AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Nous avons besoin de psychologues et de médecins.
D'ailleurs, pensez à nos scénarios, ils sont très attendus ! ♥
Merci de jeter un coup d'œil aux pathologies du forum.

Partagez | 
 

 Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
PILULES AVALÉES : 1188
MIROIR : carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : Avatar : Verendrye
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
FORCE : 4020

SITUATION : Des rumeurs courent disant que le coeur de la blonde ne serait plus à prendre. Si elle est toujours là, c'est pour lui.
EST ÂGÉ DE : 31 ans
avatar
Nirina Vespucci

MessageSujet: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   Dim 28 Mai - 0:53

Enfin Hadès sortit de son antre infernal
“Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !” Phèdre, Racine

Le tic tac monotone de l’horloge murale battait à l’unisson avec le clic du stylo rétractable, à mesure que le pouce de Nirina appuyait sur le bouton comme un chef de partition qui menait la cadence de son orchestre. La jeune femme parcourait l’inlassable torrent de mots qui défilaient sous ses yeux sans même prendre le temps ni de lire ni d’assimiler l’histoire que ces mots daignaient lui raconter. La couleur vert olive du dossier lui rappelait le chèvrefeuille et une envie irrépressible de sortir dans le parc pour se gorger de cette odeur douce et sucrée comme du miel lui serra l’estomac sous l’effet de la frustration, alors qu’elle était prisonnière de son fauteuil au cuir rongé par le temps. La conversation qui avait eu lieu quelques heures plus tôt au secrétariat lui restait encore en travers de la gorge, telle une arête indésirable qui aurait décidé d’élire domicile dans son gosier sans volonté d’en être délogé.

Flashback:
 

Un premier bruit sec de personne toquant à la porte la fit relever le nez de son dossier et en regardant les aiguilles de son horloge réunies sur le deux et le douze, elle en déduisit que le patient était probablement arrivé. Son regard se porta ensuite en direction de la fenêtre qui affichait un ciel bleu, pendant qu’un second toc toc plus insistant se fit entendre. En réponse elle se contenta juste de lever les yeux au ciel. Elle saturait de cette stupide administration incapable de gérer les plannings de chacun, l’obligeant à rester clouée sur son fauteuil alors qu’elle rêvait de sentir les doux et chauds rayons de soleil caresser la peau de son visage. C’est lorsque les coups à la porte se firent encore plus bruyant et brutaux que Nirina consentit à lâcher un « Entrez » d’une voix forte mais sans conviction.

Lorsque le garde entra dans son bureau accompagné du patient, Nirina jaugea ce dernier d’un bref coup d’œil, puis lui désigna du menton la chaise en face d’elle afin qu’il s’y assoit. Elle remercia brièvement le garde avant que celui-ci reparte puis reporta son attention sur le patient pour l’observer plus en détail. Elle lui trouvait un air effronté et insolent, la barbe non rasée, les cheveux qui avaient sérieusement besoin d’un bon coup de peigne et portant des habits complètement dépareillés. Elle ne pouvait se détacher de ces yeux dont la couleur lui rappelait les lacs des contrées arctiques, ces terres hostiles et sauvages dénués de toute humanité, exactement comme la personne à qui appartenait ce regard si impénétrable.

« Je suppose que vous vous demandez pourquoi vous êtes dans mon bureau et non pas celui de Wagner. » finit-elle enfin par lui dire. « Disons que certaines circonstances administratives m’obligent à passer cette heure avec vous. »
Elle avait eu le temps de potasser son dossier, de la psychopathie et de la toxicomanie à Ostrov, c’était tout aussi commun que les colliers de nouilles offerts pour la fête des mères. Mais un problème persistait, elle ne savait pas quelle direction prendre, ni quel but se fixer au cours de cette séance. « Et bien commençons par le commencement Møller, je suis la psychologue Vespucci et pendant une heure il va falloir nous trouver un sujet sur lequel discuter. Des préférences ? » demanda-t-elle alors qu’un sourire poli s’affichait sur sa mine curieuse.
©junne.


