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 Les frères Malrow | ft. Nolan

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MessageSujet: Les frères Malrow | ft. Nolan   Mer 4 Juil - 23:26

Les frères Malrow | ft @Nolan A. Malrow



Je ne m’ennuyais pas forcément, aujourd’hui, mais j’avais mes raisons d’avoir envie d’un peu de silence, et je savais le hall réservé pour les hommes d’ordinaire silencieux. Bien entendu, il y avait encore la librairie, mais je n’aimais pas m’attarder sur de vieux livres poussiéreux, et rien n’était autant à la mode que cette foutue librairie si je puis dire. Bien sûr, cela était de l’ironie bien placée : comment pouvait-on n’avoir rien de nouveaux ? C’était inhumain ! enfin, qui étais-je pour prétendre cela inhumain alors que j’avais moi-même tué une pauvre femme, une incapable du nom de Christie. Christie ! j’en oubliais déjà son visage ; cela faisait cinq ans que je m’étais retrouvé enfermé dans cet asile de cinglés, et me voilà condamné à y errer pour l’éternité.

Je puis vous assurer qu’Ostrov n’était pas un asile agréable, et qu’il n’y avait là rien d’intéressant à s’y retrouver enfermé. Bien entendu, la vie y était maintenant moins perturbante et ennuyante que jadis, depuis que mon jeune frère, Nolan, était venu après avoir provoqué une fusillade. Je ne dirais pas être fier de lui en découvrant ce qu’il avait fait, mais j’étais très heureux de savoir que lui aussi était comme moi ; je savais que rien ni personne ne pouvait nous séparer, et Ostrov avait été une barrière à mon souhait d’enfin le retrouver définitivement. Il était mon petit frère, je ne pouvais tolérer une seule seconde qu’on me l’enlève de nouveau.

Mais Nolan était là maintenant, et tout allait bien. En pensant à lui, comme souvent, je me demandais s’il allait bien, s’il ne s’ennuyait pas de trop, et si ses relations avec les autres patients étaient au beau fixe, si personne ne lui voulait de mal, car voyez-vous, je serais prêt à enfreindre toutes les règles imposées par l’asile psychiatrique si quelqu’un osait s’en prendre à mon frère. Mon frère n’était pas n’importe qui, et personne n’avait le droit de s’en prendre à lui. Comment quelqu’un pouvait ne pas l’apprécier ? C’était à peine si je comprenais la fascination que cette idiote de folle avait pour lui. Comment s’appelait-elle déjà ? Je ne m’en souvenais guère, peut-être un nom comme Miss Pimp, ou quelque chose du genre. Elle ne m’intéressait pas et je ne la supportais pas ; j’avais déjà vu à plusieurs reprises le regard admiratif qu’elle portait sur mon frère, et sûrement s’en était-il rendu compte avant moi ? Mais cette cinglée, je ne l’aimais pas, et je n’aimais pas grand monde. Enfin, il y avait bien des personnes avec qui je m’entendais, et de toute façon, je m’en fichais de mes relations avec autrui. Le seul qui comptait, c’était mon petit frère. Uniquement lui, et je refusais catégoriquement que cette Pimp-folle s’en approche de trop près.

Etais-je obsédé par mon frère ? Non, je ne l’étais pas, voyons. J’aimais mon frère, plus que n’importe qui, et je donnerais tout pour lui. Alors, pensez à de l’obsession dérangeante si vous le souhaitez, mais c’en était pas. Au contraire, c’était un amour fraternel sincère et tout ce qu’il y avait de plus pur ; jamais personne n’obtiendrait le même lien qui nous unissait. Notre relation était unique ; et il était unique, mon frère l’était, oui, j’en étais même persuadé. Après tout, il avait provoqué une fusillade, et il était arrivé à Ostrov, me rejoignant définitivement, pour le restant de ses jours.

Alors que je pensais, et pensais encore et encore, davantage plus, et jamais moins, à mon petit frère, je le vis arriver au loin. Ah ! il me tardait de lui parler, de plaisanter avec lui et de retrouver notre complicité qui nous unissait depuis notre naissance.

