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 Sous l'éclipse des possédés ♖ Uddina

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PILULES AVALÉES : 1583
MIROIR : la parfaite carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : verendrye
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
They think I m insane, they think my lover is strange but I don t have to fucking tell them anything
SITUATION : Esprit plongé dans un océan d'incertitudes et d'amers souvenirs aujourd'hui consumés.
EST ÂGÉ DE : 32 ans
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MessageSujet: Sous l'éclipse des possédés ♖ Uddina    Sam 19 Aoû - 22:38

Sous l'éclipse des possédés
Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Allume le désir dans le regard des rustres !
Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulants. Le possédé, Les Fleurs du Mal, Baudelaire.
Retranchée dans sa voiture, Nirina observait la pluie s’abattre avec violence à l’extérieur. Le paysage était transformé en un tableau gris et froid, recouvert de haillons qui s’étiraient tels des fils sans fins venant frapper le sol. Comme pour se rassurer, elle resserra son parapluie contre elle, ultime protection qu’elle avait contre ce déluge. Nerveusement, elle sortit son téléphone et fouilla dans ses messages pour s’assurer qu’elle était bien à l’adresse que lui avait indiqué Uddi. Tout était prétexte pour retarder le moment où elle devrait s’engouffrer au dehors. Et maintenant qu’elle y repensait, la galeriste peinait à croire qu’elle allait enfin le rencontrer en dehors de son lieu de travail. Non pas qu’elle ait regretté les nombreuses venues du metteur en scène dans sa galerie, jusqu’à ce que ce dernier lui propose de la revoir dans son théâtre, mais cette fois-ci elle serait en terrain inconnu, loin de son univers familier.

Alors elle prit une grande inspiration pour se donner du courage, réajusta du mieux qu’elle pu son manteau et sortit du véhicule, ne manquant pas d’ouvrir en grand son parapluie. Le ciel était noir d’encre, la lune solitaire ne parvenait pas à projeter sa lumière opalescente, celle-ci se faisant aussitôt dévorer par les nuages lourds et monstrueux qui s’amassaient aux-dessus de la ville. Et le vent mordant, comme pour se gausser de la pauvre jeune femme, décida de redoubler d’intensité pour lui ravir le seul allié qui lui permettait d’affronter ce temps. Alors d’une simple bourrasque, il fit ployer son parapluie, brisant son squelette aussi facilement que de vulgaires brindilles. Consternée, la jeune femme contempla son parapluie disloqué, ses armatures pendant lamentablement, vaincues par ce satané Éole.

Nirina n’eut d’autre choix que de presser le pas pour se rendre à sa destination et en profita pour balancer son parapluie dans la première poubelle qu’elle croisa. Le vent griffait son frêle visage avec autant de férocité qu’un chat sauvage, la pluie aveuglait ses yeux jusqu’à les noyer et ses vêtements ne manquèrent pas d’être trempés sous les assauts de l’ondée qui s’y infiltrait sans ménagement. Mais bien vite elle aperçut à travers le rideau de pluie la façade du théâtre qui se dressait devant elle, à moitié dissimulé par le brouillard, à demi-éclairée par la faible lumière des réverbères. Le coeur battant, elle leva la tête vers l’édifice qui s’élevait haut dans le ciel, ne prêtant pas attention aux gouttes qui ruisselaient le long de son visage. Le temps et l’heure avancée de la nuit avait rendu la rue déserte. Nirina resta plantée quelques instants sans savoir que faire, pauvre silhouette chétive aux airs fantomatiques avec son manteau alourdi par la flotte. Devait-elle s’annoncer en toquant aux battants des portes ou entrer directement ? Contourner le bâtiment pour rentrer par la porte des artistes ? La panique commençait doucement à monter à mesure que les minutes filaient sans qu’elle ne sache que faire. Elle hésita encore quelques instants puis se décida à avancer jusqu’aux grandes portes, tambourinant sur les battants de bois à l’aide de son poing pour couvrir le bruit de l’averse qui faisait toujours rage. Quand elle vit que la porte restait désespérément close sans personne pour lui ouvrir, elle décida finalement de pousser la poignée pour rentrer. Elle se retrouva aussitôt dans un petit hall légèrement éclairé. “Il y a quelqu’un ?” Seul le son des gouttes de pluie qui filaient le long de ses habits pour se répandre sur le sol en de léger plic ploc lui répondit. “C’est Nirina.” Insista-t-elle alors que le son de sa voix mouru presque dans sa gorge.
©junne.
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PILULES AVALÉES : 663
MIROIR : Mark Pellegrino
IDENTITÉ : Dragon
CRÉDITS : ©Verendrye – ©ASTRA
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SITUATION : « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du danemark »
EST ÂGÉ DE : Pourriture croûtée, craquelée, vibrée sur ses os qui vieillissent
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MessageSujet: Re: Sous l'éclipse des possédés ♖ Uddina    Sam 2 Sep - 0:10

