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 You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]

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MessageSujet: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Ven 10 Mar - 11:52


Aujourd'hui je rencontre ta nouvelle psy. Oh joie. Mon esprit a visiblement décidé que j'avais besoin de me faire psychanalyser. Passionnant. Je ne pense pas vraiment qu'elle ai les compétences pour m'aider. J'observe les gens autour de moi depuis que je suis tout petit. Ils grouillent, ils crient, ils se bousculent, il se frappent, ils se marchent dessus, s'écrasent, pour être plus haut, toujours plus haut. Plus haut que les autres, plus haut que le monde, dominer la plèbe. Là n'a jamais été mon ambition. Je veux comprendre cette espèce. Vraiment. Mais je n'y parviens pas. Leurs esprits, leurs mœurs, leurs règles... Tout cela me semble dérisoire au vu de la façon dont ils se comportent. Ils sont en constant décalage avec leurs paroles, leurs actes n'ont pas de sens. Cette espèce que j'ai tant voulu comprendre étant petit, cette espèce à laquelle j'appartiens malgré mon dégoût, me révulse aujourd'hui. Et paradoxalement, ici, j'ai sans doute trouvé les gens les plus normaux depuis des années. Certains assument pleinement leurs pulsions violentes et destructrices. D'autres sont désabusés et portent sur la vie un regard sombre. D'autres encore ont abandonné l'espoir de comprendre et se laissent porter. Mais ce sont les personnes les plus saines que j'ai rencontré jusqu'ici. En même temps, ce n'est pas très compliqué après une année à souffrir chaque jour sans jamais voir la lumière du soleil. Lumière... Je suis seul dans le couloir tandis que je m'avance vers la porte du bureau et pourtant, je ne tressaille pas. Soudain, tout se rejoue dans ma tête, je suis dans un flash effrayant. Un souvenir. La lumière blanche, trop forte restant allumée durant des heures, mes yeux à l'agonie, mes paupières ne parvenant à affaiblir cette torture. Et soudain le noir pour quelques minutes, peut-être quelques heures me permettant de me reposer quelques heures... Puis de nouveau la lumière. Et cela durant des jours, l'un et l'autre s'inversant parfois très vite, sans prévenir, parfois le noir dominait durant ce qui semblait être des jours... Et au-delà de cette torture pour les pupilles; c'était ça le pire. L'attente et l'incertitude. Ne pas savoir quand est-ce que la roue va tourner, quand est-ce que la balance va s'inverser et pour combien de temps... Là-bas, tout était sujet à torture. Tout. Lorsque je reprends pied avec la réalité, je suis désormais devant la porte. Je lève le poignet et toque à la porte. Entre mon enfant. Entre dans l'arène. Entre dans son antre et découvre ce qui t'attends. Alors, lorsqu'une voix féminine te répond, tu baisses la poignet et pénètre dans le bureau, ton masque impassible sur le visage, expression figé qui te suis depuis ton enfance

"-Bonsoir."
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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Lun 20 Mar - 12:45


 
You are the fortunate one


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oppression’s guns

Avec Keith Joyce


Nirina avait raison ; une fois que l’on commençait à avoir des patients, on regrettait le temps où l’on se plaignait de ne pas en avoir. Enfin, presque. J’étais ravie d’avoir enfin commencé à travailler, d’autant plus que tous mes dossiers étaient plus intéressant les uns que les autres. Le seul problème, lorsque l’on vit sur son lieu de travail quand on est psychiatre, c’est qu’il n’est pas évident de se changer les idées et de penser à autre chose qu’à ses patients, et cela peut vite vous rendre fou. D’autant qu’en plus de mes patients assignés, j’avais rencontré bon nombre d’autres patients qui m’intriguaient et occupaient mes pensées ; Anastasia, une infirmière qui souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique ; la douce Héloïse et ses terreurs nocturnes ; Edward, qui semblait être violent et méchant avec presque tout l’hôpital mais qui était étonnamment agréable envers moi ; John – ou Frédéric – mon partenaire d’échec bipolaire ; et Lexie, qui me rappelait tant Matty. En voilà un, d’avantage à avoir l’esprit aussi occupé par les problèmes de toutes les personnes que j’avais rencontrées : je n’avais plus guère de temps pour m’apitoyer sur le sort de mon meilleur ami et culpabiliser.

