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 Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)

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PILULES AVALÉES : 1062
MIROIR : Jeffrey Dean Morgan
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Isak Gallagher

MessageSujet: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Mer 8 Mar - 0:02



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak


Est-ce qu'il pouvait décrire ses sentiments actuellement? Est-ce qu'ils étaient descriptibles déjà? Bien sur que non. C'était flou. Tellement flou. Quelque chose que même lui n'arrivait pas à saisir. C'était peut-être malsain ou peut-être pas. C'était peut-être aimant ou différent. Comme si avait ça avait déjà été clair. Son esprit n'était qu'un véritable mélange de choses peu claires. Ça l'avait toujours été. Mais aujourd'hui? Bon dieu il n'était même pas question de clarté. Parce que lorsqu'il ouvrait les yeux c'était aussi flou que l'intérieur de son esprit. Sa gorge le brûlait et son haleine était détestable. Détestable au dernier point. Même pour lui c'était gênant. Isak se racla la gorge. Comme si ça pouvait être utile. Sa gorge le brûlait. Il savait pertinemment le pourquoi de la chose. Les deux personnes qui avaient été là hier savaient toutes les deux pourquoi. Il avait bu. Tellement... Beaucoup trop et pourtant pas assez. Parce que si ça brûlait à l'intérieur ça ne brûlait pas à l'extérieur. Enfin... Ça continuait toujours de brûler à l'extérieur mais c'était tellement moins. Comme si l'alcool pouvait... Arranger les choses. Mais ça n'arrangeait rien, sa gorge enraillée par la vodka et... Les larmes. Elles n'avaient que trop coulées. Son visage était dur, sec, apres le flot qui avait descendu les cernes et les creux. Des cernes, longues cernes qui s'étendaient sous ses yeux, les poches moins violacées qu'elles auraient pu l'être, heureusement. Mais cette nuit là Isak avait beaucoup pleuré. Les larmes ce n'est pas quelque chose qu'il a beaucoup. La dernière fois que les sentiments étaient si lourds qu'il avait lâché, c'était lorsque ses yeux s'étaient posés sur Shanone dans le parc... Une seule. Une larme qui avait coulée. Et aujourd'hui? Putain il n'avait ressemblé à rien. Les larmes avaient fait un aller simple pour aller s'écraser au sol tandis que lui laissait tout tomber. Le masque de l'homme fort. C'était trop. Il n'avait pas tenu. Comme un enfant. Et quelque part il avait honte, tellement honte.
Sa nuque était douloureuse. Parce qu'après qu'elle lui ai offert le plaid, il n'avait pas pris la peine de se lever, son corps refusait tout bonnement de le faire. Il aurait voulu, bien évidement, mais sachant très bien que la bile ne se ferait pas attendre avant de franchir ses lèvres, Isak avait préféré garder la position qu'il avait contre le meuble. Soit il avait dormi assit contre un truc en bois la tete pendante dans le vide et peut-être un sol en béton froid en dessous de lui. Ouais. Une superbe belle nuit. Mais vous savez, lorsque l'on pleure trop, tout ça... Ça vous laisse vide. Vide de sens et d'énergie. Et lorsque vous rencontrer une surface qui accueille votre sommeil, et bien vous dormez. Isak se passe la main sur la partie douloureuse en soupirant. Pas de fatigue, de concertation peut-être. Sa tête le lance, pour avoir trop bu, son crâne tambourine bien trop fort, la putain de gueule de bois comme si il etait un simple adolescent le lendemain de sa première fête étudiante. Mais ça? Non. Ça n'avait rien d'une fête. Ça avait été l'enfer comme décrit dans les livres bibliques. Sa main chercha quelques instants la boulette de papier qu'elle avait écrite hier sur lui sous le coup de la colère... Ou était-ce vraiment sous le coup de la colère? Lui en voulait-elle vraiment de toutes les façons qui étaient écrites sur ce papier? La vue des mots, des mots qui prenaient trop de sens maintenant que c'était elle qui les avait dit, Isak secoua rageusement la tête et jeta le papier plus loin. Il n'était pas en colère contre elle, n'avait pas le droit de l'être. Elle était celle en colère, celle blessée par des mots Qu'Isak n'avait pas pensé. Il était juste trop doué pour ça. Heurté les gens de cette façon fourbe et malsaine était quelque chose de tellement simple pour lui.

« Je suis tellement désolé... »

Les mots étaient destinés à lui et seulement lui, parce qu'il n'y avait que lui dans cette salle, mais ses pensées se dirigeaient bien évidemment vers elle. L'idée de ne pas y penser sonnait presque fausse. Isak soupira en se levant comme il pouvait. Ce qui était plus simple que ce qu'il avait craint au début. La jeunesse n'était plus vraiment ce qui le caractérisait. Toussant, une nouvelle fois sa gorge le gratta et d'une démarche pas très sûre, le brun quitta le bureau de la jeune femme non pas sans avoir replié la couette et avoir jeté un regard autour de lui. C'était peut-être l'unique fois que ses yeux se posaient ici. Peut-être qu'ils ne se reparleraient jamais. Et la vision du bureau, simple et pourtant très bien équilibré lui rappelait l'image de sa propriétaire.
C'est sur cette idée qu'il sorti réellement du bureau pour emprunter le chemin jusqu'à sa chambre, son dortoir. Bizarrement, étrangement, le russe ne savait quelle attitude adopter. Son regard d'abord perdu puis concentré sur ses pieds se posa sur le numéro qu'il connaissait bien pour l'avoir souvent observer. Le numéro de Nirina. Celui de sa chambre. Le psychiatre regarda pendant un long moment la porte sans savoir quoi faire et s'avança pour aller toquer. Mais l'idée paraissait tellement fausse à son esprit qu'il posa son front contre cette dernière simplement quelques instants, histoire de réfléchir. Il voulait. Tellement fort. C'était sûrement ce qu'il désirait le plus, passer cette porte, affronter Nirina. Il en avait besoin, quelque part au fond de lui. Mais elle.... Si elle ne voulait pas le voir? Bon dieu ça pouvait se comprendre... Alors Isak fit demi tour, pour rejoindre sa propre chambre. Après quelques instants de concertation, réfléchissant à quoi faire après, il lui semblait qu'une douche était une bonne idée. Pas vraiment la peine de penser trop encore plus qu'il ne le faisait déjà. C'était peut-être déjà trop. Et pourtant ça ne paraissait jamais assez... Ses yeux se fermèrent dans la douche tandis que son esprit se reportait sur elle. Bon dieu il avait besoin d'elle d'une façon qui lui était si inconnue... Un soupir, c'est l'eau froide qui lui fit réalisé qu'il était peut-être temps de faire autre chose. Les cheveux humides, Isak prit la peine de fumer. C'était pas légal mais pour l'instant il n'avait pas grand chose a faire. La nicotine même si ça tue à petit feu... C'est d'un agréable pour lui. Puis les dents, histoire de ne pas avoir le goût de la bile éternellement dans la bouche.
Et finalement, en dernier recours à un esprit malade qu'il était incapable de gérer, s'allongea sur son lit. Et le médecin aurait particulièrement aimé fermer les yeux, partir dans des doux rêves. Mais il la voulait elle. Un besoin viscéral de poser son regard dans le sien, d'entendre encore sa voix douce, même quand elle l'insulte ou lui brise le coeur. C'était trop, presque étouffant, ça lui faisait mal. Alors il ne prit pas trop de temps a réfléchir avant de se relever et d'aller frapper à la porte de la femme. Sa voix était brisée, la cigarette, l'alcool, les larmes, pas grand chose de stable. « Nirina? Nirina s'il te plait ouvre moi... J'ai... Besoin de te parler. »

† † †
MACFLY

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Old age should burn and rave at close of day ; Rage, rage against the dying of the light. Though wise men at their end know dark is right, Because their words had forked no lightning they  --5 goddamn states- Pacify him
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PILULES AVALÉES : 1366
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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Mer 8 Mar - 20:57

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

De toutes les nuits qu’elle avait passées dans sa vie, celle-ci avait été la pire de toutes. En regagnant son dortoir, elle s’était efforcée d’agir le plus normalement possible, ne laissant rien deviner de la terrible dispute qui s’était déroulée dans son bureau. C’était pour elle une façon de se préserver, de ne pas céder aux pulsions qui la poussaient à hurler sa peine, à renverser tout ce qui lui passait par la main. En se couchant, plongée sous sa couette, son cerveau avait repassé inlassablement toutes les paroles du psychiatre dans sa tête, comme une vielle cassette dont il aurait été impossible d’arrêter la lecture. Et en fermant les yeux, c’était le visage d’Isak en pleure qui était venu la hanter. Evidemment, le sommeil n’était jamais venu lui rendre visite, la laissant avec pour seule compagnie ses pensées qui lui déchiquetaient le cœur. Elle avait passé la nuit à ressasser tout ce qu’Isak lui avait dit sur sa vie, son travail, sa famille, sur elle. Et ce n’est qu’au petit matin, alors que le soleil venait timidement darder ses premiers rayons de soleil dans la chambre, que Nirina sût ce qu’il lui restait à faire. Elle y avait réfléchie longuement et elle savait que c’était la bonne solution. Alors après s’être changée, elle avait prit une feuille blanche, un stylo, s’était installée sur sa table et avait rédigé sa lettre de démission. Après tout, plus rien ne la retenait ici. Qu’elle lui en veuille ou non, Isak avait raison, elle n’était pas qualifiée pour continuer en tant que psychologue, son père l’avait poussé dans une voie qui n’était pas la sienne. Toute sa vie elle avait toujours su ce qu’elle devait faire, elle avait un objectif qui la guidait comme un phare. Et désormais, elle était perdue, ne sachant plus quoi faire. La seule chose dont elle était certaine, c’est qu’elle ne pouvait plus rester à Ostrov, non pas que pour le bien des patients, mais aussi parce qu’elle savait qu’elle serait incapable de vivre entre les mêmes murs que lui. Elle n’était pas de taille à devoir affronter son regard lorsque par malheur ils viendraient à se croiser, jamais son cœur ne supporterait de lire du dédain, de la colère ou pire de l’indifférence dans ses yeux. Il lui avait fallu une bonne partie de la matinée pour trouver les mots justes quant à sa démission. Trouver un prétexte suffisamment convainquant, sans pour autant rentrer dans les détails. Elle ne savait pas ce qu’elle ferait par la suite, mais ce n’était pas les petits jobs qui manquaient. Lorsqu’enfin elle fut satisfaite de sa réponse, le soleil inondait sa chambre, lui indiquant qu’il était déjà le milieu de la journée. La seule chose qui restait à faire, c’était de ressortir du placard sa vielle valise.

C’est pourquoi elle se retrouvait actuellement les bras chargés de vêtements, en les entassant sans ménagement dans son bagage. Elle ne prenait pas la peine de plier ses vêtements pour mieux les faire tenir dans sa valise posée négligemment sur son lit. Elle se contentait de les balancer pêle-mêle dans son bagage, n’hésitant pas à faire peser ton son poids pour tasser la montagne de tissu dans l’espoir de gagner quelques précieux centimètres cubes supplémentaires. Elle sentait la fatigue la gagner, la nuit blanche commençait à se faire pleinement ressentir. Epuisée, elle s’allongea sur son lit, au milieu des piles de vêtements, elle sentait ses paupières s’alourdir, mais ce n’était pas le moment de dormir. Elle avait l’impression que son corps flottait alors que sa vue se brouillait, non il ne fallait pas qu’elle dorme. Puis ses paupières se fermèrent complètement et se fut le noir complet. Lorsqu’elle les rouvrit, elle n’était plus dans sa chambre mais de retour dans son bureau. En face d’elle se trouvait Isak et… elle-même ? Elle comprit qu’elle assistait à la scène d’un point de vue extérieur, comme simple spectatrice. Et c’est d’un œil épouvanté qu’elle regardait le spectacle qui s’offrait à elle.
La blonde se voyait en train d’hurler des horreurs devant un Isak en pleure, la suppliant de se taire, mais elle ne se taisait pas, pire elle riait à gorge déployée, se moquant du psychiatre, le poussant à prendre exemple sur Nils pour débarrasser le monde d’un énième parasite. Puis sans crier gare, elle se jeta sur le pauvre homme prostré au sol pour lacérer son visage, ses mains étaient remplacées par d’immondes griffes fourchues qui s’enfonçaient toujours plus profondément dans le visage du psychiatre pour en arracher des lambeaux de chaires. Elle poussait des cris d’extases en réponse aux hurlements de douleur de sa victime. Alors que Nirina se jetait sur cette jumelle maléfique, sa vue se brouilla, aveuglée par le sang de celui qu’elle aimait qui lui giclait dans les yeux. Puis la pièce fut baignée par un brouillard grisâtre. Et soudain la brume se leva et elle se retrouva dans un vaste hall, nimbé d’une lumière aveuglante. Elle entendait de l’eau couler et en cherchant d’où pouvait provenir la source de ce bruit, elle aperçu contre le mur du fond une douche, seul mobilier présent dans la pièce. Elle s’en approcha pour observer le jet d’eau qui se déversait avec force sur deux corps enlacés dans un moment intime. Le sien et celui d’Isak. De son regard extérieur, elle regardait les deux amants mais quelque chose clochait. Elle voyait les cheveux de son double pousser à grande vitesse alors que la couleur se fonçait dans une teinte brune. Ce n’était plus elle mais Lexie Jenkins qui la regardait de ses yeux rouge sang où luisait une lueur mauvaise alors que des cornes de bouc lui poussait sur le crâne. Nirina voulait s’enfuir mais elle était paralysée, ses pieds semblaient collés au sol, l’empêchant tout mouvement. Puis Isak leva la tête pour lui adresser un regard moqueur  « Il y a certaines personnes dans cet hôpital qui sont tout autant, voir plus intéressantes que toi ! Elles ne refusent pas quelque chose que je leur ai offert ! » Nirina ouvrit grand la bouche pour hurler mais aucun son n’en sortit, puis soudain la pièce fût envahie par d’immense flammes montant jusqu’au plafond, elle ne voyait plus rien, seul le rire démoniaque de Lexie était perceptible. Courant à l’aveuglette à la recherche d’une sortie, Nirina aperçu une porte droit devant, elle s’y précipita avant de s’engouffrer dans une nouvelle pièce. Les cuisines de l’hôpital. Devant elle se trouvait Lexie embrassant la blonde et en arrière-plan, Isak aussi était là, le visage larmoyant devant les deux corps serrés l’un contre l’autre. « Je n'ai couché avec personne d'autre que toi depuis notre rencontre dans le parc. » gémissait-il face à une Nirina qui semblait ne pas remarquer sa présence. Toujours de son point de vue extérieur, la jeune blonde se précipita vers le brun, lui disant qu’elle regrettait, qu’elle avait commis une erreur. Mais ses pas se dérobèrent sous elle alors que le sol se fissurait sous ses pieds. Elle se sentit tomber dans le vide, puis un nouveau décor apparu. Le parc. Mais les arbres étaient dénués de feuilles, tous morts, aucune fleur, aucun arbuste n’était présent et un brouillard gris baignait le parc dans une ambiance lugubre. Et à côté d’elle, Nirina remarqua que son double était assis sur un banc, Isak était agenouillé juste devant elle. Puis elle vit son double se pencher précipitamment vers Isak, avant de venir poser ses lèvres contre les siennes mais le brun la repoussa violemment « Tu me dégoutes. » lui cracha-t-il avant de s’éloigner. Horrifiée, Nirina tourna les talons pour s’enfuir, quand soudain apparu devant elle deux nouvelles silhouettes, celles de ses parents. Complètement terrifiée et en pleur, elle se jeta dans les bras de son père pour s’y réfugier, le suppliant de lui venir en aide. En levant les yeux vers lui, celui-ci lui adressa un sourire sans émotion comme il le faisait chaque fois qu’il la regardait. Il ouvrir la bouche pour parler, mais ce n’était pas sa voix qu’elle entendait. C’était celle d’Isak. « Tu n’es pas digne de porter ton nom. » Désespéré, elle se tourna vers sa mère mais là aussi, lorsque cette dernière ouvrit la bouche ce fut la voix d’Isak qu’elle entendit. « Tu ne fais même pas ça pour toi ! C'est pas ton rêve. C'est celui de ton connard de père. Parce que t'as même pas été foutue d'être psychiatre. » A nouveau elle tenta de s’enfuir mais ses pieds se prirent les pieds dans quelque chose qui la fit tomber à la renverse. Un choc sourd et une douleur atroce lui vrilla les tempes. Puis elle ouvrit les yeux et se retrouva à nouveau dans sa chambre, trempée de sueur et le souffle court. Nirina regardait autour d’elle, complètement paniquée, cherchant à comprendre ce qu’il venait de lui arriver. Soudain elle se rendit compte qu’elle était allongée au sol. Morphée avait entendu son appel en venant finalement la visiter, mais non pas pour lui faire plaisir mais bien dans le seul but de la punir. En l’emmenant dans l’Antre des Supplices. C’était la première fois qu’elle faisait des cauchemars aussi terrifiants, en y repensant elle eut un frisson d’horreur qui lui parcourra la nuque. Nirina se releva avec peine, en étouffant un juron devant la douleur que lui avait causé sa chute du lit. Elle se rendit dans la salle de bain pour se passer de l’eau sur le visage puis retourna s’asseoir sur sa chaise pour reprendre ses esprits. C’est un bruit signifiant qu’on toquait à la porte qui la fit sortir de sa torpeur, suivit d’une voix qu’elle ne connaissait que trop bien. Non c’était impossible…. Ça ne pouvait pas être lui…. Automatiquement, ses jambes se levèrent d’elle-même pour se précipiter à la porte, mais avant d’ouvrir Nirina se figea, la main sur la poignée. Quelle preuve avait-elle qu’elle ne rêvait toujours pas ? Peut-être que les puissances célestes avaient décrété qu’il était tant qu’elle purge sa peine pour les horreurs qu’elle avait commise et qu’elle affronte son Jugement Dernier. Son cœur tambourinait contre sa poitrine et ses mains tremblaient. Elle prit une longue inspiration et expira doucement, puis ouvrit doucement la porte en un temps qui paru durer une éternité. Et devant elle se trouvait Isak. Un trop plein d’émotions lui monta soudainement, l’empêchant d’effectuer le moindre mouvement. Perdue, elle ne savait pas quoi dire, ni comment réagir. Le simple fait de revoir son visage était un vrai supplice, ses cauchemars lui revenaient à l’esprit, la peur qu’elle soit en train de rêver la clouait sur place.
« On t’as envoyé pour m’emmener au Purgatoire ? » lui demanda-t-elle en bredouillant ?  Mais très vite, elle reprit ses esprits, se mettant une claque mentalement. Ce n’était pas le moment de flancher. Il était là devant elle, il l’avait clairement dit, il avait besoin de lui parler. C’était une occasion inespérée, il lui offrait une seconde chance et cette fois-ci, elle n’avait plus le droit à l’erreur.
« Entre Isak, ne reste pas dehors. » répondit-elle simplement, s’écartant de la porte pour le laisser passer.
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Isak Gallagher

MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Dim 12 Mar - 11:38



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak

La nervosité se lisait sur ses traits, entre l'impatience de la voir et l'idée qu'elle pouvait simplement le rejeter, refuser de le voir, renier ce lien qui les unissait. Parce qu'il y avait quelque chose. Dieu qu'il y avait quelque chose. Il fallait être naïf pour ne pas le voir. Et encore c'était quelque chose que l'on sentait. Isak l'avait senti la première fois qu'il avait posé les yeux sur elle. Il l'avait ressenti. Ce petit quelque chose d'interpellant, qui avait empêché ses pensées de se dérégler, de partir en vrilles simplement pour aller tirer un coup et ne pas revenir. Ce n'était pas ce qu'il faisait d'habitude en l'occurrence. Dans ça il avait été différent. Récurent. Il était revenu, encore et encore, doux dans ses paroles en étant tout de même le grand teaseur qu'il avait toujours été. Il aimait ça, aimera toujours ça. Et le faire avec Nirina... Voir ses joues rougir tandis qu'elle detournait la tête comme si elle cherchait à fuir les mots d'isak, ça avait toujours eu quelque chose d'agréable, il avait toujours aimé ça. Elle. Ça aussi c'était quelque chose de récurent. Elle. Parce que le russe voyait les choses avec elle. Pas avec Lexie comme il avait pu faire quelque chose avec elle. C'était différent, trop différent mais agréablement différent. Il aimait bien voir la jeune femme denier ce qui leur tombait dessus, denier l'excitation qu'elle avait lorsqu'il lui parlait doucement avec des propositions plus ou moins légales. "Légales" Le mot était peut-être un peu fort. Peut-être que c'était pas non plus jusqu'à là. Ils étaient deux adultes, aussi peu crédibles soient-ils, ils restaient deux adultes et l'un aussi consentant que l'autre, il n'y en avait pas un qui voulait un peu de liberté. Et dans ce cas là les propositions n'étaient que propices à la situation. Parce que si Nirina avait réellement voulu que tous deux arrêtent, dieu il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Mais elle ne le voulait pas réellement. Parce que son corps ne cessait de lui répondre. Que ses yeux criaient une chose tandis que ses lèvres en disaient d'autres. Et bon dieu que c'était un spectacle magique que de la voir se débattre contre ses sentiments, des relations normales qui ne devraient être honteuses mais qui, pour elles, étaient considérées comme quelque chose de nocif. C'était presque mignon, quoi que frustrant de nombreuses fois de la voir lever les yeux au ciel ou ignorer une de ses piques alors que lui ne faisait que demander un minimum de son temps et légèrement de reconnaissance. Qu'elle prenne le temps. Elle l'avait pris maintenant. C'était attardé sur le sujet. Et la conclusion, leur conclusion n'avait pas été des plus agréables. C'était triste comme réaction, elle n'était que plus qu'un souvenir. Un quelque chose qui martelait contre son crâne. Elle était sa chimère. Sa magique et reluisante chimère.

Et si le brun n'était que peu couvert, ce n'est pas quelque chose qui le dérangeait. Elle avait déjà vu son corps, plus loin que certaines personnes ne l'avaient jamais vu. Et avec elle il n'y avait pas de tabou, Isak se sentait toujours à l'aise. Elle avait ce don, certainement quelque chose d'inné de mettre les gens à l'aise. Un simple sourire et vous étiez prisonnier de son pouvoir jusqu'à la fin de vos jours. Parce que trop parfaite, trop belle et trop... Envoûtante. C'est ce qui l'avait attiré en premier lieu. L'envoutement qui se dégageait d'elle. C'était quelque chose de beau qui pouvait paraître simple et qui, pourtant bon dieu c'était plus que ça. Plus que tout ce que l'on peu s'imaginer. C'est plus. Parce qu'elle est spéciale. Peut-être pas pour les autres mais pour lui elle était spéciale, trop spéciale, et pourtant quelque chose de beau, c'était simple et magique. Bordel. Une impression de se répéter. Mais les idées qu'il a en tête sont troubles. Incapable de mettre le doigt sur ce que c'est. Ce n'est qu'un ramassis d'histoire, quelque chose de magique et qui pourtant l'effraie comme pas possible.
Cette idée, ce sentiment étrange avait le don de le ramener du temps en arrière. Bien avant, trop avant et pourtant un avant qui reste frais dans sa mémoire. C'était avant Nils, avant la decouverte de ce sentiment que l'on nomme culpabilité et lorsqu'il vous prend ne vous quitte plu jamais. C'est cette chose qui vous suivra toute votre vie, tout le long de votre existence lorsque vous fermez les yeux, avec un désir de laisser son esprit divagué à des idées plutôt positives le voilà qui se repose sur une mort. Une mort puissante, violente, un meurtre. Dans une autre vie, un autre monde, Isak aurait été parfait pour ce genre de choses. Meurtrier, violent et pourtant parfait. Mais, hey bonsoir, nous n'étions pas dans cet autre monde. Nous sommes ici, face à la réalité. aussi amère et insupportable soit-elle. C'est ce genre de choses auxquelles il faut faire face, apprendre à vivre avec. Comme disait Baudelaire, "chaque homme avait une chimère sur le dos, ils avaient appris à vivre avec" et bien certains arrivaient même à passer outre, se libérer parfois. Il aurait aimé se libérer de ce poids, de la culpabilité. C'est d'ailleurs pour ça que le médecin était allé voir Nirina un peu plus tôt dans la nuit. La voir, s'aider lui-même à évoluer dans ce monde sombre et rempli d'embuches. Enfin... Pour en revenir à son idée, ses souvenirs, ce souvenir tout particulièrement. Il remontait au temps où Isak pouvait être considérer comme un gamin sans scrupules qui aimait faire souffrir les autres et ne prendre simplement que ce qu'il désirait. Un de ceux de la pire race. Il était jeune, inconscient et inconfortable avec le monde entier. Si son père était particulièrement strict, Isak ne valait rien, il n'avait pas d'honneur ni de vertu. Cette période -honteuse- de sa vie n'a pas duré longtemps. Elle doit plus se compter en mois qu'en années, ceci dit les souvenirs de ce temps là ne de fanent pas. Il y avait cette fille. Elle était jeune et jolie, sympathique et certainement bien trop mature pour lui. Elle n'était pas parfaite, elle aussi possédait ses défauts, mais elle était quelque chose pour lui. Ils se sont tourner autours, il y avait quelque chose. Lui qui était assez volage, il aimait bien être avec elle, ça n'était pas dérangeant. Mais il y avait toujours quelqu'un à côté, quelqu'un d'autre à aller voir. Comme si une seule personne n'était pas suffisante, il en fallait toujours plus, plus loin. Et cette fille, celle avec qui il était rester, elle se croyait différente, elle se sentait différente, elle était toujours là, pouvait s'affirmer avec lui en soirées, ce qui ne l'empêchait pas lui de trouver quelqu'un d'autre après, mais elle le croyait si fort. Elle était naïve, amoureuse d'un homme qui ne faisait qu'être un connard à longueur de temps. C'était son mal à elle. Être trop naïve. Un jour elle lui a dit, ramener le sujet sur le plateau. Elle a étalé tout ce qu'elle avait à dire, mis ses sentiments à nus, laisser son coeur s'exprimer. Bon dieu, elle n'aurait pas du. Il a rit. Il a rit si fort parce que les sentiments ne valent rien, ce n'était qu'un quelque chose inutile, impossible à arrêter que lui n'avait jamais ressenti. C'était suffisant. Mais pour elle c'était différent. Elle était amoureuse et il venait de lui briser le coeur. Ce petit truc chaud qu'elle n'avait préservé que pour lui. Maintenant il ne savait plus où il en était. Quelques temps après, il avait appris la tentative de suicide de la jeune femme. Même aujourd'hui il n'arrive pas à ressentir de la culpabilité. Enfin... Le aujourd'hui d'hier. Parce qu'aujourd'hui, devant la porte d'une chambre fermée, devant la porte de la personne à qui il tient si fort... Isak comprend. Ses idées à elle, son vécu et sa fuite. Parce que si Nirina venait à le rejeter... Bon dieu il serait perdu.

Est-ce que ça voulait dire qu'il était amoureux d'elle? Si c'était le prix à payer pour se tenir à ses côtés le restant de ses jours alors oui. Il était amoureux d'elle. Écrites de cette façon les paroles semblent simples. Mais Isak n'est pas capable de les entreprendre de cette façon dans l'immédiat. Dans l'immédiat ce n'est qu'un flot incohérents de pensées. Il se demande déjà si elle va lui ouvrir, si elle respectera cette idée de ne pas le laisser tomber. Il ne veut pas encore. Son petit coeur d'être humain, voir d'ours mal léché, ne pourrait accepter un nouveau refus de cette façon. Cette fois il se laisserait tomber dans son lit ou irait pleurer auprès de Shanone. Ou pas. Shanone l'aurait certainement renvoyé. Ce n'est pas grave pour le moment. Pas besoin de réfléchir à cette proposition, parce que la porte s'ouvre et que ses yeux se posent sur le visage de Nirina. Bizarrement c'est comme une bouffée d'air frais. Le brun relâche d'ailleurs la bouffée d'air qui était retenue dans sa gorge, un soupir de soulagement. Une bouffée dont il n'avait même pas conscience. Parce qu'actuellement c'est certainement le plus beau tableau que l'on puisse lui offrir. Un joli visage de la personne qu'il avait le plus envie de voir. Un fin sourire s'inscrit sur ses lèvres. Quelque chose de joyeux, de mystérieux. Elle a l'air fatiguée, presque autant que lui. Il a l'air fatigué. Voyez, c'est le destin, ils sont fait pour être ensemble. Team fatiguée et handicapée des sentiments. « Quoi? » Il aurait pu sortir une blague sur le Paradis et sur le fait qu'il soit un ange mais la conversation d'hier remonte dans son esprit. L'idée de Lexie s'infiltre, mauvaise, maussade, encore plus dérangeante maintenant que ses yeux sont posés sur Nirina. Il refuse de laisser faire la situation. Pas de cette idée là. Pas comme ça. Il n'est pas venu pour se disputer avec elle. Pas cette fois-ci. « Merci... » Le brun s'avance légèrement dans la pièce. Il s'apprête à parler, dire quelque chose, changer la donne. Mais avant qu'il n'ai envie de faire tout ça, Isak se retourne vers Nirina et attrape doucement son visage entre ses mains pour venir déposer un léger baiser sur ses lèvres. C'est quelque chose de chaste pour une fois. Parce qu'il n'y a rien de tendancieux là-dedans. Si c'était la dernière fois, il voulait juste qu'elle soit comme ça. « Je suis désolé... » Un fin sourire passe sur son visage tandis que c'est le rouge qui lui monte aux yeux. Puis il se détourne, histoire de ne pas voir son visage gênée si elle ne voulait pas de son baiser. Son regard se pose sur la valise, mes affaires. Confusion totale dans son esprit. « Quoi? »

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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Ven 17 Mar - 22:00

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

La normalité était probablement l’un des mots préférés de Nirina. Un mot rassurant signifiant que les choses suivaient leur cours naturel, sans que rien d’inhabituel ne vienne les perturber. Tout allait pour le mieux lorsque tout était normal. Mais en cet instant, c’est tout le contraire qui se passait. Le voir devant elle n’était pas normal, ce qu’il s’était passé entre eux n’était pas normal. Et le fait qu’il vienne la revoir n’était pas normal du tout. Normalement, la bête chassée ne revenait jamais vers celui qui l’avait abattu. Et pire que tout, elle n’arrivait pas à adopter une attitude normale devant lui. Revoir son visage, qu’elle avait fini par connaître par cœur à force de l’observer dans ses moindres détails, réveillait en elle des sentiments confus à cheval entre le regret et le soulagement. Les traits de son visage et les plis sous ses yeux trahissaient sa fatigue, elle comprit sans peine que la nuit ne l’avait lui non plus pas épargné. La jeune femme n’arrivait pas à savoir si elle était heureuse ou non de le revoir. Un mélange indescriptible de souvenir douloureux et de sentiments passionnés venait se disputer dans son esprit. Maintenant que la colère n’était plus présente pour l’aveugler, elle savait qu’elle était toujours autant éprise de lui comme au premier jour. Qu’importe ce qu’il avait pu lui dire la veille, qu’importe qu’il soit la cause de sa volonté de partir, il restait ancré dans son esprit, une présence indélébile marquée au fer rouge dans la moindre parcelle de son corps.

Elle avait un pressentiment, à la fois bon et mauvais. Certes elle avait deviné que le motif de la visite d’Isak n’avait rien d’anodin et avait un rapport avec ce qu’il s’était passé la veille. Mais ce n’était pas le motif de sa visite qui l’inquiétait le plus, c’était ce qui en résulterait à la fin. Son intuition lui faisait rarement défaut, et son pressentiment était là pour lui confirmer que quelque chose de décisif allait se jouer dans cette chambre. Elle le savait d’avance, dès l’instant où Isak aurait franchi la porte de sa chambre, il serait trop tard pour faire machine arrière, il faudrait prendre des décisions irréversibles. Elle redoutait ce qu’il allait lui annoncer, elle redoutait les choix qu’elle allait devoir affronter, elle redoutait tout ce qui allait s’ensuivre une fois qu’il aurait passé le pas de la porte.

Alors qu’elle s’écartait pour le laisser entrer pour ensuite refermer la porte, le claquement de cette dernière raisonna comme pour signifier que tout retour en arrière était désormais impossible. Lorsque cette porte se ré-ouvrirait, plus rien ne serait jamais comme avant. Heureux ou triste dénouement, Nirina n’en savait rien, mais elle comprenait qu’elle venait de sceller son destin. Elle ne savait pas encore ce qui allait se passer, mais elle était sûre que sa vie se jouait en cet instant, elle en était persuadée, son pressentiment était bien trop fort pour l’ignorer.