SOUS L'ÉCLIPSE DES POSSÉDÉS

UDDINA


« Je la regardais. Je l'entendais. J'étais la mer. »
Les enfants moroses, Fannie Loiselle.

☾☾☾

« Oh, won't you breathe life into these dead lungs I keep under my coat
And keep life warm against the cold night as our bodies grow old »

BREATHE LIFE


Il arrive avant que la pluie ne tombe, une bonne heure précédant le rendez-vous. Les nuages noirs de la jeune nuit font presser son pas. Les nuages noirs de la jeune nuit frôlent sa carapace marine, les vagues et les effluves qui bougent partout sur son corps, son corps en apnée, parcouru par les frissons que le temps froid procure. Quelques gouttes goûtent à sa peau, mais il arrive à leur échapper à temps. Il pousse les grandes portes du théâtre et se réfugie dans l'entrée au moment ou la grosse pluie commence à tambouriner contre les trottoirs. Morceau de la mer, il s'isole entre l'eau du ciel et l'eau de son être. Quand les portes se referment derrière lui, le silence l'attrape. Seul le petit rythme de l'orage parvient à se glisser jusqu'à ses oreilles. Ses mains nerveuses déposent un bouquet de fleurs sur le comptoir du guichet, derrière lequel personne ne s'amuse à gribouiller sur une feuille en attendant les spectateurs désireux d'acheter des billets. Uddi est seul dans ce vieux bâtiment. Il déambule dans les couloirs, dans la salle de spectacle qu'il connaît par cœur. Il essaye de faire baisser le rythme des battements de son cœur. Il ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, il est décomposé en petites perles d'eau agitées, il fait des vagues dans son esprit, des vagues hésitantes qui se posent des questions. Il laisse sa forme océanique voyager et il pense à Nirina et à son nom qui laisse les chatouilles des anguilles sur sa nuque. Il pense à ses yeux qui laisse le sourire du corail sur ses lèvres. Il fouille dans les costumes et pense à la fois où il était un ange.

Le bruits des portes qui s'ouvrent et se ferment dans l'entrée parvient jusqu'à lui. Uddi se relève brusquement et se cogne la tête contre le gros coffre à vêtements. Une plume vole sur son épaule quand il part en courant d'air accueillir celle qu’il attend. Quand il la voit, sa peau à lui ressemble moins à la mer que sa peau à elle. Elle a l'air d'être l'océan au complet, alors que lui ne devient plus qu’une partie détachée d’elle. « Nirina ! » Le nom qui coule de ses lèvres est teinté d’une petite surprise. « Vous allez attraper froid ! » D’un geste, il se découvre de sa veste et vient la déposer sur les épaules de la galeriste. Il tente de la réchauffer en frottant vigoureusement ses mains contre ses bras. « Je vous proposerais bien de vous changer, mais j'ai seulement les déguisements du théâtre sous la main. » Il fait un petit sourire d'excuse à Nirina en baissant les yeux vers le plancher, sur lequel tombent les gouttes. Puis la mer de sa peau semble se réveiller, et il sursaute presque légèrement. Il se précipite vers le guichet fermé et attrape le bouquet de fleurs qu'il avait déposé là. Il revient vers la jeune femme et le lui tend en esquissant un sourire taquin. « Voici pour vous, ma chère... » Puis, il attrape la main de Nirina et se baisse pour y déposer un baiser. Un clin d'œil agite l'une de ses paupières lorsqu'il se relève.

