas capable d'accompagner une personne devant l'autel divin, épié par toute la Haute Société !

« Vous avez raison sur un point, je doute fort que je puisse épouser qui j'ai envie... Enfin de toute façon, je n'ai envie d'épouser personne, comme ça c'est réglé ! », ricana-t-il avant que Bonnie ne le lance sur le mauvais sujet, et qu'il ne s'effondre lamentablement au sol.

Il la suppliait de ne plus rien insinuer de tel, la moindre perspective de ce qu'il était lui donnait envie de mourir dans l'instant. Sa honte semblait couvrir Bonnie de culpabilité, elle n'osait même plus le regarder, mais sa douce main tenait toujours la sienne comme si elle refusait de l'abandonner. Elle se confondit en excuses, et au moment où Howard entrouvrit la porte à un semblant de lucidité ou d'aveux, Bonnie reprit la parole. Au son de son voix, Howard cessa immédiatement de pleurer, et se figea de stupeur. Comment pouvait-elle faire une chose pareille ? Le son et le rythme de sa voix étaient complètement différents. Elle se mit à trembler comme une feuille


« On évoque souvent les flammes, la chaleur, les démons hurlant et riant de tout, de rien, de nos pauvres âmes. Mais mon Enfer à moi, est fait de glace». 

Elle avait l'air tellement plus vulnérable, tellement plus... Torturée ! Elle faisait peine à voir, à telle point que c'était au tour d' Howard de serrer cette main faible dans la sienne. Ce contact lui brûlait les entrailles, mais il se rendait compte qu'il n'était sans doute pas le plus à plaindre, et là, Bonnie(?) avait besoin de lui (ou de n'importe quoi d'ailleurs...!).

«... Bonnie ? Tu... Tu vas bien ? », demanda-t-il à la femme qui semblait définitivement avoir quitté son propre corps. Alors qu'il allait tenter de la rassurer, elle eut un comportement encore différent.  


Bonnie délogea violemment sa main de celle du jeune Taylor, l'air terrifié. Elle recouvrit ses bras bleutés comme si sa vie en dépendait. On aurait dit un petit animal menacé, tremblant, et traumatisé par tout ce qu'il voyait ou sentait. Elle regardait Howard avec de grands yeux larmoyants, complètement ahuris, stupéfaits de ce qu'il était en train de se passer. C'est à ce moment que le jeune Taylor comprit. Il ne s'agissait plus de Bonnie... Il en était certain désormais. C'était la première fois de sa vie qu'il devait faire face à ce genre de situation délicate, et il avait tellement peur de se risquer à jouer les psychiatres. Il décida d'entrer dans son jeu, de suivre sa logique, il valait mieux pour lui.

« Kathérina... ? », murmura-t-il, le souffle coupé. « Kathérina... ? Je... Je m'appelle Howard, Howard James Taylor. Vous avez peut-être entendu parler de mes parents, Meredith et James Taylor. Vous ne craignez rien avec moi... Je... Je parlais tout juste avec votre amie Bonnie. ».

C'était terrifiant. Le pouls d' Howard battait si fort contre ses tempes, dans les veines de ses poignets qu'il se demanda s'il n'allait pas se trouver mal. Il avait l'impression de faire face à une lionne affamée malgré la maigreur et la faiblesse de son (ses) interlocutrice(s). Il n'était pas qualifié pour ça, à n'importe quel moment, « Bonnie » pouvait se montrer agressive et violente. Il tremblait de tous ses membres, mais tentait de se contrôler du mieux qu'il pouvait. Il ne fallait pas montrer ses faiblesses, il ne fallait pas réveiller Lyzbeth, celle qui pouvait le dévorer sans demander son reste...

« Je... Je peux faire quelque chose pour vous ? ».
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 5 Mai - 19:24



Howard & Kathérina







« « Dormir avec l'ennemi », vraiment ? Est-ce que le mariage est si terrible que ça ? » prononça le brun.
Un fin sourire se dessina sur le visage de Bonnie. Elle ne savait pas, mais elle imaginait la vie de chacune d'entre elles, mariées. Alicia aurait sans doute cette envie de tout contrôler jusqu'au choix de la cravate de son époux. Elle aurait certainement été une parfaite Femme, une Mère irréprochable et attentionnée mais aussi excessivement contagieuse quant à sa maniaquerie, si bien que sa descendance aurait sûrement été frustrée et angoissée mais, elle se serait tout de même acharnée à concevoir un enfant, efforts qui auraient sans doute été vain et l'aurait fait sombrer dans une tristesse indescriptible. Lyzbeth, elle, n'aurait pas eu le choix et, pour sa peine, se serait vue être l'obligée d'un homme infâme. Si ce dernier avait osé -et surtout réussit- à lui faire un enfant, elle aurait tué le nouveau né au bout de quelques mois le temps que son époux s'y attache, puis, elle l'aurait découpé, cuisiné et servit à manger à ce dernier. Quant à Bonnie, elle n'aurait pas pu faire une bonne épouse. Libertine, elle aurait à peine tenu un an sans avoir de diverses aventures avec d'autres personnes et aurait délaissé la personne qui partageait son lit, son foyer. Tant de choses qui faisaient que Kathérina, au contraire, était une jeune femme faite pour partager sa vie avec l'homme qu'elle aimait. Elle n'avait jamais fauté, elle n'avait jamais rien fait pour mériter sa souffrance, ses marques de violences affreuses sur son corps, les coups de fouets encrés dans son dos, les mutilations sur sa peau, le viol de son âme et de son Être. Elle souriait à Andrew, elle était à ses ordres depuis leur rencontre, elle l’idolâtrait, il était son homme.
Andrew aimait sa femme, la seule et unique qu'il regardait et qu'il désirait. Elle était la perfection, une Idole, l'araignée qui l'avait prit dans sa toile, la seule dont il n'aurait pas dû tomber amoureux, mais la seule dont il tomba amoureux. Il aurait pu être un mari formidable si il n'était pas si possessif et exigeant. Il ne voulait qu'elle et la voulait à lui seul, la désirant et tout son cœur, de toute son âme. Malheureusement, en plus de cela, il réclamait un impossible héritier que sa tendre épouse était incapable de lui donner de part sa trop grande faiblesse. Mais Andrew et Kathérina étaient des âmes sœurs et pourtant, bien qu'amoureuse, Kathérina avait peur de l'amour destructeur de cet homme.

« Et bien vois-tu, je n'en sais rien. Autour de moi je vois des couples malheureux, où les conjoints se trompent, ou se délaissent, ou bien se font vivre un enfer .
Il y a toujours des exceptions bien entendu ! Mais parfois, même lorsqu'on aime profondément quelqu'un, notre amour débordant trop peu étouffer l'autre qui peu alors se rendre compte qu'il .. a besoin de quelque chose d'autre.. d'être un peu plus libre ou bien.. enfin il y a beaucoup de raison. Et puis il y a la Peur. Un homme peut être terrifié à l'idée que sa femme aille voir ailleurs ou lui échappe, une femme peut redouter la violence de son époux et de ne pas être à la hauteur. » Elle s'arrêta et posa ses yeux sur le jeune homme qui lui expliqua alors qu'il ne désirait pas se marier, avec quiconque. C'est alors qu'elle se posa une question qui lui brûlait les lèvres. Finalement, elle osa : « Howard.. as-tu déjà été amoureux ? »

Suite à la crise de nerf et ..d'angoisse pourrait-on dire d'Howard, le comportement de Bonnie changea. Enfin, elle changea. Kathérina avait reprit sa place et ne comprenait plus ce qu'il se passait dans son Être ainsi qu'à l'extérieur. Il y a cinq minutes elle était dans sa petite cellule et d'un coup d'un seul elle.. elle était dehors, face à un homme avec qui elle semblait avoir une.. une conversation et avec qui elle avait eu un contact physique ! Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas parlé à quelqu'un autre que son époux et ses trois amies, alors discuter avec un inconnu.. c'était impossible. Elle s'était reculée violemment, comme si le contact avec les mains du garçon la brûlait terriblement et qu'une douleur horrible la submergeait.

« … Bonnie ? Tu... Tu vas bien ? »
La jeune femme se pétrifia de peur. Comment l'avait-il appelé ? Pourquoi lui parlait-il, dans quelle mesure pouvait-il la voir alors qu'elle pensait être seulement un esprit errant ? Elle referma ses bras sur elle même en guise de protection et pour se cacher ; malgré le soleil qui tapait fortement sur eux, elle aurait pu mourir de froid. Son estomac se serra, et si Andrew l'avait vu en pleins contact avec cet inconnu ? Il allait la tuer. Encore.

« Kathérina... ? Kathérina... ? Je... je m'appelle Howard, Howard James Taylor. Vous avez peut-être entendu parler de mes parents, Meredith et James Taylor. Vous ne craignez rien avec moi... Je... Je parlais tout juste avec votre amie Bonnie »
La jeune femme se mit à se ronger les doigts en entendant son prénom résonner dans la bouche de son interlocuteur. Elle se demandait comment pouvait-il bien la connaître et pour quelle raison s'obstinait-il à la fixer ainsi, avec cet air si... si tendre qu'elle n'avait plus l'habitude de voir mais qu'elle perçut en dépit de ses yeux remplit de larmes.
Les croque-morts Taylor. Si c'était bien cela, Kathérina avait déjà eu à faire avec eux : ces derniers c'étaient occupé du cadavre ravagé de sa pauvre mère Maria, dont elle était le portrait craché il y a au moins deux années de ça. Elle avait donc en face d'elle le fils Taylor, celui qui devrait reprendre l'affaire macabre familiale. La blonde baissa le regard et remarqua qu'il avait le même uniforme qu'elle. Un fou. Elle était chez les fous. Elle l'avait presque oublié tant elle restait longtemps dans sa cellule sans jamais sortir.


« Je... je m'appelle Kathérina Bonnie Alicia Barrow.. mon... père est un grand musicien.. Edward Parker.. et je suis..  l'épouse de.. » La demoiselle prit sa respiration, comme si ce dernier mot lui brûlait la gorge, arrachant sa langue «  du Duc Andrew Barrow.. » Elle était totalement déboussolée et tremblait de plus en plus, aussi craintive qu'une biche blessée. Puis elle se remit à regarder partout autour d'elle, commençant à arracher la peau de ses doigts sur le coup de l'angoisse.
« Il n'a rien vu n'est-ce pas ? Il n'est pas là ? Il va venir me chercher.. il ne faut pas qu'il me voit ! » On pouvait lire la terreur dans son regard qui apparaissait rien qu'à l'idée de parler de lui, et le plus effroyable était sans nul doute ce fait : elle n'avait aucune idée de si elle voulait rentrer chez son époux ou bien rester là, où personne ne lui ferait, à priori, de mal. Elle sentait son cœur pourrir et ses poumons craqueler.
« Bonnie... c'est à cause d'elle... c'est à cause d'elle que je suis là.. »
Elle leva ses yeux clairs vers Howard qui avait eu la gentillesse de se présenter à elle et de se rassurer pour entendre une nouvelle politesse ; « Je... je peux faire quelque chose pour vous ? » demanda-t'il.


« C..comment se fait-il que vous puissiez me.. me voir ? » 
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Ven 6 Mai - 22:28


Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

« Et bien vois-tu, je n'en sais rien. Autour de moi je vois des couples malheureux, où les conjoints se trompent, ou se délaissent, ou bien se font vivre un enfer .
Il y a toujours des exceptions bien entendu ! Mais parfois, même lorsqu'on aime profondément quelqu'un, notre amour débordant trop peu étouffer l'autre qui peu alors se rendre compte qu'il .. a besoin de quelque chose d'autre.. d'être un peu plus libre ou bien.. enfin il y a beaucoup de raison. Et puis il y a la Peur. Un homme peut être terrifié à l'idée que sa femme aille voir ailleurs ou lui échappe, une femme peut redouter la violence de son époux et de ne pas être à la hauteur. »


Howard avait grandi dans la haute société, et même si cette réflexion est un peu facile et « cliché », c'est vrai qu'il n'avait pas souvent pour habitude de côtoyer des gens heureux en ménage. Il fallait dire que depuis tout petit, ses propres parents ne lui avaient pas fourni un modèle d'amour enviable, bien au contraire. Ses parents étaient comme des collègues de travail, son père essayant de tout diriger, terrifiait ses employés, sa propre femme, son fils unique. Un jour, quand il fut en âge de comprendre comment marchait la reproduction, il s'était même posé la question de comment avait-il pu arriver dans ce monde, car à sa connaissance, ses parents n'avaient jamais couché ensemble. Il ne savait même pas s'ils dormaient dans le même lit. Heureusement que ses romans, que ses clients leur prouvaient que parfois, l'amour ça fonctionnait. Évidemment ça n'était pas parfait, mais les circonstances dans lesquelles il voyait ces familles avaient le mérite de les rapprocher, et... C'était... Ouais, c'était beau, c'était touchant.

« Je suppose que cela dépend en effet des couples, il y a des gens heureux partout comme des gens moroses, je ne sais pas si c'est le destin ou le hasard, mais... Enfin de toute façon, en ce qui me concerne, je me marierai pour faire plaisir à mes parents, pour assurer ma descendance, et pour l'amour, on verra ce que la suite des événements me réserve, mais pour le moment c'est pas..- »


« Howard.. as-tu déjà été amoureux ? »


VLAN.

La balle en pleine tête. La guillotine. L’écartèlement. Le fer rouge. Le fouet. La lacération. L'acide sulfurique. Quelque chose qui fait mal. Quelque chose qui fait très mal.  Oh ça y est ! Le paroxysme de la torture : sa sale tête. La blondeur aveuglante de ses cheveux mal peignés, le coup de poignard de son battement de cils, l'arrogance de son rictus mesquin... ! Sa détestable voix suave qui serpente dans les tympans et vous brûle tout l'intérieur comme de la lave en fusion. Edgar Anderson.

Non ! Non, bien sur que non enfin, Howard James Taylor n'était pas amoureux, et puis quoi encore ! Comment pouvait-il aimer quelqu'un alors qu'il se détestait lui-même ? Avec tout le respect qu'il devait à Bonnie, voilà bien la question la plus stupide qu'il n'avait jamais entendu ! Et peu importe si là, en cet instant précis, le jeune anglais avait la sensation atroce que le Diable lui ouvrait littéralement le ventre et qu'il  tressait ses entrailles, juste pour faire « joli » !
Ses joues s'embrasèrent comme des braseros et ses yeux ternes, délavés, reflétaient le chaos de ses pensées anarchiques. Il n'y avait plus d'Ostrov Island, plus de jardin et d'arbres en fleurs. Fini les uniformes qui se tachent dans l'herbe, fini les amitiés qui naissent au détour d'une conversation hasardeuse. Fini la fraîcheur du printemps et le soleil sur la nuque. C'était que de la douleur. Que la stupeur. De la torpeur, enfin tout ce qui rime en « eur ». Rien à faire. Les larmes sur ses joues avaient cet arrière goût désagréable de la bouche de cet escroc, de sa langue chaude et avide. En un rien de temps, la moiteur de son corps étrangla ses souvenirs trop intenses pour pouvoir être oubliés. L'horreur se matérialisa au fond de lui comme une plaque de métal lui déchiquetant les organes. Non, bon sang ! Même si Edgar Anderson POUVAIT faire l'effet d'un bonbon acidulé sur le bout de la langue, il n'était pas amoureux ! Enfin... Non, c'est juste que...

« Hum... Je... Oh wow ! N-Non, non, Dieu m'en garde ! ».

C'est juste que Edgar avait dévoré ses lèvres entrouvertes. Edgar avait attrapé le col de sa chemise à pleines mains. Edgar avait tiré ses cheveux violemment pour l'embrasser plus fort, l'embrasser plus loin. Edgar avait posé ses doigts sur ses côtes et avait brûlé sa peau. Edgar s'était joué du danger, il avait pris Dieu pour sa marionnette. Edgar lui avait fait perdre le contrôle. Le contrôle de son esprit et surtout de son corps, nom d'un chien ! Comment une telle lutte entre passion et raison pouvait-elle encore subsister ? Enfin « passion » ! Quel bien grand mot ! Non, n'exagérons-rien ! Ce n'était pas parce que cet imbécile l'avait pris au dépourvu que... Était-ce réellement lui qui l'avait pris au dépourvu d'ailleurs ? Le mieux c'était encore d'éviter de s'en souvenir. Cette nuit là, quelque chose de sale s'était emparée de son corps esclave et l'avait contraint. Contraint de glisser une main fébrile le long du duvet blond de son nombril, forcé à trembler de frustration sans lui donner la force et le courage d'explorer plus loin. Qui avait pu cautionner ça ?! Lui implanter de telles idées dans la tête, des telles pulsions dans le creux du ventre, et assez de plaisir pour lui donner envie de recommencer pendant tous les jours de sa vie ! L'amour ça n'a rien à voir avec ça. L'amour il avait vu ce que c'était, plus ou moins. Ce n'était pas se coucher seul dans un lit trop grand et trop froid. Ce n'était pas laisser stupidement tout son sang se concentrer sur une partie très gênante de son anatomie, et ce n'était pas ces supplications mêlées de désir étouffées dans un oreiller de plume. Non ça c'était de la dépravation, une infamie qui l'obligeait à déserter les églises pendant plusieurs jours. Que pouvait-il franchement répondre à Bonnie ?

« C'est jamais simple, n'est-ce pas ? », marmonna-t-il en baissant la tête, rougissant jusqu'à la pointe de ses oreilles.

Soudain, Bonnie se recula vivement. Elle délogea sa main squelettique de celle d' Howard, et son visage si doux et complice s'était complètement figé. Elle couvrit son corps comme si elle craignait une attaque, et sa bouche affichait une expression d'horreur qui glaça le sang d' Howard en un éclair. Il ne lui fallu pas longtemps pour comprendre que Bonnie avait laissé place à Kathérina. En croyant bien faire, il décida d'entrer dans son mode de fonctionnement, tenta de comprendre sa logique en l'appelant ainsi, mais cette dernière ne semblait pas rassurée pour autant. C'était assez terrifiant comme d'une minute à l'autre, une personne pouvait se métamorphoser en quelqu'un d'autre. Elle n'avait pas bouger et pourtant, elle avait l'air si différente qu' Howard avait la sensation que même ses traits physiques avaient changés. Il avait tellement la sensation de la connaître depuis longtemps, comme ça, soudainement ! Il n'oubliait jamais un visage, et cette petite femme, chétive et craintive, il la connaissait, le doute n'était plus permis, surtout considérant la façon dont cette dernière le regardait. Il n'avait pas vraiment le temps de réfléchir présentement, mais ses parents avaient sûrement du avoir à faire à la sienne quand il était encore entre la maison et l'université. Soudain, la jeune femme tremblante pris la parole :


« Je... je m'appelle Kathérina Bonnie Alicia Barrow.. mon... père est un grand musicien.. Edward Parker.. et je suis..  l'épouse de..  du Duc Andrew Barrow.. »

C'est ça ! Il se souvenait vaguement du père musicien, sa fortune avait pu payer un enterrement somptueux à la mère de Kathérina, et James Taylor avait été ravit, Howard le vit d'ailleurs sourire pour la première fois ce jour là !

En évoquant le nom de son (répugnant) époux, la jeune femme vibrait de terreur, elle n'arrêtait pas de vérifier à gauche et à droite s'il n'allait pas surgir de nulle part. Elle avait l'air d'une pauvre bête maltraitée qui craignait de recevoir un coup de cravache par le Maître. L'angoisse la poussait même à arracher la peau de ses doigts fins, et Howard était incapable de bouger un cil.  

« Il n'a rien vu n'est-ce pas ? Il n'est pas là ? Il va venir me chercher.. il ne faut pas qu'il me voit ! »

Il aurait du réagir, appeler un médecin au moins, la raisonner, mais rien. Il était stupéfait, abasourdit par une telle stupeur qui, par moment, lui laissait entrevoir des bribes de son enfance chaotique. Il était touché, il n'osait à peine respirer. Ses yeux scandalisés fixaient la peau sanglante qui quittait la chair de Kathérina, au ralenti. Pour des raisons qui paraissaient encore obscures à Howard, la demoiselle affolée se mit à blâmer « Bonnie » pour l'avoir fait interner ici. Il n'osait pas dire un mot. Il aurait préféré poser la question à la partie d'elle qui répondait au fameux nom de « Bonnie », mais c'était vraiment stupide de la faire paniquer davantage. Alors qu'elle leva ses yeux mouillés vers lui, Howard sentit une lame se planter du même coup dans sa chair à vif.


« C..comment se fait-il que vous puissiez me.. me voir ? » , demanda-t-elle, dans une incompréhension totale.

