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 Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi

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MessageSujet: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Jeu 23 Nov - 16:38


Serais-ce des retrouvailles ?
Kriemhilde & Hillevi

Est ce que cela va finir un jour ? Un jour ? Est ce que c'est trop demander ? T'en sais rien du tout, mais visiblement, t'es là pour un moment encore. Trop longtemps, tellement longtemps que tu t'souviens plus depuis quand t'es là bordel. Tu sais que tu perds un peu la mémoire, mais ça fait tellement de temps que t'es là que tu sais plus quand t'es venue. Une chose est sûre, c'est que cela n'a pas été une bonne surprise. T'étais si bien avec Hillevi à Stockholm, tu sais même pas dire où t'es là, dans un hôpital mais il est où ce truc ? Quelques parts dans le monde parce que tu crois pas que les hommes se seraient amusés à t'envoyer sur la lune ou sur mars. Quoique, ils en seraient bien capables vu que de toute façon vous êtes soit disant malades, alors ça leur poseraient même pas de soucis, vous êtes des pertes tellement négligeables, ça te ferait presque gerber. C'est comme avec le sérum anti-toc, anti-tac, anti-tic-tac là, c'était encore une fois de la connerie, même ça tu sais plus à quand ça remonte exactement, ça craint. Et puis d'un coup, t'as une hallucination. Tu sais pas comment c'est possible, mais tu te vois à l'autre bout du hall. Tu te frottes les yeux parce que t'en crois pas tes yeux justement. Tu te vois en double ? C'est alors que ton coeur la reconnait, il peut pas te tromper, c'est pas possible, mais qu'est ce qu'elle fout là ? Elle s'est fait internée ? Elle t'a retrouvé ? Ou c'est le hasard ? Y'a tellement de questions qui se bousculent dans ta tête, mais tu t'en fous des réponses parce que tu sais que c'est elle, peu importe comment elle est arrivée là, peu importe. La personne la plus chère à ton coeur est là, et c'est ce qui compte le plus. Des larmes perlent sur ton visage alors que tu t'es mise à courir vers elle. Est ce qu'elle t'as vu elle aussi ? Tu ne sais pas mais tu ressens à nouveau cette connexion qui était perdue. Et sans poser de questions, sans réfléchir, tu la prends dans tes bras et tu pleures sur son épaule droite, la tête posée dessus. C'est pas un hallucination, non, c'est elle. Tu n'as jamais été aussi heureuse de ta vie, même dans cette hosto de merde là. Tu es bien, tu ne veux pas que cet instant s'arrête, alors tu laisses ta tête là, jusqu'à ce qu'elle te dise que c'est bien elle parce que tu serais bien incapable de parler pour le moment tellement tu es heureuse.

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Jeu 23 Nov - 20:21


Serait-ce des retrouvailles ?
Kriemhilde & Hillevi

L'odeur renfermée et étouffante d'une chaleur à peine entamée décrivant à elle seule cet été fade et morne me donnait mal à la tête. Ou peut-être était-ce à cause de ces médicaments que je prenais. Ou plutôt, que l'on me planter bien au fond de la gueule pour s'assurer que je ne recrache rien. Les choses que j'avais faites pour atterrir ici étaient impardonnables. I lost it, comme disent les locaux dans cet anglais qui me révulsait. Je n'aimais pas l'anglais. Bien que je le parlais couramment depuis plusieurs années - sûrement aidée par les cours d'école qui, mine de rien, ne furent pas inutiles - je ne l'appréciais guère. Un côté trop "courant", "normal". Je n'aime pas la normalité.

Sans être à l'image de ma sœur, je n'étais pas sans savoir que quelque part, pour être telle que j'étais aujourd'hui, c'est que là-haut celui qui tenait les manettes n'était pas très "normal" non plus. Mes psychoses ne sont pas à l'état de Kriemhilde et je sais pertinemment que la moitié des maux que l'on m'attribue ne sont qu'un reflet que j'ai cultivé. Je ne suis pas ce qu'ils pensent que je suis. Certes un peu extrême et "borderline" comme ils le diraient, à avoir commis ces crimes et cultivé ces troubles dans l'espoir d'être internée à mon tour. Mais après tout, la vie "normale" n'avait rien à m'apporter. C'était alors le prix que j'avais choisi de payer pour tenter de retrouver une âme égarée. Cette âme que j'ai laissé partir et que je n'aurais jamais dû lâcher d'un seul regard. Jamais je n'aurais dû accepter de lui lâcher la main.

Son visage m'apparaissait telle une ombre alors que j'entrais dans le hall, accompagnée de blouses blanches. J'allais être mélangée aux autres internés. Aux autres tarés et "anormaux". Ils nous parquaient comme si la société avait honte de nous. Quoi que je les comprenais... pour mon cas tout du moins. Je n'étais qu'une meurtrière psychotique à leurs yeux. Une sociopathe et qui n'avait pas sa place dans la société. Et pour le coup, ils avaient raison : je n'avais aucune place dans cette société sans Kriemhilde à mes côté. Car elle était tout ce que j'avais. Et tout ce que je désirais. Pourquoi avais-je laissé cet homme me persuader qu'elle serait mieux loin de moi ? Mes yeux tentaient de se fixer sur ce mirage. Les médicaments étaient forts. Ils avaient peur de moi. Peur que je perde pied. Instable. Impulsive. Violente. Désinvolte. Une tarée. J'étais un mouton noir, une maladie. Une femme qui par des allures d'ange, savait ôter la vie. Comme je me détestais pour tout ça... Sans y avoir pris le moindre plaisir - quoi que j'en dise aux psychiatres - je remarque avec le recul que toute ma colère s'était extériorisée dans ces crimes. Tuer n'est pas difficile. En fait, seule la première fois l'est. Oui, peut-être que mon cerveau avait en lui cette bestialité qui sommeillait depuis toujours. Peut-être que la jumelle saine ne l'était pas tant que ça. Je faisais croire aux blouses blanches que j'étais cette folle dégénérée sans pitié ni cœur. Il le fallait. Pour avoir une chance de la retrouver.

