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 ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)

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PILULES AVALÉES : 107
MIROIR : Emmy Rossum
IDENTITÉ : A-H
CRÉDITS : vampirella
A DÉBARQUÉ LE : 02/10/2017
I have dreamt of a place for you and I; no one knows who we are there. All I want is to give my life only to you. I've dreamt so long. I cannot dream anymore. Let's run away, I'll take you there...
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MessageSujet: ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)   Sam 28 Oct - 18:25

« I'm about to hunt you down through the big black hole right behind you and I'm about to cut your wings away... » (Within Temptation → Murder)You won't be leaving here unharmed.
Margot + Semyon + Clyde
●●● C'était une après-midi parfaitement maussade et grise à souhait comme il en existait beaucoup sur cette île perdue. La pluie menaçait de tomber et les vents s'étaient levés, faisant balancer les branches des arbres. La météo annonçait une tempête dans les prochains jours, mais quelques promeneurs courageux étaient tout de même de sortie aujourd'hui dans la cour extérieure de l'établissement. Margot en faisait partie, mais ce n'était pas par plaisir qu'elle se trouvait dehors par ce temps de chien. En effet, sur conseils du docteur Dobson, son frère, elle devait sortir minimum une heure par jour, histoire de "s'aérer" l'esprit. Un membre du personnel soignant l'avait alors forcée à sortir de sa chambre miteuse qu'elle ne quittait que très rarement pour aller dehors. Elle demeurait stoïque assise sur un des nombreux bancs en fer forgé rouillé et donnait de petits morceaux de pains aux quelques pigeons qui se présentaient à elle.

Elle arrivait à envier ces volatiles qui picoraient du bout de leur bec son pain du déjeuner. Ils n'étaient dotés d'aucune intelligence humaine, mais ils avaient une chose qu'elle n'avait pas et qui lui manquait terriblement : la liberté. Les pigeons ne subissaient en effet aucune contrainte, aucune soumission. Ils n’étaient pas obligés d'obéir à quelconque puissance étrangère et ne dépendaient de personne. Margot n'était pas un oiseau, et pourtant elle était enfermée dans une cage, tous ses mouvements contrôlés et surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre... Elle ne savait plus ce qu'était le goût d'agir selon sa propre volonté, avoir le choix. Un des pigeons s'envola brusquement devant elle, ce qui la tira de ses pensées. Elle observa son trajet. Il se dirigea vers le toit d'un bâtiment annexe de l'hôpital. Margot se surprit à esquisser un sourire. Comme il avait de la chance. Il avait le droit d'aller où il voulait et il avait sûrement bien raison de choisir le toit d'Ostrov pour se poser. Il devait y avoir une vue imprenable sur toute l'île de là-haut...

Comme lui, Margot eut également envie de prendre de la hauteur. Il devait bien y avoir un moyen d'accéder aux toits de l'établissement sans attirer l'attention ; un escalier de service, par exemple. Il y avait des chances pour qu'il y en aille un dissimulé quelque part. Margot se mit en quête de le chercher. Elle se leva du banc, laissant les pigeons manger sa dernière ration de pain et se promena dans le parc, se rapprochant mine de rien du bâtiment principal. Elle scrutait les murs à la recherche d'une porte qui ressemblerait à une issue de secours.

Elle tomba effectivement par hasard sur un insigne lumineux de couleur verte indiquant un escalier à n'emprunter qu'en cas d'urgence. Il devait être très ancien car la lumière tremblotait par intermittence et le petit bonhomme qui escaladait les marches était partiellement effacé. Margot regarda à gauche, puis à droite. Elle se trouvait derrière le bâtiment dans un petit coin reculé et broussailleux dissimulé par des arbres. Il s'agissait là d'une partie du parc visiblement laissé à l'abandon par les jardiniers d’Ostrov, car de l'herbe de prairie y poussait sauvagement. Margot poussa la mystérieuse porte et en penchant sa tête à l'intérieur découvrit une cage d'escalier grillagée en piteux état. Le passage ne semblait pas être emprunté fréquemment. L'endroit était humide, plongé dans la semi-obscurité et angoissant. Il y avait même des goûtes d'eau qui tombaient du plafond. Elle s'y aventura tout de même et monta les marches avec prudence. Elle atteignit enfin le sommet et poussa une autre porte. Elle se retrouva alors directement sur le bitume des toits d'Ostrov...