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MessageSujet: Re: Les frères Malrow | ft. Nolan   Jeu 12 Juil - 23:14




les frères malrow

alexander & nolan

"Because brothers don't left each other wander in the dark alone."

La petite infirmière, j’avais fini par l’avoir. Avec un beau sourire, des yeux d’anges et c’était dans la poche. Elle avait autant envie que moi, je l’avais déjà remarqué depuis un moment. Mais elle n’osait pas. Elle n’osait pas parce que c’était stipulé dans le règlement. Pas de relations avec les patients. La porte était fermée et par je ne sais quelle sorcellerie elle avait réussi à convaincre de la laisser seule avec moi. C’est une simple visite de routine, il se tiendra à carreaux. Mais elle ne craquait pas complètement. Alors je continuais mon jeu de gentil patient, de petit agneau innocent. Elle me connaissait à peine, j’étais certain qu’elle n’avait pas lu mon dossier, ni celui d’aucun autre habitant de cette île. Et c’était tant mieux. Tant mieux parce que comme ça je pouvais l’attirer dans mes filets, partager un petit moment avec elle. J’en avais envie, elle était mignonne et je savais qu’elle en avait envie elle aussi. Et j’avais enfin réussi à la faire craquer. Nos vêtements se retrouvèrent étalés dans l’infirmerie alors que nous goûtions tous les deux au plaisir charnel.

J’étais sorti, comme si de rien n’était. J’étais apparemment en bonne santé et en plus de ça j’avais eu droit à une petite satisfaction personnelle. J’avais réussi à la faire craquer et apparemment ça ne lui avait pas déplu. Ça ne m’étonnerait même pas qu’elle vienne réclamer, encore faudrait-il que je la laisse faire. Un garde me raccompagnait du bâtiment principal, là où se trouvait l’infirmerie, jusqu’à mon bâtiment. L’aile consacré aux patients masculins, en général on n’y voyait aucune fille à l’horizon, sauf des infirmières, les rares gardes féminines et éventuellement des patientes venues prendre leur pied et briser des règles par la même occasion. Je trouvais ça bête, qu’on soit séparé par sexe. Quitte à être enfermé ici pour le reste de nos jours autant nous laisser nous amuser un peu, non ? On n’était pas des animaux non plus (enfin… quoi que). Mais au moins, il y avait des filles ici. Pas comme en prison, où il n’y en n’avait pas une seule à des kilomètres à la ronde (et s’il y en avait une elle était flic ou garde et loin, très loin d’être commode). Donc finalement, il ne fallait pas tant se plaindre que ça.

On entrait dans le hall et le garde m’enlevait enfin ces menottes, bracelets de fer qui maintenaient mes poignets. Il me lâchait et repartait, alors que je me retrouvais sous la surveillance d’un autre garde qui n’en avait pas grand-chose à faire de son job. Je frottais mes poignets par réflexe, regardant autour de moi pour voir si je trouvais quelque chose à faire ou si ma chambre m’attendait déjà.

Un sourire fendit mes lèvres. Alex. Alexander était là. Mon grand-frère avait l’air de se faire royalement chier assis un peu plus loin. Je souriais et m’approchais de lui, ce qui fit tiquer le garde qui comprenait enfin qu’il avait un boulot. Ils n’aimaient pas trop nous voir ensemble, Alex et moi. Mais il ne bougeait pas. Je suppose qu’il n’en n’avait pas envie, ou qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Puis quand -et si- on fera quelque chose de mal avec mon frère, il sera trop tard. Il se fera renvoyer et il regrettera de ne pas avoir bougé ses grosses fesses. Je m’affalais près de mon frère et lui souris, réellement enjoué. « Ben alors Alex, on s’fait chier ? Ou tu philosophes un peu ? »

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MessageSujet: Re: Les frères Malrow | ft. Nolan   Sam 14 Juil - 15:19

Les frères Malrow | ft @Nolan A. Malrow



Alors qu’un garde venait de ramener mon petit frère dans le hall réservé aux hommes, ce dernier quitta les lieux rapidement, laissant un autre garde se charger de la surveillance des lieux et des patients surtout. Malgré que Nolan se rapprochait de moi et que l’autre abruti l’avait remarqué, il ne broncha pas, ne bougea pas un pouce. Sûrement allait-il le regretter, je n’en savais trop rien, et puis, je devais avouer ne pas être franchement d’humeur à faire chier mon monde aujourd’hui. J’étais décidément irrité !

