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 (charlie) so we try to sound like someone else

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PILULES AVALÉES : 456
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MessageSujet: (charlie) so we try to sound like someone else   Mar 11 Juil - 15:24



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L’air glacial, compact et étouffant. La rumeur de quelques mots, dispersés à travers la salle, comme un murmure bruissant. Le raclement des chaises, les patients qui s’y lâchent lourdement. Le cliquetis des couverts incessant. Leur bruit métallique, sur vos assiettes. La bouillie infâme, sur ton assiette. À peine entamée.


Tu secoues la tête et éloignes de toi la nourriture. Le garde derrière toi n’en a cure puisque l’anorexie ne fait pas partie de tes pathologies ; qu’il crève de faim seulement, le fou. Juste un autre simple d’esprit, qui fait sa pseudo rébellion. Inoffensif. Tu lâches ta fourchette et elle s’écrase mollement sur l’espèce de porridge. Quant au bruit de succion qui s’en suit, il est des plus ragoûtants. Tu regardes un instant le métal se faire immerger, et puis te prends la tête dans les mains. Tes paumes, elle se collent à tes paupières, elles les pressent, trop fort. Y’a un voile de noir qui recouvre ta vision, y’a des étoiles vertes et jaunes qui n’tardent pas à s’y incruster.
T’as pas envie d’être précipité dans une journée de plus dans cet endroit d’merde, pas plus que de voir hier se répéter. Te lever, attendre, voir le garde arriver, manger. Glander. Te prendre le chou avec un autre taré. Manger, attendre. Glander, marcher, glander, manger. Glander, foutre un poing à quelqu’un, te faire engueuler, attendre, dormir.
Oh, joie.

« Kozlov, lève-toi on y va. » Tu soupires lourdement et relèves lentement la tête, en te tordant un peu le cou pour apercevoir le type derrière toi. « Pourquoi, y’a pas l’feu au lac. » Personne qui t’attend, puisque même ton psy t’a envoyé chier. Ça va faire presque une semaine d’ailleurs qu’il s’est rendu compte que vous fonciez dans le mur, et qu’la collision serait inévitable. Inévitable, douloureuse et dévastatrice. La dernière séance si tu t’souviens bien, s’est clôturée avec d’un côté toi qui lui disait d’aller se faire voir et lui de dire que tu étais un cas fini. Erreur, c’est cet endroit qui vous finit. Nuance. Alors, évidemment, quelle n’est pas ta surprise quand t’entends les paroles du garde. « Non, mais tu vas finir par être en retard pour ta séance. » Là, ça a le mérite de t’interloquer, et tu te retournes complètement sur le banc. « Pardon ? » Son p’tit air goguenard est là, et tu l’insultes vaguement dans ta langue maternelle. Dans ta tête. « Avec ta psy. » Ta psy, pas ton. Donc, une nouvelle ? C’est la curiosité plus qu’une réelle envie de subir une longue heure de torture mentale qui te force à quitter ta place, prendre ton plateau à peine touché, ranger le tout et suivre le gardien dans les dédales d’Ostrov. Une psy, ils auraient donc enfin trouver un remplaçant ? Enfin, après tout ça rentre dans l’ordre des choses, on ne te laissera pas moisir ici éternellement.


Une porte, devant toi. Une énième cloison. Ton poing, qui toque trois coups. Ta main, qui ouvre sans attendre la réponse. Ton regard fait l’tour de la pièce, et tu reviens un an avant, la première fois qu’t’as vu le bureau du psy. Sauf que ce n’est pas son visage squelettique et son air rébarbatif qui t’accueille, mais une femme. Jeune, plus jeune que tu ne l’aurais pensé. La trentaine, probablement. Tu fermes la porte derrière toi, et croises les bras. Refuses de dire un mot. Ne lui cèdes pas un bonjour.
Attends, simplement.
Après tout, c’est ce que vous faites dans ce lieu, non ?
Attendre.

by tris


Dernière édition par L. Semyon Kozlov le Dim 16 Juil - 14:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Sam 15 Juil - 21:35


Tes lèvres se pincent en une ligne fine. Tes poings se serrent. Tes paupières se ferment. Devant toi, un dossier, ouvert. Sur la première page, on peut apercevoir une photo d'un homme aux cheveux noirs et tatoué dans le cou. Un nom s'étale en toutes lettres juste en dessous. "Lazar Semyon Kozlov". Son deuxième prénom est entouré de plusieurs cercles rouges. L'indication paraît plutôt claire. 25 ans. Ses pathologies s'étalent en quelques tirets. Sa vie résumée sur quelques lignes. Et pour finir une annotation manuscrite de ton prédécesseur "Patient irrécupérable. Violent. Aucune évolution en onze mois. Je préconise que le patient ne sorte jamais d'un environnement médical apte à contenir ses pathologies.". En d'autres termes, cet imbécile tente de le condamner a passer le reste de sa vie en asile. Tu ignores qui le suivait auparavant mais un profond dégoût et mépris t'as envahi en lisant ces quelques phrases. Personne n'est irrécupérable. Personne ne peut ne pas évoluer en onze mois. Et si le psychologue ou le psychiatre ne perçoit aucune évolution chez le patient, ce n'est certainement pas de la faute de ce dernier. Initialement tu devais également parcourir les notes que ton prédécesseur avait prises. Mais tu n'en as plus aucune envie, pas plus que tu n'as confiance en ses impressions. Tu préfères faire à ta manière. Partir de zéro. Te laisser le temps d'appréhender cet homme sans aprioris.

