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 Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.

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PILULES AVALÉES : 15
MIROIR : Will Smith
IDENTITÉ : Deano
CRÉDITS : Tumblr
A DÉBARQUÉ LE : 24/12/2017

SITUATION : Célibataire
EST ÂGÉ DE : 46 ans
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MessageSujet: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 8:45


Andrew Hamilton
Don’t judge each day by the harvest you reap but by the seeds you plant.

identité : Andrew Hamilton. surnom : Andy, Drew. date et lieu de naissance : 9 juillet 1971 à San Francisco. âge : 46 ans. nationalité et origines : Américain. situation maritale : Célibataire. orientation sexuelle : Hétéro. occupation : Patient ancienneté à ostrov island : A vrai dire, cela fait tellement longtemps qu'il est arrivé à Ostrov Island que parfois, il a l'impression d'y avoir toujours vécu. Cet hôpital est devenu sa maison: il la connaît comme sa poche. maladie(s) : Agression physique, bipolaire, psychopathie, schizophrénie, trouble émotionnel, trouble catatonique et trouble des habitudes et des impulsions. Il faut savoir que c'est durant son procès pour meurtres que le psychiatre qui a examiné Andrew a jugé qu'il souffrait de toutes ces pathologies. De son côté, ce dernier est persuadé qu'il est saint de corps et d'esprit. avatar : Will Smith. groupe choisi : Lycoris Sanguinea. principaux traits de caractère : Attentionné - S'il ne vous connaît pas, ce n'est pas une qualité qui vous sautera aux yeux dans l'immédiat mais Andrew peut vite devenir un homme affectueux et protecteur à partir du moment où il vous apprécie un minimum. Charismatique - Andrew est un homme que l'on oublie difficilement à partir du moment où l'on croise sa route: il dégage un tel aura que l'on peut facilement être subjugué parce ce qu'il raconte en l'espace de quelques secondes. C'est un leader né à la fois authentique et empathique. Loyal - Andrew ne donne pas facilement sa confiance mais si vous parvenez à l'obtenir, vous pouvez être certain qu'il sera toujours là pour vous soutenir et que jamais, il ne vous plantera un couteau dans le dos sauf si bien entendu, vous tentez de le berner. Malicieux - Andrew fait souvent appel à son sens de l'humour: c'est comme une seconde nature chez lui. Il peut se montrer très taquin et aime ne pas se prendre au sérieux: c'est aussi un moyen de défense qu'il utilise pour éviter de montrer ce qu'il ressent la plupart du temps. Rusé - Il ne faut pas croire qu'il est né de la dernière pluie. Andrew peut parfois donner l'impression de manquer de finesse d'esprit mais il est beaucoup plus intelligent et malin qu'il ne peut le laisser paraître. Courageux - Il n'est pas du genre à avoir froid aux yeux et peut même avoir une fâcheuse tendance à jouer avec le feu. Têtu - Andrew n'aime pas avoir tort et il est toujours du genre à se montrer borné : il souhaite continuellement avoir le dernier mot. Sombre - Andrew possède une personnalité assez complexe: il peut aussi lui arriver d'être un homme insensible et violent en particulier si on le provoque ou qu'on lui cherche des problèmes. Mystérieux - Andrew n'aime pas s'attarder sur sa personne: moins il en dit à son sujet, mieux il se porte. Impulsif - Il n'est pas rare qu'il démarre au quart de tour.
i'm not mad, my reality is just different from yours...
1)  Tout l’argent du monde ne peut remplacer l’amour des nôtres

Même avec la meilleure volonté du monde, je ne pourrais pas le nier : il est vrai que j’ai eu la chance de naître sous une bonne étoile. Voir le jour dans le quartier le plus chic de San Francisco était déjà une chance en soit mais quand en plus, on pouvait se targuer d’être élevé au sein d’une famille immensément riche, cela en devenait presque indécent. Malgré tout, l’accouchement de ma mère ne fut pas de tout repos pour la simple et bonne raison qu’avant même de pousser mon premier cri, j’eus la bonne idée de faire parler de moi. Sans doute pressé de partir à la découverte du monde qui m’entourait, c’est avec un mois d’avance sur le planning prévu que je décidai de sortir de mon cocon. Si cette surprise de dernière minute provoqua quelques sueurs froides chez mes parents, ma naissance se déroula sans entraîner la moindre complication pour le plus grand bonheur de ma famille qui attendait cet heureux événement depuis plusieurs années. Durant les premiers mois, c’est donc tout naturellement que l’on me chouchouta comme si j’étais la huitième merveille du monde. Mon père et ma mère se démultiplièrent pour m’apporter toute l’affection dont j’avais besoin tant et si bien que je devins même l’attraction principale de mon quartier. Etait-ce trop beau pour être vrai ? Toujours est-il que ce petit paradis que mes parents m’avaient bâti commença tout doucement à se fissurer lorsque mon premier anniversaire se profila à l’horizon. Occupant chacun des postes très importants au sein du palais de justice de San Francisco, il ne fallut pas longtemps pour que leur travail prenne le pas sur leur vie privée. Etait-ce le signe d’un mauvais présage ? Rien n’était moins sûr…


Bien évidemment, le brusque changement d’attitude de mes parents n’eut pas de répercussions immédiates sur mon existence. Observant l’univers, dans lequel j’évoluais, avec mes yeux d’enfant, je ne réalisais pas vraiment ce qui se tramait autour de moi. Certes, j’avais conscience de ne plus être le centre d’intérêt principal de mon père et ma mère puisque je ne les voyais plus qu’en coup de vent mais j’étais encore bien trop jeune pour leur en tenir rigueur. Après tout, la seule chose qui m’importait, était que l’on s’occupe de moi et à défaut de bénéficier de l’attention de ma famille, je pouvais compter sur le dévouement d’une adorable nounou qui aimait me choyer comme un prince. Durant plusieurs années, elle me prit sous son aile m’élevant comme si j’étais son propre fils. Sous ses encouragements répétés, je fis mes premiers pas puis quelques mois plus tard, je parvins à prononcer mes premiers mots et chaque fois qu’un tel événement de produisit, mes parents brillèrent par leur absence. Peu à peu, cette femme devint même mon seul point de référence tant et si bien qu’il m’arriva souvent de réclamer sa présence à cor et à cri. Dire que je n’étais plus heureux avec mon père et ma mère serait exagéré mais en choisissant de me faire passer au second plan, ils avaient causé leur propre perte. Jamais ils n’auraient levé la main sur moi mais à force de jouer avec le feu, ils avaient fini par briser ce lien si puissant qui unit naturellement un enfant à ses parents. Alors que la logique aurait voulu qu’en leur compagnie, je baigne dans la sérénité la plus totale, la réalité fut toute autre. Est-ce qu’inconsciemment, je désirais leur faire payer le prix de leur négligence ? Je n’en avais aucune idée. Il n’empêche qu’à maintes reprises, je mis leurs nerfs à rude épreuve ne leur laissant que peu de répit. Ainsi, ils durent redoubler de patience pour garder leur self-control car j’étais diablement rusé dès lors qu’il fallait leur en faire voir de toutes les couleurs. Oui, j’étais devenu un vrai diablotin mais la responsabilité en incombait avant tout à mes parents dans la mesure où mon comportement exécrable n’était que le reflet d’un mal-être profond qui me rongeait de l’intérieur. Au travers de chacun de mes caprices, je lançais un appel au secours mais malgré mes efforts répétés, ceux-ci demeurèrent souvent sans réponse. Indubitablement, cette attitude joua même en ma défaveur car dans ma famille, on ne tarda pas à me voir comme le vilain petit canard. Mes parents eurent beau me défendre avec ardeur, ils ne tentèrent jamais d’embellir la vérité à mon sujet. Du coup, ma réputation d’enfant instable me poursuivit pendant plusieurs années alimentant les ragots de notre voisinage. Dans mon malheur, ma nounou fut en quelque sort ma bouée de sauvetage : étant doux comme un agneau dès lors qu’elle se trouvait dans les parages, j’eus parfois l’occasion de démontrer que derrière cette apparence ronchonne, se cachait avant tout un gamin qui ne demandait qu’à être apprécié à sa juste valeur…

2)  L’insouciance : amant de l’enfance, ami de l’inconscience


Alors que je vais sur mes 7 ans, je me prépare à effectuer mes premiers pas à l’école. Si ce plongeon dans l’inconnu effraie bon nombre d’enfants, je suis pour ma part assez impatient à l’idée de me familiariser avec ce nouvel environnement. Pourtant, je n’ai aucune assurance sur le fait que cet univers correspondra à mes attentes mais étant de nature curieuse, je suis plutôt du genre à me jeter dans la gueule du loup. Inconsciemment, j’essaye aussi de me convaincre que je serai plus à même de m’épanouir en côtoyant des gamins de mon âge au quotidien. Totalement intrépide, je fonce souvent tête baissée évitant ainsi de me poser des questions inutiles et cela me vaut d’ailleurs quelques frayeurs. Est-ce le fruit du hasard ou la conséquence logique d’une souffrance affective trop lourde à porter ? Toujours est-il qu’en terme de personnalité, je suis l’opposé de mes parents et que cela ne semble pas me déplaire un seul instant. Malgré ma relative jeunesse, je suis désormais en mesure de porter un jugement plus posé sur le monde qui m’entoure et ce que je sais avec assurance, c’est que je déteste le quartier qui m’a vu grandir. Je me prélasse pourtant dans un luxe que beaucoup de gens rêveraient d’effleurer du bout des doigts mais je manque encore cruellement de maturité pour que mon opinion soit empreinte de sagesse. Tout ce que je constate, c’est que mes parents ne sont jamais là quand j’ai besoin d’eux et à la longue, j’ai fini par me lasser des cadeaux innombrables qu’ils m’offraient dans le simple but d’acheter mon pardon. J’habite une immense villa qui en ferait pâlir plus d’un sauf que je n’ai aucun camarade de jeux pour s’amuser en ma compagnie. Ma nourrice tente tant bien que mal de me redonner le sourire mais elle ne peut pas être au four et au moulin. Du coup, je m’enfonce dans la spirale de la solitude et mon imagination devient alors mon échappatoire. Mon rêve ultime ? Sortir de cette prison qu’est devenue Pacific Heights à mes yeux…

L’automne commence à revêtir ses plus belles couleurs lorsque l’heure de la rentée sonne enfin. Bien que cet événement ne soit pas anodin, mes parents n’ont pas jugé utile de m’accompagner à l’école et comme toujours, c’est donc ma nourrice qui s’est chargée de prendre le relais. Si mon cœur est habité par diverses émotions, je n’ai aucune appréhension à l’instant même où je franchis la porte de mon établissement : mon intuition me dit que cette aventure va donner un nouvel élan à ma vie. Suis-je devin ou simplement chanceux au possible ? Toujours est-il que mes prédictions se révèlent exactes et que je ne tarde pas à trouver ma place au milieu des autres élèves. N’étant pas timide pour un sou, je n’ai aucun mal à me fondre dans le moule et ma personnalité enjouée attise rapidement la curiosité de mes copains de classe. Lorsqu’il s’agit de défier l’autorité, je suis toujours celui qui allume la première brèche et cela ne manque pas d’impressionner mes camarades. Au travers des jeux que nous partageons, je m’épanouis enfin au grand jour évoluant dans un univers où l’insouciance règne en maître. Grâce à mes amis, j’ai surtout l’impression d’exister et de recevoir un peu de cette affection que mes parents n’ont jamais daigné m’apporter. En les fréquentant, je n’ai d’ailleurs pas la sensation de vivre un calvaire lorsque je suis en cours et la complicité que l’on partage au quotidien suffit amplement à mon bonheur. De plus, on a beau être surveillé comme le lait sur le feu, on ressort généralement gagnant de la guerre psychologique qu’on livre à nos enseignants.

Un an plus tard, une petite fille vient agrandir notre famille. A cette époque, mes relations avec mes parents sont loin de s’être arrangées mais je me suis fait une raison et dans mon esprit, c’est presque devenu normal de passer inaperçu à leurs yeux. Bien évidemment, cela me contrarie mais cette situation ne m’empêche plus d’entrevoir l’avenir sous de meilleurs auspices. Cet heureux événement me remplit même de bonheur dans la mesure où je suis convaincu que le rôle de grand frère m’ira à merveille. En apparence, j’ai beau être un terrible garnement, il n’en demeure pas moins que j’aime prendre soin de mon prochain et j’ai donc bien l’intention de protéger ma petite sœur autant que possible. Ce que je n’imagine pas alors, c’est qu’une mauvaise surprise m’attend au tournant.

Contre toute attente, je découvre subitement une facette de mes parents qui me surprend autant qu’elle m’interpelle. Certes, mon père et ma mère ne sont pas des pourritures dans l’âme mais à moins d’être bigleux, on comprend rapidement, en les fréquentant, que la sensibilité n’est pas leur qualité première. Peut-être existe-t-il un lien de cause à effet entre ce comportement qu’ils adoptent et le travail qu’ils pratiquent au quotidien mais comme nos échanges sont superficiels et froids, je n’ai jamais vu l’intérêt de me poser une telle question. Quoi qu’il en soit, le fait que nos rapports soient quasi inexistants s’explique facilement dans la mesure où ma mère n’est pas étouffée par l’instinct maternel et que mon père a toujours cru bon de m’élever à la dure. Autant dire tout de suite que je tombe de haut lorsqu’au fil des mois qui passent, je constate que mes parents sont devenus complètement gâteux avec ma petite sœur. Si au début, je tente de faire abstraction de cette situation, celle-ci finit par me déplaire tant et si bien que la colère s’immisce lentement mais sûrement dans chaque parcelle de mon cœur. Que la petite dernière de la famille soit dorlotée comme une reine ne me contrarie pas un seul instant mais ce que j’ai du mal à avaler, c’est d’avoir été laissé pour compte par le passé quand je suppliais que l’on m’offre un peu de douceur. Forcément, cette disparité de traitement m’emplit de doutes et même si je m’étais promis de ne plus me soucier du sort que mes parents me réserveraient, je ne parviens pas à passer outre cette injustice. Dans un premier temps, j’éprouve une haine viscérale vis-à-vis de ma mère et mon père mais très rapidement, je réalise que je suis dans l’erreur et que je n’obtiendrai rien de probant si je me laisse emporter par mes émotions négatives. Je suis persuadé de ne pas mériter un tel sort mais à quoi bon chercher un coupable à tout prix ? J’ai tellement souffert de l’ignorance de mes parents que je suis conscient de ne pas être impartial lorsque je les juge. Alors même si tout nous oppose et que je clame haut et fort que je les déteste, je sais qu’au fond de mon cœur, je ne désire qu’une seule chose : obtenir leur amour à tout prix. Or, cet objectif que je me suis fixé, va vite tourner à l’obsession.

Après avoir envisagé diverses stratégies, il me semble évident que le meilleur moyen de parvenir à mes fins est de tout mettre en œuvre pour que mes parents soient fiers de moi. Ainsi, je décide soudainement de devenir un modèle d’exemplarité en me lançant un défi de taille : ne plus commettre la moindre bêtise. Connaissant mon goût prononcé pour les enfantillages, je sais très bien que cela ne sera pas de la tarte mais si en apparence, il ne fait aucun doute que je suis puéril, je demeure certain que je vaux mieux que cela. Le scepticisme est de mise et pourtant, la métamorphose est aussi rapide que spectaculaire. En l’espace de quelques semaines, je me suis transformé à tel point que mes professeurs me considèrent désormais comme un élève studieux. Le plus surprenant, c’est que je n’ai pas eu besoin de forcer ma nature pour être à l’aise dans ce nouveau rôle : contre toute attente, j’ai découvert que j’étais doué pour les études. D’ailleurs, ma progression est tellement remarquable que tous mes enseignants me couvrent de louanges et m’encouragent à poursuivre dans cette voie. Avec le recul, je trouve ce contexte plutôt ironique sachant qu’en début d’année, j’étais sans nul doute leur pire cauchemar. Dans l’absolu, tout porte donc à croire que je vais obtenir ce qui m’est dû mais malheureusement, je me plante dans les grandes largeurs. Aussi incroyable que cela puisse paraître, mes parents continuent à se désintéresser totalement de mon sort. Eux qui sont passés maîtres en matière d’ignorance me prouvent une fois de plus que je leur suis totalement indifférent et ce n’est pas peu dire que je le vis très mal. Après une telle déconvenue, je devrais jeter l’éponge mais je m’y refuse : ma persévérance est sans limite.