Devant le spectacle de la vue sur la mer déchainé et du ciel qui commençait déjà à gronder, Margot se sentait libre pour la première fois de son long séjour dans cet hôpital psychiatrique éloigné de toute civilisation... Tout en observant l'horizon avec émerveillement, la jeune femme prit une profonde inspiration et expira de façon sonore, un sourire accroché aux lèvres. Le sourire, elle pensait l'avoir perdu pour toujours en venant ici. C'était comme si la dépression et ses problèmes d'ordre mental étaient derrière elle l'espace d'un court instant. Elle voyait au loin dans le brouillard la silhouette du ferry qui quittait l’île, le cap vers le nord. Comme elle aurait voulu se trouver à bord et voguer vers l’inconnu… Margot se mit à rêver subitement de voyage. Elle n’avait plus songé à cela depuis des lustres. Avant d’être internée, la jeune femme adorait explorer le monde, découvrir de nouvelles cultures, rencontrer de nouvelles personnes. Le vent fouettait son visage et faisait valser ses cheveux dans tous les sens. Vivante. Pour la première fois depuis très longtemps, elle se sentait vivante et légère comme une plume. Transportée par la joie et l'allégresse, elle leva spontanément les bras, les paumes de ses mains ouvertes vers le ciel. Elle ferma les yeux. Ce fut à ce moment que la pluie commença à tomber. « Gloria in excelsis Deo », dit-elle dans un murmure alors qu'elle savourait chaque goutte de pluie qui s'écrasait sur sa peau. Elle remerciait le Seigneur, si miséricordieux et compatissant, de lui accorder ce moment de répit dans sa triste existence...

Mais alors qu'elle se pensait seule au monde sur ce toit de béton, un bruit venant de la cage d'escalier se fit entendre, l’interrompant en pleine louange et la faisant sursauter. Son exaltation laissa de nouveau place à l’angoisse, ce sentiment désagréable qui l’envahissait chaque jour. Elle soupçonna immédiatement qu'on l'aille suivie jusqu’ici. Mais de qui pouvait-il s'agir ? Sûrement un gardien venu la rappeler à l'ordre... Margot semblait en effet avoir oublié qu’elle venait d’enfreindre les règles de l’établissement et que cela ne resterait pas sans conséquences... Peut-être un patient l'ayant imité ? Quoiqu'il en soit, Margot n'était pas rassurée et resta figée sur place en attendant de savoir qui ou quoi se manifesterait...


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MessageSujet: Re: ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)   Lun 13 Nov - 18:59



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Les murs de l’hôpital, mangés à l’humidité. Leur grisaille écrasante. Un bout de plâtre décollé des murs et recollé sur le ciel, ciel morose, ciel d’orage. Aujourd’hui, il va pleuvoir, très probablement. Tu soupires, front collé à une vitre. Les barres juste devant strient le monde extérieur de lignes noires, comme un zèbre. Ou le costume d’un détenu comme on n’en voit plus que dans les mauvais westerns.
Ton soupir ronfle dans le couloir vide. Tu t’affaisses sur le sol dur. Ton dos se heurte sur l’appui-fenêtre, douleur passagère. Tu fermes les yeux sur Ostrov, tu t’imagines loin. T’oublies un instant la misère de tes petits jours qui s’accumulent, tu fourres les souvenirs sous le tapis. Un tas de poussière encombrante qu’on disperse dans les coins. Ouais, tu t’imagines loin. Plongé dans les cancans de Londres pour un jour, mitraillé par les regards d’une centaine de touristes. Dans le petit appartement d’Edimbourg, sol jonché de canettes vides, veines infestées par un doux poison, copain de défonce à tes côtés. Des échos de son prénom se répercutent dans ton crâne et tu grimaces, t’es pas parti assez loin.
Plus loin, la réalité qui s’efface t’aide à atteindre l’Ailleurs. Plus loin, aux îles Canaries d’Espagne, vagues léchant tes pieds, soleil de plomb sur la tête. Plus loin, dans le désert qui souffle ses vents rachitiques sur Los Angeles, une plaine immense où se meurent les plantes solitaires. T’es partout, sauf à l’hôpital. Tu voyages à dos de kangourous australiens, dans les tramways de Bombay, sur les chemins d’une Grèce montagnarde. Tu montes sur les toits de Moscou, ployant sous une neige glissante. Toile d’araignée de bâtiments et de rues. Tu restes sur ces toits, y’a le vent qui te pousse au bord, la glace qui t’enveloppe.
Les toits.

