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 Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]

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MessageSujet: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Mer 13 Juin - 22:30




Roman, Callahan & Camaël
Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête


Acte premier

Scène 1

Sur un vaisseau en mer. Une tempête mêlée de tonnerre et d’éclairs. Entrent le maitre et le bosseman.

Le maitre : Bosseman ?

Le Bosseman : Me voici, maître. Où en sommes-nous ?

Le maitre : Bon, parlez aux matelots. - Manoeuvrez rondement, ou nous courons à terre, de l’entrain! De l’entrain !

Camaël en aurait bien eu besoin, d’un peu d’entrain, pour ce lever ce matin là. Il était sur cette île depuis une semaine à présent, et tout ce qu’il voyait jour après jour ne lui donnait aucune envie d’y passer plus de temps. Bien sûr, tout cela ne dépendait pas de lui. Il le savait bien. Il avait rencontré quelques personnes, des patients comme des membres du personnel, et aucun ne justifiait de vouloir rester dans cet endroit. Certes, tous ne s’étaient pas montré désagréables. Mais actuellement, rien ne compensait son ancienne vie. A un détail près. Les lumières s’étaient moins manifestées depuis qu’il était là. Peut être trouvaient-elles, elles aussi, que ce lieu n’avait rien d’attrayant ? Peut être que toute la folie et la noirceur de ces salles les repoussaient ? Non. Ce devait être autre chose. Il en avait aperçu quelques unes au détour d’un couloir une ou deux fois. Elles étaient donc présentes, mais moins nombreuses. Et peut être moins puissantes après tout.

L’islandais balaya ces pensées en se frottant énergiquement le visage. Il ne fallait pas qu’il se concentre là-dessus. Il avait réussit à ne pas se faire trop remarquer depuis son arrivée, et c’était très bien. Moins il ferait de vagues, plus il aurait de chance de sortir un jour. Peut être. Fixant ses yeux bleus sur la page de son livre, Cam essaya de se concentrer davantage sur sa lecture. Ne sachant que faire ce jour-là, il était aller jeter un oeil dans la maigre collection d’ouvrages littéraires que possédait l’asile. Avant, il adorait lire. Avec un métier éprouvant comme le sien, il valait mieux avoir une échappatoire. Ho, il n’avait jamais rien lu de très philosophique, mais il possédait beaucoup de romans. Son épouse… Ex-épouse… ne partageaient pas cet intérêt alors… Il avait progressivement arrêté. Et puis, les lumières avaient fait leur apparition et il n’avait plus vraiment eu le coeur à visiter un monde fictif. Il avait du choisir. Consacrer du temps à lire des choses « fantasques et inutiles »… Ou s’occuper de fonder une famille et comprendre le mystère de ce qu’il voyait. Tout ne pouvait aller ensemble. Mais après tout, maintenant, il n’avait plus grand chose de mieux à faire.

Il était resté un petit moment à observer l’étagère la plus remplie qu’il avait pu trouver dans la bibliothèque. Bien sûr, la majorité des livres présents étaient spécialisés dans le domaine médical ou psychiatrique. Il y avait quelques livres pour enfants, curieusement. Des bandes dessinées. Et quelques romans. Mais rien qui ne suffit à retenir l’attention de l’ancien policier. Alors qu’il commençait à se décourager, il avait aperçu la tranche d’un ouvrage. Epaisse, reliée en cuir, le titre et le nom de l’auteur gravés en lettre dorées. Les mots étaient usées et presque illisibles, et la couverture du livre était passablement abimée. Mais c’était le plus intéressant de toute la collection. « La tempête » de William Shakespeare pouvait-il lire. C’était parfait. Il n’avait jamais eu l’occasion de se pencher sur la littérature classique anglaise. Sauf une fois peut être au lycée. On leur avait donné un roman de Jane Austen à lire. Et ça ne lui avait pas laissé un souvenir impérissable.

Voilà comment il s’était retrouvé, assis dans la bibliothèque, seul à une table, un vieux livre aux pages cornées posé devant lui. Il n’y avait pas grand monde ce jour-là dans la pièce. Comme souvent en fait. Il faisait beau et les patients avaient probablement préféré sortir. D’ailleurs, les fenêtres étaient ouvertes et laissaient passer des courants d’air frais. L’odeur de la mer lui parvenait. Le paysage était même agréable. Mais les barreaux qui se trouvaient derrière les vitres empêchaient de profiter pleinement de la vue sur les falaises. En même temps, ils n’avaient probablement pas été conçus pour ça au départ. Après un soupir pour chasser de son esprit tout ce que pouvaient évoquer ses barres métalliques, le grand brun se focalisa sur son livre. Il n’avait même pas terminé la première scène. Il était incapable de se concentrer.

Le Bosseman : Allons, mes enfants ! Courage, courage, mes enfants ! Vivement, vivement, vivement ! Ferlez le hunier. Attention au sifflet du maître. - Souffle, tempête, jusqu’à en crever si tu peux.


Les vagues claquaient sur les rochers dehors. L’hôpital n’était pas juste au bord des falaises, mais se trouvait suffisamment prêt pour que l’on entende le bruit des remous et de l’eau qui venait se jeter sur la pierre. Une tempête. Elles devaient être terribles sur cette île isolée, perdue au milieu de l’eau. Il avait la chance d’avoir eu un ciel clément depuis son arrivée, mais combien de temps cela allait-il durer ? Poussant délicatement l’ouvrage sur le côté, Camaël posa son coude sur la table. Il fixait l’horizon. Rien en vu. Pour l’instant. C’était un peu comme si la météo reflétait l’état de sa tête. Ou de son coeur. Il semblait calme. Pour l’instant. Quelques jours plus tôt, il était furieux, capable de tout retourner. Là, tout était paisible. En apparence du moins. Sa jambe tremblait. Dès qu’il était assis, dès qu’il n’était pas fixé sur quelque chose de précis, elle tremblait. Depuis 8 ans. Reportant son attention sur la page ouverte, il essaya encore de déchiffrer les mots sur le papier jauni. Pourquoi n’arrivait-il pas à se concentrer ?

Un bruit dans le couloir le fit lever les yeux. C’était une voix. La voix d’un patient. Mais impossible de dire s’il était mécontent, ou juste totalement taré. Il criait. Poussant à nouveau un soupir sonore, l’ancien policier sentait quelque chose monter en lui. D’un geste nerveux, il se frotta encore le visage. Le patient ne se taisait pas. Il se rapprochait. Mais que foutait le gardien ? Il en avait vu un passer en arrivant et où était-il parti ? D’ailleurs, quel était leur but à ceux-là ? Protéger les patients ? Les médecins ? Frapper sur quelques uns ? Ou les rendre encore plus dingues ? En fait, c’était probablement le véritable rôle de cet endroit. Rendre des gens sains d’esprit totalement malades.

Le type qui criait finit par entrer dans la pièce. C’était un blond, plutôt pâle, cerné, l’air un peu maladif. Il avançait, de façon nonchalante, se pavanant presque. Et il continuait de crier. Il s’ennuyait. Ho le pauvre lapin… Sauf qu’il était aussi en train d’agacer prodigieusement l’ancien policier. Celui-ci était pourtant très patient. Mais le stress permanent dans lequel il vivait diminuait considérablement le seuil de sa tolérance. Essayant de se concentrer à nouveau sur son livre, il baissa la tête.

Alonzo : Cher bosseman, je vous en prie, ne …



Un rire sonore retentit. Camaël redressa la tête, les sens en alerte. L’autre énergumène venait de faire tomber le verre d’eau de la bibliothécaire. Elle le regardait avec des yeux écarquillés, ne sachant pas comment réagir. Et l’autre riait. Il se moquait d’elle. Que foutait le gardien ? Les deux autres patients qui se trouvaient là fixaient également la scène. Ils semblaient presque apeurés. Médusés. Personne ne réagissait.

C’en était trop. L’islandais referma son livre, le pris et se leva. D’un même geste, il passa la main dans ses cheveux pour les ramener en arrière et fit craquer son épaule gauche. Puis la droite. Il était resté assis à rêvasser trop longtemps, ses bras étaient presque engourdis. Finissant de réveiller ses membres en un dernier craquement d’articulation, il se planta, du haut de ses 1m80, les pieds fermement ancrés au sol, à côté du blond. Il ne s’était pas mit trop prês, n’ayant pas pour but de provoquer un esclandre, mais pas trop loin non plus, pour clairement montrer son mécontentement.

« Tu t’amuses bien ? T’as rien de mieux à faire gamin ? Tu nous casses les oreilles, va jouer dehors. » Lâcha-t-il enfin, espérant que cela suffirait à calmer l’autre. Vu le regard que lui lancèrent alors les yeux bleus-verts du gamin, il se dit que ce n’était pas gagné.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Jeu 14 Juin - 0:27



Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête.