Bien que je sache désormais que je suis tout à fait en mesure d’être sage comme une image, je n’ai pas l’intention de le demeurer puisque cette stratégie n’a pas eu les résultats escomptés. A contrario, je me dis que l’heure est arrivée de sortir le grand jeu même si cela doit m’apporter quelques ennuis. Du coup, je fais marche arrière et petit à petit, je m’autorise à dévier du droit chemin. Au début, je me contente surtout de taper sur les nerfs de mes professeurs mais mes actes n’ont alors rien de condamnable. Seulement, mes parents continuent de faire la sourde oreille et comme je suis déterminé à remplir la mission que je me suis fixé, je passe soudainement à la vitesse supérieure employant alors des pratiques qui vont à l’encontre de mes principes. Durant plusieurs mois, j’accumule les bévues en tout genre me construisant un sacré palmarès qui est pourtant loin de me mettre en valeur. Embarqué sur une pente savonneuse, je perds inévitablement les pédales commettant des erreurs grossières que je regrette par la suite. Seulement, je me sens perdu et totalement déstabilisé : je suis au bord du gouffre et j’attends encore et toujours que mes parents daignent me tendre la main. Je joue avec le feu mais même si je frôle la correctionnelle à de nombreuses occasions, cela ne calme pas mes ardeurs tant et si bien que l’inévitable finit par se produire. Un jour, alors que je commets un vol dans un magasin, je suis pris la main dans le sac par le commerçant. Je ne suis pas de nature violente sauf qu’à force d’être submergé par la tristesse, il m’est devenu impossible de ne pas être à fleur de peau. Or, je suis dans un état second lorsque je réalise brusquement que l’homme en question va appeler la police. Ma seule envie est donc de prendre la fuite pour sauver mon matricule et pour cela, je suis prêt à tout. Guidé par ma peur, je me débats comme un beau diable et dans un élan de colère incontrôlé, je frappe le commerçant avec une boîte de conserve. Cette fois, la coupe est pleine : j’ai franchi la ligne blanche…

Pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la police et si dans d’autres pays, le fait que je sois mineur aurait pu me tirer d’affaire, je sais qu’en ce qui me concerne, je n’aurai pas le droit de bénéficier d’une telle indulgence. Dans mon malheur, j’ai de la chance puisque l’homme que j’ai frappé ne souffre que d’une blessure minime. Néanmoins, les preuves sont suffisantes pour que je comparaisse devant le tribunal juvénile et je crains d’être en mauvaise posture. J’ai le moral en berne et dire que je suis au fond du trou est un euphémisme mais ce que j’ignore encore, c’est que ma bonne étoile surveille mes arrières.

Contactés par les flics, mes parents vont jouer de leur influence dans le but de m’éviter un procès. Mon père est juge depuis de nombreuses années et étant très respecté dans le milieu, il obtient rapidement gain de cause profitant du fait que mon casier judiciaire est vierge. Un arrangement à l’amiable est donc trouvé avec la victime et en l’espace de quelques jours, tout rentre dans l’ordre. Bien évidemment, je n’approuve pas mes agissements car je suis assez intelligent pour comprendre que j’ai dépassé les bornes mais dans la mesure où mes parents m’ont porté secours, j’ose croire que certaines barrières qui nous séparaient, se sont enfin brisées. Je vais rapidement déchanter…

Alors que je souhaite faire amende honorable et que je suis persuadé que ma famille sera assez compréhensive pour me prêter une oreille attentive, je suis immédiatement coupé dans mon élan puis traîner dans la boue sans ménagement. Certainement trop imbus de leur personne pour imaginer une seule seconde qu’ils ont des choses à se reprocher, mes parents me passent un savon des plus mémorables et me rabaissent plus bas que terre. Je suis littéralement humilié et complètement blessé dans ma chair d’autant plus que pour ma part, j’avais caressé l’espoir d’enterrer la hache de guerre afin de tout reprendre à zéro. Cerise sur le gâteau, mon père ne trouve rien de mieux que de me foutre une claque monumentale histoire que je bois le calice jusqu’à la lie. Désabusé, je n’ai pas la force de me défendre et sans dire un mot, je m’éclipse dans ma chambre. Pour la première fois de mon existence, je pleure alors sans retenue mais les larmes ont beau couler le long de mes joues, cela n’atténue pas la grandeur de ma souffrance. Je suis abattu et je me demande encore si la vie vaut réellement la peine d’être vécue…

3)  Ma petite sœur : un rayon de soleil au milieu d’une infinie noirceur


J’ai maintenant 13 ans. Mon anniversaire s’est déroulé il y tout juste une semaine mais je n’en garde pas un souvenir impérissable, bien au contraire. En un sens, c’est compréhensible car depuis quelques mois, il faut posséder une patience hors du commun pour me fréquenter. Du coup, la liste de mes amis s’est considérablement réduite et à ce rythme, il est fort probable que la solitude devienne ma seule alliée. Mentalement détruit, j’ai sombré dans les ténèbres il y a peu quand j’ai réalisé que j’étais au bout du rouleau. J’aimerais me secouer pour aller de l’avant mais je ne supporte plus d’être au contact de mes parents. Non content de m’avoir enlevé toute dignité en me rappelant combien j’étais insignifiant à leurs yeux, ils se sont en plus permis de réduire ma liberté au minimum syndical. Autrement dit, j’exagère à peine lorsque j’affirme que j’ai besoin de leur autorisation pour respirer car ma maison a pris des allures de bagne. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même : mon sourire s’est éteint et la petite étincelle qui illuminait mon regard a disparu. Si par le passé, l’école m’avait servi d’échappatoire, j’en suis arrivé à un stade où je ne parviens plus à faire face à la situation. J’erre dans mon existence sans trop savoir où aller évoluant dans un univers qui me semble triste et sombre à tout point de vue. Totalement amorphe, je subis les événements sans broncher : de toute manière, à quoi bon vouloir se protéger quand on a le cœur en miettes ? Le plus surprenant, c’est que la seule personne qui m’apporte un peu de réconfort à cette époque n’est autre que ma petite sœur. Sachant le traitement de faveur qu’elle reçoit de la part de mes parents, je devrais la jalouser et la rendre responsable de mon malheur mais je refuse catégoriquement de tomber aussi bas. Je n’ai jamais oublié que je m’étais juré de la protéger contre vents et marées 6 ans plus tôt et cette promesse, je compte bien la respecter jusqu’à mon dernier souffle. Comme mes parents la couvent énormément, j’ai rarement l’occasion d’être seule en sa compagnie mais ce qui me donne du baume au cœur, c’est que même si ce détail ne joue pas en ma faveur, un lien fusionnel nous unit. J’en ai pour preuve que Jessica réclame systématiquement ma présence dès qu’elle a du chagrin et j’ai beau être habitué à devoir la réconforter, je ne me lasse pas de ces moments de tendresse que nous partageons tous les deux. D’ailleurs, je suis persuadé que mes parents n’acceptent pas d’être relégués au second plan par leur propre fille bien qu’ils n’osent pas le clamer haut et fort. Alors c’est peut-être cruel mais je ne peux pas m’empêcher de prendre mon pied chaque fois que Jessica me réclame un câlin tout en se désintéressant totalement de mon père et ma mère. Son amour est salvateur et je m’en nourris autant que possible pour maintenir ma tête hors de l’eau. Sera-t-il suffisant pour m’éviter la noyade ?

Les mois passent mais rien ne change. Je me suis installé dans une certaine routine et même si j’ai repris quelques couleurs, je suis encore loin d’entrevoir le bout du tunnel. Grâce à Jessica, je suis sorti de l’état végétatif dans lequel je m’étais enfoncé mais la prudence est de mise car fragile comme je suis, j’ai conscience que la rechute me guette à chaque instant. Depuis peu, mes parents travaillent sans relâche et du coup, je dois davantage veiller sur ma petite sœur ce qui est loin de me contrarier. Ainsi, dès que mes cours se terminent, je me rends à son école afin qu’elle ne soit pas forcée de rentrer seule à la maison. Jusqu’à présent, je n’ai jamais failli à ma tâche mais ce jour-là, un imprévu de dernière minute va considérablement changer la donne et cela va me conduire à ma perte. Durant l’après-midi, je suis en effet témoin d’une scène qui me glace le sang : alors que je discute tranquillement avec mon meilleur ami, celui-ci s’écroule soudainement et demeure inanimé au sol durant quelques secondes. L’espace d’un instant, j’imagine tout et n’importe quoi mais sous le coup de l’émotion, je suis surtout incapable d’avoir la moindre réaction. Finalement, tout rentre dans l’ordre avant même l’arrivée des secours puisque mon confident ne tarde pas à retrouver ses esprits. Après avoir subi quelques examens, il en est quitte pour une belle frayeur dans la mesure où les médecins sont convaincus que son évanouissement n’a pu être causé que par la chaleur étouffante qui règne à San Francisco. Soulagé d’un poids, j’affiche un large sourire sauf que je n’ai pas encore réalisé que dans l’affolement général, j’avais perdu la notion du temps. N’arborant jamais de montre à mon poignet, je suis loin de me douter que j’ai commis une bourde monumentale et pourtant, cette erreur, je vais la regretter amèrement.

Assis sur le canapé du salon, je me ronge les ongles ou du moins le peu qu’il me reste tout en jetant des coups d’œil furtifs en direction de l’horloge posée sur le mur. L’une de mes jambes s’agite nerveusement et mon cœur bat tellement fort que j’ai l’impression qu’il est sur le point d’exploser. Je ne tiens plus en place mais j’essaye tant bien que mal de conserver mon calme même si j’ai une furieuse envie de me frapper la tête contre le mur. Cette attente est insupportable et chaque seconde qui passe ne fait qu’augmenter la culpabilité qui a envahi chaque parcelle de mon être. Comment ai-je pu être aussi stupide ? Je n’en reviens pas moi-même. J’étais tellement obnubilé par le malaise de mon ami que j’en ai oublié ma petite sœur. En désespoir de cause, j’ai tenté de réparer les pots cassés mais mon retard était si conséquent que je n’ai pas réussi à mettre la main sur Jessica. Durant une heure, j’ai fouillé notre quartier de fond en comble en priant pour que le ciel m’accorde une faveur mais malgré tous mes efforts, mes recherches sont restées vaines. Voilà maintenant un moment que la nuit est tombée sur San Francisco et dire qu’un silence de mort s’est emparé de la villa, est un doux euphémisme. Je surveille le téléphone avec insistance mais je suis aussi impatient de l’entendre sonner que cela m’effraie. Non loin de moi, ma mère sanglote et tremble de la tête aux pieds ce qui ne manque pas de m’émouvoir. Pour la première fois de ma vie, j’ai envie de la consoler, de la soutenir durant cet instant difficile mais je me garde bien de passer à l’acte. Je sais que je suis la dernière personne qu’elle désire voir et je ne risque pas de lui en tenir rigueur puisque je me dégoûte moi-même. D’ailleurs, elle me tourne le dos et évite soigneusement de croiser mon regard : elle me fuit comme la peste. Mon père, quant à lui, s’est porté volontaire pour donner un coup de main à la police. Quand il a compris la gravité de la situation, j’ai cru qu’il allait me foutre la raclée de ma vie et j’ai presque regretté qu’il s’abstienne de le faire. Et si mes parents ne s’étaient finalement jamais trompés sur mon compte ? Serait-il possible que je sois une cause perdue ?

L’atmosphère devient de plus en plus pesante à mesure que les heures s’écoulent. Pour ma part, je suis au bord de l’implosion car même avec la meilleure volonté du monde, je suis incapable de demeurer optimiste. Terrassé par les émotions négatives, mon imagination débordante s’amuse à mettre mes nerfs à rude épreuve et ce sentiment d’impuissance qui a pris possession de mon cœur m’insupporte. Ma petite sœur est peut-être en mauvaise posture mais que ce soit ou non la triste réalité, je suis dans l’expectative et c’est bien cela qui me tue. J’aimerais ne pas basculer dans la dramaturgie mais l’anxiété m’empêche de garder la tête froide et sans le vouloir, je commence à envisager le fait que Jessica n’est plus de ce monde. Au beau milieu de la nuit, la tension a atteint son apogée et l’air est presque devenu irrespirable lorsque subitement, la sonnerie du téléphone retentit. L’espace d’une fraction de seconde, j’hésite à décrocher le combiné jetant un coup d’œil furtif en direction de ma mère qui semble totalement dépassée par la situation. D’une voix vacillante de larmes, je me jette à l’eau et comprends tout de suite que c’est mon père qui se trouve à l’autre bout du fil. Seulement, il ne me laisse même pas le loisir de lui poser une seule question refusant visiblement de m’adresser la parole. Son attitude me débecte mais je suis conscient qu’il est de mon devoir de faire profil bas dans un contexte aussi tragique. Dans la foulée, je lui passe donc ma mère et attends patiemment qu’elle soit en mesure de me dire ce qu’il est advenu de Jessica. A ses réactions, je me prépare déjà à songer au pire bien que je refuse de croire que ma petite sœur nous ait quittés. L’appel terminé, je reste suspendu à ses lèvres mais elle se garde bien de me mettre dans la confidence. D’abord silencieux, je finis par élever la voix alors que ma mère semble se préparer pour sortir. A plusieurs reprises, ses yeux larmoyants me dévisagent et même si elle garde le silence, je sais qu’elle aimerait décharger sa colère sur moi. Alors que je pense qu’elle va m’abandonner à mon triste sort, elle finit par me lâcher le morceau. Elle m’apprend que la police a retrouvé Jessica saine et sauve près d’un parc mais qu’il est également possible qu’elle ait été violée dans la mesure où tous les vêtements, qu’elle portait, étaient déchirés et ensanglantés. Abasourdi par cette nouvelle, je suis sans réaction : qu’on ait pu abuser de ma petite sœur me bouleverse autant que cela me révolte. Anéanti, je n’ai pourtant pas le loisir de cogiter puisque ma mère me propose de me rendre à l’hôpital en sa compagnie. Elle préfèrerait sans doute que je m’abstienne mais je ne peux refuser sa proposition alors que mon seul désir est d’être auprès de Jessica. Durant le trajet, nous n’échangeons pas le moindre mot et pour cause : par ma seule négligence, ma petite sœur a sans doute vécu un cauchemar insoutenable qui ne cessera jamais de la hanter. Dans ces conditions, comment pourrais-je encore me regarder dans une glace ?

L’été s’est durablement installé sur San Francisco ces dernières semaines mais si jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours apprécié cette période de l’année, cela me passe au-dessus de la tête en ces temps difficiles. Le viol qu’a subi Jessica s’est déroulé il y a tout juste deux mois mais dans mon esprit, c’est comme s’il s’était produit hier. Déjà qu’à l’accoutumée, je ne suis pas doué pour soigner les cicatrices qui restent ancrées dans mon cœur, j’ai cette fois-ci toutes les peines du monde à supporter cette blessure acérée qui semble me bouffer de l’intérieur. En un sens, cela ne me dérange qu’à moitié car si je ne suis pas masochiste pour un sou, j’ai appris à me détester et j’estime qu’au travers de cette souffrance, je reçois une punition que j’ai amplement mérité. Je ne peux plus me voir en peinture et c’est peu dire que j’étouffe sous le poids des remords. La nuit, je cherche désespérément à trouver le sommeil mais les cernes sont là pour témoigner de mes insomnies répétitives. En fait, j’en suis arrivé à un point où la fontaine ambulante que je suis, n’est même plus en mesure d’atténuer sa douleur lorsqu’elle pleure. Du coup, je m’enfonce dans ce sentiment de honte et cela me pousse à commettre des actes inavouables. C’est ainsi que depuis peu, je planque des lames de rasoir sous mon oreiller afin de me taillader la peau dès que l’envie m’en prend. Je ne suis pas fier d’avoir recours à un tel procédé mais c’est vite devenu comme une drogue dont je ne pouvais plus me passer : chaque fois que mon sang coule, je ressens une délivrance puissante qui me pousse à continuer jusqu'à évacuer toute cette culpabilité que j’éprouve. Je réalise d’ailleurs qu’à ce rythme, je risque d’aller droit dans le mur mais je m’en contrefiche royalement : je n’ai pas peur de quitter ce monde d’autant plus que j’aime à prétendre que je ne manquerai à personne. Mes parents ? Je crois qu’ils préfèrent désormais ignorer mon existence. Moins ils me voient, mieux ils se portent tant et si bien que dès que j’en ai l’occasion, je vais dorénavant dormir chez mon meilleur ami. Je suis toujours bien accueilli par sa famille mais comme je refuse d’abuser de leur gentillesse et que je me suis enfermé dans une certaine indépendance, il n’est pas rare que je trouve également refuge chez la nourrice qui m’a élevé. Elle qui dès le départ m’a considéré comme son propre fils, me connaît sur le bout des doigts ce qui ne joue pas en mon avantage. En effet, elle est la seule à suspecter que je suis mal dans ma peau et m’invite souvent à faire le premier pas pour que j’ouvre mon cœur. Parfois, la tentation est grande mais malgré toute l’affection que je lui porte, je reste discret sur le sujet. Une façon comme une autre de courir droit à ma perte ?

