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 The best way to know if you can trust somebody is to trust them

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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 8 Fév - 17:21



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Avec Howard Taylor


Je me redressai sur mon fauteuil en réarrangeant la pile de dossier qui trônait à ma gauche, puis mes stylos, puis les cadres tournés vers moi contenant des photos de mes parents et mes amis. J’étais stressée.  Enfin, après une semaine d’attente et "d’acclimatation", aujourd’hui marquait mon premier jour de travail à Ostrov. Mon premier jour en tant que psychiatre. Je pris une grande inspiration pour me calmer. Il ne fallait surtout pas laisser transparaître à quel point j’étais angoissée. Cela ne mettrait pas le patient en confiance, et surtout c’était ridicule. J’avais été formée pendant des années pour ça, j’avais tout de même un minimum d’expérience grâce à mon internat, et surtout j’avais toute la volonté du monde de réussir, et je savais que je le pouvais. Je pris le temps de me concentrer sur ma respiration pendant quelques minutes, et une fois plus détendue, tendis la main pour attraper le premier dossier de la pile.

La photo en haut à droite de la première page me surpris autant que lorsque j’avais ouvert ce dossier pour la première fois. Elle représentait un jeune homme à peine plus âgé que moi – 26 ans d’après le descriptif qui se trouvait en dessous – aux cheveux mi-longs, qui encadraient  son visage pâle et le rendait encore plus long et mince qu’il ne l’était déjà. Le portrait, pris jusqu’aux épaules, laissait apercevoir le haut de ses vêtements, une chemise et une veste de costume tout droit sorties d’un film d’époque. Je me demandais si ce n’était que le filtre noir et blanc qui donnait à la photo cette ambiance XIXème siècle. Howard Taylor. Je tournais la page et parcouru des yeux la description du diagnostic. Phobie sociale et dépression clinique. Ermite. Tendance autistique. Je fronçai le nez alors que je relisais encore l’histoire de ce pauvre jeune homme. Une histoire assez peu développée dans son dossier. Probablement dû au fait qu’il était mal à l’aise en société, ce ne devait pas être facile pour lui de se confier. De plus, il était arrivé seulement deux mois auparavant, ce qui faisait que même si son autre psychologue – le docteur… Johnson, si j’arrivais à bien déchiffrer la signature de la séance précédente – était compétent, ils n’avaient sûrement pas pu nouer une relation qui incite Howard à la confidence. Je soupirai. Je n’étais pas certaine que d’assigner un deuxième psy à un patient qui luttait avec les interactions humaines était la meilleure des idées pour le soigner. Mais bon. Je n’allais pas me plaindre alors qu’on venait enfin de m’attribuer mon premier patient. Et j’espérais vraiment pouvoir aider Howard, à terme. La lecture de son dossier l’avait rendu sympathique à mes yeux et j’avais hâte de le rencontrer pour faire de mon mieux et l’aider à s’ouvrir au monde. Ou du moins, à moi.

On toqua à la porte, trois coups. Je fermai le dossier, pris à nouveau une grande inspiration et me levai. J’étais mi-excitée, mi-angoisée, mais un rapide coup d’œil dans le miroir me rassura sur le fait que cela ne se voyait pas. Lorsque j’ouvris la porte, je ne fus pas surprise de voir qu’Howard ressemblait totalement à un gentilhomme d’après-guerre, comme sa photo le laissait penser. Je lui souris doucement et m’écartai pour le laisser rentrer. Je fis signe un signe de tête au gardien qui l’accompagnait pour qu’il nous laisse. Je savais pourquoi on avait assigné un second psychiatre à Howard ; il était tellement renfermé qu’on pensait qu’il pouvait être potentiellement dangereux. Ayant moi-même mon lot d’expérience en personne dangereuse, je doutais que ce soit son cas. Et j’attendrais mon propre diagnostic avant d’imposer au jeune homme la présence humiliante d’un garde pendant ses séances.

Je refermai la porte et m’avançai vers mon bureau. Je m’assis et souris à nouveau à Howard, en montrant du regard la chaise qui me faisait face. "Assieds-toi, Howard, je t’en prie. Je suis le docteur O’Callaghan, mais tu peux m’appeler Niamh. Surtout que je suis plus jeune que toi, ce serait ridicule que tu me vouvoies, non ?"