La blonde hésitait sur ce qu’elle était supposée faire. Elle aurait dû s’excuser à nouveau pour ce qu’elle lui avait dit, mais en même temps elle n’arrivait pas à se résoudre à en reparler, elle cherchait quelque chose à dire mais rien ne lui venait à l’esprit. Mais à peine le temps d’y réfléchir qu’elle sentit des mains contre son visage alors que quelque chose d’à la fois doux et ferme venait effleurer ses lèvres. De façon impulsive son corps se crispa sous la surprise du geste de la part du psychiatre. Cette sensation, elle l’avait presque oublié, cette sensation, elle en avait fait son deuil, pensant ne jamais la ressentir à nouveau. C’était comme se promener le long du rivage, pour apercevoir au loin une immense vague s’apprêtant à déferler sur vous, Nirina avait beau courir, le flot était beaucoup trop rapide et venait s’abattre sur elle, la plaquant au sol, l’empêchant de s’accrocher à quoique ce soit, la tirant avec lui au plus profond de la mer. Les lèvres d’Isak lui firent le même effet, cette impression d’être emporté au loin, alors par réflexe elle s’agrippa à la poignée de porte, la serrant de toutes ses forces. Incapable de bouger ou de respirer, son cerveau en revanche était en pleine ébullition, cherchant à analyser, à comprendre, à expliquer ce qu’il se passait actuellement. Il fallait trouver le chainon manquant, celui qui pourrait relier la dispute passée à ce baiser, celui qui pourrait faire la transition entre des sentiments blessés et cette marque de tendresse. Inconsciemment, elle se passa la langue sur les lèvres, comme pour mieux graver le goût des lèvres du brun dans son esprit.

Il était désolé… Etonnant de voir qu’un mot aussi simple était la plupart du temps la conséquence de choses regrettables, un mot que l’on utilisait dans l’espoir d’effacer l’ineffaçable, un mot employé qui ne permettait en rien de changer le passé puisque le mal était déjà fait. Désolé. Ce mot résumait à lui tout seul ce qu’il s’était passé ce soir là, elle ne savait plus où elle en était, pourquoi s’excusait-il pour une guerre dont elle avait été la première à tirer le coup de canon, comment était-elle supposée réagir face à celui qui l’avait forcé à affronter la vérité, pourquoi était-il revenu, pourquoi l’avait-il embrassé ? Elle n’avait que des questions, et aucune réponse. Ce n’était pas normal, rien de tout cela n'était normal. Elle aurait dû exploser de joie devant les excuses du psychiatre, il acceptait de lui donner une seconde chance qu’elle ne méritait pas, mais quelque chose la bloquait.

En suivant le regard d’Isak, elle constata avec horreur qu’elle avait oublié de cacher sa valise. Un flot de mots italien qui aurait fait rougir une jeune damoiselle par leur vulgarité fusa à la vitesse de l’éclair dans son esprit. Personne ne devait être au courant de son départ, lui le premier. Elle aurait préférait effectuer sa sortie par la petite porte, sans demander son reste. Comme une lâche, parce c’est ce qu’elle avait toujours été. Elle fuyait les confrontations des autres comme la peste, et confronter Isak à son départ, c’était pire que tout. Elle refusait d’imaginer sa réaction, et quitte à ce qu’il réagisse, elle aurait préféré qu’il le fasse une fois qu’elle aurait posé le pied sur le continent.

« C’est rien, ne t’inquiètes pas, rien de grave, une affaire importante que je dois régler dans les plus brefs délais. Je te fais un thé ? Un café ? Tu as peut-être faim, j’ai des biscuits italiens si tu veux ? Tu veux t’asseoir ? » la panique lui faisait débiter un flot de mot continu, elle tentait de noyer le poisson, en l’assommant de question, dans l’espoir de détourner son attention de la valise qui traînait grande ouverte sur son lit. Il fallait qu’elle fasse disparaître cette pièce compromettante le plus rapidement possible. Elle se précipita sur son bagage, et poussa un retentissant merda lorsque son pied se prit dans la table, manquant de la faire tomber. Les doigts de pieds douloureux, elle boita jusqu’à son lit pour s’emparer de la valise, la fermer et l’envoyer sous son lit, repoussant les piles de vêtements sur un coin du matelas.

Maintenant qu’elle avait totalement repris ses esprits, son regard se posa sur le brun, et retint un hoquet de surprise lorsqu’elle s’aperçut qu’il était torse nu. Comment se pouvait-il qu’elle ne l’ai pas remarqué plus tôt, c’était le genre de chose pour laquelle il était difficile de passer à côté. Il se tenait debout dans sa chambre, la lumière du jour qui se déversait à travers la fenêtre le nimbait d’une aura presque céleste, sa silhouette se découpant dans la clarté du jour. Le soleil de midi venait illuminer chaque parcelle de sa peau nue, magnifiant chaque ligne, chaque courbe, chaque muscle. La lumière semblait vouloir jouer avec le torse du brun en projetant sur lui des contrastes d’ombres et de lumières. Nirina avait l’impression d’admirer l’Ange Déchu de Cabanel. Ce n’était pas le fait de voir un homme torse-nu qui la mettait mal à l’aise, c’était de le voir lui à moitié habillé. La jeune femme ne savait plus où poser son regard, elle s’acharnait à essayer d’adopter une attitude la plus normale possible mais son esprit était en ébullition, noyé par la masse d’informations et de sentiments à traiter en même temps.  Ses yeux ne savaient plus où se poser, des souvenirs d’un temps révolu commençaient à perturber son esprit, elle secoua la tête pour chasser ces pensées indésirables.

Puis une petite chose attira son attention, posée négligemment sur la table. Et soudain, elle se liquéfia sur place. Sa lettre de démission… S’il avait réussit à lire ne serait-ce que l’objet de la lettre inscrit en gros sur le haut de la feuille, c’était la catastrophe assurée. Elle se jeta sur la feuille qui continuait à trôner sur la table, avant de la plier précipitamment et la ranger dans le tiroir de sa table de nuit. Mais c’était un secret beaucoup trop lourd à porter, elle aurait aimé le lui cacher le plus longtemps possible mais elle se rendait compte que cela aurait été injuste envers lui. Si elle partait, elle lui devait au moins des explications.

« Je n’ai plus ma place ici, je ne peux pas continuer mon travail, je n’y arriverais pas. Il faut que je parte. Je… ne suis pas faite pour être psychologue. J’y ai réfléchi toute la nuit et c’est la meilleure solution je pense. »  avoua-t-elle alors qu’une boule lui serrait la gorge. La vérité était beaucoup plus complexe, l’une des raisons qui l’avait poussé à partir était qu’Isak refuse de lui adresser à nouveau la parole. Maintenant qu’il l’avait embrassé et s’était excusé, elle avait la preuve qu’il voulait oublier leur dispute. Normalement elle aurait dû changer d’avis en décidant de rester ici, mais elle savait que c’était impossible. Qu’elle l’aime ou non, rien ne pourrait lui faire oublier qu’elle n’était plus faite pour continuer son métier de psychologue.  

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Mar 28 Mar - 21:05



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak


Isak détestait ça, détestait​ ne pas avoir le contrôle de la situation. Et ici? Maintenant? Il ne l'avait clairement pas. Parce qu'il était en terrain inconnu, oh si c'était le cas, la chambre de Nirina, son domaine, mais ça n'était pas ce qui l'effrayait. C'était les sentiments. Là aussi il était en terre inconnu. Mais c'était pire. Oh... Tellement pire que tout ce qu'il aurait pu penser. Pas le sentiment en lui même. Le sentiment c'était certainement quelque chose de doux, qu'avec du temps il arriverait à comprendre de la plus douce des manières, le sentiment il le comprenait. Mais c'est tous les autres que ça déclenchait. Ça le plongeait dans l'incompréhension de la situation, dans un trou noir où la seule lampe qu'il avait c'était elle. Sa confiance en elle. Oh, il la sentait bien, se doutait bien qu'elle n'allait pas le jeter dans l'inconnu... Enfin... Disons que c'était ce qu'il espérait. Est-ce que l'on pouvait être sûr de ce genre de question? Oh, ne tournez pas les yeux vers Isak, on ne peut pas faire moins instruit sur ce sujet que lui. Parce que d'habitude il était toujours celui qui éjectait l'autre, la renvoyait comme si la conversation qu'ils avaient était si peu importante, comme si la relation qu'il partageait ne mènerait à rien, qu'il était mieux de finir maintenant avant que l'un ou l'autre ne soit trop impliqué... Et ça ne fonctionnait pas à chaque fois, et les larmes coulaient souvent. Voilà ce dont Isak avait peur. Que les larmes se mettent à couler face à son rejet.

En vérité, du moins, ce que l'on pouvait en dire, c'est Qu'Isak n'avait pas prévu d'être rejeté. Oh, il n'y allait pas confiant et serein non plus, disons juste que l'idée sonnait fausse pour lui, et il était pertinemment sûr que si elle le laissait tomber... Et bien... Ça serait plutôt compliqué pour lui. Comment dit-on déjà? Oh, l'arroseur arrosé, et ne serait-ce pas son cas? Si un tel cas de figure venait à se produire, Isak victime d'un acte pareil n'aurait que la monnaie de sa pièce, se prendrait un renvoie douloureux et insupportable comme un coup entre les côtes. Quoi qu'un coup entre les côtes ne pourrait pas etre aussi douloureux que les mots de Nirina s'ils étaient "Sors de là Isak. Plus jamais." Il existe un nombre de variable infini à cette phrase et le fait est que toutes seraient aussi douloureuses les unes que les autres.

Le fait est qu'elle ne le fit pas. Ce renvoi déchirant. Pas aux premiers abords. Pas qu'il lui avait laissé le temps, prenant les devants sur une possible engueulade. Le russe ne faisait jamais ça avec Sybil. Elle aimait s'engueuler. Et parfois il ne faisait que lui répondre d'une façon lasse et lointaine pour maintenir un quelque chose qui ne fonctionnait plus et qui n'avait jamais fonctionné dans leur couple. Et Nirina elle n'avait pas demandé l'engueulade dés qu'il était rentré... C'était particulièrement agréable. « Je suis désolé... J'avais besoin de venir. »

Il y avait dans son esprit un mélange certain de plusieurs sentiments. Aussi sombres et aussi nombreux soient-ils... Maintenant Isak pensait. -Bon dieu si ça n'est pas révolutionnaire- Parce que le brun n'était pas aveugle. Il savait pertinemment ce qui allait se passer. Ou du moins il pouvait s'en douter. Les comédies romantiques de sa mère ce n'est pas quelque chose que l'on oublie facilement. Au contraire. Si lui n'y a jamais cru, la majorité des gens croit voir le grand amour au premier regard. Et puis, parfois il faut plus. Un baiser volé, pas voulu, égaré... Et parfois ça marchait? C'était rouillé. Comme une vieille machine que l'on relance sans l'avoir utilisé pendant plusieurs années. Et Après? Tout fonctionne seul normalement. Les engrenages s'imbriquent.

« Tu me prends pour plus stupide que je ne suis Nirina? Je sais reconnaitre une affaire importante quand j'en vois une. Et ça s'en est une... Mais si tu ne veux pas que je sache... C'est... Qu'est-ce que tu comptes faire ici? » Il savait. Bien sur qu'il savait. Vous voyez, on en revient toujours au même point. Le savoir. Il savait de quoi tout ça avait l'air. Et de ce qu'elle avait prévu. Mais si son esprit savait, sa conscience refusait de coller les deux idées. Sous prétexte que tout serait bien trop compliqué. Compliqué... Pas à suivre. Enfin, pas à suivre pour son esprit. Mais pour son coeur. Ce dernier serait incapable de tenir un ascenseur émotionnel de cette façon. Parce qu'il venait la voir, faire des efforts et elle? Elle fuyait de son côté? Nan. Ça paraissait plutôt logique que son esprit refuse d'assembler les idées entre elles. C'est un instinct de survie.

Tandis qu'elle se cogne, son premier instinct aurait été d'aller servir de preux chevalier. Mais la chose qu'il fait c'est se couvrir la bouche pour éviter de rire. C'est cocasse comme situation. Assez amusant mais certainement frustrant pour elle. -c'est peut-être pour ça que c'est si jouissif- Parce qu'elle veut faire vite, arranger les choses de la façon dont elle seule a le secret et en fait, voilà qui n'est pas très concluant. Sachant qu'elle se fait mal et ne fait qu'attirer un peu plus l'attention du psychiatre qui apprécie particulièrement se moquer gentiment d'autrui. Oui Nirina. Actuellement tu es autrui. Puis il n'allait pas se jeter à son contact non plus. Ça aurait fait désespérer et Isak n'en était pas encore là. Pas super loin tout de même... De toute façon tout faisait parti d'un quelque chose d'incompréhensible pour lui... Il avait envie de s'approcher, la serrer dans des bras, lui dire que tout irait bien. Est-ce que c'était vrai? Pas besoin de dire la vérité pour être quelqu'un qui aime. Un amant peut mentir à sa bien aimée dans l'idée de la protéger. Ouais... Enfin on était pas dans un conte et Isak n'avait pas de secrets exceptionnels... Enfin... Disons que tout dépend de la définition "d'exceptionnel". Parce qu'une famille c'est quelque chose de plutôt concret, voir même complet ceci dit.

Et tandis qu'il se questionnait déjà sur le comment du pourquoi elle avait une valise sur son lit, ses gestes devenaient encore plus curieux tandis qu'elle se jetait sur une feuille. Une feuille. C'était curieux merci. Normalement, avec un enchainement de pensées logique, il aurait pu trouver, y réfléchir rapidement mais sa conscience ne voulait pas. L'idée était peut-être trop dérangeante à encaisser. Quelques temps de plus, quelques instants, quelques pensées. Le brun croise les bras sur la poitrine en haussant un sourcil à l'attention de la jeune femme. Elle sait. Bien sur qu'elle sait. Ce petit secret que renferme la feuille.

« Quoi... Je... Quoi? » Il avait bien entendu. Bien évidemment qu'il avait bien entendu. Elle se tenait trop proche de lui pour qu'il n'entende pas ce qu'elle avait dit. « Qu'est-ce que tu as rangé dans le tiroir? » Le voilà qui s'avance, contourne la jeune femme pour ne pas avoir à la pousser et juste... Ouvre le tiroir. Il s'en fiche qu'elle se mette à lui crier dessus parce que ce n'est pas ça qui l'importe actuellement. Tout ce Qu'Isak désire c'est que l'idée qu'il a en tête soit fausse. Malheureusement elle ne l'est pas. Il aurait fallu un gros quelque chose, quelque chose de différent pour qu'en fait... Et bien elle ne soit pas ce qu'il pensait. « Non... » Sa voix est plus brisée que voulu. Et l'idée est encore plus malsaine maintenant qu'il sait qu'elle est confirmée. Les yeux du brun parcourent le papier pendant quelques instants qui peuvent sembler aussi longs que courts. Puis ses yeux remontent vers Nirina. « Je peux pas te laisser faire ça... Pas maintenant. Tu peux pas partir comme ça. Pas avec tout ce qui se passe. »

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Ven 7 Avr - 22:34

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

Elle s’en voulait cruellement d’avoir été aussi négligente, et maintenant elle s’en mordait amèrement les doigts. Si seulement à son réveil, elle avait eu le bon sens de jeter un rapide coup d’œil dans la pièce pour être sûr de ne laisser aucun détail compromettant. Si seulement elle ne s’était pas précipitée vers la porte, comme si sa vie en dépendait. Mais non, la voix d’Isak avait tout éclipsé, oubliée la valise grande ouverte sur le lit, délaissée la lettre compromettante. La seule chose qu’elle avait eu en tête à ce moment, c’est qu’il était derrière la porte, il était revenu. Sauf qu’il était désormais trop tard, maintenant qu’il avait vu la valise, elle savait qu’elle allait être obligée de s’expliquer avec lui.

