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 Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie

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PILULES AVALÉES : 1381
MIROIR : carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : Mischief Insane
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
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SITUATION : Esprit plongé dans un océan d'incertitudes et d'amers souvenirs aujourd'hui consumés.
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Nirina Vespucci

MessageSujet: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Ven 19 Mai 2017 - 12:27



Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines


“Pour la première fois, j'avais goûté à la vengeance; c'était comme un vin aromatisé; en l'avalant, il était chaud, sentait le terroir, mais laissait un arrière-goût métallique, corrosif, donnant la sensation d'un empoisonnement. ” Jane Eyre - Charlotte Brontë



La nuit avait plongé l’hôpital dans un noir d’encre, la clarté de la lune projetait des ombres menaçantes sur les murs, alors qu’un silence pesant et anxiogène régnait ici. La jeune femme ne savait plus ce qu’elle faisait recroquevillée par terre, seule au beau milieu du couloir, ni comment elle avait atterri là. À ses pieds gisaient les vestiges d’une bouteille de vin presque vide, avec à côté des plaquettes de médicaments sorties de leur emballage. Les mains tremblantes et la vue floue, Nirina tenta de les attraper du mieux qu’elle pût et dût coller ses yeux contre les boites blanches pour lire leur intitulé. Du Modafinil et du Loxapac, rien que ça… Quelques souvenirs de sa soirée affluaient doucement dans son esprit. Des images d’une porte d’infirmerie forcée, sa main cherchant à tâtons sur des étagères murales… Et soudain tout lui revint en mémoire d’une façon si brusque qu’elle en eut le tournis. Elle se souvenait du rêve qui l’avait réveillé en sursaut. Depuis la soirée passée dans la forêt, le même cauchemar venait inlassablement perturber ses songes, l’empêchant de passer des nuits paisibles. À chaque fois, elle revoyait le corps du garde tombant à la renverse, son sang inondant la forêt dans une mer rouge et poisseuse dans laquelle elle se noyait. Et cette nuit là avait été la nuit de trop, elle s’était levée d’un bond pour se rendre à l’infirmerie, «emprunter » du Loxapac en guise d’antipsychotique pour se calmer et puis après… Elle se força à continuer de rassembler ses souvenirs. Et soudain un nom… Lexie Jenkins. Nirina savait ce qu’elle avait eu en tête, elle s’était souvenu que Lexie avait été envoyé en isolement au même titre que Dawkins et Blackwood, et même si elle n’était pas responsable de la mort du garde ni de ses cauchemars, elle était suffisamment coupable aux yeux de la blonde pour que cette dernière souhaite le lui faire payer. Elle était ensuite retournée à l’infirmerie pour trouver un psychostimulant suffisamment puissant pour contrer les effets de l’antipsychotique et lui permettre de garder l’esprit clair. Et le Modafinil correspondait parfaitement à ses attentes. Elle se souvenait avoir avalé le cachet, puis ensuite… Trou noir. De toute évidence, l’altération entre les deux médicaments avait dû dégénérer, c’était d’ailleurs un miracle qu’elle y ait survécu. Mais impossible pour elle de se souvenir comment elle avait dégoté cette bouteille de vin, ni pourquoi elle l’avait bu. Mélanger l’alcool et les médicaments… Ce n’était pas l’idée du siècle qu’elle avait eu là. Malgré son mal de crâne, son cerveau bouillonnait d’idées et de plans à exécuter, elle trépidait d’excitation et avait la ferme envie d’en découdre avec un certain petit démon. Se raccrochant au mur, elle se hissa sur ses pieds en soufflant sous l’effort. Avant d’atteindre le bloc d’isolement, il lui fallait d’abord gagner la salle de sécurité pour y dérober la clé des cellules. Cahin-caha, elle arriva finalement à destination mais la lumière de la salle était allumée, ce qui devait surement signaler la présence d’un garde à l’intérieur. Merda… Pesta-t-elle, elle allait devoir trouver un subterfuge pour l’éloigner. Nirina ne comptait pas renoncer aussi facilement, complètement euphorique, elle déboula dans la pièce, faisait sursauter le garde par la même occasion. Mais quand elle découvrit de qui il s’agissait, la stupeur la frappa avant qu’un sourire béat ne s’affiche sur ses lèvres. L’homme en question n’était nul autre que le garde présent le jour de sa première rencontre avec Jenkins… Une aubaine pour elle.

