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 You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]

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Keith Joyce

MessageSujet: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Ven 10 Mar - 11:52


Aujourd'hui je rencontre ta nouvelle psy. Oh joie. Mon esprit a visiblement décidé que j'avais besoin de me faire psychanalyser. Passionnant. Je ne pense pas vraiment qu'elle ai les compétences pour m'aider. J'observe les gens autour de moi depuis que je suis tout petit. Ils grouillent, ils crient, ils se bousculent, il se frappent, ils se marchent dessus, s'écrasent, pour être plus haut, toujours plus haut. Plus haut que les autres, plus haut que le monde, dominer la plèbe. Là n'a jamais été mon ambition. Je veux comprendre cette espèce. Vraiment. Mais je n'y parviens pas. Leurs esprits, leurs mœurs, leurs règles... Tout cela me semble dérisoire au vu de la façon dont ils se comportent. Ils sont en constant décalage avec leurs paroles, leurs actes n'ont pas de sens. Cette espèce que j'ai tant voulu comprendre étant petit, cette espèce à laquelle j'appartiens malgré mon dégoût, me révulse aujourd'hui. Et paradoxalement, ici, j'ai sans doute trouvé les gens les plus normaux depuis des années. Certains assument pleinement leurs pulsions violentes et destructrices. D'autres sont désabusés et portent sur la vie un regard sombre. D'autres encore ont abandonné l'espoir de comprendre et se laissent porter. Mais ce sont les personnes les plus saines que j'ai rencontré jusqu'ici. En même temps, ce n'est pas très compliqué après une année à souffrir chaque jour sans jamais voir la lumière du soleil. Lumière... Je suis seul dans le couloir tandis que je m'avance vers la porte du bureau et pourtant, je ne tressaille pas. Soudain, tout se rejoue dans ma tête, je suis dans un flash effrayant. Un souvenir. La lumière blanche, trop forte restant allumée durant des heures, mes yeux à l'agonie, mes paupières ne parvenant à affaiblir cette torture. Et soudain le noir pour quelques minutes, peut-être quelques heures me permettant de me reposer quelques heures... Puis de nouveau la lumière. Et cela durant des jours, l'un et l'autre s'inversant parfois très vite, sans prévenir, parfois le noir dominait durant ce qui semblait être des jours... Et au-delà de cette torture pour les pupilles; c'était ça le pire. L'attente et l'incertitude. Ne pas savoir quand est-ce que la roue va tourner, quand est-ce que la balance va s'inverser et pour combien de temps... Là-bas, tout était sujet à torture. Tout. Lorsque je reprends pied avec la réalité, je suis désormais devant la porte. Je lève le poignet et toque à la porte. Entre mon enfant. Entre dans l'arène. Entre dans son antre et découvre ce qui t'attends. Alors, lorsqu'une voix féminine te répond, tu baisses la poignet et pénètre dans le bureau, ton masque impassible sur le visage, expression figé qui te suis depuis ton enfance

"-Bonsoir."
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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Lun 20 Mar - 12:45


 
You are the fortunate one


who never faced


oppression’s guns

Avec Keith Joyce


Nirina avait raison ; une fois que l’on commençait à avoir des patients, on regrettait le temps où l’on se plaignait de ne pas en avoir. Enfin, presque. J’étais ravie d’avoir enfin commencé à travailler, d’autant plus que tous mes dossiers étaient plus intéressant les uns que les autres. Le seul problème, lorsque l’on vit sur son lieu de travail quand on est psychiatre, c’est qu’il n’est pas évident de se changer les idées et de penser à autre chose qu’à ses patients, et cela peut vite vous rendre fou. D’autant qu’en plus de mes patients assignés, j’avais rencontré bon nombre d’autres patients qui m’intriguaient et occupaient mes pensées ; Anastasia, une infirmière qui souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique ; la douce Héloïse et ses terreurs nocturnes ; Edward, qui semblait être violent et méchant avec presque tout l’hôpital mais qui était étonnamment agréable envers moi ; John – ou Frédéric – mon partenaire d’échec bipolaire ; et Lexie, qui me rappelait tant Matty. En voilà un, d’avantage à avoir l’esprit aussi occupé par les problèmes de toutes les personnes que j’avais rencontrées : je n’avais plus guère de temps pour m’apitoyer sur le sort de mon meilleur ami et culpabiliser.