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Howard Taylor

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Jeu 9 Fév - 13:29


   
"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
La vie au sein d'Ostrov Island était comme une musique complètement archaïque mais plutôt bien réglée. Un métronome qui rythmait ses journées. D'abord il ouvrait les yeux, puis il fonçait  la douche avant tout le monde pour éviter la foule, il avalait trois fois rien à la cafétéria histoire de ne pas aggraver sa liste de pathologies, une visite dans le parc, et enfin, le rendez-vous qu'il avait là, maintenant. Il avait déjà un médecin référent, Roméo. Howard n'était pas certain qu'il avait déjà plongé le nez dans un classique de Shakespeare, mais il était gentil. Aujourd’hui il avait rendez-vous avec une jeune femme, un autre docteur de la tête. A croire qu'un seul n'était plus suffisant pour aller creuser à l'intérieur, les psychiatres se passaient son dossier comme un quignon de pain à ronger en début de repas pour patienter jusqu'au festin. Chaque fois qu'il se trouvait devant la porte froide du bureau, son cœur battait la chamade.  Il avait peur de fixer l'autre. Les murs, le bureau, les questions, tout lui flanquait une trouille bleue. Il voulait être soigné, oui, plus que tout au monde, mais il refusait la manière qu'avaient les docteurs d'enfiler leurs gants en latex et d'aller malaxer son cerveau, en extirper des morceaux savamment bien dissimulés pour lui brandir en pleine face. Il ne fallait pas défaire le travail propre de l'inconscient, il y avait des choses qu'il ne voulait pas entendre ni savoir. Il toqua trois coups brefs sur la porte fine qui ne lui semblait pas assez épaisse pour couvrir tous les péchés que sa nouvelle psy allait devoir lui extirper, mais il n'avait pas vraiment le choix. Le gardien ne lui tenait pas le bras, il savait bien qu' Howard n'était pas l'un de ces patients qui tentaient une échappée brusque en pestiférant à tue-tête dans tout l'hôpital, mais la simple énergie que dégageait la chaleur de son uniforme près de celui d' Howard, lui donnait la nausée.
En entrant dans la pièce, une jeune femme qui avait l'air d'avoir son âge le reçu calmement. Comme tous les psychiatres, elle avait un sourire tranquille qui se voulait confiant, mais Howard avait apprit à se méfier de l'eau qui dort. Elle referma la porte derrière lui en congédiant le gardien du regard, et l'invita à prendre place.

« Assieds-toi, Howard, je t’en prie. Je suis le docteur O’Callaghan, mais tu peux m’appeler Niamh. Surtout que je suis plus jeune que toi, ce serait ridicule que tu me vouvoies, non ? »

L'anglais hocha la tête timidement sans la regarder en se demandant en premier lieu s'il parviendrait à retenir le nom complet de cette femme, qui comme il l'avait prédit, avant sensiblement son âge. Peut-être qu'il se sentit plus à l'aise avec les femmes plus jeunes, les femmes tout court. Il laissa fuser un tout petit sourire en repensant à Kathérina Barrow et à Bonnie, surtout. Il aurait bien passé toute l'heure à se taire mais il avait déjà tenté l'expérience avec le docteur qui le suivait avant Roméo, il savait bien que ce petit jeu ne donnait rien alors il ouvrit difficilement la bouche et émit un son qui ressemblait vaguement à un mot.

« B'jour. », il se racla la gorge. « Bonjour. Vous... », il grimaça. Il avait du mal à tutoyer quelqu'un, il vouvoyait même ses propres parents, mais après tout il l'avait bien fait avec Edgar et sa seule amie, alors si c'était la procédure...

« Enchanté. Tu... Tu es nouvelle ici, non ? », demanda le brun avec un léger soupçon de compassion et de pitié dans la voix. Comment une jeune femme qui était si fraîche et qui paraissait si intelligente pouvait décemment se retrouver de son plein gré dans une cage comme celle-ci ?

   
W.B

   
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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mar 14 Fév - 14:56



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Avec Howard Taylor


J’observai Howard entrer dans mon bureau avec réticence, en me disant que ce ne devait vraiment pas être facile d’être jeté dans les mains d’un nouveau spécialiste comme ça, dont il ne connaissait rien et qui venait tout juste d’arriver. Il prit place sur le fauteuil en face de moi sans lever les yeux pour rencontrer les miens, mais esquissa un rapide et timide sourire, qui je n’étais pas absolument sûre m’était adressé. Il mit quelque temps avant de finalement ouvrir la bouche, visiblement en proie à un débat intérieur. "B'jour." Raclement de gorge pour s’éclaircir la voix. "Bonjour. Vous..." Je le vis grimacer, manifestement peu à l’aise. Je baissai légèrement la tête pour capter son regard et lui souris pour l’encourager. "Enchanté. Tu... Tu es nouvelle ici, non ?" Je ne pus m’empêcher de retenir un petit rire. Howard n’était pas la première personne à deviner mon manque d’ancienneté dans l’établissement. Mais après tout, il avait été admis dans l’établissement il y a déjà six mois, j’imaginai donc qu’il devait déjà avoir croisé la plupart des autres membres du corps médical.