Wahou... Là ça dépassait clairement ses capacités. Que pouvait-il répondre à une telle détresse, à un tel égarement ? Est-ce que Kathérina se croyait invisible, ou... Ou morte ? Cette histoire était de plus en plus flippante, et Howard posa ses deux mains sur ses genoux qui commençaient à s'entrechoquer.
« Je... Je ne sais pas... », finalement, il se dit que c'était la meilleure façon d'entrer dans sa tête, et d'éviter la plus grosse bourde de sa vie. « Madame, je ne sais pas pourquoi je vous vois, mais il ne faut pas vous mettre dans un état comme ça. Votre mari le duc Barrow n'est pas ici, soyez tranquille... ». Il ne savait pas à quelle réaction s'attendre, mais il fallait tenter...
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Sam 7 Mai - 18:23



Howard & Kathérina







« Je suppose que cela dépend en effet des couples, il y a des gens heureux partout comme des gens moroses, je ne sais pas si c'est le destin ou le hasard, mais... Enfin de toute façon, en ce qui me concerne, je me marierai pour faire plaisir à mes parents, pour assurer ma descendance, et pour l'amour, on verra ce que la suite des événements me réserve, mais pour le moment c'est pas..- » 


Dans les bars, les cafés, aux stations de métro et partout autour d'elle, Bonnie avait vu des couples qui s'embrassaient à pleine bouche, qui se disputaient en poussant d'affreux hurlements, qui riaient et pleuraient aux éclats jusqu'à ce que plus aucun son ne sorte de leurs bouches. Observant ces gens avec attention, tentant de décrypter leur amour et de comprendre comment cela fonctionnait, elle avait finit par comprendre que ce.. sentiment était imprévisible et hasardeux. Elle avait par l'intermédiaire de Kathérina connaissance de la Haute Société et savait aussi que, visiblement, le hasard n'était pas le fort de ces personnes fortunées qui avaient la fâcheuse tendance de prévoir tout dans les moindres détails. Ils programmaient leur accouplement et la naissance de leurs rejetons au mois près, calculaient le temps d’apprentissage et l'arrivée à maturité de leur descendance pour ainsi savoir quand ils seraient prêt au mariage et à la fertilité pour perpétuer l'empire et la fortune familiale. Elle trouvait cela d'un horrible, ces gens là ne vivaient pas, ils organisaient ! Mais, en effet, il y avait des exceptions.
Edward Parker n'avait pas respecté les vœux de ses parents. Il ne voulait pas organiser sa vie ainsi. Il n'avait pas épousé la bourgeoise que son père lui avait présenté il y a bien des années avant qu'il connaisse Maria, la belle immigrée Espagnole qui avait fait chavirer son cœur lorsqu'il n'avait encore que 20 ans. Edward avait toujours aimé les romans de Victor Hugo et, lorsqu'il vit cette jeune femme devant lui avec son accent charmant, sa peau dorée et ses cheveux noirs, il crut voir l'Esmeralda qu'il avait toujours fantasmé. Maria Ruiz était à peine arrivée en Angleterre, elle avait dans ses poches très peu d'argent et uniquement son joli minois pour gagner le sou. Elle n'avait pas tenu très longtemps en ville et se mit à chercher désespérément un emploi convenable. Puis, elle entra au service du Manoir des musiciens Parker. C'était cette femme qu'Edward avait choisit, contre le gré de son cher Père qui fut obligé d'accepter ce choix. Bonnie avait toujours admiré les parents de Kathérina. Ils bafouaient les règles, ils riaient, ils faisaient de la musique ensemble et ils s'aimaient avec une force incroyable. Ils avaient transmit leur amour mutuel à leur fille et lui avait apprit tout ce qu'ils savaient. Ils étaient un couple parfait, sans secret l'un pour l'autre. La pureté même. Alors, il était bien évident que Kathérina avait espéré une telle Idylle. Elle en avait effectivement eu le droit, et son histoire d'amour était plus passionnée et.. endiablée encore que celle de ses chers parents. Mais, disons que cette histoire, bien qu'elle soit effroyablement sincère et vraie, était toxique. Bonnie avait donc deux visions concrètes de l'amour, sans compter ses histoires avec ses hommes et ses femmes, ainsi que ce qu'elle avait pu observer.


« Tu sais Howard, je ne crois pas en Dieu, je ne vis pas pour Dieu. Je ne prie pas, mais je demanderais à Alicia de prier pour toi, que tu sois heureux et non contraint. Elle priera pour toi parce que tu as la foi, elle priera pour la personne qui partagera ton foyer, pour la personne que vous devrez engendrer. J'espère que quand tu sortiras d'ici, tu ne seras pas trop malheureux. Et dans vingt ans, j'imaginerais depuis cet endroit sombre et macabre, quelle vie tu auras. Et je te la ferais belle, je te l'imaginerais merveilleuse en espérant que tu as vu tout tes désirs se concrétiser, en espérant très fort que ta vie est somptueuse, comme tu le mérites. »


Avait-il déjà été amoureux.. en posant une question si simple, elle ne pensait pas que le jeune homme serait troublé. Oui. Non. Peut-être ? Elle espérait, quelqu'en soit sa réponse que sa condition et ses expériences le comblaient. Bonnie ne connaissait pas Howard, mais elle sentait sa gêne quand elle était là, elle sentait ses frémissements, entendait les palpitations de son cœur. Elle savait que si il aimait, il nierait. Elle pensait qu'en revanche, si il n'aimait pas, il afficherait certainement une petite moue mécontente et lui demanderai peut-être ce que faisait ce sentiment si particulier à un Être de chaire et de sang. Enfin peut-être, après tout, son interlocuteur n'était pas si facile que ça à cerner, bien au contraire !


« Hum... Je... Oh wow ! N-Non, non, Dieu m'en garde ! ».


Elle ne put s'empêcher d'étouffer un petit rire. Elle ne se moquait pas, oh ça non ! La blonde trouvait simplement sa réponse atypique et originale ; il avait peur de ce sentiment effroyable qui rend aveugle et vous fait fourmiller l'estomac et allait même jusqu'à implorer le Seigneur de ne jamais lui faire connaître cela ! Jadis, elle avait connu un homme comme lui. Il était mal à l'aise, nerveux au contact. Elle l'avait rencontré dehors, assis sur un banc se plaignant à haute voix de sa vie déplorable. Il était saoul et pleurait. Ce qu'elle avait comprit était que son épouse s'en était allée comme elle était arrivée, elle l'avait quitté. Il priait Dieu de le garder, à l'avenir, de tout sentiment semblable à l'amour. Alors, Bonnie le faucha, lui rendant un fier service. Demander au Divin de ne plus pouvoir aimer, de ne pas être aimé ! Il faut être sacrément désespéré, pensait-elle.


« C'est jamais simple, n'est-ce pas ? »


Elle avait de la peine pour ce beau petit brun. Elle, contrairement à lui, elle tombait amoureuse comme elle respirait. Comme Apollinaire, elle pouvait aimer un homme longtemps, tout en en aimant un autre, puis une femme, et encore une le jour suivant. Elle avait longtemps eu son Malade en tête, puis il était parti de son esprit sans qu'elle s'en rende compte. Comme ça, simplement, sans qu'elle ne veuille le chasser. Parfois, elle rêvait de se réveiller à côté d'une personne vivante qui lui accorderait son sourire. Une fois, une seule et regrettable fois, elle n'avait pas tué après s'être donnée. L'homme, marié avait reçu un appel de sa femme qui s'inquiétait. « Où es-tu ? »avait-elle dit. Il n'avait pas su vraiment répondre, alors Bonnie s'était mise à rire aux éclats et sa femme avait comprit et, certainement contrariée, raccroché le téléphone. Alors, l'amant d'une nuit de Bonnie n'avait rien trouvé de mieux que de s'en aller, sans lui adresser un mot, paniqué à l'idée de tout perdre, en ayant voulu au rire sorti de la bouche de la Blonde qui l'avait pourtant flatté toute la nuit. Il ne se rendait sûrement pas compte que dans les bras de Bonnie, il aurait pu perdre bien plus que son idiote d'épouse. Elle avait détesté le voir partir. Howard avait raison, ce n'était pas simple de savoir ce qu'on veut.


« Effectivement.. Tu vois, je ne veux pas d'un homme ou d'une femme régulier. Je ne veux pas d'un amour éternel avec une personne. Je ne souhaite pas me passer de mon rituel amoureux, du sacrifice que je fais. J'aime la compagnie d'un cadavre qui ne choisit pas son heure de départ pour me laisser seule dans un lit souillé par la luxure et le vice. Mais j'aimerais, un jour, me réveiller à côté de quelqu'un de bien vivant, que cette personne ose me sourire et me dise «  Tu vois, c'est pas si horrible que ça de visiter l'aube avec un vivant sous tes draps ». Et à cet instant, je prierais pour la première fois le Seigneur pour que ce moment ne s'arrête pas.
Ce que je veux, c'est contradictoire.. alors je suis d'accord... C'est jamais simple, l'Amour, le Sexe, l'Amitié... C'est complexe lorsqu'il y a plus d'une personne. »



Et en effet, c'était aussi complexe dans l'esprit d'une personne, elle qui était si seule mais qui pourtant était dans une situation encore plus compliqué.
Kathérina tentait de se rassurer, de couvrir de n'importe quelle façon la voix venimeuse d'Andrew Barrow, l'homme de sa vie, qui raisonnait dans sa tête, qui la hantait de ses paroles qui lui tordaient le cœur.
« Tu sais très bien, ma douce, à quel point tu es à moi. Si tu cesses de m'aimer, tu me fais mourir, et tu ne veux pas ça, n'est ce pas ? Tu vois, tu le sais que tu m'adores autant que je t'adore. Toi et moi, nous ne sommes qu'un. Une même Âme. Sais-tu.. sais-tu, ma tendre épouse, qu'à un certain moment, résister signifie être détruite ? Kathérina, mon aimée, tu n'en as pas envie... tu veux être heureuse ? Alors rend moi heureux. Tu.. tu me rends déjà fou, et depuis la première fois que j'ai croisé ton regard brûlant, j'ai osé caressé ton visage fin et anguleux et... et depuis.. Diablesse, tu me hantes, jamais Ô grand jamais tu n'aurais du être la maîtresse de mon cœur ! C'était à moi de te dominer, c'est mon devoir de t'asservir et toi... perfide, vicieuse, tu es un poison qui coule dans mes veines, mon amour pour toi est mon drame, tu es sous ma peau. Acharne toi à être parfaite comme tu sais si bien le faire. Souris moi ! Cesse de pleurer Kathérina, ils ne doivent pas savoir, tu DOIS être heureuse avec moi. Comme je suis heureux de t'avoir, ma douce Kath, ma raison d'être. »
Andrew est le grand amour de Kathérina. Il la vénère, il la vante. En la jetant contre le sol de marbre immaculé il lui prouve son dévouement, ses coups confirment sa fidélité pour elle et ses viols son désir de la voir un jour, donner un descendant, être mère d'un enfant à leur image en plus d'être SA femme. La tendresse et les caresses, elle y a toujours le droit après la torture, l'humiliation. Kathérina est folle, elle n'affronte pas cet homme, elle accepte finalement son sort.
Une fois, la première fois, elle s'est indignée de la gifle qu'il lui avait donné. Elle a vite comprit que son amant était capable de pire. Étendue par terre, son corps meurtri contre ce sol glacé, brisée jusqu'au plus profond de son cœur, tremblante à cause du choc et de la violence inouïe qui l'avait frappé, baignant dans son sang les cheveux imbibés de ce liquide vermeille, elle n'avait pas pu se relever. Elle n'avait que ses yeux pour pleurer, pour observer cet homme qu'elle ne connaissait pas sous ce jour et qui, après la violence lui offrait ses excuses et des tendresses passionnées sur un plateau. Elle connaissait Andrew jaloux, possessif, impulsif, mais ce n'était qu'un détail tant il la comblait d'amour, de somptueux présents et de compliments. Quand un homme posait son regard sur elle, Andrew empoignait plus fermement sa main, il la gardait toujours contre lui, la contraignait à rester à ses côtés. Petit à petit, il avait fait en sorte qu'elle n'ait plus rien. Il avait réussit et elle avait perdu le soutien de sa famille, sa chère mère, puis son père emporté par le chagrin. Mais jamais elle n'aurait pu croire son homme si doux, aux mots si beaux... si infâme et répugnant. Pourtant, elle culpabilisait, elle pensait très fort qu'elle était responsable. Andrew est un homme bien, il m'aime, il m'a tout donné, pensait-elle, je lui cause du soucis, c'est de ma faute ce qu'il me fait.
« Kathérina, qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi parles-tu à cet homme ? Tu batifoles encore, n'est-ce-pas ? Après tout ce que je fais pour toi, avec l'amour que je te donne ! Tu oses salir mon nom, tu me traînes dans la boue et tu cherches à m'humilier. Ne joue pas à ça avec moi, ma douce. Je gagne toujours, souhaites-tu que je te le rappelle ?»

Elle couvrit ses oreilles et serra les dents pour ne pas sentir la douleur des coups de son mari la transpercer encore. Qu'allait-il lui faire, cette fois ? Lui nouer les poignets dans le dos pendant deux longues journées, lacérer son corps, dégrafer ses côtes, briser sa nuque, abuser d'elle, jurant encore et encore, la priver de vraie nourriture une semaine ..? Deux semaines ? L'enfermer un mois sans qu'elle ne puisse voir la lumière du soleil ? Un mois pendant lequel elle subirait la douleur, la colère, le déshonneur, la tristesse ? Un mois clouée au sol sans pouvoir un jour se dire qu'elle pourrait remarcher, danser à nouveau ? Il se mettrait à la pleurer alors, suppliant à genoux qu'elle esquisse un sourire, que ses yeux vides reprennent leur éclat. Il la tuerait, il l'avait déjà tué, séparé de son âme.

« Je donnerais tout pour te serrer dans mes bras Kathérina. Je te pardonne, alors pardonne moi... rentrons, rentre avec moi, ne me brise pas le cœur, pas encore ! Je te promets, je te promets de ne plus te faire de mal ma tendre. Souviens-toi, nous avons vécu de si belles choses ! Regarde moi.. pourquoi lui parles-tu à lui ma Kathérina ? Pourquoi m'ignores-tu ? »
Elle imaginait parfaitement les divers supplices qui l'attendaient si elle retournait dans ce « chez nous », jadis commun. Kathérina sentait son cœur trop lourd se soulever et elle avait très mal. Le sang bouillant de ses doigts qui coulaient sur sa peau gelée, le souffle de la légère brise qui lui frigorifiait les os, et ses pauvres muscles de danseuses incapable de réaliser de simples pointes désormais. Puis plus rien, elle sentait simplement son corps se décomposer. Il l'avait tué, elle ne se sentait plus vivre, elle ne sentait plus l'air ambiant, elle ne savait pas vraiment qu'elle s'arrachait de plus en plus nerveusement la peau des doigts, en laissant un à vif. Sa peau sèche se détachait facilement et ça l’apaisait d'avoir quelques choses entre les dents, pour une fois. Elle avait levé ses yeux horrifiés vers son interlocuteur qui tentait de l'apaiser avec ses mots rassurants.


 « Madame, je ne sais pas pourquoi je vous vois, mais il ne faut pas vous mettre dans un état comme ça. Votre mari le duc Barrow n'est pas ici, soyez tranquille... »


Le Duc Barrow n'était pas là, pourtant elle le voyait près d'elle, à deux centimètres de son profil Gauche, comme le démon qui s'oppose à l'Ange de l'épaule Droite, murmurant, tentant de faire en sorte qu'elle croise son regard...
« Kathérina, arrête de lui parler, rentrons ensemble s'il te plait ma douce, vient avec moi. Je te promets, je nous jure un avenir meilleur. »
Les larmes dévalaient les joues creusées de la jeune femme qui chuchotait à Andrew de la laisser tranquille, de cesser de l'obséder, d'arrêter cet acharnement psychologique. Elle cherchait difficilement le regard d'Howard, elle n'arrivait pas à bien le regarder, ni à vraiment savoir de quoi il avait l'air, mais elle savait qu'il était là, lui aussi.


« Pourquoi me voyez vous alors que vous ne le voyez pas.. ? Il est là.. il est là, il va encore me tuer.. j'ai tellement peur, il va m'enfermer, il va souiller mon âme, encore et encore... »

Elle faisait des pauses, elle n'arrivait pas à organiser sa pensée, elle n'arrivait pas à arrêter les chuchotements d'Andrew qui se superposaient à sa propre voix dans sa tête.


« Qu'est-ce que je fais ici ? Je n'ai rien fait, je n'ai rien fait, je ne suis pas responsable.. je les ai vu ce sont... elles qui sont responsables »


Kathérina avait observé les actes sordides d'amour de Bonnie et l'avait vu pleurer de rire face à ses amants morts, elle s'était réveillée parmi les cadavres déchiquetés par Lyzbeth qui plantait ses dents dans leur ventre, pas uniquement dans leur peau mais aussi dans leur tripes, retirant brutalement leur organes, déversant des quantités alarmantes de sang sur les draps blancs immaculés de la chambre de leurs victimes. Elle ne desserrait jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs, et Kath ainsi qu'Alicia étaient spectatrices de ce massacre, subissant la puanteur des fluides corporels de macchabées sur le sol, s'infiltrant dans les planchers. « Y'a t-il un cœur qui bat seulement, dans leurs poitrines de Putain ? » se questionnait souvent Alicia lorsqu'elles voyaient Bonnie se nourrir à la bouche de Lyz, ce qui donnait à leurs lèvres une couleur pourpre somptueuse et terrible, tout s'enlaçant dans les viscères des défunts. Kathérina ne savait pas, elle n'avait pas compris pourquoi cette envie de meurtre avait prit ses deux amies. Elle avait sans cesse peur qu'on les retrouve et... Andrew.. Andrew lui manquait éperdument. Elle était loin de lui et ses mains qui la couvraient de mille caresses, de ses yeux somptueux, de ses étreintes passionnées, de ses paroles tellement superbes.. qu'importe la violence quand on aime, elle arrivait parfois à oublier ce.. « détail » mais elle retrouvait vite la mémoire lorsqu'elle s'apercevait dans un miroir..


« Il faut que je sorte d'ici, j'ai encore tant de choses à faire... mais il faut que je reste pour qu'il ne me broie pas encore, il va me tuer, il sait ce que je fais, il contrôle mon esprit, il va me tuer, il l'a déjà fait une fois.. je ne sais pas quoi faire.. » Elle était presque en larmes, ses mains ensanglantées qui tachaient sa chemise devant sa bouche, le regard si vide et tellement.. expressif à la fois.
« Pourquoi dois-je supporter ça ? Qu'est-ce que j'ai fais au Seigneur pour qu'il me haïsse au point de faire de mon amour mon tyran ? J'ai toujours prié, je n'ai jamais pêché... ». Kath était parvenue à trouver le regard décontenancé d'Howard, elle ne le connaissait pas, mais il restait cependant là et bien qu'elle savait que cette présence masculine pouvait lui attirer les foudres de son mari, cela la rassurait de ne pas être seule alors qu'elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait ici. Qu'est-ce que Bonnie avait bien pu lui dire pour qu'il reste là, à l'observer ? Allait-elle faire de ce jeune homme son quatre heure ? Non, elle ne pensait pas. Elle prit sa tête blonde entre ses pauvres doigts ; on aurait presque pu croire qu'elle avait disparu lorsqu'elle s'était repliée sur elle même, la voix brisée par les sanglots.
« Je vais perdre la tête si ça continue.. pardonnez moi »
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 9 Mai - 14:34


Like a virgin touched for the very first time
AVEC KATHERINA BARROW

Howard Taylor était réellement en train de converser sur l'amour avec Bonnie, dans un jardin d'un asile d'aliénés. Ce qui était intéressant c'est qu'il n'avait aucune expérience dans le domaine, et elle, en avait bien trop, mais ils parvenaient à échanger leurs points de vues. Il avait lu tellement de choses, des œuvres littéraires qui lui ont fait croire qu'aimer c'était sans arrêt être avec l'Autre s'en pouvoir s'en rassasier, ou au contraire, feindre le mépris ou la haine pour dissimuler la vorace passion. Il s'était déjà demandé ce que l'on pouvait éprouver face à ce sentiment qui désarme. Il y a toujours eu deux écoles, même trois ! Ceux qui prêchent que l'amour rend faible et vulnérable, ceux qui sont convaincus au contraire, qu'il nous dresse et nous rend invincible, et les autres qui pensent que les deux sont mélangés. Ceux là, c'étaient les pires pour Howard ! C'est vrai quoi, lui qui avait toujours essayé de fonctionner rationnellement, lui qui avait appris les sciences et la logique, comment quelque chose d'aussi important pouvait être aussi abstrait ? Ce n'était qu'il était pessimiste, mais les papillons ou tout le zoo dans le ventre, c'était un peu exagéré. L'amour en vérité, ce n'était qu'une affaire de chimie. Il était pourtant bon en chimie, lui. Il disait qu'il n'était pas prêt, mais mince, à son âge on était déjà marié normalement chez les Taylor. Il n'osait pas imaginer quel pitoyable mari il ferait ! On était bien loin de son propre père qui contrôlait les moindres faits et gestes de sa famille, non, une fois la bague au doigt, Howard serait le portrait craché de sa mère. Chétif, coincé, glacial. Sa future épouse fera tout ce qu'elle voudra de lui, il le savait, et cela ne l'ennuyait même pas. Il en avait pris l'habitude en fin de compte, et ne savait pas comment vivre différemment. C'était bien comme ça, c'était réglé, c'était clair, autant ne pas chambouler l'ordre des choses. Il n'avait pas besoin d'amour pour travailler ni même pour procréer, alors pourquoi s'embarrasser de choses si compliquées ? Des choses nébuleuses qui échappent même aux plus brillants de ce monde ! Pourquoi donc s'obstinait-il à se perdre entre les pages de ces publicités mensongères grotesques, oui, grotesques ! Au fond, il aurait du devenir prêtre. S'il avait eu le choix, il se serait sans doute tourné vers Dieu. Bon... C'est vrai qu'il était très pieux, mais c'était aussi (avons-le), une façon excellente d'échapper à tout ça. Justement, c'est Dieu qui fit parler Bonnie cette fois-ci, enfin...