Dernière édition par Nirina Vespucci le Mer 7 Juin - 4:11, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Crabe De Compagnie
PILULES AVALÉES : 468
MIROIR : Mark Pellegrino
IDENTITÉ : Dragon
CRÉDITS : ©Lonely_Angel – ©Solosland
A DÉBARQUÉ LE : 27/11/2016
FORCE : 1839

SITUATION : « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark »
EST ÂGÉ DE : 50 ans
avatar
Uddi D. Møller

MessageSujet: Re: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   Lun 29 Mai - 22:50

Enfin Hadès
Nirina & Uddi
« When our eyes met, I felt that I was growing pale. A curious sensation of terror came over me. I knew that I had come face to face with someone whose mere personality was so fascinating that, if I allowed it to do so, it would absorb my whole nature, my whole soul, my very art itself. I did not want any external influence in my life. » ▬ Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray

On voyait le Soleil agiter ses cheveux comme une petite fille aux longues et abondantes tresses qu'on aurait noyée dans la baignoire. Les rayons flottaient à la surface du ciel tout en suivant les ondulations des vagues du vent. Je serrais mes poings autour de son cou, autour de sa gorge, je sentais ses muscles paniquer. Je maintenais le Soleil en profondeur, je le faisais mourir sous l’eau pour confondre ses larmes. Il ne pouvait pleurer qu’au large. Je le regardais mourir dans mes yeux aveuglés. Uddi baissa les yeux, vulnérable, confus. S’il ne pouvait pas même combattre le Soleil, comment allait-il être capable de s’emparer de la Lune ? Quelque chose ne tournait pas rond. Il doutait, il s’enfonçait dans un dédale de couloirs imaginaires, dans un dédale de pensées amorphes, dans un inextricable schéma, dans un nervalien brumeux. Il commençait à fermement s'ennuyer. Il tournait en rond dans sa cellule, dans sa tête, il perdait pied et se laissait tomber sur son semblant de lit. Il fermait les yeux très fort, il les frottait, il les rouvrait pour voir danser des points noirs. Il s'asseyait sur le rebord, il regardait la fenêtre, il grattait l'intérieur de ses bras, il essayait de retrouver des aiguilles quelque part, puis il se rappelait qu'il n'était pas chez lui. Il empoignait sa tête, il se sentait comme un air vide de sens.

On l'emmena ailleurs, il se laissa faire. J’essayais toujours de noyer le Soleil et ses milliers de tresses blondes. Je serrais fort sa gorge, j’y mettais tout mon poids, je lui souriais. Le garde tapa deux coups à la porte. On ne répondit pas, cela fit sourir Uddi. Le Soleil se vida de son dernier souffle. Le garde continua de taper, de la même façon que moi lorsque je tapais la tête du Soleil au fond de la baignoire. Il imitait mes mouvement, ma brusquerie. « Un peu de patience, voyons. » Uddi reçu un regard noir en guise de réponse, qu'il accueillit avec un grand sourire. Lorsqu'on daigna enfin demander d'entrer, le garde ouvrit la porte et l'abandonna dans un bureau qui lui était inconnu. Il s'assit distraitement sur le fauteuil qu'on lui avait désigné, puis il rencontra le regard de la femme en face de lui. Il prit peur soudainement, il sursauta presque, mais il apprivoisa cette peur comme s'il la connaissait déjà et il la mis de côté pour l'analyser plus tard. Il observa la psychologue, Vespucci, comme elle l'avait spécifié et ne pipa mot. Elle avait l'air de se confondre avec quelqu'un d'autre, de se cacher derrière un rôle qu'elle avait décidé de négliger. « Bien le bonjour à vous aussi » Il jeta un coup d'oeil dans la pièce. « Et si on ne discutait pas ? Ça n'a pas l'air de vous enchanter plus que ça... — Vous permettez ? » Uddi pointa un stylo et un bloc-note qui trainaient sur la surface plane du bureau, puis il s'en empara sans cérémonie. « On pourrait dessiner, c'est pas une mauvaise idée, ça, hein ? » Il lança un sourire arrogant, mais hésitant, à la jeune femme avant de baisser les yeux sur le papier. Il y gribouilla des motifs bizarres en tapant un rythme discontinu avec son pied.