« J’ai aperçu un patient s’échapper de sa chambre, il avait l’air de se diriger vers le parc… Vous devriez aller le chercher… Maintenant. » Il lui lança un regard méfiant en la détaillant de haut en bas, il l’avait reconnu mais ne semblait pas pressé de quitter son poste. La blonde avait les mains qui tremblaient comme des feuilles, elle se cramponnait à la poignée de porte pour ne pas tomber et ses iris étaient dilatés à outrance. De toute évidence, il avait compris qu’elle n’était pas dans son état normal.
« Vous semblez réticent ? Est-ce que le fait de dire à la direction que vous avez laissé une psychologue sous votre surveillance, se faire violer, vous motiverait un peu plus ? » demanda-t-elle d’une voix horriblement mielleuse. Elle se rappelait  la panique qui avait envahi le garde à l’idée de perdre son boulot, et elle n’avait aucun scrupule à s’en servir contre lui. L’homme ne fit même pas mine de protester, se levant docilement de sa chaise, il se dirigea vers la sortie en lui décochant au passage, un regard assassin. Sans perdre plus de temps, la jeune femme en profita pour sortir le cahier d’entrées et sorties des patients en isolement. Elle regarda le numéro de cellule dans laquelle elle devait se rendre, avant d’aller chiper la clé correspondante accrochée parmi de nombreuses autres au mur. Etait-ce l’hôpital qui avait allumé les chauffages ou était-ce elle, dans tous les cas, elle mourrait de chaud. Elle pouvait sentir la soie de son chemisier complètement trempée par la sueur, collée à son dos. Avisant une bouteille d’eau reposant sur la table, elle entreprit de la déboucher pour se vider le contenu sur la tête, le visage et la nuque. Complètement trempée, elle se dirigea alors vers les cellules d’isolement, mais le trajet lui parut durer une éternité. Enfin, elle poussa les lourdes portes qui la séparaient de son objectif final, puis s’engouffra dans le sombre couloir. Personne… La fraicheur et l’humidité ambiante lui procurèrent un bien fou et déjà son mal de crâne commençait à disparaître, voulant ressentir encore plus le froid, elle en profita pour se déchausser complètement et retirer sa veste pour ne laisser que son chemisier trempée apparent. Mais ce n’était pas assez pour elle, la sensation d’étouffer la prenait à la gorge. Elle se laissa tomber à genoux avant de s’affaler de tout son long sur le sol gris et sale, la tête collée par terre. Le ciment rugueux accrochait la douce peau de son visage mais ça lui était égale, elle aurait pu rester des heures ainsi, ressemblant à une étoile de mer s’étant lamentablement échouée sur le rivage. L’odeur acre du calcaire argileux lui piquait les narines et pendant plusieurs minutes, elle avait oublié le motif de sa visite dans ce lieu sordide. Le froid s’immisçait à travers ses vêtements jusqu’à faire parcourir sa peau d’une agréable chaire de poule. Plongée dans un état-second, Nirina avait l’impression de se retrouver dans une peinture de William Turner, tout ce qu’elle voyait était noyé dans un brouillon de couleurs et de formes distordus. C’était comme si son corps flottait, légère comme une plume, elle ne ressentait plus la force de l’attraction terrestre qui la maintenait au sol. Le diable serait venu l’emporter avec lui dans les tréfonds de l’Enfer qu’elle n’aurait pas cherché à se débattre. Diable… Enfer… Démons… Démons ??
« JENKINS !! » hurla-t-elle en se relevant subitement alors qu’elle se souvenait enfin de la raison qui l’avait amenait ici. Se servant de ses bras pour ne pas perdre équilibre alors que le monde tournait dangereusement autour d’elle. Il fallait désormais qu’elle se souvienne du bon numéro de cellule pour éviter une mauvaise rencontre ou pire, tomber nez-à-nez sur Dawkins qui risquait de lui faire chèrement payer sa dénonciation. Elle regarda frénétiquement toutes les cellules avant de pousser un « ah » triomphal lorsqu’enfin elle trouva la bonne porte. Ses chaussures à la main, elle se précipita sur la serrure et dû s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à y introduire correctement la clé. Ses mains tremblaient d’impatience, les médicaments noyés dans l’alcool la faisait sombrer dans une fièvre délirante et pour couronner le tout, elle voyait en double. Et finalement, la clé accepta de coulisser dans la serrure pour enfin laisser Nirina se jeter dans la gueule du loup. Les couloirs n’étant pas éclairés, ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité, aussi elle aperçut bien vite la silhouette qui se fondait dans les ténèbres ambiantes.

« La voilà, la seule et l’unique Lexie Jenkins ! Je vous ai manqué j’espère ? On a toujours un vilain bobo à l’épaule ? » s’écria-t-elle d’une voix enjouée.
« Oh je suis si navrée de votre situation, lorsque j’ai dénoncé cet abject cafard de Dawkins pour le meurtre du garde, je ne pensais pas qu’on vous y enverrait aussi avec Blackwood. J’ai bien essayé de raisonner les gardes mais… Ah non pardon je me trompe. Je n’ai rien fais parce que je m’en contre-fichais en fait. » Enchaina-t-elle en gloussant tout en faisait de grands gestes, donnant l’impression qu’elle chassait des mouches imaginaires. « Et maintenant Jenkins, priez pour votre âme qui a dû se barrer dès l’instant où vous êtes née, c’est l’heure de votre Jugement Dernier misérable enfant ! » Elle avait la sensation d’être invincible, elle ne sentait ni fatigue, ni douleur, rarement dans sa vie elle s’était sentie aussi bien. Peut-être allait-elle mourir ce soir et en y songeant, elle ne put s’empêcher de partir dans un fou-rire incontrôlable.


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Lexie Jenkins

MessageSujet: Re: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Ven 9 Juin 2017 - 23:21



❝Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines❞
NIXIE
L’humidité avait imprégné les vêtements de la patiente. Son corps semblait peser une tonne. Incapable de bouger, par peur de réveiller encore une fois cette douleur insupportable à son épaule, Lexie restait allongée sur son semblant de lit, le regard perdu dans le vide. Épuisée, elle ne pensait plus à rien. Elle ne voulait plus penser à rien. Depuis combien de temps était-elle là? Depuis combien de temps était-elle étalée sur le sol, cherchant désespérément à s’endormir? La douleur l’avait assommé, moralement, physiquement. À tel point qu’elle mourrait d’envie de se cogner la tête contre un mur, pour en finir. Mais elle n’en avait même plus la force. Ses yeux rouges et gonflés laissaient deviner l’état de fatigue assez important de la jeune femme. Même si elle était totalement déshydratée, quelques larmes continuaient encore de couler par moments. Elle ne se retenait plus. Il n’y avait personne ici. Personne ne pouvait voir ses faiblesses. Pour les autres, Jenkins n’était qu’un être insensible et froid. Et même si cela faisait des années qu’elle n’avait pas pleuré, ce soir-là, elle se lâchait. Parce qu’elle était seule. Parce que personne ne pouvait la juger. Personne ne le saurait, de toute façon.