« Tu sais Howard, je ne crois pas en Dieu, je ne vis pas pour Dieu. Je ne prie pas, mais je demanderais à Alicia de prier pour toi, que tu sois heureux et non contraint. Elle priera pour toi parce que tu as la foi, elle priera pour la personne qui partagera ton foyer, pour la personne que vous devrez engendrer. J'espère que quand tu sortiras d'ici, tu ne seras pas trop malheureux. Et dans vingt ans, j'imaginerais depuis cet endroit sombre et macabre, quelle vie tu auras. Et je te la ferais belle, je te l'imaginerais merveilleuse en espérant que tu as vu tout tes désirs se concrétiser, en espérant très fort que ta vie est somptueuse, comme tu le mérites. »

C'était beau et utopique à la fois, mais tout ce qui est beau n'est-il pas utopique et inversement ?, se demanda Howard. Comme si ses désirs pouvaient se concrétiser... D'ailleurs, il n'était même pas certain de ce dont il avait envie ! Et puis franchement... Méritait-il vraiment d'avoir une vie « somptueuse », lui ? C'était un homme accablé de défauts affligeants dont ses propres parents rêvaient d'échanger. C'était quelqu'un d'ambitieux mais sans poigne pour gravir les échelons. C'était un catholique pratiquant mais dévoré par des péchés impardonnables. Sans doute que pour Bonnie c'était plus simple de ne pas croire en Dieu, elle préférait laisser Alicia s'embarrasser de ça. En réalité, il ne pouvait pas vivre sans prier, sans oser croire qu'il y avait mieux ailleurs, mais il était convaincu au plus profond de lui que Dieu non plus ne l'aimait pas. Il paraîtrait qu'il avait crée les Hommes à son image, Howard espérait pour lui que ce détail était faux. Il ne craignait pas vraiment la mort, mais sa plus grande angoisse était de se retrouver devant le Divin et se repentir de ses péchés. Subir sa colère, ses réprimandes, sa déception. Comment sa vie pouvait-elle être aussi difficile alors qu'il le priait tous les jours, toutes les nuits, et entre les deux aussi ! Depuis sa plus « tendre » enfance, il mettait consciencieusement ses habits du dimanche pour se rendre à la messe. Ses beaux cheveux au carré soigneusement attachés, ses petites chemises repassées, son missel sous le bras, et sa petite croix en or autour du cou. Il se revoyait s'avancer vers l'autel, recevoir les sacrements, un peu d'eau bénite sur le front, un morceau d'hostie sur le bout de la langue.  Il avait toujours été droit, fidèle, dévoué. Il avait retenu toutes les prières, bon, la plus grosse partie du moins, il disait le bénédicité à table et priait parfois à genoux. Il n'enlevait jamais cette croix, symbole de sa foi, il gardait toujours une Bible près de son lit, un parfait petit fidèle, et pourtant voilà, Dieu allait le renier du paradis.

« Effectivement.. Tu vois, je ne veux pas d'un homme ou d'une femme régulier. Je ne veux pas d'un amour éternel avec une personne. Je ne souhaite pas me passer de mon rituel amoureux, du sacrifice que je fais. J'aime la compagnie d'un cadavre qui ne choisit pas son heure de départ pour me laisser seule dans un lit souillé par la luxure et le vice. Mais j'aimerais, un jour, me réveiller à côté de quelqu'un de bien vivant, que cette personne ose me sourire et me dise «  Tu vois, c'est pas si horrible que ça de visiter l'aube avec un vivant sous tes draps ». Et à cet instant, je prierais pour la première fois le Seigneur pour que ce moment ne s'arrête pas.
Ce que je veux, c'est contradictoire.. alors je suis d'accord... C'est jamais simple, l'Amour, le Sexe, l'Amitié... C'est complexe lorsqu'il y a plus d'une personne. »


Bonnie avait raison. Bien que la vulgarité de son vocabulaire stupéfiait Howard, il savait que de manière générale, l'humain n'était que contradictions. C'était vrai pour elle et lui en tout cas ! Il n'avait pas besoin d'amour et pourtant il lisait Jane Austen, il admirait son père et pourtant il le terrifiait, il rêvait de reprendre les rennes de l'entreprise, mais il avait peur des gens, il chérissait Dieu, et pourtant... Tiens, est-ce que lui en avait envie de cet amour exclusif et régulier ? Spéculons qu'il fut été amoureux... Non... La personne dont il tomberait amoureux n'aspirerait pas à ce bonheur factice. La personne dont il s'éprendrait refuserait l'anneau, la cérémonie et les vœux. C'était de plus en plus clair qu' Howard finirait par se marier, mais que son cœur, s'il devait s'emballer, ça serait pour quelqu'un rejetant toute forme « d'esclavage sociétal », d'ailleurs il avait bien entendu quelqu'un prononcer cette stupide expression... Quelqu'un qui le compléterait, pas son double quel intérêt ? Prendre leurs deux personnalités et  former un seul et même être, parfait. Il essayait d'imaginer quelqu'un de libre, d'exalté, sans barrières, sans contraintes. Une personne qui distribue de l'adrénaline par simple acte de présence, quelqu'un qui rit trop fort dans des situations inadaptées. Pourquoi pas même quelqu'un d’irrespectueux, fier et borné. Cette personne exaspérante affublée de tous les défauts du monde qu'on fuit à tout prix, c'était celle-là dont il avait envie !

C'était comme si un petit insecte vorace rongeait l'intérieur de son corps, se nourrissait de sa chair, se délectait de la tendresse de ses organes. Ce qui pourrait le soulager ça serait d'admettre qu'il avait déjà trouvé le type juste assez détestable pour s'y harnacher éternellement. Pas comme dans « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants », pas de maison, pas de grosse voiture, pas de livret de famille, pas d'enfants, pas même un chien ! Des disputes, des rires inconvenants, des claquements de doigts au taxi, des escapades improvisées aux quatre coins du monde, des cigarettes comme deux points rouges dans la nuit, des litres de Chianti sous la lune. Se foutre des conventions, se foutre du travail, avoir à eux deux assez d'argent pour s'offrir le monde ! Il ne voulait pas le voir tous les jours (encore une contradiction!). Il voulait qu'il lui manque juste assez pour pouvoir se languir de sa prochaine apparition. S'arrêter de respirer chaque fois qu'un petit caillou cognait violemment contre la vitre de l'immense fenêtre de sa chambre en pleine nuit noire. Provoquer l'ordre de son morne quotidien et s'enfuir en escaladant le toit, avec l'agilité d'un chat. C'était tellement plus simple d'avouer qu'il tuerait pour revoir la trogne d'Edgar Anderson n'est-ce pas ? Plus simple de baisser les armes une bonne fois pour toute, de cesser de lutter et enfin agiter le drapeau blanc. Ce combat était éreintant et tellement difficile à porter que ça lui faisait mal mentalement et physiquement. Chaque fois qu'il s'imaginait contre le corps en alerte du blond, cela lui faisait l'effet d'une piqûre de morphine. La lucidité était à doubles tranchants, malheureusement. La morphine c'est dangereux  à fortes doses !

« Je comprends, Bonnie. Je comprends l'avidité, je comprends le goût du vice et même de la luxure... », le mot lui arrachait la bouche. C'était sans doute la première fois qu'il l'utilisait à haute voix. Il commençait à comprendre le personnage de Bonnie, il savait qu'avec elle ce n'était pas la peine de s'embarrasser de métaphores et de déni, mais ça n'en restait pas moins difficile de parler de ça ! « Je... Je comprends ton envie de partager ta couche avec un homme, oui, je ne le comprends que trop bien... », vlan, c'était dit. L'embarras lui arracha la moitié du visage comme la patte d'un ours aux griffes acérées. Il avait l'impression qu'il allait vomir, dans son ventre c'était l'anarchie la plus totale, et il ne savait pas bien comment gérer toutes ces émotions qu'il ne pouvait plus réprimer face à de telles paroles. C'était atroce ce paradoxe, comme ce mal à l'intérieur faisait du bien quand il franchissait enfin le barrage fortifié de ses lèvres.

« Je te souhaite sincèrement de pouvoir t'épanouir toi aussi... Ici ou n'importe où ailleurs. Tu... ». Il laissa échapper un petit rire gêné. Il fixa bêtement l'herbe fraîche du jardin où il était assit, et il ouvrit la bouche avant de la refermer. Allez ! « Hum... Si l'on reste ici assez longtemps tous les deux, il faudra... J’aurais bien besoin que tu me parles de tout ça, enfin... C'est dur pour moi à supporter pour être tout à fait honnête, c'est... J'ai du mal. Mais j'ai besoin de connaître certaines choses, avec toutes ces... Expériences que tu as vécues, tu pourrais... Satisfaire ma curiosité malsaine, sans doute, un jour, enfin.. Si tu veux bien sûr ! ». Sous entendu : me parler de tous ces hommes. Comment les touchaient-elles ? Comment les embrassaient-elle ? Qu'est-ce ces messieurs aimaient entre ses bras fins ? Comment leur apportait-elle la jouissance ? Pouvait-il... Pouvait-il être capable d'en faire autant ?

Alors qu'il passait un moment étrange mais libérateur, c'est Kathérina qui faucha la place de Bonnie. Kathérina était apeurée et captive de l'ombre d'un fantôme. Kathérina était terrifiante dans sa maigreur et dans sa faiblesse. Howard tenta de la rassurer, mais sa stupéfaction ne faisaient qu'empirer les choses. Il avait l'impression d'enchaîner les mauvaises combinaisons de mots, l'affliction se creusait à chaque secondes sur le visage séraphique. Ses joues étaient couvertes de larmes, et son regard fuyant avait l'air de vouloir se protéger d'une silhouette invisible qui l'écrasait. Elle marmonnait des paroles décousues et trouées d'angoisse à un personnage qui n'existait que dans sa tête, ou dans ses souvenirs.  
Soudain, alors qu' Howard l'observait religieusement, qu'il s'intéressait à son cas en oubliant complètement ses propres troubles, la jeune femme s'adressa directement à lui.


« Pourquoi me voyez vous alors que vous ne le voyez pas.. ? Il est là.. il est là, il va encore me tuer.. j'ai tellement peur, il va m'enfermer, il va souiller mon âme, encore et encore...  Qu'est-ce que je fais ici ? Je n'ai rien fait, je n'ai rien fait, je ne suis pas responsable.. je les ai vu ce sont... elles qui sont responsables  Il faut que je sorte d'ici, j'ai encore tant de choses à faire... mais il faut que je reste pour qu'il ne me broie pas encore, il va me tuer, il sait ce que je fais, il contrôle mon esprit, il va me tuer, il l'a déjà fait une fois.. je ne sais pas quoi faire.. »

Elle était paralysée par la peur. C'était même plus que ça. Comment pouvait-on parler ainsi ? Ressentir une telle chose ? Elle avait l'air de se sentir tellement menacée, sans aucun répit pour espérer vivre encore quelques secondes de plus. C'était à vomir... Quelle horreur. Cet homme avait du la blesser jusqu'aux os. Il l'avait frappé ça c'était évident, mais jusqu'où était-il allé pour la rendre si vulnérable ? Ses mains pleine de sang, ses sursauts paniqués, ses tremblements, ses cris aigus, ses larmes, ses cernes sous ses beaux yeux fatigués, son squelette trop maigre, quel affreux spectacle, il fallait réagir.

« Madame, écoutez ! Personne ne va vous tuer, vous voulez que... Vous voulez que je lui dise moi que je ne représente aucun obstacle ? Vous voulez que le lui dise de cesser de vous avilir ainsi ? », demanda-t-il en haussant le ton en scrutant les environs, essayant de deviner la silhouette d'Andrew Barrow.

« Pourquoi dois-je supporter ça ? Qu'est-ce que j'ai fais au Seigneur pour qu'il me haïsse au point de faire de mon amour mon tyran ? J'ai toujours prié, je n'ai jamais pêché... Je vais perdre la tête si ça continue.. pardonnez moi »

Ces mots étaient d'une puissance à couper le souffle, et Howard était tellement gêné de devoir répondre quelque chose car il avait la sensation de se fondre dans les regrets et les angoisses de Katérina. Edgar n'avait strictement rien à voir avec l'homme que semblait aduler cette femme, mais pourtant, elle et lui étaient des victimes de leur propre passion, de leur religion.

« D... Dieu est à l'écoute. Vous... Voulez-vous que nous prions ensemble ? Vous savez... Moi aussi j'ai des choses à me faire pardonner. Moi aussi je suis fidèle et je le prie à longueur de journée, mais... Il ne faut pas perdre espoir, il ne pourra pas fermer les yeux sur nous trop longtemps. », dit-il en joignant ses deux mains, une affliction non dissimulée sur le visage.
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 9 Mai - 21:56



Howard & Kathérina







« Je comprends, Bonnie. Je comprends l'avidité, je comprends le goût du vice et même de la luxure... Je... Je comprends ton envie de partager ta couche avec un homme, oui, je ne le comprends que trop bien...  »

Elle avait ce besoin là d'attirer, de se sentir désirée par tout le monde, tout le temps, constamment. Elle ne pensait pas à mal, simplement, au commencement elle pensait seulement à elle, à son plaisir, à ce sentiment de liberté inconnu qu'elle explorait à peine. Partager son lit avec des étrangers, se faire étreindre, sentir son cœur et celui de son partenaire battre à l'unissons, ce rythme intense et beau qui la rendait folle, cette symbiose parfaite entre ces deux corps animé du même désir brûlant. Elle frissonna, elle voulait à nouveau ça, elle ne pouvait pas rester ici, dans ce jardin clôturé, dans cet asile, cet enfer avec toute ces pauvres âmes. Elle savait au fond d'elle, que peu importe le temps qu'elle passerait ici, sa soif d'amour, sa soif de l'Humain ne s'apaiserait jamais et c'est bien pour cela que la prison ne sert finalement jamais de leçon aux personnes dérangées, passionnées par la mort et la violence. Elle, elle était impatiente à l'idée de retrouver la peau nacrée d'un homme mort, le regard figé d'une femme à l'agonie, la froideur d'un couteau tranchant contrastant avec la chaleur du sang coulant. Elle n'avait jamais discuté avec quelqu'un qui la comprenait, elle avait simplement fantasmé, une fois, une seule, une conversation autour d'un verre avec Dennis Nilsen, un Monstre du crime, amoureux de la mort lui aussi. Qu'est-ce que j'aurais aimé être un de ses hommes si j'en avais été un, qu'est-ce que j'aurais aimé croiser son chemin en 1980 si j'avais été de ce monde à cette époque, se disait souvent Bonnie. Elle rêvait de rencontrer cet homme, de s'entretenir avec lui, et même de partager une nuit, sa dernière nuit avec ce criminel qu'il partage son savoir et ses expériences avec elle. Et aujourd'hui, c'était quelqu'un d'honnête, de droit et de sage qui souhaitait cette transmission ! Jamais elle n'aurait pu croire, ne serait-ce qu'imaginer qu'on lui demande ça, et encore moins quelqu'un comme Howard.

« Hum... Si l'on reste ici assez longtemps tous les deux, il faudra... J’aurais bien besoin que tu me parles de tout ça, enfin... C'est dur pour moi à supporter pour être tout à fait honnête, c'est... J'ai du mal. Mais j'ai besoin de connaître certaines choses, avec toutes ces... Expériences que tu as vécues, tu pourrais... Satisfaire ma curiosité malsaine, sans doute, un jour, enfin.. Si tu veux bien sûr ! »

Comment enseigner à un homme l'amour alors qu'il ne souhaite pas le connaître ? C'était impossible, il le souhaitait forcément pour lui faire une telle demande. Bonnie réfléchissait intensément. Il savait certainement qu'il n'était pas prêt, et comme il le disait si bien il avait déjà bien du mal à supporter ses paroles pourtant très réfléchies et tempérées. Si elle lui racontait, si elle l’imageait, elle ne les mesurerait pas, enfin du moins, pas autant ! Narrer son histoire, ses histoires, ce n'était pas si simple que ça non plus. Elle avait aimé de tellement de façons différentes ! Elle avait embrassé, caressé, fait monter au septième ciel toutes ces personnes et jamais elle n'avait vraiment voulu revenir sur ses aventures, une par une. Mais, le temps de patienter jusqu'à son inconcevable sortie, cela lui ferait peut-être du bien, après tout, de revivre à travers ses dires ces purs moments d'extases pour qu'ils perdurent dans son âme.

« Tu t'intéresses plus à mes hommes à ce que je vois.. Ils ont été.. passionnants, entreprenants. C'est différent des femmes. La plupart d'entre elles découvraient les relations entre homosexuelles, tout comme moi d'ailleurs, mais elles... elles n'étaient pas elles mêmes. Les hommes eux.. ils étaient sincères, ils étaient vrais, ils avaient cette façon de me regarder, de planter leur regard bouillant dans mes yeux, de poser leurs mains sur moi comme si j'étais un précieux bijou, une perle rare, un trèfle à quatre feuilles sur lequel jamais ils ne retomberaient si ils me laissaient. Alors, Howard, que veux-tu savoir ? Comment ils tombent amoureux ? Comment je leur donne ce qu'ils veulent ? Comment je m'adapte en une nuit à toutes ces personnes différentes ? Parfois certains sont trop entreprenants, impolis, impatients et brutaux et t'étranglent, te ligotent, mordent ta peau sans retenue et d'autres.. gentleman, doux et attentionnés, parfois hésitants, parfois allant droit au but, s'assurant tout de même que tout va bien. Et il y a ceux qui ne savent pas vraiment ce qu'ils font contre moi; les androgynes qui sont en quête de femmes sans corps de femme, qui se questionnent sur leur sexualité.. Il y a les homosexuels refoulés qui veulent juste vérifier ce qu'ils préfèrent et qui, finalement, une fois produit testé, sont toujours aussi perdus.. Et il y a les désespérés, les incompris, eux... ils sont magnifiques, ils savent ce qu'ils veulent, mais c'est quelque chose d'impossible, ils ont un destin si tracés qu'ils sont.. perdus. Pour chaque homme, une histoire. Et pour chaque histoire, une façon de toucher, d'aimer et de faire l'amour. Et je sais... j'ai vu dans leurs yeux que chacun de mes gestes, chacune de mes paroles ne leur déplaisaient pas. Howard, souhaites-tu découvrir la théorie ou la pratique ? Demande moi tout ce que tu veux, je te répondrais, j'agirais. Il n'y a que ça à faire ici et si en plus cela peut te rendre un service..»

Kathérina, elle, n'aurait jamais osé ce que Bonnie faisait le cœur léger. Si elle avait le malheur de croiser le regard d'un homme, s'en était fini d'elle, elle terminait foudroyée avec autant de violence qu'en temps de tempête sur un océan. Elle devait garder les yeux baissés pour ne pas risquer d'offenser l'égo de son Mari. Et lorsqu'un inconnu OSAIT la regarder, lui sourire, c'était encore pire. Andrew pensait.. enfin plutôt était certain qu'elle aguichait derrière son dos, il était certain qu'à la moindre occasion, elle lui ferait du mal. Alors, il prenait les devants grace à la torture, lui faisant comprendre que c'était lui, le Maître. Kathérina appréhendait ses gestes, angoissait à l'idée de le voir de mauvaise humeur le soir venu où il rentrait d'affaire et, dans ces moments, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour le faire sourire, pour voir son regard s'illuminer. Elle avait mille façons de le satisfaire, mais lorsqu'elle n'y parvenait pas, il lui faisait vivre l'enfer. Il avait déjà fait des choses horribles, ça elle le savait et il en avait conscience mais le pire fut lorsqu'il lui retira définitivement ses seuls échappatoires. En plus de marteler son corps de ses longues mains de pianiste comme si il jouait du Beethoven sur ses côtes au lieu de lui offrir ses plus douces tendresses, en plus de l'attraper par les cheveux et de l'immobiliser pour qu'elle ne possède plus son corps, en plus de faire d'elle une poupée de chiffon, il avait brisé un de ses poignets et fracturé une cheville il y a moins d'une année et suffisamment pour que plus jamais elle ne puisse tenir un violon ou bien même danser à nouveau. Il lui retira sa forme d'expression, la seule chose qu'elle avait pour se vider la tête, pour ne penser qu'à elle rien qu'à elle.
« Il ne faut jamais être égoïste. Nous pouvons l'être une seule fois : égoïstes l'un pour l'autre. Si je fais ça, c'est pour ton bien. Tu dois te concentrer sur notre amour, tu dois sortir de ton corps et nous regarder. Ne sommes nous pas magnifiques ? Ne sommes nous pas la perfection ? Tout le monde nous envie Kathérina, tout le monde se retourne sur nous « Ils sont si superbes, ils sont si beaux ensembles, s'en est écœurant de voir deux personnes s'aimer et s'assortir à ce point ! » Ce n'est pas une illusion Kathérina, ma douce. Tu es heureuse, je sais que tu aimes ce que je te fais, je sais que tu adores me voir te prouver mon amour pour toi de la sorte ! Tu as une histoire grâce à moi, tu es quelqu'un ! Je t'ai dessiné à l'image que je voulais, tu es celle que j'ai toujours voulu avoir. »
Leur amour avait été imprévu, spontané. Kathérina et Andrew s'étaient rencontrés à une somptueuse réception. Leurs regards c'étaient croisés. Andrew avait sourit à Kathérina et elle avait baissé les yeux, par pure gène. Aucun homme ne l'avait regardé comme ça, de cette façon si.. passionnée et envoûtante. La suite des événements étaient inscrite dans leur rencontre. Elle succombait à cet homme fort, beau, impulsif qui l'avait prit par la main, l'avait emmené sur la plage et allongée sur le sable. Ils avaient rit, ils s'étaient dévisagés pendant des heures. La fascination, c'était la première fois qu'ils étaient si.. ahuris face à quelqu'un ! Leur âme d'artiste commune, leur simplicité et leur amour de la vie. Ils étaient pragmatiques et riaient de tout, trouvaient tout magnifique, ils adoraient contempler les couchers de soleil, ils adoraient partir des bals avant même qu'ils ne commencent, ils aimaient bafouer les règles, comme Edward et Maria. Ils s'embrassaient à pleine bouche, ils s'enlaçaient comme si jamais plus ils n'allaient pouvoir se revoir. Et le visage angélique de cet homme, son maudit rictus mesquin et espiègle, tout en lui avait su faire d'elle son esclave à jamais.
« J'ai toujours cru que tu étais un Ange. Comment peut-tu être semblable à la vision que j'ai de la perfection ? Descends-tu des astres Kathérina ? As-tu été taillée dans la glace selon ma convenance ? Tu as été faite par Dieu pour moi, je suis si heureux, tu ne peux pas savoir à quel point. » Kathérina lui avait sourit. Tant de fois, trop de fois. « Ton innocence est charmante. Tu es la jeunesse, la pureté. Laisse moi te salir, laisse moi te dévorer ». Il a une passion ardente pour elle, une folie sans travers, sans limite. Il l'aime et se met à détester de l'aimer. Andrew se rend compte qu'il est esclave de cette jeune femme, il peut tout faire pour elle. Il a peur, peur qu'elle lui fasse du mal. « Viendras un jour ou tu me feras souffrir. Je ne peux pas supporter cette idée ma tendre. C'est à moi de commencer, pardonne moi, mais il faut que tu comprennes. Je ne veux pas te voir partir, un jour je t'enfermerais dans cette foutue chambre, je t’enchaînerais contre moi dans ce lit et je ferais cramer cette putain de baraque. »
Il l'avait dressé comme mauvais Maître éduque un animal : par la peur. L'angoisse était la meilleure amie de Kathérina, elle la suivait partout, elle ne la réconfortait pas, mais elle l'observait lorsqu'elle s'effondrait dans la douleur. Et là, l'Angoisse aurait pu l'embrasser, elle aurait pu lui offrir une chaleur glaciale comme à son habitude tant la pauvre jeune femme avait cette inquiétude obsédante qui lui arrachait les tripes. Et cette voix, sa voix. Elle l'aimait caressant ses tympans, elle la détestait violant l'intimité de sa pensée.