Mais au-delà de tout ça... Il y a son histoire. Son histoire et la tienne. Toute une vie sur une simple feuille. Quelques phrases pour résumer une existence. Et tu n'as pas besoin de plus pour savoir que vous placer dans une relation patient/psychologue n'est pas une bonne idée. Tes soupçons prennent de plus en plus d'ampleur. Les hauts dirigeants d'Ostrov s'amusent avec vous. Patients, gardes, médecins... Vous êtes tous leurs pions sur un immense échiquier. Une simple bande de fourmis pour eux. Alors, ils mettent un immense coup de pied dans la fourmilière et ils observent le chaos qu'ils ont créés, bien à l'abri dans leurs tours d'ivoires. Un juron passe tes lèvres. Et pourtant, tu es bien obligée de t'adapter. Mais tu ne la sens pas cette affaire là. Pas du tout. Comment rester professionnelle alors que, sans Kaelan, tu aurais pu te retrouver à sa place ? Tu as soudainement envie de tout envoyer valser. Balayer ce bureau dans un accès de rage. Tu as besoin d'air. D'une clope. D'un verre d'alcool. Et de tout envoyer valser.

Pourtant tu ne fais rien de tout cela. La rage bouillonne dans tes veines, mais tu sais que tu dois te calmer. Parce que l'homme qui va bientôt passer cette porte n'y est pour rien dans tout cela. Et lorsque tes paupières se rouvrent, plus rien ne paraît sur ton visage. Tu ne sais pas encore si tu vas parler de cette histoire à Kaelan car c'est remuer des vieux souvenirs qui sont très bien là où ils sont. Et pour l'instant, tu as autre chose à penser. Tu ranges le dossier lorsque trois coups sec retentissent dans le silence de ton bureau. Tu te retournes, t'apprêtant à indiquer au visiteur d'entrer, mais c'est inutile. Devant toi se tient l'homme de la photo. Derrière lui, un garde. Tu lui adresses un simple signe de tête comme remerciement et il disparaît tandis que la porte se referme. Ton attention se reporte alors sur ton nouveau patient. Ton regard le détaille rapidement et tu lui adresses un léger sourire tandis qu'il garde le silence. Tu as l'habitude. Pour l'instant, pas un seul de tes patients n'a ouvert la bouche hormis une jeune fille. Mais ça ne te dérange pas. Et même si tu ne t'autorises cela qu'avec eux, tu es parfaitement capable de faire la conversation toute seule pendant une heure si ça peut les mettre plus à l'aise. Ton but n'est pas d'obtenir des confessions à tout prix. Introduire une relation de confiance te semble être la première étape après tout. Alors, tu fais le tour du bureau et t'adresses à lui d'une voix neutre et polie "-Bonjour. Je suis Charlie Mendoza. Et vous vous êtes Semyon, c'est ça ?". Tout dans ton attitude est maitrisé jusqu'à ta manière de lui poser la question. Enfin, tu poses ton délicat fessier (selon Kaelan) dans un des deux fauteuils de ton bureau et te retiens de pousser un soupir de soulagement. Après avoir couru toute la matinée pour tenter d'obtenir un double des clés de la chambre de ton frère, te poser enfin, ça fait plaisir. Tu n'as rien entre les mains. Ni stylo, ni carnet. Pour l'avoir vécu, tu sais que ça peut mettre particulièrement mal-à-l'aise. Tu souris à l'homme qui est visiblement tombé amoureux de ta porte "-Je vous laisse vous mettre à l'aise. Vous pouvez vous mettre où vous voulez.". Bon, dans le fauteuil en face ça t'arrangerais quand même hein. Faut pas croire. En plus ils sont confortables. Vieux mais confortables.  


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Dim 16 Juil - 14:59



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La brune congédie le garde d’un simple mouvement de tête, et il disparaît de la pièce. Son attention se porte alors sur toi en te donnant la vilaine impression qu’elle te scanne, détaille, observe. Mais sans s’attarder sur rien, comme si elle n’faisait que te jauger. Quand ses yeux croisent les tiens tu hausses un sourcil, l’air de demander si elle est satisfaite de son inspection. Tu es vaguement surpris lorsque tout ce que tu reçois en réponse n’est un léger sourire. Connivent ? Narquois ? Poli ? Hautain ? Appréciatif ?  Elle se lève et c’est à toi de la suivre du regard, de derrière son bureau jusqu’à l’un des fauteuils entre vous deux. Ses mains sont vides, et tu les fixes encore pendant qu’elle se présente. « Bonjour. Je suis Charlie Mendoza. Et vous vous êtes Semyon, c’est ça ? » Tu n’prends même pas la peine de lui répondre, ni verbalement ni par un quelconque signe corporel. Telle que tu la vois, cette bonne psychiatre – psychologue ? – modèle doit avoir lu ton dossier de fond en comble et donc, savoir les moindres détails de ta vie. Vingt-cinq années d’existence résumées en une page. Naissance, enfance, adolescence, vie adulte. Innocence, traumatismes, déconne, emmerdes, déclin. Que des mots, juste des mots. Tout comme ton premier prénom, qu’elle semble avoir assimilé et ignoré. Lazar. Des syllabes qu’il vaudrait mieux oublier. Comme beaucoup d’autres choses.