« Kriem... » Mes pensées s'échappèrent en un murmure alors que je compris qu'il s'agissait bien d'elle. Qu'elle me prenait dans ses bras. Je profitai de cette étreinte, peinant à le réaliser. Son odeur fruitée était mélangée aux produits de l'hôpital et des médicaments qu'elle devait sûrement prendre. Mais que l'on me croit ou non : persistait son odeur à elle, naturelle. Sa chaleur m'enveloppait dans un drap de soi réconfortant. Si bien que peu à peu, je sentis mon corps tomber par terre. Rester stoïque, je devais faire cet effort. Ne rien laisser paraître. Jouer mon rôle jusqu'au dernier instant. J'avais envie d'exploser en sanglots. De me jeter à ses pieds et de m'étaler en excuses. De serrer ses mains jusqu'à lui couper le sang. Mais nous n'étions pas seules. Et j'ignorais comment étaient pris les rapprochements entre patients. Cela faisait deux semaines que j'étais en isolement, à me faire droguer, inspecter de corps et d'esprit. Que j'étais coupée de tout. Et là... la porte ne s'ouvrait pas seulement sur une vie potentiellement normale - quoi que cloîtrée - mais aussi sur Kriemhilde. Je l'ai fait. J'ai réussi. Je l'ai fait... Soudain, le prix que j'ai dû payer me sembla dérisoire. Il y aurait certainement le contre-coup : une fois son traitement fini, elle retournerait à la vie civile. Et moi, en prison. Mais ça valait le coup, j'en restais persuadée.

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Jeu 23 Nov - 21:46


Serais-ce des retrouvailles ?
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Tous les jours t'y penses, tout le temps, mais elle n'est plus là, pourtant, tu n'en as pas fait le deuil, pas encore, tu sais qu'elle est là quelques parts, pas loin sans doute, parce que tu la sens, tu sens qu'elle n'est pas loin de cet hôpital miteux, tu le sais, au fond de toi, parce que vous êtes jumelles. Tu le sentirais si elle n'était plus de ce monde, mais comment cela serait-il possible qu'elle disparaisse dans les limbes de l'oubli ? Si tu ne te souviens pas de tout, qu'il y a des choses que tu oublis trop rapidement, ta soeur, tu ne pourras jamais l'oublier, car mine de rien, elle est ta seule raison de vivre par ici, sinon, tu aurais noué tes draps depuis longtemps pour te pendre dans ta chambre. C'est clair que tu l'aurais fait, car à part des malheurs, encore des malheurs, ce monde n'a rien à t'offrir, c'est même dingue que cela en soit à ce niveau là, mais qu'est ce que tu peux bien faire ? Rien, tu ne fais rien de constructif, tu as peur que les gens viennent te tuer dans ton sommeil, parce que le moindre bruit que ton oreille perçoit te réveille durant la nuit. T'es toujours fatiguée, ce qui n'aide pas tes troubles de la mémoire, tes troubles amnésiques sont là, plus ou moins fréquents, mais ils sont là oui. Tu sais pas comment faire pour que ça aille mieux, mais tu n'arrêtes pas de penser à elle, parce que c'est la seule putain de personne qui compte à tes yeux. Tu le sais depuis le début en plus mais t'as été amenée ici contre ta volonté, tu veux pas être là, tu sais que le jour où tu pourras franchir ces murs, tu seras une femme libre, et tu te mettras à la recherche de ta soeur, c'est comme ça qu'un jour tu finiras par sortir, pas parce qu'un médecin aura dit que t'étais de nouveau en état. C'est depuis que t'es gamine que t'es pas en état, ça changera jamais de toute façon, alors pourquoi tenter de forcer quelques choses qui n'a pas lieu d'être ? Tu sais pas, c'est comme ça, jusqu'à ce jour d'août 2017. C'était peut être un mardi ou un mercredi, tu peux pas dire, ta mémoire est pas assez bonne pour ça, mais tu l'as vu, tu n'en croyais pas tes yeux tellement c'était fou, presque comme un mirage, c'était irréelle, pour toi, pour elle aussi sans doute, parce que peut être qu'elle avait fini par se faire enfermer parce que ton absence lui avait fait tourner la boule, ça t'étonnerait pas tant que ça, c'est dans la famille, enfin de ceux que tu connais quoi. Alors tu la prends dans tes bras et pour la première fois depuis des lustres, tu entends sa voix, celle qui prononce ton prénom, le début de ton prénom, celle d'un surnom que tu affectionnes tout particulièrement. Et mine de rien, tu verse quelques larmes sur son épaule, parce que c'est elle, celle qui n'a jamais pu quitter ton esprit pourtant malade, malgré ta paranoïa, tes troubles amnésiques, elle a toujours été là, dans un coin de ton esprit, au fond de ton coeur qui n'avait plus battu aussi vite depuis longtemps comme si tu étais en train de faire le plus merveilleux des rêves. Le regard des autres autour de vous n'avait plus d'importance, mais ça devait leur faire bizarre de voir les deux mêmes ensemble dans ce hall. Tu ne saurais dire si les infirmières avaient remarquées la ressemblance qui est pourtant frappante, mais Hillevi n'est pas comme toi, elle est mieux, elle est différente, elle se souvient de toutes ces choses que vous aviez pu vivre. Toi tu ne te souvenais que de quelques souvenirs, ceux qui avaient été les plus marquants qu'on se le dise, les autres étaient passés à la trappe, tout du moins, bien rangé dans leur case, tout là-haut. Combien de temps es-tu restée là à pleurer sur son épaule ? Tu n'en sais rien du tout, plus rien n'avait d'importance, plus rien du tout puisque tu l'avais retrouvée, puisque vous alliez pouvoir vivre votre vie ensemble, à nouveau, c'était le plus important mine de rien. Puis, tu relevais enfin la tête pour pleinement la contempler. Elle n'était pas là en simple visite, elle était là parce qu'elle venait d'être internée à son tour.