Et Jessica dans tout cela, me direz-vous ? Malheureusement, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Depuis son agression sexuelle, son état de santé n’a quasiment pas évolué et personne n’est parvenue à lui tirer les vers du nez. Si sur le plan physique, elle n’a gardé aucune séquelle de ce viol, le traumatisme lié aux sévices qu’elle a enduré, demeure quant à lui omniprésent. Mes parents ont vainement espéré qu’en consultant un psychologue, ma petite sœur finirait par s’exprimer mais au bout de plusieurs séances, ils ont vite réalisé que cela ne rimait à rien. Perpétuellement angoissée, Jessica est sujette aux cauchemars mais elle refuse catégoriquement d’en parler. Quant à sa personnalité enjouée, elle semble s’être envolée sous d’autres cieux tant et si bien qu’elle fuit même toute compagnie. Pour ma part, je me contente des miettes que l’on me laisse dans la mesure où mes parents sont réfractaires à l’idée que je l’approche d’un peu trop près. Je pourrais me sentir lésé mais bien que ma petite sœur me manque terriblement, je demeure convaincu qu’elle me rend responsable des atrocités qu’elle a vécues et je ne désire donc pas lui imposer ma présence. Les faits vont pourtant me donner tort…

A suivre...

pseudo internet
prénom : Deano. âge : 31 ans. type de personnage : Inventé.  d'où connais-tu le forum ? comment le trouves-tu ? Grâce à un Top-site et j'apprécie beaucoup le contexte très original du forum.  as-tu lu le règlement ? Oui.  autre chose à dire ? It's time to play the game.


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Dernière édition par Andrew Hamilton le Lun 8 Jan - 6:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 8:46

Yup je valide l'avatar
Et te souhaites bon courage pour ta fiche :coeur:!
Si tu as des questions n'hésite pas

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the stupid
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 8:48

Merci à toi .
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EST ÂGÉ DE : 30 ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 10:52

Bienvenue à Ostrov

Bon courage pour rédiger ta fiche
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 11:30

Super choix de vava !
Bienvenue sur le forum
Bon courage pour ta fifiche ♥️
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 12:10

Bienvenue parmis nous olala dommage qu'il est hetero ahah xd super choix de vava
Bonne chance pour ta fiche
Garde moi un petit lien *_*
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 12:36

Bienvenue parmi nous
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SITUATION : Célibataire
EST ÂGÉ DE : 26 ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 22:49

Bienvenue par ici
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EST ÂGÉ DE : 22 ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 26 Déc - 23:02

Magnifique vava, bienvenue chez les fous
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EST ÂGÉ DE : 27 ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mer 27 Déc - 9:45

Jared
Bienvenue !! Bon courage pour ta fiche !

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Stepping out ? You'll feel my hell on your back. Blood follows blood and I make sure. Victim is your name and you shall fall. I chew and spit you out, I laugh, you scream and shout. Fuck it all and fucking no regrets, never happy endings on these dark sets. Step a little closer if you please...
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They think I m insane, they think my lover is strange but I don t have to fucking tell them anything
SITUATION : Esprit plongé dans un océan d'incertitudes et d'amers souvenirs aujourd'hui consumés.
EST ÂGÉ DE : 33 ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Jeu 28 Déc - 17:22

Han je suis tellement contente de voir Jared débarquer sur Ostrov in love

Bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche
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SITUATION : Marié à Dorian Rosenbach
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Jeu 28 Déc - 23:17

Bienvenue parmi nous
Est-ce que l'on doit s'attendre à un patient aussi ... spécial que le Joker ?
En tout cas j'ai hâte de connaitre son histoire bon courage pour la suite de ta fiche

PS: Comme beaucoup j'approuve le choix de l'avatar
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Ven 29 Déc - 0:12

Bienvenue

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La véritable tragédie, c'est qu'il n'y a pas de diable pour vous acheter votre âme.  minori
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Lun 1 Jan - 6:26

@Jeremy Accalon a écrit:
Bienvenue parmis nous olala dommage qu'il est hetero ahah xd super choix de vava
Bonne chance pour ta fiche
Garde moi un petit lien *_*

Désolé de briser ton petit cœur mais promis, en compensation, je ferai en sorte qu'on se trouve un lien d'enfer .

Mon cher Klaus, je te trouve bien curieux: c'est un vilain défaut . Plus sérieusement, il sera dans un style différent mais je pense qu'il vaudra le détour malgré tout.

En tout cas, merci pour votre accueil, ça fait chaud au cœur.

Au même titre que mon GaGa d'amour, il me faudra un délai supplémentaire pour terminer ma présentation par contre. Avec les fêtes de fin d'année, je n'ai pas forcément le temps de me consacrer à Andrew et en plus pour couronner le tout, j'ai choppé la grippe. Malgré tout, je ferai mon possible pour la terminer dans la semaine.

J'en profite pour vous souhaiter à tous une bonne année 2018 .
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SITUATION : Quelque part entre le désir et le néant total.
EST ÂGÉ DE : 26 ans.
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Lun 1 Jan - 11:44

Bienvenue par ici, avec retard bon courage pour terminer cette fiche
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 2 Jan - 5:40

Merci à toi .
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SITUATION : Coeur pris... mais il ne battra bientôt plus
EST ÂGÉ DE : Vingt-sept ans
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 2 Jan - 8:45

Bienvenue par ici!
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A DÉBARQUÉ LE : 28/12/2017

SITUATION : Célibataire.
EST ÂGÉ DE : 37 ans.
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Jeu 4 Jan - 16:59

Bienvenue à toi !  Bon courage pour la rédaction de ta fiche !
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Sam 6 Jan - 14:04

Ou en est ta fiche ? Sache que l'avatar de Jared Leto a été pris

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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Dim 7 Jan - 10:35

Oui, j'ai vu pour Jared: logiquement, je devrais la terminer cette nuit .
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Lun 8 Jan - 7:09


Andrew Hamilton
Don’t judge each day by the harvest you reap but by the seeds you plant.

identité : Andrew Hamilton. surnom : Andy, Drew. date et lieu de naissance : 9 juillet 1971 à San Francisco. âge : 46 ans. nationalité et origines : Américain. situation maritale : Célibataire. orientation sexuelle : Hétéro. occupation : Patient ancienneté à ostrov island : A vrai dire, cela fait tellement longtemps qu'il est arrivé à Ostrov Island que parfois, il a l'impression d'y avoir toujours vécu. Cet hôpital est devenu sa maison: il la connaît comme sa poche. maladie(s) : Agression physique, bipolaire, psychopathie, schizophrénie, trouble émotionnel, trouble catatonique et trouble des habitudes et des impulsions. Il faut savoir que c'est durant son procès pour meurtres que le psychiatre qui a examiné Andrew a jugé qu'il souffrait de toutes ces pathologies. De son côté, ce dernier est persuadé qu'il est saint de corps et d'esprit. avatar : Will Smith. groupe choisi : Lycoris Sanguinea. principaux traits de caractère : Attentionné - S'il ne vous connaît pas, ce n'est pas une qualité qui vous sautera aux yeux dans l'immédiat mais Andrew peut vite devenir un homme affectueux et protecteur à partir du moment où il vous apprécie un minimum. Charismatique - Andrew est un homme que l'on oublie difficilement à partir du moment où l'on croise sa route: il dégage un tel aura que l'on peut facilement être subjugué parce ce qu'il raconte en l'espace de quelques secondes. C'est un leader né à la fois authentique et empathique. Loyal - Andrew ne donne pas facilement sa confiance mais si vous parvenez à l'obtenir, vous pouvez être certain qu'il sera toujours là pour vous soutenir et que jamais, il ne vous plantera un couteau dans le dos sauf si bien entendu, vous tentez de le berner. Malicieux - Andrew fait souvent appel à son sens de l'humour: c'est comme une seconde nature chez lui. Il peut se montrer très taquin et aime ne pas se prendre au sérieux: c'est aussi un moyen de défense qu'il utilise pour éviter de montrer ce qu'il ressent la plupart du temps. Rusé - Il ne faut pas croire qu'il est né de la dernière pluie. Andrew peut parfois donner l'impression de manquer de finesse d'esprit mais il est beaucoup plus intelligent et malin qu'il ne peut le laisser paraître. Courageux - Il n'est pas du genre à avoir froid aux yeux et peut même avoir une fâcheuse tendance à jouer avec le feu. Têtu - Andrew n'aime pas avoir tort et il est toujours du genre à se montrer borné : il souhaite continuellement avoir le dernier mot. Sombre - Andrew possède une personnalité assez complexe: il peut aussi lui arriver d'être un homme insensible et violent en particulier si on le provoque ou qu'on lui cherche des problèmes. Mystérieux - Andrew n'aime pas s'attarder sur sa personne: moins il en dit à son sujet, mieux il se porte. Impulsif - Il n'est pas rare qu'il démarre au quart de tour.
i'm not mad, my reality is just different from yours...
4) Quand la haine se mélange à la souffrance, il n’y a qu’une seule issue possible : la vengeance

Allongé dans mon lit, j’éprouve à nouveau toutes les peines du monde à m’endormir. Je teste diverses positions mais le sommeil se refuse à moi bien que mes paupières soient terriblement lourdes. Pour la première fois depuis fort longtemps, je passe la nuit à mon domicile car mes parents se sont rendus à une réception et ils m’ont expressément demandé de veiller sur ma petite sœur. Cette proposition ? Je l’ai acceptée du bout des lèvres car si autrefois, j’étais enchanté à la simple idée d’être seul avec Jessica, je redoutais cette fois-ci de ne pas être à la hauteur de la situation. Finalement, la soirée s’est déroulée sans encombre mais la joie était loin d’être au rendez-vous. En désespoir de cause, j’ai essayé de tendre la main à mon petit trésor en caressant l’espoir que notre complicité d’antan rejaillirait de ces cendres sauf que je me suis heurté à un mur de silence qu’il m’a été impossible de briser. Poussant un soupir qui témoigne de mon profond malaise, je laisse mon regard se perdre dans la vide constatant avec amertume que cette nuit promet encore d’être longue. Les calmants ? J’en ai tellement avalé dernièrement qu’ils ne me font plus aucun effet. Alors comme souvent, je pleure pour me débarrasser de cette pression constante que je porte sur mes épaules même si je sais pertinemment que cela n’atténuera pas mon chagrin. Brusquement, je tremble de tout mon long et je m'empresse donc de m'emmitoufler dans ma couverture : un violent frisson vient de traverser chaque parcelle de mon corps. Gardant le silence, je reste immobile comme paralysé par la peur donnant l'impression de ressembler à un enfant qui n'arriverait pas à se remettre du film d'horreur qu'il a regardé à la télé quelques heures plus tôt. Puis rapidement, la chaleur devient insupportable et j’ai soudainement l'impression de suffoquer comme si une corde m’enserrait le cou. Ce calvaire ? Je le revis en boucle chaque nuit d'une manière plus ou moins intense et aussi désagréable soit-il, j’ai fini par m’y habituer. Essuyant mon front baignant de sueurs, je me lève de mon lit et m’installe sur le rebord de ma fenêtre afin d’y trouver un peu d’air frais. En temps normal, je possède une méthode diablement efficace pour que mon supplice soit écourté mais bien que la tentation soit grande, je refuse d’y céder. Le souci, c’est que j’adopte exactement le même comportement qu’un toxicomane qui perd la boule quand il n’a pas eu sa dose quotidienne de drogue. Cela me terrorise de l’admettre mais j’éprouve une sensation de manque lorsque je ne lacère pas ma peau avec un objet coupant. Intérieurement, je lutte donc contre mes vieux démons sauf que la persévérance, qui avait été par le passé ma plus grande force, ne m’offre plus aucune garantie aujourd’hui. Au fil des minutes, je baisse peu à peu ma garde mais contre toute attente, c’est un événement inattendu qui va me sauver des eaux.


Brusquement, un cri aussi strident qu’effrayant résonne dans la villa et en une fraction de seconde, mon attention se reporte complètement sur ma petite sœur. Dans ma précipitation, je suis à deux doigts de me flanquer par terre mais cela ne m’empêche pas de rallier la chambre de Jessica en quatrième vitesse. Aussitôt, je la serre tendrement dans mes bras évitant par ailleurs de lui poser la moindre question : à quoi bon lui parler tant qu’elle n’aura pas retrouvé un minimum de sérénité ? L’espace d’un instant, je redoute qu’elle ne me repousse mais il n’en est rien. Je caresse donc son dos avec douceur et dépose parfois des bisous sur son front tout en murmurant à son oreille qu’elle n’a plus rien à craindre maintenant que je suis là. De nature sensible, je ne peux contenir quelques larmes que je m’empresse cependant d’effacer d’un revers de la main avant qu’elles ne coulent sur mes joues. Si je suis tant ému, ce n’est pas un simple hasard : non seulement, je n’ai jamais supporté d’être témoin de la tristesse de ma petite sœur mais pour couronner le tout, cette démonstration d’affection débordante ne fait que raviver des souvenirs que j’avais profondément enfoui dans mon cœur. En voyant dépérir ce lien indicible qui nous unissait, c’est ma vie toute entière qui est partie en vrille et c’est uniquement pour cette raison que je me suis effondré tel un château de cartes balayé par le vent. Egoïstement, je voudrais donc que ce moment demeure interminable sauf que mon rôle de grand frère me pousse à cuisiner Jessica. Comme elle se complait dans le mutisme depuis son viol, je m’attends à ce qu’elle contourne mes questions mais aussi incroyable que cela puisse paraître, elle vide soudainement son sac sans l’ombre d’une hésitation. La lucidité dont elle fait alors preuve me cloue le bec : son récit est non seulement explicite mais elle décrit également chacun de ses cauchemars avec une précision qui me donne froid dans le dos. Médusé par de telles révélations, je demeure sans voix étant bien incapable de commenter ce que je viens d’écouter. Même avec la meilleure volonté du monde, comment pourrais-je l’aider à oublier un acte aussi ignoble ? De quelle manière serait-il possible de lui expliquer l’inexplicable ? Coincé dans une impasse, je préfère garder le silence plutôt que de m’embarquer dans un discours qui n’aurait ni queue, ni tête et j’observe le visage angélique de Jessica tout en pataugeant dans l’incompréhension la plus totale : qu’un homme ait profité de son innocence dans le simple but de satisfaire son appétit sexuel me dépasse dans les grandes largeurs. Je suis écœuré ce qui me pousse à ressentir une colère légitime mais je ne veux surtout pas qu’elle remonte à la surface alors que je veille sur ma petite sœur chérie. Affichant un sourire de circonstance, j’ai la vague impression de m’assoupir sauf que je ne suis pas le seul qui a été rattrapé par la fatigue. Plongé dans mes pensées, je ne m’étais même pas aperçu que Jessica s’était endormie en se servant de mon ventre comme oreiller. De toute évidence, elle a rejoint le monde des rêves et je ne vais pas tarder à lui emboîter le pas. Demain sera un autre jour, je n’en ai jamais été aussi convaincu…