Dans la baignoire, le Soleil mourait, mais il existait encore dehors, je le voyais à la fenêtre. J'avais étranglé une fillette à sa place, mais je ne m'en voulais pas, elle ressemblait au Soleil, elle était presque lui, il n'y avait pas de grande différence. Uddi allait pouvoir aller chercher la Lune maintenant que l'autre était mort ou peut-être morte. Il releva alors les yeux. Il vint attraper le regard de la psychologue avec le sien et il chercha une raison. Une raison qui pourrait justifier la peur qu'il l'avait surpris plus tôt. Il décida de s'inventer une raison. Il avait eu peur, parce qu'il avait vu briller la Lune. Il ne savait guère qui était le Soleil, mais il avait décidé du rôle qu'obtiendrait la psychologue Vespucci à son égard. Il plissa les yeux et les reposa sur le bloc-note sans grande conviction. « Ne seriez-vous pas la Lune, Miss Vespucci ? »


© Gasmask


Dernière édition par Uddi D. Møller le Ven 2 Juin - 16:25, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
PILULES AVALÉES : 1188
MIROIR : carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : Avatar : Verendrye
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
FORCE : 4020

SITUATION : Des rumeurs courent disant que le coeur de la blonde ne serait plus à prendre. Si elle est toujours là, c'est pour lui.
EST ÂGÉ DE : 31 ans
avatar
Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   Mer 31 Mai - 15:02

Enfin Hadès sortit de son antre infernal
“Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !” Phèdre, Racine

De désagréables picotements lui parcouraient la main, comme si des milliers de fourmis avaient décidé d’en faire leur terrier, picotant, rongeant sa chair pour y creuser leurs tunnels. Alors, Nirina tapotait en rythme ses bouts de doigts contre la surface lisse et dure de son bureau, ses ongles se répercutant contre le bois avec un bruit semblable à un cheval lancé en plein galop. À le regarder, docilement assis sur sa chaise, il ne semblait pas aussi dangereux que le laisser croire son dossier. Mais elle n’était pas dupe, le plus paisible des ruisseaux pouvait se transformer en torrent déchainé si on lui en donnait l’occasion. Il était poli, obéissant, tranquille… Et probablement tout aussi dangereux. Il suffisait de baisser les yeux pour observer ses bras et ainsi pouvoir y lire son histoire, chaque cicatrice laissée au fil des coups de seringues semblait raconter un récit différent de son passé.

Au premier son de sa voix, la jeune femme fut presque captivée par ces intonations graves et rassurantes. C’était comme entendre le doux grondement de tonnerre annonciateur d’une pluie salvatrice pour nous délivrer d’une chaleur suffocante. Cependant, lorsque le patient argua qu’elle n’était pas disposée à discuter avec lui, elle préféra dérober son regard du sien pour tenter de dissimuler le voile de gêne qui traversait ses yeux en cet instant. Cela se voyait-il aussi aisément qu’elle n’était plus que l’ombre d’elle-même ? Aussi ne broncha-t-elle pas lorsqu’il saisit son calepin et un stylo pour y graver des dessins dont il devait être le seul à en trouver une logique. Bien des confrères avant elle, s’étaient essayés aux thérapies par le dessin, à essayer de comprendre ce que l’inconscient des malades voulait faire ressurgir aux moyens d’une simple feuille de papier et un crayon. Une vulgaire perte de temps selon son père. Nirina de son côté, ne s’y était jamais essayé mais voulait-elle vraiment se laisser tenter par cette expérience inédite ? L’envie et la motivation l’avaient abandonné depuis un bout de temps déjà, la laissant seule avec ses sombres pensées et son découragement. Mais son regard accompagnait la pâle main du patient qui glissait le long du papier, laissant derrière elle une traînée de motifs complexes et indéfinis. On eut dit qu’elle dansait. Sa main lui rappelait les patineuses russes qui glissaient le long de la glace sur les calendriers des postes.

« Non, le dessin n’est pas mon fort malheureusement. » répondit-elle en lui lançant un regard à demi-désolé.

Peut-être avait-il finalement raison, peut-être préférait-elle se perdre dans les champs de blés indisciplinés qui parcouraient la tête de son patient plutôt que de discuter. Et peut-être si elle était suffisamment téméraire oserait-elle pénétrer dans ces eaux glacées qui étaient venues soudainement accrocher son regard, deux lacs paisibles où elle pouvait voir son reflet à la surface. Mais en s’y plongeant, ça serait la noyade assurée, elle pouvait presque ressentir la morsure de ces eaux si froides qui tentaient de l’attirer dans leurs noires abîmes, l’enserrant jusqu’à la suffocation. Mais déjà le regard du patient venait à nouveau retrouver la surface blanche du papier et pour Nirina, soustraite à ce regard mortel, se fut comme reprendre une bouffée d’oxygène.

Et puis la vision d’un astre sphérique, drapant les nuits d’un lumineux voile argenté, lui apparu soudainement. Venait-il de lui faire un compliment ou était-ce une moquerie cachée ? Elle n’aurait su le dire. Intriguée, elle pencha la tête sur le côté, l’air pensif face à cette question plutôt incongru.