Ce soir, j’avais un rendez-vous avec un nouveau patient au dossier aussi terrible que compliqué, et honnêtement, j’étais horriblement angoissée. L’histoire de Keith était tragique, lui qui avait un jour été un héros au service de son pays, il se retrouvait aujourd’hui interné des suites de nombreuses années de torture, qui lui avait laissé des séquelles tant physiques que mentales. C’était la première fois que je devais travailler avec quelqu’un qui avait subi de telles violences, et je ne savais pas vraiment comment m’y prendre. Sincèrement, je ne comprenais pas pourquoi on avait confié un cas aussi complexe à la jeune diplômée que j’étais. Alors qu’un coup frappe à la porte de mon bureau, je balaie ce sentiment d’insécurité de mon esprit. Je me devais de faire de mon mieux pour l’aider. "Entrez !" La porte s’ouvrit alors sur un homme grand, relativement bien bâti, très impressionnant et un visage qui ne laisse transparaître absolument aucune émotion. Je déglutis et affiche l’un de mes éternels sourires. "Bonsoir, Keith. Je suis le docteur O’Callaghan, mais vous pouvez m’appeler Niamh si vous le préférez." Je me lève pour lui tendre la main et lui indique le fauteuil en face de moi d’un petit mouvement de la tête. "Je vous en prie, installez-vous. Comment allez-vous aujourd’hui ?" Ma voix est calme, posée, mais a perdu son habituel ton enjoué avec lequel je m’adresse d’habitude à mes patients plus… disons aux cas moins graves que celui qui se présentait actuellement devant moi.


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Keith Joyce

MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Mer 22 Mar - 9:18


Je poussais la porte et, mû par un réflexe acquis au fil des années, mon cerveau analysait la personne devant moi et le bureau qui nous entourait. C'était un bureau relativement simple, ne possédant pas de grandes différences avec l'époque où c'était Mr Wayne. Pas besoin d'y revenir une deuxième fois bien que je note quelques changements. En revanche, la personne qui se trouve en face de moi est bien plus intéressante. C'est une jeune femme, les cheveux bruns clair, de grands yeux bleus/verts. Elle déglutit puis m'adresse un sourire. Visiblement, elle est angoissée ou stressée mais tente de faire bonne figure. Est-ce moi qui la stresse ? Elle n'a pourtant pas grand chose à craindre. Je ne suis, ni un psychopathe, ni un sadique et hormis ce jeu dangereux et addictif que nous menons avec Kaleb, je suis tout ce qu'il y a de plus sain... Enfin, autant que je peux l'être. Je répondais à son salut par un hochement de tête et enchaînais "-Keith Joyce, enchanté docteur O'Callaghan.". Je serrais sa main tout en songeant que je ne pensais pas en venir un jour à l'appeler par son prénom. Après tout les personnes que j'ai appelé par leurs prénoms depuis mes dix-huit ans se compte sur les doigts d'une main et j'en connais trois sur cinq depuis bien peu de temps. Enfin, c'est une autre affaire.

Je m'asseyais sur le fauteuil qu'elle m'avait désigné d'un simple mouvement de tête. Allons-y. Je m'assois face à elle et écoute avec attention ce qu'elle vient de me dire Au moins, elle semble sérieuse et polie, bon point pour elle. Il y a énormément de choses qui m'exaspère chez l'espèce humaine, mais je crois qu'après la violence gratuite et une ambition qui me fait frémir d'effroi tant elle est poussé à l'extrême, c'est bien l'impolitesse que je haïs le plus. Ça fait stéréotype de l'anglais de bonne famille, je sais. Mais j'ai été élevé de cette façon là et si il y a bien une seule chose que je dois retenir de mon éducation, c'est celle-ci : la politesse est extrêmement importante. Je la fixais quelques instants avant de répondre "-Je vais bien, j'ai passé une journée plutôt banale. Et vous ? Comment allez-vous ?". Il me semble entendre la voix de Sharp dans mon esprit "-Connaissez-vous le concept d'un psychologue Joyce ?". Oui je le connais, merci de votre sollicitude. Mais une nouvelle fois, c'est une question de politesse. Et puis, parler de moi n'est pas mon activité favorite. Peut-être parce que j'ai dû dissimulé toute ma vie durant une partie non-négligeable de mon existence et revêtir le costume d'un autre. Toujours est-il que je préfère entendre les autre parler d'eux plutôt que l'inverse. Et puis ainsi, cela me permet de vérifier que je n'ai pas oublié un entrainement de plus de six ans. La psychologie, la philosophie et la physique ont toujours étés les parties de mon entraînement que j'ai trouvé les plus intéressantes. Alors je ne perds pas une occasion de mettre en pratique ce que j'ai appris.
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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Ven 9 Juin - 16:48