Lorsqu’elle entendit du bruit à la porte, Lexie vint aussitôt essuyer ses yeux avec sa manche. Sans même prendre la peine de se redresser pour “accueillir” son visiteur, la patiente tourna lentement la tête vers la porte de la cellule, attendant patiemment de découvrir qui pouvait bien venir la voir. Probablement un garde, qui venait vérifier qu’elle n’était pas encore morte… De longues, très longues secondes défilaient, alors que les bruits persistaient dans la serrure. Elle commençait à douter de l’identité du visiteur, au vu de la difficulté avec laquelle celui-ci essayait d’ouvrir cette foutue porte. Et lorsqu’elle put enfin apercevoir la silhouette dans l'entrebâillement, la jeune patiente déglutit et murmura un juron entre ses lèvres. La voix aiguë et irritante de la psychologue résonna soudainement dans la cellule, agressant les pauvres oreilles de Lexie, qui ne s’attendait pas à autant de bruits, s’étant habitué au silence de sa prison. Par réflexe, elle grimaça en collant ses deux mains sur ses oreilles, essayant de ne pas prêter attention aux paroles de la jeune femme. À en voir les gestes de cette dernière, Jenkins devina rapidement qu’elle n’était pas dans son état normal. Encore une fois… Si elle lui avait manqué? Pas vraiment… La simple présence de Nirina suffisait à l'agacer. Elle était bien la dernière personne que la patiente souhaitait voir, à cet instant.

À bout de forces, autant physiquement que moralement, Lexie était deux fois plus irritable que d’habitude, mais plus faible, aussi. La déception et la colère des premiers jours après leur retour à Ostrov avaient laissé place à un “ras-le-bol” général. Avait-elle finit par baisser les bras? Avait-elle finalement compris qu’elle n’avait clairement plus aucune raison de continuer à se battre? Se battre pourquoi, d’ailleurs? Pour lui? Par fierté? Pourquoi ne pas voir la vérité en face? Même s’échapper d’ici était voué à l’échec. Sa vie se résumait désormais à rester enfermée dans une minuscule pièce, sombre et dégueulasse… Et elle avait droit à la visite d’une psychologue complètement fêlée et chiante à souhait, en prime. Lexie retira finalement les mains de ses oreilles, observant le plafond en soupirant faiblement. Ah, si seulement elle avait pu garder un minimum de force, Nirina aurait probablement déjà terminé la tête dans un mur, en souvenir de leur première rencontre… D’ailleurs, cette visite ne semblait pas vraiment avoir traumatisé la psychologue, puisque cette dernière venait à nouveau la voir, seule. Et si lors de cette rencontre, Lexie avait puisé dans ses dernières forces pour faire regretter à Nirina sa naïveté, ce soir, elle doutait fortement de sa capacité à faire fuir la jeune femme, d’une façon ou d’une autre...

Néanmoins, et parce qu’elle refusait de se montrer aussi faible devant Vespucci, Lexie retrouva rapidement son air habituel. Antipathique, froid, menaçant, à l’égard de cette dernière. Et lorsque la psychologue prononça le nom de Dawkins, le cœur de la patiente se serra aussitôt dans sa poitrine, ses muscles se contractèrent, réveillant une nouvelle douleur à son épaule. Ce qu’elle craignait était finalement arrivé… Nirina n’avait pas hésité à balancer Edward pour ce qu’il avait fait au garde… Son corps entier tremblait, alors qu’elle sentait une bouffée de chaleur lui monter à la tête. La colère l’aveuglait, à tel point qu’elle ne prêtait plus attention à la fatigue, ni la douleur. Non sans peine, elle se releva, titubant, grimaçant en forçant sur son bras. Elle n’écoutait déjà plus les paroles de la jeune femme. “Vous avez fait quoi ?!!” Hurla-t-elle, le regard noir, tout en s’approchant dangereusement de la psychologue. La patiente se jeta sur Nirina, attrapant cette dernière par le chemisier, au niveau de son col. “Vous pouviez pas la fermer?!” Continua-t-elle de crier, tenant fermement le tissu de la psychologue. Ses mains tremblaient dangereusement, sa mâchoire se serrait et ses yeux brillaient d’un mélange de haine et de peur. Elle imaginait déjà l’état dans lequel Edward devait se trouver à cet instant. S’il était encore en vie, du moins… “Et qui a manqué le plus à l’autre, hein? Qu’est-ce que vous venez faire ici?” Fit-elle d’une voix plus que menaçante, resserrant toujours plus ses doigts sur le tissu. En lâchant finalement la jeune femme, Lexie n'hésita pas à la repousser en même temps. Puis, par pulsion, elle arracha des mains une des chaussures de Nirina, et lança cette dernière de toutes ses forces, frôlant dangereusement la tête de la blonde. La chaussure s'écrasa violemment contre le mur. Lexie serra à nouveau les dents, se rendant compte bien trop tard qu'elle avait utilisé le mauvais bras, pour exprimer sa colère. La douleur lui arracha une autre grimace, ainsi qu'un juron. "Allez vous faire foutre, Vespucci!" Finit-elle par souffler.

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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Ven 14 Juil 2017 - 23:01



Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines


“Pour la première fois, j'avais goûté à la vengeance; c'était comme un vin aromatisé; en l'avalant, il était chaud, sentait le terroir, mais laissait un arrière-goût métallique, corrosif, donnant la sensation d'un empoisonnement. ” Jane Eyre - Charlotte Brontë



Même englouti dans les ténèbres ambiantes dues à l’absence de lumière en ces lieux, Nirina arrivait quand même à contempler le visage de Lexie. A sa plus grande satisfaction, elle pouvait voir des cernes creuser ses paupières meurtries par la fatigue et probablement par la douleur, son teint blafard laisser deviner qu’elle n’était pas au mieux de sa forme. La jeune femme était toujours impressionnée par l’effet que pouvait avoir l’isolement sur les patients les plus solides, elle-même n’aurait pû y survivre ne serait-ce qu’une journée. Mais admirer le spectacle que lui offrait Jenkins n’avait pas de prix, elle qui s’échinait à rester aussi sauvage que violente, en était désormais réduite à une vulgaire proie vulnérable et abattue.