Tu rouvres doucement les yeux, ils sont pleins d’une envie lancinante. L’idée fourmille déjà dans ton esprit et tu te tapes la tête à petits coups sur le mur pour la ravaler, c’est pas une bonne idée. Tu vas encore t’attirer des emmerdes, déjà que tu risques gros ces derniers jours. Et pourtant l’envie est là, elle tape ta poitrine plus fort que ta tête. Cède, qu’elle te souffle. Y’a le vent de Russie qui se rappelle à tes oreilles, et la pression augmente. Essaie de t’imaginer ailleurs, qu’elle te susurre tout bas. Finalement, ta main s’abat impatiemment sur le carrelage d’un bruit sec, et tu te relèves. Ton corps grince et ronchonne, faut dire que tu le maltraites pas mal. Faut dire aussi qu’il est en manque, mais ça, tu n’oses pas même te l’admettre. T’es enfin debout, et tu te mets en branle.

Trouver les escaliers est plus dur qu’il n’y paraît, toi qui n’y as jamais fait attention. Ton esprit divague pendant que tu erres dans le bâtiment, en mimant une assurance factice devant les autres.
Ton esprit, il s’en va rejoindre les pilules écrasées dans l’intérieur de ton matelas défoncé. La pilule bleue ou la pilule rouge, qu’a demandé Morpheus. Toi, t’as choisi l’échappement. Plus de quatre jours que tu feins d’avaler devant les infirmières, pour mieux recracher par la suite. Quatre jours que tu n’es plus influencé par tous les médocs. T’as un sourire, que tu caches derrière un pincement de lèvres. Ils feraient mieux d’engager de meilleures nounous, à Ostrov. Pis ton sourire se fane un peu, quand tu reprends conscience du prix à payer. Gorge sèche, frissons dans le corps, pensées qui s’égarent à tout bout de champ. Ça te rappelle les premiers jours ici, quand on s’est chargé de te purger de tout reste de coke.

Quelques minutes sont passées, quinze peut-être. Tu viens de trouver la sortie, tu montes quatre à quatre les marches, avec l’impatience qui double les battements du cœur. Quelques douleurs dans les jambes, t’augmentes l’allure. Y’a la porte vers le haut qui se découpe dans la semi-obscurité, il ne te faut pas longtemps pour l’atteindre, la pousser.
Bouffée d’air frais.

T’as l’impression d’avoir trop d’oxygène, et tu respires à grandes goulées, pendant que les souvenirs se poussent sur les devants de la scène, comme en flashs. Le calme de la mer empli des résonnences bruyants d’une autre vie, les lumières de la ville superposées à l’auréole de soleil dans les nuages. Caléidoscope d’odeurs diverses et variées, encore ces fantômes de liberté qui te narguent, et tu serres les dents. Tu secoues la tête pour tous les chasser, ils s’éparpillent légèrement en se cognant les uns aux autres.
T’étais tellement concentré sur toi que t’avais pas vu la fille sur le coin du toit. Tu plisses les yeux pour mieux la voir. Une brunette, retournée sur toi. Ta solitude s’est repeuplée d’une âme humaine. Tu t’avances à pas mécaniques vers elle, mains dans les poches, à jouer nerveusement avec un fil décousu. La distance s’amenuise et son visage se dévoile.
Ton cerveau te joue des tours, mirage féminin au milieu d’une mer de béton. Les traits d’une ancienne connaissance du pays se superposent à ceux de la femme, tu fronces les sourcils. Les limites de la temporalité se brouillent, tu sais plus vraiment où tu es. Moscou, Ostrov – Ostrov, Moscou ? Tu fixes la patiente, même après que la gêne se soit installée. « T’as… T’as pas… T’as la tête de Lana. » Tu secoues la tête, longtemps. Non, ce n’est pas elle. C’est pas Lana. « T’es pas Lana hein ? » que tu lui demandes en Russe. Mais elle ne réagit pas. C’est pas Lana. Alors qui c’est ? « T’es… T’es qui ? » Difficulté à parler, les mots font de la pâte dans ta bouche. Tu parles une langue incompréhensible. Syllabes accolées l’unes à l’autre, dénuées de sens. « Hein, t’es qui ? » que tu répètes avec plus d’insistance.