Roman ft. Camaël & Callahan


De l’ennui. Encore de l’ennui et toujours de l’ennui. Roman était dans un de ses jours où il n’avait clairement pas envie de rester misérablement dans son lit à déprimer. Non, se balader dans tout l’asile, aller à la rencontre d’aventures lui disait bien. Le danois était plutôt enthousiaste, voir même surexcité à l’idée d’aller potentiellement déranger les lieux bien trop calmes à son goût. Pourquoi les gens mériteraient de profiter du silence reposant alors que la nuit dernière, il avait été embêté durant de longues heures avec les cris de certains. Insupportable ! Il allait bien leur faire payer. Un grand sourire aux lèvres, le grand blond s’était levé de son fauteuil où il avait pris l’habitude de s’installer. C’était le plus beau et le plus haut, alors il se sentait mis en valeur, tel un prince. Il ne lui manquait plus que sa couronne était le tour était joué. Les formalités habituelles du début de matinée étaient passées et il avait donc maintenant le loisir de bouger comme il le désirait. D’une démarche royale, le jeune homme s’était levé de son trône avec grâce pour se rendre dans les couloirs et les traverser, la tête haute. Tous les mouvements de son corps, accompagné au rythme de sa marche le rendaient gracieux et lui donnait ce charme que l'on pouvait envier.

Où allait-il aller en premier ? Le réfectoire ? Non. Il en venait car il avait mangé. L’infirmerie ? Non, pas question, il en venait aussi. La salle commune était pour lui trop calme alors les couloirs lui avaient paru un bon compromis et il partait du principe que le destin le guiderait là où il le souhaiterait. Un livre à la main, Roman l’ouvrit pour se plonger dans ses passages favoris qu’il se mit progressivement à lire à haute voix. Qu’est-ce qu’il aimait cette acoustique ! Sa voix traînante y résonnait et la beauté des mots pouvait purifier cet endroit qu’il trouvait bien trop malsain. C’était son petit rituel et ce n’était certainement pas la première, ni la dernière fois d’ailleurs qu’il le faisait. S’entendre parler le rassurait, lui faisait du bien et le vidait de toute son énergie qu’il avait du mal à contrôler. Il pouvait vider les batteries tout en ne replongeant pas dans un état où il ne possédait aucune force et aucune envie de faire quoi que ce soit..

- Oh ! Twilight hour !, s’exclama t-il. Twilight hour ! Oh twilight hour ! , répéta t-il en prenant le soin de faire de plus grands pas à chaque fois que sa voix portait les mots.

Il adorait y aller de manière crescendo. Le murmurer, le parler puis le crier et ça, toujours de plus en plus fort. Sentir cette intensité dans son corps le faisait frissonner. Cette énergie dans ses veines avait même tendance à l’exciter.

- Indian blue, water of glass, trees glistening and liquescent, continua Roman en ne faisant pas attention aux autres patients qui traversaient le couloir en même temps que lui.

Des regards et encore des regards. De la peur pour les nouveaux. De l’amusement pour les plus débiles. De l’exaspération pour ceux qui le connaissaient bien trop. Roman en était tout honoré. Au moins, on le regardait faire. Ses pas le guidaient vers un autre couloir et il fit le choix de tourner à droite puis encore à gauche. Il monta un escalier, puis le redescendit à reculons toujours en lisant les passages de son livre. Le rythme de sa voix changeait en même temps que ses pas accéléraient ou ralentissaient. Le jeune homme était doué pour se coordonner, tel un musicien qui pouvait laisser valser son corps en même temps qu’il jouait une mélodie. Il ne faisait pas que lire, mais il ressentait la littérature, il la vivait !

Parfois, Roman fermait les yeux et s’amusait à tout mémoriser. Fermer son livre, crier la chose toujours et encore plus fort avant de rouvrir l’ouvrage, mémoriser autre chose et reproduire le même petit trick. Encore et encore des pas, il ne s’épuisait jamais, visitait pour la énième fois les lieux jusqu’à ce qu’il atterrisse dans son endroit à lui. La bibliothèque. Il en était forcément le roi, cet endroit lui appartenait vu qu’il passait beaucoup de temps à venir chercher et rapporter des livres, ces précieux petits trésors.. Alors au final.. le destin l’avait ramené ici. Il disait fuck à son père qui n’avait jamais aimé qu’il finisse les yeux dans ce genre de « balivernes de bouquins à la noix » comme le monstre aimait s’y bien le dire !

- I wake from a deep slumber to look at her. A pale light is trickling in. I look at her beautiful wild hair, cria Roman en claquant majestueusement la porte de la bibliothèque.

Boum. Il venait de faire son entrée. Oh qu’il adorait ça ! Voir tous ces gens le dévisager comme s’il était devenu taré. Il ne faisait que visiter ! Quelles idées avaient-ils tous ?! N’était-il pas chez lui ici ? Les gens passaient leur temps à lui répéter, comme si le retour à la vie normale ne lui serait jamais possible, alors il prenait ses aises, et même bien trop pour leur montrer à quel point il pouvait être trop entreprenant, trop.. envahissant si bien qu’ils décideraient un jour ou l’autre de se débarrasser de lui en le renvoyant en liberté !

- Oooooooh ! Tania ! I feel something crawling down my neck. I look at her again, closely. Her hair is alive. Yes! ALIVE! ALIVE! ALIVE!, hurla alors le grand blond dans cet espace où les livres lui souriaient.

Il avait levé les bras vers le ciel, fermant les yeux face à toutes les étagères de livres et cette odeur de vieux papier jauni qui l’aimait tant ! Cela lui aurait presque donné un orgasme. Passant devant le bureau de la bibliothécaire, Roman tendit le bras et il ne lui fallut qu’un seul geste pour renverser avec brio le verre d’eau mis trop près du bord de la table.

- I pull back the sheet, more of them. They are swarming over the pillow. Oh Tania !

Il avait fermé son livre à présent et se mettait à citer des passages au hasard, provenant de n’importe quel chapitre, mis dans n’importe quel ordre. Il laissait parler son envie.

- It is not Paris ! It is not Coney Island. It is a crepuscular melange of all the cities of Europe and Central America. Oh yes this is not Paris ! Oh Tania your hair is alive !

Un gros boum se fit entendre dans la salle. Le bruit d’un livre qui se refermait qui n’avait pas perturbé le jeune Danois, au contraire, il avait souri. Personne ne faisait quoi que ce soit, le sable s'était stoppé au beau milieu du sablier. Il était tous en train de les rendre bouche bée rien que par sa présence charismatique. Il se mit alors à rire afin de pouvoir se libérer encore plus. Cela lui faisait tellement un bien fou et savoir que tout le monde était trop faible ou apeuré pour ne pas le corriger lui donnait encore plus cette impression de contrôler l’espace entier. Enfin, c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’un grand brun ne se lève. Plus âgé que lui. L’air froid, autoritaire et surtout.. embêté de son petit show.

Les yeux bleus-verts de Roman se mirent à fixer sans aucune crainte ceux de son interlocuteur. Il lui lançait son plus beau regard noir. Ce dernier s’était avancé vers lui et il sut que l’homme était nouveau. Il ne l'avait jamais vu, son visage ne lui disait rien du tout.. Quelqu’un de plus difficile à impressionner. Oh qu’est ce qu’il aimait les défis ! L’homme était maintenant près de lui, il avait osé se poster face à lui d’une distance bien réfléchie. Ni trop près…ni trop loin.. la distance parfaite quoi.. sans doute pensait-il même qu’il était parfait et cela l’écoeurait.

Les premières paroles résonnèrent alors. S’amusait-il bien ? N’avait-il rien de mieux à faire ? Mais le mot qui lui déplut le plus fut celui qui commençait par un « g » et qui s’achevait par un « n ». Pour qui se prenait-il lui ?! Pourquoi osait-il se mettre en travers de son chemin de la sorte ?! Que faire ? Roman fit un pas vers l’avant pour retirer de la distance entre eux. Faire un pas, montrer son pouvoir. Il le regardait de haut, avec son air arrogeant, bien qu’il soit plus petit de seulement quelques centimètres, deux-trois, pas plus. Laisser le silence planer avant de répondre était son arme favorite avant de pouvoir reprendre en toute finesse. Son bras fit alors un geste très rapide vers l’avant pour lui arracher le livre des mains. Il l’ouvrit et se dirigea tel un petit voleur vers une des tables pour sauter sur une chaise avant de grimper sur la table principale. Il ouvrit le livre du grand brun et commença à s’exclamer à haute voix, en criant de nouveau. Provocation. Oh oui. Il avait envie de jouer, de tester ce petit nouveau qui pensait qu’il allait pouvoir avoir la paix en se réfugiant ici. Qu’est-ce qu’il avait tout faux.. ! Il allait vite s’en rendre compte !