 
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Avec Keith Joyce


Keith était imposant et impressionnant ; il faisait bien plus d’une tête de plus que moi, et alors qu’il m’observait rapidement après être entré dans mon bureau, je dois dire que j’aurais préféré être n’importe où plutôt que dans cette situation. Je m’efforçai cependant de garder un visage ouvert et accueillant, dissimulant tant bien que mal ma gêne. Heureusement, lorsqu’il prit la parole pour se présenter, je fus surprise d’entendre une voix douce et posée bien qu’un peu rauque. Quelque chose dans son ton me mit immédiatement à l’aise et oublier la différence de taille et le stress que suscitait la complexité de son cas.

Nous nous assîmes l’un en face de l’autre, et Keith répondit poliment à ma question. Je souris en entendant son accent anglais. J’avais lu dans son dossier qu’il était né à Manchester, mais il parlait presque comme un véritable Londonien, seule son intonation sur quelques mots le trahissait. Il m’avait retourné la question, et même si je savais qu’il s’agissait l’un d’un moyen de repousser les choses sérieuses, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était intéressé par ce que j’avais à dire. Ou peut-être me trompai-je et c’était simplement de la politesse. En parlant de politesse, je me rendis soudain compte que je ne lui avais pas proposé une tasse de thé, ce qui me choqua profondément, en bonne Irlandaise que j’étais. Cela pouvait sembler exagéré, mais j’avais été éduquée dans la tradition que la première chose à faire lorsque quelqu’un entrait chez moi – ou en l’occurrence, dans mon bureau, était de lui offrir un thé avant même de leur demander comment ça allait. Je me levai et me dirigeai vers le petit meuble à côté de mon bureau où se trouvaient une bouilloire et quelques tasses. "Je suis terriblement désolée, je ne vous ai rien proposé. Est-ce qu’un thé vous ferait plaisir ?" Je mis la bouilloire à chauffer et me retournai pour faire face à mon patient. "Je vais bien également, je m’habitue encore à la vie ici… Je suis arrivée il y a quelques semaines seulement." Si tout allait bien, il me demanderait ensuite ce que je faisais ici. Il semblait que toutes les personnes avec qui j’avais parlé depuis mon arrivée se demandaient si j’étais saine d’esprit d’avoir choisi cet hôpital pour mon premier emploi. Une question que mes parents et mes proches s’étaient également posé – tout le monde, à part moi manifestement. Lorsque j’avais entendu parler de cette annonce et de ce lieu, je n’avais pas hésité une seconde. Comme si quelque chose m’avait indéniablement attiré ici. J’anticipai donc la prochaine intervention de Keith, au risque de lui couper la parole, mais j’étais presque sûre qu’il n’avait pas très envie de parler de toute façon. "Je sais ce que vous allez dire: Pourquoi suis-je venue dans cet endroit ? Pour être tout à fait honnête avec vous… j’avais besoin de changer d’air." Fuir, en d’autres termes. Sans trop savoir pourquoi, je continuais à parler, tout en préparant deux tasses de thé. "J’étais enfermée dans une routine en Irlande, et je ne voyais pas ma vie avancer… En tout cas pas de cette manière, pas là-bas et pas avec ces gens-là…" Je m’interrompis en réalisant que, bien qu’en l’ayant pensé tout bas pendant très longtemps, c’était la première fois que j’exprimai ce sentiment à voix haute. C’était extrêmement libérateur, mais aussi inquiétant. Je n’étais pas censé faire ça, me confier à mes patients alors que c’est moi qui devrais les aider. Et, en tant que psy moi-même, je n’étais pas non plus censé avoir besoin d’être « libérée ». Je posai une tasse devant mon patient et retournai m’asseoir. "Encore une fois, je suis vraiment désolée… Je ne devrais pas vous dire ça, c’est tout sauf professionnel." Je sirotai mon thé pendant quelques secondes avant de reporter mon attention vers Keith. "Y a-t-il quoi que ce soit dont vous aimeriez parler aujourd’hui, Keith ?" Je ne voulais pas le bombarder de questions pour cette première séance. Ce n’était d’ailleurs typiquement pas ma méthode favorite. Je voulais qu’il s’ouvre de son plein gré, chose qui ne serait certes pas facile, mais j’aurais été heureuse s’il ne me parlait simplement que du temps qu’il faisait dehors, ou de la qualité du thé.