Déjà elle pouvait sentir la haine s’insinuer en elle, ce sentiment dévastateur qui naissait dans le creux de son ventre avant de se répandre dans ses veines dès qu’elle apercevait ce visage synonyme de malheur. Nirina haïssait Lexie oui, mais pas uniquement en raison de leur passif, la blonde haïssait ce sentiment étrange qui l’envahissait à chaque fois qu’elle adressait la parole à cette patiente. Un mélange entre le dégoût et la fascination. Que ce soit l’isolement ou les cuisines, la découverte d’une part sombre comme la découverte d’un plaisir nouveau, Jenkins avait toujours été au coeur de ces moments inédits et révélateurs pour la psychologue. Nirina détestait se l’avouer, mais elle ne parvenait pas à considérer Lexie comme une patiente à part. Elle n’arrivait pas à se contenter de la détester de la même façon que Dawkins. Lui, elle le méprisait tout en le craignant, les choses étaient aussi simple que cela. Pour Jenkins en revanche, tout était beaucoup plus complexe. Après l’épisode des cuisines et de la forêt, elle devait s'accommoder de deux visions de Jenkins et c’est ce qui rendait la tâche plus ardue pour la détester simplement. Elle voyait le monstre, cruel, repoussant, inhumain d’un côté. Et de l’autre, elle voyait le visage de la brune la faire soupirer de plaisir sous ses caresses pleine de tendresse, et ce mêlé à la vision d’une Lexie la poussant dans les fougères pour l’empêcher de se faire écraser par un arbre. Mais qu’importe qu’elle lui ait permis de découvrir un plaisir insoupçonné ou qu’elle lui ait sauvé la vie. Cela c’était irrémédiablement suivi par des regrets et des problèmes. Jenkins était un nid à ennuis, elle n’avait fait qu’empirer la vie de Nirina, de façon volontaire comme involontaire. Et le fait qu’elle se trouve dans un position aussi incommodante, c’était une occasion en or pour la jeune psychologue d’exercer sa vengeance, de se défouler sur ce sale démon qui avait fait de sa vie un possible enfer terrestre.

Mais son petit démon ne semblait pas prêt à montrer plus longtemps l’état critique dans lequel il se trouvait et déjà Lexie se relevait, péniblement. Nirina de son côté, se dandinait d’un pied sur l’autre, impatiente de pouvoir affronter la brune. Malgré l’humidité et le froid ambiant, une boule de d’excitation mêlée à une bouffée d’adrénaline irradiait tout son corps. Elle pouvait sentir ses cellules grises tourner à plein régime mais de façon désordonnées, boostés par le dopant, mais disloquées sous l’effet de l’alcool. Elle savait qu’elle venait de botter en touche en mentionnant Dawkins. Un sujet sensible à l’effet immédiat et assuré. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas deviner l’alchimie entre elle et ce fou furieux lors de leur escapade dans la forêt. La façon qu’il avait eu de s’énerver en apprenant pour elle et Blackwood, son regard inquiet lorsque Lexie avait reçu la balle, sa façon de la porter avec précaution durant le trajet de retour, tout indiquait qu’il ne s’agissait probablement pas que d’une amitié entre les deux protagonistes. Cela aurait presque pu paraître mignon aux yeux de Nirina, si les deux tourtereaux n’étaient pas deux être aussi haïssable l’un que l’autre. Nirina de son côté, avait absolument tenu à assister au moment où Dawkins avait été traîné en isolement, dissimulé à l’angle d’un couloir, elle n’avait pas perdu une miette du spectacle, jubilant à l’idée du sort que réservait les gardes à un patient qui avait abattu un de leur collègue.

Ne cachant rien de son sourire, la jeune femme observait la brune s’approcher d’elle, avec son allure agressive qui lui était propre. Son regard glissa en direction des bandages qui enserrait l’épaule de la patiente, et son sourire s’agrandit encore plus. Elle sentit une main attraper brusquement le col de son chemisier, mais Nirina s’en moquait éperdument.
“Est-ce que j’aurais pu la fermer ? Bien entendu ! Mais l’aurais-je voulu ? Certainement pas” pouffa-t-elle. Lexie était verte de rage et pour Nirina, c’était un réel plaisir de la voir ainsi. “Je n’ai toujours pas oublié ça” fit-elle en désignant de sa main, le bleu sur sa joue, causé par le coup que Dawkins lui avait porté au moyen de l’arme à feu du garde. “Ce crétin a failli me défigurer, je n’ai fais que lui rendre la monnaie de sa pièce en l’envoyant pourrir ici.”
Face à la question de Lexie quant à savoir qui avait manqué le plus à l’autre, elle plissa les yeux tout en les levant en direction du plafond, faisant mine de réfléchir intensément. Puis Lexie la relâcha enfin, pour finalement s’emparer d’une de ses chaussures pour la balancer à l’autre bout de la pièce, ratant sa tête de peu. “Loupé” s’esclaffa-t-elle. Cependant, le fait que Lexie s’était servie de son bras blessé n’avait pas échappé à Nirina, et pendant que Lexie l’insultait, une idée germa dans sa tête.