Dans un premier temps, elle garda le silence, ne sachant pas quoi lui répondre puisqu’il avait très bien compris qu’elle lui mentait. En effet, il aurait fallu être stupide pour gober un bobard comme celui qu’elle venait de lui servir. Elle ressemblait à une enfant commentant une bêtise et prise en flagrant délit, toute peinée et honteuse. Elle ne souhaitait qu’une seule chose, creuser un trou et s’y enterrer profondément.  
« C’est compliqué » marmonna-t-elle dans un murmure quasi inaudible. Cela ne répondait pas à la question du brun, mais c’est tout ce dont elle avait été capable d’exprimer.

Et comme si le coup de la valise ne suffisait pas, il avait fallu que cette stupide feuille vienne s’en mêler elle aussi. Elle aurait voulu attirer l’attention dessus qu’elle ne s’y serait pas mieux prise. Une fois rangée dans le tiroir elle avait espéré ne pas avoir à se justifier, et qu’il ferait comme si de rien n’était. De même qu’en lui annonçant son départ, elle pensait que la nouvelle serait suffisamment importante pour détourner son attention en lui faisant oublier la présence de ce foutu papier. Mais ça c’était demander la lune, voir le système solaire complet.  Face à sa question, elle se mordit les lèvres, elle savait que c’était inutile de lui mentir, mais elle n’arrivait pas non plus à se résoudre à lui répondre. En le voyant s’avancer vers elle, la blonde commença à paniquer. Elle savait que trop bien ce qu’il s’apprêtait à faire, et la seule chose qu’elle avait en tête c’était de l’en empêcher. Elle aurait très bien se poster devant lui et lui barrer la route mais il fallait voir la vérité en face. Si on avait dû comparer leur deux carrures, le combat se serait joué entre une armoire normande et un petit guéridon. Isak aurait juste eu à pousser Nirina du pouce pour l’envoyer valser à l’autre bout de la pièce.

« Isak arrête ! Rends-moi cette lettre » lui ordonna t-elle en haussant le ton. Mais il ne l’écoutait pas, évidemment, il était tout aussi buté qu’elle. Ils s’étaient bien trouvés, mais à peine trouvé qu’ils allaient se perdre, parce qu’il devait en être ainsi. Déjà la tête du brun se penchait pour lire le contenu, et Nirina commençait sérieusement à paniquer quant à sa future réaction.
« Non je t’en supplie, ne la lit pas… »

Pour tenter de camoufler sa gêne, elle se passa la main sur son front avant de la glisser le long de son visage, s’arrêtant contre sa bouche, incapable d’exprimer le moindre mot. Alors qu’il lisait la lettre, son regard fixait les pieds de la table pour ne pas le voir lui, ne pas voir les émotions qui pouvaient traverser son visage en cet instant. Que ce soit de la colère, du chagrin, du mépris, tout cela lui importait peu, qu’importe ce qu’elle lirait sur ce visage, son cœur en souffrirait obligatoirement. Mais contre toute attente, ce fut la voix du psychiatre qui lui arracha une douleur lancinante dans la poitrine.

« Justement Isak, qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi donc ne puis-je pas le faire maintenant hein ? » lui lança-t-elle sur un ton de défi.   « Tu crois que j’ai le choix peut-être ? Je t’en pris ne m’oblige pas reparler de ce qu’il s’est passé hier soir pour devoir justifier mes choix. » Sa voix était chevrotante, elle luttait pour ne pas fondre en larme alors qu’une lutte acharnée se jouait entre son cœur et sa raison. Elle le voulait lui et pas un autre, elle voulait être à ses côtés jusqu’à ce que la mort les sépare, personne d’autre que lui ne comptait plus à ses yeux, pas même ses parents. Son corps se crispait sous l’effort, ses muscles étaient tendus prêt à se déchirer. Alors que son cœur lui ordonnait de se réfugier dans les bras d’Isak pour ne plus jamais le lâcher, sa raison elle l’obligeait à rester immobile, loin de lui. Au plus profond d’elle, Nirina savait que la seule chose qu’elle voulait vraiment, c’était coller son corps contre le sien et retrouver le contact de ses lèvres pressées contre les siennes. Mais comme toujours, la voix de la raison l’emportait sur les plaintes sourdes de son cœur frustré d’être privé de celui pour qui il battait jour et nuit. Pourquoi aller à sa rencontre puisqu’ils étaient voués à ne plus jamais se revoir ? Cela ne rendrait les au revoir que plus douloureux.

Maintenant qu’elle était forcée de se confronter à Isak au sujet de son départ, elle se rendit compte qu’à aucun moment elle n’avait songé à l’après-départ. À ce qu’il se passerait une fois qu’elle aurait débarquée sur le continent, loin d’Ostrov et de ses occupants condamnés à rester enlisés dans la boue infâme qu’était ce sinistre endroit. Ce n’était pas son logement qui la préoccupait, ni son futur emploi. De ce côté là, ses parents pourraient la haïr pour l’éternité, l’honneur leur interdisait de laisser vivre leur fille comme une souillon dans une vulgaire chambre d’hôtel. Puisque la loi anglaise leur interdisait de renier un enfant, ils n’avaient guère leur choix que de sauver les apparences en acceptant le retour au bercail de leur progéniture, le temps qu’elle se trouve un appartement. Du moins c’est sous cet angle que Nirina voulait voir les choses. Et quant à son travail, elle savait d’ores et déjà qu’il allait falloir affronter la pression parentale et surtout ne pas céder à la faciliter de retomber dans un travail pour lequel elle avait été formatée. Les reconversions professionnelles étaient toujours possibles, comme reprendre des études. Elle avait enfin la chance de pouvoir faire un métier où elle était sûr de réussir et dont elle pourrait être fières. Elle adorait l'art, pourquoi ne pas s'orienter dans cette branche ? Si elle avait passé la nuit à se perdre dans un océan de crainte quant à son futur, comme une personne que l’on aurait jeté à la rue sans bien ni argent, la laissant se débrouiller toute seule, elle avait dorénavant l’espoir que tout n’était pas perdu. Elle finirait par reconstruire la vie qu’on lui avait volé, elle parviendrait à se relever, Nirina en était persuadé. Mais dans son plan si bien rodé, il restait une ombre au tableau et pas des moindres. Lui. Elle aurait probablement préférée qu’il s’énerve contre elle, lui hurle dessus, lui crache son mépris à la face et s’en aille en lui souhaitant bon vent. La douleur du rejet lui aurait fait mal, mais pas autant que ce qu’il venait de lui dire maintenant. Comment pourrait-elle trouver la force de partir alors qu’il venait de lui demander de rester… Elle n’y avait pas encore pensé parce qu’elle s’était interdite de se poser la question, trop effrayée par la réponse, mais comment allait-elle réussir à refaire sa vie sans lui ? Réussirait-elle au moins à l’oublier ? Isak n’était pas de la trempe des hommes qu’on oublie tant leur présence est insignifiante à nos yeux. Non Isak était… Il était tout. Son tout à elle. Et qu’elle le veuille ou non, il détenait dorénavant une part du cœur de la blonde. C’était un fait établi, un lien la retenait prisonnière du brun et qu’importe la distance qu’elle mettrait en eux deux, le lien continuerait à le lier à la blonde. Malédiction affirmeraient certains, bénédiction clameraient d’autres. Mais sa raison continuait à la pousser dans son raisonnement, elle n’avait plus sa place ici. Et lui alors, pourquoi voulait-il donc tant qu’elle reste, quelles étaient donc ses motivations ? Cela signifiait-il qu’il tenait à elle ? La blonde était incapable de mettre un mot sur leur relation puisque le sujet n’avait jamais été abordé, et la seule fois où l’occasion s’était présentée remontait à hier soir… Mais les phrases du brun continuait à résonner dans sa tête et elle jamais elle ne pourrait les oublier. Quand bien même ils réussiraient à définir ce qu’il se passait entre eux, la vérité continuerait à la rattraper sur son imposture en tant que psychologue. Si seulement elle avait la preuve que son départ était une erreur. Si seulement elle avait une raison suffisante pour rester auprès de lui...

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Ven 14 Avr - 12:41



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
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« C'est compliqué? Sincèrement Nirina? C'est tout ce que tu trouves à dire? C'est compliqué... Bien sur que c'est compliqué. Tout est compliqué ici. On ne peut pas rester sur cette foutue île en ayant un truc simple! Tu le sais très bien Nirina... C'est... » Compliqué? La voix d'Isak est douce, trop douce, il aimerait être énervé, vraiment il aimerait. Il aimerait être violent, que ce soit verbalement physiquement. Mais rien. Il n'en a pas envie. Son corps ne se bat pas dans cette idée. Son corps refuse de se battre. Pour l'instant il tourne dans le vide. Il tourne dans pas grand chose. Juste la regarder. Juste être.
Il y eu un moment d'incompréhension chez Isak. Où il ne comprenait pas d'où venait ce bruit et pourquoi d'un coup il était si fort. Alors que le silence résonnait dans la pièce, c'était quelque chose d'incompréhensible. Le papier entre ses mains, les yeux levés vers elle. Et ce bruit. Ce bruit assourdissant qui se répète encore et encore. Tape, frappe, chaque coup plus violent que le dernier. Finalement... Finalement il y a la réalisation chez Isak, la compréhension. C'est son coeur, les battements de ce dernier, c'est son âme. Les bruits dans ses tempes. Le sang qui frappe. Encore. Et encore. Et encore. Parce que son rythme cardiaque s'est emballé. Que le silence est de mise. Parce que plus rien n'a d'intérêt. Et que l'entendre parler sonnerait faux à ses oreilles...

Et elle lui demandait de ne pas la lire... L'ironie dans cette pièce était palpable. C'est sûr qu'en fin de compte Isak allait reposer la lettre en disant "bah oui c'est vrai je dois pas la lire, c'est à tout. Excuse moi!" Non. Non Nirina ça n'arrivera pas. Non Nirina il lira cette lettre parce qu'il a besoin de savoir. Isak ne veut plus être laisser en arrière. Il ne veut plus être laisser du tout. C'est pathétique... Cette version pathétique de lui. Il aurait presque honte d'être ainsi. D'être si... Faible... Si... Demandeur. Dans le besoin d'aide. Dans le besoin d'elle. Mais elle s'en fiche non? L'idée même est écrit sur la lettre. Leur relation, semi-relation, ne semble pas vraiment très importante sachant qu'elle compte partir. Son désir d'être meilleur, d'être pour elle, son désir de faire des efforts, de la voir comme elle n'était pas hier... C'est inutile? La vodka semble apparemment avoir amené la vérité hier. Est-ce qu'elle comptait réellement partir? Hier. Aujourd'hui il semblait sûr que son choix était fait, mais hier? Elle y avait pensé? L'avait insulté de tous les noms, laisser tomber, frapper verbalement... Est-ce qu'elle n'aurait pas juste pu balancer ça. Comme ça il aurait pu tout simplement jouer la carte de la colère. Dire qu'il n'en avait rien à foutre, que son départ n'était qu'une bonne chose et qu'il ne souhaitait plus jamais la revoir.

« C'est bien amené... Joliment écrit... C'est sûr que personne ne va refuser ton départ si c'est présenté de cette façon. » Le ton est amer. Pas assez pour être violent mais assez pour être... Isak. Parce qu'il devait en faire un, vommentaire sur ce papier. Ce papier dégueulasse qui ne faisait qu'amener des informations inutiles, putrides et... Insupportables pour l'homme.
« Ça... ça c'est petit parce que tu sais piétinement qu'hier c'est un autre jour! Tu penses que je serais venu ici comme ça avec tout ce que j'ai dis hier juste pour continuer à t'insulter et t'encourager sur un choix... stupide qui... qui est insupportable!? » Le brun soupire, se pince l'arrête du nez et relève les yeux vers la jeune femme. Même croiser son regard semble compliqué à supporter. Parce qu'il est prometteur de quelque chose de froid, de plus froid que ce qu'ils ont déjà. Et voilà. "Ce qu'ils ont déjà" est-ce qu'ils ont réellement quelque chose? Est-ce qu'Isak se fait des films? Des envies, des désirs, quelque chose avec Nirina. Et quelque part Isak se détestait pour se faire des films de cette façon. Vu qu'elle semblait réceptive mais pas toujours. Des signaux contradictoires. Encore et encore. « Qu'est-ce qui se passe Nirina ça je ne saurais pas le dire OK? Je comprends pas! Mais je sais qu'il y a quelque chose et que tu peux pas juste tourner le dos à ça... A un nous deux qui n'a pas encore... Eu le temps d'évoluer... »

Ils n'en étaient pas très loin. Ils n'avaient pas commencé. C'était un point mort. C'était au point mort. Ils avaient fait, certaines choses, plus que certaines pouvaient affirmer, ils avaient appréciés le monde de la façon dont ils se donnaient l'un à l'autre. Et pourtant ça ne semblait pas être suffisant... Il n'y connaissait rien. Pas assez pour s'offrir à quelqu'un. Parce qu'Isak était comme ça. Habitué à recevoir et incapable de donner. Enfin... Il avait su il fut un temps, naïf et amoureux. Unique fois. Est-ce qu'il avait vraiment été amoureux? Aujourd'hui le voilà qui dirait que non. Avant disons juste qu'il avait su être plus naïf. Et maintenant qu'il s'était coupe aux autres il y avait eu... sa gosse... Shanone qui avait su mouvementé les choses, qui avait su faire tourner la tête d'Isak, histoire de lui offrir plus de sentiments qu'il n'en avait jamais ressenti. Et finalement... en dernier lieu, comme une fleur tombé sur la tombe d'un coeur froid, il y avait eu la jeune femme, la psychothérapeute, celle qui avait su lui faire ressentir plus qu'il n'avait jamais pensé. « Tu peux pas partir. » Ça n'était même plus une question. C'était sûr. Isak était tout bonnement sur de ça. Si elle partait... il serait certainement perdu. Comme un enfant qu'on perd dans une foule. Tous les visages alentours seraient floues, les sensations froides et les gens vides. Tout serait vide de sens. Il ne voudrait plus que le silence su monde entier. Demandant la paix, demandant quelque chose qu'il ne pourrait plus avoir. Vu que tout ce qu'il désirerait se trouverait ailleurs, sur le continent, loin de lui. Bon dieu. C'est pathétique. Il le sait pertinemment, le sent au fond de lui. Isak n'a jamais été comme ça. « Tu peux pas partir et tu sais très bien que tu peux pas partir! » Il se répétait, foirait, nerveux à souhait. Isak se passa une main sur le visage, tenant toujours le papier dans l'autre main en relisant les mots, encore et encore, remuant le couteau dans la plaie. Détruisant encore plus le sentiment qui battait dans sa poitrine, détruisant ses espoirs et ses rêves. Mais est-ce qu'Isak était du genre à se laisser abattre de cette façon? Il n'avait jamais été comme ça. Et le brun ne le serait jamais. Parce qu'il était fort. Du moins c'est ce qu'il voulait être. Parce qu'il était fier. Et que voir un sourire sur le visage de Nirina valait tout l'or du monde. Mais ce qu'il s'apprêtait à faire n'allait pas attirer un sourire sur le visage de la jeune femme. « Je peux pas te laisser partir Nirina... Parce qu'après je m'en voudrais. » Nerveusement mais violemment le brun déchira le papier qu'il avait entre les mains. Pas seulement histoire de dire. Mais histoire qu'elle n'y pense plus. C'était hors de question.
Finalement il envoya le papier s'écraser par terre et releva les yeux vers Nirina. Ils n'étaient pas pleins d'espoir. Parce qu'il se doutait pertinemment que son geste n'allait pas etre bien vu par la jeune femme. Nerveusement encore Isak baissa la tête en serrant les poings, attendant presque une quelconque réaction. Mais finalement... Finalement le russe n'avait pas envie de la laisser parler. Il n'avait pas envie qu'elle l'engueule. Alors une nouvelle fois il releva la tête en s'approchant un peu plus cette fois-ci. « S'il te plait ne m'en gueule pas... Mais je ne veux pas que tu partes... Parce que... » Et c'est là que ça bloquait. Incapable de sortir de la façon qu'il voulait les mots restaient bloqués en travers de sa gorge. Nerveux plus qu'il ne l'avait jamais été. Les mots restaient là et ça l'enervait si fort... « Parce que j'ai ce truc! Ce truc dans ma poitrine et je sais pas pourquoi et comment! Mais tout ce que je sais c'est que c'est moins douloureux quand toi t'es là! » C'était sorti rapidement, violemment. C'était sorti d'un ton puissant, presque agressif, histoire que sa gorge ne lui fasse pas encore défaut. Histoire qu'il soit capable de parler. Parler comme il le fallait.