- Allons, mes enfants ! Courage, courage, mes enfants ! Vivement, vivement, vivement ! Ferlez le hunier !

Il était en train de marcher sur la table et s'amusait même à aller sur les autres. Entre chaque phrase hurlée, il prenait le soin de regarder bien droit dans les yeux ce nouveau en n’oubliant pas le petit détail obligatoire : son grand sourire qui allait donner à l’autre l’envie de lui sauter dessus.

- Attention au sifflet du maître. Souffle, tempête, jusqu’à en crever si tu peux ! Souffle, tempête, jusqu’à en crever si tu peux !, se mit-il alors à répéter une dizaine de fois d’une manière creshendo avant de s’asseoir sur la table et se laisser tomber en arrière afin d’atterrir sur le dos.

Son corps couché sur le bois, les bras levés vers le ciel afin de pouvoir maintenir un contact visuel avec l’ouvrage, le jeune homme répétait encore et encore la même chose sauf qu’il n’hésitait pas à y mêler dedans une espèce d’envie comme s’il aurait crié ce genre de paroles pendant qu’il était en train de passer à l’acte.

- Oh oui ! Manœuvrez rondement, ou nous courons à terre, de l’entrain ! De l’entrain ! Oui ! De l’entrain !
, continuait-il d'une voix de plus en plus rauque.

Il avait fermé les yeux et laissait ce plaisir bouillonnant envahir son corps. Il revivait. La liberté était là.


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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Ven 15 Juin - 1:27




Roman, Callahan & Camaël
Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête


Toujours planté au même endroit, Camaël attendait une réponse, ou au moins un signe indiquant que le gamin l’avait comprit. Il espérait que cet avertissement verbal suffirait à le faire déguerpir. Mais il se doutait bien que ne serait pas assez. Il avait raison. L’autre le fixa pendant quelques instants, de son regard énigmatique, sans prononcer un mot. Etait-il sourd ? Son cerveau était-il réduit en miettes par la captivité ? Non. Une lueur d’intelligence perçait au fond de ses yeux. Et même si son sourire quasi-dément ne s’effaçait pas de son visage, il n’avait pas l’air réellement fou. L’islandais avait croisé un paquet de types dans son genre lorsqu’il était policier. Bien souvent, il s’agissait de mecs soûls ou en réel manque d’attention. Ici, l’état d’ébriété était assez peu probable. Le second cas en revanche… Souvent, ceux-là étaient les plus facile à gérer. Mais là… Comment prévoir la réaction de quelqu’un enfermé ici. Et depuis combien de temps…

L’échange de regards sembla durer une éternité, durant laquelle personne autour n’osait bouger. La tension était palpable et le grand brun attendait patiemment la réaction de l’autre. Celle-ci ne tarda plus et fut assez… inattendue. Au lieu de bien vouloir gentiment s’en aller, ou s’excuser, ou même lui dire d’aller se faire foutre, le blond ne répondit pas. Pas par des mots en tout cas. Non. Il fit un pas en avant, d’un air de défi. Il réduisait la distance, montrant ainsi qu’il n’avait pas peur. Et surtout qu’il se sentait puissant. Intouchable. Puis, d’un simple mouvement, très rapide certes, il s’empara du livre que l’ancien agent tenait fermement serré dans la main. Sans laisser à Cam le temps de réagir, l’énergumène se précipita vers la table la plus proche, monta dessus et ouvrit le livre. Visiblement, les cris dans le couloir et ses vociférations n’était qu’un échauffement. Là, il avait une scène. Un public. Un rôle. Il se mit soudainement à déclamer les vers qu’il lisait, tout en se promenant sur la table, surplombant le reste de l’assemblée. Enfin, assemblée… Ils n’étaient que 4 dans la pièce, sans compter l’acteur, mais cela semblait lui suffire.

L’islandais croisa les bras sur son torse, fixant le blond d’un air passablement agacé. Il savait bien que cela ne servirait à rien. Ce n’était pas un de ces mômes que l’on impressionne d’un regard. Il ne fallait pas longtemps pour s’en rendre compte. De plus, il ne servait à rien de lui montrer son énervement… Au contraire, cela semblait le stimuler. Lui donner de l’énergie. Mais ce n’était pas non plus une raison suffisante pour perdre patience. Et puis, un vigile allait bien finir par arriver non ? Ce n’était pas son rôle de s’en occuper. Ça ne l’était plus. La mâchoire de Cam se crispa un peu plus à cette pensée. Ce qui bouillonnait en lui menaçait de plus en plus d’exploser. Le stress. La peur. La rage.

En temps normal, il aurait sourit en observant la scène, applaudissant sans se priver de rire. Mais là, tout était différent. L’endroit, la situation, le type de personne… Tout. Comme si les évènements récents l’avaient privé de son sens de l’humour habituel. Comme s’il n’était plus le même. Il n’était plus le même. Pas ce jour-là.

Enfin, l’orateur s’allongea sur la table, continuant à répéter inlassablement les mêmes tirades. Son corps semblait légèrement se cambrer au contact du bois froid et sa voix prenait des intonations de plus en plus évocatrices. Il jouait la scène de façon totalement déconnectée. Il était dans la provocation jusqu’au bout. Son attitude en était presque indécente. Jetant un coup d’oeil aux autres spectateurs, Camaël vit que la bibliothécaire s’était éclipsée. Soit elle était trop choquée d’assister à une pareille scène, soit elle était partie chercher de l’aide. En tout logique du moins. Les deux autres patients étaient toujours là, et il l’un semblait prendre beaucoup de plaisir à observer le mariole faire son show, l’autre avait plutôt l’air effrayé. Lui, était juste à bout de nerfs.

Quand enfin la voix de plus en plus rauque et sonore se tut, l’ancien agent laissa un léger silence s’installer. Plus il observait le type et plus il le trouvait pathétique. Quel était l’intérêt de se donner ainsi en spectacle ? Que pouvait-il bien en retirer ? L’expression de son visage s’était encore durcie. Ses muscles étaient encore plus contractés. Tout son corps semblait n’attendre qu’une chose.

Alors, sans même réfléchir un instant de plus, il fit deux grandes enjambées pour arriver à portée de l’autre. Rapidement, sans lui laisser le temps de se ressaisir, il se pencha sur lui et l’attrapa par le col. Tirant rapidement sur le tissu pour faire monter le gamin à sa hauteur, il lui donna un coup dans le bras. Le livre qu’il tenait tomba et vint s’écraser sur le sol. Dommage. C’était un beau livre. Mais Camaël ne prit pas le temps d’espérer qu’il ne fut pas davantage abimer. Ce n’était pas le moment. Il n’en avait même pas envie. Il n’avait envie que d’une seule chose. Son esprit ne voulait pas l’admettre, mais toutes les tensions qu’il ressentait le poussait à y songer. Se battre. Envoyer son poing dans la mâchoire de ce petit arrogant provocateur. Il ne lui était jamais arrivé de vouloir être violent, même après 10 années de service dans la police. Pourtant, plus rien ne réprimait cette envie en cet instant. Son esprit lui permit de se contrôler encore un peu et il se contenta de le fixer droit dans les yeux en lui disant simplement : « Maintenant que tu as finis de nous emmerder, tu vas gentiment foutre le camp. » Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre et ils pouvaient sentir la tension presque électrique qui régnait entre eux.

Sans attendre, sans lui laisser le temps de répondre ou de se dégager de la prise de sa main, Cam le souleva. Il le fit descendre rapidement de la table et le traina sans ménagement, sous les yeux écarquillés des deux patients. Ceux-ci n’avaient toujours pas bougés d’un pouce, et l’un fut obligé de se pousser pour les laisser passer. Il l’amena à la porte par laquelle le blondinet était rentré quelques minutes auparavant, et le lâcha. Il l’avait presque jeté, se retenant d’être plus violent. Ce n’était pas dans sa nature. Il essayait de se contrôler, mais ça ne durerait pas.

L’islandais se planta fermement dans l’encadrement de la porte, attendant que le gamin se ressaisisse. Quelle réaction allait-il avoir ? C’était impossible à prévoir. Autant se tenir prêt. Allait-il lui donner ce qu’il attendait tant ? Sans oser se l’avouer, il l’espérait.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Ven 15 Juin - 3:51



Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête.