Je me levai et me dirigeai vers la console à gauche de mon bureau, où se trouvaient une bouilloire, des tasses et plusieurs sachets de thé différents. Après avoir mis la bouilloire en marche, je me tournai vers Howard et m’appuyai contre le meuble. "Ton accent… Londres ?" J’avais bien sûr lu dans son dossier son lieu de naissance, mais je n’étais pas le genre de psy à parler à la place du patient. Sachant qu’il avait des difficultés à parler et nouer des liens, je pensais qu’il était bon de commencer avec une conversation basique. Le sifflement de la bouilloire me fit légèrement sursauter et je saisis deux tasses pour les remplir d’eau. Je réussi à tenir les deux tasses dans une main, attrapant la boîte de thés de l’autre avant de m’approcher d’Howard et de poser le tout sur le bureau, face à lui. Plutôt que de retourner à mon fauteuil, je décidai de m’asseoir à côté de lui. "Les Anglais et les Irlandais ont eu beau s’être détesté pendant des siècles, la seule chose sur laquelle nous nous sommes toujours entendue, c’est bien le thé !" Je souris à nouveau avant de choisir un sachet d’Earl Grey. "Est-ce que tu prends du lait ou du sucre ?" Je m’installai plus confortablement dans mon siège, mes mains entourant ma tasse. "Je suis arrivée il y a une semaine, en effet. Et tu es même mon premier patient ici. Je sais que cela peut te paraître assez effrayant, mais tu peux me faire confiance. Et j’aimerais que tu me dises si jamais tu es mal à l’aise à cause de quoi que je dise ou fasse, ou si tu as la moindre question, d’accord ?" Mon ton était calme et mesuré, ma voix se voulant douce et rassurante. Mon objectif pour cette première session n’était pas de bombarder Howard de questions pour pouvoir poser un diagnostic après une heure de psychanalyse intense. Je voulais vraiment qu’il se sente le plus en confiance possible, peu importe le temps que cela prendrait.
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Howard Taylor

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Dim 19 Fév - 20:09


 
"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
Jamais Howard n'avait encore remarqué cette jeune femme qui désormais lui servirait de psychiatre remplaçant. Il avait de la peine pour elle, mais pour ne pas le lui faire trop sentir, il préféra lui demander si elle était nouvelle au sein du personnel d' Ostrov Island, question bateau qui servait généralement à détendre l'atmosphère, il se fichait pas mal de la réponse. La réponse ? Ce n'était pas vraiment ce qu'il obtint, un petit rire chantant plutôt. Ce n'était pas un rire moqueur celui-ci. Howard savait les reconnaître et les cataloguer maintenant les différents rires depuis qu'il était enfermé ici. Il connaissait la moquerie, l'insolence, l'hilarité joyeuse, la mesquinerie, le complot... Il ne s'en plaignait pas, cela le changeait des larmes et des cris de douleur qu'il avait tant entendu dans son travail.  

« Ton accent… Londres ? », demanda la jeune femme en se dirigeant vers la petite alcôve de son bureau qui abritait un service à thé. Londres lui manquait, cruellement. Il était littéralement terrifié par les deux vautours qui lui servaient de parents, mais il ressentait ce besoin de rejoindre la sécurité de la maison obscure et lugubre, là où il pouvait se fondre, se cacher, se confondre avec les murs épais. Ici il était trop exposé, il abhorrait être sur la liste et savoir qu'un jour l'intervention allait tomber sur lui. Il hocha la tête.

« Londres, oui madame. »
, c'était plus fort que lui, malgré le jeune âge de la psychiatre, il n'arrivait pas à remplacer la politesse par la convivialité.

« J'ai toujours vécu à Londres, je n'ai rien vu d'autre... », souffla-t-il doucement, légèrement honteux de ne s'être consacré qu'à sont travail depuis le début de son existence, terrifié par le monde extérieur. Niamh souleva la théière et repris d'un air jovial en se servant un Earl Grey :

« Les Anglais et les Irlandais ont eu beau s’être détesté pendant des siècles, la seule chose sur laquelle nous nous sommes toujours entendue, c’est bien le thé ! »
.

Howard retint un sourire amusé face à sa constatation. Il adorait le thé. C'était sans doute un peu cliché de penser ça pour un natif de Londres qui n'avait jamais quitté la ville, mais c'était plus fort que lui.

« Est-ce que tu prends du lait ou du sucre ? »
, demanda-t-elle en s'installant sur son fauteuil.
Là, les choses sérieuses allaient commencer, Howard le savait parce qu'elle s'était assise en face de lui, et ça, ça faisait peur.

« Je le prends nature, merci... »
, murmura-t-il en se raclant à nouveau la gorge complètement desséchée par l'angoisse. Au lieu de le cuisiner directement comme l'avait fait Roméo, Niamh préféra attaquer par une anecdote la concernant. L'anglais ne savait pas si c'était calculé pour le mettre à l'aise, mais en tout cas, ça fonctionnait et il n'en demandait pas davantage.

« Je suis arrivée il y a une semaine, en effet. Et tu es même mon premier patient ici. Je sais que cela peut te paraître assez effrayant, mais tu peux me faire confiance. Et j’aimerais que tu me dises si jamais tu es mal à l’aise à cause de quoi que je dise ou fasse, ou si tu as la moindre question, d’accord ?»

Il hocha à nouveau la tête sans grande conviction, de toute façon avait-il le choix ? Il soupira longuement cette fois, comme épuisé par une lassitude inextricable.