Ce soir, j’avais un rendez-vous avec un nouveau patient au dossier aussi terrible que compliqué, et honnêtement, j’étais horriblement angoissée. L’histoire de Keith était tragique, lui qui avait un jour été un héros au service de son pays, il se retrouvait aujourd’hui interné des suites de nombreuses années de torture, qui lui avait laissé des séquelles tant physiques que mentales. C’était la première fois que je devais travailler avec quelqu’un qui avait subi de telles violences, et je ne savais pas vraiment comment m’y prendre. Sincèrement, je ne comprenais pas pourquoi on avait confié un cas aussi complexe à la jeune diplômée que j’étais. Alors qu’un coup frappe à la porte de mon bureau, je balaie ce sentiment d’insécurité de mon esprit. Je me devais de faire de mon mieux pour l’aider. "Entrez !" La porte s’ouvrit alors sur un homme grand, relativement bien bâti, très impressionnant et un visage qui ne laisse transparaître absolument aucune émotion. Je déglutis et affiche l’un de mes éternels sourires. "Bonsoir, Keith. Je suis le docteur O’Callaghan, mais vous pouvez m’appeler Niamh si vous le préférez." Je me lève pour lui tendre la main et lui indique le fauteuil en face de moi d’un petit mouvement de la tête. "Je vous en prie, installez-vous. Comment allez-vous aujourd’hui ?" Ma voix est calme, posée, mais a perdu son habituel ton enjoué avec lequel je m’adresse d’habitude à mes patients plus… disons aux cas moins graves que celui qui se présentait actuellement devant moi.


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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Mer 22 Mar - 9:18


Je poussais la porte et, mû par un réflexe acquis au fil des années, mon cerveau analysait la personne devant moi et le bureau qui nous entourait. C'était un bureau relativement simple, ne possédant pas de grandes différences avec l'époque où c'était Mr Wayne. Pas besoin d'y revenir une deuxième fois bien que je note quelques changements. En revanche, la personne qui se trouve en face de moi est bien plus intéressante. C'est une jeune femme, les cheveux bruns clair, de grands yeux bleus/verts. Elle déglutit puis m'adresse un sourire. Visiblement, elle est angoissée ou stressée mais tente de faire bonne figure. Est-ce moi qui la stresse ? Elle n'a pourtant pas grand chose à craindre. Je ne suis, ni un psychopathe, ni un sadique et hormis ce jeu dangereux et addictif que nous menons avec Kaleb, je suis tout ce qu'il y a de plus sain... Enfin, autant que je peux l'être. Je répondais à son salut par un hochement de tête et enchaînais "-Keith Joyce, enchanté docteur O'Callaghan.". Je serrais sa main tout en songeant que je ne pensais pas en venir un jour à l'appeler par son prénom. Après tout les personnes que j'ai appelé par leurs prénoms depuis mes dix-huit ans se compte sur les doigts d'une main et j'en connais trois sur cinq depuis bien peu de temps. Enfin, c'est une autre affaire.

Je m'asseyais sur le fauteuil qu'elle m'avait désigné d'un simple mouvement de tête. Allons-y. Je m'assois face à elle et écoute avec attention ce qu'elle vient de me dire Au moins, elle semble sérieuse et polie, bon point pour elle. Il y a énormément de choses qui m'exaspère chez l'espèce humaine, mais je crois qu'après la violence gratuite et une ambition qui me fait frémir d'effroi tant elle est poussé à l'extrême, c'est bien l'impolitesse que je haïs le plus. Ça fait stéréotype de l'anglais de bonne famille, je sais. Mais j'ai été élevé de cette façon là et si il y a bien une seule chose que je dois retenir de mon éducation, c'est celle-ci : la politesse est extrêmement importante. Je la fixais quelques instants avant de répondre "-Je vais bien, j'ai passé une journée plutôt banale. Et vous ? Comment allez-vous ?". Il me semble entendre la voix de Sharp dans mon esprit "-Connaissez-vous le concept d'un psychologue Joyce ?". Oui je le connais, merci de votre sollicitude. Mais une nouvelle fois, c'est une question de politesse. Et puis, parler de moi n'est pas mon activité favorite. Peut-être parce que j'ai dû dissimulé toute ma vie durant une partie non-négligeable de mon existence et revêtir le costume d'un autre. Toujours est-il que je préfère entendre les autre parler d'eux plutôt que l'inverse. Et puis ainsi, cela me permet de vérifier que je n'ai pas oublié un entrainement de plus de six ans. La psychologie, la philosophie et la physique ont toujours étés les parties de mon entraînement que j'ai trouvé les plus intéressantes. Alors je ne perds pas une occasion de mettre en pratique ce que j'ai appris.
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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Ven 9 Juin - 16:48


 
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Avec Keith Joyce


Keith était imposant et impressionnant ; il faisait bien plus d’une tête de plus que moi, et alors qu’il m’observait rapidement après être entré dans mon bureau, je dois dire que j’aurais préféré être n’importe où plutôt que dans cette situation. Je m’efforçai cependant de garder un visage ouvert et accueillant, dissimulant tant bien que mal ma gêne. Heureusement, lorsqu’il prit la parole pour se présenter, je fus surprise d’entendre une voix douce et posée bien qu’un peu rauque. Quelque chose dans son ton me mit immédiatement à l’aise et oublier la différence de taille et le stress que suscitait la complexité de son cas.