« Kathérina, vient avec moi s'il te plait. Je t'offrirais tout ce que tu veux, je ne te ferais plus de mal, je ne m'adonnerais plus à ces horribles tortures, je suis tellement désolé mon ange, si tu savais. » Andrew soutenait son regard, il ne voulait pas qu'elle rattache ses yeux à quelqu'un d'autre. Trop tard. Un autre homme que lui attira l'attention de la blonde, un homme qui, au lieu de l'enfoncer dans sa terreur, tentait de l'en sortir alors qu'elle était à deux doigts de craquer, de s'arracher les yeux pour ne plus le voir.

« Madame, écoutez ! Personne ne va vous tuer, vous voulez que... Vous voulez que je lui dise moi que je ne représente aucun obstacle ? Vous voulez que le lui dise de cesser de vous avilir ainsi ? »
Kathérina se décomposa. Pourquoi ? Pourquoi tout à coup, au bout de quatre années à se cacher en étant vue, quelqu'un osait prétendre défier Andrew, lui dire une bonne fois pour toute de la laisser tranquille ? Ses sanglots de peur et de chagrin cessèrent. Elle serra les dents sur ses doigts, elle ferma les yeux et tenta de se reprendre. Elle ne se montrait jamais ainsi, elle ne se montrait jamais vulnérable à ce point devant des inconnus.
« Non, non ne l'écoute pas. Je te l'interdit ! Comment oses-tu lui répondre à cet étranger alors qu'à moi tu ne m'adresses aucun regard ? Je n'ai rien fait pour mériter ton indifférence ! Ingrate, tu mérites bien le fouet et le fer, tu mérites bien ta douleur ! Tu verras, tu verras, quand je t'aurais reprise, quand je viendrais te chercher, ce sera pire, jamais, Ô grand jamais tu n'auras connu pareille douleur. Je te briserais chacun de tes os, un par un pendant que ton silence meurtrier insupportable me plongera dans la folie. Tu mérites tout ça. Tu mérites que je t'arrache le cœur comme tu m'as arraché le mien. Tu es si belle quand tu hurles de douleur, ma tendre. »
Elle, la pauvre victime tremblait de peur sous ces mots pesants. Jamais elle n'aurait pu lui survivre, c'était impossible, alors à quoi bon mêler son interlocuteur à ce cauchemar ? Elle prit sa tête entre ses mains et serra davantage les dents, ne sentant pas la douleur qu'elle se procurait, elle aurait pu fracturer sa machoire tant la peur la figeait. Les yeux fuyants, rongée par une maladie dont elle ne soupçonnait pas l'existence, ravagée par son époux, enchaînée à sa prison de diamants, elle ne voyait pas le bout du tunnel. Elle maintenait difficilement le regard d'Howard, elle avait peur des représailles, d'Andrew à côté d'elle qui lui tenait fermement ses épaules, lui infligeant une douleur atroce qui faisait pleurer son squelette.

« Non, non... personne ne peut se dresser contre lui, je vous en prie, pourquoi lui faire obstacle, il est... il ne supportera pas ça, ça sera pire.. il ne veut pas qu'on sache ce qu'il me fait, si les gens l'apprennent je serais la risée de ma famille, je ne veux pas déshonorer le nom de mes parents.. je ne veux pas renvoyer cette image... il ne veut pas que je vous parle, il va encore me tuer, il va me torturer avant cela, je ne sais pas quoi faire, je n'arriverais pas à ressusciter... Et si je parle, si je parle, qui me croira ? Les bourgeois ne veulent pas savoir, ils ont peur, j'ai peur.. qu'est-ce que je peux faire ?  Il aime mon sang sur ses mains, une épouse doit satisfaire les désirs de son époux, je suis là pour ça n'est-ce pas ? Non... je ne sais pas, je n'en sais rien» Elle était confuse, elle n'avait pas l'habitude de s'exprimer sur ce sujet. Enfin, à vrai dire, elle n'avait pas le droit de s'exprimer. Le Duc Barrow le lui interdisait « Une femme est vertueuse lorsqu'elle se tait, Kathérina. »

« D... Dieu est à l'écoute. Vous... Voulez-vous que nous prions ensemble ? Vous savez... Moi aussi j'ai des choses à me faire pardonner. Moi aussi je suis fidèle et je le prie à longueur de journée, mais... Il ne faut pas perdre espoir, il ne pourra pas fermer les yeux sur nous trop longtemps. » Dieu. Howard aussi semblait y trouver un réconfort. Dieu était le sol homme clément qui savait l'écouter, Dieu était le seul qui ne la torturait pas directement. Dieu n'était responsable du démon qui possédait Andrew, mais c'était bien lui qui envoyait les monstres contre lesquels il fallait se battre, c'était lui qui donnait un sens à la vie. Peut-être que Kathérina était simplement née pour être morte, après tout.
« Suis-je la seule et unique raison pour laquelle tu respires ? Bien sur. Nous sommes pareils. Je suis toi et tu es moi. Je ne peux pas vivre loin de toi, il m'est impossible de concevoir un avenir sans ton image et il t'est impossible de faire de même. Je suis ton Dieu, tu es ma fidèle, mon ange. » Kathérina regarda le jeune homme aux mains jointes à ses côtés. Elle n'avait rien à perdre, elle n'avait plus que Dieu, elle n'avait confiance qu'en lui.

Elle joignit ses mains rouges, desserra les mâchoires, inspira tentant de calmer ses sanglots et, tremblante, implora, plaçant tout espoirs dans ses prières :« Père, on dirait que tu nous en veux, que tu nous laisse lutter seuls contre le Malin. Fais agir au plus tôt la puissance de ton amour dans le cœur des gens qui te croient méchant et qui sont prêt à tout pour nier ta présence. Et nous, fais nous oublier nos fautes anciennes, que ta miséricorde devance nos craintes car nous sommes désemparés. Donne nous de croire au sauveur venu de toi, pour refaire le monde selon ton amour et délivre nous du mal. »

© TITANIA

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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Jeu 12 Mai - 19:58


   
Like a virgin
Touched for the very first time

   

   

   
feat : Kathérina & Howard

   
    « Tu t'intéresses plus à mes hommes à ce que je vois... »


Howard serra les dents. Il sentait la réflexion derrière la question, il sentait les points de suspension qui pesaient lourd. Sa curiosité malsaine aurait du le pousser à la questionner sur ses expériences avec les femmes. Le déni lui soufflait qu'il ne voulait pas entende parler de relations homosexuelles, le péché lui murmurait qu'il n'avait que faire du Beau Sexe. Au lieu de rugir et de se révolter contre cette douloureuse insinuation, il préféra la laisser continuer, écouter sagement le déni, et épancher sa soif de curiosité.

« Ils ont été.. passionnants, entreprenants. C'est différent des femmes. La plupart d'entre elles découvraient les relations entre homosexuelles, tout comme moi d'ailleurs, mais elles... elles n'étaient pas elles mêmes. Les hommes eux.. ils étaient sincères, ils étaient vrais, ils avaient cette façon de me regarder, de planter leur regard bouillant dans mes yeux, de poser leurs mains sur moi comme si j'étais un précieux bijou, une perle rare, un trèfle à quatre feuilles sur lequel jamais ils ne retomberaient si ils me laissaient. Alors, Howard, que veux-tu savoir ? Comment ils tombent amoureux ? Comment je leur donne ce qu'ils veulent ? Comment je m'adapte en une nuit à toutes ces personnes différentes ?»

En voilà une bonne question ! D'autant qu'il s'imaginait avoir ce genre de conversation bien plus tard, il avait osé suggéré l'idée, mais... Pour bien plus tard ! Etait-il prêt  entendre ce qu'il redoutait ? Etait-il prêt à attiser davantage le feu de son principal vice ? Au fond, que voulait-il savoir ? Il pensait malheureusement que Bonnie avait cerné ses interrogations, avait listé les bons éléments. Il haussa les épaules en laissant sa gêne dévorer son visage. Avant qu'il n'eut à fournir une réponse gênante, elle reprit :


« Parfois certains sont trop entreprenants, impolis, impatients et brutaux et t'étranglent, te ligotent, mordent ta peau sans retenue et d'autres.. gentleman, doux et attentionnés, parfois hésitants, parfois allant droit au but, s'assurant tout de même que tout va bien. Et il y a ceux qui ne savent pas vraiment ce qu'ils font contre moi; les androgynes qui sont en quête de femmes sans corps de femme, qui se questionnent sur leur sexualité.. Il y a les homosexuels refoulés qui veulent juste vérifier ce qu'ils préfèrent et qui, finalement, une fois produit testé, sont toujours aussi perdus.. Et il y a les désespérés, les incompris, eux... ils sont magnifiques, ils savent ce qu'ils veulent, mais c'est quelque chose d'impossible, ils ont un destin si tracés qu'ils sont.. perdus. Pour chaque homme, une histoire. Et pour chaque histoire, une façon de toucher, d'aimer et de faire l'amour. Et je sais... j'ai vu dans leurs yeux que chacun de mes gestes, chacune de mes paroles ne leur déplaisaient pas. »

Plusieurs détails des explications de Bonnie le faisait tressaillir. Il y avait d'abord cette surprenante diversité d'hommes qu'avait connu la blonde, c'était absolument aberrant, et détestablement fascinant d'imaginer la réaction de chacun de ses conquêtes, imaginer leur visages, deviner leurs envies, leurs désirs... C'était surtout atrocement déconcentrant de se demander comment aurait-elle agit avec Lui.  Une vague de jalousie engloutit tout l'intérieur de lui, et un frisson de révulsion lui fit courber l'échine. Jamais depuis tout ce temps il n'avait osé imaginer comment ce type pouvait prendre du plaisir. Le petit gémissement timide qu'il avait déjà poussé contre la bouche d' Howard était le son le plus délicieux qu'il lui avait été donné d'entendre. Parfois il l'entendait encore dans ses rêves ou juste avant de s'endormir, parfois il résonnait dans ses oreilles à des moments totalement inattendus et inconvenants (comme maintenant!). Il ne voulait pas y penser trop fort car dans la vie du jeune Taylor, ce qui était bon était forcément interdit. Devant ses yeux blessés par la torpeur, se dessinait les silhouettes de Bonnie et d' Edgar, comme des flammes de l'enfer qui crépitaient sur un brasier. Il pris sa tête entre ses longues mains et se massa violemment les tempes comme pour chasser l'horreur de son imagination débordante. Satan plongeait ses doigts brûlants à l’intérieur de sa chair aussi facilement que dans de la farine, il devait trouver cela amusant. La dernière chose qui interpella Howard c'était les « homosexuels refoulés » qu'avait côtoyé Bonnie. Non, bien sur il ne s'était pas reconnu dans cette définition, bien sur que non, mais cela l'avait interpellé... Comment des hommes pouvaient (en aimer d'autres déjà!) tester leurs désirs, comme quand on mise au poker ? Est-ce que... Est-ce que Bonnie pouvait sincèrement se prêter à de tels jeux avec cette catégorie d'hommes ? Cette aberration fit rougir Howard davantage. Aimaient-il ses caresses comme Bonnie venait de le prétendre ? Si ça avait été lui, et bien... Comment ?! Venait-il sincèrement de penser cette phrase ? Il aurait voulu se laver la bouche et les pensées avec quelque chose d'abrasif pour se punir et s'en défaire.  

« Howard, souhaites-tu découvrir la théorie ou la pratique ? Demande moi tout ce que tu veux, je te répondrais, j'agirais. Il n'y a que ça à faire ici et si en plus cela peut te rendre un service..»

Il écarquilla les yeux et s'étrangla littéralement avec sa salive. Son cœur manqua un battement. Là, c'était réel, c'était totalement impoli et direct. Il... Enfin, bien sûr qu'il était simplement CURIEUX de la pratique, c'était un homme de vingt-six ans à qui on avait toujours interdit de tisser toutes sortes de relations sexuelles, mais de là à envoyer balader ses convictions et ses valeurs... ! Tout de même ! La théorie c'était déjà bien, c'était en prévention de s'il trouvait finalement une fille gentille et fortunée à épouser à sa sortie d'ici, il ne voulait pas se rendre plus ridicule qu'il ne l'était déjà, c'est tout ! La pratique avant le mariage franchement, à quoi cela lui servirait-il ? Quelque part il ne s'en doutait que trop bien. Il savait combien ce qui était clairement « sale » pouvait faire du bien. Cette fois, il ne pensait même pas forcément à Edgar, il pensait à ses ridicules nuits adolescentes, plus seul que jamais, tentant de découvrir comment fonctionnait cette chose qui lui faisait honte, et dont il n'avait pas le droit de se servir. Ce genre d' "expériences" étaient très rares, la culpabilité était trop pesante, comme de sentir l’œil contrarié de Dieu le transpercer. Mais... Il avait compris. Il se souvenait à contrecœur la puissance orgasmique qui lui avait ravagé le ventre, des images obscènes qui lui avaient strié l'esprit, cela avait été atroce...
Ce qu'il voulait ? Bon sang, il n'en avait aucune fichue idée ! Il aurait voulu savoir comment, il aurait voulu sentir encore une fois cette explosion là et pouvoir l'oublier juste après mais à part ça... Ce dont il avait réellement envie,  au fond de ses tripes, il ne l'aurait jamais alors à quoi bon ?

« Je... ».

Lui demander « tout ce [qu'il voulait]»... C'était presque trop sale d'oser prononcer une phrase pareille considérant l'inconscient cousu de vices d' Howard. Tout ce qu'il voulait bon sang... Bonnie était sincère, il le voyait bien, il sentait qu'elle avait envie de répondre à toutes les questions indécentes que posaient ses propres yeux. Il savait qu'il n'était pas nécessaire de s’embarrasser de la moindre pudeur en présence de Bonnie, mais c'était trop dur... Il fallait qu'elle devine, il fallait qu'elle parle, elle !

« Eh bien... », marmonna-t-il en baissant les yeux, se frottant les mains pour éviter de penser à l'embrasement de ses joues et de son cou. « Je voudrais... », il fixa Bonnie avec toute la détresse du monde.

« Les deux, sans doute.... », murmura-t-il si faiblement qu'il pensait ne l'avoir seulement imaginé.


Ses faiblesses étaient trop éprouvantes à supporter. Elles commençaient à devenir trop présente, à l'handicaper un peu trop, à peser trop lourd. C'était plus facile de se concentrer sur n'importe quoi d'autre, sur Kathérina qui était subitement en train d’apparaître devant ses yeux par exemple.  

La vulnérabilité (le mot était faible) de Kathérina le révulsait. A travers les yeux apeurés de la jeune femme, il se revoyait tout petit en train d'essayer d'échapper aux griffes de son père. Il abhorrait cette image, ce reflet malsain et douloureux. Sa souffrance le touchait mais lui donnait de la force en même temps, comme s'il fallait se faire violence pour pourvoir supporter le poids de sa douleur, ne pas sombrer à deux, il fallait garder cet équilibre. Il était le plus faible auprès de Bonnie, cela ne faisait aucun doute, mais il devait être le pilier de Kathérina, c'était limpide. Il était prêt à affronter le Démon de la jolie blonde, il savait que ce n'était que contre une ombre qu'il devrait se battre, contre un souvenir, contre une maladie. Oh non, il n'aurait pas de bleus sur son visage, pas de poing de mari en colère autour de son œil, mais une pelote de laine d'inconscient à démêler. Il savait qu'il n'était pas qualifié, il ne connaissait rien à la psychologie, ni au passé de cette (ces?) femme(s), comment opérer ? D'un geste spontané et impulsif, il avait demandé la permission à son interlocutrice d'aller lui-même affronter son Andrew Barrow qui la retenait prisonnière, et qui semblait totalement l’asservir. Kathérina n'était pas au courant de sa propre faiblesse, il pouvait pour la première fois de sa vie jouer au héros. La jeune femme cessa immédiatement de sangloter, comme si la proposition incongrue d' Howard l'avait frappé en plein visage, le choc. Elle tremblait toujours, fermaient les yeux sans doute pour ne plus devoir affronter l'horreur de la réalité, ou pour éviter de croiser le regard de son mari, et reprit en hésitant :

« Non, non... personne ne peut se dresser contre lui, je vous en prie, pourquoi lui faire obstacle, il est... il ne supportera pas ça, ça sera pire.. il ne veut pas qu'on sache ce qu'il me fait, si les gens l'apprennent je serais la risée de ma famille, je ne veux pas déshonorer le nom de mes parents.. je ne veux pas renvoyer cette image... il ne veut pas que je vous parle, il va encore me tuer, il va me torturer avant cela, je ne sais pas quoi faire, je n'arriverais pas à ressusciter... Et si je parle, si je parle, qui me croira ? Les bourgeois ne veulent pas savoir, ils ont peur, j'ai peur.. qu'est-ce que je peux faire ?  Il aime mon sang sur ses mains, une épouse doit satisfaire les désirs de son époux, je suis là pour ça n'est-ce pas ? Non... je ne sais pas, je n'en sais rien»

Howard résista au besoin de retrousser un sourire face à la tragédie de Kathérina, pas par moquerie ou mesquinerie oh non... Parce qu'il vivait la même chose de l'autre côté de ces murs grillagés, et cela le poursuivait même à l'intérieur. Il savait ce que cela faisait d'être l'esclave des idéologies, d'être la marionnette bien docile qu'on manipule en toute impunité. Il savait ce que c'était d’honorer un nom, un blason. Il connaissait la boue et la honte qui pouvait ternir la réputation de toute une génération, il connaissait l'ignorance, l'hypocrisie et le mensonge. L'apparence...

« Je descends d'une famille très fortunée, qui doit correspondre aux mêmes codes sociaux que les vôtres, Madame... Je connais bien tout ce dont vous parlez, mais croyez moi, cela ne justifie pas ce comportement. Personne ne le saura, votre Père n'en aura pas connaissance, cela restera entre le Duc Barrow, vous et moi. Je ne veux pas vous voler, je ne veux pas vous garder pour moi, je veux simplement vous libérer de ces chaînes. ».

Howard n'en revenait tout simplement pas de son changement de comportement en présence de cette fille. Il se demanda même un instant s'il ne commençait pas à présenter des symptômes de la même maladie que Bonnie. Bonnie était pour lui la figure principale de ce corps en face de lui. C'était elle qui s'était présentée à lui en premier, et c'était Bonnie qu'il devait retrouver. Peut-être que Dieu pourrait-être plus attentif à l'union de deux prières de deux âmes torturées...