« Écoutez, je... Je ne sais pas ce qui est inscrit dans mon dossier et je ne veux pas le savoir, mais... Je suppose que vous vous doutez que je ne suis pas de ceux qui vous sauteront à la gorge, alors... Ne vous en faîtes pas pour moi. Je suis sage... », il eut un frisson de révulsion en disant ça. Il grimaça sans discrétion et trembla de tous ses membres, renversant son thé. Non il n'était pas si sage Howard James Taylor. Il était sale de l'intérieur, sale dans son corps et dans sa tête. Il se signa vivement d'une croix, et ferma les yeux à s'en scinder les paupières.

« Vous êtes là pour me guérir.. ? », hésita-t-il, épuisé, toujours les paupières closes comme un cercueil qui s'enfonce dans les profondeurs de la terre.

 
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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 1 Mar - 18:27


 
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J’étais impressionnée par l’aura de fragilité qui se dégageait d’Howard ; c’était comme s’il risquait de se casser au moindre contact, au moindre mot prononcé trop fort. Il n’était déjà pas très grand, mais sa façon de se recroqueviller sur lui-même, sa minceur et ses longs cheveux qui lui tombaient devant les yeux et dissimulaient la moitié de son visage n’aidaient en rien cette impression. Même sa voix semblait tenir en équilibre sur un fil. "Londres, oui, madame." J’esquissai un petit sourire en l’entendant m’appeler Madame, mais le fit rapidement disparaître pour ne pas le mettre mal à l’aise. Je détestais qu’on m’appelle Madame, mais il n’était pas question de mes sentiments, là. Le plus important était qu’Howard se sente bien, et manifestement, s’adresser à moi de manière familière n’y contribuerait pas. "J'ai toujours vécu à Londres, je n'ai rien vu d'autre…" Je souris à nouveau, franchement cette fois, et essayai de capter les yeux du jeune homme sous tous ces cheveux. Il semblait avoir honte d’avoir dit cela, alors qu’il n’y avait aucune raison. "Ce n’est pas une mauvaise chose ! Au moins, tu as l’expérience de la grande ville… Et puis, tu sais, je n’ai quitté le domicile familial que pour aller vivre à une heure de voiture. Ostrov est l’endroit le plus exotique où je sois jamais allée, finalement." dis-je avec un petit rire ironique. Tu parles d’un endroit exotique. Pas de palmiers, d’eau turquoise ou de noix de coco à l’horizon par ici. Même le soleil se laissait désirer et ne me parlez même pas de la plage de l’île…  
 
Le thé avait l’air de faire plaisir à Howard. Je me félicitai intérieurement de cette mini victoire. Enfin, je félicitai surtout la personne à l’origine de la culture du thé dans nos deux pays, parce qu’au final je n’y étais pas pour grand-chose. Cela peut paraître très cliché, mais la presque totalité des anglo-saxons que je connaissais – moi y compris – considéraient vraiment le thé comme un élément important au bon déroulement d’une journée et à leur bien-être en général. Manifestement, mon nouveau patient pensait la même chose, car je le sentais un peu plus à l’aise que quelques minutes auparavant. Ou en tout cas, moins mal à l’aise. Je commençai moi aussi à me détendre un peu. Je savais bien que rien n’était gagné, et que je n’allais pas faire parler le jeune homme comme jamais de tous ses problèmes ni à la guérir en une séance, mais au moins j’étais rassurée sur ma technique d’approche. Je ne l’avais pas effrayé ni contrarié, et je n’avais pas mis les pieds dans le plat. Ne pas crier victoire trop vite, cependant, ma maladresse légendaire pouvait reprendre le dessus à tout moment.
 
Alors que j’expliquai un peu mon histoire à Howard, je voulais vraiment lui faire comprendre que je n’étais pas son ennemie et que j’étais bel et bien là pour l’aider à aller mieux. Après ma tirade, il hocha simplement la tête et pris la parole pour ce qui se révéla être la plus longue déclaration qu’il avait faite jusqu’à maintenant dans cette pièce. " Écoutez, je... Je ne sais pas ce qui est inscrit dans mon dossier et je ne veux pas le savoir, mais... Je suppose que vous vous doutez que je ne suis pas de ceux qui vous sauteront à la gorge, alors... Ne vous en faîtes pas pour moi. Je suis sage..." Je souris en entendant les paroles d’Howard ; on aurait dit un enfant, tout mignon et innocent Cependant, mon sourire fut de courte durée et s’effaça rapidement quand le jeune Anglais commença à convulser, sans raison apparente. Les spasmes s’arrêtèrent aussi vite qu’ils étaient apparus, et Howard ferma les yeux tout en faisant un signe de croix. Il resta ainsi, prostré et les yeux fermés, comme s’il avait peur du monde extérieur lorsqu’il les rouvrirait et me demanda, d’une toute petite voix d’enfant, avec des mots d’enfants, si j’étais là pour le guérir. Je posai ma tasse sur le bureau devant moi, me levai pour attraper une serviette et m’accroupi à ses côtés. Je pris ses mains dans les miennes pour lui donner le tissu, et serrai doucement mon étreinte. "Je te promet de faire tout mon possible pour t’aider à aller mieux et à guérir." Je continuai de serrer ses mains dans mes paumes, tout en lui parlant d’une voix calme et douce. Son dossier médical n’indiquait aucun antécédent d’épilepsie quelconque, je devais donc découvrir quel facteur psychologique avait déclenché cette crise. "Howard, pour que je puisse t’aider, j’ai d’abord besoin de savoir ce qu’il ne va pas… Est-ce que tu veux bien me parler ?"