« Je vous laisse vous mettre à l’aise. » Ses paroles te reconcentrent sur elle, et attirent instinctivement tes yeux à son visage. « Vous pouvez vous mettre où vous voulez. » "Eh bien, votre porte est très confortable. Vous devriez envisager d’y mettre un coussin, comme ça les gens se sentiront d’autant plus à l’aise dessus." Malgré ces pensées, tu laisses passer quelques secondes avant de te décoller du battant. D’effectuer quelques pas dans cette pièce plongée dans un silence peu naturel. De t’asseoir sur le bord du siège libre, comme tu l’as toujours fait, histoire de pouvoir te relever rapidement. Un peu comme quand t’étais gosse, quand le père te disait de t’asseoir à côté d’lui dans l’divan. Fallait obéir, parce que sa colère n’était jamais loin, mais en aucun cas faire confiance à sa bonhomie apparente et prendre la place la plus proche de la porte de sortie. Par la suite, ces habitudes t’ont bien servi. Dans cette famille d’camés à la moitié masculine portée sur le sexe plus ou moins consentant, notamment. Chez le couple de Saratov adepte des sacrifices à Satan. Ou chez ces types qui auraient aimé faire de toi leur dealer d’cours d’école attitré – même s’ils ont déchanté quand ils se sont rendu compte qu’au lycée, tu n’y allais pas très souvent justement. Des souvenirs comme ça t’en as à la pelle, des foyers qui t’ont hébergé pour l’argent, des gens qui n’avaient d’accueillant que le statut, des types qui sont en partie la raison pour laquelle tu as échoué ici. Parce qu’ils ne valent pas mieux que ce que tu es devenu.

T’as envie d’secouer la tête. D’les envoyer au fin fond de ton esprit et les enfermer à double tour, comme s’ils n’avaient jamais existé. Sauf que c’est pas possible. Sauf que si tu secoues la tête comme ça, sans raison apparente, la psy s’en demandera la raison. D’ailleurs elle doit probablement être intriguée en ce moment-même, vu les quelques minutes écoulées sans mouvement. Tu fixes tes yeux sur elle. Y’a encore aucun mot qui n’est sorti de ta bouche. Mais t’en as assez d’attendre. « J’vous ai jamais vue ici. » Ta voix retentit de ces tonalités indéniablement slaves. Impossible de ne pas imaginer tes origines, même si techniquement tu n’es qu’un quart russe. Ça n’fait pas beaucoup. « J’savais même pas que j'devais vous voir avant le repas. » La communication à Ostrov, un système très bien huilé. Tu reprends, d’une voix dégoulinant d’ironie. « Ils relèguent les cas finis aux nouveaux, histoire de n’pas faire perdre leur temps aux vrais professionnels ? » Une ombre de dégoût te passe sur le visage, quand tu reprends les mots du prédécesseur de Mendoza. D’un autre côté, c’est peut-être vrai après tout. P’têtre que y’a plus rien de bon à récupérer. Pourri jusqu’à la moelle. Tu n’serais pas le premier ici. Quand tu regardes la femme, bien professionnelle et encore droite dans ses bottes, t’as une petite pensée compatissante. Cet endroit n’a pas encore d’emprise sur elle. Mais il en aura, ça c’est sûr. Il en a sur tout l’monde. C’est pas pour rien que tu es un cas fini.


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Mar 18 Juil - 12:19


Ton regard le suit quelques instants alors qu'il se décolle de la porte pour se balader dans ton bureau. Tu es arrivée ici depuis peu de temps donc tu n'as pas encore pu vraiment mettre ce bureau à ton goût. Pourtant celui qui t'as précédé en ce lieu avait du goût. Du moins, ses avis et envies en matière de décoration correspondent plutôt aux tiennes. Une paire de vieux fauteuils, un bureau en bois sombre, une bibliothèque qui ne demande qu'à de nouveau accueillir de nombreux ouvrages, de grands rideaux encadrant la fenêtre... Il ne manquerait plus qu'une cheminée et un plaid pour transformer le tout en salle de lecture. La personne à qui appartenait ce bureau a dû rester bien longtemps ici. Cependant tu n'as toujours pas compris pourquoi il ou elle n'avait pas tout emporté en partant. Même si cela t'arranges, cela t’intrigue tout de même. Toujours est-il que même si ce bureau est accueillant, tu comptes bien le personnaliser dès que possible. Comment ? Tu y réfléchis encore. Le léger bruit du fauteuil lorsque Semyon s’assoit se charge de te sortir de tes pensées. Tu t'es perdue quelques secondes visiblement. Ton regard se repose sur lui et tu t'aperçois rapidement qu'il est assis au bord du fauteuil, semblant stressé. Ou, tout du moins, pas très à l'aise. Mais au moins il est assis, c'est ce que tu espérais, tu ne vas pas te plaindre.

Tu laisses s'écouler quelques minutes sans prononcer un mot, t'autorisant à repasser le dossier dans ta tête, omettant volontairement les remarques désobligeantes au rouge. Ton mépris envers ce désagréable personnage a déjà été démontré. De plus, tu espères que ces quelques minutes de silence pousseront Semyon à parler ou à se détendre (même si ce silence est plutôt pesant mais bon... Sait-on jamais). Et une nouvelle fois tandis que tu te rappelles de son histoire, tu te dis qu'il n'y avait pas pire idée que de te coller comme psy pour lui. Dans leur tête l'idée semblait peut-être bonne. Mettre un patient victime de plusieurs figures d'autorité qui agissaient envers lui de manière violente de la même façon que tu as pu être victime de ton oncle ou des Autres, ça peut sembler être un bon plan. Mettre en face à face deux personnes avec une histoire si semblable à l'issue différente. Sauf que pour toi ce n'est pas bon. Déjà, pour que cela fonctionne comme ils le voudraient, il faudrait que Semyon soit au courant de ton histoire, et ça c'est hors de question. Et ensuite, c'est prendre le risque de te faire retomber parmi tes vieux démons. Tu te souviens encore de l'époque qui a suivit Los Angeles. Les nuits bien trop sombres, les cauchemars, les crises de panique, votre fatigue... Aujourd'hui, tu penses t'être sortie de tout ça. T'en être extirpé avec un esprit sain grâce à Kaelan. Mais, et si ce n'était pas le cas ? Tu ignores ce que tu ferais. Non vraiment, c'est une des pires manœuvres ce qui est en train de se jouer là. Pourtant, il faut bien coopérer avec les hautes instances. Tu verras bien où cela va te mener.