" Mon dieu, mais qu'est ce que tu as fait ? Je suis si heureuse de te voir. "

La question avait passé le stade de tes lèvres même si au fond tu t'en fichais bien. Peu importe ce qu'elle avait fait, n'est ce pas ? Tu lui pardonnais tout, même le fait de t'avoir abandonnée. Tu sais par sa présence ici que ce n'était finalement que temporaire, qu'elle t'a peut être cherchée pour tenter de comprendre où tu étais et qu'elle t'a finalement retrouvée après toutes ces années. C'était une délivrance, peut être provisoire, mais cela en était clairement une, pour toi et sans doute pour elle aussi.

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Ven 24 Nov - 0:03


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Continuant à la serrer dans mes bras, je sentais mes muscles devenir durs autour d'elle. Endoloris par l'effort qu'il me coûtait de ne pas céder à l'écraser de cette étreinte intense. Je ne voulais pas la lâcher... Je ne voulais plus la lâcher... Si seulement c'était possible...

Notre relation était loin d'être ambiguë et douteuse. Deux sœurs pouvaient très bien être fusionnelles. Nous l'étions encore plus par le simple fait de partager la même apparence. Une apparence dont les différences s'étaient creusées en quatre ans d'éloignement : je ne mangeais pas très bien depuis son départ, trouvant cette activité bien vaine et futile avec sa disparition. Mais elle avait bien plus maigri que moi. Ses joues potelées s’aplatissaient et son corps me paraissait plus frêle. Ou peut-être était-ce ce à quoi je ressemblais... Qu'à trop vouloir la voir à travers mon reflet, je reflétais là encore mon image. Avec la prison et les traitements de choc, je ne devais pas être très en forme...

Sur mon épaule, je sens la moiteur de ses larmes choir. Si seulement elle savait à quel point je m'en voulais... À quel point j'étais responsable de ce qui nous arrivait... De ce qu'on devait lui avoir infligé durant toutes ces années... Ce centre ne m'inspirait aucune confiance et j'avais trop peur pour ma sœur ; je n'avais de cesse que de l'imaginer maltraitée car elle était différente, malade... je n'avais aucun moyen de la joindre, de m'assurer de sa santé et du respect de son intégrité. Cela m'avait tant torturé que je luttais avec une amère boule au ventre pour ne pas fondre en larmes et laisser toute la frustration engrangée exploser dans ce hall. « Mon dieu, mais qu'est ce que tu as fait ? Je suis si heureuse de te voir. » Sa voix me transperce et j'œuvre contre moi-même afin de la laisser respirer, m'éloignant quelque peu sans pour autant la lâcher, gardant une main sur son bras gauche et l'autre caressant sa joue droite afin d'épousseter une larme qui perlait au coin de son yeux. Je secoue la tête de droite à gauche, mimant un sourire qui masquait à peine la profonde tristesse que je ressentais. Qu'elle devait certainement percevoir. « J'ai fait ce qu'il fallait. La seule chose à faire pour que nous soyons à nouveau réunies. » Lui dis-je en suédois. Comme je m'en voulais... Savait-elle au moins ce qui s'était passé ce jour où elle fut emmenée loin de moi ? Je la repris dans mes bras.

Ouvrant les yeux sans briser mon étreinte, je regardai brièvement les badauds qui nous scrutaient. Nous observaient comme des bêtes de foire. Ce genre de rapprochement ne devait pas être commun. Peut-être même autorisé. Des fratries internées au même endroit, ce devait être assez rare déjà en soi. Mais en plus qu'il s'agisse de jumelles, ça devait encore plus attiser l'intrigue des résidents. Je relevai ma tête et m'éloignai de ma sœur. « Je ne veux plus qu'on soit séparées. Plus jamais. Ou au moins pas plus de quelques heures » Lui dis-je à voix basse avec un sourire qui se voulait bien plus naturel que n'importe quelle autre expression que j'avais pu dessiner sur mon visage depuis mon arrivée. Les médicaments devaient certainement jouer sur mes nerfs, les calmer, les dompter. Car en temps normal, j'aurais avant tout gueulé sur ces curieux afin qu'ils aillent voir ailleurs si nous y étions.