D'une allure trébuchante, la jeune femme s'approcha de la patiente, sa vue auparavant brouillée gagnait un peu plus en clarté.
“Ce que je fais ici ? Vous allez bientôt le savoir. ” lui répondit-elle en s'avançant vers elle. Doucement, elle rapprocha son visage de celui de la brune, veillant à ne laisser que quelques centimètres pour les séparer. “Vous savez ce que je ressens lorsque je vous vois, ou même ne serait-ce, que lorsque je pense à vous ?”  Nirina pouvait sentir le souffle tiède de la jeune femme en face d'elle, jusqu'à presque apercevoir son propre reflet dans les iris d'un vert sombre infernal.
“Attendez, laissez-moi vous montrer.” Et sans laisser le temps à Lexie de répondre, elle agrippa l'épaule de celle-ci, alors que son pouce exerçait une pression sur la blessure où la balle s'était précédemment logée.Dans ce même lieu humide et désenchanté, ce lieu qui avait ravi sa douceur et son innocence, elle avait crié, pleuré, supplié. Désormais, c’était au tour de Lexie.

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Lexie Jenkins

MessageSujet: Re: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Lun 24 Juil 2017 - 10:31



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Lexie était folle de rage. Déjà parce qu’elle se rendait compte qu’elle n’avait plus autant de force, à cause de son épaule. Mais aussi parce que la jeune femme s’amusait à la provoquer encore malgré les menaces. Mais cela ne l’étonnait plus vraiment. Ce qui l’étonna, par contre, c’est l’assurance dont faisait preuve la jeune psychologue, alors que cette dernière s’approchait d’elle, pour se retrouver finalement à quelques centimètres de son visage. D’ici, elle pouvait effectivement voir le bleu sur sa joue. Mais cette marque n’était rien, comparée à ce que les gardes réservaient à Dawkins, maintenant qu’ils savaient ce qu’il avait fait… Vespucci était naïve, tellement naïve qu’elle ne se rendait même pas compte du traitement auquel avaient droit les patients dans cet hôpital… La mâchoire et les poings de la patiente se serrèrent, alors qu’elle fixait dangereusement la blonde. Sans qu’elle ne s’y attende, Nirina appuya sans retenue sur la blessure non cicatrisée de la jeune patiente, lui arrachant un hurlement de douleur. Prise de vertige, Lexie agrippa par réflexe le haut de la psychologue, tombant à genoux devant cette dernière. Sa respiration se fit plus difficile pendant plusieurs longues secondes, alors qu’elle gémissait de douleur à chaque expiration. Elle arrivait à sentir les battements de son coeur dans sa chair ouverte et meurtrie, la faisant grogner. Jenkins avait baissé la tête et fermé les yeux, le temps pour elle de retrouver ses esprits. Ou, au contraire, de péter les plombs...

Toujours accrochée au tissu de la jeune femme, elle se mit à rire doucement. Un rire malsain, presque démoniaque. Ses nerfs avaient fini par lâcher, et la douleur lui provoquait un sentiment étrange d’excitation, mêlé à une envie incontrôlable de ressentir toujours plus de souffrance, à cet instant. “Ça vous amuse Nirina pas vrai… C’est là votre seule distraction dans votre pitoyable et inintéressante vie, j’ai pas raison ?” Lâcha-t-elle finalement, levant difficilement son regard vers la jeune psychologue, un sourire pervers collé aux lèvres. Elle venait de reprendre exactement les mêmes mots que la jeune femme lui avait sortis lors de leur dernière entrevue, dans la cuisine. Sa respiration n’était toujours pas revenue à la normale. Ses doigts serraient tant bien que mal le haut de celle-ci, mais Lexie restait à même le sol, serrant encore les dents à chaque mouvement qu’elle osait faire pour tenter de se tenir droite. Nirina n’avait pas fait semblant, la saleté et l’humidité brûlaient sa plaie encore bien trop fraîche, et son épaule la lançait à tel point qu’elle avait de plus en plus de mal à se servir de son bras, et de sa main. “Vous êtes pourrie jusqu’aux os, Vespucci. Regardez-vous… Vous êtes pathétique. Vous en prendre à une patiente blessée… n’importe quel cafard insignifiant a droit à son heure de gloire, n’est-ce pas? Vous ne valez pas mieux que moi… Souvenez-vous de tout ce que vous m’avez dit… Vous ne valez plus rien, Nirina. J’ai fini par vous emmener avec moi, en enfer.”

Lexie finit par lâcher le vêtement de la psychologue. Elle ne souhaitait pas se servir d’elle comme appuis pour se relever. Elle voulait lui prouver qu’elle pouvait encore tenir debout face à elle, malgré la douleur. Au contraire, elle en redemandait. Parce qu’il y avait quelque chose de jouissant dans cette situation, finalement. Voir Vespucci s’évertuer à faire souffrir volontairement une patiente… Jenkins ne pouvait s’empêcher d’y trouver un certain plaisir. Alors elle se redressa, en grimaçant, et lui fit face. Elle s’arrêta à son tour à quelques centimètres du visage de la jeune femme, la fixant droit dans les yeux. “Vous avez raison, vengez-vous. Profitez-en. Faites-moi regretter tout ce que j’ai pu vous faire. Repensez bien à tout ce que je vous ai fait, Vespucci. Je ne regrette rien. Et si j’avais l’occasion de recommencer, je le ferai sans hésiter.” Ses yeux reprirent rapidement leur lueur malsaine, malgré la vive douleur qui lui prenait encore au bras. Son sourire dévoilait ses dents, tel un loup devant sa proie, cherchant à la déstabiliser, avant de la dévorer. “J’ai adoré vous voir pleurer comme une fillette, pendant que je vous violais… Vous écouter me supplier d’arrêter… J’entends encore vos gémissements, je vois encore votre corps se tordre de plaisir sur le comptoir de la cuisine. Je pense encore à vous, alors que vous me suppliiez de continuer de vous baiser…” Lexie se mordit la lèvre d’un geste sensuel, alors que ses yeux se baladaient sans aucune gêne sur le corps de la jeune femme. “Vous savez ce que je ressens lorsque je vous vois, moi?” Continua-t-elle d’une voix plus mielleuse. “De la satisfaction.”