Roman ft. Camaël & Callahan


La liberté. Oui ! Il était en train de la faire venir en lui ! Il pouvait la sentir ! Presque la toucher même ! Tout ce sang qui filait de plus en plus rapidement dans ses veines, le stimulait encore et encore ! Allongé sur cette table, Roman avait presque un comportement indécent aux yeux de n’importe quelle personne extérieure, mais lui n’en avait pas la même notion. Il s’en fichait à vrai dire, il n’avait pas de limite, et c’était ça qui lui donnait la liberté qu’il n’avait pas quand les limites lui étaient imposées. Briser ce mur ! Tout casser pour justement filer sur une grande route sans aucun obstacle. Courir. Prendre les jambes à son cou et se tirer de là ! Il se mit à hurler de joie, toujours avec le livre dans ses mains, proclamant sa liberté aux yeux de tous. Il n’avait pas peur. Les gardes, ils les connaissaient tous et heureusement vu qu’il était coincé ici depuis sept longues années. Il rêvait aussi à ce moment précis de se toucher, de laisser exploser ce désir intense qui venait de naître !

Il avait tant savouré ce silence et les moments de doute de son audience le faisait tout simplement frémir d’avantage. C’était une bande d’idiots. Lui ne l’était pas. Il savait pertinemment qu’il allait y avoir un moment où les choses se compliqueraient, un moment où on allait le tirer de cette frénésie, de son rêve et de la réalité que lui voulait se construire, mais qui n’existait pas. Ce moment arriva malheureusement bien trop vite et le coupable allait payer. Il ne s’en sortirait pas comme ça et comme par hasard, la personne qui avait agit dans cette salle n’était autre que le grand brun au bouquin. Très rapidement, il avait senti une force inconnue s’emparer du col de sa chemise. Il l’avait saisi avec une bonne poigne, sans hésiter, sans reculer. Il était obligé de le regarder, maintenant redressé de force si bien que le précieux livre qu’il tenait tomba au sol sous la rapidité de cette prise d'otage. La chose qui suivit n’était pas attendue par Roman. Un boum dans le bras. Il pouvait gérer ça. Il avait eu pire. Par pur réflexe, il envoya alors son coude dans le torse de l'attaquant. Leurs visages étaient maintenant si près et s'il n’avait encore pas fait grand chose pour se débattre à part son petit cou, c’était justement parce qu’il attendait avec impatience les paroles de l’autre qui arrivèrent presque aussitôt. Ces dernières étaient à mourir de rire et Roman ne se priva pas bien au contraire. Il envoyait valser la tension d'un coup de baguette magique. Le jeune homme avait sentit cette rage, qui n’était pas vraiment de la haine contre lui à proprement parler, mais de la colère contre le monde entier. Un nouveau. De l’incompréhension. Il savait ce que c’était et pourtant, il n’allait pas l’aider.

Il n’eut pas le temps de faire autre chose car il fut soulevé. Il devait reconnaître que l’homme avait de la force. Ils faisaient la même taille après tout, mais Roman était assez fin. Il le traînait, sans ménagement et il n’avait qu’une seule hâte : avoir de nouveau les deux pieds au sol afin de pouvoir lui faire payer. Boum. Impact. Il fut lâché, atterri contre le mur de la porte et se redressa presque aussitôt, ses yeux bleus ravageurs promettant déjà de terribles choses. Comment avait-il osé ?! Pensait-il être le roi ici ? Maintenant, le brun l’avait mis en colère parce qu’il ne s’était pas abstenu de lui faire du mal. Ce genre de gestes faisait toujours ressortir en lui le pire des souvenirs marqués à jamais aussi bien dans son corps que dans sa tête.

Alors sans prévenir, Roman se mit à hurler à pleins poumons, telle une furie. Il avait conscience qu’il allait attirer les gardes encore plus aisément, mais ce choix-là lui laissait le temps de prendre son adversaire par surprise. Sans hésiter, le jeune homme entoura de ses deux mains le cou de son adversaire afin de pouvoir lui couper le souffle. Ses prunelles se plantèrent dans les siennes et il leva la jambe droite très rapidement afin d’aller faire cogner son genou dans les parties sensibles de l’autre. Oui. Un coup de faible, mais Roman s’en fichait totalement. Le résultat y était. N’importe quel homme ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un mal de chien à cet endroit-là.

- Tu as interrompu ma pièce ! Tu as osé interrompre ma pièce, cracha alors Roman très distinctement d’une voix remplie de dédain, de glaceur et de venin.

Il ne l’avait pas nécessairement crié, au contraire, il avait sorti ces mots de manière à ce que seul le brun qu’il était en train d’étrangler ne l’entende. Mais chose que le danois ne devait pas négliger était qu’il n’avait pas encore plaqué son adversaire contre un mur. C’était lui, et cette position-là était un gros désavantage pour son équilibre. Il n’était pas en position de force même si pour le moment son coup de pied allait faire son effet. Mais pour combien de temps au juste ?

Sa rage bouillonnait en lui. Le Roman colérique venait d’apparaître, celui qu’il ne parvenait pas à contrôler et à raisonner. Il n’y avait plus aucun retour en arrière à ce moment-là et il prit son courage à deux mains pour faire quelque chose : lui donner un coup de tête. Il avait serré les dents en lui donnant le coup - aussi douloureux pour lui- , mais il avait l’avantage de l’effet de surprise. Il détestait qu’on lui dise ce qu’il doive faire et l’autre l’avait interrompu.

- TU AS GACHE MA PIÈCE!!! CONNARD!!!, cria t-il avant de pousser un autre cri comme s’il avait devant lui un monstre.

Un monstre qu’il avait trop connu.. Des larmes de colère perlaient au coin de ses yeux tandis qu’il hurlait et qu’il avait l’impression d’avoir fait un bond de sept ans dans le passé.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Ven 15 Juin - 23:32

Agir dans la colère,
c'est s'embarquer dans la tempête
Camaël, Roman & Callahan

La jeune femme restait immobile, le regard perdu dans le néant.
Callahan sentit son coeur se tordre. Il ne voyait plus rien, dans ses yeux. Ils étaient vides. Morts. L’éclat de vie qui y vacillait la semaine dernière encore semblait s’être éteint, ne laissant derrière lui qu’un cœur battant vainement dans un corps désormais inhabité.
Les patients étaient censés être là pour être soignés ; mais plus le temps passait, plus il pouvait constater à quel point Ostrov ne faisait que les briser. Et Cal’, ça le rendait doucement malade. Après tout, il y contribuait - il en était l’un des pions. Il en avait même toujours été un, dans son métier. Où qu’il soit déployé. Il était censé protéger sa patrie, les civils, leur liberté. C’était pour ça, qu’il avait choisi cette voie. Pour ça, et pour remonter dans l’estime de son père. Et pourtant, ça lui laissait toujours ce goût dégueulasse au fond de la gorge : celui de faire plus de mal que de bien.

Droit comme un i, il observait le reste de la salle commune. Tout était calme, les patients vacant à leurs occupations dans un silence épais - c'était comme s'ils étaient invisibles les uns pour les autres - jusqu’à ce que quelqu’un pousse les portes. « S’il vous plaît... » Le militaire tourna la tête, reconnaissant la bibliothécaire. « S’il vous plaît ! » Poussant un soupir, il s’approcha d’elle. C’était toujours la même chose, avec cette femme. Elle lançait aux gardes ces regards dédaigneux, comme si elle voulait leur reprocher silencieusement d’utiliser plus souvent leurs muscles que leur cerveaux - mais quand elle avait un problème, elle était la première à venir courir dans leurs jupons.
Elle lui expliqua la situation en quelques mots, et Callahan la suivit aussitôt, au pas de course. Sans ralentir, il décrocha sa radio et la porta à ses lèvres. « Central ici Delta 1, on me dit qu’il y a un problème à la bibliothèque ? » L’appareil resta silencieux un instant, avant que son grésillement familier ne reprenne. « Euh… Oui. Une bagarre. » Rhodes serra les dents. Putain. Connard. Garder les yeux sur un écran pour prévenir à temps, c’est pourtant pas le bout du monde.

A mesure qu’il approchait, il les entendait. Les cris.

Il avait maintenant distancé la bibliothécaire d’une quinzaine de mètres. Il poussa la porte, juste à temps pour voir un blond donner un coup de boule à un homme brun. Il reconnut aussitôt Roman. Il le connaissait bien - ou du moins, il le voyait depuis qu’il avait été muté ici. Le jeune homme était coincé là depuis si longtemps qu’il semblait presque faire partie des meubles - mais en bien moins tranquille que ceux-ci.
Le visage de l’autre homme mit un peu plus longtemps à lui revenir - la douleur déformant ses traits ne facilitait pas vraiment les choses. Mais enfin, cela lui revenait ; il n’avait donc pas passé ses soirées à éplucher les dossiers de tous les patients pour rien. Celui-ci l’avait d’ailleurs particulièrement intrigué : Ellison, un ancien policier.