Une paire d'yeux bleus se fixe sur toi et enfin une voix retentit. Si tu n'en avais pas été certaine, désormais ça aurait été le cas. L'homme face à toi à les mêmes origines qu'Ania. Cet accent tu le connais bien pour l'avoir entendu de nombreuses fois en face à face mais aussi à travers un téléphone ou encore un micro d'ordinateur. Ce qu'il te dit ne t'étonne définitivement pas. Pour l'avoir appris de Kaelan, tu sais que la plupart des gardes se fichent des patients, alors leur transmettre les infos ? Ça serait trop beau. En revanche la phrase qui suit te révoltes. Pas parce qu'elle suppose que tu n'es pas une vraie psy. Non tu as appris à te ficher allégrement de l'avis des autres. C'est d'ailleurs la principale raison qui a fais que tu te fichais bien de ce que pouvaient penser les autres lors de ton changement de sexe. Le seul avis qui comptait était celui de Kaelan. Non, cela te révoltes parce que visiblement, le crétin qui lui servait de psychologue (ou de psychiatre) avait réussi à le convaincre qu'il était totalement irrécupérable. Or, c'est le genre de comportements qui heurtent profondément ta philosophie. Comment peut-on vouloir devenir psychologue avec une telle manière de penser ? Si ce mec te passe sous le nez, tu te débrouilleras d'une façon ou d'une autre pour réduire sa fierté en miettes. Tu as toujours su faire énormément de mal avec de simples mots. Il suffit de comprendre la personne en face de soi et d'activer les bons leviers.

Tu réponds finalement, tentant de ne pas laisser transparaître ton dégoût et mépris pour ton prédécesseur "-Je ne crois pas aux cas finis. Décréter qu'un être humain est irrécupérable n'a aucun sens. Surtout à notre époque. Je veux bien admettre qu'une société soit irrécupérable que ce soit par un effet de groupe ou autre, mais pas un individu seul.". Et oui tu as de bonnes raisons de penser ça. Après tout si tu as pu t'en sortir pourquoi pas lui ? Tu sais qu'avoir un peu d'aide est important. Tu n'oses songer à ce que tu serais devenu sans ton frère. Tu t'apprêtes à ajouter un commentaire sur son précédent psy et quelques-uns de ses propos, mais on ne médit pas devant les patients. On attends de pouvoir faire chier Kaelan pour se plaindre de l'effet néfaste des cons de cet asile. Alors, à la place, tu choisis plutôt de l'interroger "-Il y a un sujet donc vous voulez parler ? Même de la météo ou de la qualité plus que discutable de la nourriture d'ici si ça vous chante.". Relation de confiance tout ça. Autant essayer. T'as faim aussi. Tu te lèves rapidement pour atteindre ton bureau et sort d'un tiroir une boîte de gâteaux (t'en planques définitivement partout). Tu pris rapidement une confiserie au chocolat et revins vers la paire de fauteuils. Tu t'asseyais, La boîte à la main et la tendis vers Semyon avec un léger sourire désolé et quelque peu gêné "-Je suis désolée, je n'ai pas encore eu le temps de manger, j'ai un peu faim. Vous en voulez ?". Oui ce n'est pas très poli de manger pendant une séance mais là, c'est ça ou les grognements de ventre assez peu élégants pendant une heure. Après avoir eu sa réponse, tu reposais la boîte sur la petite tablette à tes côtés.


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Ven 4 Aoû - 4:35



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Tu fixes le visage de la jeune femme après qu’t’aies lâché ces quelques mots. Tu profites du silence revenant pour l’observer. Son visage impassible et poli, sa position détendue sans trop l’être, sa proximité aussi. Trop grande. L’envie d’reculer et de remettre quelques mètres de sécurité est grande et pourtant tu n’en fais rien. Ses paroles attirent tes yeux aux siens. « Je ne crois pas aux cas finis. Décréter qu’un être humain est irrécupérable n’a aucun sens. Surtout à notre époque. Je veux bien admettre qu’une société soit irrécupérable que ce soit par un effet de groupe ou autre, mais pas un individu seul. » Là encore tu restes muet, coincé entre une incertitude envers c’qu’elle dit et l’envie de la contredire. Tu te contentes de baisser le regard sur le sol et d’éloigner ce discours de ta tête. L’envie de s’y attarder n’y est pas, alors que tu es de retour dans ces séances pénibles où elle te demandera irrémédiablement de te livrer entièrement. C’est ce qu’ils font ces psys, non ? Charcuter vos révélations dans leurs têtes, tout décortiquer, analyser. Voir c’qui a à l’intérieur de vos crânes et constater à quel point vous avez des problèmes.