Lorsque mon réveil sonne ce matin-là, je suis monté sur ressorts. Plus rapide que mon ombre, j'active immédiatement le turbo pour me préparer en un temps record. Me faisant l'effet d'être une véritable tornade blanche, je n'ai pas le réflexe d'enclencher le frein à main bien que cela aurait au moins le mérite de m’éviter la syncope. En somme, je ne pense qu'à peaufiner chaque détail de ma rentrée car je tiens réellement à ce qu’elle se déroule sans fausse note. La canicule s’en est allée et l’automne revêt ses belles couleurs orangées ce qui donne un attrait particulier à notre quartier. Jusqu’à présent, s’il y a bien un domaine dans lequel je n’ai pas mangé mon pain noir, ce sont les études et à l’aube de démarrer mon dernier cycle avant l’université, je souhaiterais que les choses perdurent dans ce sens. Il n’est jamais facile de partir à la découverte d’un nouvel établissement : cela s’apparente à un saut dans l’inconnu et il est important d’y prendre ses repères le plus rapidement possible. C’est un challenge d’autant plus difficile à relever que l’on devient une cible de choix pour les autres élèves si au premier abord, on se comporte tel un agneau apeuré. Evidemment, ce n’est pas la jungle et l’on est pas forcément poursuivi par des loups affamés sauf qu’il est tout de même préférable de ne pas donner le bâton pour se faire battre. A moins d’être né de la dernière pluie, on sait que les adolescents sont parfois d’une cruauté sans égal et mieux vaut donc rester méfiant. Pour ma part, jouer le rôle de la victime idéale ne m’inquiète pas car non seulement, je ne suis pas du genre à courber l’échine mais en plus, mon meilleur ami d’enfance continue de marcher dans mes pas. Si j’aborde cet obstacle avec un certain optimisme, c’est aussi que j’ai bénéficié d’un net regain de forme récemment bien que le nirvana soit encore loin d’être à portée de tir. Du coup, sans être au firmament de ma forme, j’ai arrêté de broyer du noir en permanence et je m’appuie désormais sur un état d’esprit qui se veut plus conquérant. En toute logique, j’ai lutté pour ne plus être victime d’insomnie mais cette victoire a été le facteur déclencheur de ma guérison. Depuis, je n’emprunte plus les chemins escarpés évitant notamment d’utiliser les lames de rasoir à mauvais escient. Certes, je ne respire pas le bonheur dans toute sa splendeur mais au moins, les sourires que j’arbore au quotidien, sont parfaitement naturels. En somme, j’ai quitté ma bulle pour que mes proches n’aient plus l’impression de se heurter à une carapace à l’avenir et je leur suis d’ailleurs redevable de s’être montrés si patients à mon égard. Avec mes parents en revanche, aucun miracle ne s’est produit mais même s’il y a de l’électricité dans l’air chaque fois que l’on se fréquente, j’ai appris à vivre cette situation avec un certain détachement. De leur côté, ils nagent à nouveau en plein bonheur depuis que Jessica s’est remise de son choc post-traumatique. Encore aujourd’hui, ils sont convaincus que c’est le ciel qui est venu au secours de ma petite sœur et connaissant l’opinion qu’ils ont à mon sujet, j’ai me suis bien gardé de leur raconter ce que mon petit trésor m’avait révélé quelques semaines plus tôt. J’ai eu toutes les peines du monde à trancher dans le vif mais c’est une décision que j’ai mûrement réfléchie. En posant le pour et le contre, j’ai réalisé qu’il était plus prudent de ne pas divulguer ce secret au grand jour. Je ne suis pas débile et je sais que le choix que j’ai arrêté est critiquable à plusieurs titres sauf que si j’agis de la sorte, c’est avant tout dans l’intérêt de Jessica. Il est évident que sans mon aide, la police ne bouclera jamais son enquête d’autant plus qu’elle manque cruellement d’indices pour attraper le violeur de ma petite sœur mais ce n’est pas de gaieté de cœur que je garde le silence. D’ailleurs, je suis loin d’être fier d’aider un tel enfoiré à échapper aux forces de l’ordre sauf que j’estime qu’il en va de la santé mentale de ma petite sœur. Elle qui semble respirer la joie de vivre depuis qu’elle m’a ouvert son cœur, ne mérite pas de replonger dans un cauchemar dont elle a eu tant de mal à se débarrasser. Peut-être me trompe-je sur toute la ligne mais à défaut d’avoir raison, je ne souhaite pas rouvrir une plaie sachant les risques que cela pourrait comporter. Simple hasard ou signe du destin ? Toujours est-il que malgré moi, ce douloureux passé va me revenir en pleine figure tel un boomerang…

Alors que l’après-midi touche à sa fin, ma mère et moi-même sommes en route pour récupérer Jessica à la sortie des classes. La villa n’étant pas très éloignée de l’établissement, elle serait capable de rentrer à la maison par ses propres moyens mais mes parents sont devenus très stricts à ce sujet : non seulement, ils refusent catégoriquement d’envisager cette solution mais comme si cela n’était pas suffisant, ils se sont également jurés de ne jamais plus me confier une telle tâche. Leur méfiance étant justifiée, j’ai décidé de ne faire aucune vague et je me contente d’accompagner ma mère jusqu’à l’école lorsque mon emploi du temps me le permet. Depuis le début de la journée, le ciel est menaçant au-dessus de San Francisco tant et si bien que l’on a préféré utiliser la voiture pour éviter de se prendre des trombes d’eau sur la figure. Seulement, la pluie tarde à pointer le bout de son nez et du coup, je suis contraint de ronger mon frein puisque ma mère n’a rien trouvé de mieux que d’entamer une discussion avec la directrice de l’école. Avec son accord, je me suis donc permis de m’éclipser afin de ne pas avoir à supporter cette conversation qui aurait vite fini par me saouler. Jessica m’a suivi dans ma fuite et étant toujours très bavarde en ma compagnie, elle me raconte sa journée avec beaucoup de minutie. L’avantage, c’est que non content d’être liés comme les deux doigts de la main, l’on peut aussi se targuer de partager les mêmes goûts. Ainsi, la musique coule dans nos veines et il n’est pas rare que l’on se mette à chanter dès que l’envie nous en prend. Or, comme ma mère joue les pipelettes de service, je n’ai pas hésité à allumer la radio dans la voiture pour le plus grand plaisir de ma petite sœur. Je ne suis pas hypernerveux mais ma patiente a des limites et au bout d’une demi-heure, je me retiens pour ne pas appuyer avec véhémence sur le klaxon. Contrarié, mon regard se pose tout autour de moi quand subitement, mes yeux se fixent sur un homme. Dans un premier temps, j’ai du mal à expliquer pour quelle raison je l’observe avec insistance mais ce que je sais, c’est que je ne parviens pas à faire autrement. Pourtant, je ne suis absolument pas du genre à juger une personne sur son physique sauf qu’une petite voix dans ma tête me répète que quelque chose cloche avec cet individu. Je ne suis en rien médium mais il est vrai que j’ai un sens de l’intuition très développé selon mes amis et j’ai donc tendance à m’y fier assez régulièrement. Je ne veux surtout pas qu’il se doute que je le surveille ce qui me pousse à me montrer le plus discret possible. Du coin de l’œil, je continue toutefois de scruter ses moindres mouvements tandis que des tas de questions se bousculent dans mon esprit. Adossé à sa moto, l’homme fume et semble s’intéresser de très près aux enfants qui rentrent à leur domicile. C’est étrange mais son attitude ressemble à s’y méprendre à un prédateur qui se prépare à sauter sur sa proie. Peut-être est-ce mon imagination qui me joue des tours mais en tout cas, son comportement me laisse plus que perplexe. D’ailleurs, je suis tellement obnubilé par cet inconnu que je sursaute brutalement à l’instant même où ma mère m’adresse la parole. Comme elle a failli me donner une crise cardiaque, je l’engueule mais c’est surtout parce que j’ai eu la peur de ma vie que j’ai besoin de hausser le ton. Prenant une profonde inspiration pour calmer les battements de mon cœur, je lance un dernier regard en direction de l’individu afin de bien imprimer son visage dans ma tête. Je n’en suis pas persuadé mais j’ai l’intime conviction que je serai amené à le revoir bientôt. Je ne crois pas si bien dire…

Cette nuit-là, je ne peux décemment pas me reposer. Dès que je ferme les yeux, je suis comme hanté par l’image de cet inconnu que j’ai aperçu dans l’après-midi. La vérité, c’est qu’une hypothèse a germé dans mon esprit en début de soirée et que depuis, elle obsède chacune de mes pensées. Le pire, c’est que je sais exactement quelle est la personne qui serait capable de m’aider à y voir plus clair mais j’ai peur de me planter en beauté en l’interrogeant. Pourtant, je réalise également que si ma théorie se révèle exacte, j’aurais réuni toutes les pièces d’un puzzle qu’il me suffira alors d’assembler. C’est un énorme dilemme qui s’offre à moi sauf que contre toute attente, je décide de me jeter dans la gueule du loup. Quittant mon lit, je me rends discrètement dans la chambre de ma petite sœur en faisant attention de ne pas réveiller mes parents. Une fois arrivé à bon port, je m’installe tranquillement auprès de Jessica et je tente de la réveiller avec ma douce voix. Petit à petit, elle sort de son sommeil mais si elle est surprise de me voir, elle ne semble pas m’en vouloir de l’avoir sortie de ses rêves. Comme mon dernier souhait est de la brusquer, je décide de lui accorder un tendre câlin avant de passer à la vitesse supérieure. Durant quelques minutes, je demeure silencieux me contentant de cajoler mon petit trésor avec amour : je suis conscient que retarder l’échéance ne rendra pas la tâche plus aisée mais j’ai énormément de mal à passer à l’abordage. Finalement, après plusieurs hésitations, je prends une grande inspiration et je questionne Jessica afin qu’elle éclaire ma lanterne. Pour éviter à tout prix qu’elle replonge dans ce cauchemar qu’elle a vécu, je lui demande avant tout de m’expliquer comment elle a été enlevée par cet homme. Encore une fois, ma petite sœur se livre d’un seul trait et sans le savoir, elle me confirme surtout que j’avais vu juste : l’inconnu que j’ai observé dans l’après-midi n’est autre que celui qui l’a violée quelques mois plus tôt.

Depuis, je n’ai plus qu’une seule obsession en tête : exercer ma vengeance. En l’espace de deux semaines, je me suis transformé en un véritable enquêteur afin de réunir les derniers indices qu’il me manquait. Désormais, j’ai toutes les cartes en main pour punir cet enfoiré comme il le mérite et mon intention n’est aucunement de le livrer à la police : je vais appliquer ma propre justice. Evidemment, je n’ai mis personne au courant de mon projet mais il n’a pas été toujours été facile de rester au-dessus de tout soupçon. J’ai parfois été forcé de mentir à mes parents pour justifier le fait que je rentrais plus tard à la villa sauf que cela ne m’a pas filé le moindre remord sachant qu’ils ne se sont jamais préoccupés de mon sort. La seule chose qui m’angoissait réellement, était que Jessica puisse pâtir de l’interrogatoire que je lui avais infligé mais il n’en a rien été. Je suis conscient que je risque de foutre ma vie en l’air si je vais au bout de mon plan mais j’estime que ma petite sœur vaut bien tous les sacrifices du monde. En tout cas, le compte à rebours est lancé et même si je suis nerveux à l’idée de commettre un acte ignoble, je refuse d’éprouver la moindre once de culpabilité alors que je ne ferai que débarrasser le monde d’un odieux parasite.

Demain sera le jour J et comme je ne souhaite rien laisser au hasard, je m’applique à bien enregistrer chaque étape de ma stratégie. Je me suis débrouillé pour que celle-ci soit parfaitement huilée mais je suis conscient qu’une seule fausse manœuvre de ma part pourrait tout faire capoter. Je me suis donc préparé mentalement afin de ne pas être rattrapé par le stress lorsque je devrais donner le coup fatal à ma victime. Il est clair qu’il est impossible de tout prévoir à l’avance mais je me suis mis dans les meilleures dispositions possibles pour remplir mon objectif.

Voilà bientôt une heure que je parcours San Francisco avec mon vélo mais j’ai beau regarder partout autour de moi, ma proie demeure introuvable. Alors que je croyais avoir envisagé tous les scénarios possibles et imaginables, je réalise brusquement que mon plan pourrait tomber à l’eau avant même d’avoir réellement débuté. Cette situation me contrarie d’autant plus que j’ai surveillé cet homme à de nombreuses occasions et logiquement, je sais donc où me rendre pour le débusquer. Peu à peu, mon espoir s’amenuise lorsque que tout d’un coup, j’aperçois une voiture qui attise ma curiosité. Ma cible a plutôt l’habitude de se déplacer en moto mais je sais de source sûre qu’il possède une berline rouge puisque Jessica m’a confirmé au travers de ces récits que l’homme qui l’avait enlevée, conduisait ce genre de véhicule. Suis-je proche de toucher au but ? Pour m’en assurer, je décide de suivre cette auto tout en restant à distance respectable dans un premier temps. Au bout d’un quart d’heure, je tente une première approche m’arrêtant non loin de la voiture à un feu rouge. Ne voulant surtout pas que le conducteur remarque ma présence, je me suis arrangé pour me placer dans l’angle mort de l’inconnu. De ma position, j’ai cependant du mal à visualiser le visage du chauffeur mais alors que je pense faire chou blanc, un détail va me confirmer que l’homme que j’observe est bien celui que je recherche. Sur son bras gauche, le pervers, qui a agressé ma petite sœur, possède un tatouage reconnaissable entre mille et je ne tarde pas à le distinguer sur le biceps de l’individu en question. Les choses sérieuses vont enfin pouvoir débuter…

Ma proie réside dans un quartier assez paisible de la ville où les touristes sont rares et les voisins plutôt discrets : j’ai eu l’occasion de le constater de mes propres yeux lorsque j’ai tâté du terrain. D’ailleurs, cela est loin de me déplaire dans la mesure où je désire exécuter mon plan dans la discrétion la plus totale. Contrairement aux apparences, je n’apprécie pas les ballades en vélo mais ce n’est pas hasard si j’ai choisi de l’utiliser aujourd’hui : en réalité, il fait parti intégrante de ma stratégie. Je sais qu’avant de rejoindre sa maison, ma cible est contrainte de traverser un carrefour dangereux où il est facile de commettre une bourde et c’est justement à cet endroit précis que je souhaite piéger l’agresseur de Jessica. Simuler un accident de la route n’a rien d’anodin surtout quand celui-ci doit paraître aussi réaliste que possible mais je ne suis pas complètement inconscient : j’ai la certitude de prendre un risque calculé. Ma proie ne se doute de rien et pour cause : il a l’habitude d’emprunter une route déserte chaque fois qu’il utilise cet itinéraire. C’est donc en toute décontraction qu’il aborde le carrefour à vitesse modérée quand brusquement, je surgis de nulle part pour lui barrer le chemin. Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à stopper sa voiture et le choc devient du même coup inévitable. Ma cabriole est spectaculaire puisque j’atterris sur le capot avant de la berline avant de m’écrouler sur le sol. Néanmoins, comme je l’avais prédit, la vitesse était trop réduite pour que ma cascade soit véritablement dangereuse et alors que je suis encore allongé par terre, je sais déjà que j’en serai seulement quitte pour quelques égratignures. Un instant, je crains que cet enfoiré ne prenne la fuite comme un lâche mais rapidement, celui-ci se précipite à mon chevet : il est tombé dans le panneau et il ne tient qu’à moi de l’emprisonner dans ma toile.

Décontracté au possible, je suis parfaitement rentré dans mon rôle et je m’efforce de simuler une douleur à ma jambe sans pour autant donner l’impression que je souffre de martyr : je n’ai pas envie que l’agresseur de ma petite sœur soit tenté de m’emmener à l’hôpital. Finalement, il me conduit à sa villa et se montre extrêmement dévoué à mon égard. A vrai dire, si je n’étais pas au courant des atrocités qu’il a fait subir à Jessica, je n’aurais aucun mal à le trouver sympathique. M’accompagnant jusqu'au canapé du salon, il m’invite à me détendre tout en s’excusant de m’avoir renversé et me confie qu’il va s’occuper de mes blessures d’ici quelques minutes. Il affiche un sourire des plus charmeurs mais connaissant l’individu, je ne serais pas surpris qu’il soit pavé de mauvaises intentions. La colère me gagne et intérieurement, je lutte pour que cette rage dont je suis animé ne s’affiche pas au grand jour. Il faut que j’attende le moment propice pour en finir avec ce pervers sexuel mais je redoute de ne pas être en mesure de garder la tête froide dans de telles circonstances. Forçant ma nature, je le remercie pour sa gentillesse tout en dévoilant cet air innocent qui semble me rendre inoffensif et vulnérable. Bien qu’il soit monté au premier étage, j’hésite d’abord à jouer les curieux de service car je me dis que cette imprudence pourrait me coûter cher si ma proie s’aperçoit que je fouille dans ses affaires. Seulement, je suis conscient de me retrouver en terrain inconnu et je réalise que ce désavantage aurait toutes les chances de m’être préjudiciable en particulier si les événements prenaient une tournure inattendue. Du coup, je me décide à faire le tour du propriétaire évitant cependant de trop m’attarder dans chaque pièce de cette immense demeure. Habitué à me vautrer dans le luxe, je ne suis pas impressionné par la somptuosité de ce lieu mais je reconnais que cela m’interpelle à plus d’un titre. Désormais, je suis presque persuadé que cet homme mène une double vie et que personne dans son entourage ne soupçonne les atrocités dont il est capable. J’en suis indigné et pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises…

Revenu sur le canapé en toute discrétion, je laisse ma proie désinfecter les égratignures qui parsèment mes jambes. Encore une fois, l’individu me surprend par sa douceur et sa délicatesse sauf que je ne suis pas dupe. Un silence de mort règne dans la pièce et j’évite autant que possible de croiser le regard de cet enfoiré pour éviter de lui tordre le cou. De son côté, il semble heureux d’avoir de la compagnie tant et si bien qu’il en vient à me faire des confidences à son sujet. Sa vie ne m’intéresse pas le moins du monde mais j’essaye d’y accorder un peu d’attention afin que ma crédibilité ne tombe pas en morceaux. Je reste de marbre lorsque celui-ci m’apprend qu’il est un riche homme d’affaires mais en revanche, je suis effaré quand il me dit qu’il est père de deux enfants. Comment est-il possible qu’un pervers sexuel de son espèce soit l’heureux parent d’un garçon et d’une fille ? Cela me dépasse. Quelques minutes plus tard, l’homme me conduit jusqu’à sa cuisine et se propose de me préparer un goûter. J’accepte son offre de bon cœur tout en sachant pertinemment que le couperet est proche. Si j’étais faible, j’aurais peut-être reconsidéré ma décision mais que cet individu ait adopté un comportement irréprochable aujourd’hui, ne change rien au fait qu’il a violé Jessica : il doit en payer le prix. Patiemment, j’attends que ma proie sorte de la pièce puis profitant de son absence, je me saisis d’un couteau aiguisé que je m’empresse de dissimuler sous mes vêtements. Mon cœur bat la chamade sauf qu’en apparence, je continue de respirer la sérénité et c’est bien là l’essentiel. Pour le moment, j’ai réalisé un sans-faute mais je ne suis pas un meurtrier dans l’âme et alors qu’à plusieurs reprises, j’ai l’opportunité de porter l’estocade, je demeure campé sur ma chaise : et si en fin de compte, je n’étais tout simplement pas capable de tuer quelqu’un de mes propres mains ?