Jenkins attrapa difficilement le pansement qui entourait son épaule et l’arracha brutalement en grimaçant. Il n’y avait plus aucun besoin de le garder. Le bandage était devenu totalement inutile dès le premier jour de son isolement. Il la gênait plutôt qu’autre chose. Elle jeta ce dernier par terre, laissant le sang couler librement sur son bras, et offrant à Vespucci le spectacle qu’elle voulait voir, finalement. Ses yeux pétillaient de folie, alors que son visage se rapprochait toujours plus de celui de la blonde, pour venir murmurer d’une faible voix; “Faites-moi autant de mal que vous voulez, Nirina. Ça ne m’enlèvera pas le bonheur de vous voir enfin à l’oeuvre. Au contraire. Ça m’excite…” Termina la patiente, avant d’écarter les bras en reculant légèrement, comme pour s’offrir entièrement à elle. Non sans oublier de lui adresser son habituel sourire malsain. Elle ne voulait pas laisser à Nirina le plaisir de la voir s’énerver et craquer. C’est ce qu’elle cherchait, elle en était persuadée. Elle savait que la jeune femme était venue pour se venger, parce qu’elle avait certainement besoin de se défouler sur quelqu’un, et qu’elle voulait profiter qu’une patiente qu’elle haïssait était blessée et enfermée en isolement. Lexie avait bien l’intention de la laisser faire, pour une fois. Parce qu’elle n’avait pas la force de se défendre, de toute manière. Elle avait cependant repris suffisamment de mental pour lui tenir tête. La douleur provoquée lui avait rendu un peu de force.

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MIROIR : carey mulligan
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A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
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SITUATION : Esprit plongé dans un océan d'incertitudes et d'amers souvenirs aujourd'hui consumés.
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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Ven 18 Aoû 2017 - 21:07



Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines


“Pour la première fois, j'avais goûté à la vengeance; c'était comme un vin aromatisé; en l'avalant, il était chaud, sentait le terroir, mais laissait un arrière-goût métallique, corrosif, donnant la sensation d'un empoisonnement. ” Jane Eyre - Charlotte Brontë



Le doigt toujours profondément enfoncé sur la blessure de Lexie, Nirina ne pouvait s’empêcher d’afficher un sourire vicieux. Jamais de sa vie elle n’aurait pu croire qu’elle aurait été capable d’éprouver du plaisir devant la souffrance d’autrui et pourtant c’est ce qu’elle ressentait en cet instant. Entendre le hurlement de douleur de Lexie était pour elle une envoûtante et merveilleuse mélodie dont elle aurait pu se délecter jusqu’à sa mort et elle priait pour ne jamais oublier cette tonalité si parfaite. Lexie chantait pour elle. Et le bouquet final lui fut offert lorsque Lexie s’effondra à ses pieds, comme une pécheresse voulant implorer le pardon auprès de la Déesse qu’elle était actuellement. Mais la douce mélodie tourmentée fut bien vite remplacée par un son bien plus inquiétant, semblable aux trompettes de l'Apocalypse, celles qui annonçaient la venue imminente du Fléau. Nirina connaissait ce rire, Nirina savait ce qu’il signifiait et par dessus-tout, Nirina le redoutait.

“C’est là votre seule distraction dans votre pitoyable et inintéressante vie, j’ai pas raison ?”
La respiration de la blonde se bloqua d’un coup, cette phrase lui fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Elle fixait le mur, figée par la crainte à l’idée de comprendre sur quel chemin dangereux, Lexie était en train de l’amener. Alors elle perdit bien vite son sourire, son visage de porcelaine se transforma en un faciès calciné par la colère à mesure que Lexie continuait à enfoncer plus profondément son aiguille corrosive.
“Jenkins…” gronda-t-elle en dardant sur elle un regard assassin. Complètement paralysée, il lui était impossible de porter ses mains à ses oreilles pour les boucher, pour empêcher le venin de cette perfide vipère qui continuait à s’insinuer dans les oreilles de Nirina comme un poison sirupeux, jusqu’à éroder son esprit, son coeur, son corps. “Taisez vous Jenkins, fermez-la !” lui cria-t-elle, incapable d’entendre un instant de plus ces paroles insoutenables pour elle. “La ferme, la ferme, LA FERME !” Ce démon lui mentait, toutes ses phrases n’étaient que fiel et tromperies, dans le seule but de la détruire. Mais si Lexie mentait, pourquoi donc la blonde était soudainement envahie par la honte et le dégoût envers elle-même ? Pourquoi avait-elle l’impression que l’entité accrochée à son haut avait bel et bien réussi à l’emmener avec elle dans son gouffre infernal ?

Lexie avait finalement réussi à se lever, mais Nirina ne le remarqua même pas, plongée dans des souvenirs horrifiques où elle voyait son évolution depuis qu’elle était arrivée à Ostrov. Elle voyait la lente descente en Enfer qui avait jalonné son parcours. Mais la proposition de la patiente lui fit bien vite relever la tête dans sa direction, alors que ses yeux humides s'écarquillèrent d’incompréhension devant la patiente qui arracha brutalement son bandage. Le sentiment de toute puissance l’avait quitté, elle n’éprouvait plus aucun plaisir à voir le sang s’épancher sur le bras glabre de la brune, comme un ruisseau poisseux. Ses jambes la faisaient avancer à reculons, comme pour mettre le plus de distance entre elle et la brune qui s’offrait à elle.