« Il y a un sujet dont vous voulez parler ? » Tu hausses un sourcil cette fois, surpris. « Même de la météo ou de la qualité plus que discutable de la nourriture d’ici si ça vous chante. » Sur c’point-là tu es bien d’accord avec elle : les cuisiniers mériteraient définitivement à s’améliorer. Tu commences à lui répondre d’un ton faussement factuel. « J’sais pas pour la météo, j’suis pas sorti aujourd’hui. Et c’est pas vraiment avec la fenêtre de ma chambre que j’vais pouvoir vous en dire beaucoup plus. Ni avec celle-ci d’ailleurs. » Un faible sourire s’étire sur tes lèvres, ironique pour l’occasion, et ton œil dévie sur les carreaux au mur du fond. Tout c’qu’on aperçoit à présent est un ciel grisâtre, rien de plus. C’que t’as dit est bien vrai toutefois ; voilà longtemps qu’tu évites de regarder au-dehors par ces machins-là. Pour voir la nature derrière des barreaux et un filtre épais de crasse ? Merci, mais non merci. Ta condition est déjà assez pesante pour ne pas te rappeler qu’il y a une liberté, dehors, mais qu’cette liberté n’est clairement pas pour vous. « Quand à la bouffe, ouais, elle est dégueulasse. » Tu n’fais pas d’autre commentaire que celui-là parce que commencer à insulter les chefs-cuistots n’est peut-être pas la meilleure attitude à avoir. Pas si tu veux éviter qu’elle te fasse une remarque dessus ou toute autre connerie du genre. Tu n’sais vraiment pas quoi penser d’elle en fait. D’cette femme qu’tu n’avais jamais vue auparavant, à laquelle on t’amène sans explication, qui s’pointe à cette séance sans carnet et qui t’propose de parler futilités. Tu n’sais pas vraiment quoi dire. P’têtre que le mieux est d’la fermer alors ?

Tu vois cette femme se lever et s’diriger vers son bureau, dont elle ouvre un tiroir. Et de ce tiroir elle en sort… une boîte à gâteaux ? D’accord, tout va bien. Elle revient avec et te la tend avec un sourire gêné. « Je suis désolée, je n’ai pas encore eu le temps de manger, j’ai un peu faim. » Plus qu’un peu, si on en juge par les grondements de son ventre assez indiscrets. « Vous en voulez ? » Tu es tenté de lui dire non mais le fait est que tu n’as presque pas touché à ton porridge. Ni au dîner d’hier. Et puis, merde quoi, du chocolat t’en verras plus passer avant un bon bout d’temps. T’avances la main jusqu’à la boîte de métal et pioches dans la nourriture, en hochant la tête en remerciement. Ton geste dévoile ton avant-bras et tu replaces machinalement la manche par-dessus. Même si de là où elle est Mendoza ne peut pas voir les cicatrices, et encore moins avec tes tatouages, il n’empêche que tu ne peux pas t’en empêcher. Cacher tes erreurs, cacher les preuves de tes problèmes, cacher c’qui lui donnerait raison. C’est un peu con, non, de s’recouvrir la peau de dessins et de les cacher obstinément ?


Tu manges la pâtisserie en silence, les yeux rivés sur le chocolat et sur la fine pellicule de gras qu’il dépose sur tes doigts – encore un truc bon pour la santé, tiens. Cependant, tu profites quand même du goût et te prends à l’apprécier. C’pas mauvais du tout, au final. Tu finis par rouler le papier dans tes mains et il se chiffonne avec bruit. Ensuite, tu attends quelques secondes avant de reprendre la parole soudainement. « J’peux vous poser une question ? » Tu cherches dans ta tête comment l’formuler. « Prenez pas ça comme un quelconque indice de folie, ou qu’je suis convaincu qu’votre prédécesseur avait raison mais… Qu’est-ce qui vous fait croire que j’suis pas forcément irrécupérable ? » À vrai dire, toi-même n’en sait fichtrement rien sur la question. Probablement que cet adjectif-même est relatif après tout ; tu pourras toujours convenir à telle communauté, une autre te dira qu'tu es une calamité. « Je veux dire, vous m’connaissez pas. L’autre con – permettez ? – n’me connaissait pas la première fois qu’il m’a rencontré, et un an après il n’avait pas beaucoup changé d’position vis-à-vis d’moi. Il entendait mais il comprenait pas c’que j’lui disais. Tout c’que vous avez, c’est des notes… Des faits, des trucs qu’il a marqué. » Tu t’embrouilles légèrement, encore une fois où la maîtrise de cette langue te fait cruellement défaut. « Vous m’avez dit ça comme on dirait à une enfant qu’ça aller alors qu’ça ne va clairement pas aller, vous êtes d'une hypocrisie abominable, ou… ou quoi ? » Ton mode de communication, ce sont des vannes qu’on ouvre et qu’on referme net. Le débit d'paroles augmente brusquement et les mots se déversent sans contrôle.