Callahan attrapa Roman par derrière, lui enserrant la gorge d’une main, attrapant son bras gauche de l’autre. « On se calme, Shakespeare, on se calme. » Sa voix n’était devenue, dans l’effort, qu’un grognement. Le jeune blond n'était peut-être pas épais, mais il avait de la force.
Rhodes tourna les yeux vers la bibliothécaire qui venait d’arriver à sa suite. Il eut l’espoir, juste un instant, qu’elle se porte au secours de Camaël. Mais elle n’en fit rien, allant lâchement se réfugier derrière son bureau. Connasse.

Essayant toujours de maîtriser Hansen, Callahan dirigea son regard vers le policier, inquiet. Inquiet qu’il soit blessé - mais aussi inquiet qu’il vienne chercher à se venger. Tant qu’il n’avait pas neutralisé le premier homme, il ne pouvait rien faire pour le deuxième ; pas tout seul.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Dim 17 Juin - 23:39




Roman, Callahan & Camaël
Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête


Fixant le blondinet, Cam se demandait quelle allait être sa réaction. Selon toute vraisemblance, il risquait de frapper. Ou de se remettre à jouer. Peut être même les deux en même temps en fait. Mais finalement, il inspira rapidement, comme s’il allait l’insulter. Et puis non. Au début, il se contenta de hurler. Comme un dément. Ses yeux bleus-verts le fixait alors qu’il s’égosillait. L’islandais le fixait, stupéfait. Voir quelqu’un se mettre dans cet état n’était pas si étonnant dans un tel endroit. Mais c’est l’expression qu’il voyait qui le choquait. Qui l’inquiétait. Défiguré par son cri, le comédien semblait être quelqu’un d’autre. Un visage s’imposa à l’esprit de l’ancien policier. Ce n’était pas n’importe quel visage. C’est lui. C’était elles. Au fond des yeux presque exorbités du gamin, il ne voyait plus seulement une lueur d’intelligence. Il voyait une lumière. LES lumières. L’espace d’un instant, juste avant qu’il ne se taise, il eut même l’impression qu’elles l’entouraient. Le brun savait bien qu’il en trouverait ici. Il allait falloir réfléchir à comment le gérer. Il devait obtenir des réponses. Et pour ça, le tuer n’était peut être pas la bonne solution. Pas tout de suite en tout cas.

Mais qu'il ait le temps d'approfondir ces pensées, le gringalet l'avait prit en traitre. Il se jeta sur lui, les mains en avant pour lui enserrer la gorge. Par réflexe, l’ancien agent de police fit un mouvement pour s’avancer et placer ses bras à l’intérieur de ceux de son agresseur. Il plaça ses mains de façon à bloquer ses épaules. Certes, ça ne le fit pas lâcher prise, mais au moins il ne pouvait pas serrer assez fort pour l’étrangler réellement. L’espace d’un instant, leurs regards se croisèrent, et l’islandais vit énormément de colère dans ses pupilles dilatées. De la rage. Quoi de plus normal ? Et puis, avant de pouvoir réagir, l’autre avait frappé.

Une intense douleur se fit sentir au niveau de son entre-jambe. L’enflure. Cam le lâcha, sous l’effet de la douleur, le souffle coupé. Vu le numéro, il ne s’attendait certainement pas à un coup aussi lâche. Ses pensées se mélangèrent, il n’arrivait plus à se concentrer sur autre chose que ce qu’il ressentait physiquement. Il essayait pourtant. Il avait eu des cours et des formations pour gérer diverses situations, réagir à certains coups… Mais rien ne lui venait. Ce n’était pourtant pas là première fois qu’il recevait un coup de ce genre. Mais là, la colère, la rage se mêlaient à la peine physique. Son esprit se troublait. Il voyait flou et n’entendait que des bruits étouffés. Il reconnaissait la voix de l’autre énergumène qui continuait à vociférer des paroles alors inaudibles aux oreilles sifflantes du patient. La douleur se fit moins intense que sur l’instant, mais se répandit. Ce n’était pas un coup très puissant, heureusement pour ses parties, mais suffisamment pour le maintenir immobile un moment. Il fallait réagir très vite. Ou il allait vraiment prendre cher. Mais ça faisait tellement mal.

Le comédien le maintenait toujours, ses doigts fins cramponnés à sa gorge, plus fermement, à cause de sa position. Mais Camaël était plié de douleur et il baissa la tête, la secouant pour reprendre ses esprits. C’est à cet instant que l’autre frappa à nouveau. Un coup de boule. En fait ce type se battait comme une femme. Pas avec les poings, mais donnant de grands coups là où ça faisait mal. Il fallait réagir en fonction. Heureusement, le coup de boule n’avait pas été frontal pour le grand brun. L’acteur avait du bien plus le sentir passer puisqu’il s’était prit le front et le crâne de sa « victime ». Dommage pour lui. Néanmoins, il ne put s’empêcher de pousser un grognement de douleur. Celui-ci fut accompagné d’une grimace. Il fallait se servir de ses mains pour le neutraliser. Le coup l’avait rapproché, il pouvait facilement l’atteindre.

Mais encore une fois, il n’eut pas le temps de faire le moindre mouvement, l’emprise des griffes céda. Les yeux toujours rivés vers le sol, il aperçu le mouvement des pieds se reculant. Il lui préparait encore un coup tordu ? Quel enfoiré. Totalement lâche. Il ne perdait rien pour attendre. Lui et ce qui l’habitait. Et une autre voix que celle du blond lui parvint. Surprit, le policier leva les yeux, grimaçant toujours. Le choc qu’il avait reçu à la tête tapait quand même. Il avait le crâne dur, mais pas étanche aux coups. Ouvrant l’oeil droit, il aperçut un grand brun qui maintenait le fou furieux. Grand, assez musclé, et surtout : armé. Ce n’était pas un patient. Ce foutu gardien était enfin là. Cam grogna à nouveau. La colère se mêlait à la douleur. C’était un mélange d’émotions assez confus. Et en même temps, il n’avait pas ressenti de choses pareil depuis longtemps. Une fois, on lui avait tiré dessus. Rien de bien grave, la balle s’était logée dans le tibia. Mais la douleur avait été tellement intense qu’il n’avait pas dormi pendant 3 jours. Sur le coup, il avait cru être capable de n’importe quoi. La douleur, aussi forte fut-elle, le rendait vivant. Lui faisait sentir la vie qui coulait dans ses veines. A cet instant, il ressentait quelque chose d’assez similaire.

Inspirant profondément pour calmer son entre-jambe, l’ancien agent essaya de se redresser. Le mélange du mal de crâne et des parties endolories ne rendait pas la chose facile. Mais il voulait réagir vite. Avant qu’un autre garde n’arrive. Celui qui était présent maintenait le blondinet à bonne distance. Il craignait probablement que l’altercation ne fasse que commencer. Après tout, maintenant qu’il le tenait fermement, rien ne l’empêchait de se venger. Sauf que, ce n’était pas son genre. Pas du tout. Un de ses principes de base : la loyauté. Les combats inégaux ne l’intéressaient pas. Son regard plongea dans celui du grand brun d’en face. Une autre forme de tension que celle d’avant venait de s’installer. Le doute. Allait-il frapper ? Attendre ?

Le regard de l’islandais glissa vers son agresseur. Il avait commencé par lui casser les oreilles, puis les couilles, au sens propre comme au figuré. Et en plus, il n’était pas normal. Pas juste fou. Juste pas comme lui et les autres patients. En le fixant un instant, il vit ce même halo autour de lui. Le même. Comme ce soir-là. Cette putain de lumière. Il revit les coups de feu. La chute. Une grimace de colère naquit sur son visage encore marqué par la douleur. Les pensées se bousculaient dans son esprit encore un peu confus. Il était là à cause de tout ça. On le prenait pour un fou. Plus personne n’en avait rien à foutre des beaux principes. Il n’était même plus flic. A quoi bon se prendre la tête ? De toute façon, tant qu’il n’admettrait pas être malade, on ne le laisserait jamais sortir. Autant ne pas se laisser faire.

Il avança le pied droit. Puis le gauche. Tout doucement. Un demi-sourire naquit sur ses lèvres. Il fixait toujours le gringalet. Il ne pouvait pas le tuer pour se débarrasser de lui. Pas tout de suite. D’ailleurs, son comportement confirmait son idée première : ils étaient dangereux. Mais il avait bien trop de questions. Il voulait des réponses. Il en aurait. Et surtout, il voulait se « venger ». Pour ça, plus de règles.