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Howard Taylor

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mar 7 Mar - 18:12


 
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« Ce n’est pas une mauvaise chose ! Au moins, tu as l’expérience de la grande ville… Et puis, tu sais, je n’ai quitté le domicile familial que pour aller vivre à une heure de voiture. Ostrov est l’endroit le plus exotique où je sois jamais allée, finalement. »

Au final, Howard n'était le seul à être casanier. Un léger sourire confiant captura ses lèvres. Il hocha la tête.

« Puis-je avoir l'audace de vous demander ce qu'il vous amène ici ? », demanda l'anglais qui avait oublié qu'ici, ce n'était pas à lui de poser les questions. Il rougi instantanément en s'entendant parler. Il se prenait pour qui au juste ? C'était toujours ça avec Howard : soit il se murait dans le silence, soit il disait n'importe quoi n'importe quand. Il était plus intimidé par son autre psychiatre Roméo, que cette jeune femme qui lui offrait poliment du thé, mais là il était mal, vraiment. Il se rongea les ongles nerveusement même s'il savait pertinemment qu'il devait absolument perdre cette vieille habitude devant son père. Oh non, monsieur Taylor n'aimait pas ça... Et quand monsieur Taylor n'aime pas, il sévit. Même si Niamh paraissait se détendre, Howard lui, se recroquevillait dans son siège en position d'auto-défense.

« Veuillez pardonner mon arrogance madame, je voulais simplement faire la conversation. Je vous laisse à votre étude... », rectifia-t-il, confus.

Il laissa la jeune psychiatre tenter de le rassurer, c'était son travail après tout, mais il restait concentré sur le fil décousu de sa manche d'uniforme. Il n'était pas dangereux, c'était d'ailleurs ce qu'il tentait de lui expliquer avec lassitude, mais à la seconde où il s'imaginer pouvoir passer pour un innocent, il se mit à convulser sévèrement. C'était un phénomène que les médecins observaient de manière systématique, la honte finissait toujours par le paralyser. Loin de lui l'idée de causer des soucis à la jeune praticienne qui devait faire ses preuves, mai c'était plus fort que lui. Comment OSAIT-IL la regarder en face et lui dire qu'il n'était ps dangereux ?! Une larme timide perla sur sa joue rougie quand il s'empara de son petit crucifix dissimulé sous le col de son uniforme. Finalement, il ne pouvait même pas affirmer d’aplomb qu'il appartenait à l'espèce humaine, il n'était qu'un animal obéissant à ses... Pulsions primaires. C'était l'animal sauvage le plus pitoyable de toute la création, une petite bête sans défenses, attendant patiemment de se faire dévorer par ses semblables.

« Dieu, que vous allez avoir du mal avec moi...Je suis triste pour vous en réalité. », avoua l'anglais qui se couvrait le visage de honte.

« J'ai quelque chose de très mal... »
, chuchota-t-il comme un enfant qui a fait une grosse bêtise. Seigneur, il avait péché. Il avait souillé son nom et son honneur avec des pensées impures, avec des actes dégradants et... - Il frissonna. Il avait été la marionnette du Diable, lui qui avait voué son âme au Tout Puissant. Personne n'était à l'abri du démon, il prenait toutes les formes et se jouait des pauvres innocents. Maintenant il était corrompu, il devait racheter ses fautes ici pour avoir droit à une rédemption.
Soudain, Niamh s'agenouilla près de lui en prenant un air compatissant. Il n'était pas habitué à tant de sollicitude, si bien qu'il en renversa sa tasse brûlante de Earl Grey. La bonté de la jeune femme l'obligeait à lui offrir une serviette pour éponger les dégâts.

« Je te promet de faire tout mon possible pour t’aider à aller mieux et à guérir. »

C'était ce qui le travaillait justement, s'il allait guérir un jour. Des mots qui auraient pu l'apaiser si elle n'avait pas commis la faute de s'emparer de ses paumes. Ses mains étaient en feu. Pas la chaleur agréable qui réconforte, le feu du bûcher sur de l'essence. Il souffrait intérieurement mais il ne criait pas malgré les cloques imaginaires sous sa peau. Il resta immobile, habitué à ressentir la douleur, à l'accepter. Il encaissait les diverses manipulations des médecins et même la violence de son père qui avait laissé des cicatrices sur son corps, mais ce brusque contact l'avait surpris. Aucun son ne sorti de sa bouche pincée, mais il mordit sa lèvre inférieure si fort qu'un goût métallique de sang tapissa sa langue.