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Mar 8 Aoû - 22:31


Tu manges tranquillement ta confiserie, attendant la suite. De tout manière, tu manges mais c'est juste pour tenir jusqu'à ce que tu puisses retourner dans ta chambre. Ou dans celle de Kaelan. Paraît qu'il a rempli les placards, t'aurais rien contre le fait de le dévaliser. Après tout, on partage tout entre frère et sœur non ? Tu poses l'emballage plastique sur la tablette et nettoie rapidement tes doigts avec un mouchoir avant de tendre le paquet à Semyon. Après ça, tu reposes le paquet tandis qu'il reprend la parole.Tu hoches la tête lorsqu'il te demande s'il peut te poser une question. Si il veut parler, ce n'est pas toi qui va l'en empêcher, bien au contraire ! Lorsqu'il te poses la question, tu ne peux pas dire que tu ne t'y attendais pas.A la façon dont il en parle, il semble que ce soit important pour lui. Après tu te trompes peut-être, ou alors il n'en a même pas conscience. Toujours est-il que tu rassembles déjà tes idées en écoutant la suite de son discours. Ta réponse ressemblera peut-être à un monologue ou a une dissert, mais tu t'en fiches. A cet instant, ce qui te semble important, c'est de le faire comprendre que rien ni personne est condamné sans possibilité de changer de voie. Tu as bien voulu croire en des suicidaires, en des maniaques, en des gens aux maladies étranges. Alors pourquoi devrais-tu faire une exception pour lui ? Exactement. Tu ne le dois pas. Un sourire se pointe sur tes lèvres lorsqu'il traite ton prédécesseur de con avant que tu reprennes une expression impassible. Tu n'aurais pas mieux dit toi-même, mais il n'est pas sensé connaître tes opinions. Tu as du mal à comprendre sa dernière phrase, mais comme lui-même semble patauger, troublé, tu ne vas pas lui en tenir rigueur. Tu réfléchis quelques secondes avant de répondre "-C'est vrai, pour l'instant je ne connais de vous que les informations contenues dans votre dossier et les notes ajoutées par mon prédécesseur. Mais je ne veux ps travailler avec du papier. Je veux travailler avec des gens. Me faire ma propre opinion. Voilà pourquoi je ne vous juge pas comme cas irrécupérable. Car je ne sais rien de vous et que je m'interdis de me faire une opinion de mes patients avant-même que ceux-ci aient passés le seuil de la porte. Et pour l'instant, je suis désolée si je vous déçois, mais rien ne me prouve que vous êtes irrécupérable. C'est dommage, sinon vous n'auriez plus été obligé de supporter ma présence quelques heures dans la semaine.". Tu lui adresses un sourire à la fois ironique et sympathique. Tu sais qu'il est rare que des patients viennent te voir de bon gré et tu aimes les taquiner de temps à autre avec ça. Et tu as l'impression que le jeune homme face à toi en connais un rayon sur l'ironie et le sarcasme. Tu reprends finalement, rebondissant sur sa dernière phrase, le timbre de ta voix toujours ironique sur la première partir de ta phrase "-Je dirais plutôt que je suis d'un optimisme écœurant et d'une naïveté à toute épreuve, mais je veux croire que ça va aller effectivement. Et je suis là pour essayer de vous y aider justement.".

C'est ça qui te plaît dans ton métier. La possibilité d'aider, de ne pas laisser les gens seuls dans la détresse, d'essayer de les soutenir, de les accompagner à ta manière. Cependant tout tes patients n'ont pas toujours besoin du même genre d'aide. Certains ont juste besoin d'un peu de douceur, qu'on leur montre qu'ils ne sont pas seuls, que quelqu'un les comprends. D'autres ont besoin d'un bon coup de pied aux fesses. En général, tu essaies cette technique lorsque la douceur ne marche pas. Et étrangement elle a fait ses preuves. Tu sais que parfois, titiller un peu la fierté de tes patients suffit pour les remettre en selle, pour qu'ils se réveillent enfin. Enfin, certains n'ont juste pas besoin de toi. Ça arrive qu'un psychologue ne soit tout simplement pas le bon, que ça ne corresponde pas, que la thérapie ne fonctionne pas. Ça t'es arrivé plusieurs fois. Pourtant tu te refuses à relâcher tes patients dans la nature, sans réponse et sans soutien. Ainsi, tu as plusieurs fois décroché le téléphone pour démarcher d'anciens camarades de faculté, des collègues, pour renvoyer un patient vers quelqu'un qui lui conviendra mieux. Tu te demandes quelle solution sera la meilleure avec Semyon. Tu as tout le temps pour découvrir. Tu continues finalement avec sérieux "-Je vais vous expliquer ma manière de travailler. Ici vous n'êtes pas obligés de parler. Vous n'avez aucune obligation vis-à-vis de moi et si une séance se fait sans qu'un mot soit prononcé, vous n'aurez pas de problème par la suite. Vous me parlez de ce que vous voulez, que ce soit un livre que vous aimez bien ou vos ressentis en ce moment. En plus vous n'avez pas la culpabilité de ne pas avoir parlé au moment du payement.", achevais-tu avec un léger sourire. Désormais la balle était dans son camp. Le silence ou la parole. Les futilités ou ses sentiments. Toi tu n'étais plus qu'une oreille attentive tentant d'être de bon conseil.


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Ven 20 Oct - 21:28



sound like someone else
you may know names, dates and places.
but you will never know the real story.



Quand tu traites l’homme de con, un bref sourire apparaît aussi vite qu’il n’y disparaît des lèvres de Mendoza. Bien piètre opinion semble-t-elle avoir de ce psy. Sans pour autant de rassurer, tu te prends cependant à espérer que sa manière d’agir marquera un changement pour toi dans cet hôpital. Hôpital, hôpital, tu n’sais même pas si cet endroit mérite un tel nom. Il n’y a pas semblé avoir la moindre amélioration chez toi en un peu moins d’un an – et tu n’parles même pas de tous les autres condamnés à croupir entre ces murs jusqu’à la fin de leur vie.
Elle reprend la parole après quelques secondes de réflexion – probablement pour ne pas te balancer une réponse nette et trop franche. La vérité fait mal à entendre qu’on dit. « C'est vrai, pour l'instant je ne connais de vous que les informations contenues dans votre dossier et les notes ajoutées par mon prédécesseur. Mais je ne veux pas travailler avec du papier. Je veux travailler avec des gens. Me faire ma propre opinion. » Tu ne réagis pas tout de suite, et pourtant ses propos t’interpellent. Tu n’as pas la naïveté de croire que tous les psychiatres de cet endroit sont aussi incompétents qu’inutiles, pas plus que tu n’enlèverais de mérite aux quelques personnes un tant soit peu qualifiées. Mais c’est tellement rare ! Et une figure qui vous paraît sensée et bienveillante au premier regard ne l’est peut-être pas – suffit de voir ta tante, suffit de voir ton ancien pote qui t’a vendu à elle, suffit de te voir, toi. « Voilà pourquoi je ne vous juge pas comme cas irrécupérable. Car je ne sais rien de vous et que je m'interdis de me faire une opinion de mes patients avant-même que ceux-ci aient passés le seuil de la porte. Et pour l'instant, je suis désolée si je vous déçois, mais rien ne me prouve que vous êtes irrécupérable. C'est dommage, sinon vous n'auriez plus été obligé de supporter ma présence quelques heures dans la semaine. » Y’a l’éclair d’un sourire sur tes lèvres, un mélange d’amertume et d’amusement inattendu. « Ravi de voir que vous n’vous faites pas d’illusion sur ma motivation à vous faire visite. » Puis t’enchaînes sur des paroles plus désabusées encore en lui demandant si tout ce qu’elle t’a dit n’était que de l’hypocrisie. En sachant pertinemment qu’il n’y aura pas de moyen de savoir si elle est sincère ou non. « Je dirais plutôt que je suis d’un optimiste écœurant et d’une naïveté à toute épreuve. » Le petite sourire réapparaît sur tes lèvres – tu n’peux pas nier qu’elle part sur de meilleures bases que l’autre. « Mais je veux croire que ça va aller effectivement. Et je suis là pour essayer de vous y aider justement. » Tu te pinces la lèvre supérieure et lui réponds sans brusquerie cette fois, juste avec sincérité. « M’y aider… » Tu n’y crois pas beaucoup, tout simplement. « Aider les patients à aller mieux… j’me demande parfois si c’est qu’une vaste blague que vous, psychiatres, vous vous refilez dans votre communauté un peu sectaire, là. » Non, non, t’exagères à peine. « M’enfin, grand bien vous fasse, si ça me permet de foutre le camp d’ici un jour c’est pas moi qui vais vous en empêcher. » Quoique aller mieux puisse signifier.