Nous nous assîmes l’un en face de l’autre, et Keith répondit poliment à ma question. Je souris en entendant son accent anglais. J’avais lu dans son dossier qu’il était né à Manchester, mais il parlait presque comme un véritable Londonien, seule son intonation sur quelques mots le trahissait. Il m’avait retourné la question, et même si je savais qu’il s’agissait l’un d’un moyen de repousser les choses sérieuses, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était intéressé par ce que j’avais à dire. Ou peut-être me trompai-je et c’était simplement de la politesse. En parlant de politesse, je me rendis soudain compte que je ne lui avais pas proposé une tasse de thé, ce qui me choqua profondément, en bonne Irlandaise que j’étais. Cela pouvait sembler exagéré, mais j’avais été éduquée dans la tradition que la première chose à faire lorsque quelqu’un entrait chez moi – ou en l’occurrence, dans mon bureau, était de lui offrir un thé avant même de leur demander comment ça allait. Je me levai et me dirigeai vers le petit meuble à côté de mon bureau où se trouvaient une bouilloire et quelques tasses. "Je suis terriblement désolée, je ne vous ai rien proposé. Est-ce qu’un thé vous ferait plaisir ?" Je mis la bouilloire à chauffer et me retournai pour faire face à mon patient. "Je vais bien également, je m’habitue encore à la vie ici… Je suis arrivée il y a quelques semaines seulement." Si tout allait bien, il me demanderait ensuite ce que je faisais ici. Il semblait que toutes les personnes avec qui j’avais parlé depuis mon arrivée se demandaient si j’étais saine d’esprit d’avoir choisi cet hôpital pour mon premier emploi. Une question que mes parents et mes proches s’étaient également posé – tout le monde, à part moi manifestement. Lorsque j’avais entendu parler de cette annonce et de ce lieu, je n’avais pas hésité une seconde. Comme si quelque chose m’avait indéniablement attiré ici. J’anticipai donc la prochaine intervention de Keith, au risque de lui couper la parole, mais j’étais presque sûre qu’il n’avait pas très envie de parler de toute façon. "Je sais ce que vous allez dire: Pourquoi suis-je venue dans cet endroit ? Pour être tout à fait honnête avec vous… j’avais besoin de changer d’air." Fuir, en d’autres termes. Sans trop savoir pourquoi, je continuais à parler, tout en préparant deux tasses de thé. "J’étais enfermée dans une routine en Irlande, et je ne voyais pas ma vie avancer… En tout cas pas de cette manière, pas là-bas et pas avec ces gens-là…" Je m’interrompis en réalisant que, bien qu’en l’ayant pensé tout bas pendant très longtemps, c’était la première fois que j’exprimai ce sentiment à voix haute. C’était extrêmement libérateur, mais aussi inquiétant. Je n’étais pas censé faire ça, me confier à mes patients alors que c’est moi qui devrais les aider. Et, en tant que psy moi-même, je n’étais pas non plus censé avoir besoin d’être « libérée ». Je posai une tasse devant mon patient et retournai m’asseoir. "Encore une fois, je suis vraiment désolée… Je ne devrais pas vous dire ça, c’est tout sauf professionnel." Je sirotai mon thé pendant quelques secondes avant de reporter mon attention vers Keith. "Y a-t-il quoi que ce soit dont vous aimeriez parler aujourd’hui, Keith ?" Je ne voulais pas le bombarder de questions pour cette première séance. Ce n’était d’ailleurs typiquement pas ma méthode favorite. Je voulais qu’il s’ouvre de son plein gré, chose qui ne serait certes pas facile, mais j’aurais été heureuse s’il ne me parlait simplement que du temps qu’il faisait dehors, ou de la qualité du thé.

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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Mar 8 Aoû - 22:42


Elle me plaisait celle-ci avec sa politesse. Pour moi, la politesse était quelque chose de très important et ses manières tout comme ses paroles me faisaient penser que j'avais en face de moi quelqu'un de respectueux, ce qui me convenais parfaitement. Même si elle n'était peut-être pas en mesure de m'aider, je ne doutais pas une seule seconde que j'allais l'apprécier. Je hochais doucement la tête lorsqu'elle me demanda si je désirais une tasse de thé. J'avais l'impression de ne plus avoir avalé un thé de qualité depuis... Depuis ce dernier petit-déjeuner avec Mallory. Ce dernier repas en compagnie de ma femme, ce dernier repas aux alentours de six heures, au petit matin, la tasse chaude réchauffant doucement nos doigts frigorifiés. Nos regards se perdant dans le lointain où le soleil se levait, apparaissant entre les hauts grattes-ciels. Ce silence apaisé entre nous. Nous savions que nous devions profiter de chaque instant qui nous était accordé. Nous étions sur la brèche, la suspicion lourde des américains pesant sur nous depuis des mois. Je me souviens encore de son profil se découpant sur le ciel rosé. Ses cheveux couleur de blé jouant avec le vent. Je n'avais peut-être jamais aimé Mallory. Mais elle me connaissait mieux que n'importe qui, et j'avais confiance en elle comme en personne d'autre. La jeune femme ayant hérité de la tâche de s'occuper de mon cas me sortit de mes pensées reprenant la parole. J'avais du mal à comprendre ce qui l'avait poussé à venir s'enterrer ici. Mais de ce point-de-vue là, je n'avais rien à dire. C'était bien moi qui avait évolué durant des années dans la fosse aux serpents et sans filet de sécurité. Je connaissais mes raisons et ce n'était certainement pas l'attachement envers mon pays. Mais j'estimais que ces raisons étaient personnelles. Personne ne les connaissaient, pas même Mallory ou Abel avec qui j'avais pourtant l'habitude de parler de tout. Mais il faut dire que le jeune militaire ne connaissait pas la vérité. Je me suis toujours demandé ce qu'il en penserait. Je ne le saurais jamais.