« Howard, pour que je puisse t’aider, j’ai d’abord besoin de savoir ce qu’il ne va pas… Est-ce que tu veux bien me parler ? »


Il ouvrit la bouche pour bafouiller quelque chose, mais aucun mot intelligible ne franchit le barrage de ses lèvres. Il se racla la gorge pour gagner du temps dans 'organisation de ses pensées.

« Ce qu'il ne va pas ? », répéta-t-il de sa voix tremblante. « Ils... Ils disent que j'ai une personnalité obsessive compulsive. Je ne comprends pas bien ce que ça veut dire, visiblement cela concerne Dieu, et d'autres choses... Ajouté à ça, j'ai développé une... - », il jeta un coup d’œil à ses pauvres mains toujours retenues prisonnières. « - Une haptophobie assez sévère et je souffre beaucoup de la foule, et... - », il s'arrêta encore pour frissonner. Ses pensées se perdirent vers un endroit qui embrasa instantanément ses joues. Il se tordit de douleur, et se replia sur lui-même les bras en croix sur son estomac comme s'il allait vomir.

« Je suis une bien mauvaise personne... Seigneur, oui, bien mauvaise... ».

Que pouvait bien devenir un petit garçon dont toute la famille était née dans cette même maison lugubre et glaciale, où toute nouvelle technologie était prohibée, ainsi que toute forme de ce qui pouvait s'apparenter à de la joie de vivre ? Ils s'employaient tous (toutes générations confondues) à s'occuper des défunts, ici même au sein du manoir, au sous sol. Déjà avant même de voir le jour, Howard avait du se battre ! Sa mère, après de grosses complications de grossesse, l'avait mis au monde par césarienne des mois avant le terme. Le processus vital du minuscule nourrisson était engagé mais grâce à Dieu, il était resté à flot dans cette vie dépourvue d'amour, là, quelque part entre l'hôpital et le fond de la tombe : le manoir Taylor. Depuis sa plus tendre enfance, son père ce vautour assoiffé de pouvoir et de sang, le corrigeait pendant que sa mère fermait les yeux sur les hématomes de son fils unique. Petit à petit, Howard avait développé toutes sortes de névroses à ne pas prendre à la légère. Pourtant, Dieu avait une mission pour lui. Il l'avait sauvé lui le fossoyeur, lui le croque-mort. Ça, le jeune homme en était convaincu, mais il avait remercié son Sauveur de la pire manière qu'il soit. Il avait embrassé un homme. Un homme l'avait embrassé, sur la bouche. Avec la langue. Avec les dents. Son corps souffrait de désir et de blasphème. Le Malin en avait profité pour prendre possession de son corps à ce moment là. Il l'avait condamné à ressentir ce manque, ce besoin, cette addiction malsaine et contre nature. Toucher la peau d' Edgar Anderson était... Embrasser ses lèvres brûlait aussi, mais pas de la même manière. Ce tout premier baiser c'était comme des poignards de luxure qui éventraient son bassin dans toute sa longueur. L'enfer n'avait jamais été aussi bon, aussi confortable que cette nuit là, à tel point qu'il avait bien failli se laisser tenter et y sombrer pour toujours si un regain de raison ne l'avait pas bousculé. Les ours suivants il s'était senti sale. Il aurait voulu pouvoir s'arracher la peau pour se défaire de l'infection putride du désir tapie sous les trois couches de son épiderme.

« Je ne sais plus bien de quoi je dois guérir, de quel Mal ils veulent me soulager. De mes troubles obsessionnels compulsifs ? De mes crises d'angoisse ? De cette peur de toucher, d'être touché, d'être... Souillé, fouillé, blessé... ? Ou pire encore... S'il pourront me soigner de Lui... ».

Il rougit de plus bel et recommença à pleurer, comme si toutes ces larmes pouvaient le laver de ses infamies.
 
W.B

 
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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Lun 20 Mar - 16:39


 
The best way to find out

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Avec Howard Taylor


Je souris à nouveau en voyant Howard esquisser un sourire lui aussi. Il semblait un peu plus à l’aise que lorsqu’il avait pénétré dans mon bureau quelques minutes auparavant, même s’il montrait toujours une certaine retenue. Mon sourire s’agrandit d’autant plus lorsqu’il ouvrit la bouche pour me demander – à grand renfort de formules de politesse – ce qui m’avait amenée sur l’île. J’avais à peine commencé à prendre ma respiration pour lui répondre qu’il se confondit en excuses pour ce qu’il crut être des paroles déplacées. Le semblant de confort qui avait commencé à s’installer du côté d’Howard disparu immédiatement après ses paroles, et il adopta une position de repli sur son siège. Je posai ma tasse et baissai la tête pour essayer de capter son regard. "Howard, il n’y a pas de problème, tout va bien. Tu as le droit de me poser des questions aussi, il s’agit d’un dialogue entre nous. Je ne veux pas être la seule à poser des questions et à envahir ton intimité." Mais il ne m’écoutait manifestement pas, bien plus intéressé par un fil dépassant de l’ourlet parfait de son costume. Je continuai à lui parler cependant. "Comme tu l’as très justement remarqué, je suis nouvelle ici. En fait, je viens d’avoir mon diplôme de psychiatre, et j’ai quitté mon Irlande natale pour occuper mon premier poste en tant que médecin. Tu dois probablement de te demander pourquoi, parmi tous les hôpitaux où j’aurais pu exercer, j’ai choisi celui-ci…" J’eus un petit rire désabusé. Je répondis à ma propre question dans ma barbe."Ici ou ailleurs, quelle est vraiment la différence... ?" J’avais voulu trouver l’hôpital avec les cas les plus difficiles, où l’on aurait pu me confier les cas les plus extrêmes, pour prouver que j’en étais capable. Le prouver à qui, telle était la question. A moi, en partie, et à l’univers en général, sûrement. Prouver que si j’avais échouer à protéger et aider une personne, cela ne voulait pas dire que je ne pouvais protéger ni aider personne. Plutôt égoïste, comme raison au final…