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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Sam 22 Avr - 22:04

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

Oui elle pouvait quitter Ostrov, repartir à zéro et se trouver un homme pour essayer de l’oublier. Des tas d’hommes probablement. Mais était-ce vraiment une vie que de passer d’aventure en aventure pour à chaque fois les comparer avec celui qui les écrasait parce qu’il n’était tout simplement pas comparable ? Il les dominait tous sans exceptions, les hommes, elle, son cœur, il était au dessus de tout. Qu’il lui demande de rire pour rien elle le ferait, qu’il lui demande de tuer elle le ferait, qu’il lui demande de s’allonger sur le lit et de se laisser faire elle le ferait, qu’il lui demande de mourir pour lui… Elle le ferait.

Alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre sèchement que la seule chose compliquée ici, c’était la situation dans laquelle il la mettait, elle se ravisa aussitôt, préférant rester cloitrée dans son silence. Comprenait-il seulement la situation qu’elle vivait actuellement, avait-il conscience qu’elle se trouvait au pied du mur, obligée de prendre des décisions irréversibles qui l’impacteraient toute sa vie durant… À l’entendre, il fallait croire que non. Alors elle préféra faire la sourde oreille, d’abord parce qu’elle n’avait plus la force de se disputer mais aussi parce qu’elle savait qu’il était inutile de tenter de se justifier, il ne comprendrait pas. La preuve, il n’avait pas hésité à s’emparer de la lettre, faisait fit de ses protestations, comme si cela n’avait aucune importance de respecter sa volonté. Et son compliment sur sa plume ne servit en rien à minimiser son geste, que sa lettre soit bien écrite ou non, la direction n’avait pas son mot à dire quant à son départ. Son ton désapprobateur laissait clairement entendre qu’il n’était pas enchanté par le contenu de cette lettre, mais qu’importe, après tout pensa la jeune blonde, ce n’était pas faute de l’avoir prévenu de ne pas la lire.

Et voilà qu’elle sentait à nouveau le vent tourner vers une direction plutôt déplaisante,  elle n’aimait pas les mots qui sortaient de la bouche du brun. Savoir que son choix de partir était une idée insupportable aux yeux d’Isak ne l’aidait pas et pire, ça la faisait douter sur sa décision. Il fallait qu’elle parte, c’était la seule et bonne décision pour son bien, mais son plan se faisait saborder de toute part par le seul être capable de lui faire changer d’avis. Une part d’elle-même voulait plus que tout entendre la suite de ce qu’il voulait lui dire, durant de longs et interminables jours elle avait entendu ce moment où ils auraient enfin une chance de mettre clairement un mot sur leur relation. Mais elle appréhendait aussi, incapable de deviner sa réaction s’il venait à lui avouer ce qu’elle avait toujours rêvé d’entendre…

Elle l’écoutait parler, veillant à ne pas lui couper la parole, à le laisser finir chacune de ses phrases. Même durant les silences où il semblait plongé dans ses propres réflexions, elle ne pipait mot. Elle voulait entendre tout ce qu’il avait à dire, qu’importe le temps qu’il prenait. Et maintenant il lui ordonnait de ne pas partir, comme si la chose était déjà décidée sans qu’elle puisse protester. Nirina se fichait bien qu’il le lui ordonne, ce qu’elle voulait savoir, c’était la raison pour laquelle il refusait son départ. Sa respiration se bloqua et son corps se figea alors qu’il lui annonçait qu’elle savait pertinemment pourquoi partir serait une mauvaise décision. La blonde avait l’impression qu’il lisait à travers elle comme dans un livre ouvert, qu’il avait clairement compris qu’elle se forçait à penser que ce qu’elle faisait était la bonne décision. Mais encore une fois, elle ne dit rien, elle avait besoin de fait concret, elle voulait entendre de la bouche du brun cette raison nécessaire pour qu’elle reste. Il semblait proche, si proche du but. Et sans crier gare, il déchira sa lettre, ne laissant aucune possibilité à la blonde d’empêcher son geste. Le fait de voir tout le fruit de son dur labeur qui avait duré toute la matinée partir aussi simplement fumé la scandalisa. Alors qu’elle s’apprêtait à lui jeter toute sa colère à la face, un simple regard d’Isak la réduisit au silence. Elle comprit que l’heure n’était plus à la bagarre, et en déchirant sa lettre, il lui apportait une preuve supplémentaire pour lui signifier son souhait qu’elle reste. Et lorsqu’il lui annonça ses dernières paroles, elle eut l’impression de recevoir à la face un saut d’eau à la fois glacé, mais aussi bouillant.

Abasourdie. C’était probablement le mot qui se rapprochait le plus de l’état dans lequel se trouvait la jeune femme actuellement. Elle était à mi-chemin entre la réalité et un monde onirique où toute une série de scènes se déroulaient successivement sous forme de flash. Isak n’avait pas fait que lui affirmer une chose, il avait par la même occasion entre-ouvert une porte d’où s’échappaient des rêves hypothétiques et incertains mais qui gardaient toutefois cette infime chance de se réaliser. Il venait de lui donner la possibilité de pouvoir espérer une issue pour eux d’eux, cependant cette issue était noyée dans un brouillard, il lui manquait encore cette certitude dont elle avait besoin pour être rassurée.
« Tu n’as pas le droit de remettre en question mes choix Isak, pas lorsqu’on évolue dans le flou le plus total ! Comment je pourrais le savoir si même toi tu n’es pas au courant de ce qu’il se passe ? »

Elle secoua la tête, se dandinait sur place, incapable de rester immobile face aux révélations du psychiatre. Si ce qu’il lui avait dit aurait pu suffire à certaines, pour elle, cela restait encore trop flou. Il y avait trop de choses en jeu dans sa vie pour qu’elle puisse se permettre de se contenter de sentiments aussi peu clairs. Puis, répondant à un besoin instinctif, elle lui lança un regard à la fois tendre et mélancolique avant de se rapprocher de lui pour le prendre dans ses bras, sans mot dire. Les bras enroulés autour de sa taille, la tête lovée dans le creux de son cou, elle voulait juste profiter de ce moment, peut-être le dernier. Contre lui, elle se rendait compte que sa présence, la chaleur de son corps, son odeur, tout ce qui faisait sa personne, lui avaient manqué. Alors Nirina resserra encore plus fort son étreinte contre lui avant de s’écarter légèrement pour le fixer dans les yeux.

« Tu sais très bien quels sont les sentiments que j’éprouve pour toi, mais qu’en est-il de toi hein ? C’est si compliqué que ça de mettre des mots sur ce que tu éprouves ? Est-ce que t’éprouves au moins quelque chose ? J’ai besoin de savoir, tu n’as pas le droit de me retenir si toi-même tu ne sais pas si tu éprouves de… si tu ressens ce que je ressens. » le supplia-t-elle la voie tremblotante. Elle ne comprenait pas ce qu’il attendait d’elle, il semblait encore plus perdu qu’elle ne l’était. Voulant pousser la chose encore plus loin, elle rapprocha son visage du sien et l’embrassa. D’abord doucement puis un peu plus passionnément alors que ses lèvres se pressaient toujours plus contre celles d’Isak.
« Et là… Qu’est-ce que tu ressens ? » demanda-t-elle alors qu’elle se décollait de lui tout en tentant d’ignorer la sensation de vide en quittant ses bras. Tout serait tellement plus simple s’il disait clairement ce qu’il se passait entre eux, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Après tout, ils n’avaient jamais parlé de leurs aventures passées, se pourrait-il alors que…
« Isak… Est-ce que tu as déjà aimé dans ta vie ? » C’était une question qui aurait pu paraître sotte aux yeux des autres, qui n’avait jamais aimé dans sa vie ? L’amour pour ses parents, ses amis, sa famille. L’être humain avait reçu ce dont précieux qu’était l’amour, mais elle savait qu’Isak comprendrait sa question, à savoir qu’elle ne parlait pas de l’amour qu’on portait à sa famille ou ses amis, mais bien d’un autre amour, le plus complexe au monde probablement.

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Jeu 27 Avr - 23:09



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak


Peut-être qu'il aurait pu être, rester cette personne froide qui n'avait pas besoin de se sociabiliser, peut-être qu'il aurait pu rester ce coureur de jupons qui aime qu'on le regarde froidement. Peut-être qu'il aurait pu rester cette personne hautaine qui n'avait besoin de personne, qui n'avait besoin de s'attacher à personne. Juste... L'homme qu'il avait toujours été. Le bon coup sans sentiments. Parce que les choses sonnent tellement plus simples lorsqu'il n'est pas question d'aimer quelqu'un. Aimer quelqu'un Parce qu'il l'aime? Oui il l'aime... Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais de l'extérieur les choses semblent tellement plus simples. Dans l'esprit D'Isak il n'est pas question de simplicité... Réflexion. Réflexion. Perdition. Réflexion. Puis. Elle. Et au final, après toutes les réflexions. C'est le dernier mot qui finit par compter.

« Tu n’as pas le droit de remettre en question mes choix Isak, pas lorsqu’on évolue dans le flou le plus total ! Comment je pourrais le savoir si même toi tu n’es pas au courant de ce qu’il se passe ? »
C'est vrai. Le brun sait très bien qu'elle a raison, qu'il n'a pas à choisir pour elle. Pas maintenant. Pas jamais. Il n'est ni son père ni... Autre chose s'il l'on en croit l'ordre des choses. Mais c'est là que se situe tout le problème. Isak sait. Pour une fois qu'il sait une chose en étant sûr de ça. Sûr qu'il ne peut pas s'imposer dans la vie de Nirina si elle ne veut pas de lui. Oh. Est-ce qu'elle ne veut pas de lui? Est-ce qu'elle veut juste qu'il tourne le dos, franchise cette porte et reste le plan sympathique des douches à qui c'est inutile de parler quand on a pas... envie de plus. Enfin... Il sait ça. Mais pas seulement. Isak sait du fait. Quoi? Nirina. Voilà ce qu'il sait. Même si parfois le doute s'inscrit dans ses yeux et que la honte peut se lire sur son visage... C'est quelque chose dont il est plutôt certain. Il y a quelque chose entre Nirina et lui. Quelque chose de puissant. Pas besoin de se cacher les yeux ou les oreilles. Il le voit. Et si même Isak Gallagher arrivait avoir des choses alors il était question de leur présence. Et puis... et puis si Nirina se questionnait elle aussi, ça voulait dire qu'elle se demandait, qu'elle y avait penser. Que la jolie blonde se doutait du quelque chose.

« La question ici ce n'est pas moi Nirina. On sait tout de même tout les deux qu'entre nous tu es celle qui a le plus de sentiments... enfin... t'es celle qui a le plus de facilités avec toutes... enfin... » Toutes ces merdes que l'on appelle sentiments humains et que toute sa vie il n'a fait que repousser, encore et encore pour ne pas avoir a s'encombrer avec des trucs inutiles qui le placerait dans une situation similaire, une situation cocasse et gênante où il devrait, se devrait de gérer une jeune femme. Parce qu'au final s'attacher ça ne servait à rien. Tout finissait de la même façon. Les larmes. Et de la tristesse. Et tout ce qu'Isak voulait éviter en s'éloignant, prenant cette distance qu'il n'avait jamais eu du mal à prendre avec les autres... Toute cette distance c'était dans ce but là. Mais aujourd'hui ça semblait bien inutile. Et hier ça résonnait presque comme de l'ironie lorsque l'on pensait à la façon dont il avait laissé les larmes coulées. La façon dont il avait été faible devant elle. Comme si devant elle... C'était moins dérangeant.

Il y eu encore quelques instants. Les instants où il se retrouvait seul avec sa réflexion. Ou même la présence de Nirina n'était qu'effacée... Enfin... Si encore c'était possible. Parce que cette femme était partout dans sa vie. Partout où il posait les yeux elle était là, douce, parfaite, similaire à elle-même. Son regard pouvait sembler paniqué, voir totalement perdu, incapable de savoir ce qu'il était censé faire. Mais... Mais Nirina était là. Toujours, trop douce, trop agréable, trop parfaite pour lui. Entourant ses bras autour de son corps elle semblait être faite pour cette place. Et même lui s'en rendait compte. Alors il entoura lui aussi ses bras autour d'elle avant de venir placer un léger baiser sur ses cheveux. Ça venait naturellement. Avec elle tout venait d'une façon naturelle lorsque tout sonnait si faux avec les autres. Et c'est ce qui avait le don de l'effrayer, le rendre bancal. Elle était faite pour quelqu'un de meilleur après tout.

« Tu sais très bien quels sont les sentiments que j’éprouve pour toi, mais qu’en est-il de toi hein ? » Vraiment? Est-ce qu'il savait? Lui qui passait tant de temps a se questionner. Est-ce qu'elle... éprouvait quelque chose? -l'utilisation du mot fidèle à l'inconnu sonnerait mal. Il est bon de ne pas l'utiliser du fait- est-ce qu'elle était prête à ressentir ce genre de sentiments? Enfin... Comme si la question ne se posait pas plus pour l'autre homme. Isak était celui qui avait, pendant un long, trop long, moment, été incapable d'aimer. Il avait été incapable de faire face à ce genre de sentiments que l'on considère comme humain, il avait été incapable d'être un être à part entière. Et d'en aimer un à part entière. « C’est si compliqué que ça de mettre des mots sur ce que tu éprouves ? » Plus qu'elle ne semble le penser. C'est si dur qu'il ne comprend pas lui-même la majorité du temps. Il n'est que question d'un grand flou, d'un grand vide dans sa vie sans qu'il soit capable de dire le pourquoi de la chose, regarder un mur en pensant simplement que sa blancheur colle avec le reste de la pièce. Oublier qui est là. Et le pourquoi. « Est-ce que t’éprouves au moins quelque chose ? » Plus que jamais si tu savais...

« Je... Je sais pas. J'ai... je sais pas Nirina. J'ai jamais su... » Et je ne saurais certainement jamais. Jamais eu la chance d'aimer et d'être aimer en retour. Si les choses sont faites, elles ne sont certainement pas faite pour démarrer aujourd'hui. Il est trop tard non? Trop tard pour lui. Pour devenir cette personne aimante qu'il avait autrefois rêvé d'être, espérer entr'apercevoir l'homme en lui-même, l'humain en lui-même. « J'ai peur Nirina... » C'était murmuré bien plus honteusement que ça devrait l'être mais ce n'était question que pure vérité. Et lorsque les lèvres de la jeune femme trouvait les siennes, il n'eut pas ce mouvement de recul qu'il avait craint. Un baiser il connaissait. Mais un baiser qui promettait quelque chose, qui promettait des vrais sentiments. Ça c'était inconnu.

Quand elle quitta ses bras, sa première envie fut de la reprendre contre lui, de simplement lui murmurer que tout irait bien entre eux deux. Que tout finirait par s'arranger. Parce que c'était ça la vie. Des montagne russes. Avec des hauts. Des bas. Des très bas et des très hauts. Et peut-être qu'aujourd'hui c'était une longue journée, des longues montagne, des loopings... « Je sais pas. » Malheureusement Isak ne pouvait pas être plus clair. Parce que ce n'était pas du tout facile d'expliquer quelque chose que l'on ne comprend pas. « Isak… Est-ce que tu as déjà aimé dans ta vie ? »
Il y a cette lueur de culpabilité qui passe dans ses yeux, pas besoin de mots, il est simplement question de voir son regard, de saisir les intentions. C'est pour cette raison qu'il se détourne. Dans l'idée de ne pas voir la jeune femme, ou plus qu'elle ne puisse pas le voir lui. Il ne voulait pas être vu. Pas maintenant, pas jamais lorsqu'il était question de ce sujet. Avant ça ne l'avait jamais dérangé, d'être cette personne que l'on pouvait considérer sans coeur qui n'avait besoin de personne. Mais aujourd'hui? Aujourd'hui il était question de celle qui faisait battre son coeur. Et comment voulez-vous expliquer à cette femme que vous ne connaissez pas ce sentiment alors que vous avez 53 ans? Elle va rire...