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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Mar 8 Aoû - 22:42


Elle me plaisait celle-ci avec sa politesse. Pour moi, la politesse était quelque chose de très important et ses manières tout comme ses paroles me faisaient penser que j'avais en face de moi quelqu'un de respectueux, ce qui me convenais parfaitement. Même si elle n'était peut-être pas en mesure de m'aider, je ne doutais pas une seule seconde que j'allais l'apprécier. Je hochais doucement la tête lorsqu'elle me demanda si je désirais une tasse de thé. J'avais l'impression de ne plus avoir avalé un thé de qualité depuis... Depuis ce dernier petit-déjeuner avec Mallory. Ce dernier repas en compagnie de ma femme, ce dernier repas aux alentours de six heures, au petit matin, la tasse chaude réchauffant doucement nos doigts frigorifiés. Nos regards se perdant dans le lointain où le soleil se levait, apparaissant entre les hauts grattes-ciels. Ce silence apaisé entre nous. Nous savions que nous devions profiter de chaque instant qui nous était accordé. Nous étions sur la brèche, la suspicion lourde des américains pesant sur nous depuis des mois. Je me souviens encore de son profil se découpant sur le ciel rosé. Ses cheveux couleur de blé jouant avec le vent. Je n'avais peut-être jamais aimé Mallory. Mais elle me connaissait mieux que n'importe qui, et j'avais confiance en elle comme en personne d'autre. La jeune femme ayant hérité de la tâche de s'occuper de mon cas me sortit de mes pensées reprenant la parole. J'avais du mal à comprendre ce qui l'avait poussé à venir s'enterrer ici. Mais de ce point-de-vue là, je n'avais rien à dire. C'était bien moi qui avait évolué durant des années dans la fosse aux serpents et sans filet de sécurité. Je connaissais mes raisons et ce n'était certainement pas l'attachement envers mon pays. Mais j'estimais que ces raisons étaient personnelles. Personne ne les connaissaient, pas même Mallory ou Abel avec qui j'avais pourtant l'habitude de parler de tout. Mais il faut dire que le jeune militaire ne connaissait pas la vérité. Je me suis toujours demandé ce qu'il en penserait. Je ne le saurais jamais.

Elle poursuivit sans que je n'ai besoin de l'interroger. Je la regardais attentivement, analysant tout les éléments qui me parvenaient.Ses intonations, ses mouvements, la direction de son regard... Rien ne m'échappait. Elle en révélait plus que ce à quoi je m'attendais mais ce n'était pas pour me déplaire. J'aime savoir, avoir le contrôle. J'analysais ses paroles et répondit d'une voix calme et posée "-Je ne me permettrais pas de vous juger, encore moins sur ce terrain-là. Cette sensation d'enlisement dans un quotidien qui ne nous convient pas peut être extrêmement aliénante sur un plan moral et psychique. Est-ce que désormais, malgré ce cadre quelque peu étrange, vous avez enfin cette sensation d'avancement voir d'épanouissement ?". Bon. Visiblement mes années d'entrainement en psychologie et littérature ressortaient et je n'avais rien perdu des enseignements que j'avais reçu ce qui était extrêmement rassurant. De plus, je n'avais pas posé cette question pour éviter de me retrouver dans cette situation peu agréable de devoir parler de moi. Enfin un petit peu, mais j'étais aussi intrigué par cette jeune femme dont le passé semblait lourd à porter à travers les termes qu'elle employait pour en parler. Je saisissais ma tasse de thé et la remerciait doucement avant de l'écouter de nouveau. Professionnel... Si elle savait à quel point ce terme n'a plus de sens entre ces murs. Ici la notion de professionnel n'existe pas et les médecins sont souvent bien plus fous que les patients. Je goutais son thé et retins à grande peine un soupir de bonheur. Si elle me propose une tasse de thé à chaque début de séance, je veux bien venir ici trois fois par jour ! Cette sensation m'avait manquée. Je fixais de nouveau mon regard dans le sien et répondit avec un sourire poli mais aussi appréciateur, comme un remerciement "-Tout d'abord laissez-moi vous dire que votre thé est excellent, voilà longtemps que je n'en avais pas goûté d'aussi excellent.". En même temps on ne peut pas dire que le thé d'ici soit le meilleur du monde. J'enchaînais, décidant de jouer la carte de l'honnêteté "-Ensuite je me dois de vous avouer que, bien vous me soyez sympathique pour le moment, je n'ai aucune envie de vous parlez de moi. Cependant, comme je sais que vous vous trouvez dans l'obligation d'essayer de me faire cracher mes moindres secrets, je vous propose un petit marché. Une information sur vous comme un ressenti ou une petit morceau de votre histoire et, en échange, je réponds à une de vos questions.". Je voyais ça comme un échange, cette femme m'intriguait. J'étais curieux d'en savoir plus sur elle. Je cherchais toujours à affiner mes réflexions et questionnements sur l'espèce humaine et elle me semblait être un excellent sujet d'étude. Appelez-ça l'instinct. Je replongeais mes lèvres dans mon thé, le savourant à petites gorgées en attendant sa réponse.