HRP:
 


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Dernière édition par L. Semyon Kozlov le Mer 13 Déc - 11:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)   Dim 19 Nov - 19:27

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●●● Le cœur de Margot palpitait à vive allure alors qu'elle gardait les yeux rivés sur la porte qu'elle avait empruntée pour arriver jusqu'ici. Elle tentait de reconnaître à l'oreille à qui appartenait ce bruit de pas qui provenait de la cage d'escalier. Elle l'aurait su tout de suite s'il avait s'agit de son frère, mais ces pas-là étaient bien trop pressants et lourds pour que ce soit lui. Margot aurait pu distinguer la démarche de Pierce entre mille. C'est bizarrement ce genre de petit détail anodin qu'on connaît par cœur et que l'on repère instantanément quand on est très intime avec quelqu'un ou quand cette personne fait partie de votre arbre généalogique. Un souvenir d'enfance refit alors surface dans la mémoire de Margot : quand ils étaient petit, pour s'amuser, Pierce avançait à pas de loup derrière elle et une fois arrivé dans son dos, il posait ses mains sur les yeux de Margot pour les cacher et lui demandait de deviner qui c'était. A chaque fois, la fillette qu'était Margot à l'époque feignait de ne pas savoir alors que c'était en réalité tout le contraire, car même si son frère faisait tout son possible pour ne pas être entendu, sa façon de se marcher le trahissait. Aujourd'hui, ils n'étaient plus des enfants, mais l'âge n'empêchait pas à Pierce de reproduire ce genre de petit jeu avec elle par moments. Il essayait tant bien que mal de lui apporter un peu de légèreté dans cette atmosphère anxiogène qui pesait grandement sur la vie de Margot...

Les pas résonnaient fortement dans la cage d'escalier grillagée et se rapprochaient de plus en plus, ce qui la tira de sa rêverie. Finalement, Margot se dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée d'être venue s'aérer l'esprit ici ; beaucoup trop risqué. Elle aurait dû rester en bas, à nourrir les pigeons égarés de cette île. Elle aurait ensuite fini par rentrer, aurait arpenté les couloirs de l'hôpital en solitaire et aurait peut-être fait un détour par la salle commune pour écouter un peu de musique classique, histoire de tuer le temps jusqu'à l'heure du dîner. Elle adorait cela, le style classique. Il lui arrivait même de fermer les yeux et de mimer certains morceaux en faisant bouger ses doigts sur un piano imaginaire. Le soir, à la cafeteria, elle aurait effectivement picoré son maigre repas du bout des lèvres, comme ses amis moineaux tout à l'heure, en aurait laissé la moitié avant de débarrasser son plateau et de rejoindre la tranquillité de sa chambre aux allures de cellule. Quelques prières avant de se coucher. Extinction des feux. Voilà.

C'était ce qui aurait dû se passer aujourd'hui. C'était cela, une journée type à Ostrov : ennuyeuse à mourir et réglée au millimètre près. Aucune place pour l'imprévu, la surprise, l'inattendu. Les patients de cette institution vivaient tous ni plus, ni moins comme des robots lobotomisés, à répéter les mêmes gestes, faire les mêmes activités, à retrouver régulièrement leur médecin psychiatre référent, même jour, même heure, pour leur rendez-vous. Mais Ostrov n'avait pas encore ôté toute la part d'humanité de Margot. Ils n'avaient pas encore totalement réussi à faire d'elle un zombie qui ne ressentait plus rien et qui ne réfléchissait même plus par lui-même. Pour une fois, elle avait fait quelque chose d'inhabituel dans son train-train quotidien monotone et répétitif. Pour une fois, elle avait voulu qu'aujourd'hui ne ressemble ni à hier, ni à demain. Elle avait tout simplement laissé libre court à son instinct.