Dans la confusion, reculant sans regarder où elle mettait les pieds, elle trébucha contre un objet métallique. En se retournant, elle vit un seau rouler nonchalamment par terre, toute l’eau qu’il contenait s’étant déversé par terre pour former une flaque grisâtre. Fiévreuse, des gouttes de sueur perlant de son front luisant, ses jambes tremblaient sous l’effort pour la soutenir, jusqu’à ce qu’elles défaillent et que la blonde s’écroule au sol. En baissant la tête, elle pu apercevoir le reflet que lui renvoyait la petite nappe d’eau. Mais elle ne se reconnaissait pas. Dans la flaque, ses traits étaient transformés, elle ne voyait qu’un visage dur, terni par la froideur, déformé par la haine. Dans ses yeux dansaient des flammes qu’elle avait toujours aperçu chez les autres patients rongés par la sauvagerie et la folie. Elle se trouvait hideuse. Dans cette pièce, elle se rendait compte qu’il n’y a avait qu’un seul monstre, et elle le contemplait, juste en face d’elle, tremblotant dans l’eau.
“Jenkins, qu’est-ce que vous avez fait ? Qu’est-ce que vous m’avez fait ?” demanda-t-elle d’un ton suppliant, la voix tremblante. Elle ne pouvait plus empêcher les larmes de ruisseler le long de ses joues, venant se déverser jusque dans ses lèvres, lui laissant un goût salé en bouche.

Des souvenirs sanguinolents et destructeurs venaient écorcher à vif son esprit, laissant des balafres pour seules traces. Elle contemplait Lexie, derrière l’amas de chair qui enveloppait la brune, Nirina arrivait à percevoir les feux de l’Enfer qui l’alimentaient, la blonde pouvait voir battre son coeur aussi noir que du charbon, un tas putride et décomposé qui battait au même rythme que du chaos et de l’Enfer. Elle-même pouvait sentir le brasier de la rage et de la haine la consumer ardemment, elle n’était plus un être humain, Jenkins l’avait transformait en une bête qui ne connaissait rien de la raison et qui ne répondait qu’à l’appel de la violence. Alors, cédant au déchaînement brut et animal qui la poussait à se jeter sur Lexie, elle s’y abandonna dans un cri rageur, fonçant tête baissée contre la brune et la plaqua sauvagement au sol. Ne laissant pas le temps à la patiente de se relever, elle se précipita sur elle, l’enjamba en bloquant son bassin contre ses cuisses, ses mains plaquées contre la gorge de la patiente.
“ C’est ce que vous cherchiez depuis le début n’est-ce pas ? Dès que vous m’avez vu, vous ne souhaitiez qu’une chose, me détruire pas vrai ?”  Ses doigts s’enfoncèrent un peu plus dans la peau de Lexie, jusqu’à ce que des fines marques rouges apparaissent aux endroits où les ongles de la blonde faisaient pression. “Qu’est-ce que vous voulez ? Vous voulez que je vous traite comme la traînée que vous êtes peut-être ?” Aussitôt, ses propres lèvres agrippèrent sans ménagement celles de Lexie, les pressant violemment, les mordant avec sauvagerie. les martyrisant sans pitié. Son esprit avait totalement perdu les pédales, sa raison s’était évaporée aussi rapidement qu’un iceberg plongé dans un geyser.
“ Je pourrais tout aussi bien vous faire subir la même chose que vous m’avez infligez le premier jour de notre rencontre.”



“Qu’est-ce qu’on va faire de vous Lexie...”


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Lexie Jenkins

MessageSujet: Re: Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines ♖ Nixie   Lun 21 Aoû 2017 - 11:30



❝Au royaume d'Apophis, les Furies sont reines❞
NIXIE
Lorsqu’elle s’aperçut que la blonde reculait, plutôt que de profiter de la situation, Lexie ne put s’empêcher d’esquisser un nouveau sourire, fière. Elle le savait, elle en était persuadée. Nirina ne s’attendait pas à voir la patiente réagir de cette façon à ses provocations. Elle laissa retomber ses bras, observant la chute pathétique d’une femme achevée par ses propres attaques. Après tout, c’est elle qui était entré dans cette cellule, avec la ferme intention de se venger. S’attendait-elle vraiment à ce que la brunette se laisse écraser de cette façon? C’était mal connaître Lexie… On la savait peut-être agressive et meurtrière, mais la patiente arrivait également à manier les mots avec une facilité effroyable. Ces mots qui faisaient parfois bien plus mal qu'un couteau planté dans la chair.

Que pouvait bien avoir à se dire deux femmes rongées par la colère? L'une détruite depuis son enfance, l'autre, supposait-on, brisée par l'incapacité de pouvoir changer des vies, à défaut d'arranger la sienne. Deux personnes totalement opposées par leur histoire, et pourtant si proches à cet instant... Lexie n'avait aucun remords, cependant. Aucun regret. Sa haine envers tout être humain, qu'il soit doté d'un coeur d'or ou pris de compassion pour elle, n'avait fait que se renforcer au fil des années. Aujourd'hui, et bien qu'elle ait pu s'attacher pour la première fois de sa vie à quelqu'un, Jenkins était incapable de faire plus d'efforts. Et certainement pas envers une psychologue. Alors, lorsque cette dernière lui demanda ce qu’elle lui avait fait de sa voix suppliante, affalée sur le sol tel un animal battu, Lexie se contenta de la fixer dans le reflet de la flaque d’eau, immobile et silencieuse. Totalement impassible, elle pencha légèrement la tête sur le côté et lui répondit d’un ton neutre; “Je vous ai seulement montré la réalité, Nirina. Comment prétendez-vous vouloir soigner des patients, si vous n’avez pas vécu un minimum de ce qu’ils ont enduré toute leur vie…?” C’était le goût de la vengeance qui avait fait de Lexie ce qu’elle était aujourd’hui. Faire regretter à quiconque osait s’intéresser de trop près à son passé, à ce mur qu’elle avait consolidé depuis toutes ces années. Et les médecins étaient les premiers à en payer le prix fort. Pour Lexie, ils étaient en partie coupables de ce qu’elle avait subi. Personne n’avait jamais compris son appel à l’aide, à travers son silence, à travers son regard d’enfant, implorant et démoli. Désormais, il était trop tard. Jenkins n’attendait plus rien de personne, à l’exception de leurs cris de douleur et leurs supplications…