« Je vais vous expliquer ma manière de travailler. Ici vous n'êtes pas obligés de parler. Vous n'avez aucune obligation vis-à-vis de moi et si une séance se fait sans qu'un mot soit prononcé, vous n'aurez pas de problème par la suite. Vous me parlez de ce que vous voulez, que ce soit un livre que vous aimez bien ou vos ressentis en ce moment. En plus vous n'avez pas la culpabilité de ne pas avoir parlé au moment du payement. » Tu souris encore une fois face à sa tentative d’humour. Certes. De toute manière c’n’est pas vraiment comme si on vous donnait les moyens de régler votre dû à la fin de la séance. S’il y a bien une chose dont tu peux remercier la tante, c’est qu’au moins c’est de son compte qu’on débite l’argent. « Donc… En fait, vous me demandez de vous parler comme si… Comme si vous étiez mon amie ? » Amie, amie, amie, le mot sonne bizarrement dans ta bouche. « Ou du moins quelqu’un que j’apprécie suffisamment pour causer en toute tranquillité avec elle ? » Tu lui souhaites bonne chance, dans le sens où même à Moscou, même à Edimbourg, t’étais pas un mec causant. Ni aimable.
Tu soupires lourdement. On va quand même essayer de faire comme elle le veut, non ? Tu l’as dit toi-même, si c’est le seul chemin vers la sortie, alors tu l’prendras. Sans hésiter.

« Vous pouvez me parler de ce que vous voulez, que ce soit un livre que vous aimez ou vos ressentis en ce moment. » Un livre. Un livre. Un livre. Trouver un livre. Tu soupires légèrement, te grattes la nuque, reportes ton attention sur le visage de Dali tatoué sur le dos de ta main gauche. « En fait… J’lis pas vraiment. Donc ça va être difficile de vous dire quoi que ce soit là-dessus. Le dernier truc que j’ai dû lire c’était quoi… » Tu fronces les sourcils et essaies de retrouver le titre dans ta tête. Il s’avère rapidement que c’est plus difficile que prévu. « Bah, peu importe. C’est russe de toute manière. » Tu hausses les épaules, pour une fois gêné d’avoir une culture aussi mauvaise. Et puis, il est vrai que si parler Anglais au quotidien ne te pose plus de problème majeur, ta langue natale te manque. Cruellement. C’est con, d’avoir autant de nostalgie pour des syllabes et des intonations. Mais quelque part ça t’rappelle le pays. Et les souvenirs de là-bas ont beau être désagréables ils sont quand même ce qu’ils sont. Tout ce qu’il te reste.
Tu fermes les paupières et y passes une main lasse. Y’a ton adolescence qui se rappelle à toi sans que tu n’y ais pris garde. Un hiver à se brûler la peau d’un froid mordant, à peine protégé par une paire de gants de laine effilochés. La neige à moitié fondue sur les toits de Moscou. Les Pirojki que vous achetiez dans les épiceries, trop mous, parce que vos mères n’avaient clairement pas la tête à en cuisiner elles-mêmes. Le visage d’un ou deux amis pas plus intelligents que toi, avec qui tu traînais presque par dépit. Tes paupières se rouvrent et tu baisses la tête avec un agacement au fond de toi. T’aurais pas dû rouvrir la porte aux souvenirs.

Tu soupires afin te donner contenance. Ne plus penser à ça, d’accord ? Tu t’forces à adopter une attitude curieuse. Parler d’elle au lieu de toi, est-ce que ça fonctionnera ? « Et vous, vous lisez beaucoup ? » Petit coup d’œil aux étagères. « Pas vraiment c’que dit votre bibliothèque. » Bien que, si elle est nouvelle, ce fait n’a sûrement rien à voir avec son goût ou dégoût de la lecture. Rapidement, tu sautes du coq à l’âne. « Mendoza, c’est pas vraiment anglais ça. » Tu t’enfonces un peu plus dans ton siège. « Espagnol ? » En plus avec ses cheveux bruns et son regard tout aussi marron, tu n’en serais pas vraiment surpris.
Et tu te prends à t’interroger véritablement sur cette femme, au-delà de son emploi à Ostrov, au-delà de ses paroles posées et amicales, au-delà de votre rapport qui est de toute manière faussé dès le départ. Tu t’demandes c’qu’il y a derrière les yeux calmes et l’habit impeccable. Sordides histoires de meurtres, studieuse élève, réputation détruite, attrait des esprits dérangés, qu’est-ce qui peut attirer une jeune femme comme elle ici ? Qu’est-ce qui peut attirer quiconque sur cette île ?