Enfin, comment vous dire ça ? Je mourrais d’envie de tout casser à cet instant précis, mais me retenir était une chose très importante, et plus je me retenais, plus j’avais envie de faire des dégâts, sauf que je connaissais très bien les sanctions qui allaient avec ; et je devais admettre que, pour le coup, je n’avais pas envie de me faire sanctioner une fois de plus. Tout n’allait pas bien, mais en même temps, j’étais enfermé à Ostrov avec pour seule compagnie ma maladie mentale. Oui, enfin, jusqu’à ce que mon petit frère ne vienne s’affaler à mes côtés, me souriant d’un air enjoué. Tiens, sa journée semblait être bonne pour qu’il soit aussi souriant, aussi... heureux ? Une forme de jalousie naissa alors au creux de mon cœur, et me fit froncer davantage les sourcils. Bien sûr que je voulais son bonheur ; c’était mon petit frère, mais... moi, je m’ennuyais, et lui s’amusait.

Finalement, quand il me demanda si je me faisais chier, ou si je philosophisais un peu, je ne retins pas un sourire amusé. Je faisais un peu des deux ; tout d’abord, l’ennui était un sujet parfait pour la philosophie, et la philosophie était un excellent moyen pour casser l’ennui. Alors autant parler d’un ennui philosophique, c’était tout à fait ça. Ouais, j’étais pas non plus une perle rare question philo, et je m’en foutais un peu de toutes ces choses bidons. Pourquoi le ciel était-il bleu ? parce que je t’emmerde, ducon, va. Je m’en foutais de ces questionnements débiles ; allez donc chercher la réponse scientifique, et vous le saurez. Moi, je ne pouvais pas vous répondre.

« Je dois être en pleine crise de ma trentaine. Tu comprendras, tiens ! Et toi alors ? Tu m’as l’air bien satisfait... »

J’eus un sourire taquin et me penchais vers lui pour faire en sorte que seul mon petit frère puisse m’entendre ; de toute façon, ce que j’allais dire relevait d’une sanction terrible. J’ai nommé principalement l’isolement ! et en tant que patient, nous étions déjà isolés du reste du monde, alors imaginez un peu la folie qui nous prenait à l’intérieur. C’est quelque chose que jamais vous ne comprendrez, croyez-moi les enfants.

« T’as réussi à tirer ton coup, petit frère ? »

Quoi ? Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je passe par quatre chemins, si ? J’avais le droit de lui poser avec franchise cette question ; c’était mon petit frère, et sa bonne humeur était trop louche pour qu’elle ne provienne pas d’un acte sexuel. Qui avait bien pu lui faire une pareille récompense ? Je me le demandais bien !


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MessageSujet: Re: Les frères Malrow | ft. Nolan   Mer 18 Juil - 20:37




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Je ne savais pas trop ce que je devais ressentir vis-à-vis de la présence de mon frère ici. Il était arrivé avant moi, j’étais au courant de ce qu’il avait fait mais je n’avais jamais su où on l’avait envoyé. C’était comme s’il avait disparu de la surface de la planète. Personne n’avait rien voulu me dire, personne n’avait voulu me renseigner. Personne ne voulait me dire où se trouvait mon grand-frère. C’était pour ça que j’avais fini par péter les plombs, une des raisons pour lesquelles j’étais tant en colère contre le monde entier. Et une des raisons pour lesquelles j’avais fait ce que j’avais fait. On m’avait enlevé mon frère pendant des années et c’était beaucoup trop pour moi. C’était beaucoup trop pour un enfant qui avait besoin d’une famille, d’être balancé à droite à gauche et d’être privé de son frère. On ne s’était jamais, ou très rarement, retrouvé. Jusqu’ici. Jusqu’à ce que j’arrive ici et que je ne le vois. Je l’avais reconnu directement, comme si nous n’avions jamais été séparé. D’abord j’avais cru rêver mais non. Il était bel et bien présent sur cette île.