Ses pieds le mènent instinctivement au lit où il peut tenter de fuir le regard de Nirina tout en étant assis, sans avoir à porter toute la culpabilité du monde sur ses épaules. Le fait est qu'il hoche les épaules piteusement. C'est le moment des grandes déclarations. « J'ai eu deux filles et j'ai été incapable d'aimer leurs mères » Un soupir d'indignation passe ses lèvres. « J'ai eu un nombre de gens important dans ma vie et j'ai jamais été capable de ressentir le moindre... même sentiment pour eux. » La même idée piteuse d'être tout simplement attardé de la société. « Je pourrais être grand père et c'est seulement la première fois de ma vie qu'une personne me flanque autant de coups dans les tripes. » Son regard se perd sur le sol. « Parce que j'ai mal quand tu m'insulte quand la majorité des gens n'arrive pas a me percer. Parce que je me sens seul quand ton regard glisse sur quelqu'un d'autre et que j'ai cette boule dans l'estomac quand tu me souris. » Ses yeux se ferment. Pour ne pas laisser la honte envahir ses traits. « Parce que je ressens ce truc pour toi. Que j'ai peur que ce soit ce qu'on appelle l'amour Parce que j'ai jamais été capable de ressentir ce truc et que j'ai peur que ça me détruise si toi tu n'en veux pas. »

† † †
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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Ven 28 Avr - 23:59

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

Pendant quelques secondes Nirina, fût peinée d’entendre la réponse d’Isak, comme s’il suffisait de claquer des doigts pour ressentir quelque chose. Car ce n’était pas le cas, loin de là, ça nous tombait dessus. Purement. Simplement. Qu’on le veuille ou non, il fallait vivre avec, qu’importe si cela nous dévorait l’esprit et la raison. Certes, des deux c’est elle qui avait le plus de facilité avec cela, mais c’est parce qu’elle ne bloquait pas ses sentiments, c’était aussi inutile que d’essayer de forcer une porte en acier trempé. Elle avait aimé bien des hommes avant lui, tous de bonnes familles respectables, afin d’être en mesure de les présenter à sa propre famille sans risquer le courroux maternel ou le mépris paternel. Aucun ne l’avait mal traité, et elle ne regrettait aucune de ses histoires de cœur. L’amour, elle connaissait, c’était un sentiment qui ne lui était pas familier mais sans pour autant lui être étranger. Tous elle les avait aimé et leur avait apporté tendresse et affection. Mais aucun d’eux n’était resté, que ce soit d’un commun accord ou non, ils étaient tous partis. Parce qu’à l’époque, son travail prenait une place prépondérante dans sa vie, plus qu’une priorité, elle ne vivait que pour ça. Et peu d’hommes acceptent les ménages à trois, encore moins lorsqu’il ne s’agit pas d’une brune ou d’une blonde plantureuse mais de quelque chose d’abstrait. Ils n’avaient tout simplement pas supporté qu’elle préfère privilégier les rendez-vous avec ses patients aux rendez-vous avec eux, autour d’un dîner romantique. Et elle n’avait tout simplement pas compris pourquoi ils lui rapprochaient de passer plus de temps avec des personnes qui avaient besoin de son aide plutôt qu’en leur compagnie. Mais oui, elle avait aimé chacun d’eux.

Mais avec Isak c’était différent, c’était quelque chose d’encore plus fort. Elle connaissait ce sentiment qui nous fait nous attacher à une personne, mais celui là la frappait par son intensité et sa puissance. C’était comme si une boule d’énergie se consumait en elle, chaleureuse, puissante, irradiante. En la présence d’Isak, tous les sentiments qu’elle avait déjà ressenti auparavant étaient cette-fois-ci décuplés par mille. Et cela faisait longtemps qu’elle savait que ce qu’elle ressentait pour lui n’était pas anodin, elle l’avait su dès l’instant où ses yeux s’étaient posés sur lui. Elle se souvenait sans peine de la première fois où elle l’avait vu. Elle l’avait entendu avant de le voir. Son rire grave résonnait avec force dans les tristes couloirs de l’hôpital, et lorsqu’elle avait tourné la tête dans sa direction, c’était comme si tout s’était effondré autour d’elle. Elle avait eu l’impression d’avancer dans un monde flou, où la seule chose nette était sa silhouette. La jeune femme avait à ce moment été happé par le magnétisme qui se dégageait de ce psychiatre, une aura qui l’avait empêché de détacher son regard de cet être si attirant, puissant, parfait. Cela avait n’avait duré que quelques secondes, mais cela lui avait amplement suffit pour comprendre ce qu’il lui arrivait et ô combien cet homme était à éviter si elle voulait accomplir sa mission à Ostrov. Et là, enfouie dans le creux de ses bras, elle retrouvait avec joie cette sensation qu’elle aimait tant, celle d’être inatteignable. Elle le serrait comme s’il était son unique point d’ancrage, celui qui lui permettait de ne pas couler dans cet océan de chaos, au sens propre comme au sens figuré, Isak était son pilier.

« J'ai peur Nirina... » Elle n’arrivait pas à en croire ses oreilles, lui qui était si sûr de lui, de l’extérieur rien ne semblait l’atteindre, et pourtant à cet instant il semblait si vulnérable. Lui qui avait certainement dû en venir aux mains pour maîtriser les patients les plus ingérables, celui qui avait la carrure et la taille d’un athlète, il craignait d’éprouver des sentiments. Derrière cette solide carapace, Nirina devinait un être sensible mais aussi fragile. Et pourtant son cœur se serra un plus lorsqu’elle reçut la réponse à sa question. « Je sais pas. » Elle voulait le secouer dans tous les sens, l’obliger à ressentir quelque chose, à mettre des mots sur des émotions. Mais la blonde savait que ce n’était pas la bonne solution, comment pouvait-elle l’aider à comprendre l’une des choses les plus incompréhensible au monde ? Nirina semblait démunie. La jeune femme continuait à l’observer, elle percevait la gêne dans le regard du brun, comme s’il avait honte de ce qu’il était. Elle voulait accrocher son regard, lui dire à travers ses yeux qu’il ne fallait pas perdre espoir, elle voulait continuer à se perdre dans les détails de son visage, mais il continuait à détourner la tête pour finalement par mettre de la distance entre eux en s’asseyant sur le lit.

La mention de ses filles lui pinça le cœur, c’était un sujet encore trop sensible pour elle, même si elle savait que tôt ou tard il devrait l’aborder pleinement, en espérant que ce soit le plus tard possible. La pauvre femme ne comprenait pas comment il était possible d’aimer des enfants sans éprouver quoique ce soit pour celles qui les avaient mises au monde, n’avaient-ils donc jamais partagé de vie de famille ? Son discours était beaucoup trop percutant pour qu’elle puisse rester de marbre, il continuait à parler et elle de son côté luttait pour retenir toute cette masse d’information. Cette fois-ci, l’heure était venue de prendre sa décision, elle le savait. Elle pouvait soit terminer là l’entrevue et rester sur sa décision de partir, soit aller jusqu’au bout des choses, et en assumer les conséquences. Mais son impitoyable raison, juste mais implacable revenait à la charge, furieuse de voir qu’elle commençait à perdre le combat contre le cœur de la blonde qui lui gagnait en force pour maîtriser complètement les pensées de Nirina. Alors la raison repartait à l’assaut, toujours plus percutante et incisive. Qu’allait-il se passer s’il lui dévoilait enfin ce qu’elle avait toujours rêvé d’entendre ? La réponse était claire et limpide comme de l’eau de roche, elle aurait enfin une raison pour rester auprès de lui. Et par ce geste, elle condamnerait son futur, elle connaissait les risques, mais en assumerait-elle pleinement les conséquences ? Combien de temps pourrait-elle continuer cette vie et ce travail dont elle ne voulait plus juste pour être avec lui ? Combien de temps avant qu’elle ne craque et rejette injustement la faute sur le brun parce qu’elle serait incapable d’assumer ses erreurs ? Déjà le cœur commençait à ployer sous la brutalité des coups que lui portait une raison bien déterminée à anéantir ces sentiments qui venaient contrecarrer ses plans. Sa protégée avait toujours marché sous la raison, lui obéissant aussi docilement qu’un fidèle chien, exécutant sans jamais broncher tous les ordres qu’on lui dictait. Et voilà que son plus farouche ennemi, ce cœur rempli de sentiments et de désir, venait empiéter sur ses plates–bandes, lui ravissant chaque jour un peu plus les commandes de la blonde. Sa raison avait perdu son combat dans les douches, mais elle ne perdrait pas cette guerre, pas avec ce qu’il y avait en jeu. Seulement voilà, telle une cavalerie apparaissant à la dernière minute pour venir secourir le régiment en péril, Isak donna les armes nécessaires pour aider le cœur à renverser la vapeur et gagner le combat acharné qui se jouait à l’intérieur de Nirina. Il la poussait à se mettre en colère, à s’énerver devant ce discours à la fois défaitiste et en même temps plein d’espoir. Elle était touchée et émue par les paroles qu’il lui avait dites, mais c’était à son tour de parler et désormais il était temps d’arrêter de tourner autour du pot.

« Mais merde Isak c’est normal que tu ais peur, c’est la définition même de l’amour ! L’amour c’est avoir peur de s’attacher à quelqu’un au point de ne plus voir sa vie sans lui, l’amour c’est avoir peur de ce sentiment qui peut nous pousser à commettre des choses aussi magnifique que terrible, l’amour c’est avoir peur de perdre celui qu’on aime plus que sa propre vie ! Tout le monde a peur lorsqu’il aime ! On dit que la peur donne des ailes, et ce n’est pas pour rien si on dit aussi que l’amour donne des ailes. C’est ça l’amour Isak ! » s’écria-t-elle alors que sa voix partait dans les aigus sous l’émotion.

Nirina ne pouvait croire cela, elle ne voulait pas le croire. Elle refusait de croire que de toute son existence, il n’avait jamais réussi à éprouver de l’amour. C’était tout simplement impossible qu’il fasse parti de ces personnes sans cœur incapable de ressentir la moindre émotion ou le plus simple attachement. Elle avait apprit à le connaître, à décoder les traits de sa personnalité. Lui qui savait lui redonner le sourire, lui qui était bienveillant, lui qui était la force tranquille. Lui qui ne connaissait rien de l’amour… Et soudain la pitié s’empara de tout son corps, lui serra l’estomac comme un étau. Savoir qu’Isak avait été privé de l’un des plus beaux sentiments qui puisse exister, c’était une pensée insoutenable pour elle. Et c’est alors que tout lui apparaissait très clair dans sa tête, déjà les contours de cette idée qui germait dans son esprit gagnaient en netteté. La voilà sa réelle mission, celle qui valait la peine de rester. Non pas de redorer le blason de sa famille, non pas de se faire une renommée. Non. Si elle était là, c’était pour aider quelqu’un comme elle l’avait toujours fait sans sa vie. Nirina allait l’aider à découvrir ce sentiment complexe mais puissant qu’était l’amour, parce qu’Isak le méritait. Oui, Isak méritait d’être aimé, mais par dessus tout, Isak méritait d’aimer. Qu’importent si les femmes lui avaient donné de l’amour, la blonde savait que leur amour ne serait jamais plus fort ni plus profond que celui qu’elle éprouvait pour cet homme. Et une part d’elle-même était heureuse à l’idée de savoir que ce qu’il ressentait, il le ressentait pour la première fois. Avec elle.  C’était comme s’il s’était préservé pour elle, et pour elle seule.

Déjà la colère s’insinuait dans son sang, le diffusant à travers ses veines pour la disperser dans tout son corps. C’était une colère inédite, encore jamais ressentie auparavant, elle était toute aussi puissante que celle de la veille, mais celle là était différente. Cette colère, c’est l’amour qui la lui dictait, ce n’était pas la volonté de détruire mais celle de construire qui la poussait à s’énerver. Cette envie viscérale de lui faire comprendre ce qu’il représentait pour elle. Alors la blonde se précipita sur Isak sans ménagement, agrippa fermement les épaules du brun en y enfonçant profondément ses doigts et le poussa de toute ses forces pour complètement le renverser sur le lit avant de s’asseoir à cheval sur lui.

« Tu veux que je te le dise de vive voix ? Pas de soucis. Je t’aime Isak. Je t’aime et s’il venait à t’arriver malheur… Merda je préfèrerais me laisser mourir de chagrin plutôt que d’essayer de survivre dans ce monde sans toi à mes côtés. Je t’aime Isak, et qu’importe ce que me réserve cette chienne de vie, mon cœur ne battra pour nul autre que toi. »

Maintenant qu’elle savait la vérité sur le brun, elle devait s’avouer vaincu. Jamais elle ne pourrait trouver la force de partir, de le quitter. Si elle le faisait, jamais elle ne se pardonnerait d’avoir ôté toutes ses chances à un homme de découvrir une des choses les plus précieuses au monde. Encore moins quand l’homme en question était celui ancré dans son cœur.  Ses mains quittèrent les épaules du psychiatre pour venir encadrer son visage si parfait et harmonieux avant de pencher son visage contre le sien, ne laissant que quelques centimètres entre eux.
« L’amour ça ne s’apprend pas, ça arrive et une fois qu’il est en nous, le seul obstacle qui l’empêche de naître pleinement, c’est nous-même. Ce n’est pas un apprentissage mais un laisser aller. Abandonne-toi Isak, cesse donc de lutter. » Lui répondit-elle d'une voix douce alors que ses mains venaient se perdre entre les mèches de cheveux du brun. « Tu crois que je n’en veux pas de ce ‘‘truc’’ ? Je ne laisserais rien ni personne te détruire, et ce truc que tu ressens comme tu dis, je te fais la promesse que si tu le laisse t’envahir complètement, alors je resterais toujours à tes côtés. Mais tu dois me le dire clairement Isak, j’ai besoin de l’entendre. »

Son corps entier tremblait, de colère, de passion, d’amour, il tremblait parce qu’il n’attendait qu’une chose, que le corps en-dessous du sien laisse enfin sortir au grand jour ce qu’il continuait à retenir au fond de lui.

« Dis le moi, dis le moi et je resterais. »

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Lun 1 Mai - 10:34



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak


C'est peut-être à cet instant qu'il pris conscience du pourquoi elle. Pourquoi c'était elle qui avait rendu les choses si possibles. Pourquoi c'était elle que son coeur avait choisi sans écouter les recommandations de son esprit qui disait que l'amour, que ce truc qu'on nommait amour et qu'on ressentait et bah c'était inutile. C'est ce qu'il pensait. Qu'il voudrait encore penser finalement. Que c'était inutile et qu'il suffisait de fermer les yeux, les presser forts et simplement oublier. Ça serait facile hein. Beaucoup plus simple. Mais maintenant, maintenant? Maintenant il n'était plus question de ça. Que ce soit son esprit ou son coeur en l'occurrence. Rien ne semblait d'accord. Son corps criait quelque chose, de sombrer dans des désirs physiques, basiques, pas besoin de réfléchir lorsque l'on peut juste céder à ce genre de pulsions qu'on appelle animal et qu'on active que par le désir de la chair. C'est vrai que le sexe c'était bien plus simple. Quand il n'était pas question de réfléchir. Juste de céder. Et si quelqu'un de normalement constitué, avec des sentiments qui fonctionnent correctement serait capable de dire que l'amour et le sexe allaient de pair, qu'ils étaient similaire, il se heurterait à un mur, à un rire qui s'échapperait d'Isak comme il n'en avait jamais été capable. Enfin... ça aurait été le cas quelques mois auparavant. Quand il était encore inconnu à ce genre de sentiments. Maintenant c'était plus compliqué que ça. Et c'était elle. C'était elle qui avait tout débloqué. Est-ce qu'il l'en remerciait? Ça c'était une bonne question. Isak n'était pas malheureux, l'avait certainement été mais le manque de sentiments n'était pas quelque chose de douloureux pour lui. Quand on ne connait pas ça ne manque pas.

Est-ce qu'il avait plus peur de ne pas ressentir de sentiments, d'être différent de cette façon, d'être cette armure à classe qui n'aimait pas, qui n'avait pas besoin d'aimer, qui trouvait ça inutile. Ou est-ce qu'il avait peur de de venir cet homme commun, celui qui ressentait des sentiments comme tout le monde, celui qui pensait et était capable d'aimer. Oh la question se posait, voilà qui était sûr. Sûr de rien. Incapable de savoir ce qui l'effrayait le plus. Les sentiments ou le manque de sentiments. Est-ce que c'était elle? Ou l'idée d'un après. Du moment où elle serait lassé d'avoir un homme qui n'est pas capable d'être comme tout le monde. Oh. pensée différente. C'est bien une des premières fois où il s'imagine un quelque chose avec quelqu'un. A part... L'autre. Mais... Maintenant, tout de suite, dans cette chambre qui allait sonner un différent dans leur relation. relation. Ça aussi c'est différent. Tout semble bien différent pour eux maintenant. Un différent agréable finalement. Mais un différent qui l'effraie. Le place dans une situation inconnue. Si le russe apprécie se retrouver face à l'inconnu, les facteurs ici sont trop faux, trop lourds de sens pour qu'il puisse comprendre. L'enjeu est immense.