Déboussolé, j’ai l’intime conviction d’avoir emprunté une voie sans issue. J’envisage même de rebrousser chemin mais contre toute attente, c’est ma proie qui va causer sa propre perte. L’esprit un peu ailleurs, je sens soudainement des mains se poser sur mes épaules : ma surprise est telle que je suis à deux doigts de laisser échapper le couteau que je planque toujours sous mon tee-shirt. Déjà embarrassé, je commence à éprouver un certain malaise lorsque l'individu passe ses bras autour de mon torse. Immédiatement, je ferme les yeux puis chacune de mes pensées se concentre alors sur Jessica : j’imagine le supplice qu’elle a dû endurer en se retrouvant à la merci de ce pervers sexuel et j’en ai le cœur tout retourné. Cette haine dont je suis empli est sur le point d’éclater au grand jour si bien qu’à l’instant même où l’homme dépose un bisou sur ma nuque, je choisis de me départir de cette colère qui avait envahi chaque parcelle de mon corps. A la vitesse de l’éclair, je me dégage de l’étreinte de ma proie et lui plante le couteau dans le bas-ventre sans l’ombre d’une hésitation. Le visage de ma cible respire la douleur ce que je trouve particulièrement jouissif à tel point que je n’ai aucun remord à enfoncer la lame dans sa chair. Je me nourris de sa souffrance car elle me délivre de cette rage qui avait assombri mon âme au cours de ces derniers mois. Physiquement, cet individu est un colosse comparé à moi si bien que son instinct de survie lui permet de me repousser dans un premier temps. Bousculé contre la table de la cuisine, mon dos en prend pour son grade et je redoute d’être en très mauvaise posture. L’homme tente en effet de riposter à mon attaque mais malgré sa volonté évidente de me faire passer un mauvais quart d’heure, celui-ci s’écroule comme une loque sur le sol. Apathique, j’observe ma proie qui se vide de son sang tout en rassemblant mes esprits : je n’ai pas l’intention de lui porter assistance et plutôt que d’abréger son calvaire, je me régale de le voir agoniser sous mes yeux. Ce n’est plus qu’une question de minutes avant que la mort ne le rattrape mais un dernier rebondissement va alors venir contrarier mes plans. Sans me précipiter, j’efface les quelques indices qui pourraient attester de ma présence dans cette demeure : ce n’est pas que je veuille sauver ma peau à tout prix mais je ne souhaite pas forcément payer les pots cassé pour avoir tué un homme qui méritait une telle sentence. D’ailleurs, je crois être sorti d’affaire quand j’entends brusquement la porte d’entrée s’ouvrir :  voilà un coup de théâtre dont je me serais bien passé. Evitant soigneusement de céder à la panique, je me carapate en douce par la fenêtre de la cuisine et après avoir récupéré mon vélo, j’enclenche le turbo pour tracer ma route sans me retourner. Durant près d’un quart d’heure, je pédale alors sans relâche donnant l’impression d’avoir la mort aux trousses. Finalement, ma course folle s’achève en bordure d’un parc tandis que le soleil se couche sur San Francisco. Essoufflé au possible, je tente néanmoins d’analyser la situation afin de vérifier que je n’ai commis aucun faux pas en fuyant précipitamment la scène de crime. Je m’assois sur un banc afin de recharger mes batteries mais je suis rapidement pris de tremblements incontrôlables qui secouent mes membres comme des feuilles mortes au vent. Heureusement, je suis seul au milieu de la végétation et je n’ai donc pas à affronter le regard des gens dans l’immédiat. Je profite d’ailleurs de cette aubaine pour nettoyer mes mains qui sont encore maculées de sang tout en ayant le sentiment du devoir accompli. Je pourrais me faire horreur mais implicitement, cela insinuerait que je regrette d’avoir vengé ma petite sœur : il n’en est rien. La nuit tombe doucement sur la ville quand je me décide enfin à remonter sur mon vélo et si je réfléchis à différentes hypothèses, je sais déjà que je n’ai aucune envie de rentrer chez moi. Eprouvé nerveusement, je préfère éviter une confrontation directe avec mes parents car selon moi, elle se terminerait forcément par une énième dispute. Ceux-ci sont habitués à ce que je découche et par le passé, il m’est déjà arrivé d’aller dormir chez mon meilleur ami sans les prévenir au préalable. Afin d’assurer mes arrières, je m’empresse donc d’appeler mon confident de toujours pour qu’il me serve d’alibi au cas où mes géniteurs s’inquièteraient subitement pour moi : au fond, il faut un début à tout. Ayant réussi à m’enlever cette épine du pied, c’est le cœur léger que je parcours les rues de San Francisco. Je suis conscient que mon réveil sera peut-être brutal demain matin mais c’est justement pour cette raison que je souhaite marquer cette nuit d’une pierre blanche. Indécis, je tranche finalement dans le vif en décidant de rejoindre Battery Spencer : je n’y ai jamais été mais j’ai souvent entendu dire que ce lieu était réputé pour offrir une vue des plus magnifiques et j’aimerais donc le vérifier par mes propres yeux. Après avoir vidé mon esprit des pensées chagrines qui le tourmentent, je traverse le Golden Gate Bridge tout en profitant pleinement de cette escapade nocturne. Même si cela ne paraît pas évident au premier abord, je suis un aventurier dans l’âme et je me délecte donc de cette ballade qui me donne l’impression d’être libéré des chaînes du quotidien. Le trajet est long et fastidieux pour parvenir à bon port mais en maintenant une allure modérée, je touche au but sans la moindre difficulté. Je constate alors que l’on ne m’avait pas menti : le paysage que je contemple depuis cette colline est d’une somptuosité sans pareille à tel point que je me laisse submergé par mes émotions. M’asseyant en tailleur dans l’herbe fraîche, je savoure chaque seconde de cet instant magique puisque je suis en totale communion avec la nature. Déconnecté du monde réel, je prie vainement pour que le temps s’arrête tandis qu’une étoile filante traverse le ciel à toute allure. Pourquoi devrais-je m’endormir cette nuit alors que je vis déjà un rêve éveillé ?

5) Le pire ne fait que commencer…


Assis sur le perron de ma propriété, je profite des premiers rayons du soleil en jouant en compagnie de Prince : un golden retriever que nous avons accueilli dans la famille il y a tout juste une semaine. Las de tourner en rond dans la maison, j'ai vite compris que le pétage de plomb me guettait et je suis donc sorti pour apaiser mes nerfs. Observant le voisinage, j'aperçois alors le bus de ramassage scolaire qui effectue son service quotidien tandis que comme d’habitude, notre cher voisin s’occupe de son jardin en chantonnant. Je pousse un soupir imperceptible qui témoigne du désarroi dans lequel je me morfonds depuis un certain temps. En apparence, l’on pourrait facilement imaginer que mon existence est comparable à celle d’un adolescent lambda mais la vérité est bien plus sombre. De nombreux bouleversements ont agité ma vie au cours de ces derniers mois et ce n’est pas en me tournant vers l’avenir que je serais en mesure de trouver un peu de réconfort. Lorsque j’ai perpétré ce meurtre, je savais que je m’exposais à de graves ennuis car à moins d’un miracle, je me doutais que la police finirait par me tomber dessus. Pourtant, leur enquête a pédalé dans la semoule durant un long moment si bien que je me suis pris à rêver de passer entre les gouttes. Puis un matin, alors que je regardais la télé, deux inspecteurs se sont présentés à notre villa et dès que je les ai aperçus, j’ai réalisé que ma descente aux enfers allait débuter. N’imposant aucune résistance, je les ai suivis sans broncher et lorsque mon interrogatoire a débuté, ceux-ci n’ont même pas eu besoin de me cuisiner puisque je me suis mis à table en une fraction de seconde. Dès le lendemain, je fus donc confronté à mon premier examen afin de déterminer si les preuves réunies à mon encontre justifiaient que je sois incarcéré en détention provisoire jusqu’à mon procès. Bien qu’étant encore mineur, les charges qui pesaient sur moi étaient assez lourdes pour que je craigne le pire d’autant plus que j’avais déjà échappé de peu à une sentence dans un passé pas si lointain. D’ailleurs, mon avocat eut beau sortir les violons, le juge confirma que ma culpabilité ne faisait pas l’ombre d’un doute. Si aujourd’hui, je ne suis pas derrière les barreaux, c’est uniquement parce que mes parents ont accepté de payer ma caution pour que je sois mis en liberté surveillée. Selon toute vraisemblance, mon procès devrait se dérouler dans une dizaine de jours mais malgré ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas cette audience qui m’empêche de dormir la nuit. Etant le fils d’une assistante du procureur et d’un juge, mon affaire a vite suscité la curiosité des médias qui ont reniflé le bon filon. Si cela n’a entraîné aucun dérapage dans un premier temps, les choses se sont sérieusement corsées quand les journalistes ont appris que je ne moisirais pas en cellule jusqu’à mon procès. Aussitôt, des spéculations honteuses ont fleuri dans les quotidiens de San Francisco : quoi de mieux que de lancer des rumeurs croustillantes pour vendre du papier ? Or, les conséquences ne se sont pas faites attendre dans la mesure où les habitants de la ville m’ont collé l’étiquette d’assassin sur le front. Qu’on salisse ma réputation fut déjà difficile à encaisser mais comme si cela n’était pas suffisant, je dus également m’habituer à recevoir des coups de fil anonymes au travers desquels les insultes et les menaces de mort fusaient. Mon calvaire se prolonge encore aujourd’hui tant et si bien que j’aimerais parfois m’enfuir loin d’ici mais cette liberté dont je bénéficie est en réalité un cadeau empoisonné. Un bracelet électronique muni d’un GPS enserre en permanence l’une de mes chevilles afin que l’on surveille chacun de mes déplacements. Je n’ai aucunement le droit de sortir du périmètre de mon quartier et je suis obligé de respecter un couvre-feu qui m’interdit de quitter la villa une fois la nuit tombée. En outre, je suis forcé de me coltiner deux gardes du corps dès que je me promène car la police craint pour ma sécurité. Devenu l’ennemi public numéro 1, j’étouffe sous le poids de cette atmosphère oppressante qui me conduit à me méfier de ma propre ombre. Tel un agneau apeuré perdu au milieu des bois, je redoute qu’un loup affamé m’attaque par surprise et comme aucune échappatoire ne se présente à moi, je me demande sans cesse si finalement, je ne vivrais pas la mort comme une douce délivrance.

Au milieu de cette tempête, deux personnes se démultiplient pour que je ne coule pas à pic : Jessica, ma petite sœur chérie et Shawn, mon meilleur ami. J’aimerais en dire autant de mes parents mais ceux-ci préfèrent se battre pour préserver leur réputation plutôt que d’user de leur influence pour faire taire les ragots qui me décrivent comme la pire des ordures. Ils connaissent les raisons qui m’ont poussé à tuer froidement cet homme mais cela ne semble pas leur suffire à m’accorder le bénéfice du doute. Evidemment, je ne m’attendais pas à ce qu’ils me décernent une médaille mais j’espérais que dans la difficulté, ils auraient au moins la décence d’esprit de m’apporter leur soutien. Ce que je ne conçois pas, c’est que l’on me compare à un monstre alors que ma victime n’était qu’un pervers sexuel qui avait sûrement commis d’autres actes pédophiles au cours de son existence. Malheureusement pour moi, mon immaturité a causé ma perte et en voulant à tout prix appliquer ma propre justice, je me suis tiré une balle dans le pied. Indirectement, j’ai empêché la police de faire la lumière sur la face obscure de ce chef d’entreprise loué par ses pairs si bien qu’en le tuant avant que sa véritable personnalité soit percée à jour, je me suis attiré les foudres d’un public qui ne voyait en lui qu’un homme respectable et aimé de tous : quelle ironie.  

A deux jours du procès, j’ai le moral dans les chaussettes à tel point que je n’ai même pas élaboré une stratégie de défense pour prendre à revers le ministère public. Epaulé par le meilleur avocat de San Francisco, j’ai pourtant des chances de m’en sortir à bon compte mais j’ai subi tellement de déconvenues ces derniers mois que je ne suis plus persuadé de vouloir me battre pour éviter la prison. A cause des médias, je sais déjà que ma culpabilité ne fera aucun doute dans la tête de nombreuses personnes même si je suis acquitté : or, je ne veux pas que par ma faute, ma famille soit contrainte de débarrasser le plancher à cause d’un sentiment d’insécurité. Totalement perdu, j’ai téléphoné à mon meilleur ami afin de me balader dans le quartier en sa compagnie. Après lui avoir exposé mes craintes, il tente de me rassurer sans pour autant chercher à me mentir mais me supplie également de ne pas capituler sans combattre. Persuadé que je peux retourner l’opinion publique en ma faveur, il me conseille de vider mon sac tout en insistant sur le fait que mon coup de sang était avant tout de la légitime défense puisque l’homme était sur le point de me violer. Notre conversation achevée, je décide de profiter de cette belle après-midi ensoleillée pour aller me relaxer dans l’un des nombreux parcs que compte notre quartier. Plutôt casanier depuis que j’ai été éclaboussé par cette affaire, je fuis les habitants de San Francisco comme la peste pour ne pas avoir à subir des remarques désobligeantes de leur part. Néanmoins, je suis conscient qu’il existe un risque pour que je passe le restant de ma vie derrière les barreaux et bien que ma liberté soit relative et restreinte, je réalise qu’elle vaut encore tout l’or du monde à mes yeux. Les écouteurs dans mes oreilles, je laisse la musique m’envahir afin de m’isoler du monde extérieur ce qui me permet comme souvent d’être en paix avec moi-même. Je ne me doute pas encore que ce simple geste va causer ma perte…

Dans ma bulle, je ne prête aucune attention à ce qui se déroule autour de moi et je n’ai pas constaté que mes deux gorilles étaient en fâcheuse posture. Tenaillé par un mauvais pressentiment, je finis par suspecter que quelque chose ne tourne pas rond mais il est déjà trop tard. A peine me suis-je retourné que je suis assailli par plusieurs inconnus qui se chargent d’immobiliser mes bras ainsi que mes jambes. Mon premier réflexe est de crier à l’aide mais c’est peine perdue : mes agresseurs ont déjà tout anticiper et avant que je n’ai pu ouvrir la bouche, l’un d’eux s’est déjà chargé de placer un mouchoir imbibé de chloroforme sous mon nez. Je me débats l’espace d’un temps puis tout doucement, je sens que je plonge dans le néant. Que va-t-il advenir de moi ?