Soudain, alors qu’il venait de me dire qu’il ne me causerait pas de problèmes, Howard fut pris de tremblements qui ne durèrent que quelques secondes. " Dieu, que vous allez avoir du mal avec moi...Je suis triste pour vous en réalité. J'ai quelque chose de très mal..." Je voulus le réconforter et essayer de lui faire retrouver le même sentiment d’aise que j’avais cru détecter il y avait seulement quelques minutes, en lui tendant une serviette pour essyuer le thé qu’il s’était renversé dessus et en prenant ses mains dans les miennes alors que je parlais pour le rassurer. En sentant les muscles d’Howard se crisper, je sus immédiatement que j’avais fait une erreur. Merde. Il ne parlait toujours pas, alors j’avais repris la parole. "Howard, pour que je puisse t’aider, j’ai d’abord besoin de savoir ce qu’il ne va pas… Est-ce que tu veux bien me parler ?" Je n’avais aucune idée de ce qui pouvait bien se passer dans la tête de mon patient, mais je pouvais voir sur son visage qu’il luttait avec son propre esprit. Ces premiers mots furent ensuite incompréhensibles, avant qu’il ne me fasse la liste entière de ses pathologies. A nouveau,  il frissonna et se libéra de l’emprise de mes mains pour se recroqueviller sur lui-même. Il avait l’air de souffrir atrocement, ce qui me fit froncer les sourcils d’inquiétude. Je pensai alors à aller chercher une infirmière, mais je savais que cela risquait de l’effrayer et de rompre la très fragile connexion que j’avais réussi à créer. "Je suis une bien mauvaise personne... Seigneur, oui, bien mauvaise..." Je fronçai à nouveau les sourcils, de plus en plus concernée par la situation d’Howard. Qu’est-ce qui pouvait bien le faire dire cela de lui, alors que je savais qu’il n’avait aucun antécédents de violence ou quoi que ce soit qui puisse le qualifier de "mauvaise personne". Il avait l’air terrifié, dégoûté par sa propre personne et très honnêtement, j’étais complétement désemparée.

Des larmes commencèrent à perler sur les joues de mon patient qui, bien que plus âgé de quelques années, avait l’air aussi ingénu qu’un enfant. Mon premier instinct fut de tendre à nouveau la main vers lui pour l’enlacer, mais je me retins. La dernière chose que je voulais était de lui faire peur et qu’il se referme encore plus sur lui-même. Je me contentais donc d’écouter alors qu’il parla à nouveau. "Je ne sais plus bien de quoi je dois guérir, de quel Mal ils veulent me soulager. De mes troubles obsessionnels compulsifs ? De mes crises d'angoisse ? De cette peur de toucher, d'être touché, d'être... Souillé, fouillé, blessé... ? Ou pire encore... S'il pourront me soigner de Lui..." Je réalisai alors que les diagnostics que j’avais lu dans le dossier était bien plus profond qu’une simple phobie sociale ou une tendance autistique, et je me demandai quelles horreurs il avait pu vivre pour être aussi terrifié par le monde qui l’entourait. "On va essayer de t’aider à aller mieux sur tous ces points, Howard. Je pense qu’ils sont tous connectés les uns aux autres… Et que si on arrive, ensemble, à trouver leur origine, ça sera déjà un grand pas vers une amélioration de ta condition." J’étais très intriguée par la dernière phrase qu’il avait prononcée, et je savais que si j’arrivai à en apprendre plus sur le " lui" en question, cela nous aiderait à avancer sur le problème. "Howard, est-ce que tu peux me dire de qui tu veux parler ? Si tu ne le veux pas, ce n’est pas un problème, on pourra y revenir plus tard, pendant une autre séance, quand tu seras prêt…"

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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Lun 20 Mar - 17:43


"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
La gentille fille qui lui servait de psychiatre, Howard aurait très bien pu la rencontrer dans le parc comme quand il avait fait la connaissance de Kathérina Barrow. Il ne la voyait pas encore comme une simple blouse blanche ambulante, peut-être parce qu'il n'avait pas vraiment cette sensation d'être un numéro sur un uniforme. Néanmoins, il restait méfiant et étourdit par sa timidité maladive. C'était rassurant d'entendre le docteur parler d'elle et pour une fois ne pas se sentir en observation comme un lion derrière une cage de cirque.