Soudain, la porte qui menait aux toits d'Ostrov s'ouvrit brutalement. Margot retint son souffle. Un jeune homme apparut dans l'entrebâillement. Brun, les cheveux rasés sur les côtés, bardé de tatouages, environ la trentaine. La première chose qui sauta aux yeux de Margot était qu'il ne portait ni blouse blanche, ni uniforme de gardien. Il ne faisait pas partie des membres du personnel : c'était un patient comme elle. Presque soulagée mais inquiète au demeurant, Margot s'autorisa à expirer lentement alors qu'elle continuait de fixer le jeune homme. Son comportement paraissait étrange : il inspirait à grande bouffée comme s'il manquait d'air et il semblait très tourmenté, secouant la tête comme s'il voulait se débarrasser de souvenirs oppressants. Il n'avait même pas encore remarqué la présence de Margot tellement il avait l'air déconnecté de la réalité. Figée sur place, cette dernière restait en retrait, scrutant les moindres faits et gestes de l'inconnu. Fallait-il qu'elle se méfie de ce type ? Peut-être bien, car à vrai dire, il ne lui inspirait pas vraiment confiance et pour l'instant, Margot ignorait s'il était dangereux ou non.

Le jeune homme sortit finalement de sa torpeur et bien qu'il dût plisser les yeux pour mieux la voir, il distingua la silhouette floue de Margot qui se détachait au loin dans le ciel grisâtre et orageux. Son long gilet de laine aussi terne que ciel et la mer volait au vent ainsi que les extrémités de son écharpe qu'elle portait autour du cou. Derrière elle, la mer majestueuse et déchainée dont les vagues s'écrasaient sur les roches et les falaises de l'île.

Margot se tenait immobile tandis qu'elle observait l'inconnu s'avancer lentement dans sa direction. Celui-ci marchait les mains dans les poches et semblait triturer nerveusement quelque chose, un objet peut-être. Qu'avait-il à l'intérieur de ses poches ? Margot avala péniblement sa salive, ignorant la réponse à cette question. Elle avait un mauvais pressentiment. Au fond, elle ne savait pas ce que lui voulait ce type à l'allure louche. Elle commença à avoir peur, mais elle affichait une expression neutre, demeurant statique comme une image. Elle regarda discrètement à droite, à gauche. Aucun moyen de fuir, rien à sa disposition pour se défendre en cas de problème. Et il ne valait mieux pas qu'elle recule...

Arrivé à sa hauteur, le jeune homme se mit à regarder Margot fixement et fronça les sourcils comme s'il essayait de reconnaître un visage familier. Se connaissaient-ils ? S'étaient-ils déjà vus quelque part auparavant ? D'après le regard insistant du jeune homme, cela avait l'air d'être le cas, mais Margot n'en avait absolument aucun souvenir. Elle se sentit donc gênée pendant quelques instants jusqu'à ce que l'inconnu ne prenne la parole et brise la glace : « T’as… T’as pas… T’as la tête de Lana », finit-il par articuler. Margot fronça les sourcils à son tour. De qui parlait-il ? Visiblement, il la confondait avec quelqu'un d'autre. Il secoua la tête et lui demanda ensuite quelque chose dans une langue étrangère. Dans l'incompréhension la plus totale, Margot ne sut comment réagir et ne trouva à dire que « Désolée, je ne comprend pas ce que vous essayez de me dire. Vous devez faire erreur ». Le jeune homme parut encore plus perturbé qu'au début. Il mit quelques secondes avant de revenir à la réalité. « T’es… T’es qui ? », la questionna-t-il. « Hein, t’es qui ? », répéta-t-il sur un ton se voulant plus insistant, ce qui fit sursauter Margot qui eut un mouvement de recul. Elle jeta un œil furtif derrière elle pour vérifier la distance qu'il restait entre elle et le rebord du toit. Mal à l'aise, Margot remit une mèche rebelle de ses cheveux qui virevoltait un peu partout derrière son oreille et répondit concisément : « Dobson. Margot Dobson ». Il se permettait de la tutoyer, alors elle en fit de même : « Et toi ? T'es qui ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

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MessageSujet: Re: ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)   Sam 23 Déc - 2:35