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PILULES AVALÉES : 1583
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MessageSujet: Re: Sous l'éclipse des possédés ♖ Uddina    Jeu 14 Sep - 22:08

Sous l'éclipse des possédés
Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Allume le désir dans le regard des rustres !
Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulants. Le possédé, Les Fleurs du Mal, Baudelaire.
Dans ce hall, sa seule compagnie réside dans les visages immortalisés sur les têtes d’affiches l’observant au travers d’un regard de papier glacé. Elle se sent comme Robinson Crusoé, abandonnée sur une île peuplée d’artistes silencieux qui la contemplent, accrochés à leur mur. Nirina a l’impression qu’un petit lutin invisible s’amuse à piquer de sa fourche ses pauvres jambes, pour la forcer à repartir en sens-inverse. Elle piétine sur place dans l’espoir d’écraser cet être qui l’importune elle et sa volonté de rester. Et puis soudain un bruit, furtif et étouffé d’abord, mais qui gagne en ampleur à mesure qu’elle entend des pas se rapprocher d’elle. Elle attend, ses battements de coeur sont fixés sur la cadence des pas foulant le sol. Elle n’ose même plus respirer, afin de ne pas laisser le bruit de sa respiration polluer le son produit par les pieds dont elle connaît le propriétaire. Elle se retient même de rabrouer les gouttes d’eau tombant sur le sol et préfère les considérer comme un choeur accompagnant l’artiste lyrique qui se sert de ses jambes comme des archers frottant le sol pour émettre leur mélodie.

Soudain elle l’aperçoit et enfin elle reprend sa respiration, goûtant au plaisir de l’oxygène ravivant sa langue et ses poumons. Ses lèvres n'attendent pas sa permission pour se fendre d’une immense sourire lorsqu’elle l’entend prononcer son nom. Il lui faut attendre qu’Uddi dépose sa veste sur ses épaules pour se rendre compte qu’elle est une minuscule pluie dégoulinante à elle-seule. Comme pétrifiée par le regard d’une gorgone, elle reste figée sur place tandis qu’elle sent une friction réchauffer ses bras. “Ne vous en faites pas, votre veste suffira amplement.” Puis elle le voit s’éloigner d’elle pour rejoindre le guichet. Et d’une façon imperceptible, tandis qu’il a le dos tourné, elle en profite pour laisser la pointe de son nez effleurer l’intérieur de la veste sur ses épaules pour capter les fragrances de son possesseur. Puis il revient vers elle, accompagné d’un feu d’artifice de couleur. Lorsqu’elle attrape le bouquet qu’il lui offre, son visage se tourne brusquement vers celui d’Uddi qui a attrapé sa main. Au contact des lèvres de ce dernier contre sa peau, elle enfouit aussitôt son visage dans les pétales de fleur pour humer leur parfum mais surtout pour cacher le rouge qui lui monte aux joues. Mais elle ne lâche pas sa main pour autant et, au contraire, la serre doucement dans la sienne. “Merci pour cette délicate attention.” Et toujours en lui tenant la main, elle l'entraîne dans son sillon, marchant avec enthousiasme dans le hall qui lui apparaît beaucoup moins effrayant maintenant qu’elle est avec lui. “ Et si vous me montriez vos déguisements ?” Soudain elle le devance pour se poster face à lui. Elle relève ses bras haut au dessus-d’elle, brandissant son bouquet et l’agitant comme un tambourin, les doigts de son autre main décrivant des arabesques aérienne et tournant sur elle-même pour faire voltiger une robe bohémienne imaginaire. “Je pourrais être une  égyptienne qui danse sur le parvis de Notre-Dame.” Elle cueille une fleur de son bouquet qu’elle envoie sur Phébus le Brillant. “Uddi, je veux connaitre le moindre secret de ce théâtre.” Un minuscule nimbus accroche son regard et délicatement elle retire du bout des doigts une plume restée accrochée dans les fils de la veste. “Ainsi que de son propriétaire.” Tout en fixant son regard, elle  souffle sur la plume qui s’envole vers le plafond, aussi gracieux qu’un oiseau prenant son envol.
©junne.
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