Et je ne savais pas. Je ne savais pas quoi penser, quoi ressentir. J’étais content, voire heureux qu’il soit ici mais d’un autre côté, j’aurais préféré qu’il soit ailleurs. Qu’il ait fondé une famille, qu’il soit heureux. Qu’il soit partout ailleurs, mais pas ici. Pas au milieu de ces dingues. Je savais ce qu’il avait commis, ce qu’il avait fait. Et je pouvais même comprendre ce geste. Mais pour mon grand-frère, j’aurais préféré autre chose. Une vie meilleure. Une vie qu’on ne pouvait pas avoir entre ces murs. Mais au moins, il était vivant. Ils ne l’avaient pas tué comme j’avais fini par le penser.

Un léger rire s’échappa de ma gorge. La crise de la trentaine. Mais bien sûr. C’était tout lui ce genre de réponses. On était réunis que depuis deux ans, mais j’avais presque l’impression qu’on n’avait jamais été séparé. « Ouais j’en doute pas. Une chose est sûr, j’te rattraperai jamais au niveau de l’âge, papy. », lançais-je un sourire moqueur sur les lèvres. J’aimais mon grand-frère, c’était certainement la seule personne que je ne pourrais jamais réellement aimer. Mais j’aimais aussi l’emmerder. Vraiment.

Je me penchais pour écouter ce qu’il avait à dire, et souriais à sa remarque. Je hochais la tête, le sourire toujours aux lèvres. Ouais, j’avais réussi à tirer mon coup. Mais pas avec une patiente, avec une infirmière. Et même là, ça avait été presque trop facile. Je restais près de lui pour répondre, personne d’autre ne devait entendre. Je n’avais pas trop envie de finir en isolement et je ne voulais pas non plus que la petite infirmière se fasse renvoyer. J’aurais peut-être encore besoin d’elle. « Ouais. Avec une infirmière. Tu vois la petite brune ? La nouvelle, elle est arrivée y a genre… Un mois à tout casser. Pas difficile de la faire craquer et crois moi ça vaut le coup. » Je le regardais. « Tu devrais peut-être tirer un coup, la crise de la trentaine passerai peut-être mieux. »

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MessageSujet: Re: Les frères Malrow | ft. Nolan   Ven 20 Juil - 0:27

Les frères Malrow | ft @Nolan A. Malrow



Les propos moqueurs qu’il me lança me firent discrètement rire. J’adoptais alors un air faussement indigné d’entendre de pareilles calomnies de la part de mon frère, notamment sur mon âge et l’appellation employée ; « papy » restait malgré tout un terme sacrément condescendant, ne trouvez-vous pas ? Imitant une voix sévère et un air contrarié, je lui dis :

« Le “papy” en question commence, très certainement, à se faire bien vieux, mais il n’en reste pas moins ton aîné. Penses-y mon enfant, penses-y. Qui t’offrira des cadeaux ? C’est pas le Père Noël ; non, non, c’est papy qui te les offre. »

Un peu de respect pour le vieux que j’étais tout de même ! Bien entendu, cette appellation me fit plus rire qu’autre chose ; j’aimais exagérer sur mon âge, et me dire que je me trouvais bien trop vieillot dans cet endroit tout aussi pourri. Ostrov et moi avions ainsi, au moins, un point en commun : nous n’étions que deux vieux croutons qui ne faisaient que sombrer dans la pure folie, ensemble, et sans jamais parvenir à cesser nos chutes respectives, s’enfonçant plus profondément dans les ténèbres de l’apocalypse, dans les profondeurs de la plus terrifiante de toutes les obscurités qui puissent exister. En quelque sorte, ce point commun était glorifiant ; je n’étais, en effet, pas aussi vieillard qu’Ostrov, et cela avait quelque chose de plus ou moins rassurant. Oui, enfin, se dire que cet asile psychiatrique était là depuis déjà quelques temps restait inquiétant. Osez donc sortir du grand bâtiment, baladez-vous si vous en avez l’envie et le courage, et je vous garantissais que vous reviendrez les larmes aux yeux, mes chers. Les larmes aux yeux et la crotte aux fesses ! Oui. Et après, vous voyez, c’est papy qui doit ramasser derrière. Parce que papy est toujours là.