«  À vous de me le dire, je ressemble à la Lune selon vous ? » demanda-t-elle tout en récupérant le bloc-notes des mains du patient pour analyser les gribouillages confus en essayant de leur donner un sens. « Allez-y Møller dessinez-moi une lune. » Elle fit glisser le bloc dans sa direction, alors qu’elle était gagnée par une pointe d’agacement à l’idée d’être comparé à un astre si poétique et luminescent. Elle qui se voyait plus comme le néant dans lequel évoluait l’Univers.
« Je suis curieuse de voir quels points communs vous pourriez nous trouver. »
©junne.


Dernière édition par Nirina Vespucci le Mer 7 Juin - 4:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Crabe De Compagnie
PILULES AVALÉES : 468
MIROIR : Mark Pellegrino
IDENTITÉ : Dragon
CRÉDITS : ©Lonely_Angel – ©Solosland
A DÉBARQUÉ LE : 27/11/2016
FORCE : 1839

SITUATION : « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark »
EST ÂGÉ DE : 50 ans
avatar
Uddi D. Møller

MessageSujet: Re: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   Sam 3 Juin - 4:18

Enfin Hadès
Nirina & Uddi
« When our eyes met, I felt that I was growing pale. A curious sensation of terror came over me. I knew that I had come face to face with someone whose mere personality was so fascinating that, if I allowed it to do so, it would absorb my whole nature, my whole soul, my very art itself. I did not want any external influence in my life. » ▬ Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray

Maintenant que le Soleil était silencieux, que ce qui s'apparentait à un alter ego s'était tut, Uddi pouvait se concentrer. Il barbouillait le calepin avec des cercles et des traits, des schémas expliquant la naissance des constellations dans le ciel et des graphiques illustrant la mort du Soleil qui venait tout juste de voir son âme le quitter. Il se perdit entre les coups de crayon, le regard en plein milieu de la feuille de papier, le regard ne portant pas attention aux dessins qui l'entourèrent. Uddi ne comprenait pas pourquoi la Lune s'était lovée au creux de l'âme de la femme devant lui. Il avait toujours pensé qu'elle se serait installée dans le ciel, à un endroit un peu plus accessible qu'ici. Les yeux de cette Vespucci étaient difficile à creuser. Il réessaya une autre fois, plongea dans une sorte de cocktail aux airs sucrés, voilé par une mousse homogène qu'il avait du mal à cerner. Il y resta un moment, haussa les épaules lorsque la psychologue l'informa de son incapacité à dessiner. « C'est dommage » Il reprit sa réflexion, toujours plongé dans le regard intriguant de cet être. Il y aperçu encore une fois la Lune, elle hanta ses yeux, puis elle hanta la courbe de son nez, sur laquelle le regard d'Uddi glissa, elle chatouilla de sa lumière les vagues qui définissaient ses lèvres, les yeux gris d'Uddi la suivirent, ne la perdant pas de vue un seul instant. La lumière de la Lune remonta vers les cheveux courts de la psychologue, descendit dans son cou, sur ses épaules. Uddi observa sa danse, fasciné. La Lune vibra même dans sa voix, puis sur ses mains lorsqu'elle reprit le calepin et l'examina. « Ce n'est pas une question de ressemblance. » Ses yeux se frayèrent un chemin sur la ligne des mains de la psychologue lorsqu'elle lui redonna le bloc-note. Ses mains à lui les évitèrent à tout prix, effrayées par la lueur si forte de l'astre lunaire qui glissait sans mégarde sur sa peau. « Impossible, Miss Vespucci. Je ne peux pas dessiner la Lune, ce serait vous dessiner vous et je n'ai jamais fait de portrait avant. »