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MessageSujet: Re: You are the fortunate one's who never faced oppresion's guns [Niamh]   Jeu 17 Aoû - 12:54


 
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Je ne sais pas pourquoi je viens de déblatérer ce flux de paroles à cet homme que je connais pas, et que je suis censée faire parler, pas l’inverse. Probablement pour meubler, pour réfléchir à quoi lui dire ensuite, quelles questions poser pour le faire s’ouvrir. Pour cacher mon malaise aussi, de me retrouver face à cet homme plus âgé, avec tant d’histoire, qui me fait sentir encore plus petite et jeune que je ne le suis. Mais aussi parce que c’est incroyablement libérateur. Je n’ai jamais exprimé à voix haute les vraies raisons qui m’ont poussées à venir m’isoler à Ostrov à qui que ce soit. Par peur du jugement des autres, qu’ils tentent de m’en dissuader aussi, alors que je sais que je le mérite. Je n’ai aussi surtout jamais rencontré l’interlocuteur qui me pousse à le faire. Jusqu’à aujourd’hui. Je sais qu’il a une certaine formation en psychologie, mais il y a autre chose. Dans mon travail et mes expériences passées, j’ai eu l’occasion de rencontrer et discuter avec de nombreux confrères, mais aucun ne m’a jamais mise autant en confiance que Keith.

Je suis un peu perdue entre cette confiance qu’il m’inspire pour me confier justement, et l’inconfort de ne pas savoir comment l’approcher pour le faire parler. Sa voix profonde et calme et ses paroles délicates et polies me font me calmer un peu. Il arrive à retranscrire parfaitement ce que je ressentais avant de quitter l’Irlande pour venir ici. Lorsqu’il me demande si je réussi enfin, ici, à me sentir bien, je prends quelques instants pour réfléchir à la réponse. "J’exerce le métier qui me plaît et cela me permet de me sentir épanouie, oui. Et puis, tout le monde n’est pas si terrible que cela, ici…" Je souris doucement en pensant à Héloïse, Nirina, Ania ou encore Edward. Sur toutes les personnes que j’ai rencontrées jusque-là, la moins bonne expérience, disons, est Lexie. Je perds mon sourire et porte la main à ma gorge, me remémorant la force de la main de la jeune fille la serrant. Pas ma meilleure expérience, mais je ne perds pas espoir. Je reporte mon attention sur mon patient, qui semble manifestement apprécier la qualité du thé que je lui ai offert. Cela me fait sourire, et il continue à parler, me proposant une offre qui me fait hausser un sourcil, sans perdre mon sourire. Intéressant. Pas mon approche habituelle du tout, mais après tout, je n’avais pas à faire à un patient ordinaire. Et puis après tout, pourquoi pas, puisque dans tous les cas je suis manifestement en confiance avec lui. Mais c’est aussi ce qui m’effraie. Je ne le connais pas, et il pourrait très bien utiliser la moindre information que je lui donne contre moi. Je mords l’intérieur de ma joue. C’est un risque à prendre. Je sais que si je ne m’ouvre pas à quelqu’un ici, je vais devenir folle. "Cela me paraît juste." Je m’avance et croise les mains devant moi, haussant à nouveau un sourcil. " Vous en savez déjà plus que n’importe qui sur les raisons de ma présence ici, alors à mon tour." Je prends quelques secondes pour réfléchir à ma question et trouver les bons mots. "Comment sont vos interactions sociales, au sein de l’hôpital ? Sans parler d’amis, comment est-ce que vous qualifieriez vos relations avec les autres patients et les membres du personnel ?" Keith ne me frappe pas comme le type de personne à avoir beaucoup d’amis auxquels se confier, mais dans le contexte d’Ostrov, il est toujours important d’avoir des gens sur qui compter.

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