La discussion qui suivait était focalisée sur le coup qu’il avait pu tirer, notamment grâce à une infirmière. J’appris de sa bouche qu’il s’agissait ainsi de la nouvelle infirmière, arrivée il y a à peu près un mois au grand maximum ; une brunette à vrai dire. Je voyais bien de qui il s’agissait, et lorsqu’il m’avoua que cela valait le coup et qu’elle n’était décidément pas difficile à faire craquer, je ne pu m’empêcher de sourire. Tant mieux si mon frère avait pu obtenir toute la gloire de ce monde en passant par cette infirmière ! Et je priais sincèrement les dieux pour qu’il puisse de nouveau renouveler l’expérience comme il le souhaitait. De toute façon, mon frère avait le droit d’obtenir tout ce qu’il voulait ; qu’il soit Roi, je serais son bras-droit, fidèle à mon poste de grand-frère, de conseiller.

C’est alors qu’il me glissa, tout en me regardant, que je devrais peut-être tirer un coup histoire de faire passer la crise de la trentaine que je subissais actuellement. Ne devions-nous pas parler de la crise de la quarantaine normalement ? Je le crains fort, oui, mais ici, j’étais l’agneau, la frêle proie du terrible et grand méchant loup, j’ai nommé la crise de la trentaine. J’avais trente-deux ans, et toutes mes dents. Enfin, il fallait encore que je compte... je plaisantais, détendez-vous un peu. Bien sûr que j’avais toutes mes dents. Voyons. Nolan avait bien dit que j’étais un « papy », pas un « pépé ». Il y avait donc une grande différence entre être vieux et être carrément un fossile qu’on venait seulement de découvrir. Oh ! une nouvelle espèce sans dents. Imaginez un peu le scénario. Non, n’imaginez pas s’il vous plaît.

Revenons-en à nos moutons. J’avais souvent tendance à me perdre dans mes pensées, et cela ne contribuait pas à l’amélioration de ma santé mentale. De toute façon, j’étais éternellement condamné dans ce trou à rats, alors autant en profiter. En profiter comment ? Je n’en savais guère ; je m’amusais par-ci par-là, et je divaguais de temps à autres. A bien y repenser... eh bien, je subissais juste ma crise de la trentaine, c’était tout. Moi ? Tirer mon coup ? J’étais juste un foutu beau parleur complètement cinglé et charmeur, mais je m’arrêtais là. Et Christie... j’en avais mal à la tête rien que d’y penser. Christie était là, à me hanter sans cesse, à toujours prendre forme à chaque fois que je tentais de faire un pas...

Je préférais ne pas y penser. Surtout pas. Vous savez, les hallucinations, c’est comme le ventre. Ça arrive vite, mais pour repartir, je vous souhaite beaucoup de bonne chance. Faire un régime n’aide en rien à maigrir ; au contraire, il faut conserver le régime sur une longue durée, et toujours faire attention. Là, c’était la même chose. Je devais toujours prendre garde à ne pas réveiller Christie et les hallucinations qui me venaient aussitôt avec mes pensées à son propos. Je lui avais fait du mal, et j’en payais le prix fort ; je le savais, et j’en assumais les conséquences maintenant.

« Tu sais bien, petit frère, que si je m’en occupe maintenant, elle ne demandera que moi... de nous deux, c’est moi le grand. »

Lui répondis-je donc d’un léger haussement de sourcil, l’air taquin. Alors je mis une main sur son épaule, et d’un léger rire, tout en restant penché vers lui pour que personne ne puisse nous entendre, et surtout pas le garde qui commençait peu à peu à nous espionner, les yeux plissés et l’air méfiant, je lui dis :

« Mais si tu veux, je peux te donner quelques astuces... j’ai tellement d’années d’expérience, frangin, que les compter est impossible. »


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