Il resta immobile quelques instants, puis déposa le stylo sur le bureau et s'empara d'un crayon de papier. Il traça un cercle. « Voici la lune; celle qu'on voit dans le ciel la nuit. » À côté, il gribouilla une fumée sombre puis effaça le centre avec la gomme au bout du crayon, créant une sorte de toute petite lumière dans un amas d'obscurité. « La Lune qui vous habite ressemble à ça. Je pense que c'est une sorte de soleil naissant, mais je ne peux pas qualifier la Lune de Soleil, c'est ridicule. » Il se frotta la nuque pensivement, les yeux passant d'un dessin à l'autre, essayant de comprendre comment une Lune pouvait prendre deux formes distinctes, essayant d'articuler sa pensée clairement pour la livrer à la psychologue. « Difficile de trouver des points communs entre ces deux dessins. Je crois que vous, » Il fit une pause, relevant la tête pour regarder la femme devant lui. « Vous êtes la Lune originelle. » Il fit ensuite retomber son regard sur le dessin et tapota le premier. « Et celle qui hante le ciel en ce moment même est une pâle copie de votre image. » Satisfait de son explication, il fit glisser le calepin sur le bureau et y déposa calmement le crayon. Un sourire fier fit se soulever les coins de sa bouche et un rayon, qui ressemblait bizarrement à un rayon de soleil, fit bouillonner ses iris malicieusement. Uddi croisa ses bras sur son torse pour éviter de les gratter. Sa peau le démangeait comme un coup de soleil depuis que les aiguilles n'y pénétraient plus. Sa mâchoire se crispa à cette pensée, il reporta alors toute son attention sur la Lune dans les yeux de la psychologue Vespucci. Il avait longtemps cherché cette lueur, il avait essayé de la trouver dans des endroits plus sombres, ne serait-ce que pour mieux la repérer. Il avait cherché quelque part au Danemark, puis quelque part ailleurs, il ne se souvenait plus trop où. Il avait cherché dans les aiguilles qui, mon dieu, commençaient à lui manquer plus qu'il ne laissait paraître. Il avait même cherché dans Kaleb, mais il n'avait rien trouvé dans ses yeux à lui.

Il soupira, laissa sa tête partir vers l'arrière pour se déposer sur le haut du dossier. Ses yeux fixèrent le plafond, ses jambes bougèrent légèrement, ses sourcils se froncèrent, puis il ne gigota plus du tout. Il avait presque envie de se lever, de partir, parce qu'il ne voyait pas l'intérêt d'expliquer la Lune à la Lune elle-même. Il ne comprenait même pas ce qu'il se passait entre ces quatre murs. Il avait cherché la Lune, bien. Maintenant qu'elle était là, devant lui, ne devait-il pas s'en emparer ? Il tapa la mesure sur l'un de ses bras avec l'un de ses doigts. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.


© Gasmask
Revenir en haut Aller en bas
PILULES AVALÉES : 1188
MIROIR : carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : Avatar : Verendrye
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
FORCE : 4020

SITUATION : Des rumeurs courent disant que le coeur de la blonde ne serait plus à prendre. Si elle est toujours là, c'est pour lui.
EST ÂGÉ DE : 31 ans
avatar
Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   Mar 6 Juin - 23:55

Enfin Hadès sortit de son antre infernal
“Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !” Phèdre, Racine

Comme un serpent hypnotisant ses proies pour mieux les engloutir, Møller avait réussi à endormir la méfiance de la jeune femme. A cheval entre le malaise et la fascination, elle voulait comprendre pourquoi son esprit si bien formaté par le dogme paternel, rechignait cette fois-ci  à aller à la rencontre de la folie se cachant derrière le patient assis en face d’elle. Et pourtant, tapie au plus profond de sa conscience clignotait une lueur de mise en garde, pareille au néon d’un vieux panneau de motel décrépi. Nirina savait qu’elle s’aventurait sur une pente dangereuse, une pente où la chute risquait de lui être fatale, sans espoir d’en être secouru. En refusant de le traiter comme tous les autres internés, en faisant abnégation des récits couchés dans son dossier, c’était comme ouvrir la boite de Pandore. Il n’en résulterait que des choses regrettables et du remord.

Elle portait sur cet étrange individu un regard perplexe et songeur, essayant de comprendre là où il voulait en venir. Mais elle avait l’impression d’évoluer dans un monde inondé d’une brume épaisse, l’empêchant d’avoir le moindre repère auquel se raccrocher. Qu’un patient confonde une personne avec la Lune aurait dû l’alerter, cette simple remarque aurait dû lui suffire à le ranger dans la même catégorie que tous ces patients qui débinaient des discours illogiques. Aussi essaya-t-elle de rester le plus neutre possible lorsqu’il lui affirma qu’il ne pouvait dessiner la Lune sans faire son portrait, se contentant seulement d’hocher la tête. Le menton appuyé dans le creux de sa main, son coude posé contre la face du bureau, elle observait la naissance des traits gris acier sous la main de l’homme, cette dernière façonnant un cercle. Elle se concentra encore plus sur le second dessin, et son cœur rata un battement lorsqu’il dessina ce qu’elle croyait être une brume de ténèbres, comme celle dans laquelle elle se trouvait actuellement. Lui avait-il dissimulé des talents de télépathie pour réussir à deviner ses pensées ? Mais déjà, un petit globe éblouissant émergeait de ce sombre brouillard. Elle pouvait presque jurer apercevoir le papier s’illuminer d’un voile argenté. Nirina était captivée par ces mains qui faisaient naître d’envoutantes beautés imagées, elles qui auparavant, avaient probablement dû semer la mort et le chaos.