Les deux captifs d' Ostrov Island joignirent leurs mains au beau milieu du jardin fleurit. Howard ferma les yeux, c'était ainsi qu'il voyait davantage Dieu. La voix claire et percée de terreur de Kathérina s'éleva la première :

« Père, on dirait que tu nous en veux, que tu nous laisse lutter seuls contre le Malin. Fais agir au plus tôt la puissance de ton amour dans le cœur des gens qui te croient méchant et qui sont prêt à tout pour nier ta présence. Et nous, fais nous oublier nos fautes anciennes, que ta miséricorde devance nos craintes car nous sommes désemparés. Donne nous de croire au sauveur venu de toi, pour refaire le monde selon ton amour et délivre nous du mal. »

Il pris une grande inspiration, il n'avait jamais prié en compagnie de quelqu'un d'autre que sa famille, ou d'inconnus à la Messe du dimanche. Il se lança timidement :

« Seigneur, montre moi le chemin,
Fais de moi ton instrument,
Aide-moi à voir et à faire ce que Tu attends de moi.
Aide-moi dans les épreuves de la Vie,
Aide-moi à prier davantage,
Aide-moi à t'aimer toujours plus
Et à aimer mon prochain comme moi même.
Amen »
.

Il profita de ce moment pour réciter une autre prière plus personnelle pour se laver du mieux qu'il pouvait de sa précédente conversation avec Bonnie :

«Ô, bon pasteur Jésus, pasteur si bon, voici les plaies de mon âme.
Ton regard voit tout, il est vivant et efficace. Il atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit.
Tu vois la trace de mes péchés et les dangers immédiats et les raisons de craindre pour l’avenir. Tu vois tout cela Seigneur et c’est mon désir que tu le vois.
Tu sais bien, Toi qui scrute mon cœur, qu’il n’est rien dans mon âme que je veuille cacher à tes yeux. Regarde-moi, doux Jésus, regarde-moi…… j’espère en Ta pitié, O très miséricordieux……..
Comme un bon médecin, Tu regardes pour guérir, comme un maître compréhensif pour corriger, comme un père indulgent pour pardonner.
Voici ce que je demande, confiant en Ta toute puissante miséricorde, en Ta miséricordieuse toute puissance : par Ton nom suave et efficace et par le mystère de Ta sainte humanité, remets mes péchés s’il Te plaît et guéris les langueurs de mon âme.
Quant aux vices et aux passions qui m’assaillent encore par l’effet d’une mauvaise habitude invétérée, ou de ces innombrables négligences quotidiennes, que Ta grâce me donne la force et la vertu nécessaires pour ne pas y consentir.
Que Ton esprit de bonté et de douceur descende en mon cœur et qu’il s’y prépare une demeure, la purifiant de toute souillure de la chair et de l’esprit et y infusant un accroissement de foi, d’espérance et de charité, de sentiments de componction et de tendresse. [...]
Amen. »
.

Il retenait ces mots avec une facilité déconcertante, et chaque fois qu'il les prononçait, il entrait dans une sorte de transe, c'était si puissant...


   

   
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Ven 13 Mai - 18:24



Howard & Kathérina


 






Bonnie n'avait pas cette notion de pudeur commune à la globalité des Hommes. Elle n'avait pas non plus cette franche notion de limite, elle pouvait parler de tout, même de choses inconvenantes, exubérantes malsaines et dérangeantes. Aimant interpeller et faire réfléchir, elle avait toujours -du moins, depuis sa naissance- tenu à être la plus honnête possible, elle ne mentait jamais. Quand les autorités l'avaient interrogé et questionné, elle avait clairement tout avoué. « J'ai séduis toutes les personnes que vous appelez désormais « mortes » parce que je suis tombée amoureuse d'elles. Par la suite, ces.. défunts m'ont emmené chez eux, impulsivement, chargés de curiosité pour moi. J'ai assouvis leur désirs les plus fous, j'ai accepté ce qu'ils voulaient, les envies honteuses, les péchés les plus sordides et sales. Ensuite, lorsqu'ils atteignaient le Nirvana, le plaisir ultime, je les tuais. Tout simplement. Pas pour la beauté du geste, mais pour leur beauté cadavérique, pour figer leur magnifique visage et ainsi, faire en sorte qu'ils ne soient plus jamais escarpés par le temps. Puis, je les gardais avec moi une journée au plus et je continuais ce que j'avais commencé avec, avant que nous quatre, les dévorerions. Elles pourront dire le contraire, mais elles les ont aussi mangé... Vous savez, monsieur le policier, la douceur d'un cadavre vaut mille fois celle d'un vivant. D'ailleurs monsieur l'agent, ne voulez vous pas me garder une nuit ici au poste ou en cellule, j'aimerais passer ma nuit avec vous » Le policier présent avait faillit vomir en écoutant le discours scandaleusement calme et assumé de la jeune femme dont on ne pouvait pas soupçonner de tels actes et avait frémit de plaisir en entendant ses douces paroles. Il avait été surpris de sa demande. Cette enfant l'aguichait ouvertement et .. diable, il n'était qu'un homme face à une criminelle passionnée aux yeux de biche ! Il avait du sortir prendre l'air et fumer une cigarette. L'éclat du regard sincère de Bonnie le frappait en pleins fouet ; comment pouvait-elle le regarder ainsi et dire de telles infamies, sous entendre de tels crimes ? Regardait-elle ses victimes comme cela ? Puis, l'agent était retourné l'interroger et il avait compris. Il avait subis les manies d'Alicia qui voulait absolument nettoyer la grande vitre de la pièce qui était sale, il avait du maintenir fermement Lyzbeth qui s'agitait et qui clamait d'immondes menaces et qui.. avait bien faillit lui arracher un doigt avec les dents. Puis il avait vu Kathérina. La terrifiée, la muette, l'animal nocturne qui c'était sûrement prit un coup de fusil pour ne plus oser sortir de sa tanière.


« Je... Et bien... » avait timidement commencé Howard, visiblement décontenancé et fichtrement embarrassé face aux questions et aux affirmations de la jeune femme. Il devait surement se dire qu'elle y allait un peu fort, et elle, n'avait pas envie de lui provoquer une crise d'angoisse ou de colère comme il y a quelques instants.


« Les hommes sont vicieux autant qu'ils sont merveilleux, les femmes sont aussi perverses qu'elles sont vertueuses, Howard. Les hommes.. mes hommes étaient tous différents les uns des autres, je les aimais pour leur pires défauts, pour leur âme souillée. C'est ce qui fait qu'un humain est un humain. Même si leur beauté me plaisait, je l'avoue puisque mon plaisir c'était de les voir sourire, et de les voir me regarder comme si j'étais la personne qu'ils avaient toujours attendu. Mais j'avais su discerner dans leur regard, la première fois que je me dévoilais à eux, de la stupeur face à moi, comme si.. ils n'avaient jamais vu une personne comme moi et j'avoue qu'aussi étrange que cela puisse paraître, ce regard remplit de pitié et à la fois de curiosité me faisait toujours sourire. Ainsi je pouvais imaginer comment j'étais sans pour autant jamais ne leur demander.
Les personnes hétérosexuelles sont aussi très différentes dans leurs gestes lorsqu'il s'agit de faire l'amour qu'une personne homosexuelle. Les Hommes hétérosexuels qui m'ont aimé me touchaient sans vraiment de pudeur et de retenue, alors que les hommes homosexuels qui étaient simplement fascinés par moi, eux, ne savaient pas vraiment quoi faire. Ces derniers étaient habitués à des corps de mâles musclés et forts, et apparemment, le contraste entre moi et ces derniers est impressionnant. Quoi qu'il en soit, ils souriaient tous au moment de leur mort. »

A vrai dire, elle ne se doutait pas une seule seconde que la comparaison qui revenait dans l'esprit de ses hommes était celle avec la Nymphe. La belle fragile jeune femme, sans pudeur un sourire éclatant aux lèvres. Ils avaient tous passé la main dans ses cheveux avec cette image en tête. Bonnie était agréable et docile quand il le fallait, et c'était bien pour cela que les homosexuels ou les personnes perdues sexuellement parlant avait apprécié sa compagnie.
« C'est vraiment beau de partager un lit avec des personnes inconnues. Chaque nuit, je découvrais des choses, des envies diverses et parfois très.. étranges, je te l'accorde mais finalement, c'est quelque chose qui me manque beaucoup. Je commençais à m'habituer à cette vie et à cette mort omniprésente. » surenchérit-elle. Puis, Howard parvint à répondre à son interrogation principale :


« Je voudrais... les deux sans doutes » dit-il timidement d'un ton bas qui avait serré le cœur de Bonnie. Avait-il honte de songer ne serait-ce qu'à une explication trop détaillée d'une de ses aventures ? Redoutait-il un contact, même pas une caresse, ne serait-ce que la main frêle de Bonnie sur son épaule ? Avait-il peur de prendre goût aux récits de ses nuits féroces et ardentes, avait-il peur d'aller en Enfer pour avoir osé aimer les histoires de la jeune femme ? Bonnie ressenti pour la première fois de l'appréhension. Si il se braquait, si il était choqué de ce qu'elle narrait, que se passerait-il ? Elle ne voulait pas qu'il se referme et retourne se morfondre dans sa sombre tristesse.
« N'y a t-il pas de plus belles façon de célébrer la vie qu'avec la personne ou la créature que nous aimons ? Partager un verre dans un bar, manger dans la même assiette, partir spontanément du jour au lendemain, tout quitter, faire l'amour dans une chambre ou un motel répugnant digne d'une série populaire, sortir en courant dans la rue, hurler notre joie à l'aube au milieu d'une route déserte, respirer l'air frais et s'étouffer avec de l'alcool et des cigarettes en dansant seuls ou au beau milieu de la foule agitée, au milieu des Vivants. On allait.. on allait jamais chez eux directement, enfin pour la plupart déjà nous n'allions pas chez eux, mais bien avant de faire quoi que ce soit nous parlions dehors en buvant, en riant, en repoussant la nuit pour que les heures soient plus longues. Puis ensuite on allait dans ces endroits peux confortables mais qui conviennent à une pragmatique comme moi. Parfois l'endroit était sale, parfois il n'y avait qu'un matelas sur le plancher, et ça me ravissait parce que je savais qu'Alicia aurait moins de chose à laver après. Deux fois, l'endroit était luxueux. Par exemple, mon Malade m'avait emmené chez lui après notre rencontre. Sa demeure était immense et classieuse. Tout était très froid, le sol de marbre et de carrelage, les murs blancs immaculés et noirs profonds, les pièces grandes et précieuses. En revanche pas d'ornementation, pas de surcharge décorative inutile. Tout était minimaliste et stérile. J'ai compris par la suite que c'était par respect pour ses rares connaissances que tout était aussi impeccable, il ne voulait pas les infecter de son mal de manière idiote. Il m'avait rendu service ce soir là en me plongeant dans ses draps noirs qui avaient su camoufler son sang et le mien à merveille et qui, par conséquent, fut une chose de moins à nettoyer avant mon départ. Il s'appelait Irvin. Je l'avais enlacé comme on enlace un mourant, je l'avais embrassé comme si c'était la dernière fois qu'il pouvait embrasser et il avait fait de même, puis, répondant à mes tendresses avec une ardeur insoupçonnée, avait comprit avec joie que ce serait bien la dernière fois qu'il pourrait faire tout cela, et ça l'avait ravi. »
« Il était malade mais il était vraiment somptueux. » ajouta elle. «  Je pense que j'aurais pu faire ma vie avec lui. » Elle concentrait son attention sur Howard, elle guettait ses réactions, ses moindres battements de cils et lui aussi était somptueux. Néanmoins, elle avait discerné auparavant une gêne chez lui, et elle savait qu'elle devait peser ses mots, mais elle n'y parvenait pas. Elle voulait qu'il soit imbibé dans ses souvenirs à elle, elle voulait qu'il vive sa passion à sa place, ainsi, il comprendrait peut-être mieux ce qu'il voulait savoir et en se mettant dans sa peau, il se rendrait compte de la beauté de l'amour. Beauté qui avait tué tant de fois Kathérina.
« Pour la pratique.. » Elle se tut. Elle devait peser ses mots.


Kathérina écoutait attentivement les paroles d'Howard, ou plutôt, elle se rattachait à ses dernières pour éviter celles d'Andrew. Elle avait la sensation -ce qui était devenu rare pour elle, de ressentir cela- qu'il pouvait la comprendre. Mais il avait l'air si ambitieux, si courageux que ça lui coupait le souffle, une telle argne, un tel engagement alors qu'il la connaissait à peine.
 « Je descends d'une famille très fortunée, qui doit correspondre aux mêmes codes sociaux que les vôtres, Madame... Je connais bien tout ce dont vous parlez, mais croyez moi, cela ne justifie pas ce comportement. Personne ne le saura, votre Père n'en aura pas connaissance, cela restera entre le Duc Barrow, vous et moi. Je ne veux pas vous voler, je ne veux pas vous garder pour moi, je veux simplement vous libérer de ces chaînes. »


Il prenait sa défense, personne ne l'avait jamais fait. Personne n'avait osé. Il faut dire que les Barrow étaient très respectés et surtout, on les craignait à cause de leur réputation sévère et stricte, de leur grandeur, de leur prestance, de ce rictus vicieux constamment plaqué sur leurs visages et transmis de père en fils qui les rendaient si parfaits et si beaux ! Oui, la perfection, c'était ce qu'inspirait Andrew, cet homme courtois, cultivé et intelligent et en plus avec une discussion agréable, limite poétique ! Andrew faisait toujours bonne impression, auprès de tout le monde. N'importe quelle femme aurait aimé la place de Kathérina, et elles jalousaient cette dernière lorsqu'elles percevaient la passion voyante dans le regard du grand brun lorsqu'il dévisageait son épouse, lorsqu'il dansait avec elle, enfin à chaque fois qu'il se tenait à ses côtés, à chaque fois qu'il parlait d'elle. Parfois ces femmes avaient l'estomac retourné lorsqu'elles observaient cette même étincelle dans les yeux de cet homme lorsqu'il resserrait la pression de sa main autour d'un bras rachitique de Kathérina ce qui lui glaçait d'effroi le squelette et lui chuchotait des paroles venimeuses aux oreilles, et lorsqu'elle se décomposait. Les femmes avaient trouvé cela très beau. Un homme amoureux, fou de passion au point de faire souffrir son aimée, elles trouvaient cela beau alors que ce tableau, aux yeux de Lyzbeth était répugnant à vomir. D'un côté, Kathérina était bien heureuse que ses parents ne soient plus là pour constater sa vie s'écrouler. Elle était bien heureuse qu'ils n'aient pas à voir son état déplorable digne d'un cadavre. Elle était anxieuse, elle avait trop de secrets, il fallait que tout cela sorte, il fallait qu'elle s'exprime mais comment faire lorsqu'un diable vous enlace, se tient là, juste derrière vous, faisant reposer sur vos épaules toute la douleur de l'humanité ?
« Kathérina, mais que fais-tu ? Ressaisit toi bon sang Kathérina ! Tu devrais avoir honte de songer à me défier, avec tout l'amour que je te donne, ma tendre, mon aimée, tu ne pourras plus m'échapper. Je vais te ramener chez nous, tu sais que je ne peux pas vivre sans toi. Mais regarde moi bon sang ! Regarde comme je suis pathétique, incapable d'avancer sans toi, c'est comme si tu étais dans mes veines, je suis un minable, pardonne moi, pardonne moi. »
Kathérina se noyait dans ses paroles et baissait les yeux, elle ne voulait pas l'affronter, mais une autre était prête à le faire à sa place, et elle entendait le pas décidé de Lyzbeth qui s'avançait :« Salopard, espèce d'enfoiré, tu vas déguerpir ou la prochaine chose qui sortira de ta bouche seront tes dents, espèce d'enflure, qu'est ce que tu crois, effrayer ton épouse te fait plus te sentir comme un homme ? Son sang sur tes mains, son regard terrifié devrait te faire te sentir comme un monstre au lieu de t'en satisfaire, espèce de connard, si je pouvais t'arracher le cœur et le lui faire manger je le ferais pour la condamner d'être tombée amoureuse d'un Démon pareil ! »


La longue et divine prière d'Howard résonna dans son esprit de croyante et balaya les voix d'Andrew et Lyzbeth qui avaient subitement disparu, la laissant tranquille. Elle leva les yeux au Ciel et murmura milles « merci » au seigneur qui lui accorda un peu de répit. Elle soupira de soulagement et osa enfin regarder vraiment Howard.
« Je.. je ne veux pas faire de la peine à Andrew... je ne veux pas lui causer du tord vous comprenez ce.. je suis en partie responsable et il faut que j'arrange les choses mais si vous... si vous vous confrontez à lui.. ça sera terrible, ça sera terrible autant pour moi que pour vous... je ne vous pas vous créer du soucis, je ne veux pas qu'il se passe quelque chose de fâcheux monsieur... Il va me tuer à nouveau, j'ai réussi à me laver de ses viols et ses coups par la prière mais je suis rendue à l'état d'un esprit errant, je ne sais plus où je suis, ce qui m'entoure, pourquoi je suis ici c'est terrible.. Je.. je peux vivre des événements que je n'ai même pas vécu c'est.. il suffit que je plonge dans le vague, à ce moment là je me perds, comme si je mourrais encore, je disparais, je .. je crois qu'Andrew a dévoré mon âme. » Une lueur folle dans le regard et à la fois si effrayée et éteinte, elle était coincée dans deux mondes et deux états différents. Elle se perdait, elle délirait, elle ne parvenait pas à admettre et à se rendre compte de l'affreuse réalité, du monstre torturé qu'était son mari, de sa maladie qui la faisait devenir d'autres personnes et qui lui causait ces violentes hallucinations.
« Il a tout les pouvoirs, il est si démoniaque et angélique à la fois, comment détester un tel homme, comment lui en vouloir de ce qu'il m'inflige quotidiennement.. Il fait cela parce qu'il m'aime... je crois que c'est comme ça que l'on aime... mais je n'en suis pas certaine, je ne sais pas si mon père torturait ma mère comme Andrew me torture. C'est.. non je ne pense pas, je l'aurais vu et comment.. comment élever un enfant dans de telles conditions ? »


Élever un enfant, c'était totalement possible lorsqu'on était un modèle irréprochable de perfection et de droiture. Alicia ne croyait pas aux obstacles que la vie imposait, elle savait que Dieu déciderait de lui faire ce cadeau du ciel le moment venu et qu'elle pourrait engendrer, un jour un héritier pour l'homme qu'elle aimait. Elle essuya le dessous de ses yeux et replaça une mèche gênante derrière son oreille en rajustant convenablement sa grande chemise. Sept fois d'affilée.


Sa voix se fit plus mélodieuse et sèche à la fois, inspirant une certaine assurance qui suscitait toujours le respect et la stupéfaction face à jeune femme dont on ne pouvait pas soupçonnait un tel ton.
« Les conventions nous imposent dans notre milieu social la procréation pour la survie et la conservation du patrimoine familial. Alors si elle, elle n'en est pas capable, je m'en chargerais volontiers. » dit-elle de façon presque enjouée, son indécrochable sourire factice plaqué sur son visage de Sainte.
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MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Lun 16 Mai - 18:05


 
Like a virgin
Touched for the very first time

 

 

 
feat : Kathérina & Howard

 
    « Les hommes sont vicieux autant qu'ils sont merveilleux, les femmes sont aussi perverses qu'elles sont vertueuses, Howard. Les hommes.. mes hommes étaient tous différents les uns des autres, je les aimais pour leur pires défauts, pour leur âme souillée. C'est ce qui fait qu'un humain est un humain. Même si leur beauté me plaisait, je l'avoue puisque mon plaisir c'était de les voir sourire, et de les voir me regarder comme si j'étais la personne qu'ils avaient toujours attendu. Mais j'avais su discerner dans leur regard, la première fois que je me dévoilais à eux, de la stupeur face à moi, comme si.. ils n'avaient jamais vu une personne comme moi et j'avoue qu'aussi étrange que cela puisse paraître, ce regard remplit de pitié et à la fois de curiosité me faisait toujours sourire. Ainsi je pouvais imaginer comment j'étais sans pour autant jamais ne leur demander.
Les personnes hétérosexuelles sont aussi très différentes dans leurs gestes lorsqu'il s'agit de faire l'amour qu'une personne homosexuelle. Les Hommes hétérosexuels qui m'ont aimé me touchaient sans vraiment de pudeur et de retenue, alors que les hommes homosexuels qui étaient simplement fascinés par moi, eux, ne savaient pas vraiment quoi faire. Ces derniers étaient habitués à des corps de mâles musclés et forts, et apparemment, le contraste entre moi et ces derniers est impressionnant. Quoi qu'il en soit, ils souriaient tous au moment de leur mort. »


Howard était un homme influençable. Il ne fallait pas l’entraîner dans des discours passionnés qui prenaient de telles proportions tragiques. C'était comme si Bonnie éloignait petit à petit Dieu de son épaule, comme si en l'écoutant, il se sentait sombrer dans les abîmes d'un enfer confortable et tentant. Bon sang, s'il avait pu porter un autre nom, s'il avait pu se défaire un instant de la volonté de Dieu, s'il avait pu être n'importe qui d'autre, peut-être qu'il aurait joué avec ces choses là lui aussi. Peut-être qu'il aurait touché les douces courbes féminines, qu'il aurait aimé la chaleur et la grâce des femmes. Peut-être qu'en en serrant une contre son cœur, il aurait pu se sentir grand, se sentir fier, et fort. Peut-être n'aurait-il pas autant eu besoin d'être protégé, d'être lui-même serré dans des bras développés, à l'abri contre la puissance rassurante d'un homme. Allez savoir, s'il n'était pas né Howard James Taylor, peut-être même qu'il aurait aimé faire l'amour avec eux, qu'il aurait baisé sauvagement le moindre objet de ses fantasmes... Mais non, non, il n'était pas comme ça. Le destin en avait décidé bien autrement. Il n'était pas une « Bonnie », même avec toute la jalousie et l'admiration du monde. Et puis, de toute façon, même s'il acceptait enfin, même s'il s'y essayait et qu'il y prenait goût, comment aurait-il fait pour susciter autant d'attention de la part des objets de ses convoitises? Il suffisait de regarder la blonde pour comprendre. Elle était belle bon sang, elle était féline, elle était à l'aise avec son corps, elle savait fouiller votre âme et scanner vos désirs inavouables. Elle savait onduler et elle savait séduire. Ses mots, ses gestes, ses attitudes, tout en elle transpirait l'érotisme. Howard n'avait pas ce petit facteur x qui permettait de faire frémir quelqu'un. Il ne voulait pas tuer les gens, lui. Il ne prenait aucun plaisir à l'imaginer, mais s'il pouvait imiter ne serait-ce que la moitié de ce que faisait Bonnie, peut-être qu'il ne serait pas enfermé ici...