Mon réveil est des plus difficiles tant et si bien que j’ai l’impression d’émerger après avoir pris une bonne cuite la veille. Quelqu’un me parle mais comme j’ai un mal fou à ouvrir mes yeux, je ne parviens pas à distinguer de qui il s’agit. Ce qui est certain, c’est que cette personne est agressive à mon égard puisque j’entends quelques insultes fuser de sa bouche. Visiblement, elle n’apprécie guère que je sois à la ramasse et ne se gêne pas pour me le faire comprendre dans la mesure où des claques violentes s’abattent soudainement sur mes joues. Cet individu semble hors de lui et bien que je ne discerne que sa silhouette, celui-ci n’est pas seul dans les parages puisqu’à plusieurs reprises, je l’entends clairement distribuer ses ordres d’une voix claire et ferme. Malgré mes efforts, je suis complètement dans le cirage mais je tente coûte que coûte de rassembler mes souvenirs pour savoir de quoi il en retourne. Des images défilent dans mon esprit sauf que je ne parviens pas à les décrypter comme je le souhaiterais. Agacé d’être à côté de la plaque, je désespère de retrouver la mémoire lorsque soudainement, l’inconnu se charge de rafraîchir mes idées en me versant un seau d’eau glacée sur la tête. Cette douche froide non désirée me fait trembloter comme une feuille mais elle a au moins le mérite de me sortir de mon apathie. Le puzzle s’est reformé comme par magie si bien que je ne m’étonne même plus d’être fermement ligoté à cette chaise : on m’a kidnappé et malheureusement, je crains de connaître les motivations de mes agresseurs. Jetant un rapide coup d’œil autour de moi, je constate que l’on m’a installé dans une pièce plutôt glauque et sombre qui a tendance à me donner la chair de poule. Pour autant, je me désintéresse très vite des lieux pour me concentrer sur l’individu qui se trouve face à moi. C’est un homme plutôt jeune dont le visage me rappelle vaguement quelque chose et à la simple expression de son regard, je réalise qu’il est loin de me porter dans son cœur. D’abord silencieux, il se contente de m’observer de long en large arborant parfois un sourire machiavélique qui suffit à m’angoisser. Sans doute conscient que je suis terrorisé, l’inconnu se délecte de ma peur et s’amuse à jouer avec mes nerfs en pointant un pistolet dans ma direction. Chaque fois qu’il appuie sur la détente, j’imagine que ma dernière heure est arrivée mais contre toute attente, aucune balle ne sort de son arme : j’en déduis que cet homme a l’intention de me torturer un maximum avant de me liquider. Posant finalement son flingue sur la table, l’individu serre ses poings et je peux ressentir ses émotions qui sont à fleur de peau. Il ferme les yeux et tente vraisemblablement de retenir quelques larmes puis en une fraction de seconde, il décharge toute sa colère en me délivrant une droite monumentale en pleine mâchoire. Sous la puissance de son coup, ma bouche pisse littéralement le sang mais malgré la douleur que j’éprouve, je demeure de marbre. Hors de lui, l’inconnu saisit violemment mes cheveux et me crache son venin à la figure : j’apprends alors que mon agresseur n’est autre que le fils du pervers sexuel que j’ai froidement assassiné. Il m’insulte, me frappe et m’humilie autant que possible mais si je vis un terrible supplice, je ne parviens pas à lui en vouloir car je comprends qu’il ait envie de me trucider de ses propres mains : j’éprouvais ce même désir envers son père lorsque j’ai su qu’il avait violé ma petite sœur. Parfois, il me demande pourquoi j’ai commis ce meurtre abominable mais je préfère ne rien répondre : il ne croirait pas un traite mot de ce que je lui raconterais et même si cela était le cas, je ne pense pas qu’il aurait la bonté de m’accorder son pardon. De toute manière, je ne suis pas en mesure de me défendre ou de riposter puisque des liens enserrent mes poignets ainsi que mes chevilles. Spectateur de ma propre torture, l’homme s’empare cette fois d’un couteau et soulève mon tee-shirt afin de poursuivre le châtiment qu’il m’inflige depuis de longues minutes. Je sens la lame qui effleure d’abord ma peau redoutant déjà l’instant où celle-ci s’enfoncera lentement mais sûrement dans mon corps. Brusquement, je suis saisi d’une vive douleur : il entaille mon ventre et mon torse à plusieurs endroits si bien je suis incapable de contenir mes cris plus longtemps face à la souffrance que j’endure. Je ne suis d’ailleurs pas loin de m’évanouir lorsque, contre toute attente, je suis sauvé par le gong. Au loin, les gyrophares de la police se font entendre et semblent se rapprocher inexorablement du bâtiment où l’on me retient en otage. Du coup, c’est le branle-bas de combat chez mes assaillants qui décident de mettre les voiles avant que la situation ne s’envenime davantage. Certains sont gagnés par la panique mais ils sont vite recadrés par la tête-pensante du groupe qui s’avère être le fils de ma victime. Sans s’affoler, celui-ci dévoile sa stratégie de repli à ses collègues et prend soin de ne pas m’oublier au passage. S’il possède un certain sang-froid, le jeune homme se demande comment la police s’est débrouillée pour retrouver sa trace si facilement. Je me garde bien de lui confier que son plan a souffert d’une petite faille dans la mesure où personne ne m’a retiré mon bracelet électronique. Lui que j’ai souvent dénigré vient peut-être sans le vouloir de me sauver la mise…

Assis à l’arrière d’une voiture, je suis surveillé comme le lait sur le feu par deux hommes dotés d’une forte corpulence. Une course poursuite s’est engagée dans les rues de San Francisco et mon intuition me dit qu’à cette allure, elle a toutes les chances de se terminer dans un bain de sang. En ce début de soirée, le trafic est dense si bien que l’accident nous guette à chaque carrefour mais la police se heurte à la détermination farouche de mes assaillants qui refusent catégoriquement de rendre les armes. Après avoir évité plusieurs barrages routiers, nous empruntons le Golden Gate Bridge où la circulation est importante et comme je le redoutais depuis le début de cette cavalcade, l’inévitable finit par se produire. Surpris par un brusque freinage d’un autre automobiliste, le chef du groupe perd soudainement le contrôle de son véhicule qui se met à l’équerre. En désespoir de cause, le chauffeur tente de contre-braquer pour sauver la situation mais cette manœuvre périlleuse se retourne contre lui dans la mesure où la voiture part alors en tonneaux. L’accident est d’une rare violence et la berline effectue plusieurs cabrioles avant de terminer sa course folle sur le toit. Groggy par le choc que j’ai encaissé, je peine d’abord à puiser dans l’énergie qu’il me reste pour bouger le petit doigt mais lorsque j’ouvre les paupières, je suis confronté à une vision d’horreur qui me terrifie tellement que je deviens blanc comme neige. Mes vêtements sont maculés de sang et le spectacle que je contemple me donne des hauts de cœur : la brutalité du crash a été fatale aux deux gorilles qui me tenaient à l’œil mais si leur mort ne me fait ni chaud, ni froid, je suis forcément secoué de me trouver au beau milieu de leurs deux corps calcinés. Je souffre atrocement à tel point que chaque geste me procure une douleur insoutenable sauf que j’estime que je n’ai pas à me plaindre de mon sort : que je sois encore vivant est déjà un sacré miracle. Incapable de m’appuyer sur mes jambes, c’est en rampant que je m’extirpe de la carcasse du véhicule mais contrairement à ce que j’imagine, mon cauchemar n’est pas terminé. La respiration haletante, je reste étalé sur le sol tout en observant le chaos qui règne autour de moi. Notre accident a provoqué une réaction en chaîne qui a conduit à un carambolage monumental si bien que la scène qui se déroule sous mes yeux semble tout droit sorti d’un film catastrophe. Des voitures brûlent, des automobilistes tentent de porter secours aux victimes les plus durement touchées tandis que d’autres peinent à garder leur calme. Au milieu de ce carnage, la police ne sait plus où donner de la tête même si elle n’a pas perdu de vue son objectif principal. D’ailleurs, je me crois à l’abris étant persuadé que mes assaillants ont pris la fuite pour échapper aux forces de l’ordre : en réalité, je me plante dans les grandes largeurs. Soudainement, quelqu’un me tire par le col de mon tee-shirt et me relève sans ménagement. Mes jambes étant hors d’usage, je manque de m’écrouler mais l’individu entoure alors mon cou d’un de ses bras et braque son arme sur ma tempe en me disant qu’à la première incartade, une balle se logera directement dans ma tête. Trop diminué pour opposer la moindre résistance, je serre les dents pour contenir ma souffrance tandis que l’homme traîne mon corps comme un vulgaire poids mort. A la limite de la démence, mon agresseur essaye d’atteindre une voiture pour faciliter sa fuite en avant mais alors qu’il touche au but, un flic le met en joue et le somme de se rendre sur-le-champ. Bientôt encerclé par une armada de policiers, le bougre est pris au piège sauf que connaissant sa détermination, je sais qu’il ne capitulera pas aussi facilement. M’utilisant comme bouclier humain, l’individu recule et invective les poulets : dos au mur, il estime sans aucun doute qu’il n’a plus rien à perdre. Dans un état second, il hurle que le décès de son père ne demeurera pas impuni tout en se rapprochant de la structure métallique du pont. La tension est extrême et elle atteint même un point culminant lorsque mon agresseur se retrouve coincé contre l’une des rambardes du Golden Gate Bridge. Sans échappatoire, l’homme réalise que ses secondes sont comptées mais plutôt que de baisser pavillon, celui-ci s’apprête à appuyer sur la gâchette de son arme : d’un instant à l’autre, le rideau va tomber. Ayant fermé les yeux, j’attends donc le coup fatal sauf que contre toute attente, rien ne se produit. Alors qu’il n’a plus qu’à presser la détente pour satisfaire sa vengeance, l’individu est brusquement rattrapé par ses émotions : tremblotant comme une feuille, il se met à sangloter sans raison apparente ce qui ne manque pas de prendre au dépourvu les policiers. Empreint d’un moment de lucidité, mon assaillant semble dépassé par les événements et montre par la même occasion son vrai visage : celui d’un jeune homme rongé par la peine. Ce retournement de situation pour le moins inattendu laisse présager une fin heureuse mais l’optimisme va être de courte durée. Ainsi, lorsqu’un flic s’approche de mon agresseur en lui ordonnant sagement de se rendre, celui-ci panique totalement et enjambe la rambarde en un éclair. De force, il m’oblige à lui emboîter le pas devant les yeux ébahis de certains passants qui retiennent leur souffle depuis de longues minutes. Assis sur le parapet, je sens le vent puissant qui balaye mes cheveux et bien que n’ayant pas le vertige, je me refuse à regarder le vide. Pour sa part, mon assaillant paraît presque ailleurs comme s’il ne prêtait plus la moindre attention à ce qui se passait autour de lui et en croisant son regard, je suis convaincu d’une chose : quitte à y laisser sa propre vie, il ira jusqu’au bout de ses intentions. Dans la foulée, il tourne alors sa tête dans ma direction et m’observe avec un air qui reste encore aujourd’hui gravé dans ma mémoire : je lis alors de la culpabilité dans ses yeux comme s’il voulait me demander pardon pour ce qu’il s’apprêtait à faire et instantanément, je réalise quelles sont ses intentions. Alors que je demeurais totalement passif jusqu’à présent, mon instinct de survie s’active soudainement et à l’instant même où l’individu me met en joue, je rassemble mes dernières forces pour échapper à une mort certaine et tente de lui enlever l’arme des mains. Bien qu’étant dans un état déplorable, je parviens à tenir tête à mon assaillant tandis que la police paraît impuissante et ne veut surtout pas prendre le risque de me blesser involontairement. Je tente tant bien que mal de m’emparer du flingue du jeune homme mais dans la confusion, un coup de feu part soudainement : n’ayant pas appuyé sur la gâchette, je suis persuadé l’espace d’un instant que mon assaillant vient de me trouer la peau mais soudainement, j’aperçois que du sang s’échappe de la bouche du jeune homme. Troublé au plus haut point, je ne comprends pas tout de suite ce qui se passe puis l’individu dépose une main sur son bas-ventre et je réalise alors que mon assaillant a causé sa propre perte. Réalisant sans doute que ses secondes sont comptées, l’homme profite alors de mon apathie pour faire de nouveau usage de son arme et cette fois, je reçois une balle en pleine poitrine. J’ai à peine le temps de prendre conscience de ce qui vient de se produire qu’aussitôt, ma vue se trouble avant que je me retrouve plongé dans le noir le plus complet. Devais-je donc en conclure que l’heure était venue pour moi de passer l’arme à gauche ?

A suivre...

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prénom : Deano. âge : 31 ans. type de personnage : Inventé.  d'où connais-tu le forum ? comment le trouves-tu ? Grâce à un Top-site et j'apprécie beaucoup le contexte très original du forum.  as-tu lu le règlement ? Oui.  autre chose à dire ? It's time to play the game.


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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Lun 8 Jan - 7:20


Andrew Hamilton
Don’t judge each day by the harvest you reap but by the seeds you plant.

identité : Andrew Hamilton. surnom : Andy, Drew. date et lieu de naissance : 9 juillet 1971 à San Francisco. âge : 46 ans. nationalité et origines : Américain. situation maritale : Célibataire. orientation sexuelle : Hétéro. occupation : Patient ancienneté à ostrov island : A vrai dire, cela fait tellement longtemps qu'il est arrivé à Ostrov Island que parfois, il a l'impression d'y avoir toujours vécu. Cet hôpital est devenu sa maison: il la connaît comme sa poche. maladie(s) : Agression physique, bipolaire, psychopathie, schizophrénie, trouble émotionnel, trouble catatonique et trouble des habitudes et des impulsions. Il faut savoir que c'est durant son procès pour meurtres que le psychiatre qui a examiné Andrew a jugé qu'il souffrait de toutes ces pathologies. De son côté, ce dernier est persuadé qu'il est saint de corps et d'esprit. avatar : Will Smith. groupe choisi : Lycoris Sanguinea. principaux traits de caractère : Attentionné - S'il ne vous connaît pas, ce n'est pas une qualité qui vous sautera aux yeux dans l'immédiat mais Andrew peut vite devenir un homme affectueux et protecteur à partir du moment où il vous apprécie un minimum. Charismatique - Andrew est un homme que l'on oublie difficilement à partir du moment où l'on croise sa route: il dégage un tel aura que l'on peut facilement être subjugué parce ce qu'il raconte en l'espace de quelques secondes. C'est un leader né à la fois authentique et empathique. Loyal - Andrew ne donne pas facilement sa confiance mais si vous parvenez à l'obtenir, vous pouvez être certain qu'il sera toujours là pour vous soutenir et que jamais, il ne vous plantera un couteau dans le dos sauf si bien entendu, vous tentez de le berner. Malicieux - Andrew fait souvent appel à son sens de l'humour: c'est comme une seconde nature chez lui. Il peut se montrer très taquin et aime ne pas se prendre au sérieux: c'est aussi un moyen de défense qu'il utilise pour éviter de montrer ce qu'il ressent la plupart du temps. Rusé - Il ne faut pas croire qu'il est né de la dernière pluie. Andrew peut parfois donner l'impression de manquer de finesse d'esprit mais il est beaucoup plus intelligent et malin qu'il ne peut le laisser paraître. Courageux - Il n'est pas du genre à avoir froid aux yeux et peut même avoir une fâcheuse tendance à jouer avec le feu. Têtu - Andrew n'aime pas avoir tort et il est toujours du genre à se montrer borné : il souhaite continuellement avoir le dernier mot. Sombre - Andrew possède une personnalité assez complexe: il peut aussi lui arriver d'être un homme insensible et violent en particulier si on le provoque ou qu'on lui cherche des problèmes. Mystérieux - Andrew n'aime pas s'attarder sur sa personne: moins il en dit à son sujet, mieux il se porte. Impulsif - Il n'est pas rare qu'il démarre au quart de tour.
i'm not mad, my reality is just different from yours...
6 ) Le procès de tous les dangers.

Un matin, j’ouvre finalement les yeux en ayant une drôle d’impression. Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai le sentiment de sortir d’un rêve qui m’a semblé interminable et pourtant tellement réel que je suis totalement désorienté. En fait, il me faudra même de longues heures pour rassembler mes esprits et comprendre que je suis allongé sur un lit d’hôpital. Entouré de ma famille, je ne réalise pas dans un premier temps pourquoi mes parents et ma sœur sont tellement bouleversés et me regardent comme s’ils ne m’avaient pas vu depuis des lustres. Ce n’est qu’au moment où un médecin se charge de mettre au courant de la situation que je tombe des nus. En réalité, après que mon assaillant m’ait tiré dessus, nous sommes tous les deux tombés du pont presque simultanément. Aussitôt, les secours ont entrepris des recherches mais en chutant d’une telle hauteur, tout le monde s’attendait à ce que l’on repêche deux cadavres. Pourtant, quand on a fini par me sortir de l’eau, les médecins ont fait tout ce qui était possible et imaginable pour me ramener à la vie et alors qu’ils se prépareraient à annoncer mon décès, mon cœur s’est soudainement remis à battre pour une raison qu’ils ignorent. Par la suite, je reste dans un état critique pendant plusieurs semaines puis dans un coma profond durant quelques mois avant de me réveiller brusquement sans que personne ne s’attende vraiment à un tel miracle.