Elle poursuivit sans que je n'ai besoin de l'interroger. Je la regardais attentivement, analysant tout les éléments qui me parvenaient.Ses intonations, ses mouvements, la direction de son regard... Rien ne m'échappait. Elle en révélait plus que ce à quoi je m'attendais mais ce n'était pas pour me déplaire. J'aime savoir, avoir le contrôle. J'analysais ses paroles et répondit d'une voix calme et posée "-Je ne me permettrais pas de vous juger, encore moins sur ce terrain-là. Cette sensation d'enlisement dans un quotidien qui ne nous convient pas peut être extrêmement aliénante sur un plan moral et psychique. Est-ce que désormais, malgré ce cadre quelque peu étrange, vous avez enfin cette sensation d'avancement voir d'épanouissement ?". Bon. Visiblement mes années d'entrainement en psychologie et littérature ressortaient et je n'avais rien perdu des enseignements que j'avais reçu ce qui était extrêmement rassurant. De plus, je n'avais pas posé cette question pour éviter de me retrouver dans cette situation peu agréable de devoir parler de moi. Enfin un petit peu, mais j'étais aussi intrigué par cette jeune femme dont le passé semblait lourd à porter à travers les termes qu'elle employait pour en parler. Je saisissais ma tasse de thé et la remerciait doucement avant de l'écouter de nouveau. Professionnel... Si elle savait à quel point ce terme n'a plus de sens entre ces murs. Ici la notion de professionnel n'existe pas et les médecins sont souvent bien plus fous que les patients. Je goutais son thé et retins à grande peine un soupir de bonheur. Si elle me propose une tasse de thé à chaque début de séance, je veux bien venir ici trois fois par jour ! Cette sensation m'avait manquée. Je fixais de nouveau mon regard dans le sien et répondit avec un sourire poli mais aussi appréciateur, comme un remerciement "-Tout d'abord laissez-moi vous dire que votre thé est excellent, voilà longtemps que je n'en avais pas goûté d'aussi excellent.". En même temps on ne peut pas dire que le thé d'ici soit le meilleur du monde. J'enchaînais, décidant de jouer la carte de l'honnêteté "-Ensuite je me dois de vous avouer que, bien vous me soyez sympathique pour le moment, je n'ai aucune envie de vous parlez de moi. Cependant, comme je sais que vous vous trouvez dans l'obligation d'essayer de me faire cracher mes moindres secrets, je vous propose un petit marché. Une information sur vous comme un ressenti ou une petit morceau de votre histoire et, en échange, je réponds à une de vos questions.". Je voyais ça comme un échange, cette femme m'intriguait. J'étais curieux d'en savoir plus sur elle. Je cherchais toujours à affiner mes réflexions et questionnements sur l'espèce humaine et elle me semblait être un excellent sujet d'étude. Appelez-ça l'instinct. Je replongeais mes lèvres dans mon thé, le savourant à petites gorgées en attendant sa réponse.


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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Jeu 17 Aoû - 12:54


 
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Je ne sais pas pourquoi je viens de déblatérer ce flux de paroles à cet homme que je connais pas, et que je suis censée faire parler, pas l’inverse. Probablement pour meubler, pour réfléchir à quoi lui dire ensuite, quelles questions poser pour le faire s’ouvrir. Pour cacher mon malaise aussi, de me retrouver face à cet homme plus âgé, avec tant d’histoire, qui me fait sentir encore plus petite et jeune que je ne le suis. Mais aussi parce que c’est incroyablement libérateur. Je n’ai jamais exprimé à voix haute les vraies raisons qui m’ont poussées à venir m’isoler à Ostrov à qui que ce soit. Par peur du jugement des autres, qu’ils tentent de m’en dissuader aussi, alors que je sais que je le mérite. Je n’ai aussi surtout jamais rencontré l’interlocuteur qui me pousse à le faire. Jusqu’à aujourd’hui. Je sais qu’il a une certaine formation en psychologie, mais il y a autre chose. Dans mon travail et mes expériences passées, j’ai eu l’occasion de rencontrer et discuter avec de nombreux confrères, mais aucun ne m’a jamais mise autant en confiance que Keith.