« C'est vraiment beau de partager un lit avec des personnes inconnues. Chaque nuit, je découvrais des choses, des envies diverses et parfois très.. étranges, je te l'accorde mais finalement, c'est quelque chose qui me manque beaucoup. Je commençais à m'habituer à cette vie et à cette mort omniprésente. »

Peut-être finalement que Bonnie était la solution. Peut-être que Bonnie était la clé, l'audace ! Elle lui mettrait peut-être le pied à l'étrier, peut-être même que, malgré ses dires, elle pourrait faire de lui sa proie et le tuer violemment sans qu'il ne comprenne d'où ça vienne. Comme si... Comme si cette vie fauchée dans l'instant faisait partie intégrante de l'acte d'amour passionnel. C'est vrai qu'en la regardant il ne ressentait pas nécessairement cet atroce picotement dans le bas ventre, c'est vrai qu'il ne regardait pas de la même façon que certains infirmiers d'ici, ou de la même façon... De la même faon qu' Edgar Anderson, mais après tout... Il était enfermé dans un asile contre son gré, il purgeait une peine sans avoir commit le moindre crime, alors pourquoi pas mériter une bonne fois pour toute sa place ici ? Un frisson lui lécha l'échine, il ferma les yeux. Il sentit le sol trembler sous la colère de Dieu qui semblait déchiffrer ses pensées les plus intimes, et pour la première fois de sa vie, ouvrit les yeux au lieu de réciter une prière. Il fixa Bonnie bien en face, sa respiration s'accéléra dangereusement.
« Je crois que tu as beaucoup de chance... Je crois que tu te sens assez libre pour aimer qui tu veux. Je... Je crois que la vie tu la dévores à pleine dents et que tu ramasses les miettes. Je n'ai jamais été très gourmand, moi... ».

Bonnie était lancée dans ses discours exaltants. Rien n'arrêtait Bonnie. Howard buvait ses paroles comme un sorbet au citron, c'était frais, c'était acidulé, ça faisait crisser ses dents et sursauter le bout de sa langue.


« N'y a t-il pas de plus belles façon de célébrer la vie qu'avec la personne ou la créature que nous aimons ? Partager un verre dans un bar, manger dans la même assiette, partir spontanément du jour au lendemain, tout quitter, faire l'amour dans une chambre ou un motel répugnant digne d'une série populaire, sortir en courant dans la rue, hurler notre joie à l'aube au milieu d'une route déserte, respirer l'air frais et s'étouffer avec de l'alcool et des cigarettes en dansant seuls ou au beau milieu de la foule agitée, au milieu des Vivants. On allait.. on allait jamais chez eux directement, enfin pour la plupart déjà nous n'allions pas chez eux, mais bien avant de faire quoi que ce soit nous parlions dehors en buvant, en riant, en repoussant la nuit pour que les heures soient plus longues. Puis ensuite on allait dans ces endroits peux confortables mais qui conviennent à une pragmatique comme moi. Parfois l'endroit était sale, parfois il n'y avait qu'un matelas sur le plancher, et ça me ravissait parce que je savais qu'Alicia aurait moins de chose à laver après. Deux fois, l'endroit était luxueux. Par exemple, mon Malade m'avait emmené chez lui après notre rencontre. Sa demeure était immense et classieuse. Tout était très froid, le sol de marbre et de carrelage, les murs blancs immaculés et noirs profonds, les pièces grandes et précieuses. En revanche pas d'ornementation, pas de surcharge décorative inutile. Tout était minimaliste et stérile. J'ai compris par la suite que c'était par respect pour ses rares connaissances que tout était aussi impeccable, il ne voulait pas les infecter de son mal de manière idiote. Il m'avait rendu service ce soir là en me plongeant dans ses draps noirs qui avaient su camoufler son sang et le mien à merveille et qui, par conséquent, fut une chose de moins à nettoyer avant mon départ. Il s'appelait Irvin. Je l'avais enlacé comme on enlace un mourant, je l'avais embrassé comme si c'était la dernière fois qu'il pouvait embrasser et il avait fait de même, puis, répondant à mes tendresses avec une ardeur insoupçonnée, avait comprit avec joie que ce serait bien la dernière fois qu'il pourrait faire tout cela, et ça l'avait ravi.  Il était malade mais il était vraiment somptueux. Je pense que j'aurais pu faire ma vie avec lui. »

Howard se mit à pleurer. Comme ça. Il ne savait pas d'où une telle émotion venait. Sans doute de la passion de la jolie blonde ou du fait que ses aventures lui rappelaient un peu trop les siennes. Celles dont il n'avait pas le droit de vivre, celles qu'il avait vécu dans un coin de son imagination avec un homme qui se trouvait à quelques mètres de lui, endormit dans son petit lit étriqué. Peut-être que ce Irvin était son Edgar à elle... Anderson n'était pas malade lui, non... Howard l'était. Ce n'était ni plus ni moins qu'une maladie qui avait infiltré ses veines, qui avait nécrosé l'intérieur de son corps. C'est ça bon sang ! Edgar était sa maladie à lui. Non il n'était pas amoureux nom de Dieu, si seulement ça pouvait être ça ! Si seulement ça pouvait être si innocent, si candide ! Edgar était dans sa tête, dans son ventre. Ça faisait mal, ça fatiguait, ça énervait et exaspérait ! Où était-il bordel de merde ? Le Diable lui avait foutu une telle créature, une telle friandise sur sa route et le lui avait retiré brusquement. Il l'avait rendu dépendant, il l'avait affamé. Maintenant il était l'esclave de ses souvenirs, le pantin d'une ombre qui lui avait fait un peu trop de bien alors qu'il n'aurait pas du. Maintenant il se l'avouait : Howard était mala-... Oh Seigneur... Voilà pourquoi il était ici bon sang ! C'était évident, c'était limpide ! Il fallait guérir...


« Pour la pratique.. »

Howard avait le visage capturé par la stupeur. Il releva la tête brusquement, comme s'il avait été tiré de ses pensées. Il avait fait une découverte, la lucidité l'avait lui avait donné un coup de pied aux fesses. Il devait guérir d' Edgar Anderson, par tous les moyens. Dieu serait sans doute plus indulgent s'il commettait le péché de chair avec une femme avant l'heure, plutôt que de rester captif d'une telle infamie ! Il s'empara brusquement de la main de Bonnie. Il respira si fort, comme s'il venait d'emplir ses poumons d'oxygène après une longue apnée.

« Bonnie.... », s'exclama-t-il, hors d'haleine. « Bonnie, Bonnie... ». « Il... Il faut que tu m'aides. Tu... Tu comprends ? », dit-il en sentant les larmes dégringoler le long de ses joues rougies. « Il n'y a que toi qui puisse m'aider ici. Faut que tu me sortes de là... », ajouta-t-il en désignant sa tête d'un geste furtif. « Il faut.... », murmura-t-il en fixant une des mèches blondes qui s'enroulait autour de l'oreille de Bonnie. D'un geste impulsif, il l'effleura du bout des doigts, aussi délicatement et avec autant d'hésitation que s'il devait restaurer une œuvre d'art vieille de plusieurs siècles. Il déglutit bruyamment quand son regard volage s'attarda sur les lèvres pulpeuses, sur les commissures malignes et espiègles.  

Soudain c'est Kathérina qui s'empara de Bonnie. Kathérina l'avait devancé. Il s'éloigna de « Bonnie » pour ne pas offenser l'autre femme fragile, et attiser la colère d'Andrew (enfin, du fantôme du Duc!). Elle posa son regard fuyant droit dans le sien. Elle avait l'air de crier à l'aide en silence, c'était... Bon sang, c'était terrifiant.


« Je.. je ne veux pas faire de la peine à Andrew... je ne veux pas lui causer du tord vous comprenez ce.. je suis en partie responsable et il faut que j'arrange les choses mais si vous... si vous vous confrontez à lui.. ça sera terrible, ça sera terrible autant pour moi que pour vous... je ne vous pas vous créer du soucis, je ne veux pas qu'il se passe quelque chose de fâcheux monsieur... Il va me tuer à nouveau, j'ai réussi à me laver de ses viols et ses coups par la prière mais je suis rendue à l'état d'un esprit errant, je ne sais plus où je suis, ce qui m'entoure, pourquoi je suis ici c'est terrible.. Je.. je peux vivre des événements que je n'ai même pas vécu c'est.. il suffit que je plonge dans le vague, à ce moment là je me perds, comme si je mourrais encore, je disparais, je .. je crois qu'Andrew a dévoré mon âme. »

Malgré sa vulnérabilité et sa soumission, elle avait l'air tellement forte. Elle s'était relevé de tout ce qu'elle avait du subir. Oui elle en portait des séquelles irréversibles, oui son âme s'était divisée en plusieurs morceaux, mais malgré tout, elle était encore là pour témoigner de toutes ces horreurs. Peut-être qu'au final, Howard portait en lui une sorte de force lui aussi, peut-être que ce qu'il voyait de beau en cet instant chez elle, il l'avait aussi...

« Veuillez pardonner ma maladresse, Madame. Je ne voudrais pour rien au monde vous placer dans une situation délicate. Mon dessin n'étant bien évidemment pas celui de nuire à votre mari, et encore moins au votre, mais comprenez que je ne cherche qu'à vous faire prendre conscience de votre situation. »

« Il a tout les pouvoirs, il est si démoniaque et angélique à la fois, comment détester un tel homme, comment lui en vouloir de ce qu'il m'inflige quotidiennement.. Il fait cela parce qu'il m'aime... je crois que c'est comme ça que l'on aime... mais je n'en suis pas certaine, je ne sais pas si mon père torturait ma mère comme Andrew me torture. C'est.. non je ne pense pas, je l'aurais vu et comment.. comment élever un enfant dans de telles conditions ? »

Howard déglutit, et reprit du mieux qu'il pouvait :

« Il est vrai que je ne peux pas m'avancer sur un tel sujet... L'amour moi Madame, je ne sais pas ce qu'il est. Je n'ai pas eu la chance d'avoir des parents aimants, je n'ai ni frère ni sœur, pas l'ombre d'un ami, et encore moins une personne à chérir, mais je crois cependant que vous avez tort. Je ne crois pas que l'amour vous oblige à craindre l'autre à ce point, ne vous réduit pas à avoir constamment peur pour votre vie. Je crois que...- »

Il s'était arrêté net. Pendant qu'il usait de toutes ses capacités de persuasion, il remarqua que Kathérina avait encore une fois changé d'attitude. Elle avait l'air absente, trop absorbée par les plis que formaient sa large chemise. Elle l'ajusta du mieux qu'elle pouvait comme si sa vie en dépendait, une fois, deux fois, trois fois et... Tellement de fois encore. Howard eut à peine le temps d'arquer un sourcil, qu'elle s'exprima d'un ton étonnamment plus clair, et plus strict aussi :


« Les conventions nous imposent dans notre milieu social la procréation pour la survie et la conservation du patrimoine familial. Alors si elle, elle n'en est pas capable, je m'en chargerais volontiers. » dit-elle dans un petit sourire qui avait tout l'air d'être feint.

Qui était-elle cette fois ? Ce n'était résolument plus Bonnie ni même Kathérina. Si Howard en croyait ses manières et son vocabulaire, cela ne pouvait-être qu' Alicia. Howard ne connaissait que trop bien ce ton, ces attitudes. Spontanément il toucha sa chevalière comme pour se donner du courage, comme pour se rappeler qu'il faisait partie de ce monde là lui aussi.

« … Kathérina n'est-elle pas capable d'enfanter ? Est-ce bien cela que vous venez d'évoquer, Madame ? Je m'appelle Howard, James Taylor, fils de James et Meredith Taylor, Cambridge. ». Il ne s'était jamais autant présenté en si peu de temps. Il avait conscience de n'être pas aussi influent qu'elle, ou même que Kathérina, il n'était ni prince, ni duc, ni roi. Il était simplement Howard, un type sans conséquences qui avait eu de la chance de tomber du bon côté de la société.

 

 
© sobade.
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MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
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In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 17 Mai - 18:47



Howard & Kathérina


 





« Je crois que tu as beaucoup de chance... Je crois que tu te sens assez libre pour aimer qui tu veux. Je... Je crois que la vie tu la dévores à pleine dents et que tu ramasses les miettes. Je n'ai jamais été très gourmand, moi... »


Bonnie esquissa un petit sourire compatissant. Elle n'aurait pas pu vivre sans cette liberté dont il parlait, et que lui était contraint d'ignorer puisque, bien entendu, la gourmandise (elle supposait que c'était le cas même au sens figuré) était bien entendu l'un des sept péchés capitaux. Bonnie, elle, se fichait de tout ça, Bonnie aimait l'interdit, Bonnie était l'Envie et la Luxure en plus de cela. Elle aimait plus vite que son cœur ne pouvait battre, elle profitait de chaque bouffée d'air, de chaque battement de cil d'un individu, se blottissant dans sa chaleur humaine. Elle était la liberté, elle pouvait tout quitter du jour au lendemain sans se soucier de l'après, de l'avenir. Elle ne pensait pas à la chance, elle pensait simplement qu'avec un peu d'audace, tout était possible. Effectivement, elle fonctionnait ainsi, elle riait au lieu de sourire, elle pleurait au lieu de faire la moue, elle étreignait au lieu de donner une simple tape amicale, elle embrassait pour consoler, elle vivait littéralement comme si sa vie pouvait s'arrêter le lendemain. Elle n'avait pas peur de la mort, elle la concevait. Bonnie savait très bien que chaque nuit avec ses inconnus, elle risquait sa vie. Rien n'empêchait ses hommes et ses femmes de se débattre, de la tuer et elle.. Elle elle était si faible qu'elle aurait pu mourir en une gifle, en un étranglement. Étrangement, à la veille de leur morts, ses amants d'une nuit ne se débattaient jamais lorsqu'elle resserrait ses faibles doigts autour de leur cou, lorsqu'elle les frappait avec la lampe de chevet, lorsqu'elle les éventrait tout en continuant, bien entendu, l'acte charnel avec eux. Une fois, alors qu'elle était en train d'en découper soigneusement un, elle lui avait demandé pourquoi.
Pourquoi ne réagissait-il pas ? Pourquoi acceptait-il sa mort, comme ça, sans broncher ? « Chaque splendeur requiert de la prudence lorsqu'il s'agit de la regarder dans les yeux » avait-il répondu. « Lorsque je t'ai vu, toi et ton regard éclatant, me séduire en une fraction de seconde, j'ai tout de suite su que tu étais dangereuse. Alors si ma vie doit se finir ainsi, c'est une belle mort que tu m'offres. » Elle avait rit, elle avait rit aux éclats et l'avait achevé. Qu'est-ce qu'elle l'avait aimé une fois mort, celui là ! Elle avait gardé son cadavre jusqu'en milieu de journée, profitant de la douceur de sa peau, du son si parfait de ses derniers mots résonants dans ses tympans. Elle avouait qu'elle adorait le regard sur elle, elle aimait sentir l'envie brûlante d'une personne qui la regardait, qui l'approchait. Et là, à cet instant, elle sentait qu'Howard buvait ses paroles, réfléchissait à en oublier de respirer et qu'il pensait à quelque chose. A quelqu'un qui le hantait, qui lui faisait mal à l'estomac, à ce sentiment et cette pensée inavouable et tabou qui lui arrachait les tripes. Il se mit alors à pleurer, comme ça, sans vraiment qu'elle comprenne d'où ses sanglots venaient. Et elle elle le fixait, elle le dévorait des yeux, il était tellement fascinant qu'elle aurait presque pu, à nouveau pleurer avec lui. Sa détresse et son envie de vivre, de vivre vraiment, c'était impressionnant ! Il avait l'air de prendre conscience de quelque chose, de réaliser un fait qu'il ignorait et son regard se fit alors plus vif et transperça le cœur de Bonnie qui manqua un battement. « Ne désires-tu pas toi aussi avoir cette chance et.. enfin je sais bien entendu que c'est très difficile pour toi, bien sur mais... » Elle eut à peine le temps d'ouvrir la bouche à nouveau pour tenter quelques paroles rassurantes pour faire cesser ses pleurs qu'Howard s'empara brusquement de sa main, la faisant sursauter. Les yeux bleu du beau jeune homme étaient désormais rivés sur elle tandis que lui l'avait d'un coup d'un seul et imprévisible mouvement accaparé et accroché son regard. Il avait l'air de savoir quelque chose, il avait l'air à la fois enthousiaste et terrifié.


« Bonnie... Bonnie, Bonnie » La répétition de son prénom, elle n'en avait que trop l'habitude, mille fois entendu des bras de ses partenaires, elle les avait savouré, toute ces voix qui murmuraient et criaient. Elle fut prise d'un grand frisson et pinça ses lèvres, tentant d'échapper à toute distraction possible, d'échapper à ses souvenirs agréables et douloureux de ses Êtres aimés et chéris. Il avait agrippé sa main comme si elle était sa dernière chance, et cette fois si, elle n'avait pas forcé le contact, ne serait-ce qu'un peu. « Il... il faut que tu m'aides. Tu comprends ? » prononça t-il, les larmes dégringolant sur son visage angélique. Elle ne put s'empêcher de les sécher, de le fixer, si vif, si spontané, si humain ! C'était merveilleux, quel magnifique spectacle qui s'offrait à elle. Il était si passionnant lorsqu'il osait se laisser vivre, se montrer à quelqu'un enfin! Elle ne savait pas si elle comprenait bien sa demande, pour la première fois elle craignait d'intimider, de faire du mal et d’interpréter de travers ses paroles. Elle préférait écouter, elle voulait être certaine de ce désir suggéré. « Il n'y a que toi qui puisse m'aider ici. Faut que tu me sortes de là... »
La blonde déglutit alors, cette fois ci elle était décontenancée, perdue ; « Comment ? Qu'attends-tu de moi ? A quoi penses-tu, qu'est-ce qui a bien pu te faire dire que j'étais la solution ? Je.. Je devine que tu as appris quelque chose, que tu veux te libérer. Dis moi ce que tu veux Howard, comment puis-je te délivrer ? Dois-je te rendre plus vivant ? Dois-je t'apprendre quelque chose ? Dois-je te guérir ? Je peux te dire des choses je.. tu veux savoir ce qu'il faut faire avec les vivants et... ce qu'ils aiment ? Et toi tu.. tu veux savoir ce que tu aimerais ?» Elle avait reprit sa respiration et tentait de se concentrer sans vraiment trop y parvenir. Elle réfléchissait à des choses différentes de ses paroles, elle était en train de s'embrouiller la tête en cherchant une solution qui aurait pu ne pas brusquer le jeune homme.
« Un homme ça.. ça aime vivre, ça aime regarder, ça aime toucher. Ils ont aimé des paroles perverses dont j'avoue avoir eu honte par la suite, ça les avait fait beaucoup sourire. Rien ne pouvait leur faire de mal aussi longtemps qu'ils étaient là à me toiser de la tête aux pieds. Ils aimaient lorsqu'on dansait dans cette chambre trop étroite pour deux ou dans ce salon sur une vieille chanson qui passait à la radio ou qui raisonnait dans nos têtes. Lorsqu'on prenait.. un verre ou trois, ou lorsque nous étions effroyablement sobres à en faire vomir un alcoolique. Il faut toujours envisager les désirs différents et les situations car chaque personne est finalement unique et... » Elle s'interrompit quelques instant avant de reprendre. Peut-être fallait-il aller droit au but ? « Toi.. toi, qu'aimerais-tu, à leur place ?» Ils se regardaient, ils se toisaient et elle, elle hésitait, elle réfléchissait à chacune de ses paroles, et elle aurait voulu réfléchir à ses gestes aussi. Mais, elle entreprit à son tour, tout en gardant sa main dans la sienne d'avoir un contact spontané et impulsif mais pas pour autant brusque, bien au contraire. Elle était fascinée par la façon dont il parvenait parfois à contrôler sa peur des autres, peut-être même sa peur d'elle ! La jeune femme posa une partie de sa main sur la pommette de son visage si délicat, fermant le reste de ses doigts dans ses cheveux charbonneux. Elle le voyait de plus prêt désormais, elle parvenait à le scruter, dans le détail et la précision. « Ils avaient besoin d'être consolé car ils ont tous été déçu... ils avaient besoin, comme toi peut-être, que je les délivre. Tu es prisonnier ? Je... tu veux que je brise tes chaînes n'est- ce pas ?»
Puis, elle s'était totalement perdue en le regardant. Il était vraiment passionnant même sans dire un mot et elle ne parvenait à penser à autre chose qu'à ça. Et cette proximité si maigre entre eux était pesante, dans le bon sens, bien sur. Elle en vint à serrer fort les dents et à fermer les yeux un instant en un soupir pour se concentrer à nouveau. « Il faut... » parvint à prononcer sans jamais achever son interlocuteur.