Contraint de m'astreindre à une lourde rééducation, j'entame une rude bataille afin de récupérer l'intégralité de mes moyens et ma force de caractère me permet souvent de supporter la douleur. Effectuant un entraînement d'une intensité redoutable, j'apprends alors à me lever chaque matin en sachant qu'un nouveau défi m'attendra au tournant : parfois proche de la rupture, je fais en sorte de ne jamais lâcher le morceau. A ma grande surprise, mes parents semblent s’être enfin décidés à ravaler leur rancœur et ont visiblement choisi de m’accorder leur pardon. Présent à mes côtés au quotidien, ils ne se contentent pas de suivre mes progrès jour après jour, ils m'encouragent et s'improvisent même psychiatre lorsque mon mental devient défaillant. Physiquement atteint, je vois mon supplice s'achever au bout de quelques semaines de labeur : ayant finalement rempli l'objectif que les médecins m'avaient fixé, la victoire est d'autant plus belle à savourer. Traverser cette épreuve au combien pénible m'a mis sur les rotules mais je ne m'en plains pas : avec le recul, j'ai conscience d'être un miraculé. Je m'estime heureux de ne pas avoir succombé à mes blessures mais l'important se trouve surtout ailleurs : mes parents me considèrent à nouveau comme leur fils et en compagnie de ma sœur, nous formons désormais une famille plus unie que jamais. Or, à mes yeux, c'est le cadeau le plus magnifique que le ciel pouvait m'accorder...

Je quitte finalement l'hôpital au milieu de l'été après avoir subi d'ultimes tests qui se sont révélés concluants. J'aurais voulu en profiter pour laisser derrière moi certains souvenirs encombrants mais je sais déjà que je vais devoir me faire une raison. En effet, au cours de ma rééducation, j’ai été confronté à certaines révélations qui m’ont donné la chair de poule et je sais que je vais être contraint d’avoir le cœur bien accroché si je ne veux pas perdre pied. Dès le départ, mon intuition avait bien vu juste au sujet de l’agresseur de Jessica mais je reconnais volontiers que jamais je n’aurais pu imaginer qu’en le tuant, j’allais être au cœur d’une affaire sans précédent. A la suite du kidnapping dont j’ai été victime et à la collision qui s’en est suivi sur le Golden Gate Bridge, la police a bien évidemment ouvert une enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire. Considéré comme une simple victime jusqu’alors, l’homme que j’avais assassiné de mes propres mains s’est soudainement retrouvé dans le viseur des flics qui se sont donnés la peine d’éplucher sa vie sous toutes les coutures : il faut dire que le système opératoire que son fils avait mis en place pour m’assassiner n’était pas sans rappeler les méthodes que l’on utilisait au sein du grand banditisme. Si j’avais compris par mes propres moyens que c’était un individu louche qui paraissait mener une double vie, j’étais loin d’être préparé à ce que la police m’avait donc annoncé quelques semaines plus tôt. L’homme en question était en réalité un ancien membre de la mafia qui avait récemment changé d’identité afin que la police ne lui mette pas le grapin dessus. En somme, j’avais donc assassiné un homme qui avait réussi pendant tant d’années à se jouer des flics : quelle ironie.

Je suis donc complètement rétabli et prêt à ouvrir un nouveau chapitre de mon existence mais celui-ci ne s’annonce pas aussi idyllique que je l’avais espéré au départ. A dire vrai, alors que je viens de remporter une bataille des plus ardues en retrouvant l’intégralité de mes moyens après avoir vaincu la mort, j’ai l’impression que je ne vais guère avoir l’occasion de souffler. En réalité, je suis même convaincu que d’ici peu, un combat encore plus éprouvant risque de mettre mes nerfs à très rudes épreuves. D’ailleurs, la police n’a pas cherché à tourner autour du pot et m’a tout de suite mis devant le fait accompli. La mafia veut ma peau et emploiera tous les moyens nécessaires pour parvenir à ses fins : en tuant le violeur de ma petite sœur, j’ai provoqué une réaction en chaîne et désormais, c’est ma famille toute entière qui est danger. Parfaitement conscient des risques que nous encourrons, la police n’a pas lésiné sur les moyens pour s’assurer de notre protection : installés dans une propriété hautement sécurisée située à quelques kilomètres de San Francisco, nous avons interdiction de mettre le nez dehors et sommes sans cesse surveillés par plusieurs unités armées jusqu’aux dents. Même si la police a sorti l’artillerie lourde pour que rien ne puisse nous arriver, je ne suis pas spécialement serein au quotidien. Le moindre bruit suspect a tendance à me faire sursauter et la nuit, j’éprouve généralement toutes les peines du monde à dormir correctement. Je ne suis pas spécialement inquiet de savoir que ma vie est en danger : je ne tiens pas à mourir bien entendu mais je suis prêt à accepter le sort que le destin me réservera. A contrario, je me fais beaucoup de mouron pour ma famille et plus particulièrement ma petite sœur : comment pourrais-je me pardonner si la mafia venait à les tuer ? Je me sentirais obligatoirement responsable de leur disparition. Je m’attendais d’ailleurs à ce que mes parents m’adressent quelques reproches mais il n’en est rien : à l’inverse, ils font tout leur possible pour me rassurer et me donnent un maximum de conseils pour que j’évite de paniquer sachant que d’ici quelques semaines, je serai l’un des témoins clés du procès qui pourrait mener à la condamnation d’un des groupes mafieux les plus dangereux de San Francisco. Ayant de l’expérience en la matière, mes parents me préparent mentalement à affronter cette épreuve qui risque de me pomper énormément d’énergie : je suis conscient par avance qu’il va falloir que j’aie des nerfs en aciers trempés pour ne pas craquer. Laissant la justice suivre son cours, j'essaye de me détendre avec les moyens du bord mais l'attente me parait interminable. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis un expert en la matière mais il est vrai que j'ai déjà défini mon plan d'attaque pour contrer l’avocat de la défense. Passer maître dans l'art de la déstabilisation, je sais que le magistrat ne m'épargnera rien et que son but ultime consistera à me pousser à bout : je m'y suis préparé. Dans un sens, c'est une tactique intelligente même si elle demeure méprisable aux yeux de certains. En ce qui me concerne, je ne souhaite pas le juger pour si peu : après tout, il ne fait qu'exercer son métier. Ce dont je suis persuadé en revanche, c'est que je préférais mourir plutôt que de le voir triompher. Je m'appuie d'ailleurs sur cette motivation supplémentaire pour me construire une carapace indestructible.

Finalement, le procès débute après deux mois d’attente. Je suis très tendu mais je peux compter sur le soutien indéfectible de ma famille qui a pris place dans la salle. Les prévenus sont installés sur ma gauche et à de nombreuses reprises, je sens leur regard se poser sur moi : j'évite alors de rentrer dans leur jeu car je sais que l'issue de celui-ci pourrait m'être défavorable. En affichant un état d'esprit conquérant, je sais malgré tout que je suis capable de renverser des montagnes : c'est le moment ou jamais de le démontrer...

D'abord spectateur des débats, je réalise rapidement que les deux parties sont à couteaux tirés. Evidemment, chacun s'évertue à camper sur ses positions : la défense et l'accusation se renvoient donc la balle à tour de rôle. Par la suite, toutes les pièces du dossier sont présentées au jury : c'est à cet instant précis que le procureur plante une première banderille. S'appuyant sur des arguments irréfutables, il titille les prévenus afin de les atteindre psychologiquement. Différentes personnes se succèdent alors à la barre mais leurs déclarations ne permettent pas d'éclaircir la situation : par la même occasion, je comprends pourquoi on me considère comme un témoin-clé dans cette affaire. D'ailleurs, l'heure de vérité sonne brusquement lorsque le procureur m'invite à témoigner : en une fraction de seconde, mon cœur se met à battre la chamade. Les questions s'enchainent à une vitesse vertigineuse et j'y réponds avec le plus de justesse possible : doucement mais sûrement, les pièces du puzzle s'assemblent et je fais en sorte de n'oublier aucun détail de cette affaire macabre en évoquant mon meurtre ainsi que mon kidnapping. Détendu et posé, je termine mon récit en contenant mes émotions : désormais, j'ai intérêt à me retrousser les manches pour ne pas craquer. Le coup de sifflet final approche à grands pas mais vais-je me montrer impérial en repoussant les dernières offensives adverses ?

J'entame l'ultime ligne droite mais sans aucun doute la partie la plus difficile du procès. En effet, la parole est maintenant à l'avocat de la défense et pour sauver ses clients, celui-ci est condamné à me traîner dans la boue : ayant le champ libre pour m'interroger, je crains qu'il n'abuse de son pouvoir. Après avoir balancé quelques politesses d'usage, il sort aussitôt l'artillerie lourde et je dois me cramponner pour ne pas exploser en plein vol. Non content de me comparer à un déséquilibré mental, il met en avant le fait que j’ai tué un homme de sang-froid et juge scandaleux que je sois considéré comme une victime alors que je devrais être en prison. Il tente également de me déstabiliser en évoquant les tensions qui m’ont opposé à mes parents pendants de nombreuses années jugeant que cela pourrait expliquer pourquoi je suis un jeune homme instable. L'impact est rude à encaisser mais à l'image d'un bon navigateur, je parviens à maintenir le cap même au plus gros de la tempête. En panne d'inspiration, l'avocat s'avoue vaincu et finit par baisser pavillon : une victoire se dessine à l'horizon.

Deux semaines se sont écoulés et le verdict du procès n’a toujours pas été rendu. Il faut dire que cette affaire est d’une telle ampleur que les débats se sont étalés sur plusieurs jours. De plus, l’avocat de la défense a bien senti qu’il était en très mauvaise posture et n’a eu de cesse de jouer le chronomètre depuis quelques temps dans le but de retarder la délibération des jurés. Cette situation ne fait que prolonger ma torture qui devient doucement mais sûrement insoutenable. Depuis deux mois désormais, ma vie tourne totalement autour de cette affaire et j’aimerais bien que ce cauchemar se termine enfin pour être libéré d’un poids. L’avocat de la défense a utilisé tous les artifices qui étaient en son pouvoir pour retarder sa défaite mais désormais, il n’a plus aucune corde à son arc et dès demain, cette affaire devrait donc connaître son dénouement final. Tous les voyants sont au vert et il ne fait aucun doute que les jurés vont déclarer les accusés coupables des faits qui leur sont reprochés mais pour une raison que j’ignore, je suis habité par un mauvais pressentiment. Au moment d’aller dormir ce soir -là, j’ai une boule au ventre comme si je me doutais qu’un drame allait se produire :  j’aurais tellement aimé avoir tort.

En plein milieu de la nuit, je me réveille brusquement en sursaut : transpirant à grosses gouttes et ayant le souffle haletant, je pousse un large soupir quand je prends conscience que je viens simplement de faire un cauchemar. Après m’être allongé l’espace de quelques secondes le temps de rassembler mes esprits, je me lève et décide de me rendre dans la cuisine pour boire un jus d’orange. Ayant un sens de l’observation très aiguisé, je finis alors par réaliser que quelque chose ne tourne pas rond. Cela fait maintenant deux mois que je vis dans cette propriété et je sais donc qu’elle dispose d’un système de sécurité très élaboré. De nombreuses caméras suivent ainsi le moindre de nos mouvements : d’ailleurs, elles ont toujours eu le don de m’insupporter car à chaque fois, j’ai l’impression que le moindre de mes faits et gestes est épié. Alors pourquoi depuis tout à l’heure, aucune d’entre elles n’a suivi mes déplacements ? Serait-il possible qu’elles soient désactivées ? Tout ceci ne me dit rien qui vaille et soudainement, j’ai la très nette sensation qu’il y a anguille sous roche. Mettant tous mes sens en alerte, je me déplace alors à pas feutrés tout en craignant de tomber dans un guet-apens : je ne sais pas ce qui se trame mais je ne doute plus une seconde seule que ma vie ainsi que celle de ma famille sont en péril. D’ailleurs, mon premier réflexe est d’aller réveiller mes parents mais en arrivant devant la porte de leur chambre, une vision me pétrifie : des gouttes de sang tachent la moquette et me paralysent l’espace de quelques secondes. Prenant mon courage à deux mains, je pénètre malgré tout dans la pièce et découvre une scène qui dépasse les limites du supportable. Allongés sur leur lit, mes parents baignent dans une mare de sang : visiblement, quelqu’un leur a tranché la gorge. J’en ai le cœur tout retourné et dois m’appuyer sur le mur le plus proche pour ne pas tomber dans les pommes. Je suis sous le choc et bien que je ne puisse pas apercevoir mon reflet dans une glace, je suis presque certain d’être blanc comme neige. Pourtant, je dois me ressaisir au plus vite car la moindre seconde d’inattention peut causer ma propre perte : bien que rongé par le chagrin, je quitte donc la chambre de mes parents dans l’immédiat en faisant mon possible pour ne pas me laisser submerger par mes émotions. Je n’ai alors plus qu’une seule idée à l’esprit : voler au secours de ma petite sœur en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Je me précipite donc dans sa chambre en croisant les doigts pour la retrouver dans son lit mais il n’en est rien. Totalement désemparé, j’entends alors distinctement des bruits de pas dans le couloir et sans perdre une seconde, je sors par la fenêtre pour trouver refuge sur le toit de la demeure tout en prenant soin de la refermer derrière moi. Je crains alors d’être repéré mais heureusement, il n’en est rien si bien que je décide de m’accorder quelques secondes de répit pour réfléchir à une stratégie de repli. De ma position, je remarque alors un détail qui ne manque pas de me surprendre voir même de me glacer le sang : dans le jardin, j’aperçois un homme cagoulé qui converse en compagnie d’un des individus qui était censé veiller sur notre protection. Je n’en crois pas mes yeux : serait-il possible que certains agents du gouvernement soient corrompus ? Auraient-ils accepté des pots de vin de la mafia ? Tout se bouscule dans ma tête mais j’essaye alors de ne pas m’éparpiller : je ne dois pas oublier que ma sœur est peut-être encore vivante et qu’il faut donc que je mette tout en œuvre pour la retrouver. C’est alors qu’une illumination me traverse brusquement l’esprit : ayant toujours craint pour notre sécurité depuis que nous avions emménagé dans cette demeure, je me rappelle avoir donné un conseil à Jessica un soir où nous étions seuls dans sa chambre. Je lui avais dit que si un jour, elle craignait pour sa vie ou qu’elle s’estimait en danger, il fallait qu’elle fonce dans le grenier sans réfléchir et qu’elle trouve une cachette dans laquelle se planquer : était-ce pour cette raison que je ne l’avais pas retrouvée dans son lit ? Je n’en avais pas la moindre idée mais j’avais envie de croire que cette hypothèse était le reflet de la réalité. Tout en demeurant sur le toit, je décide donc de rejoindre la fenêtre qui donne accès au grenier. Pour rester à couvert, je prends garde de me déplacer tel un félin afin d’échapper à la vigilance de mes assaillants et je finis par atteindre le but que je m’étais fixé. Je m’attends alors à être confronté à une difficulté de taille mais par chance, je remarque immédiatement que la fenêtre du grenier est ouverte. De manière plus ou moins acrobatique, je parviens à me glisser dans la pièce et tout en faisant en sorte de rester discret, j’essaye de signaler ma présence à Jessica. Je crois d’abord m’être planté en beauté en constatant que personne ne donne suite à mes appels répétés puis soudainement, ma petite sœur se précipite dans mes bras en pleurant toutes les larmes de son corps. Je la réconforte comme je peux mais rapidement, j’essaye également de lui faire comprendre que nous devons nous enfuir pour notre propre sécurité. Depuis son viol, Jessica est devenue une jeune fille très forte et malgré les circonstances, elle réussit à retrouver un certain calme et me confirme par un simple hochement de tête qu’elle sait que le temps presse. Je lui indique donc la bonne marche à suivre et l’invite à sortir par la fenêtre du grenier. Je lui emboite le pas puis nous rejoignons le toit de la demeure tandis qu’au même moment, des gouttes de pluie commencent à tomber. Je n’ai pas le temps d’élaborer un plan mais j’essaye malgré tout de voir quelle serait la meilleure stratégie à employer. Nous pourrions tenter de nous échapper en voiture mais en mettant en marche le moteur, nous serions immédiatement repérés et je ne suis pas certain que nous aurions la possibilité de nous en sortir si l’on venait à être pris en chasse par nos assaillants sachant que je n’ai même pas le permis. Jugeant cette idée trop risquée, je me rabats alors sur la seule solution qui me paraît un minimum plausible. En m’amusant dans le jardin, j’ai déjà eu l’occasion de remarquer qu’une forêt assez dense se trouvait à l’arrière de la demeure : peut être qu’en prenant la fuite par ces bois, nous aurions une chance de sauver notre peau. Je n’ai aucune certitude sur le fait que ce plan va fonctionner mais de toute manière, nous n’avons pas le choix : ce n’est plus qu’une question de minutes voir même de secondes avant que l’on se fasse choper. Rapidement, je confie donc à Jessica quelques instructions puis lui dit qu’une fois qu’elle sera descendue de ce toit, il faudra qu’elle fonce sans se retourner. Prenant les devants, je me dirige donc vers l’arrière de la demeure puis en jetant un rapide coup d’œil vers le sol, je remarque que deux individus semblent faire le guet. Voilà un problème de taille qui ne manque pas de contrarier mes plans. Frustré, je suis néanmoins déterminé à ne pas revenir sur ma décision et dans la précipitation, j’effectue un choix insensé : je me jette du toit de la demeure de manière à atterrir sur les deux individus puis dans la foulée, je les assomme à tour de rôle. J’ai moi-même du mal à croire que je viens de réussir un tel exploit mais sous l’effet de l’adrénaline, il faut croire que mes forces ont dû se décupler. Toujours est-il que j’invite Jessica à me rejoindre et bien qu’elle ne soit pas rassurée, elle saute du toit à son tour : je l’attrape alors au vol et dans la foulée, on se met à courir comme des dératés en direction de la forêt. Au fil des secondes, on se rapproche des arbres et je crois alors que nous allons bientôt être sortis d’affaire mais ma joie n’est que de courte durée. Au loin, j’entends soudainement des hommes crier et je devine alors aisément que nous avons dû être repérés. Alors que nous pénétrons dans les bois, j’encourage ma petite sœur à continuer de courir sans s’arrêter : je ne sais pas du tout où nous risquons d’atterrir mais à cet instant précis, c’est le cadet de mes soucis. De longues minutes s’écoulent si bien que je finis par être à bout de souffle mais je continue ma fuite en avant tout en surveillant Jessica du coin de l’œil. Dans un coin de mon esprit, je caresse l’espoir qu’à un moment ou à un autre, nous finirons par apercevoir une ville et que nous tomberons sur quelqu’un qui pourra nous venir en aide mais je me dis que je me berce d’illusions. Malgré tout, subitement, les arbres se font moins denses et j’ai l’intuition que nous allons enfin sortir de la forêt : je suis dans le vrai mais cela ne va pas m’empêcher de rapidement déchanter. En effet, mon regard se fige quand je réalise alors que l’on se retrouve dans une impasse :  parvenant jusqu’à une falaise qui surplombe une rivière située en contrebas, nous sommes dans l’impossibilité de poursuivre notre route. Totalement désemparé, je reste silencieux quand ma petite sœur me demande ce que nous allons bien pouvoir faire : c’est terrible à dire mais à cet instant précis, je suis dans l’incapacité de répondre à sa question. Si nous rebroussons chemin, je sais que l’on se jettera forcément dans la gueule du loup mais si je saute de cette falaise en compagnie de Jessica, qui me dit que l’on ne s’écrasera pas comme des crêpes sur un rocher ? Cela me tue de devoir l’admettre mais j’en viens à croire que nous sommes condamnés à une mort certaine et mes craintes se confirment quand plusieurs individus pointent le bout de leur nez.  Tout en les surveillant du coin de l’œil, je serre tendrement l’une des mains de Jessica et l’incite à reculer en ma compagnie : les hommes braquent alors leurs armes dans notre direction et aussitôt, je contemple Jessica avec un regard empli de peine et de culpabilité comme si je lui demandais pardon d’avoir merdé. Dans la foulée, je lui murmure un simple « je t’aime » mais avant même qu’elle ait pu me répondre, des coups de feu viennent déchirer le silence de la nuit et tandis que ma vue se trouble, ma sœur et moi-même tombons en arrière sous l’impact des balles que nous avons reçu. J’ai à peine le temps d’observer une dernière fois le joli minois de Jessica puis comme cela m’était déjà arrivé auparavant, je sens mes dernières forces m’abandonner avant que mes yeux se ferment sans doute de manière définitive.