Le garde le tenait toujours fermement, mais pour combien de temps ? Un autre allait-il arriver ? Peu importait. Arrivé à hauteur des deux autres types, il s’arrêta. Il n’avait pas franchement envie de mêler le brun à cette histoire. Ça ne le concernait pas. Et il devait en voir assez comme ça. Mais même s’il le lui demandait gentiment, il ne le lâcherait surement pas. Ou peut-être que si ? C’était tout de même peu probable. Tant pis. Rien à foutre. Plus maintenant. Autant avoir l’air d’un vrai fou.

Le sourire de Camaël s’élargit un peu et ses yeux se plantèrent dans le regard furieux du blond.
« Tu m’amuses. Tu m’intrigues. Je ne te tuerai peut-être pas tout de suite. » Laissant un court silence après sa déclaration, il observa successivement la réaction des deux hommes. Avant d’ajouter, redevenant sérieux : « Par contre, celle-là tu l’aura pas volé. Enfoiré. » Faisant un pas en avant, il mit toute sa force dans son poing, visant le sternum et lui envoya un coup féroce dans le ventre.

Il aurait préféré le faire à la loyale, mais pour une fois, frapper lui fit du bien. Pour retrouver son équilibre, il fit un pas en arrière. Il fixait maintenant le garde. Quelle serait sa réaction. Lui qui aurait voulu avoir un bon contact avec eux, c’était surement cuit maintenant. A la guerre comme à la guerre.

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Dernière édition par Camaël Ellison le Lun 18 Juin - 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Lun 18 Juin - 20:58



Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête.

Roman ft. Camaël & Callahan


Boum. En plein dans le mile ! Le coup eut le mérite de faire son petit effet, car immédiatement, Roman fut relâché des griffes du grand brun qui l’avait bien trop tenu et emprisonné. Il avait réussi à couper le souffle de son adversaire, visiblement choqué et ne s’attendant pas à ça. Roman sourit malicieusement en le voyant se tordre de douleur à cause de son coup de pied bien placé. Il n’y avait pas que lui qui devait payer dans cette vie de misérable, mais tout le monde ! Pas d’exception ! Il ne voyait pas pourquoi il serait sympathique avec lui vu que jamais personne ne l’avait été avec lui. On l’avait toujours vu comme un prince au lycée, mais aucun de ses « sujets » n'accordaient de l’importance au vrai Roman, celui qui aurait voulu se confier. Non, on s’en fichait totalement de ce Roman-là déchu et triste dans sa vie ! Il était trop abîmé pour être réparé sans doute, telle une vieille tasse de thé que l’on aurait recollée à plusieurs reprises.. Maintenant, il était trop tard. Trop tard pour tout. Les gens auraient dû se réveiller avant pour l’aider à l’extérieur. Il était coincé ici et il était certain qu’il ne manquait à personne. Roman l’oublié. Roman le misérable.

Ses yeux fixaient toujours son adversaire, mais pendant quelques fractions de secondes, le jeune Danois avait regardé dans le vide. Ses pensées l’avaient de nouveau perdu, mais pendant tout ce temps sa main avait tenu à maintenir le col de son adversaire qui se tordait de douleur. Il avait ensuite frappé une deuxième fois, avec la tête, mais le blond s’était à moitié loupé dans son coup. Il avait mal au front, car il avait trop cogné et pas spécialement à l’endroit exact qu’il aurait voulu. Il n’utiliserait pas cette méthode la prochaine fois, car rien ne valait un bond coup de poing dans les endroits sensibles tels le nez ou encore la nuque. À la place, il avait opté pour deux putains de réflexe de fille en lui écrabouillant les parties avec son genou et en tentant de lui donner une méchante bosse sur la tête.

Il fallait qu’il profite de son état pour l’achever et Roman avait alors retiré une de ses mains de son adversaire afin de serrer le poing qu’il désirait lui envoyer dans la figure. Cependant, il n’en eut pas l’occasion, car ils furent interrompus par le claquement familier de la porte de la bibliothèque. Cette salope de bibliothécaire avait été courir pour aller pleurer dans les bras d’un des gardiens histoire d’en ramener un ici et leur gâcher la petite fête. Elle ne perdrait rien pour attendre ! Roman n’eut pas le temps d’esquiver ou de s’enfuir en courant, car il sentit une main le tirer par-derrière. Et merde ! Il eut le souffle coupé l’espace de quelques secondes car le garde venait de le serrer au niveau du cou en lui emprisonnant la main gauche. Il lui disait aussitôt de se calmer d’une manière qui était parfaitement appropriée pour lui. Shakespeare, le roi de la littérature anglaise, et même si Roman préférait les règles modernes d’écriture, il ne parvenait pas à avoir un avis sur ce célèbre auteur. L’admirait-il ou le détestait-il ? Personne ne parvenait à savoir et il n’était même pas certain de le savoir lui-même. Manque de bol, le garde dont il avait aussitôt reconnu la voix l’avait attrapé par le poignet gauche et non le poignet droit. Or, le danois était droitier, comme 80 % des gens sur cette planète alors il avait une grande occasion de se défaire le plus rapidement possible.

- Lâches moi putain !, s’exclama Roman en se tordant telle une anguille sous Rhodes avant de passer son bras droit vers l’arrière de manière à saisir comme il le pouvait le col du garde afin de lui couper le souffle le temps de quelques fractions de secondes pour se libérer par-dessous.

Sa petite tentative ne fut pas assez rapide, car il fut pris de court par l’autre, le connard de brun. Il venait tout juste de remarquer que ce dernier le fixait, mais depuis combien de secondes au juste avait-il ce sourire qui ne signifiait rien de bon ?! Il ne se laisserait pas faire ! Pas par lui, ni par Rhodes d’ailleurs ! Combien de fois avait-il essayé d’aller le draguer d’ailleurs ? Il ne comptait même plus. Son adversaire était tout près de lui, même trop, si bien qu’il se sentait vulnérable. Allaient-ils le massacrer à deux ?! Ce n’était pas juste ! Encore moins que son coup dans ses parties qu’il avait fait ! Mais non ! L’imbécile était là pour lui sortir qu’il « l’amusait et qu’il l’intriguait » ! Roman devint encore plus rouge de colère ! Non ! Non ! Non ! C’était lui qui prenait les gens pour des jouets, pas l’inverse ! C’était lui qui faisait des menaces, pas qui en recevait !

- C’est ça ouais. Va te faire, siffla Roman entre ses dents d’un ton haineux.

La suite ? Il la sentit venir bien trop rapidement lorsque le brun avait entamé sa seconde phrase. Il se mit à se débattre de l’emprise trop forte de Rhodes, mais trop tard. Le mot "enfoiré" venait de résonner en même temps que la douleur en train de se répandre dans ses parties masculines. Il laissa un gémissement de douleur - situé entre un cri et un grand grognement rauque - tandis que ses genoux le lâchèrent. Allait-il entraîner Rhodes dans sa chute ou ce dernier le forcerait-il à se relever ?!

- Skidt! *, gémit-il en se tenant le bas ventre avec sa main droite.

S’il était auparavant en colère, le brun avait tourné le bouton au maximum à ce moment-là.

- Du bastard du vil betale!!!**, hurla t-il comme un dément de nouveau en tentant de gérer la douleur tant bien que mal.

Ce qui se passait autour de lui, probablement entre le garde et l’autre abruti lui échappait totalement. Le son était devenu plus lointain, tel une espèce de brouhaha insupportable où il ne distinguait plus du tout les mots. La souffrance. Lorsqu’il ressentait la peine, il avait ce besoin vital de la faire sortir en criant et c’était ce qu’il se passait maintenant. Chaque fraction de seconde qui passait semblait lui coûter énormément, car la douleur le lançait et résonnait partout. Des larmes de colère avaient de nouveau perlé à ses yeux et il s’occupait de fusiller les deux du regard. Le blond se redressa et prit tout son courage avant d’aller courir chercher un gros dictionnaire dans l’armoire qui était la plus proche de la porte. La survie. Coûte que coûte. Cependant, plus il marchait et plus la douleur explosait, mais Roman avait l’habitude de la gérer, elle le stimulait et faisait monter sa colère qui elle prenait le dessus. Il se saisit du dictionnaire en grognant fortement et l’envoya à l’arrière de la tête de Rhodes avant de se précipiter vers Camaël. Cette fois-ci, ce fut son poing qui partit tout droit dans le nez de ce dernier.