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Ven 24 Nov - 1:58


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Tu sentais son étreinte sur toi, et elle te faisait un bien fou, c'était de loin le meilleur médicament que tu pouvais avoir dans ces murs. Elle te serrait fort, mais ça n'avait pas d'importance, car tu la sentais près de toi. Même si ta tête reposait sur son épaule tu pouvais presque ressentir son coeur battre à l'unisson avec le tien, comme si cela faisait une éternité que ce n'était plus arrivé. C'était sans doute le cas, car depuis presque quatre ans maintenant, ils battaient à des rythmes différents, loin l'un de l'autre, mais il fallait faire avec, car elle t'avait été arraché si brutalement, du jour au lendemain, sans que tu ne comprennes vraiment pourquoi. Mais c'est sans doute ta faute, tu as du oublier ce détail, c'est même une certitude, cela ne t'étonne même plus. En tout cas, tu ne voulais pas la lâcher, tu étais presque prête à l'étouffer de tes bras peu musclés, car si tu n'as jamais été une grande sportive, ce n'est pas ici que tu avais développé ce point là, mais tu la serrais de toutes tes forces, comme elle le faisait sans doute avec toi, comme pour faire en sorte que vous ne puissiez plus vous quitter, jamais. Tu relâches alors un peu l'intensité de l'étreinte, pour lui dire enfin quelques mots, qu'elle entende le doux son de ta voix après toutes ces années. Si tu lui poses la question qui te taraude le plus l'esprit, tu lui dis surtout que tu es heureuse de la revoir, parce que c'est de loin le plus important. Sa main droite garde précieusement mon bras droit dans le creux de sa pomme et de sa main gauche, elle essuie une larme sur ton visage, une larme qui allait perler sur le sol plutôt que sur son épaule. Tu ne voulais pas la mouiller, mais en vérité cela ressemble plus à un arrosage de bénédictions qu'autres choses, comme si ces larmes allaient sceller votre destin, à présent à tout jamais. Cela ne voulait peut être rien dire, peut être que tu t'imaginais cela, ce ne serait pas une première, mais vous étiez dans votre bulle, plus rien autour ne comptait pour toi, et tu savais que la réciproque était aussi vrai. Ce n'est alors pas le simple murmure de ton prénom que tu entends mais une réponse à ta question. Et pas n'importe quelle réponse puisqu'elle te parle en suédois, mais étrangement, tu saisis toutes les nuances de cette langue que tu n'as plus entendue depuis presque quatre années. Bien entendu, tu penses en suédois, tu rêves en suédois, quand tu es en colère tu parles en suédois contre les gardiens et les infirmières, mais tu t'es habituée, contre ton gré à l'anglais parler ici. Tu sais qu'il y a de nombreuses nationalités, sans doute que l'anglais est la langue parler par le plus de monde. Mais finalement, tu n'en connais pas tant que ça, juste ce qu'il faut pour communiquer avec tout le monde. Tu souris, ce qui est rare, cette expression sur ton visage n'est pas commune, et si tu te souciais du regard des autres, tu verrais sans doute leur stupéfaction. En tout cas personne ne romps ces retrouvailles, personne n'a intérêt à le faire surtout sous peine de représailles, mais comme personne ne dit rien, tu supposes qu'il n'y a que ta soeur et toi dans ce hall. Elle ne veut plus que vous soyez séparées, plus jamais, pas plus de quelques heures et tu approuves fortement ces propos qu'elle prononce toujours en suédois. Sans doute que personne ne vous comprends, et c'est tant mieux.

" Plus jamais, plus jamais. Je te veux près de moi tout le temps. Nous avons tant de choses à nous dire. "

Naturellement, tu lui as répondu en suédois toi aussi, comme si c'était finalement une sorte de code secret entre vous deux, comme si vous étiez deux agents secrets, que toi tu étais passée chez l'ennemi depuis longtemps et qu'elle était venue s'infiltrer pour te récupérer. Mais les choses pour partir d'ici n'allaient certainement pas être si simples que ça.


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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Ven 24 Nov - 2:21


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Le sourire qui vient courber ses lèvres m'emplit d'une profonde sensation de bonheur. Comme si pour une fois depuis quatre ans, je sentais que les choses allaient bien. Comme si j'étais à nouveau entière. Avec elle... Kriem... « Plus jamais, dit-elle au sujet de notre séparation. Plus jamais. Je te veux près de moi tout le temps. Nous avons tant de choses à nous dire », déclara-t-elle. Je serrai les dents. Beaucoup de choses à se dire oui... Beaucoup de choses que j'aimerai lui dire pour soulager ma conscience. Mais ça risquait de lui faire mal. Et je ne voulais pas briser ces retrouvailles si revigorantes. « J'ai... enfin ils m'ont donné tout un tas de trucs... je ne sais pas ce qu'ils mettent comme médicaments mais j'ai bien peur de ne pas être des plus bavardes... Laisse-moi te regarder, Kriem... » La mélancolie était gravée sur les traits de mon visage alors que je prenais le sien délicatement entre mes mains. Elle était si belle... me paraissait si pure... Je ne la voyais peut-être pas comme elle était réellement. Même si les quatre années passées loin l'une de l'autre semblaient me montrer une personne très différente, j'entrevoyais dans ces yeux la même enfant qu'il y a vingt ans. Accroupie sur cette rive, dont je tenais la main, gravant de l'autre cette barque abandonnée...