« Mais merde Isak c’est normal que tu ais peur, c’est la définition même de l’amour ! L’amour c’est avoir peur de s’attacher à quelqu’un au point de ne plus voir sa vie sans lui, l’amour c’est avoir peur de ce sentiment qui peut nous pousser à commettre des choses aussi magnifique que terrible, l’amour c’est avoir peur de perdre celui qu’on aime plus que sa propre vie ! Tout le monde a peur lorsqu’il aime ! On dit que la peur donne des ailes, et ce n’est pas pour rien si on dit aussi que l’amour donne des ailes. C’est ça l’amour Isak ! »

La violence des paroles de la jeune femme lui fait relever les yeux. Elle est directe. Très directe. La stupeur se lit dans ses yeux. C'est pour cette raison que c'est elle et pas une autre. C'est pour cette raison que c'est Nirina que son coeur a choisi. Elle est si différente, si spéciale et bien plus près de la perfection que n'importe qui que le brun a pu côtoyer. Mais... Mais ses questions sont douloureuses, sonnent comme quelque chose de presque accusateur. A énumérer les choses qu'est sensé offrir l'amour le voilà qui se rend bien compte qu'il n'a jamais ressenti ça, qu'il n'a jamais été capable d'offrir ça. Pourtant c'est là que se situe le problème. Le fait qu'aujourd'hui ça ne sonne pas aussi incohérent que ça le fut avant. Le fait qu'aujourd'hui il saisisse. Cette peur que Nirina le lâche, qu'elle retourne sur le continent, retourner vivre auprès de gens qu'elle connait, qu'elle côtoie, peut-être même l'un d'entre eux pourra attirer ces regards qu'elle lance à Isak. Peut-être que quelqu'un aura sa place dans ses bras... Encore une fois ça sonne si... douloureux. Est-ce qu'il était capable de faire des choses terribles pour Nirina? Bien évidement... La question on ne faisait que mine de se la poser. Il pourrait aller décrocher la lune si elle lui demandait. Il en serait capable, trop sûr de pouvoir faire de telles choses pour elle lorsqu'elle pourrait simplement tourner la tête et lui demander de se taire. Et si elle lui demandait il le ferait sans hésiter, lui offrir le silence dont elle a besoin, qu'elle veut. Parce que finalement ce n'est pas la peur qui contrôle ses pas. Bien sûr qu'il a peur de ce qu'il ressent, ça se comprend, le brun, incapable d'aimer qui pour une fois se retrouve avec ces sentiments, doit faire face à ses pensées, ses idées. Il n'a pas peur de lui ou pour lui. Il a peur pour elle. Qu'elle le laisse tomber. Pourquoi est-ce qu'elle s'encombrerait avec lui, un imbécile encore et encore lorsqu'elle peut avoir mieux, oh dieu tellement mieux. « Tu dis ça comme si c'était facile... J'ai pas l'habitude d'avoir peur Nirina. Et j'ai jamais eu besoin à m'inquiéter pour quelqu'un. Enfin... Pas de cette façon là. J'ai pas eu affaire à ces sentiments qui craignent plus que tout. J'ai pas eu à penser à ce genre de choses. Et je pense pas que ça soit plus mal... » Parce que je ne serais jamais la personne que tu veux, celle que tu désires dans tes rêves, qui peut t'offrir le bonheur et la sécurité dont tu as besoin, parce qu'avec moi tout es bancal, incompréhensible, ouvert à des idées médiocres, à l'homme médiocre que je suis. Le dénigrement c'est un quelque chose qu'il a appris tout seul il y a de cela quelques années. Et il est bon à ça, doué pour se dénigrer en y pensant chaque idées. Parce que là, dans cette situation la vérité ne peut être que celle-là. Aussi sale parait-elle dans son esprit c'est la seule qui sonne la vérité aussi.  L'idée se répète. Encore et encore. Envoyant dans son esprit l'ombre d'un homme incapable de survenir aux besoins de cette magnifique femme que dieu seul sait qui lui avait permis de côtoyer. Ne pouvait-il pas être simplement égoïste pendant un temps? Garder la jeune femme pour lui? Pour lui tout seul? L'aimer et la chérir?

« Je suis désolé... » Et c'est vrai qu'il l'était mais pourquoi? Pour quelle raison se sentait-il désolé? Il y en avait tant... Trop auxquelles il devait faire face chaque matin en se levant. Il y avait trop de raisons, tout au long de sa vie on accumule des erreurs. Isak en accumule plusieurs par journées. C'est fatiguant à force. C'est fatiguant s'y réfléchir. De cette façon il ressemblait à un dépressif, ce qui, en l'occurrence n'était pas le cas. Parce qu'Isak il a toujours eu la joie de vivre, part du principe que si lui ne l'a pas et bien personne ne l'aura pour lui. Mais c'est vrai que parfois, trop souvent malheureusement il y a ces longs moments de questionnement. A quoi bon? A quoi bon s'il n'y a personne pour les noter? A quoi bon si elle ne le regarde pas. elle Toutes les idées reviennent encore et toujours à la jeune femme. C'est elle. Encore et encore. Moteur des idées et des envies d'Isak. Ça ne servait plus à rien maintenant de nier. Le déni, le brun l'avait laissé dans sa chambre lorsqu'il avait décidé de venir la voir. Parce que les choses étaient comme ça. S'il vivait dans un rêve ce dernier tournerait en cauchemar si la jeune femme n'était pas avec lui. Et tout ce qu'Isak voulait faire c'était rêvé. Rêvé d'un monde où ils pourraient être heureux, où sa gosse ne serait pas ici, où les fantômes du passé ne viendraient pas gratter à la porte de sa conscience encore et encore. Ça se serait mieux. Oh grand dieu bien mieux. Rêver ce n'est pas que pour les enfants. Rêver d'elle aussi comporte des notions assez adultes... Urf. Passons outre dans ce cas là. La notion de sentiments est trop forte pour être gâcher par la notion du sexe.

Il semblait perdu, dieu il l'était, bien évidemment, trop perdu dans ses pensées pour être capable d'être pleinement ancré dans la réalité. C'est pour cette raison qu'il ne fut pas capable d'arrêter Nirina de lui tomber dessus. Ce qui dans une autre situation ne l'aurait certainement pas gêné le plaçait encore plus dans une position d'impuissance. Parce qu'elle était là, sur lui, l'empêchant de tourner la tête ou de fuir son regard. Il aurait très bien pu la renverser et se relever mais il ne voulait pas la blesser, c'était sincèrement la dernière chose qu'Isak voulait faire. Mais il ne voulait pas affronter les prochains mots. Les prochaines déclarations. Son petit coeur serait capable de lâcher sous la pression, son incapacité à ne pas être comme tout le monde ne l'avait jamais autant dérangé que maintenant, lorsqu'il devait faire face à la femme qu'il... aime.

« Tu veux que je te le dise de vive voix ? Pas de soucis. Je t’aime Isak. Je t’aime et s’il venait à t’arriver malheur… Merda je préfèrerais me laisser mourir de chagrin plutôt que d’essayer de survivre dans ce monde sans toi à mes côtés. Je t’aime Isak, et qu’importe ce que me réserve cette chienne de vie, mon cœur ne battra pour nul autre que toi. »

Les mots viennent le frapper, encore et encore, alors qu'il aurait préféré qu'elle ne les disent pas alors il aurait pu tourner la tête, faire comme si de rien n'était. Il aurait pu. Mais est-ce qu'il aurait voulu? Ne rien dire. Simplement la regarder. Laisser tomber ce moment qu'il avait eu pour redevenir l'homme unique. Isak n'aurait pas... il n'en aurait pas été capable de toute façon. Refuser ce genre de sentiments lorsqu'on y est insensible c'est simple. Lorsque l'on n'est plus insensible c'est... dur. C'est douloureux, très, trop. Maintenant il faut assumer, vivre avec ses choix.

« L’amour ça ne s’apprend pas, ça arrive et une fois qu’il est en nous, le seul obstacle qui l’empêche de naître pleinement, c’est nous-même. Ce n’est pas un apprentissage mais un laisser aller. Abandonne-toi Isak, cesse donc de lutter. Tu crois que je n’en veux pas de ce ‘‘truc’’ ? Je ne laisserais rien ni personne te détruire, et ce truc que tu ressens comme tu dis, je te fais la promesse que si tu le laisse t’envahir complètement, alors je resterais toujours à tes côtés. Mais tu dois me le dire clairement Isak, j’ai besoin de l’entendre. »

C'était trop. Elle en demandait trop, il n'était pas capable de lui offrir ce qu'elle demandait. Il ne l'avait jamais dit, pas en le pensant. Il ne pouvait pas, le voulait certainement mais se sentait incapable de lui dire.

« Dis le moi, dis le moi et je resterais. »

« Tu peux pas me faire ça Nirina... Tu peux pas me poser un ultimatum comme celui-là sur une situation si compliquée... » sa voix n'est plus qu'un murmure.

Oh qu'il aurait voulu simplement détourner les yeux, la repousser et reprendre cette conversation plus tard. Les enjeux sont trop forts, trop gros, il ne peut pas jouer maintenant tout de suite. Il ne peut pas fuir, Isak doit faire face. Assumer les mots qui sortiront de sa bouche ou alors assumer le silence qui résonnera dans la pièce de la façon la plus assourdissante qui soit. Sa main vint remettre les mèches de la jeune fille qui lui tombent devant le visage.

« Tu sais à quoi tu joue n'est-ce pas? Dans quoi tu t'embarque si je le dis? Au bout d'un moment tu vas te lasser de ce que je suis Nirina. Toi et moi on le sait très bien. Et si je laisse ces quelques mots ,qui semblent si importants pour toi, s'échapper de ma gorge, c'est un amour éternel que je t'offre là Nirina... »

Un sourire triste vient barrer ses lèvres tandis qu'il prend conscience, réellement conscience que cet amour ne mènera à rien. C'est un quelque chose qui semble sûr mais il ne peut s'empêcher de le vouloir si fort. Si fort encore et encore. D'être égoïste, de la serrer contre lui et de dire deux mots et demie qui pourraient changer sa vie durant... Durant le restant de ses jours.

« Et je serais perdu sans toi. Je serais comme Gatsby qui regarde encore et encore la lumière de Daisy sans être capable de l'avoir. Parce que le jour où tu quittera cette île je serais incapable de te suivre et ça te lassera d'échanger seulement des appels, tu te retrouveras à trouver quelqu'un d'autre et je deviendrait simplement un passé, un petit quelque chose qui appartient au temps d'avant Nirina. Oh et je ne veux pas devenir ce petit quelque chose d'avant. »

Un fin sourire vient encore barrer ses lèvres. Il est temps. Finalement. Il est temps de faire part des sentiments.

« Je t'aime Nirina. Je t'aime depuis longtemps déjà. Et je n'ai jamais été aussi effrayé de ressentir un sentiment. »

† † †
MACFLY

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Mar 16 Mai - 19:44

Sentiment sombre et puissant dans la lumière
Isak ft. Nirina

Les choses avec lui seraient différentes, elle s’en rendait bien compte. Comparé à ses précédentes relations, celle là serait plus intense, mais aussi beaucoup plus délicate à entretenir. Leur lien serait puissant, mais c’était comme avoir une boule d’antimatière enfermée dans un flacon. Une chose infiniment puissante mais dont la moindre secousse pouvait causer une explosion qui anéantirait la planète entière. Leurs deux caractères pouvaient être explosifs lorsqu’ils étaient poussés à leur paroxysme, leur dispute de la veille en était un bon exemple. Et qu’en serait-il de ‘‘l’après’’ ? Voilà un mot qui pouvait l’inquiéter puisqu’il était synonyme de l’inconnu, hors Nirina craignait l’inconnu. Ne pas savoir ce qu’allait être leur vie commune à Ostrov, elle le redoutait.

« J'ai pas l'habitude d'avoir peur Nirina »

Sur le moment, elle avait été obligée de se contenir pour ne pas le gifler tant elle détestait ce genre de comportement propre aux hommes qui n’aimaient pas montrer leur faiblesse. Il voulait se montrer imperturbable et stoïque face aux épreuves de la vie, et pourtant il laissait place à la panique lorsqu’il était question de sentiment. Elle ne connaissait rien de sa vie, se comportait-il ainsi pour se préserver de toutes douleurs que pouvaient engendrer l’amour ? Ou tout simplement parce qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’éprouver de sentiment ? Même après tout ce qu’il lui avait dit, elle n’arrivait pas à comprendre comment on pouvait passer une vie aussi longue que la sienne sans aimer.

« J'ai pas eu affaire à ces sentiments qui craignent plus que tout. J'ai pas eu à penser à ce genre de choses. Et je pense pas que ça soit plus mal... »

Elle en était réduite à se mordre la langue et à inspirer à fond pour se calmer, alors que ses tempes commençaient à battre à un rythme dangereusement effréné à mesure que l’agacement se lisait sur ses traits. A l’entendre, on aurait pu croire qu’il parlait d’une chose honteuse, d’un sentiment seulement réservé aux plus faibles d’entre nous. Elle en était presque blessée d’entendre des paroles aussi dures. Si elle avait laissée la raison parler pour elle, il y avait fort à parier pour qu’elle se soit contentée d’ouvrir la porte de sa chambre avant d’annoncer à Isak que c’était sans espoir pour lui et que dès lors, il n’y avait plus rien à espérer pour eux deux. Mais voilà, Nirina se refusait à penser une telle chose, il fallait qu’elle continue à espérer, elle avait trop donné pour abandonner aussi facilement et aussi bêtement. Elle ne comptait pas laisser partir Isak, parce qu’elle savait quel potentiel il cachait au fond de lui, cette capacité d’aimer qui ne demandait qu’à être exploité.

«  Tu mens Isak… Si tu n’éprouvais pas ces « sentiments qui craignent plus que tout » comme tu dis, alors tu ne serais jamais venu me retrouver dans ma chambre. »

Il pouvait continuer à se mentir, mais son inconscient parlait pour lui et elle savait que s’il était venu lui parler, c’est parce qu’il tenait plus à elle qu’il ne voulait le montrer. Le fait qu’il refuse qu’elle parte, ce simple fait résumait tout de ce qu’il ressentait pour la jeune blonde. En l’entendant s’excuser, elle resta interdite devant ce pardon qui la laissait cependant de marbre. La blonde ne comprenait pas l’origine de ce pardon, s’excusait-il parce qu’il refusait de laisser ses sentiments s’extérioriser au grand jour ? S’excusait-il comme on s’excusait d’échouer là où beaucoup de gens réussissaient en matière d’attachement ? Au final, peu lui importait qu’il s’excuse ou non, cela n’allait pas les aider à défaire le nœud de problèmes dans lequel ils s’étaient tous deux empêtrés.

Et en cet instant, à cheval sur lui, elle désirait le secouer pour l’obliger à faire face aux sentiments qu’il avait trop longtemps refoulés. Elle voulait le bousculer, le faire réagir, que quelqu’un lui donne un manuel pour qu’elle sache sur quel bouton appuyer pour qu’il change enfin de disque. Elle n’arrivait pas à le comprendre, ce qu’elle lui demandait semblait aussi simple que dire « bonjour », mais à le voir aussi torturé, on aurait dit qu’elle lui demandait de lui décrocher la lune. Elle même avait eu peur de lui dire de vive voix qu’elle l’aimait, elle appréhendait sa réaction plus que tout. La peur d’être rejetée, que ça ne lui fasse aucun effet, qu’il en rit, tout cela se mélangeait pour créer la confusion et la panique dans son esprit. Maintenant qu’elle lui avait tout dit, elle ne pouvait plus reculer, mais une part de regret l’obligeait à penser que tout cela était peut-être précipité et qu’il lui aurait fallu attendre avant de se déclarer. Elle guettait sa réaction, attentive au moindre signe qui pouvait se lire sur son visage. Il aurait été tellement plus simple de se taire et d’en rester là. De faire comme s’il ne s’était rien passé et reprendre son bout de chemin chacun de son côté. L’appel du continent continuait à résonner dans sa tête, et il aurait été si simple pour elle de céder à la voie de la facilité. Rester ici, c’était peut-être signer son arrêt de mort au détour d’un couloir, qui sait ce que cet hôpital de malheur pouvait lui réserver ? Mais au fond, ça lui était bien égal, tant qu’il serait là pour elle, Nirina était prête à surmonter toutes les embuches que la vie lui réserverait. C’était peut-être une décision stupide et irraisonnée, mais c’était sa décision. Elle l’aimait, et rien ne pourrait le séparer de lui.