Je suis un peu perdue entre cette confiance qu’il m’inspire pour me confier justement, et l’inconfort de ne pas savoir comment l’approcher pour le faire parler. Sa voix profonde et calme et ses paroles délicates et polies me font me calmer un peu. Il arrive à retranscrire parfaitement ce que je ressentais avant de quitter l’Irlande pour venir ici. Lorsqu’il me demande si je réussi enfin, ici, à me sentir bien, je prends quelques instants pour réfléchir à la réponse. "J’exerce le métier qui me plaît et cela me permet de me sentir épanouie, oui. Et puis, tout le monde n’est pas si terrible que cela, ici…" Je souris doucement en pensant à Héloïse, Nirina, Ania ou encore Edward. Sur toutes les personnes que j’ai rencontrées jusque-là, la moins bonne expérience, disons, est Lexie. Je perds mon sourire et porte la main à ma gorge, me remémorant la force de la main de la jeune fille la serrant. Pas ma meilleure expérience, mais je ne perds pas espoir. Je reporte mon attention sur mon patient, qui semble manifestement apprécier la qualité du thé que je lui ai offert. Cela me fait sourire, et il continue à parler, me proposant une offre qui me fait hausser un sourcil, sans perdre mon sourire. Intéressant. Pas mon approche habituelle du tout, mais après tout, je n’avais pas à faire à un patient ordinaire. Et puis après tout, pourquoi pas, puisque dans tous les cas je suis manifestement en confiance avec lui. Mais c’est aussi ce qui m’effraie. Je ne le connais pas, et il pourrait très bien utiliser la moindre information que je lui donne contre moi. Je mords l’intérieur de ma joue. C’est un risque à prendre. Je sais que si je ne m’ouvre pas à quelqu’un ici, je vais devenir folle. "Cela me paraît juste." Je m’avance et croise les mains devant moi, haussant à nouveau un sourcil. " Vous en savez déjà plus que n’importe qui sur les raisons de ma présence ici, alors à mon tour." Je prends quelques secondes pour réfléchir à ma question et trouver les bons mots. "Comment sont vos interactions sociales, au sein de l’hôpital ? Sans parler d’amis, comment est-ce que vous qualifieriez vos relations avec les autres patients et les membres du personnel ?" Keith ne me frappe pas comme le type de personne à avoir beaucoup d’amis auxquels se confier, mais dans le contexte d’Ostrov, il est toujours important d’avoir des gens sur qui compter.

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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Jeu 31 Aoû - 18:41


Je me sens satisfait lorsque je la vois hausser un sourcil, un sourire aux lèvres, visiblement intéressée. Bien. Si ces séances deviennent un jeu de questions/réponses où j'ai également le droit de me divertir et d'en apprendre autant sur elle que elle sur moi, ça sera sûrement bien plus amusant. Ici, l'ennui est légion et n'importe quelle occasion est bonne pour s'occuper. De plus, je vois ces séances bien plus comme une corvée que comme une thérapie. Si j'ai, moi aussi, le droit de m'exercer, je ne vois pas de raison de refuser. Cela sera sûrement bien plus divertissant ainsi. Je hoche la tête lorsqu'elle me répond que cela lui paraît juste. Bien. Nous allons pouvoir avancer. De plus mettre en pratique mes vielles formation m'évitera de ruminer de mauvais souvenirs. Un peu comme les joutes verbales que je mène en compagnie de Kaleb. Je l'écoute attentivement lorsqu'elle m'expose la raison pour laquelle elle devrait me poser sa question en premier avant d'hocher la tête, beau joueur. Elle n'a pas tort après tout. Et puis elle a répondu à mes questions avec honnêteté, je me dois de lui renvoyer l'ascenseur. Même si l'honnêteté n'est pas ma spécialité. Je reprends une gorgée de thé pour me donner le temps de réfléchir à quelle réponse je vais lui donner. Je choisis d'abord de lui faire une remarque avec un sourire "-Vous trichez Miss. Nous avons dit une question. Mais disons que c'était une erreur de début.". Un bruit cristallin qui m'agresse les oreilles se fait entendre lorsque je repose ma tasse sur la table, bien que je ne montre rien de la sensation désagréable qui m'a traversé en entendant ce bruit agaçant. Depuis l'enfermement, j'ai du mal à supporter les bruits trop forts que je ne contrôle pas. Ça me rappelle les aboiements des chiens qu'ils menaçaient de lâcher sur moi. Je me laisse aller au fond du fauteuil et pose mes coudes sur les accoudoirs pour pouvoir lier mes doigts devant moi. Alors, enfin, je m'autorise à répondre, contrôlant soigneusement chacun de mes mots, chacune de mes intonations "-Je ne considère pas ma situation comme la réalité bien qu'on puisse sans doute voir cet asile comme une forme de réalité. Je suis encore enfermé dans les locaux de la CIA. Nous sommes dans mon esprit. Je contrôle ce monde comme le maître du jeu face à son plateau d'échecs. Mon esprit créé ce dont il a besoin pour survivre à la torture. Je n'ai pas vraiment d'amis ici seulement des personnes à qui je tiens et qui m'empêchent de devenir fou.".