- Tu l’as cherché celle-là pauvre con !!!, lui cria t-il d’une voix plus grave, déformée par sa souffrance du bas de son corps et du poing qu'il agitait machinalement. Røvhul***, cracha le blond, en se préparant à parer un potentiel coup en retour.

Quand il était en colère ou en panique, son accent quand il s'exprimait en anglais s’entendait légèrement à l’oreille pour quelqu’un d’attentif, mai se manifestait encore plus dans ce genre de moments de folies.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Mar 19 Juin - 23:09

Agir dans la colère,
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Camaël, Roman & Callahan

Ellison s’était relevé. Écrasant de plus belle la gorge du blond, Callahan essayait désespérément de rapprocher les deux poignets de son patient l'un à l'autre, de son unique main libre. D’ici à ce qu’il aie du renfort - si quelqu’un daignait lui en envoyer - le seul moyen de les maîtriser tous les deux était de réussir à en menotter au moins un.
Mais comme il l’avait craint, l’ancien policier ne semblait pas décidé à en rester là. Il s’approchait, lentement, un sourire flottant dangereusement au coin de ses lèvres. Et puis, alors que le garde luttait toujours pour avoir une meilleure prise sur Hansen qui se tortillait comme un serpent, le coup de poing parti. « Ellison, putain ! » Siffla-t-il entre ses dents, le fusillant du regard. C’était le corps de Roman qui avait encaissé la plus grande puissance du coup ; mais le choc avait fait échapper de ses mains les menottes qu'il avait essayé de détacher de son ceinturon. Elles allèrent valser à plusieurs mètres d’eux, terminant leur course sous une étagère de livres.

Fait chier.

Il n’avait pas d'autre choix que de les récupérer ; il ne pouvait pas prendre le risque que l’un de ces deux abrutis les récupère avant lui. L’humiliation de se retrouver attaché par ses propres menottes par des patients psychotiques était, pour tout avouer, assez bas dans la liste de ses aspirations.
Lâchant le jeune homme qui se tordait encore de douleur, il plongea jusqu’à l’étagère, s’allongeant à moitié pour récupérer les bracelets métalliques. Il finit par les atteindre difficilement, ramenant avec eux des moutons de poussière.
Il se releva, frottant une seconde ses mains pour en retirer les particules.

Et puis, soudainement, la douleur.
Elle l’avait prise par surprise, violente et lancinante.
Sous le choc, Callahan s'agrippa de justesse à une table pour ne pas tomber. Un instant, il ne voyait plus rien - puis sa vue revint petit à petit. Portant une main tremblante à sa nuque, il fut pris de vertiges. Les acouphènes qu’il se donnait tant de mal à oublier avaient redoublé de volume, lui perçant le crâne de part et d’autres.

Il avait pourtant connu infiniment pire ; mais il fallait avouer que ce connard avait bien visé.

Il lui fallut de longues secondes pour retrouver les forces de se redresser. Vacillant légèrement, il se dirigea vers les deux crétins. Il attrapa son arme, se mettant en joue - tremblant bien plus qu’il ne l’aurait voulu. Putain ; si jamais ce connard avait réussi à lui faire faire une commotion avec une saloperie de dictionnaire, il jurait de lui refaire sa jolie petite gueule façon Picasso. Guernica, pour être précis.
Il était arrivé derrière Roman, occupé à rendre un coup à son adversaire en hurlant. Alors, calmement, essayant de maîtriser ses vertiges et ses tremblements, il lui planta l’arme entre les deux épaules et fit résonner le cliquetis du chien ; première et ultime sommation. A ce niveau là, il n’en avait plus rien à foutre ; il n’avait plus envie de jouer. Plus la force, non plus. « Ça suffit... J’ai bien assez de balles pour vous deux. »


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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Mer 20 Juin - 1:14




Roman, Callahan & Camaël
Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête


Suffisamment éloigné des deux types, Cam essayait d’avoir une vue d’ensemble de la situation. Il venait de se prendre de sérieux coups par un timbré, qui était lui-même en train de se tortiller dans les bras d’un garde. Le blond se tordait de douleur en hurlant des insultes, tentant surement de se dégager de l’emprise du brun derrière lui. Ce même brun qui, en cet instant précis, lui lançait un regard assassin. S’il avait eu des fusils à la place des yeux, il serait mort plusieurs fois en quelques secondes. Et il avait prononcé son nom aussi. Il le connaissait déjà. Pourtant, ils ne s’étaient jamais croisés. Soit on lui avait parlé de son cas, soit il avait lu le dossier. Mais que savait-il exactement sur lui ? Dans tous les cas, il ne venait pas de se faire un ami. C’était évident. Ça crevait les yeux. En même temps, il n’avait pas vraiment fait en sorte de s’en faire un ami. Et ce n’était pas sa préoccupation première, là maintenant tout de suite. Sa colère l’emportait. Pour une fois. Il était si énervé qu’il n’analysait même plus la situation correctement.

Ce qui se passa l’instant d’après se fit très vite. Le garde lâcha le blond, qui, se tordant de douleur un moment auparavant, se redressa et s’élança vers les étagères. Le geôlier était parti vers une autre étagère. L’islandais ne s’était pas aperçu que le coup qu’il venait de donner à son agresseur avait fait lâcher ses menottes au nouvel arrivant. A vrai dire, il n’avait même pas fait attention à ce détail. Il n’avait pas vu qu’elles étaient sorties. Il était trop occupé. Son attention avait été monopolisée par l’autre ahuri. Après les avoir ramassées, il se releva rapidement. De l’autre côté, le gringalet était allé chercher un dico. Un dico, sérieux ? Il voulait leur traduire les insultes dites en une autre langue peut-être ? Ha bah non. D’un geste tremblant mais néanmoins précis, il l’envoya droit dans le crâne du pauvre gars qui venait de ramasser ses menottes pleines de poussière. Franchement. L’ancien agent eu presque mal pour lui. C’était encore plus lâche que le coup dans les couilles.

Sauf que c’était encore pire que ça. Le grand brun fixait le garde, voulant s’assurer qu’il n’avait rien de grave. Un livre dans la tête, ok. Un dico par contre… Et puis ce type là n’avait rien demandé à personne. Il faisait juste son boulot. Et un boulot ingrat en plus. Il le savait mieux que personne. Bosser dans un tel endroit devait être assez dur sans en rajouter une couche. Ou une page. Ou un livre. En tout cas, il avait l’air encore vivant. C’était le principal. Camaël serra la mâchoire, à nouveau énervé. Mais avant de pouvoir comprendre ce qu’il se passait, l’acteur l’avait à nouveau prit par surprise. Profitant que son attention était fixée ailleurs, il venait de lui coller son poing dans la figure. Le nez de Cam prit tout. A nouveau, une vague de douleur le submergea, lui faisant faire encore un pas en arrière. Ce n’était pas la première fois qu’il se prenait des coups en plein visage. Son nez avait déjà été cassé. Deux fois même. Mais ça ne rendait pas insensible. Un peu sonné, il secoua la tête. Il allait falloir compter le nombre de neurones perdues en quelques minutes. Bravo.

Les secondes défilèrent lentement. Très lentement. Etourdi, l’islandais senti un liquide chaud s’écouler de sa narine. Il saignait du nez maintenant. S’essuyant d’un revers de la main, il examina  sa peau, couverte d’hémoglobine. Ça coulait plus fort qu’il ne pensait. Une goutte s’écrasa au sol. Puis deux. Le regard encore un peu trouble à cause de la violence du coup, il releva les yeux vers son agresseur. Il voyait rouge. Il voulait se jeter sur lui. C’était une mauvaise idée. Cet abruti s’était déjà fait mal à la main en plus. Il la secouait frénétiquement en continuant ses injures. Pfff. Une vraie fille. Ceci dit, une des personne à lui avoir cassé le nez était une collègue féminine. Qui frappait encore plus fort. Et qui avait des poings en béton armé. La comparaison le fit sourire.

Tandis que l’autre commençait à se douter qu’une riposte était à prévoir, Cam se mit en position pour lui rentrer dedans. Ça avait trop duré. Plus de temps à perdre. Prêt à le plaquer au sol pour le rouer de coups et laisser sa colère exploser, le grand brun s’immobilisa. Derrière sa cible, le garde s’était enfin remit d’aplomb. Il ne semblait pas très assuré, tremblant un peu. Chose normale après le poids qu’il avait reçu sur le crâne. Mais il tenait quelque chose dans le dos du blond. Quelque chose qui fit un bruit métallique. L’agent connaissait ce bruit. Le chien d’une arme à feu. Ha. Bon. La fête était finie. A moins que l’autre enfoiré ait réellement envie de mourir maintenant, il allait falloir se calmer. Et franchement, Camaël n’avait pas envie de voir sa seule piste clamser devant ses yeux. Pas maintenant. Pas déjà. Pas avant de l’avoir interrogé.