Un silence admiratif laissa la mélodie de ma voix brisée par l'émotion s'installer. « Est-ce que tout va bien pour toi ? T'ont-ils bien traitée ? Qu'est-ce qui a changé ? Cet endroit me file la chair de poule... » Lui confiai-je en la reprenant dans mes bras. Ma respiration était lente mais profonde. Comme si je souhaitais ralentir le temps et que ces secondes durent des mois, des années. Ces années que l'on a perdu. Que l'on nous a volé. Non... que je nous ai enlevé. Kriemhilde avait beau avoir certaines lacunes dans ses souvenirs, il ne faisait aucun doute qu'elle savait toujours lire en moi comme un livre ouvert. Percevoir ce que je pouvais ressentir. Cette forte empathie nous liait depuis toujours. Des psychologues de comptoir mettaient cette empathie sur le compte de notre lien gémellaire. Mais à mon sens, c'était plus que ça. Bien plus.

J'avais peur de la brusquer. Nos retrouvailles faisaient chavirer mon cœur comme jamais ; j'avais réussi cette folle et inconsciente entreprise de la retrouver. Avec des moyens extrêmes. Mais retrouvée quand même. Il me fallait encaisser cette victoire et accepter ce que cela impliquer. Pour Kriemhilde, ce devait être beaucoup plus dur : me voir rangée dans cette case de "fille" qu'elle savait que j'abhorrais alors qu'elle-même luttait déjà pour toucher du bout des doigts la vie qu'elle voudrait avoir, ce devait être perturbant. De plus, là où je la cherchais sans relâche, y pensant jour et nuit à trouver une solution, retourner les possibilités dans tous les sens, elle, elle devait sans doute avoir perdu espoir... Kriem n'était pas la plus pessimiste des deux. Mais sa position : loin de chez elle, loin de sa seule famille, dans un pays inconnu pour des raisons inconnues... J'osais à peine imaginer ce qu'elle avait dû endurer... Nous n'avions même pas pu nous dire au revoir correctement...

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Ven 24 Nov - 3:00


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Tu es bien, plus que bien, tu as l'impression que ton monde retrouve un peu de normalité, si jamais il a été un jour normal, en tout cas, tu es sûre d'une chose, le futur se passera bien, il se passera mieux en tout cas, tu en es assurée, parce que tu as ton Hillevi pour veiller sur toi, comme elle l'a toujours fait, depuis tant d'années et qu'elle le fera encore. Même si parfois, cette protection t'a agacée, parce qu'elle en faisait trop pour te sauver le derrière, et qu'elle ne pensait pas un peu à elle, tu aimais qu'elle soit là pour assurer tes arrières. Tu te disais que s'il y avait un problème, Hillevi serait là pour le résoudre, c'était la solution ultime, et durant ces quatre années, elle n'était pas là, tu étais perdue, et maintenant te voilà retrouvée, enfin, un peu disons, un petit peu, ta guérison pourra se faire avec elle à tes côtés, tu en es certaines, tu pourras guérir, tu pourras te souvenir, tu ne peux pas l'oublier, ce n'est pas possible. Tu veux lui dire tellement de choses, mais peut être qu'elle aussi veut te dire des choses, tu ne sais pas trop comment faire. Est ce qu'ils vont vous laisser parler encore un peu, ou bien va-t-il falloir regagner rapidement chacune votre chambre ? Tu ne sais pas, Hillevi vient d'arriver semble-t-il, elle est avec les nouvelles, enfin, celles qui ne sont pas là depuis très longtemps mais peut être qu'elle pourrait prendre la place vacante dans ta chambre ? Tu aimerais tellement, vous en ferez la demande, il le faut. Mais ta soeur ne semblait pas très bavarde, elle était un peu assommée par les médicaments qu'on lui avait donné. Cela ne t'étonne pas, tu avais pris l'habitude, ils ne te font presque plus effet, mais au départ, la dose est forte, surtout si elle n'est pas arrivée ici directement, peut être qu'elle a été mise en isolement, tu ne sais pas trop, tu ne te souviens plus comment il en a été pour toi à ton arrivée ici. En tout cas, elle veut te voir, mais tu es comme elle, n'est ce pas ? Elle prend alors ton visage dans ces mains, et vos regards se plongent l'un dans l'autres. D'autres larmes perlent sur ton visage souriant, elle n'a pas changé, tu peux voir encore ce regard protecteur dans ces yeux, celui qu'elle a toujours eu envers toi, ce regard bienveillant, le plus beau des regards qu'il puisse y avoir sur terre. Puis elle te pose les questions sur le lieu où vous allez passer les prochains mois ensemble, peut être même les prochaines années qui sait ? Tu lui souris. Tu lui murmures à l'oreille, toujours en suédois.

" Rien n'a changé, tu verras ici, c'est pas si mal que ça, on finit par s'y habitué. Mais tu viendras avec moi, je te ferais visiter, et je te dirais les personnes à connaître. "

Les gentilles, celles qui cherchent vraiment à vous aider, pas les infirmières qui n'en ont rien à faire, car il y en a bien trop malheureusement mais ça Hillevi ne peut pas le savoir, pas encore, mais tu la guideras avant qu'elle ne prenne le dessus et qu'elle te protège. Peut être que vous réussirez un jour à vous enfuir, ou simplement, à réussir à être suffisamment saines d'esprit pour reprendre un semblant de vie normale, c'est à voir. Tu ne veux pas faire de plans sur la comète mais bien malgré toi, tu ne peux t'empêcher d'en faire quand même, c'est plus fort que toi tellement ce moment est agréable pour toi. Demain de toute façon tu auras oubliée ces plans, tu en es presque certaines, mais là, dans l'instant ils cajolent ton âme encore plus que la perspective de revoir encore et encore ta soeur, ta moitié, celle qui manquait à ta vie depuis des années. Qu'est ce qu'elle avait fait durant tous ces mois loin de toi ? Tu ne le sais pas, mais peut être que cette question sera l'objet d'une prochaine rencontre, tu ne sais pas comment cela va s'organiser mais une chose est sûre, vous pourrez vous revoir, pour ne plus jamais vous séparer, plus jamais.