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Les mots s’emmêlent ensemble. Les mots. Les sons. Le vent, sur le toit. Ton esprit tourne en rond et s’empêtre dans une réalité confuse, où les traits de l’une s’effacent sous ceux de l’autre. Sauf que, au final, c’n’est pas Lana. Ce n’est pas Lana, hein ? « Désolée, je ne comprends pas ce que vous essayez de me dire. Vous devez faire erreur. » Faire erreur. Désolée. Erreur. Tu peines à saisir ce qu’elle te dit. Les secondes s’écoulent alors que tu ne réagis pas, puis tu fronces les sourcils quand le choc de ses mots te rattrape. Ce n’est pas Lana. Qui c’est alors ? Tes yeux insistants cherchent une réponse claire dans les siens, comme si tu pouvais l’en extirper aussi simplement que ça. Et quand elle jette un petit regard craintif derrière son épaule, tu t’rends même pas compte qu’elle est en train d’sonner la clochette d’alarme. Tu la détailles crûment, en faisant courir tes yeux partout où ils s’en sentent le droit. Des iris où gicle la boue, le port de tête frêle, des courbes fines, une poitrine plutôt plate sous des hardes trop larges, de celles qui font de tous les patients des pantins grotesques. La délicatesse incarnée, malvenue, poupée de porcelaine. Un rire rauque t’échappe vaguement, parce que tu sais quel avenir on réserve aux choses délicates et fragiles par ici. « Dobson. Margot Dobson. » Tu renifles un coup, ce nom ne te dit rien. Ton attention semble se détourner, alors qu’une frustration gagne ton estomac. Tes mains s’écrasent dans ton cou et frissonnes vaguement à cause de la météo qui n’est, en ce début de novembre, plus si clémente. Tes ongles grattent les traits noirs sous ton T-shirt, comme si ça pouvait peler les tatouages. Racler les cercles dansants, les histoires brûlées sur la peau. Tu sais plus c’que tu viens faire ici. Pourquoi t’es là, déjà ? Tu ne sais plus. Le feu se réveille dans ton ventre, la colère violente trace lentement son chemin jusqu’à toi. Putain, tu t’rappelles déjà plus du nom d’la fille.

« Et toi ? T’es qui ? Qu’est-ce que tu fais là ? » Sa voix éméchée par le vent a du mal à percer le brouillard de ton esprit, et tu relèves lentement la tête vers elle. Tes sourcils se froncent lentement. T’essaies de répondre. Mais t’arrives plus à t’concentrer, merde ! Y’a cette colère inexpliquée en toi, l’envie d’relâcher toute la pression, d’revenir aux bases. Frapper. Cogner. Relâcher.
Et toi, t’es qui, qu’est-ce que tu fais là ? Ca tourne en boucle dans ta tête, comme un vilain écho, une boussole un peu déréglée t'indiquant un nord approximatif. « Je… Je… Kozlov. Sem… – Lazar. J’sais pas… » Tu sais plus parler, plus intelligiblement. T’as la vague impression d’entendre quelque chose, alors tu remontes le menton, mais si ça s’trouve ce n’est que ton imagination. Tu n’trouves toujours pas de réponse. Y’a juste cette fille seule au monde.
C’est là que tu commences à grogner, comme un loup. Elle connait peut-être la solution à tes problèmes, qui sait. Alors, tu t’avances vers elle, lentement, puis beaucoup plus vite dès qu’elle tente de s’échapper. Tes doigts agrippent violemment le tissus rêche de son vêtement et vous tombez sitôt à la renverse, avec le choc qui remonte à travers tes os. Ta pensée suit un train insensé, lancé à toute vitesse à travers une jungle infinie, sans conducteur. Où, pourquoi, comment ? Quoi, qui, quand ? Tu trouves pas les réponses et n’arrives pas à arrêter cette foutue locomotive, alors tu secoues durement la fille, sans faire gare à son crâne qui se heurte au béton. « T’ES QUI ? PUTAIN, ON EST OÙ LÀ ? ET QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE BORDEL ? » Ta langue maternelle s’est substitué à l’anglais, et ton père te revient en flash. Sa ceinture, ses coups, la douleur qui zèbre ta colonne vertébrale. Alors y’a ton poing qui part tout seul se loger dans son nez, et l’autre main qui s’écrase sur sa gorge. Tu veux voir fleurir les tâches de couleur sur sa peau, démembrer son assurance à la force des bras. Tu veux la mort du bâtard, c’est sûr.
Alors tu recommences à frapper.


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MessageSujet: Re: ▪ | you won't be leaving here unharmed. (margot + semyon + clyde)   Aujourd'hui à 0:53

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Margot & Semyon & Clyde
I want to reconcile the violence in your heart // undisclosed desires.