Soupirant, il serra à nouveau les dents. Il avait enfin ce qu’il voulait et il ne pouvait même pas aller jusqu’au bout. Ça l’emmerdait. Pour une fois, il n’avait aucune envie de se calmer. Mais la menace du garde tomba. Il n’était pas assez en forme pour se battre contre deux patients enragés. C’était évident. Il n’hésiterai probablement pas à se servir de son arme. Ça ne servait à rien de rester borné. S’il prenait une balle, peu importe où, il serait incapable de continuer.

La discipline prenant le dessus, l’islandais s’efforça de reprendre le contrôle de son esprit et ravala sa rage. Lentement, il fit encore un pas en arrière. Même si Shakespeare avait le canon d’un flingue entre les omoplates, il aurait encore pu tenter quelque chose. Doucement, pour montrer qu’il n’avait pas l’intention de résister, il leva les mains, paumes bien en évidence. Il regardait le garde dans les yeux, tentant de ne pas afficher trop de colère. Le but n’était pas d’avoir l’air encore agressif. Même si tout bouillonnait en lui. Mais il n’avait pas envie de voir une fusillade éclater. Surtout alors que trois innocents étaient présents. La bibliothécaire et les patients étaient toujours là. Comme s’ils étaient au spectacle. Ha ça, il ne devait pas y avoir des masses d’action par ici. Il jeta un regard à la bibliothécaire, un peu amusé. Elle était retournée se cacher derrière son bureau alors que c’était l’endroit le moins sûr actuellement. Elle était prise au piège derrière le meuble après tout. Et elle fixait la scène comme elle aurait dévoré des yeux les acteurs d’une série. Avec un sourire en coin, il finit par lui lâcher « Hé la rabat-joie. Vous auriez pu nous laisser 5 minutes de plus sérieusement. On s’échauffait à peine. »

Tandis qu’il prononçait ces mots, il senti le gout âpre et métallique de son sang se répandre sur ses lèvres et sa langue. L’espace d’un instant, il avait oublié qu’il saignait. Un peu fort. Un peu trop fort même. Il devait vraiment avoir l’air pitoyable. Les mains en l’air, un sourire stupide et un large filet rouge se répandant sur sa gorge et son tee-shirt. Quelle façon agréable de commencer la journée.

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   Hier à 22:04



Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête.

Roman ft. Camaël & Callahan


« Putain Ellison ! » Le nom grogné par le garde désignait son adversaire. Il pouvait maintenant remercier Rhodes de lui avoir donné sans même le vouloir le nom de ce mec. Il allait bien le retenir dans un coin de sa tête, c’était clair. Apparemment, le garde avait attendu autre chose du comportement de ce type, mais quoi exactement ? Qui obéissait à part les gens ennuyants, coincés et les ex juges, policiers ou encore militaire ? Pas grand monde non ! Ce fut à ce moment que quelque chose de délicieux et de jouissif arriva. L’occasion de se libérer lui avait été offerte par un élément perturbateur sorti de nul part, mais très utile. Un signe du destin ! Des menottes qui s’étaient échappées du garde et qui roulaient maintenant sur le sol ! Amazing ! C’était la bonne petite cerise sur le gâteau pensa le danois.

Alors que Roman s’était enfui vers l’étagère pour aller dérober un dictionnaire, tel un vilain garnement, l’autre était maintenant penché vers l’étagère ! Spectacle bien ridicule, mais qui valait franchement le coup.

- Un garde à quatre pattes !, s’exclama Roman avant de balancer le fameux dictionnaire par-derrière. On aura tout vu !

Rien que pour ça, il était fort content d’être venu ici ! Ce ne serait pas demain la veille que ce genre de petite jouissance arriverait de nouveau et voir Rhodes de cette manière le comblait d’excitation, mais le jour où le brun se mettrait à quatre pattes pour lui faire de jolis petits plaisirs avec sa langue, serait une victoire d’un cran encore plus élevé. Qu’est ce qu’il pouvait y avoir des idées perverses dans sa tête ! Il imaginait déjà les images et de ce qu’il ferait de Rhodes si jamais il parvenait à le faire un jour rentrer dans ses filets.

Rien que lorsque le dictionnaire le heurta de plein fouet, Roman se sentit un peu mieux, même si la douleur était encore là, elle le lançait moins. Ce n’était pas pour autant qu’il était encore tout à fait d’aplomb. Rhodes avait été fortement déséquilibré, il titubait et Roman avait eu le temps de donner le coup de grâce à l’autre enfoiré en l’insultant. Il ne l’avait cette fois-ci pas manqué et son nez s’était mis à saigner. Pour une fois, que ce n’était pas le sien ! Il allait moins rire maintenant. Quand son rival releva ses yeux foncés vers lui, Roman se mit à lui sourire sans se retenir. Il était affolant de voir à quel point le Danois changeait d’humeur comme de chemise. Un coup, il se mettait à l’insulter de toutes ses forces, et de l’autre, il s’amusait à lui adresser une grande esquisse que l’autre lui rendit comme s’il était amusé.

- Quoi ? Ça t’amuses ?


Cet imbécile se rendait-il même compte de son mini-sourire très agaçant ? Il ne s’était pas trompé lorsqu’il avait prévu un coup en retour. Le brun prévoyait de faire fort. Son corps incliné vers l’avant ainsi que ses genoux légèrement fléchis montraient bel et bien sa volonté de lui rentrer en plein dans le flanc pour le foutre à terre. Néanmoins, le brun se figea soudainement, ses traits se tendirent et restèrent pendant quelques fractions de secondes anormales, immobile. Pourquoi s’était-il auto pausé ? Roman mourait d’envie de faire marche avant afin de faire dérouler le film comme il devait se passer : lui qui ne le laissait pas faire et qui finissait par gagner et donner une bonne leçon à ce connard d’Ellison.

Ce fut au contact glacial dans son dos que Roman comprit enfin. Rhodes avait fini par se relever, récupérer ses maudites menottes pour passer à la vitesse supérieure. Ellison ne bougeait pas et Roman voyait déjà son raisonnement défiler dans sa petite tête. Il ne ferait rien. Il n’était plus un danger, car la vraie menace était dans son dos à lui. Des balles. Voilà ce qu’il risquait de se prendre s’ils continuaient à faire les cons. La petite fête allait-elle vraiment finir comme ça ? Roman avait relevé ses mains avec lenteur pour les mettre derrière sa tête. Le garde avait-il décroché la sécurité de son flingue ? Le clic qu’il avait auparavant entendu était-il cette maudite sécurité ? Roman ne s’y connaissait pas grand chose en arme.

Tout le monde les regardait, comme s’ils étaient les acteurs d’un feuilleton très prenant que l’on dévorait devant des chips au vinaigre bien salées et délicieuses. Ce fut Ellison qui brisa ce silence devenu tout à coup pesant en s’adressant à la bibliothécaire, cette femme toute peureuse cachée derrière le bureau. À la réplique de son rival, Roman ne put s’empêcher d’esquisser un sourire amusé. Peut-être que finalement ce mec avait de l’humour et qu’il n’était pas totalement perdu. Peut-être qu’ils pourraient même bien s’entendre, mais pour le moment, ce n’était pas du tout gagné, bien au contraire.

Roman fixa Ellison, puis d’un geste très lent, il se retourna vers Rhodes qui pointait toujours cette maudite arme sur lui. Il planta ses prunelles dans celles du garde, qui était un peu plus grand que lui au moins de dix bons centimètres.

- Franchement Mister Rhodes. C’est pas un peu trop facile ça ? Pas la peine de tirer, regarde, je suis tout sage. Je ne t’ai pas encore sauté au cou, alors tu n’as rien à craindre, fit Roman avec un petit sourire et une voix calme et traînante. Ellison et moi ne faisions que faire connaissance.. Apparemment, il ne sait pas du tout apprécier l’art du théâtre et de la littérature.. c’est dommage.., continua le Danois avec une moue soudainement triste et désolée.

Il adorait jouer la comédie, ça l’amusait et ça le faisait vivre de se mettre dans la peau de plusieurs personnages.

- Et toi, sais-tu l’apprécier ? Je suis sûr que oui.. Je peux t’en lire si tu le désires.., fit Roman en lui faisant alors un petit clin d’œil.

Roman avait toujours ses mains derrière la tête et il ne lâchait pas du regard le Britannique à l’accent qu’il avait toujours apprécié.  

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MessageSujet: Re: Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]   

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Agir dans la colère, c'est s'embarquer dans la tempête [ft Roman & Callahan]

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