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MessageSujet: Re: (charlie) so we try to sound like someone else   Dim 19 Nov - 23:40


Un petit sourire se pose sur tes lèvres lorsqu'il te demande si tu veux qu'il te parle comme à une amie. Si il se sent à l'aise avec ce terme pourquoi pas. Le terme t'importes peu tant que tu parviens à faire en sorte qu'il ne te voit pas comme une menace, mais comme quelqu'un de présent pour lui, un soutien pour l'aider à guérir et sortir d'ici. C'est toujours plaisant de voir un patient quitter une unité car il va mieux. C'est rare et en même temps, ça arrive plus souvent que la majorité des gens le pense. Cependant, Ostrov semble être l'exception qui confirme la règle. Et c'est un point sur lequel vous êtes d'accord avec Kaelan. Il y a clairement quelque chose de pas net qui se trame dans cet asile. Quelque chose de pas net du tout. Et tu doutes que ce soit pour le plus grand bien des patients. Cependant tu es la petite nouvelle de l'équipe. Tu ne peux rien dire ou faire sous peine d'être virée. Et toi comme ton frère avaient besoin de votre travail ici. Ce travail qui vous permet de rester proches l'un de l'autre. Car tu ignores comment tu ferais sans lui. Avant même que tu ai pu répliquer, Semyon enchaîne de lui-même. Tu souris et réponds « Choisissez-le terme qui vous convient le mieux. Moi j’aspire simplement à vous aider. ». Et c’est vrai. Peut-être que comme tu l’as dit avant, tu es effectivement une simple utopiste bourrée de naïveté. Mais ces gens, ils ont parfois une histoire similaire à la tienne. Tu t’en es sortie et désormais, tu veux les aider à s’en sortir également tout simplement. Ta mère t’as toujours dit que tu étais une altruiste et que ça te boufferais un jour. Tu n’y a jamais vraiment cru. Mais parfois, tu te dis que peut-être… Ta mère n’avait pas si tort que ça. Cependant, tu te refuses à y songer maintenant. Mieux vaut tout stopper à ce stade avant que les souvenirs ne te submergent. Tu l’écoutes patiemment lorsqu’il t’explique qu’il ne lit pas beaucoup et que le dernier livre qu’il a lu été russe. Effectivement ça doit dater. Il semble plongé dans ses pensées et, ne voulant pas le troubler, tu le laisses réfléchir tranquillement. Tu ignores à quoi il songe mais cela n’a pas l’air bien plaisant au vu de la main lasse qu’il passe sur son visage. Cependant, tu ne prononces pas un mot, attendant qu’il rouvre les yeux ou reprenne la parole.

Et effectivement, bientôt il ouvre de nouveau la bouche… Pour t’interroger sur toi. Deux questions posées coup sur coup. Vous n’êtes pas là pour parler de toi, tu le sais pertinemment et lui aussi. Pourtant, tu acceptes son excentricité, espérant secrètement que te confier sur toi l’amènerait, par ricochet, à te parler un peu de lui. Cependant, tu n’avais pas pour objectif de l’obliger, si tu n’y arrivais pas aujourd’hui, tu y arriverais plus tard ! Tu avais de la marge, tu pouvais prendre le temps de vraiment découvrir les patients, se faire à chacun d’eux et ça te plaisais. Ce n’était qu’ainsi que tu te voyais vraiment les aider. Tu souris un peu et te décides à lui répondre « C’est mexicain, ce qui est stupide étant donné que je ne suis absolument pas née au Mexique. Quant à mon goût pour la lecture… Je n’ai jamais eu un goût très prononcé pour cela ! Si vous regardez mes étagères vous aurez plus de chances d’y trouver des séries ou des films. ». Il n’y a qu’à voir tes occupations les jours d’ennui mortel. Un ordinateur, à manger, une couverture, une série et un Kaelan pour mettre un peu d’animation (et avoir quelqu’un à embêter. C’est important d’avoir quelqu’un à embêter.). Et puis il y a la musique aussi. La musique espagnole qui te rappelle ton enfance passée à jouer dans les rues de Córdoba. Et la musique anglaise des années 2000. Mais tout ce qui est sorti entre 1994 et 1998… Tout ce qu’on pouvait entendre dans les bas quartiers de la cité des anges… Tu ne peux pas et tu ne pourras sûrement jamais. Dès les premières notes, tu as l’impression de redevenir cette gamine utilisée par son oncle. Cette gamine violentée par des tuteurs utilitaristes et désespérément réactionnaires qui ne supportaient pas qu’un corps de mec puisse abriter l’esprit d’une fille. Tu déglutis, refoulant furieusement les souvenirs de cette funeste après-midi. La pire de ta vie. La douleur des os qui se brisent. Les cris. La terreur. L’arme lourde dans ta main d’adolescente terrorisée. Le bruit. La balle qui s’éjecte. L’horreur. Puis le soulagement. La fin. Le renouveau. Tout était fini. Il faut que tu te calmes sans rien laisser paraître. Alors, pour repousser les souvenirs au loin, tu l’interroges avec un léger sourire, un peu tremblant « Et vous ? Qu’est ce que vous aimez faire ? ».
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