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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Ven 24 Nov - 20:43


Serait-ce des retrouvailles ?
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« Rien n'a changé », me confia-t-elle. Comment pourrait-il en être autrement ? Ils n'étaient pas des magiciens. Sans doute parvenaient-ils à limiter les dégâts. Éviter que ça ne s'empire. Je restais optimiste, parce que je me le devais. Encore plus maintenant que malgré tout, je l'avais retrouvée. Même si cela m'avait poussé à prendre la plus odieuse décision de ma vie, je voulais croire en cette idée que cet institut pourrait réellement aider ma sœur. J'espérais que ce soit possible. « Tu verras ici, c'est pas si mal que ça, on finit par s'y habituer. Mais tu viendras avec moi, je te ferais visiter, et je te dirais les personnes à connaître. » Je lui adressai un sourire sincère. Elle serait mon guide, mon seul intérêt en ces lieux. Guérir ? Si seulement j'en avais besoin... j'allais en toute impunité faire perdre leur temps aux psychologues et autres thérapeutes par simple caprice : je ne voulais pas quitter ma sœur.

Kriemhilde semblait heureuse. Heureuse de me retrouver, certes, mais aussi équilibrée malgré la situation. Je me faisais une idée si sombre des hôpitaux spécialisés... Avec des patients proches de l'état de zombies à force d'ingérer des sur-doses de médicaments qui assuraient leur calme. C'était sûrement mon cas. Je devais être classée dans ces patients que l'on devait maintenir calmes. Je m'étais habituée à ce regard qu'on me lançait. Celui de l'horreur et du dégoût que l'on réserve aux meurtriers. J'en étais une. Quelques soient mes motivations, mes raisons, j'en étais une. C'était un fait inaliénable auquel je devais encore œuvrer pour m'y conformer. Mais ce n'était pas grave. Je méritais ces peines et bien plus encore. Tant que ça me permettait de voir Kriem, alors ça valait le coup à mes yeux d'assumer toutes les conséquences de mes actes. « Je pense que j'aurais bien besoin d'amis en ces lieux... Tu n'imagines pas tout ce que j'ai dû faire pour espérer te retrouver... » Lui avouai-je tristement, baissant les yeux. Je n'étais pas fière de mon parcours. Mais elle comptait tellement pour moi, que je l'avais fait.

Soupirant, je pris ses mains dans les miennes. Ses mains si douces me rassuraient. L'avoir face à moi, en vrai et non à travers mon reflet, c'était vivifiant. Plus qu'il n'était possible de l'imaginer. « Si ce lieu est respectable, s'il est vraiment à la hauteur de ses prétentions, alors tout ira bien pour moi également. Pour nous deux », dis-je en déglutissant. Le monde extérieur n'avait rien à m'apporter. À nous apporter. Quoi que l'on décide de faire, ce sera à deux. Et à deux signifie avec les bagages de l'une comme de l'autre. Alors bien sûr, certains plaisirs me manqueront - et me manquent déjà -, certains rêves ne pourront jamais se réaliser : comme faire le tour du monde. Mais la priorité n'était pas là. Toutes ces choses, j'aurais pu les faire sans avoir Kriemhilde à mes côtés. Comme le disait feu le psychiatre à Stockholm, dans cet hôpital elle ne sera plus un poids pour moi. Or ce qu'il n'avait pas compris, ce que personne n'avait semblé comprendre, c'est que Kriemhilde était celle qui donnait un sens à ma vie, à mon existence. Sans elle, tous ces rêves, ces passions, seraient devenues de ternes expériences décevantes dont je n'aurais pas profité un seul instant. Sans doute trouveraient-ils ici un trouble pour définir cette dépendance que je ressentais envers Kriem, ce qui n'était pas pour m'amuser intérieurement... Comme si c'était un problème, une maladie... Non. Nous étions juste faites ainsi. Pourquoi différent devait signifier malade ?