Clyde il a l'impression d'être voyeur, spectateur du monde dans lequel il s'accroche pour pas tomber dans un autre. Il est au bout du couloir, de l'autre côté, le couloir que l'autre pense vide, mais que deux psychés habitent. Clyde il est planqué maladroitement à l'intersection, le cul par terre et les genoux repliés, les bras en crochets pour bloquer le mouvement. Il écoute et il se tait, il respire pas par moment, il a peur de marquer sa présence par une expiration trop prononcée. Sa main l'étouffe, écrasée contre sa bouche, ses yeux s'affolent, puis ses doigts reviennent s'accrocher à son coude et il recommence à respirer normalement. Il fixe le mur d'en face, le regard posé sur une craque dans la peinture, la mémoire qui attroupe tout les petits trucs inutiles, la tête qui remet en trombe les chemins, les couloirs comme une carte ultra-détaillée des alentours.

Des bruits de pas qui s'éloignent et Clyde qui se relève machinalement, en silence, toujours sur ses gardes. Y'a pas plus ridicule. Se barrer de son poste, échanger quelques mots avec un autre mec histoire de se justifier, de promettre quelques grammes en guise de remerciement. Sacrifier sa dose de la journée pour garder un œil sur Semyon. C'est la peur d'le voir changer, la peur que les murs de l'hôpital n'empirent son cas, la peur de le perdre un peu trop violemment, de savoir exactement qu'il aura été étripé par un médecin, qu'un autre patient aura explosé sa tête dans l'entrebâillement de la porte. C'est ce truc à l'intérieur qui lui dit qu'il faut faire attention, c'est toujours la même obsession. Clyde s'engage dans le couloir à la suite du fantôme de Semyon.

Quelques minutes passent et Clyde cherche, s'arrête, écoute. Il a perdu le fil et il se trouve bien con, les bras qui ballotent le long de son corps, une moue boudeuse sur le coin d'la gueule. Puis il entend une porte, qu'il a jamais entendu avant. Ses pieds le guident dans les couloirs, perdus un peu, chancelants à cause du manque, de la dose matinale qu'il a dû voir disparaître dans les mains d'un autre gars pour pouvoir passer la journée à épier un patient comme un pauvre type. Il jure, fait demi-tour, s'appuie contre un mur et repart dans l'autre sens. Il fait signe à un autre garde, rien à signaler.

Il s'arrête devant la porte, au milieu d'un couloir. En entendant les bruits de pas du garde qui fait son tour dans ce coin-là, il s'engouffre dans la cage d'escalier. Il monte, il a pas à réfléchir des masses, il sait que Semyon est passé par-là, ça résonne en lui comme la réponse de l'addition mathématique la plus banale. Une marche à la fois, il grimpe, la main crispée sur la rampe, le cœur qui bat la chamade. Le manque fait grincer ses articulations, il pense à autre chose, il catalogue les images que ses yeux récoltent. Les photos s'impriment à chaque clignement. Arrivé en haut, il s'arrête, reprend son souffle, ignore les étoiles qui lui dansent devant la gueule comme pour le narguer.
Des cris s'élèvent derrière la porte, il panique et la pousse le plus fort qu'il peut. Ses yeux tombent sur Semyon d'abord, sur les mots qu'il gueule dans sa langue à lui, sur ses poings qui s'abattent violemment sur la femme en-dessous. « Merde, merde, merde, merde, merde ! PUTAIN, SEM ! » Clyde, il se précipite sur lui, il trébuche à moitié sur le sol que la pluie commence à couvrir, il espère que son arrivée brusque le surprend assez pour qu'il arrive à le dégager le plus loin possible de la femme que Clyde identifie comme une patiente. Il l'attrape par les bras et tire, s'écrase sur le côté, s'égratigne le coude au passage, mais arrive à repousser Semyon assez loin. Il se redresse et se poste entre les deux patients, les mains en évidence, il veut pas devoir le menacer. « Arrête ça, Sem. Arrête ça, s'il te plait. » Un coup d'œil prudent derrière lui, les yeux qui rencontrent ceux de la jeune femme, la face en sang. « Putain... Ça va ? » Clyde il se souvient des coups qu'il se prenait lui aussi, parfois. C'est lui-même qu'il voit étalé là, la gueule ahurie, il sait pas trop ce qu'il vient de se passer. Et il tourne la tête et croise le regard d'une bête enragée.


@ Gasmask
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