Lexie ne bougea pas, lorsque la jeune femme se releva dans un cri de rage, fonçant droit sur elle, pour ensuite la plaquer au sol. Elle fut prise de soudaines nausées alors que sa tête lui tournait, ayant subi un choc dans sa chute. Puis, une nouvelle forte douleur lui prit à l’épaule. Jenkins afficha une grimace, sans pour autant repousser la jeune femme. Elle n’avait pas menti, lorsqu’elle lui demandait de lui faire autant de mal qu’elle le souhaitait. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, les mains de la psychologue s’étaient logées sur sa gorge, l’étranglant lentement. Lexie ne se défendait pas, elle plongea son regard dans le sien, écoutant avec attention les paroles de la blonde et se contenta de lui sourire en guise de réponse, avant que les doigts de Nirina ne viennent l’étrangler de plus belle. Elle arrivait à sentir ses ongles s’enfoncer de plus en plus dans sa peau, sa respiration se faire plus difficile, commençant même à apprécier cette sensation. Mais les derniers mots de la blonde lui firent l’effet d’un électrochoc, la ramenant aussitôt plusieurs années en arrière. Lorsqu’elle sentit les lèvres chaudes et humides de Nirina presser les siennes sans aucune douceur, Lexie ne bougea pas dans un premier temps, puis elle finit par répondre machinalement à ce "baiser"
“Je pourrais tout aussi bien vous faire subir la même chose que vous m’avez infligée le premier jour de notre rencontre.”
Pour Lexie, cette phrase prenait un sens aussi hilarant qu'ignoble… Parce qu’elle savait très bien de quoi Nirina voulait parler, elle était prise entre l’envie d’éclater de rire et celle d’étrangler sa “partenaire” pour avoir osé lui sortir de telles paroles… Et pourtant, lorsque la main de Nirina commença à se balader sur son corps, elle n’en fit rien. À la fois surprise par le comportement de la psychologue, et perdue dans ses douloureux souvenirs, Jenkins ne ressemblait plus qu’à une vulgaire poupée. Son corps semblait soudainement aussi lourd qu’une enclume. Ses bras refusaient de l’écouter. Elle avait l’impression que ses jambes étaient littéralement collées au sol. Même lorsque la main de Vespucci atteignit sa cible. Elle se sentait totalement vidée. Vidée de toute émotion. Elle ne ressentait plus rien. Ni la douleur à son épaule qui pourtant lui lançait comme une vive brûlure, ni le froid et d'humidité qui imprégnait son dos, alors qu'elle était encore à terre, le corps de la psychologue sur elle et une main tenant fermement son cou. “Qu’est-ce qu’on va faire de vous Lexie...” Cette phrase résonnait malgré elle dans sa tête, comme un vieux disque rayé. Combien de fois avait-elle pu entendre cette question? Autant de ses instituteurs lorsqu'elle se jetait sur ses camarades pour les frapper, que de ces hommes dépravés qui cherchaient le plaisir dans toutes les positions incongrues et imaginables. Et pourtant, cette question n'avait déjà plus la même signification... Nirina attendait-elle vraiment une réponse de sa part? Et si oui, qu'avait-elle à répondre... Lexie n'avait fait que se murer dans son silence depuis toujours, incapable de donner une explication à ses actes aussi barbares qu'incompréhensibles pour les autres.

Elle ne répondit pas tout de suite. Son regard transperça celui de la jeune femme. Et même si on aurait pu croire qu'elle était sur le point de craquer et de libérer les larmes qui lui brûlaient les yeux, Jenkins garda son air froid et insensible. Celui qu'on lui connaissait si bien. Elle se reprit aussitôt, jusqu’à dessécher ses yeux, effaçant la moindre preuve de ce qu’il lui restait d’humain... “Qu’est-ce que vous voulez faire de moi, Nirina…?” Finit-elle par demander en retour, d'un ton à la fois glacial et touché par une pointe de tristesse, qu'elle tenta de dissimuler derrière un faible rictus mauvais. “Je pense savoir.” Répondit-elle à sa place, alors qu’une de ses mains vint resserrer celle de la blonde encore plaquée contre sa gorge, l’invitant de cette façon à l’étrangler véritablement, un sourire fou sur les lèvres. “Qu’est-ce que vous attendez… je sais que vous en mourez d’envie.” Ajouta-t-elle d’une voix à demi étouffée par le manque d’air qui commençait à se faire sentir. "Est-ce que ça vous fait du bien, Nirina? Est-ce que ça vous soulage de pouvoir enfin vous défouler sur moi en inversant les rôles?" Contrastant parfaitement avec ses propos, Jenkins voulut provoquer le vice au maximum, en levant sa seconde main pour venir caresser la joue de la jeune femme, glissant ses cheveux derrière son oreille d’un geste plus obscène que tendre, au vu de la situation. “Vous êtes bien trop faible pour faire quoi que ce soit... Vous êtes incapable d’aider les gens, autant que de vous débarrasser de ceux qui vous entraînent petit à petit avec eux dans cet enfer…” L’image de son père lui revint sans raison en tête, ainsi que celles de tous ces hommes qui avaient réussi à détruire le peu d’innocence qui lui restait, à l’époque. L’espace de quelques secondes, le regard de Lexie quitta celui de la psychologue, pour se perdre dans le vide, dans ses souvenirs, avant de conclure d’une voix faible, absente; “On n’est pas si différentes l'une de l'autre, finalement…”

© Pando

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