Je sais. Je n'ai pas vraiment répondu à sa question. Mais je n'ai pas d'autres réponses. Je suis attaché à certaines personnes ici, voilà tout. Des répliques de mon passé comme Abel, des gens distrayants comme Kaleb ou Jeremy et Alex. Des créations qui m'empêchent de penser à une réalité de souffrance et d'horreur. Comment ne pas m'attacher à eux ? Même si voir Abel me rappelle douloureusement mes fautes et que Kaleb est exaspérant (et un excellent adversaire). Mais tout ça, elle doit déjà le savoir. Après tout, elle aussi est une création de mon esprit. Sauf si mon cerveau a décidé de jouer jusqu'au bout la psychanalyse intérieure et donc de ne rien lui révéler. Je réfléchis quelques secondes et me décide finalement à l'interroger à mon tour "-Vous m'avez dit sentir que vous ne pouviez pas évoluer en Irlande. Pourquoi donc ?".
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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Mar 10 Oct - 23:00


 
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Je ne peux retenir un sourire lorsque Keith me fait remarquer que j'ai triché en posant non pas une mais deux questions. Je relève aussi le fait qu'il m'appelle "miss". Pas "Niamh" certes, mais pas "docteur" non plus. Je note rapidement cette observation sur mon carnet de notes, puis reporte mon entière attention à mon patient alors qu'il continue de jouer à notre partie de questions/réponses. Sa réponse me surprend, malgré le fait que son dossier précise en effet qu'il souffre de désorientation entre la réalité et ce qui lui est arrivé. Le fait qu'il pense que ce moment ne se passe que dans sa tête et qu'Ostrov, mon bureau, ainsi que moi-même ne soyons que des inventions de son esprit indique cependant un état plus avancé de sa condition que ce que je pensais. Je pose à nouveau mes pensées sur le papier, n'oubliant pas que Keith, sans faire mention d'amis à proprement parler, a tout de même identifié des personnes sur lesquelles il puisse compter. Certes, d'après son raisonnement, ils ne sont que pure invention, mais tout de même. C'est définitivement quelque chose à retenir.

J'essaie de comprendre comment son esprit peut fonctionner sur la base d'après laquelle son corps est toujours enfermé dans une cellule de torture. Le psyché de l'être humain est décidément l'une des choses les plus passionnantes au monde. Cependant, mon patient me tire de ma rêverie, n'oubliant pas les règles de notre jeu. C'est à son tour de me poser une question. Il n'a manifestement rien manqué des détails du flot de paroles que j'ai laissé échapper quelques moments plus tôt. Cette question, ainsi que sa position dans le fauteuil en face de moi, me fait me sentir terriblement inconfortable. Est-ce donc cela que ressente mes patients lors des séances ? Je comprends maintenant la réticence de certains. Je prend une grande inspiration mais ne répond pas tout de suite, réfléchissant un instant à ma réponse. "Je connaissais tout ce qui constituait mon environnement. La ville dans laquelle je vivais, les gens que je cotoyais... Mon avenir était tout tracé. Une vie tranquille et routinière m'attendait. Mais je n'ai jamais été très fan de la routine. Ne dit-on pas qu'une fois que l'on a goûté à l'aventure, on en veut toujours plus ?" Je ne suis absolument pas sûre que cela soit un vrai dicton, mais c'est en tout cas ce que je ressens. Matthew a clairement été une aventure, la plus belle malgré qui l'a entourée. Je décide de ne pas en dévoiler plus pour le moment, gardant le plus possible de cartes en main. Je bois encore une gorgée de thé avant de reposer délicatement la tasse sur sa soucoupe. Mon tour de jouer.
"Permettez-moi de vous demander... Pourquoi créer ce monde, cet endroit en particulier pour contrer le traumatisme de votre torture ?" Ostrov est loin d'être un paradis tranquille dans lequel s'évader pour ignorer la douleur, et je suis curieuse de connaître les motivations de Keith derrière son raisonnement.


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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Lun 23 Oct - 21:48