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Sam 25 Nov - 1:11


Serais-ce des retrouvailles ?
Kriemhilde & Hillevi

Il n'y avait pas eu d'amélioration dans ton état, clairement pas, tu étais souvent irascible même car tu fais partie de ces patients qui ne feraient pas de mal à une mouche mais qui était instables, souvent, parce que tu craignais pour ta vie, parce que ta paranoïa prenait le dessus malgré les médicaments qu'ils pouvaient bien te filer, ça ne changeait rien, ça t'assommait, au début, parce que t'avais pas l'habitude de trucs aussi forts, et maintenant, ça t'faisais plus rien, que dalle, mais tu te gardais bien de le dire à qui que ce soit, les murs ont des oreilles, et tu ne peux pas te permettre d'avoir des doses encore plus cinglantes, surtout maintenant qu'elle était là. Peut être que tu seras plus dociles, s'ils ne touchent pas trop à ton Hillevi, sinon, tu risques de leur faire du mal, personne ne touche à un cheveu de ta soeur, de ta moitié, ce n'est pas possible. En tout cas, tu lui disais qu'ici c'était pas si pire que ça, mais c'était quand même pas terrible, mais tu ne voulais pas lui faire peur dans l'immédiat, elle verra par elle-même ces choses là, surtout que vous ne devez pas avoir la même sensibilité par rapport à tout ça. Qu'est ce qu'elle a fait pour mériter d'être internée ici ? Elle va bien pourtant, elle est intelligente, belle, c'est elle qui vous sort des problèmes, c'est elle le cerveau de votre duo. Mais elle n'a pas pu se griller le cerveau juste pour te revoir, enfin, ça ne te parait pas possible, inconcevable même, complètement fou. Mais en vérité c'est ça, c'est complètement fou, puisque c'est un hôpital psychiatrique ici, pour les fous, comme toi, comme elle dans une moindre mesure, car elle n'a pas pu arriver ici comme ça, par enchantement. Mais sans doute qu'elle t'en dira plus, plus tard, car il faut rester sur une note positive, n'est ce pas ? Oui, c'est ce que tu veux du coup, et sans doute qu'Hillevi aussi. Pourtant, elle te fait comprendre qu'elle a fait des trucs moches pour arriver ici car elle ne supporte plus ton regard à ce moment là. Tu hausses un sourcil bien malgré toi. Pas maintenant, plus tard mais cette question te brûle les lèvres. Tu veux savoir même si tu redoutes ce qu'elle va bien pouvoir te révéler, c'est une certitude à présent. Serais-ce une machination contre elle ? Peut être qu'elle a été piégée, et que pour se sauver de tout cela, elle a du plaider la folie ? Tu ne sais pas, tu veux savoir et en même temps, tu ne veux pas savoir, c'est dingue, c'est fou, c'est terrifiant. Mais tu gardes le sourire malgré tout, parce que tu te sens revivre de la revoir, tout simplement. Tu sais que ta vie va aller dans le bon chemin, enfin dans un chemin où il fera bon vivre, à défaut du chemin idéal, mais fautes de grives, on mange des merles, ce n'est pas la même chose, c'est moins bien, mais ça reste bien quand même, n'est ce pas ? Elle te prends alors les mains, et machinalement, avec ton pouce tu frottes l'intérieur de ces paumes comme pour la rassurer, parce que finalement, tu es habituée à ces murs, pas elle, pas encore, et sans doute qu'après quelques temps, c'est elle qui te guidera, c'est elle qui prendra peut être à ta place. Puis la phrase qu'elle prononce alors te parait étrange. Elle semble bien connaître l'hôpital, comme si elle l'avait étudié avant de venir, ce qui te laisse cette impression que peut être, c'est une machination qui l'a amené ici.

" Tout ira bien pour nous maintenant que nous sommes à nouveau réunies ensembles. "


Une promesse que tu fais pour vous deux, une promesse que tu veux essayé de ne pas oublier non plus, tu veux te souvenir de cela, c'est important, pour que ta santé mentale se bonifie avec le temps, et non qu'elle stagne comme depuis des années. Mais avec Hillevi à tes côtés, tu ne doutais plus que ce serait le cas.


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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Mar 5 Déc - 0:21


Serait-ce des retrouvailles ?
Kriemhilde & Hillevi

Une lueur d'espoir chimérique, noyée dans ces mois et ces années passées dans l'incertitude et la culpabilité. La culpabilité serait toujours là, inéluctablement, mais d'avoir retrouvé Kriemhilde me paraissait totalement irréel... Les médicaments des blouses blanches ne pouvaient être aussi fortes et me provoquer des hallucinations puissantes au point que je puisse si fidèlement reconstituer ma sœur avec cette période où nous nous étions perdues de vue. Ma tête était lourde, et pourtant je me sentais légère. Si légère... L'esprit avait une force incommensurable sur notre corps ; j'en avais un témoignage indescriptible. Cette sensation particulière mélangées aux médicaments et à l'euphorie que provoquait un tel instant en moi... Une solution loin d'être compréhensible en mon état.

La voix fluette de Kriem chantonna à mes oreilles une nouvelle fois, telle une mélopée cristalline. « Tout ira bien pour nous maintenant que nous sommes à nouveau réunies ensemble. » Impossible de retenir ce sourire qui allait en s'étirant jusqu'à mes oreilles, faisant briller mes yeux d'étincelles diaphanes. « Tout ira bien. » Répétai-je en écho d'une voix plus caverneuse, chassant les idées noires. Comme si j'avais besoin de l'entendre, encore et encore. Car au fond, je m'attendais peut-être à ce que rien n'aille mieux...

Ce que j'étais devenue depuis son départ - que j'avais certes, provoqué - n'avait rien de la sœur qu'elle connaissait. J'aurais pu faire bien pire juste pour la revoir une seule fois. Mais à me retrouver devant les faits, je ne pouvais en oublier la réalité : les tueurs n'étaient pas des gens bien. Je n'étais plus une personne de bien. Kriemhilde était si innocente, si pure... Je ne me sentais pas de lui avouer mes crimes, ni de la laisser les apprendre. Pourtant, j'avais envie qu'elle sache tout de moi. Une dichotomie s'installait peu à peu dans mon esprit et me taraudait alors que je réalisais encore petit à petit que nous étions bien là, toutes les deux. Sans personne entre nous. « Peut-être que ça ira au moins les premiers temps... Je l'espère. Je croise les doigts pour que plus rien ne nous sépare. Ni eux, ni ce qui peut nous arriver à l'une ou à l'autre... » Confiai-je à demi-mot. Je ne pouvais pas lui dire ce que je trimbalais avec moi ; ces choses que j'avais faites. Ces décisions qui m'avaient fait l'éloigner de moi. Ces choix qui m'avaient éloignés de moi-même dans cette utopique idée de vivre cet instant : elle et moi, dans cet institut bien mystérieux.