Une question repassait en bouche dans son esprit, comme un vieux disque rayé. Qui était-il ? Il se dégageait de la bouche de ce Møller, la même poésie que celle façonnée par ses mains, renforçant l’idée qu’il était à part des autres patients. Elle voulait croire qu’il avait réussi à capturer son essence cachée, celle que l’on n’avait jamais réussi à découvrir. Etait-il réellement un simple patient, ou un être mystique dont le seul but était de dévoiler la véritable identité du commun des mortels ? Oui, elle voulait espérer pouvoir se comparer à la grande et céleste Séléné.
« C’est… un magnifique dessin. Vous êtes plutôt doué. » Le carnet reposant désormais sur le bureau, elle dut lutter contre l’envie de le prendre pour l’admirer jusqu’à la fin des temps. Cela se faisait ressentir au plus profond d’elle-même, faisant vibrer chacun des os de son bras, dans un combat acharné contre un esprit qui lui interdisait tout mouvement. Serait-elle au moins capable de jeter ce brouillon après le départ du patient ? Ou alors n’était-elle tout juste pas condamné à garder ce futile papier que son cœur appelait secrètement chef-d’œuvre. « Dommage que vous ayez atterri ici, un talent comme le votre ne demanderait qu’à être exploité. » Ses yeux n’arrivaient plus à se détacher du dessin, s’il était capable de faire naître autant de splendeur et de mystère au moyen d’un simple crayon à papier et d’une feuille blanche… De quoi serait-il capable si on lui donnait l’opportunité d’exprimer tout son génie artistique…« Mais je pense que vous me surestimez, je ne suis pas la Lune. Je ne suis qu’une…» Une insignifiante poussière perdue dans un univers qui n’était plus le sien. Nerveusement, elle se mordit la lèvre inférieure, hésitant plusieurs secondes quant à la fin de sa phrase..« ça n’est pas moi. »

Et comme un besoin latent, ses yeux revinrent se poser sur un Møller qui semblait déconnecté de l’endroit où il se trouvait, sa posture laissant suggérer qu’il était à la fois ici et ailleurs. Il avait rompu le contact, au point de faire apparaitre une larme de frustration dans le cœur de la jeune blonde.  « Møller ! » s’écria-t-elle alors qu’un poing rageur venait s’abattre sur le bois lustré de son bureau, faisant trembler les objets posés dessus, comme secoués par un tremblement de terre. « Arrêtez ça. » Oui, elle voulait qu’il arrête, mais arrêter quoi au juste ? De faire comme s’il était seul dans la pièce ? De la prendre pour ce qu’elle n’était pas ? Ou tout simplement de l’ignorer tout en lui retirant les paroles si plaisantes qu’il avait eu à son égard, lui donnant de l’importance, la valorisant ? Comme un soleil venant darder un de ses fins rayons dans les limbes où elle se trouvait, il lui offrait enfin un repère qu’elle avait tant recherché. Inconsciemment, elle se leva de son bureau pour se diriger vers la fenêtre qu’elle finit par ouvrir, les yeux perdus vers les cimes vertes des arbres environnants. En se concentrant suffisamment, Nirina était quasiment certaine de pouvoir sentir les embruns de la mer, transportés par un vent tiède qui venait glisser le long de sa peau.
« Møller ? » Elle se retourna vers lui, ses doigts triturant machinalement son collier, alors qu’un mince sourire s’affichait sur ses lèvres.
« Si je suis la Lune, ne seriez vous pas le Soleil ? »
©junne.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi   

Revenir en haut Aller en bas
 

Enfin Hadès sortit de son antre infernal ♖ feat Uddi

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» A FOS NOU GOUMEN ANTRE NOU
» L'antre de la Bande dessinée
» L'antre du démon {pv Zarathos}
» Arceus le légendaire infernal
» Qui veux rp avec moi ? Je ne mord pas (enfin pas toujours)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ostrov Island :: A walk in Ostrov Island :: The Murder House :: psychiatrists's offices-