7) La seule justice qui compte, c’est la mienne.


A l’aube de ma majorité, je me réveille à nouveau d’un profond sommeil. Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai gagné mon combat qui m’opposait à la mort mais si je suis un véritable miraculé, je n’ai pas le cœur à sourire. En l’espace d’une seule et même nuit, j’ai perdu mes parents ainsi que ma petite sœur chérie dont le corps n’a pas été retrouvé : une réalité difficilement supportable qui me fait presque regretter d’être toujours de ce monde. Seulement, je crois au destin et j’estime que ce n’est sans doute pas un hasard si le ciel m’a épargné. Bien que la peine que j’éprouve me ronge de l’intérieur, je refuse de me morfondre sur mon sort ou de me laisser abattre. Après ce qui vient de se produire, je me sens investi d’une mission et je compte bien la mener à son terme même si c’est la dernière chose que je dois accomplir avant de quitter ce monde. Dès ma sortie de l’hôpital, je contacte la presse pour les alerter de mes intentions : je n’ai jamais porté les journalistes dans mon cœur mais pour une fois, j’ai dans l’idée qu’ils vont m’être d’une grande utilité. Je veux que les mafieux et les flics corrompus qui ont unis leur force pour tuer les membres de ma famille comprennent que je compte bien leur pourrir la vie tant qu’ils n’auront pas été condamnés pour les crimes qu’ils ont commis. Armé d’une détermination sans faille, je contacte la police ainsi que le procureur afin de leur indiquer que je suis à leur disposition s’ils ont besoin de mon aide : une enquête a bien été ouverte à la suite du meurtre de mes parents mais pour le moment, celle-ci semble presque au point mort. Même si je suis tombé de haut en découvrant que des agents du gouvernement n’étaient en réalité que des vendus, je crois encore à la justice de mon pays et je suis donc persuadé qu’avec le temps, la vérité finira par éclater au grand jour. Pourtant, les semaines s’écoulent et personne ne semble bouger le petit doigt pour trouver ceux qui ont assassiné mes parents ainsi que Jessica. Chaque fois que j’essaye d’obtenir des renseignements, j’ai l’impression qu’on me claque la porte au nez ou que l’on fait son possible pour que je débarrasse le plancher le plus rapidement possible. J’ai littéralement le sentiment qu’on me prend pour le roi des cons et que l’on essaye de m’embrouiller pour me cacher une vérité des plus dérangeantes. Je suis scandalisé si bien qu’à force de faire du bruit, je finis par obtenir satisfaction. Au bout de quelques mois d’attente, un procès finit par s’ouvrir : plusieurs agents gouvernementaux et membres de la mafia sont mis en accusation pour le meurtre des membres de ma famille. Seulement, je me rends très vite compte que ce qui se déroule devant mes yeux n’est pas loin de ressembler à une parodie. Le procureur qui a été choisi pour instruire cette affaire n’est absolument pas de taille pour gérer comme il le faut un procès d’une telle ampleur : c’est à peine s’il essaye de déstabiliser les différents accusés et la plupart du temps, les témoins qui viennent à la barre se font détruire par les avocats de la défense sans que le procureur ne fasse quoi que ce soit pour leur venir en aide. Témoin privilégié de cette mascarade, je me retiens pour ne pas exploser : j’ai presque l’impression qu’on m’humilie et que l’on manque totalement de respect à mes parents au fils des débats qui animent ce procès. Ainsi donc, lorsque le verdict tombe, je ne suis guère surpris de constater que les jurés ont décidé de se ranger du côté des accusés en les déclarant non coupables des faits qu’ils leur étaient reprochés.

Suite à ce procès, je suis animé d’une haine viscérale qui me donne envie de tout détruire sur mon passage. Alors que j’avais toujours adhéré aux valeurs de mon pays, j’estime soudainement que celui-ci m’a poignardé dans le dos. Au regard de ce qui vient de se produire, je réalise que le système judiciaire est pourri de l’intérieur et que les combines sont légion. Peut-être que certaines personnes sont écœurées qu’on exercice de telles pratiques au sein de leur propre service mais en choisissant de jouer la carte de silence plutôt que de dénoncer de tels abus de pouvoir, ils deviennent eux-mêmes complices des atrocités perpétrées par leurs supérieurs. Ayant pris conscience de cette réalité qui me donne envie de gerber, je décide alors d’employer les grands moyens : puisque la justice de mon pays est gangrénée par la corruption, je vais me charger moi-même d’appliquer mes propres lois.

En premier lieu, je décide de contacter Shawn qui demeure l’une des rares personnes en qui je peux avoir totalement confiance. Comme c’est un génie de l’informatique et que je sais qu’il a plutôt pour habitude de bien s’entourer, je suis convaincu qu’il est le mieux placé pour m’apporter son aide. Mon but ? Simuler ma propre mort pour disparaître de la circulation puis poursuivre le cours de mon existence en utilisant alors une toute nouvelle identité. J’évite d’expliquer à Shawn le but de ma manœuvre car je ne veux pas trop l’impliquer dans mes combines de peur qu’il en paye les pots cassés à un moment donné. Comme nous sommes très liés, il accepte de me donner un coup de main sans me poser la moindre question. Après avoir contacté quelques-unes de ses connaissances, Shawn m’explique comment le plan va se dérouler : sa stratégie est parfaitement ficelée si bien que rapidement, je lui donne le feu vert pour que nous mettions en route la première phase de mon projet. Une nuit, nous simulons un accident de voiture avec ma propre berline qui se retrouve propulsée du haut d’une falaise : totalement détruite, celle-ci prend feu une fois au fond du ravin. Avec l’aide de l’un de ses amis, Shawn a fait le nécessaire pour que chacun en vienne à croire que j’ai fini par me suicider et très rapidement, j’obtiens la confirmation que j’espérais : tous les médias s’attardent sur ma mort en affirmant que plusieurs indices démontrent clairement que j’étais à bout de force et que je comptais donc passer l’arme à gauche. Une fois que chacun s’accorde à dire que j’ai voulu abréger mes souffrances et que mon suicide ne fait plus l’ombre d’un doute, je décide de me planquer pendant quelques mois histoire de retomber dans l’anonymat le plus complet puis grâce à Shawn, j’active la seconde phase de mon plan en me créant une nouvelle identité : mon meilleur ami me fournit tous les papiers nécessaires et de mon côté, je m’arrange pour changer d’allure au point de devenir presque méconnaissable physiquement parlant. A partir de cet instant, je vais alors mener une double vie : bien que je roule sur l’or, je décide de me trouver un petit boulot afin de donner l’illusion que je suis un type lambda et que mon existence est aussi banale qu’inintéressante. Grâce à cette couverture parfaitement huilée, je suis enfin en mesure de rentrer dans la phase la plus critique de mon projet pour que celui-ci prenne enfin tout son sens.  A partir de cet instant, je ne cesse de passer des heures entières sur Internet et dès que j’en ai l’occasion, je me rends devant le Palais de justice de San Francisco pour observer les lieux. Tout en m’entourant de personnes compétentes qui ont foi en mes idées, je pars à la recherche d’individus qui tout comme moi ont perdu confiance en la justice de leur pays. J’essaye alors d’établir un premier contact en leur compagnie afin de les mettre au courant de mes intentions. Pour éviter de prendre le moindre risque qui pourrait bousiller mes plans, je fonctionne de manière très organisée en ne dévoilant jamais mon identité dans un premier temps. Seule une personne qui a fait ses preuves et qui a juré fidélité à mon projet est autorisé à voir mon visage et à connaître qui je suis réellement. Doucement mais sûrement, mes idées rencontrent un certain succès et je parviens donc à développer un réseau intéressant qui va me permettre de prouver l’efficacité de mon système. Mon objectif est simple : traquer les cancers de notre société qui pour une raison ou une autre sont parvenus à passer au travers des mailles du filet parce que notre système judiciaire a failli à sa tâche et leur faire payer au prix fort les crimes qu’ils ont commis.

Les malheureuses victimes qui tout comme moi se sentent trahis par leur pays ont pour mission de me donner des informations sur nos cibles afin que je puisse les connaître sur le bout des doigts. Dans un deuxième temps, le but est de les suivre à la trace et d’observer leurs faits et gestes car avant de passer à l’action, il est essentiel de savoir quelles sont leurs petites habitudes au quotidien. Il m’arrive parfois de me charger moi-même de cette tâche mais si j’en ressens le besoin, je laisse mes partenaires les plus fidèles prendre le relais. Puis, quand vient le moment venu, je fais en sorte d’exécuter moi-même la sentence en veillant à punir comme il se doit ces parasites de la pire espèce. La pitié ? Elle n’a pas lieu d’être au sein de mon organisation. Pourquoi devrions faire preuve de clémence à l’égard d’individus qui n’ont pas éprouvé le moindre remord au moment de commettre un crime de sang-froid ? Nous prenons des décisions radicales mais justes et lorsque nous ciblons une proie, son sort est déjà scellé : la mort sera son châtiment suprême.

Ainsi donc, pendant plus d’une dizaine d’années, mon organisation va prospérer au point même de prendre des proportions considérables. Afin de ne pas éveiller les soupçons, nous choisirons souvent de nous installer dans diverses métropoles des Etats Unis afin que notre projet trouve écho auprès d’autres victimes. Chaque fois, le succès sera au rendez-vous ce qui nous permettra de débarrasser le monde de nombreux parasites qui n’ont pas leur place dans ce monde. D’une certaine manière, j’aime à penser que je marche dans les traces d’un certain Dexter Morgan : je suis devenu un serial-killer mais mes crimes contribuent à rendre cette planète plus sûre. La seule différence, c’est que de mon côté, je ne tue pas pour assouvir mes pulsions meurtrières mais pour rétablir l’ordre et la justice au sein de notre pays. Malgré tout, je ne cache pas que j’éprouve un certain plaisir à tuer mes proies et que j’aime les faire mijoter à petit feu avant de leur porter l’estocade : avec le temps, j’y ai même tellement pris goût que ce rituel est devenu comme une drogue dont je ne pouvais plus me passer.

Pendant longtemps, la police sera incapable de nous mettre la main dessus et notre organisation continuera de perpétrer des crimes en toute impunité. Malheureusement, une taupe finira par vendre la mèche et causera du même coup notre perte. Aussitôt arrêté par les flics, je suis bien évidemment démasqué ce qui me vaut de faire à nouveau la une des journaux. Jugé pour avoir perpétré plus d’une centaine de meurtres, le procureur exige que je sois condamné à la peine de mort mais l’un de mes avocats tentera de me sauver la peau en plaidant que je suis un fou allié et que je souffre de nombreuses pathologies. Examiné par un psychiatre, celui-ci confirmera que je suis un malade mental pour une raison que j’ignore si bien que les jurés décideront d’aller contre l’avis du procureur et jugeront que ma place se situe plutôt dans un asile. C’est ainsi qu’à la suite de mon procès, je débarque dans l'hôpital psychiatrique d'Ostrov Island.

Voilà maintenant près de quinze longues années que j’y réside et quelque chose me laisse à penser que je resterai dans cet établissement jusqu’à mon dernier souffle…


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prénom : Deano. âge : 31 ans. type de personnage : Inventé.  d'où connais-tu le forum ? comment le trouves-tu ? Grâce à un Top-site et j'apprécie beaucoup le contexte très original du forum.  as-tu lu le règlement ? Oui.  autre chose à dire ? It's time to play the game.


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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Lun 8 Jan - 7:25

Désolé mais comme mon histoire était longue, j'ai été contraint de faire trois fiches de présentation.
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A DÉBARQUÉ LE : 25/12/2015

SITUATION : elle a perdu son fiancé, lâchement assassiné par un fou furieux
EST ÂGÉ DE : 27 ans
avatar

MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   Mar 9 Jan - 17:44


Félicitations !

Wow   Tout est bien détaillé dis donc   En tout cas ton personnage est intéressant ! Hâte de voir ce que cela va donner en rp !

Te voilà maintenant validé En premier lieu, nous te demanderons d'aller vérifier que ton avatar est bien recensé. Désormais, tu as la possibilité d'aller te créer un scénario. Tu devras ensuite aller créer ta fiche de liens et celle de tes sujets. Oh, n'oublie pas de faire ta demande de logement ou de dortoir ! Ensuite, rendez-vous dans ce sujet, que vous soyez psychiatres ou patient, pour vous recenser ! Bon jeu sur Ostrov Island !

_________________
le poison était dans la plaie voyez-vous, et la plaie ne se refermait pas.
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MessageSujet: Re: Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.   

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Andrew Hamiton ♡ The future belongs to the few of us still willing to get our hands dirty.

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