Plantant une nouvelle fois mon regard dans celui de ma sœur, je détaillai ses traits. Je les connaissais par cœur et pourtant avais cette sensation de les redécouvrir à nouveau. Cette contemplation cessa cependant brutalement lorsqu'une voix féminine vint interrompre notre silence. « Svensson ? » La voix quittait le dossier qu'elle lisait, hésitant un instant à voir nos similitudes. Ses yeux allèrent vers moi, vers Kriem et à nouveau vers moi. « Chambre 04. Svensson 1 a de la chance, sa voisine lui sera pas étrangère. Elle se rappellera peut-être de son nom. » Le détachement et le ton monotone de la gratte-papier m'énervait mais je ne sentais pas comme à l'accoutumée mon sang se chauffer. L'effet des calmants que l'on m'avait fait ingurgiter sans doute. Mais le dédain de sa voix en évoquant Kriem et son trouble ne pouvait me laisser indifférente. « Ranard, prononçai-je après avoir lu le badge accroché à sa blouse. Je peux vous assurer qu'on n'oubliera pas ce nom lorsqu'on sera face à un personnel responsable. » Mon sarcasme n'eut guère l'effet escompté. Un simple rictus de la part de la femme aigrie. « Svensson 1 vous accompagnerez Svensson 2 à son nouveau chez elle, si vous vous souvenez du chemin. Sinon vous n'aurez qu'à demander votre chemin à un personnel responsable. » Sur ces mots, elle nous quitta sans jeter un seul regard à Kriemhilde. Je me sentis être prise d'un élan de rage que je parvins à contenir. Mes dents grincèrent et mes poings se serrèrent. J'espère que tout le personnel n'est pas aussi exécrable.

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MessageSujet: Re: Serais-ce des retrouvailles (FB - Août 2017) - Kriemhilde & Hillevi    Mer 13 Déc - 17:26


Serais-ce des retrouvailles ?
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Ensemble, c'était ce que vous étiez, tu étais avec elle, de nouveau, et déjà tu te sentais mieux. Ce n'était pas réel, pas vraiment, quoique, avec les maladies de l'âme, peut être que la simple présence d'une personne pouvait vous aider à guérir. Ce serait certainement le cas pour toi, tu allais te sentir mieux, tu oublieras peut être moins de choses, tu te sentiras moins persécutée, enfin, tu le suppose. Et comme pour te faire résonance, elle te disais également que tout ira bien, et tu le croyais, tu l'espérais vraiment, grandement, parce qu'elle était avec toi. Qu'est ce qui pourrait se passer ? Personne ne pouvait le dire, mais il ne pourrait rien se passer de tragique, cela était une certitude pour toi, dans ton esprit, l'équation était à présent bien différente, elle était plus simple, certaines variables ayant été supprimées, ou alors, elles avaient été à présent chiffrées et donc étaient devenues stables. Tu n'imaginais cependant pas ce qu'elle avait pu faire pour se retrouver ici, mais à vrai dire, tu n'y pensais même pas, tu savais qu'elle n'était pas folle, pas vraiment en tout cas. Puis, elle se mit à constater la réalité des choses, enfin sa réalité à elle, car tu n'étais pas forcément d'accord avec ce qu'elle disait. Pourquoi est ce que cela n'irait qu'au début ? Pourquoi cela ne continuerait-il pas de façon indéfinie, jusqu'à ce que vous sortiez d'ici peut être ? Dans combien de temps ? La question ne se posait pas, si Hillevi venait d'arriver, nul doute qu'elle était là pour un long moment encore, même si elle avait quatre années de retard sur ta personne, ça n'avait plus d'importance.

" Plus personne ne pourra nous séparer, je te le promets. "

Cette promesse était peut être un peu culottée mais tu le pensais vraiment. Qu'est ce qui pourrait vous séparer à présent ? Pas grand chose de toute évidence, pas grand chose, c'était même une certitude, car ce lieu ressemblait presque à une prison, si ce n'est même pire par moment, mais elle aurait bien le temps de le constater. Il y en avait bien qui avaient été transférés ailleurs, même si ces cas là sont rares. Puis le silence se fit, vous vous regardiez dans les yeux, puis vous vous contempliez, comme si finalement, vous ne vous reconnaissiez plus, comme si la personne en face de vous était différente. Mais le silence fut disloqué à coup de haches par une infirmière qui semblait ne pas en croire ces yeux, deux pour le prix d'une. Elle avait hésité sur le nom de famille mais elle constatait que c'était le même, comme c'était étrange n'est ce pas ? Puis, elle faisait une remarque désobligeante sur ta mémoire. Tu ne faisais même plus attention à ce genre de choses, tellement tu étais habituée à force, tu ne luttais plus, car au fond, elle avait raison, même si jamais tu ne pourrais oublier Hillevi. Tu pensais à elle souvent, même si au fond, tu ne pensais jamais la revoir, pas ici en tout cas. Ta soeur lui fit comprendre qu'elle n'oublierait pas son nom, mais son sarcasme tomba à plat. Elle te dit alors d'emmener Hillevi à votre chambre, si jamais tu te souvenais du chemin. Tu sentais déjà qu'elle avait envie de la frapper, mais tu prenais sa main, pour l'emmener loin d'ici, enfin, loin de cette infirmière qui n'en avait rien à faire de vous deux visiblement, direction votre chambre.

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