Je l'observe prendre une grande inspiration avant d'enfin m'offrir sa réponse. Réponse que je médite et savoure. Intéressant. Pour certains, ce genre de vie est tout à fait ce qu'ils désirent. Je n'ai jamais fais parti de cette catégorie. Ces shoots d'adrénaline durant plus de quinze ans... Je ne peux plus vivre sans. Cette sensation d'être métaphoriquement jeté dans le vide sans filet... Elle est addictive. Addictive et dangereuse. Mais j'ai toujours risquée ma vie, jamais crains la mort. Ce n'est pas pour commencer aujourd'hui. Toujours est-il que j'ai ma prochaine question. Et elle m'a été servie sur un plateau d'argent par la jeune femme face à moi. J'attends avant de lui servir mon analyse. J'attends d'en savoir plus. D'être allé plus loin. D'avoir extirpé tout ce qui me semble essentiel et même plus. J'ai toujours aimé cet exercice. Beau travail d'analyse, fin travail de maîtrise, passionnant travail de manipulation parfois. J'en sourirais presque rien que d'y penser. Un tic infime agite mon visage lorsque la tasse percute sa soucoupe. Si infime qu'elle n'en a probablement rien vu. Mais moi je l'ai senti. Et ça m'agace. Cela signifie que leurs méthodes de barbares font effet. Et ça ne me plait pas du tout. Néanmoins, je n'en laisse rien paraître et attends sa question. Intéressante d'ailleurs et qui me porte à réflexion quelques instants. C'est vrai au fond... Pourquoi Ostrov ? Mais je sais pourquoi. Je la fixe donc et réponds, me décidant à me livrer quelque peu. Après tout on parle d'une thérapie entre moi et mon cerveau. Si je ne peux pas tout dire ici, alors où ? "-Pour plusieurs raisons. Tout d'abord Ostrov est une île, je ne vous apprends rien. Cela me permet d'avoir l'impression d'être véritablement coupé du monde, de ce qui se passe quand je ne suis pas ici. J'ai besoin de voir cet espace comme un lieu où l'on ne pourra venir me chercher simplement en claquant des doigts. Je suis sûr que vous vous souvenez de la panne générale lorsque tous ont essayés de s'enfuir. Personne n'y est parvenu. Ostrov est impénétrable. Personne n'y entre sans autorisation et inversement. Quant au côté hôpital psychiatrique... Tout est préférable aux locaux de la CIA.". Ma voix s'est fait froide, tranchante et mon visage fermé et dur sur cette dernière phrase. Qui n'a jamais mit les pieds dans les sous-sols de l'organisation ne peut pas comprendre ce qui s'y passe. Ce qu'on y subit. L'horreur que représente ces lieux. Ostrov avec son isoloir et ses expériences sur ses patients est une véritable cure thermale à côté de ce qu'on subit là-bas. Je sais que le monde n'est pas beau. Je sais que le monde n'est pas gentil. J'avais besoin de retrouver cette notion de... Réalisme dirais-je dans ma création. De réutiliser ce que je connais à un niveau moindre. Certains pourraient prendre ça pour une forme de masochisme. Je n'y vois qu'une adaptation pour que le retour à la réalité ne soit pas trop compliqué. Je finis par l'interroger à mon tour, me souvenant de ma question "-Vous avez apparemment déjà goûté à l'aventure. Pouvez-vous m'en dire plus ?". Question ouverte appelant à une réponse vaste que j'espère entendre.
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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Lun 30 Oct - 21:07


 
You are the fortunate one


who never faced


oppression’s guns

Avec Keith Joyce


Je suis quelque peu soulagée de voir que Keith n'a pas mal pris ma question. Il aurait eu tous les droits d'être offensé par mes paroles, de penser que je suggérais que je le pensais stupide de s'évader de la torture par une autre forme. Au contraire, il a l'air de la trouver plutôt intéressante, et me gratifie d'une réponse longue et complète. Une réponse tout à fait logique, et cette lucidité me surprend. C'est bête, mais je n'avais absolument pas pensé à ces raisons. Mais à y bien penser, il est clair qu'on ne se remet pas d'une telle expérience, d'un tel traumatisme, simplement en s'imaginant sur une plage paradisiaque, avec insouciance et légèreté. La seule chose sur laquelle j'ai besoin qu'il m'en dise plus, c'est pourquoi il est encore persuadé d'être enfermé dans ce passé, qui pour lui n'est justement pas révolu. D'où ma prochaine question. Cependant, je connais les règles du jeu, et attends donc patiemment que Keith me pose une question à son tour.

Une question qui m'arrache un sourire en coin, et je secoue légèrement la tête. Il faut dire que celle-là, j'aurais dû la voir venir ; je lui ai vraiment tendu la perche après ma dernière réponse. Sourire malicieux qui se maintien alors que j’étudie sa question plus en détail. Il est très bon, et cela ne fait aucun doute que Keith aurait fait un excellent psychiatre s’il avait choisi cette voie. Pouvez-vous m’en dire plus ? est la question parfaite, ouverte et impartiale. Je me recule et m’appuie contre le dossier de mon fauteuil. Encore une fois, le dilemme. Ne pas trop en dire pour ne pas m’exposer et me mettre en péril. Mais en dévoiler suffisamment pour ne pas enfreindre les règles et continuer à encourager Keith à s’ouvrir. Et aussi, malgré tout, ce besoin de parler, d’extérioriser ce que j’ai gardé enfoui en moi pendant si longtemps. Je fronce le nez et joue avec une mèche de mes cheveux. Geste trahissant ma gêne, je le sais. Matthew me le faisait remarquer tout le temps. Et mon interlocuteur, fin observateur, ne passerait sûrement pas à côté. "Autant vous le dire tout de suite, cela n’a rien d’aussi exaltant que la vie d’agent secret. Disons que… Il faut dire que je n’avais pas une vie exaltante du tout, pour commencer." Je laisse échapper un petit rire. Ce n’est rien de le dire. C’était limite si ma vie n’était pas millimétrée à la seconde. "Et puis, un jour… J’avais douze ans, j’étais en cours, un matin ennuyeux comme les autres." Le regard perdu dans le vide, je ne peux m’empêcher de sourire en me remémorant cette journée. "Un nouvel élève, étranger, est arrivé. Il était… différent. De toutes les personnes que je n’avais jamais connues. Nous sommes devenus amis, et… pour reprendre les mots de mes parents, nous avons vraiment fait les quatre cents coups. Nous avons vraiment vécu de belles aventures…" Nouveau sourire nostalgique mais aussi attendri. Je n’ai pas vraiment précisé ce que je voulais dire par différent, mais j’espère que Keith ne relèvera pas. Qu’il sera plus intéressé par ce qu’il s’est passé ensuite, et pourquoi j’ai utilisé un temps passé. Délibérément ou inconsciemment, je crois que je veux que Keith me demande ce qu’il s’est passé ensuite. En détails. Au final, je réalise que j’aurais vraiment besoin de consulter un psy, moi aussi.