Et à nouveau, il entreprit de la toucher, légèrement et du bout des doigts, mais il lui colla un sérieux frisson !

« Je sais que ma peau en contact avec la tienne te brûle, je sais que tu es mal à l'aise au toucher, que tes principes religieux t'interdisent toute saveur charnelle. Mais.. » sa gorge se serra. Elle avait du mal à cerner cet Être si complexe qui, un jour lançait des signaux de détresse lorsqu'on l’effleurait, et le lendemain était entreprenant et venait de lui même. Elle avait connu un homme comme lui, hésitant à la découvrir et à se laisser aller. Son cœur c'était emballé lorsqu'il s'était décidé à faire quoi que ce soit avec elle, comme son cœur s'embrasait présentement face à ce garçon si vivant, manquant cruellement de tendresse et d'affection à son égard. Elle hocha simplement de la tête, elle ne voulait pas prendre trop de risque mais elle pensait avoir compris ses désirs et elle, elle avait faim, elle avait tellement faim, au sens propre comme au sens figuré et elle se demandait ce que cela lui ferait, à nouveau (enfin, pour la deuxième fois) de ne pas achever quelqu'un.
« Tu sais, je ne veux pas te nuire. Tu peux toujours être sincère et honnête avec moi, je ne te jugerais pas, je ne juge jamais personne. Je ne suis pas la brutale Lyzbeth, la venimeuse Alicia... »


Kathérina avait réussit à s'extirper l'espace d'un instant de ses personnalités encombrantes et étouffantes. Elle arrivait rarement à s'en séparer et à contrôler son corps par sa propre volonté face à quelqu'un et pour la première fois elle pouvait parler, elle pouvait s'exprimer avant de s'éteindre à nouveau. Elle était morte, ça, elle le savait, bien entendu ! Mais pour une fois qu'un extralucide pouvait la voir et l'entendre, elle ne pouvait que pleurer sur son sort ce que jamais Ô grand jamais elle ne pouvait faire ! Pour une fois on l'écoutait, pour une fois elle avait le droit de craquer ! Andrew lui laissait rarement du répit pour qu'elle puisse se vider de sa tristesse, il était là, constamment derrière elle à siffler ses douces paroles, à l'enlacer comme si il n'était pas cet enfoiré violent qui lui avait laissé des marques encrées dans sa peau. Andrew méritait surement sa place en asile autant qu'elle, ça c'était certain. Comment pouvait-il passer de cet homme si charmant, si aimant et parfait à ce type répugnant et violent, capable du pire sur la femme qu'il aimait ? Cela faisait quatre ans que Kathérina et lui s'aimaient, cela faisait quatre ans qu'elle subissait en silence, qu'elle ne pouvait craquer que rarement. Pleurer toute les larmes de son corps était un privilège, elle avait plutôt l'habitude de serrer les dents et de déverser de grosses quantités de sang sur le sol (ce que les domestiques détestaient, bien entendu, le sang tachant beaucoup trop vite à leurs goût). Finalement, tout le monde fermait les yeux, et elle la première.


« Veuillez pardonner ma maladresse, Madame. Je ne voudrais pour rien au monde vous placer dans une situation délicate. Mon dessin n'étant bien évidemment pas celui de nuire à votre mari, et encore moins au votre, mais comprenez que je ne cherche qu'à vous faire prendre conscience de votre situation. »


Elle avait arrêté de se ronger les doigts et gardait seulement son squelette replié contre elle même, toujours craintive. Elle n'avait pas peur de lui, mais elle avait peur de ses mots. Jamais.. jamais personne ne lui avait parlé réellement de la situation. Jamais personne ne c'était risqué à lui dire « Ecoute, ça va pas Kath, regarde toi, regarde ce qu'il te fait. Ca peut pas continuer. »
La chétive jeune femme lui lança un regard interrogateur, comme ses petits renards vers qui vous tendez la main et qui hésitent à venir s'y frotter.


« Prendre.. conscience de ma situation ? » Elle n'avait jamais profondément réfléchit à cela. Pour elle, il n'y avait pas de solution. C'était comme ça, c'était son destin, elle devait souffrir pour survivre, elle devait se plier aux volontés de son mari, elle devait être sienne corps et âme et n'avait pas le droit de se plaindre. Cependant, elle se demandait souvent pourquoi toute cette douleur la transperçait à chaque paroles blessantes, à chaque coups.


« Il est vrai que je ne peux pas m'avancer sur un tel sujet... L'amour moi Madame, je ne sais pas ce qu'il est. Je n'ai pas eu la chance d'avoir des parents aimants, je n'ai ni frère ni sœur, pas l'ombre d'un ami, et encore moins une personne à chérir, mais je crois cependant que vous avez tort. Je ne crois pas que l'amour vous oblige à craindre l'autre à ce point, ne vous réduit pas à avoir constamment peur pour votre vie. Je crois que...- »


L'amour n'obligeait pas à craindre, mais l'amour avait plusieurs degrés. L'amour d'un père et d'une mère qu'Howard n'avait pas eu mais que Kath avait connu et qui lui manquait cruellement, par exemple. Elle avait eu « la chance » d'être mise au courant de la mort de sa mère et avait pu se rendre à son enterrement avec Andrew, mais pour son père.. Elle avait apprit son décès un mois après sa mise en terre. Elle avait passé un mois entre les catacombes du manoir et entre le deuxième étage durant cette période, elle avait passé un mois à subir la bipolarité plus forte encore d'Andrew qui ne lui avait rien dit. Et il avait finalement réussit, elle n'avait plus personne, elle n'avait que lui. Kathérina avait cessé de se voiler la face. Avant elle ne regardait pas ses blessures, elle en avait peur. Quand elle avait apprit pour son père elle avait fait face à Andrew, elle avait cessé un instant de le craindre, elle avait eu un stupide courage qui lui avait fait hausser la voix et forcé à lui faire des reproches. Elle avait bien mis des semaines pour se remettre des violences faites par la suite, de ses os brisés, de sa tristesse de plus en plus présente.


« Je.. je n'ai pas d'autre choix que de vivre dans la peur Monsieur.. Si j'ose ne serait-ce que vivre un peu s'en est fini de moi... Quand j'étais vivante j'étais forcée de me taire, de sourire c'était.. insupportable et maintenant je.. je suis ici et je ne sais pas quand il viendra, j'ai peur qu'il me ramène dans ce manoir retiré mais j'ai peur aussi qu'il ne vienne jamais... Je ne comprends pas pourquoi je suis ici, je n'ai jamais rien fait pour qu'on me considère comme une folle vous savez... »
Après son arrestation Andrew avait culpabilisé énormément. Il avait bien entendu été très en colère lorsqu'il avait appris les actes de Bonnie, il avait été terrifié de ceux de Lyzbeth mais surtout il avait été dévasté lorsqu'ils avaient retrouvé Kathérina, sa douce et fragile petite femme, la meurtrière de ces humains. Il se rendait compte bien sur du mal qu'il lui faisait, et la culpabilité faisait partie de son quotidien et c'était bien pour cela qu'il la couvrait de cadeaux et de tendresse lorsqu'il cessait de lui faire du mal (du moins physiquement parlant). Mais là, il savait que c'était entièrement de sa faute et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. Il connaissait sa maladie, il savait qu'elle était folle et que c'était de sa faute et lorsqu'il avait assisté derrière la glace à l'interrogatoire il était resté scandalisé face à ces femmes et face à la sienne. Il les connaissait, bien entendu. Lyzbeth s'énervait après lui et il lui infligeait souvent d'humiliantes corrections, Alicia était celle qui voulait tout faire à la perfection mais qu'Andrew détruisait à chaque reproche, Bonnie était celle qui lui massait les épaules et l'embrassait sans avoir peur qu'il lui arrache la langue. Il ne c'était pas rendu compte immédiatement qu'elles étaient et n'étaient pas Kathérina. Désormais il se dégouttait, il savait finalement qu'indirectement il était l'auteur de ce carnage. Il avait pu s'entretenir avec Kath avant son procès, il l'avait enlacé très fort comme si il vivait son dernier jour, il lui avait demandé pardon un milliard de fois mais elle était resté silencieuse à sangloter aux creux de ses bras. Son silence était insupportable et il avait eu très envie de la frapper rien que pour l'entendre crier son nom. « J'ai tellement honte de moi vous savez... Dieu me pardonnera t-il ma confusion ?»


Alicia laissa échapper un petit rire méprisant lorsqu'Howard évoqua Kathérina et son soucis biologique. Alicia avait de la peine pour Andrew qui ne verrait jamais le bout du nez d'un héritier, elle avait pitié de la pauvre Kathérina qui y croyait toujours. Alicia, elle, était parfaite, alors Dieu ne lui refuserait surement jamais un tel cadeau ! Cependant, il prenait son temps et tardait un peu à lui accorder cette faveur. Certes elle n'avait que 20 ans et la vie devant elle, mais pour Alicia, 20 ans c'était quand même bien tard !
« Kathérina est elle même une enfant, elle tient à peine debout et c'est un petit squelette ambulant alors je me demande bien pourquoi Andrew a épousé une femme qui est incapable d'engendrer. Ca crève les yeux, il n'aura jamais ce que tout homme désire. Il la cassera en deux avant même d'avoir songé à un enfant d'elle. Elle a fait plusieurs fausses couches cependant et vous savez ce que ça veut dire. Religieusement, cela veut dire qu'elle est impure, elle ne mérite pas ce cadeau du ciel.' » Elle coinça une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Cinq fois de suite.


«  Je m'appelle Howard, James Taylor, fils de James et Meredith Taylor, Cambridge. »
Alicia esquissa un petit sourire. Taylor, elle avait déjà entendu ce nom. Il était certainement bourgeois et donc elle était apte à le fréquenter et à bavarder avec lui. Elle remarqua néanmoins que lui aussi avait l'air d'avoir été traité comme un animal et que tous deux ils étaient dans cet uniforme... commun et d'un blanc sale. Elle grimaça légèrement en remarquant qu'on lui avait retiré ses bijoux et qu'elle n'était pas coiffé à la perfection comme à son habitude. Elle eut l'air d'un coup mal à l'aise et replia ses manches soigneusement, puis les déplia, les replia, répétant cette action sept fois d'affilée. Puis elle releva sa tête blonde vers son interlocuteur et lui fit un charmant sourire dont elle avait le secret, pourtant bien différent de celui de Bonnie.


« Enchantée ! Je suis la Duchesse Alicia Barrow. »


© TITANIA

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Howard Taylor

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mar 17 Mai - 22:21


 
Like a virgin
Touched for the very first time

 

 

 
feat : Kathérina & Howard

 
Alors qu' Howard ne pouvait pas agir de manière plus lamentable et pathétique, Bonnie avait l'air, au contraire, de le trouver complètement fascinant. C'était à n'y rien comprendre, plus il pleurait, plus elle le dévorait du regard comme notre friandise préférée que l'on garde pour la faim pour en garder le goût dans la bouche.

« Ne désires-tu pas toi aussi avoir cette chance et.. enfin je sais bien entendu que c'est très difficile pour toi, bien sur mais... »

Howard lui coupa la parole. C'était comme s'il ne supportait pas d'entendre des insinuations de cet ordre là. Bien sur qu'il avait tendu le bâton pour se faire battre, bien sur que ses mots avaient émietté des indices qu'on ne pouvait pas ignorer, mais... C'était dur d'oser en parler pour la toute première fois de sa vie. Cette fois il n'était pas en confession, il n'y avait pas de grille derrière laquelle se cacher, et Dieu n'était pas disposé à pardonner. Aujourd'hui une femme, une séductrice reconnue lui demandait droit dans les yeux si lui aussi n'aimerait pas goûter à toute cette débauche, quoi, c'était bien ça qu'elle proposait, non ? En même temps... Peut-être l'avait-il insinué avant elle, rien n'en était moins sur, il était si perdu...
Il répéta plusieurs fois son nom comme pour la faire taire et pour en même temps quémander de l'aide. Les résonances de son prénom lui faisaient du bien, ça l'apaisait. Comment pouvait-il se sentir aussi libéré devant une femme que son père aurait qualifié de « putain » ? Alors qu' Howard réclamait de l'aide, les yeux plein de larmes comme un condamné à mort qui demande un sursit, Bonnie avait l'air totalement désemparée. Comme si elle n'aspirait qu'à le consoler, mais qu'elle ne saisissait pas bien ce dont il avait besoin. Elle s'approcha de son visage pour chasser ses grosses larmes d'un revers de main. Howard ferma les yeux et eut un mouvement de recul, comme à chaque fois qu'on l'approchait, comme une petite bête captive et farouche. Puis, une fois le contact clairement établit, il s'y habituait doucement. Il avait déjà tenu sa main, et ses caresses étaient si douces, si chaleureuses, qu'elles faisaient du bien comme du baume sur un cœur en lambeaux.

« Comment ? Qu'attends-tu de moi ? A quoi penses-tu, qu'est-ce qui a bien pu te faire dire que j'étais la solution ? Je.. Je devine que tu as appris quelque chose, que tu veux te libérer. Dis moi ce que tu veux Howard, comment puis-je te délivrer ? Dois-je te rendre plus vivant ? Dois-je t'apprendre quelque chose ? Dois-je te guérir ? Je peux te dire des choses je.. tu veux savoir ce qu'il faut faire avec les vivants et... ce qu'ils aiment ? Et toi tu.. tu veux savoir ce que tu aimerais ?»


C'était comme si elle analysait ses pensées les plus intimes, ses regrets, ses peurs et ses hontes. C'était comme s'il était nu et qu'il ne pouvait se retrancher derrière aucun mensonge, aucune parure, aucun artifice. C'était maintenant qu'il fallait avouer, c'est ça ? C'était maintenant qu'il fallait clairement formuler ce qu'il avait dans la tête depuis tant d'années ? Mais enfin, ces choses là ne s'exprimaient pas avec des mots ! Il n'en existait pas d'aussi justes, d'aussi forts ! Et puis... Même prononcés par Bonnie, ils étaient tellement honteux qu'ils ne pouvaient pas être formuler à voix haute.

« ...Oui », avait-il murmuré en baissant la tête, le visage défiguré par la honte. Pas de longs discours, pas de réponses à ses questions, juste un « oui ». Pas celui qu'on prononce fièrement au cœur des églises quand on s'aime, un qui arrachait la bouche, un qui était lourdement chargé de douleur et d'affliction.  Howard ne savait même pas si Bonnie avait pu l'entendre ce tout petit acquiescement qui signait ses aveux. Cette dernière reprit :

« Un homme ça.. ça aime vivre, ça aime regarder, ça aime toucher. Ils ont aimé des paroles perverses dont j'avoue avoir eu honte par la suite, ça les avait fait beaucoup sourire. Rien ne pouvait leur faire de mal aussi longtemps qu'ils étaient là à me toiser de la tête aux pieds. Ils aimaient lorsqu'on dansait dans cette chambre trop étroite pour deux ou dans ce salon sur une vieille chanson qui passait à la radio ou qui raisonnait dans nos têtes. Lorsqu'on prenait.. un verre ou trois, ou lorsque nous étions effroyablement sobres à en faire vomir un alcoolique. Il faut toujours envisager les désirs différents et les situations car chaque personne est finalement unique et... Toi.. toi, qu'aimerais-tu, à leur place ?»

Sa main dans celle de la blonde était déjà une rude épreuve qui malgré tout commençait à devenir naturel, mais ça... Lui faire imaginer malgré lui un homme, non, des tas d'hommes exprimer leurs désirs les plus brutaux, les plus primaires sans honte, et ensuite, lui demander ce que LUI, Howard James Taylor aimerait « à leur place » ??  C'était de l'exclusif, du jamais vu ! Enfin voyons, c'est à peine s'il osait se regarder dans un miroir, ou considérer son propre corps lorsqu’il se douchait, comment pouvait-il réellement répondre à cette question ? Il était tiraillé entre deux réalités : la science et la religion. Son côté rationnel et scientifique lui disait que ce n'était qu'un corps, une enveloppe charnelle dont il s'occupait tous les jours auprès des défunts, et la religion lui soufflait que c'était quelque chose de sale. Du moins... La manière dont on lui avait inculqué la religion prônait ces idées là. Un corps était fait pour se mouvoir dans l'espace, pour travailler, pour procréer évidemment, quand l'heure était venu. Un cerveau réfléchissait et analysait, l'Homme n'avait besoin que de ça. Le reste était l’œuvre de Satan, il ne fallait pas se détourner de ses valeurs propres, et ne pas se perdre dans la fornication. Y songer pour Howard, c'était presque pire que d'avoir participé au massacre qu'avait commit Bonnie avant d'être enfermée ici. Y penser faisait de lui un homme mauvais, un homme impur, qui ne méritait pas de vivre sur Terre, et encore moins au Ciel.

VLAN. Ses pensées s'évaporèrent d'un seul coup. Jute au moment précis où Bonnie avait posé sa main libre sur sa joue brûlante, juste comme ça, pas pour essuyer ses larmes cette fois-ci. Il s'agissait d'un contact non pragmatique, purement désiré, et quand cette blanche main se perdit dans l'épaisseur de ses cheveux sombres, Howard avala de travers. Leurs visages étaient désormais si proches qu'il avait accès à un tout autre angle de vue sur Bonnie. Des.... "Choses" dans ces yeux dansaient, des silhouettes en feu qui ondulaient, il avait l'impression d'être charmé aussi stupidement qu'un cobra dans un vase au son d'une flûte. La dernière personne qui l'avait touché ainsi, qui l'avait regardé si intensément, qui s'était approché de trop près.... Howard frissonna. Edgar l'avait pris au dépourvu, mais maintenant il savait plus ou moins comment ça marchait, il savait reconnaître certains "codes", certains signes, certaines...  "Procédures", car ce n'était que cela pour lui ! Il s'arrêta de respirer, ferma les yeux, et il déglutit si difficilement que sa pomme d'Adam le faisait atrocement souffrir.

« Ils avaient besoin d'être consolé car ils ont tous été déçu... ils avaient besoin, comme toi peut-être, que je les délivre. Tu es prisonnier ? Je... tu veux que je brise tes chaînes n'est- ce pas ?»


« Je... ». "prisonnier"... Est-ce qu'ils ne l'étaient pas tous, ici ? C'est ce qu'il avait envie de répondre, envie de comprendre. La première acception, le premier degré, sauver sa dernière chance, nourrir une dernière fois le gouffre abyssal de son déni. Il renifla bruyamment en fixant le sol. Allez Howard... Maintenant il fallait être fort, maintenant il fallait être un homme. Dans un élan de spontanéité, par pur mimétisme, il effleura une de ses longues mèches de cheveux. Sa main tremblait, et il eut si chaud qu'il se demanda s'il n'allait pas carrément s'évanouir. Bonnie frissonna, elle lui ressemblait quand elle faisait ça, c'était si émouvant, qu' Howard amplifia sa caresse et toucha la pommette de la blonde. C'était la première fois qu'il touchait le visage d'une femme, enfin, de cette façon du moins. C'était doux comme la texture d'une pêche, c'était aussi tellement inconvenant et illogique comme scène, qu' Howard eut presque envie de rire...

« Je ne peux pas le dire, Bonnie... Tout... Tout ce que tu dis ça... C'est trop pour moi. Tu ne te rends peut-être pas compte des efforts que je fais là, là MAINTENANT », accentua-t-il en caressant davantage sa joue. « Tes mots ont une valeur pour moi, je veux dire.... Je sens bien que ça percute quelque part, mais j'arrive pas... ».
« Je sais que ma peau en contact avec la tienne te brûle, je sais que tu es mal à l'aise au toucher, que tes principes religieux t'interdisent toute saveur charnelle. Mais.. Tu sais, je ne veux pas te nuire. Tu peux toujours être sincère et honnête avec moi, je ne te jugerais pas, je ne juge jamais personne. Je ne suis pas la brutale Lyzbeth, la venimeuse Alicia... »

Howard leva ses yeux criants vers elle comme au ralentit. Il avait vu toute sa vie défiler avant d'oser prononcer du bout des lèvres :

« Je voudrais... Je voudrais que tu me montres. » (soupir de soulagement ou de douleur). « Je voudrais que tu m'expliques, que tu m'apprennes. Mais... Surtout, je voudrais entendre. Entendre des choses. Des choses, des réalités tellement atroces pour moi que je ne supporterai pas que tu me vois les dire. Je porterai un masque ou quelque chose de bandé sur mes yeux pour avoir l'illusion que je suis invisible, tu comprends ? Non... Non bien sur. Je dois être le premier idiot qui te demande ça, je suis un cas d'école... Désespérant ! ».

Pendant que la honte de sa vie jaillissait de ses lèvres sans qu'il ne puisse trop la retenir, Kathérina était apparu comme par enchantement. Comme si la situation était trop affligeante, trop insupportable, et qu'elle était venue le sauver, malgré sa propre faiblesse.

La conversation ne tournait plus autour de lui, il pouvait reprendre du poil de la bête, Bonnie était partie. Kathérina ignorait ses péchés et ses désirs. Katéhrina n'avait aucune idée des mots que sa bouche avait pu prononcer. Il voulait la faire réagir, que Lyzbeth la secoue, que Bonnie la secoue, et même Alicia ! Cela le blessait au plus haut point de voir le si joli visage de Bonnie autant marqué par la peur et l'angoisse.