Il se plaignait qu’elle ne pouvait pas lui faire ça en lui posant un ultimatum ? Elle allait se gêner… Il était hors de question qu’elle soit la seule à se mouiller, elle avait bien plus à perdre que lui, il était désormais temps qu’il prenne lui aussi ses responsabilités. Ils avaient tournés autour du pot trop longtemps, ils s’étaient tournés autour encore plus longtemps, désormais il était temps de jouer carte sur table. Face à ses remarques, elle savait qu’ils venaient d’atteindre désormais le point de non retour, il était trop tard pour fuir ou faire demi-tour. Son cœur battait en tout sens dans un rythme chaotique et involontairement ses doigts s’enfonçaient profondément dans les épaules du psychiatre en y laissant des traces rouges. L’instant était devenu soudainement si solennel qu’elle en eut des vertiges. Elle avait si peur… Peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’il s’apprêtait à lui offrir, peur de ne finalement pas être la femme qu’il aurait aimé avoir, peur de le perdre maintenant qu’ils étaient enfin réunis tous deux. La jeune femme ne savait pas dans quoi elle s’embarquait, et elle ne voulait pas y songer de peur de se défiler si elle se rendait compte de la folie dans laquelle elle entrainait Isak. Ses ongles se plantèrent plus profondément dans les épaules du brun lorsqu’il osa insinuer qu’elle finirait par se lasser de lui. Tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle avait enduré pour lui, elle ne l’avait fait pour aucun autre homme. En passant du désir à la douleur, Isak était toujours impliqué, qu’elle le veuille ou non. La blonde n’avait pas parcouru tout ce chemin pour rien, et s’il y avait bien une chose dont elle était certaine, c’est que jamais elle n’arriverait à se lasser de lui. Elle le désirait tellement que ça en virait à l’obsession. Et à sa dernière phrase, son cœur redoubla en cadence alors qu’elle peinait à adopter une respiration régulière. Un amour éternel, jamais elle n’aurait pu espérer mieux dans sa vie.

Pouvait-on qualifier son discours de défaitiste ou était-il au contraire réaliste ? Elle ne voulait pas rester indéfiniment sur cette île, elle en était incapable mais elle ne pouvait se résoudre à abandonner celui qu’elle aimait. Elle refusait d’envisager ce futur là pour eux, ils avaient encore le temps d’y réfléchir, rien ne pressait après tout. Mais elle savait que tôt ou tard, il faudra remettre ce problème sur le tapis. Jamais elle ne pourrait se lasser de l’appeler et d’entendre sa voix, mais son cœur serait indubitablement déchiré d’être séparé de lui. Des petites larmes venaient perler au coin de ses yeux, mais déjà sa main les balayait d’un revers. Elle ne savait pas si leur présence était dû à une trop grande émotion ou si elle était dû à une vérité trop insoutenable à entendre face aux affirmations d’Isak.

« Je t'aime Nirina. Je t'aime depuis longtemps déjà. Et je n'ai jamais été aussi effrayé de ressentir un sentiment. »
Cette fois-ci s’en était trop pour elle, peut-être était-ce dû à ses nerfs qui avaient subitement lâchés, mais un profond sanglot s’échappa de sa gorge mêlé à un rire incontrôlable. Dès l’instant où ses yeux s’étaient posés sur lui pour la première fois, elle avait rêvé qu’il lui dise ces mots. C’était comme vivre un rêve éveillé, complètement déconnecté du monde réel, seul Isak et elle comptait désormais. Elle crû que son cœur allait imploser dans sa cage thoracique, elle avait envie d’hurler son bonheur au monde entier, de le serrer si fort jusqu’à l’étouffer.

« Bon sang Isak… Dans quel pétrin on s’est embarqué toi et moi. Si seulement tu savais à quel point je t’aime.» pouffa-t-elle. Sa main caressa tendrement la joue rugueuse du brun, son regard se perdant dans les yeux de celui-ci.
« Je ne te promets pas que ça va être facile, mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ce que ça marche. » Affirma-t-elle avant de déposer un léger baiser sur ces lèvres. De manière presque automatique, ses yeux vagabondèrent le long des larges épaules d’Isak et se rendant compte qu’elle était assise au dessus de lui, dans un position qui pouvait prêter à confusion, le rouge lui monta vite aux joues et elle détourna la tête pour ne pas montrer son embarras. Alors elle préféra se laissa retomber sur le lit avant de s’affaler de tout son long sur le matelas, penchée sur le dos, elle fixait les rainures qui courraient le long des poutres du plafond.
« Je peux te poser une question ? Pourquoi tu m’as appelé Lyubov’ dans les douches ? Est-ce parce tu appelles tout les gens que t’apprécies « amour », ou c’était plus profond que ça ? » demanda-t-elle en reprenant un ton sérieux.

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MessageSujet: Re: Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)   Dim 4 Juin - 18:43



Sentiment sombre et puissant. Dans la lumière
Nirisak


«  Tu mens Isak… Si tu n’éprouvais pas ces « sentiments qui craignent plus que tout » comme tu dis, alors tu ne serais jamais venu me retrouver dans ma chambre. »

Bien sûr qu'il ment. Isak n'est pas Isak pour rien. Il ment comme il respire, dit autant de choses inutiles que ce qui lui passe par la tête. Parce que dans cette situation, il est totalement aveugle. Incapable de reconnaître une vérité que même lui n'assume pas. Il aimerait. Dieu qu'il aimerait, les choses seraient bien plus simples. Mais les choses dans ce petit monde, les choses à Ostrov elles ne sont pas faites pour être simple. Doit être capable d'affronter vent, montagne, mer, tourmentation pour finalement trouver raison aux yeux de je ne sais qui. Oh que ça serait plus simple si les choses fonctionnaient sous un ordre précis. Qu'elles n'étaient pas si aléatoires. Pas qu'il n'aime pas l'aléatoire, mais que l'aléatoire ne l'aime plus depuis qu'il est ici. Ce serait comme sur un jeu de cartes où il ne reçoit que des cartes nulles.

Alors pourquoi il était là hein? Pourquoi est-ce qu'il avait fait le déplacement? Qu'il n'avait même pas pris la peine d'enfiler un haut, un quelque chose de présentable pour finir chez elle, presque à ses pieds, proche, si proche que leurs chaleur était ce dont il avait besoin. Pourquoi il était la? Lorsqu'il aurait pu simplement faire style que rien ne le touchait. Mais voilà que le point était encore là. Les choses le touchait. Nirina le touchait. Plus qu'il ne serait jamais capable de le reconnaitre. Mais cette demoiselle? Dieu que c'était quelque chose. Et un quelque chose de fort, d'unique, d'intense, qu'on ne pouvait pas oublier juste en fermant les yeux. Parce que l'unique, son unique, c'était... Époustouflant. A l'image de la personne même.

« Peut-être... » Mais qu'est-ce que j'en sais? Et en quoi ça importe réellement? « Peut-être que je mens... » Je ne sais pas, au final je ne sais pas grand chose. Surtout sur un sujet comme celui-là. Tu es clairement plus avancée là dessus. « Ou peut-être simplement que je trouve ta chambre plus agréable que la mienne. » Ou peut-être que je trouve ta compagnie plus agréable que le silence pesant qui règne entre les murs de l'endroit où je dors. « Et peut-être que ces sentiments qui craignent, ça dépend pour qui. » Et pour qui ont les ressent. Peut-être que c'est mieux si je les ressens pour toi que pour une autre. Au final, il n'y a pas d'autre. Il n'y en a jamais eu de toute façon. « Ou peut-être encore que je me suis perdu dans le couloir. » Pour me retrouver a frapper à ta porte en te suppliant de me laisser rentrer. Peut-être, peut-être que tout ça c'est le fruit d'un beau hasard, un hasard doux et raisonnable. Celui qui a engin décidé de m'accorder un peu de son temps. Celui qui semble vouloir te suivre. « Peut-être que j'ai préféré me perdre volontairement ici... »

Et c'était une des plus belles vérités qui se soient échappée de sa bouche. Parce que c'était comme ça. Il y eu un léger moment de silence où il pesa sa pensée. « Et c'est peut-être la meilleure chose qui me soit arrivé depuis que j'ai débarqué ici. » Elle. Pas seulement le fait d'être prêt d'elle. Mais elle en entier. Nirina Vespucci avait été la plus belle chose qui soit arriver sur cette île. Parce qu'elle avait tout, elle était tout. Belle, douce, parfaite. Elle incarnait à elle-même la perfection. De façon qu'un croyant puisse se demander si elle n'avait été envoyé par le créateur elle-même au milieu des fous et des esprits pervertis par le diable. Que sa mission n'avait pas été de rétablir la paix dans les corps et les esprits, qu'elle prenne soin des faibles, le faible. Celui pervertit par un savoir, un don qu'il n'a pas. Est-ce qu'elle n'était pas tombé du ciel pour lui?

Et alors... alors les larmes se mirent à couler sur ses joues tandis qu'un rire s'échappait de ses lèvres. Et Isak, juste là, si près, peut-être trop, intimiste dans la façon, dans leur façon, est-ce qu'il avait le droit d'être là? Étant la personne qui avait amené ces larmes sur un si joli visage. Et pourtant... Pourtant quelques sanglots ne pouvaient gâcher une si jolie chose surtout lorsqu'elle riait et que le bruit aurait pu faire flancher son coeur. Isak aurait voulu être la seule personne, l'unique à réussir à faire s'échapper ce son mélodieux, il voulait être le seul à l'entendre mais ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable pour ça. Elle n'était pas sienne. Et même s'il l'aimait, elle ne voulait peut-être pas être sienne. Peut-être qu'après avoir discuté de tout ça elle s'était rendue compte qu'en fait il était beaucoup trop vierge de sentiments, qu'il était trop compliqué et qu'avoir une relation avec lui serait bien trop complexe... L'idée traverse sa poitrine. Ce n'est pas ça. Rassure toi Isak. Ce n'est pas ça. « Si j'avais su que je pouvais te faire pleurer de cette façon je me serais retenu enfin. » Sa main glisse doucement cueillir les quelques gouttes qui tentent de s'échapper. Sa main caresse la joue humide de la jeune femme. Douce, si douce qu'il pourrait certainement rester éternellement de cette façon, elle sur lui, sa chaleur lui offrant un petit confort. Ils étaient bien, si bien. Restons comme ça pour toujours. Pourquoi bouger quand seule la chaleur nous recouvre?

Si la vision qu'il avait offert un peu plus tôt sonnait mal dans l'esprit de Nirina, elle n'en était que plus douloureuse dans l'esprit d'Isak. Il n'avait pas non plus vécu ce genre de situation, n'avait pas eu besoin de s'y confronter, n'avait jamais voulu, mais se doutait bien, non. Non disons que le russe ne s'était jamais douté. Parce qu'elle lui était tombé dessus comme... certains diront un cheveux sur la soupe, mais lui, oh lui voyait les choses d'une façon si différente. Sa vision si pessimiste, aussi pessimiste qu'elle pouvait être la voyait elle comme une chose magique. Elle était digne de Moïse pour le peuple juif. Elle était son Messi. Celui qu'il avait cherché, enfin... Il ne le cherchait plus alors qu'elle était arrivé, ainsi, pareille à une beauté, un quelque chose qu'on n'oublie pas, qu'on ne peut pas. Mais lui? Lui il n'était pas le Messi. Il n'était même pas le peuple rêvé du seigneur. Il était corrompu par le vice, la fourberie, la luxure, la colère, la paresse, tout ces péchés, aussi nombreux soient-ils, les 7 péchés, oh il les avaient tous eu. Les uns apres les autres? Tous en mêmes Temps? C'était pour cela. Tout ce doute, toutes ces idées noires, toutes les idées de tromperies, de pertes, d'un meilleur. A quoi bon s'attacher si c'est pour perdre la personne que l'on aimait peu de temps apres. Et même? Le temps est censé arranger tout mais c'est de la merde ça. C'est faux. Du toc. La perte de Nirina il ne la resolvera pas avec du temps. Il ne la résolvera pas du tout. Mais ses mots doux, ceux qu'elle soufflait entre deux sourires, ils valaient tour l'or du monde. Ils pouvaient effacer toutes les peurs et les peines de son coeur. Oh, grâce à elle il n'avait plus peur. Parce que maintenant il savait. Il savait qu'elle l'aimait. Il savaient qu'ils s'aimaient. Et ça... Ça c'était quelque chose de spécial.

« Oh, Nirina, crois-moi je sais. Je sais exactement de quoi tu parles. Parce que je t'aime aussi. Et c'est déjà plus que je n'ai jamais été capable de faire pour n'importe qui. J'avance dans l'inconnu. Avec une totale confiance en toi. » Parce qu'en plus il pouvait ne pas avoir confiance en elle? Déjà avant, lorsqu'ils n'étaient que collègues, le russe avait déjà confiance en elle. L'italienne respirait l'intelligence et la droiture, qu'elle soit d'esprit ou de mentalité. Il était sûr, totalement que la confiance n'avait jamais été en question. Et entre eux non plus. Ni avant ni maintenant. Il l'aimait. Elle l'emmenait alors en territoire inconnu. Parce que Nirina, aussi douce soit-elle, avait déjà du aimer. C'était une obligation même. Elle était trop... Douce, trop ce quelque chose de spécial. Nirina avait été faite pour être aimé, alors elle avait du aimer en retour. Et aujourd'hui il était l'heureux élu. « Et je n'ai jamais été aussi content d'être aveugle. »

Un fin sourire passa sur son visage tandis qu'il fléchi un peu dans la main de la jeune femme, pour être au plus prêt d'elle. Parce qu'il en a besoin, de cette présence, de cette réassurance, il ressemble à un enfant. Quelque part ça doit avoir quelque chose d'effrayant. « Oh ça va marcher, c'est une obligation, on ne peut voir les choses autrement. Toi et moi ça va marcher. » C'est bien. Isak n'était pas d'accord du tout avec sa pensée de plutôt. « Parce que je n'abandonnerai jamais. » Toi et moi. Tu seras mienne comme je serais tien. Et les larmes du ciel seront douces, pareils à de la pluie prévisible et chaude, une pluie d'été, rassurante et orageuse où il sera question de te serrer dans tes bras en te chuchotant des "ça va aller"

Et soudain elle s'en va. Un sentiment de froid le traverse tandis que l'air vient caresser son torse. Un frisson le parcourt mais il lui suffit de tourner la tête pour pouvoir observer la jeune femme. Il tourne sur son corps, histoire d'être de côté, de pouvoir la regarder tandis que ses yeux à elle semblent étudier avec intention le plafond. Oh Nirina, même pencher dans une tâche des plus inutiles tu semble être la plus belle que ce monde ai pu porter. « Lyubov'? » Un petit rire échappe ses lèvres. C'est une question à laquelle il ne s'attendait pas. Une jolie question qu'il trouve mignonne. « Seriez vous jalouse des autres "gens que j'apprécie"? Il ne faut pas voyons. » Une nouvelle fois un rire lui échappe tandis qu'il regarde plus loin, dans les souvenirs. « Tu es la première que j'appelle comme ça. Parce que tu es la première avec qui j'ai ressenti ce quelque chose. » Un petit soupir échappe ses lèvres mais il sourit toujours. « Mes parents étaient très amoureux, ils étaient adorables du temps où ma mère n'était pas malade, ils étaient doux l'un envers l'autre et mon père appelait toujours ma mère comme ça. "Lyubov'". Et pour moi, dès tout petit, j'ai su que si j'avais une personne à chérir comme lui chérissait ma mère, je la nommerait de la même façon. Parce que c'est le plus beau nom qui soit. » Le sourire s'élargit encore et il repose ses yeux sur la jeune femme avant de venir l'embrasser chastement.

† † †
MACFLY

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Sentiment sombre et puissant dans la lumière (Nirisak)

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