Dans tous les cas, j’ai répondu. Je peux donc reprendre ce que je suis censée faire et poser ma prochaine question, et ne me fait pas prier pour le faire. "Keith… Qu’est-ce qui vous fait penser que vous êtes toujours retenu par la CIA, et que ceci n’est pas la réalité ?"


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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Ven 3 Nov - 21:10


Je l'observe tandis qu'elle semble réfléchir à sa réponse. Réponse qui ne doit pas être évidente au vu de son nez qui se fronce et de son doigt qui se perd dans ses cheveux. Je me mets alors à écouter sa réponse avec beaucoup d'attention, sentant déjà que je ne vais pas être déçu. Et effectivement, je suis loin de l'être. Mon cerveau s'est déjà mit en marche pour décortiquer sa réponse. Douze ans. Je dirais qu'elle doit avoisiner les vingt-cinq aujourd'hui. Nous avons donc treize ans de ce qui est encore un vide abyssal pour moi à découvrir. Cela va être intéressant. Second élément, elle a hésité sur le mot différent. Il y a sûrement quelque chose à creuser de ce côté-là, encore plus sachant qu'elle ne s'est pas plus étendue que cela. Troisième élément, l'utilisation du passé. Mon instinct me souffle que ce "Nous avons vraiment vécu de belles aventures" est relié, de près ou de loin, à sa venue à Ostrov. Et au fil des années et des missions, j'ai appris à me fier à mon instinct. Quelle histoire passionnante mon inconscient m'a-t-il encore pondu ? Une chose est sûre, cela va être distrayant. Je prépare déjà mes futures questions, visualisant notre entrevue comme un plateau d'échec. Sauf que cette fois, l'adversaire n'est pas Sharp mais Miss O'Callaghan. Ce qui n'empêche pas la partie d'être toute aussi intéressante. J'hésite encore sur ma prochaine question et tandis que je pèse encore le pour et le contre, une nouvelle interrogation, m'étant destinée cette fois, fend l'air. Et lorsqu'elle parvient à mes tympans, lorsque mon cerveau la décode, mon visage se ferme. J'ai soudainement envie de la frapper. La frapper pour qu'elle puisse ne serait-ce qu'envisager à chacun de mes retours à la réalité. Elle m'énerve soudain. Elle m'énerve. Néanmoins je m'oblige à garder mon calme et siffle d'une voix froide aussi tranchante que la pointe effilée d'un poignard « Demandez à quelqu’un de vous torturer sans prévenir et régulièrement. On verra si vous n’essayerez pas de vous réfugiez là-haut après. ».

Mon visage s’est fait froid, masque impénétrable. Je n’aime pas que l’on questionne mon rapport à la réalité. En fait je hais ça. Et la dernière création qui s’y est risquée a fini avec plusieurs côtes cassées, un poignet fêlé et une molaire déchaussée. Les quarante secondes qui ont séparées le moment où j’ai commencé à le frapper du moment où un infirmier m’a injecté un calmant ont été largement suffisantes. On efface pas si facilement un entraînement constant de plus de quinze ans, même après des années de torture. Des années ? Je ne sais plus vraiment. J’ai fini par perdre la notion du temps à force de ne plus voir le soleil autrement qu’en pensée. Je penses avoir eu quarante ans. Mais je m’en fiche en fait. Ce n’est qu’une vague tentative de repère, mais je pourrais tout autant avoir quarante ans que soixante que ça ne changerait pas grand-chose au final. Juste le nombre d’années où j’aurais tenu dans cet enfer. Pour tenter de me calmer, j’appelle à moi les visages d’Abel et Irina. Je me suis refusé à l’appeler autrement depuis que j’ai moi-même dû abandonner l’identité de Darnell. Darnell et Mallory était un couple marié et heureux en ménage. Moi et Irina étions le soutien de l’autre, son assurance de survie dans une fosse aux serpents. Jusqu’à ce que la corde cède, que la couronne anglaise nous abandonne. Quant à Abel… Oui revoir les visages de ces deux-là fait mal. Mais ça me calme suffisamment pour que je puisse reprendre mon ton plus posé et avenant d’il y a quelques minutes, espérant que la jeune femme comprendrait d’elle-même qui ne valait mieux pas qu’elle s’engage sur ce terrain glissant. Pour son propre bien. Je l’interrogeais alors, décidant de mettre avant tout au clair le terme différent pour ensuite pouvoir partir sur des bases claires pour la suite « Qu’entendez-vous par différent ? ».
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You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]

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