« Prendre.. conscience de ma situation ? »


«Je sais que... Je sais qu'une femme doit faire honneur à son époux » (mordillage de lèvre). Les mots étaient lourds et il entendait son propre père en lui, prononcer ces mots à sa place.

« Je sais que vous l'aimez et qu'il vous aime, je sais aussi les conventions sociales, les valeurs et le devoir, Madame, croyez-moi, ceci étant, je crois que vous êtes en train de survivre, vous n'êtes pas en paix... ».


« Je.. je n'ai pas d'autre choix que de vivre dans la peur Monsieur.. Si j'ose ne serait-ce que vivre un peu s'en est fini de moi... Quand j'étais vivante j'étais forcée de me taire, de sourire c'était.. insupportable et maintenant je.. je suis ici et je ne sais pas quand il viendra, j'ai peur qu'il me ramène dans ce manoir retiré mais j'ai peur aussi qu'il ne vienne jamais... Je ne comprends pas pourquoi je suis ici, je n'ai jamais rien fait pour qu'on me considère comme une folle vous savez... »

Oui... C'était quand même l'hôpital qui se foutait ouvertement de la charité ! Howard qui osait lui proclamer ces belles paroles alors qu'il n'en croyait pas un mot, alors que... Alors qu'il y avait très clairement une petite Kathérina en lui, qui se recroquevillait devant son père, devant sa mère, et même devant les domestiques ! Il avait honte. Comment pouvait-il tenir un rôle qui ne lui allait pas du tout ? Et au même instant... :

« J'ai tellement honte de moi vous savez... Dieu me pardonnera t-il ma confusion ?»

Alors ils avaient tous les deux honte. Parfait. Et maintenant ? Ah ils avaient l'air fins !

« Madame... Ne perdez jamais foi en Dieu. Même dans les moments les plus sombres, même quand vous aurez l'impression d'être seule au monde, il est à l'écoute, et ne pourra que pardonner et prendre pitié d'une telle âme comme la vôtre », ça au moins, il le pensait. Il allait reprendre la parole quand la douce et chaste Kathérina se mit à échapper un rire... Un rire presque mesquin. Un de ceux qui glaçait le sang et qui n'avait rien  à voir avec l créature qu'elle était. Oh... Ses yeux n'étaient pas les mêmes, ses manières non plus, Alicia l'avait poussé sur le côté, elle l'avait remplacé. « Mon tour ! ».

« Kathérina est elle même une enfant, elle tient à peine debout et c'est un petit squelette ambulant alors je me demande bien pourquoi Andrew a épousé une femme qui est incapable d'engendrer. Ça crève les yeux, il n'aura jamais ce que tout homme désire. Il la cassera en deux avant même d'avoir songé à un enfant d'elle. Elle a fait plusieurs fausses couches cependant et vous savez ce que ça veut dire. Religieusement, cela veut dire qu'elle est impure, elle ne mérite pas ce cadeau du ciel.' Enchantée ! Je suis la Duchesse Alicia Barrow. »

Howard entendait ces voix et ces réflexions à longueur de journées, avant... Il connaissait la moindre intonation, la moindre ponctuation, les moindres gestes et sarcasmes. Ces propos venimeux derrières des visages séraphiques, trop parfaits. Il avait été habitué à penser pareil, à agir pareil, mais là, dans la bouche si sensuelle, si séduisante de Bonnie, ces mots acerbes étaient tout simplement à vomir.

« Enchanté, Madame la Duchesse. », dit-il en inclinant légèrement sa tête en guise de révérence. « ça me fait beaucoup de peine pour Kathérina, personne ne peut rien faire pour l'aider ? ».
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MIROIR : Jessica Alba
IDENTITÉ : Nymphette à Mines
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In your hate, I&#39;ve found god. In your sin I&#39;ve found love. In your faith, I&#39;ve found forgiveness.
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EST ÂGÉ DE : 20 ans
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Kathérina Barrow

MessageSujet: Re: You were like a virgin, touched for the very first time   Mer 18 Mai - 9:59



Howard & Kathérina


 




« ...Oui »


Un simple et presque inaudible « oui » qu'elle n'aurait jamais pu entendre si elle n'avait pas été aussi proche de lui à ce moment précis. Il était si certain et incertain à la fois de ce qu'il voulait, ou plutôt, il avait honte de ses désirs qu'il s'acharnait à étouffer, elle en était certaine. C'était pour cela qu'il baissait les yeux, que dès qu'il s'agissait de lui il se crispait immédiatement et lui lançait des signaux d'alertes pour lui montrer qu'il se sentait mal, qu'il était perdu. Mais qu'est ce que cela pouvait-il bien signifier concrètement ? Ses réponses étaient vagues, beaucoup trop vagues pour qu'elle puisse être certaine, elle avait besoin de... ne serait-ce que d'indices et de choses comme cela. Bonnie avait paniqué intérieurement et, toutes ses pensées s'emmêlant dans son esprit, elle avait agit impulsivement et avait posé sa main sur son visage, comme ça, elle avait fait ce geste d'affection qu'elle avait répété tant de fois pendant sa vie, pendant sa folle aventure. C'était de ce geste que naissaient les étreintes, c'était de ce geste si anodin que naissaient d'ardentes passions. Mais là c'était différent, ce n'était pas comparable à tout ça. Bonnie était animée par l'envie de tuer, rien que de cette idée elle était amoureuse. L'amour de l'individu venait après. Là, il n'y avait aucun intérêt à se montrer tendre avec ce garçon à première vue. Elle ne pourrait pas le tuer, elle ne pourrait pas le manger. Elle n'en avait simplement pas envie. Elle voulait l'aider parce qu'elle savait qu'il pouvait sortir d'ici, qu'il était bon, qu'il était pur. Alors si elle, pauvre pécheresse déjà damnée pouvait l'aider ne serait-ce qu'un peu et le faire avancer faire cette « guérison » dont il parlait et dont elle seule semblait avoir la clef, elle l'aiderait. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il insinuait par la parole et la façon dont ils se tenaient l'un l'autre était très ambiguë et troublante si bien qu'elle sentait la peau d'Howard bouillir sous sa peau glaciale.
« Shhht.. détend toi et vite ta tête. Ce n'est pas grave, je ne vais pas te sauter à la gorge, je ne vais pas te faire de mal, je ne veux pas te faire de mal. Tu tiens ma main droite dans la tienne et j'ai ma main gauche dans tes cheveux et sur ton visage. C'est... c'est un contact normal, c'est un contact humain, deux tissus, deux peaux qui se touchent tu vois ? C'est simplement ça. Ce n'est pas un signal de prédateur pour te dire que je vais te nuire Howard. » Elle tentait de le rassurer avec un langage qu'il devait sans doute connaître, quelque chose de rationnel, non brodé, qui enlevait le caractère « humain » de ce contact qui l'était plus que n'importe quel autre contact ! Il s'agissait bien là d'un geste de tendresse et c'est bien ce que les grands yeux de Bonnie laissaient paraître mais elle ne se rendait certainement pas compte que, sans doute, c'était généralement son regard de nymphe transpirant d'érotisme qui paralysaient ses victimes, la mort venant. Mais à ce moment même, elle ne voulait paralyser personne, elle ne serait pas la menthe religieuse qui dévore après quelques étreintes. « Les mots ne sont que des mots, les gestes ne sont que des gestes. Ca n'engage jamais à rien. » Et il avait entreprit à nouveau de frôler sa peau, il semblait.. concentré et ébahit devant elle, comme si pour la toute première fois il touchait la peau de quelqu'un de bien vivant ! Un sourire de stupéfaction se dessina sur les lèvres écarlates de la jeune femme tremblotante, elle était vraiment très surprise de ce qu'il était en train de se produire.


« Je ne peux pas le dire, Bonnie... Tout... Tout ce que tu dis ça... C'est trop pour moi. Tu ne te rends peut-être pas compte des efforts que je fais là, là MAINTENANT » Elle sursauta vraiment cette fois ci, comme si il venait de plonger sa main entre ses côtes et bloqué un de ses poumons. Il s'emportait, son regard lui semblait flou et plus il lui certifiait qu'il n'y arriverait pas et à quel point c'était difficile, plus ses gestes étaient appuyés sur elle, plus ils confirmaient l'inverse de ses dires.
 « Tes mots ont une valeur pour moi, je veux dire.... Je sens bien que ça percute quelque part, mais j'arrive pas... » Bien sur que si, il se sous-estimait simplement trop. Cet homme aurait pu gravir des montagnes, il aurait pu partir en mer et vaincre, une fois sur Terre après avoir terrassé le Kraken, l'Hydre monstrueuse si simplement il n'avait pas eu ce père terrifiant dont il avait précédemment faire allusion, si seulement il n'avait pas ce nom, cette entreprise famillial à gérer. Bonnie était bien contente, lorsqu'elle constatait cela, de n'avoir aucune famille. Elle regarda (encore) Howard et soupira. Il était honnête, mais sa vie manquait cruellement d'un entourage pareil à lui.
« Tu sais ce qui parvenait à me faire du bien dans ces relations sordides et parfois très humiliantes les premières fois Howard ? Ca m'a fait du bien parce que c'était vrai, c'était dénué de toute honte, de toute réflexion, et aussi de peur. On ne réfléchit pas dans ces moments là, sinon.. sinon on perd la tête, on redevient lucide et on ne fait rien, on s'en va parce qu'on a honte. J'ai eu très envie de me cacher dans une tanière les première fois ou je me suis.. littéralement vendue, comme ça, à ces inconnus qui me mettaient la boule au ventre. Je pensais trop, je me posais trop de questions, j'étais perdue, ça me dégoûtait et c'était difficile. Finalement, je suis tombée après sur les bonnes personnes, celles qui m'ont élevé comme si j'étais un astre, une divinité céleste ! Je sais... je sais que c'est difficile Howard mais... te rends-tu compte de ce que tu fais là, maintenant ? Tu as pris ma main, tu as effleuré mes cheveux et tu caresses mon visage. Pourtant ça va, pourtant tu vois bien que ton âme ne brûle pas, que c'est innocent tout ça n'est-ce pas ? Tu peux avoir confiance en moi, je te promets.»


« Je voudrais... Je voudrais que tu me montres. Je voudrais que tu m'expliques, que tu m'apprennes. Mais... Surtout, je voudrais entendre. Entendre des choses. »
Elle venait de se prendre un sacré coup de fouet. Montrer, expliquer et détailler. C'était étrange, il fallait se l'avouer, elle n'avait rien contre le fait d'évoquer avec quelques détails ses histoires mais de là à les narrer comme on conte une histoire, c'était une première. Et lui montrer aussi, comme si il n'était qu'un pantin après tout, sur qui elle montrerait les choses qu'elle avait bien pu faire, s’adaptant aux envies des vivants.
« Des choses, des réalités tellement atroces pour moi que je ne supporterai pas que tu me vois les dire. Je porterai un masque ou quelque chose de bandé sur mes yeux pour avoir l'illusion que je suis invisible, tu comprends ? Non... Non bien sur. Je dois être le premier idiot qui te demande ça, je suis un cas d'école... Désespérant ! »
C'était vraiment particulièrement bien tourné, si bien qu'elle ne savait pas vraiment si il cherchait juste à imager son propos ou si.. Non, non bien sur que non, ce n'était pas une image, il voulait réellement se voiler le regard, espérant que sans voir, il ne serait pas vu en train de participer aux discours de la jeune femme les plus sordides. Il avait sûrement envie de les savourer, de les écouter en laissant Dieu et ses principes dans un coin de sa tête. Elle pensait qu'il voulait « voir » la beauté  de la chose tout autrement. Elle esquissa un petit sourire, à nouveau qui se voulait bien rassurant et fixa les yeux affolés d'Howard qui commençait soudainement à être reprit par la honte et la peur :
« Si, je.. je comprend alors arrête donc de … arrête donc de te dévaloriser à ce point Howard. Tu es certes le premier à me demander une telle chose mais... mais ça non ce n'est pas une requête stupide et encore une fois je ne suis pas là pour juger de tes envies tu sais... Tu n'es pas « désespérant ». Si fermer les yeux ou quelque chose d'autre peu t'aider à faire face à mes propos, à ne pas avoir honte de les écouter et voir même de peut-être les apprécier, alors ce n'est pas un problème ! »
Elle allait devoir raconter, raconter ce qui faisait qu'elle était vivante, ce qui faisait parti d'elle à présent et ce qui était encré dans un casier judiciaire et un dossier psychiatrique bien épais. « Par quoi veux-tu que je commence ? Que veux-tu apprendre ? Sur quel type de « personnage » ? J'ai un large.. tableau d'être humain à ma disposition. » Elle allait devoir raconter ce qui avait traumatisé Kathérina et qui avait dégoûté Alicia.


Kath, elle, ne supportait pas ces images sordides qui flottaient dans sa tête. De manière générale, elle ne supportait pas la violence. Qu'elle soit gratuite, fondée, passionnelle. Elle considérait que cela faisait parti de l'être humain et que c'était dans sa nature animale, à un moment donné, de faire du mal, de frapper un bon coup ! Alors pourquoi elle, pourquoi n'avait-elle jamais levé les mains sur quelqu'un, pourquoi ne c'était-elle jamais défendue face aux multiples violences qu'elle avait du subir ? Elle était trop faible, elle était trop lâche pour relever la tête. C'était plus simple de rester au sol, car au moins on ne pouvait pas retomber. C'était beaucoup plus simple d'attendre qu'Andrew se rende compte de lui même qu'il lui faisait du mal, c'était trop simple d'attendre ses tendresses et ses excuses. Elle était spectatrice de tout, elle ne pouvait rien faire, elle ne participait jamais. Elle avait pourtant essayé de se protéger, au moins. Cacher ses yeux pour ne pas voir Bonnie avec ses hommes et ses femmes, pour ne pas voir Lyzbeth plonger sa bouche dans leur chaire et leur tripes et pour ne pas voir ce fichu air hautain sur le visage d'Alicia qui était autant choquée qu'elle face à ce spectacle. Et surtout cacher ses yeux pour ne pas croiser le regard flamboyant de rage, de passion et de folie d'Andrew pendant que Lyzbeth participait, qu'Alicia se figeait et que Bonnie aimait presque ça, y trouvant sûrement une certaine beauté. Comme disait Howard, ça donnait l'illusion d'être invisible, et un être invisible était un être intouchable. Et il avait l'air de (malheureusement pour lui) la comprendre.


«Je sais que... Je sais qu'une femme doit faire honneur à son époux . Je sais que vous l'aimez et qu'il vous aime, je sais aussi les conventions sociales, les valeurs et le devoir, Madame, croyez-moi, ceci étant, je crois que vous êtes en train de survivre, vous n'êtes pas en paix... »
C'est vrai qu'au début c'était un véritable paradis que d'être dans les bras de cet homme. Il était capable de tout, vraiment ! C'était un Dieu vivant, il avait tout les pouvoirs, et surtout il était passionné, comme elle. Il est son Roi à elle. Au commencement, lorsqu'ils commençaient tout juste à se fréquenter, ils faisaient raisonner leurs instruments de musique dehors en été et au printemps, à l'intérieur faisant vibrer les murs du manoir, faisant danser les gens. Ils sortaient en pleine nuit jusqu'à l'aube, ils parlaient et riaient ensemble. Kathérina était la muse d'Andrew. Elle l'inspirait pour tout, tout le temps. Il avait composé pour elle et sur elle, il l'avait dessiné, détaillé chaque parcelle de sa peau, chaque partie de son corps déjà fragile. Il l'avait photographié, des milliers de fois, n'importe où, n'importe quand. Elle est sa Reine à lui. Mais après, c'est devenu un cauchemar, un véritable enfer. Andrew et elle se sont mariés, ils ont continué à s'aimer très fort, et plus les jours passaient, plus leur amour s’amplifiait et les détruisait. Andrew était un poison venimeux, il a fait tout ce qu'on peut faire de pire à un animal, réduisant son épouse à ce simple statut. Il a continué a jour et à composer, à la dessiner, à la photographier. N'importe où, n'importe quand. Même dans les moments les plus horribles, et Kath n'aimait plus ça, c'était humiliant et dégradant que d'avoir des preuves et des traces de sa faiblesse couchée sur le papier. Elle bénissait le seigneur d'avoir encore des jours d'amour sans violence, elle priait pour que ces jours calmes et amusés comme les anciens jours se répètent, sans cesse. Howard avait encore une fois bien raison, elle survivait, elle était dévorée par les flammes de l'Enfer.


"Mais comment puis-je lui faire honneur si je m'oppose à lui ? Et quand bien même je le ferais, je l'ai déjà fait. Je ne peux rien contre lui, si j'ai le malheur de faire quoi que ce soit .. » Elle se crispa et baissa la tête, resserrant des jambes pliées contre sa cage thoracique et serra les dents, comme elle avait l'habitude de faire quand la douleur se faisait trop insupportable. Rien que d'y penser, elle avait envie de pleurer sans jamais s'arrêter.
« C'est un jour comme ça qu'il m'a tué » prononça t-elle, hésitante, regardant à droite et à gauche, comme si il pouvait venir souiller son âme à tout moment, lui broyer les épaules, faire arrêter son cœur.


« Madame... Ne perdez jamais foi en Dieu. Même dans les moments les plus sombres, même quand vous aurez l'impression d'être seule au monde, il est à l'écoute, et ne pourra que pardonner et prendre pitié d'une telle âme comme la vôtre »
Elle ne put empêcher quelques larmes de couler encore une fois sur les creux osseux de son visage en pensant à Dieu. Elle était morte mais elle ne parvenait pas à atteindre le paradis, elle ne savait pas si elle était encore sur terre, au purgatoire ou aux enfers.


« Il m'a renié, c'est certain... je suis bloquée sur Terre, ou en Enfer mais il est clair que je ne suis pas au Paradis.. il ne veut pas de moi en haut.. mais je n'ai rien fait, j'ai toujours prié... pourquoi ne parvient-il pas à me pardonner ? Pourquoi me laisse t-il là et ne me libère pas de ma douleur et de ma souffrance ? »
Elle voulait la réponse mais en avait effroyablement peur. Elle doutait d'elle, elle ne savait pas vraiment si elle avait péché en s'échappant du manoir Barrow, en ayant une fois ou deux dit à Andrew de cesser, en ayant était complice des crimes de Lyz et Bonnie. Alicia, elle, en revanche, n'avait rien à se reprocher.


Pourtant, des quatre filles, elle était facilement directement derrière Kathérina pour ce qui était de la douleur. Elle n'avait pas honte, elle ne se considérait pas comme complice. Mais elle souffrait et compatissait plus qu'elle ne le laissait croire à l'affliction et le chagrin de cette dernière. Elle souffrait quand elle s'acharnait à se rendre parfaite mais qu'Andrew la défaisait de ces artifices pour y voir sa belle épouse dans le plus simple de ses appareils ce qui la gênait totalement, elle souffrait lorsqu'elle nettoyait sept, huit fois une pièce de fond en comble et qu'il venait la tâcher avec son propre sang, elle souffrait d'être aussi incapable de Kathérina à procréer mais remettait cela sur la faute de Dieu, sur sa volonté à l'instant. Elle souffrait de l'imperfection de ce monde qui résolument n'était pas fait pour elle et qui était trop sale et désordonné, elle se décapait les mains une centaine de fois par jour en nettoyant, encore et encore et si elle avait pu se laver à l'acide, elle l'aurait fait pour laver son corps et le purifier. Elle souffrait des souvenirs, tout comme Kathérina, des humiliations, de scènes horribles qu'elle avait pu voir dans sa courte vie. Mais ça, elle était incapable de le montrer, c'était se résoudre à se montrer faible, lâche. Mais Alicia était parfaite. Elle releva son regard qu'elle avait baissé en pensant à tout cela, elle changea en un instant l'expression triste de son visage, reprit son sourire qui cachait tant de supplices, de peine et coinça à nouveau une mèche de cheveux derrière une oreille, à nouveau cinq fois de suite avant de remarquer que les cheveux d'Howard était désordonnés. Elle se crispa et serra les poings pour s'empêcher de le recoiffer immédiatement.


« Enchanté, Madame la Duchesse.  Ca me fait beaucoup de peine pour Kathérina, personne ne peut rien faire pour l'aider ? »
Elle arqua un sourcil, surprise. De l'aide ? Depuis quand les gens se souciaient-ils d'elle ? Les gens prenaient Kath en pitié, elle le savait, de toute façon elle faisait peine à voir malgré ses allures de princesse Sainte. Mais qu'ouvertement, un inconnu -qui elle supposa, connaissait Kathérina- s'inquiétait pour sort ? C'était surprenant, il devait surement avoir très envie de mourir des mains du Duc pour oser ne serait-ce que prononcer ces mots.


« Vous avez de la peine pour elle ? Il ne faut pas, cette enfant a tout ce qu'elle veut. Mais, on ne peut pas tout avoir et ce détail qui est plutôt de taille fait parti de ce qu'elle ne peut avoir. C'est comme ça, elle ne le mérite pas, les Barrow n'auront pas de descendance du côté d'Andrew, au grand désespoir de son cher Père. Ils persévèrent pourtant mais... » elle esquissa un petit sourire qui, pour la première fois avait l'air honnête et compatissant « ..C'est comme ça que se joue la vie, le destin n'a pas prévu ça pour eux. Après tout... elle n'a que vingt ans, mais c'est déjà beaucoup dans notre milieu, 20 ans. »


© TITANIA

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You were like a virgin, touched for the very first time

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