« Comme tu l’as très justement remarqué, je suis nouvelle ici. En fait, je viens d’avoir mon diplôme de psychiatre, et j’ai quitté mon Irlande natale pour occuper mon premier poste en tant que médecin. Tu dois probablement de te demander pourquoi, parmi tous les hôpitaux où j’aurais pu exercer, j’ai choisi celui-ci… Ici ou ailleurs, quelle est vraiment la différence... ? »

L'anglais retroussa un pan de sourire.

« Non, je... Bienvenue alors. L'avantage c'est que... Si vous commencez par Ostrov Island, vous pouvez vous permettre de... De finir par le Club Med' des asiles ! », en vérité il la trouvait courageuse de se lancer à l'aveuglette dans un métier aussi rude, fraîchement diplômée. « J'imagine que ça ne doit pas être facile tous les jours... », Dieu que c'était agréable d'avoir un semblant de conversation NORMALE avec une personne NORMALE !

« Enfin... Disons que je pense que c'est une bonne école ici », balbutia-t-il ne sachant guère s'il avait le droit de dire ça u non à un médecin, aussi agréable soit-il.

Malheureusement Niamh n'était pas sa copine avec qui il pouvait échanger des banalités, Niamh était une psychiatre et elle était là pour faire son travail. Ce travail gênant qui posait tant de problèmes aux patients internés ici. Les gens avaient peur d'ouvrir leur cœur, d'ouvrir la boite de pandore de leur cerveau qui cachait des secrets dont ils n'avaient même pas idée. Elle grattait un peu la surface du déni ou du mensonge, elle envoyait sa ligne dans la profondeur de l'inconscient et attendait que ça morde.

« Howard, est-ce que tu peux me dire de qui tu veux parler ? Si tu ne le veux pas, ce n’est pas un problème, on pourra y revenir plus tard, pendant une autre séance, quand tu seras prêt… »

Il se gratta frénétiquement l'avant bras comme s'il se sentait sale et que quelque chose devait sortir de sa peau, ou bien... Ou bien c'était peut-être aussi parce que réfléchir à la tournure de la réponse le troublait tellement qu'il avait besoin d'être concentré sur une douleur plus matérielle. Après tout pourquoi tenter de lui dissimuler l’existence d' Edgar ? Il était ici en partie pour en guérir, et il avait cette désastreuse impression que tout le monde savait dès qu'ils posaient leurs yeux sur lui. Il sentait leurs regards sur ses épaules constamment.

« Il... », Howard grimaça d'horreur en prononçant ce pronom : masculin-singulier. Ses ongles étaient tellement profondément enfoncés dans la chair de ses paumes qu'il ne sentait même plus cette salvatrice douleur physique tant espérée. Troquer la souffrance par une autre, le combat du corps et de l'esprit.

« Il est arrivé dans ma vie... »
, bredouilla-t-il alors qu'un vrai haut le cœur l'empêcha de poursuivre quelques secondes.

« Oh, et je vous défends formellement de me dire que c'est naturel ou tolérable, par pitié ! Pour une fois, veuillez le reconnaître. C'est ça qui me ferait véritablement du bien. Je n'ai que faire de votre compassion, madame. Je ne suis pas ici pour qu'on m'innocente, je suis ici pour payer. ». Il ne voulait pas paraître grossier ou condescendant, mais cela faisait six mois qu'il était coupé de l'obscurantisme de ses parents et il était excédé d'entendre qu'il rentrait dans la norme.

« J'aimerais juste savoir pourquoi moi... Je suis pourtant un bon chrétien madame, je prie tous les jours, plusieurs fois, parfois toute la nuit sans fermer l’œil, je le jure ! », syndrome de Caliméro ! « J'ai toujours été fidèle à Dieu, je lui ai consacré une immense partie de ma vie, il... Il m'a abandonné, n'est-ce pas ? Non... Non, c'est entièrement de ma faute ! Je n'aurais pas du ! ». Avouer ce qu'il avait fait était intolérable, mais c'était comme d'appeler un démon par son prénom pour l'exorciser : le reconnaître lui apportait la paix pour quelques heures seulement.

« Qu'est-ce qu'il m'arrive ? »
, demanda-t-il au bord de l'évanouissement. « J'ai... Mal au ventre. Mal au ventre tout le temps. Ça me ronge, je sens là, à l'intérieur, ce monstre... », chuchota-t-il à bout de souffle, en désignant son ventre, en le soutenant avec inquiétude comme une femme enceinte.

« ça me fatigue... Et le pire, c'est la nuit, là ça me.. -  », hésita-t-il en s'attrapant violemment le crâne comme animé par une soudaine migraine. « … - prend la tête ! Il... » nouvelle grimace « Il a tout pillé, tout saccagé, il a tout sali ! Mes artères... Et aussi mes pores, mes... Mes veines ! Est-ce que vous comprenez ? C'est pas ma faute... », il cherchait une absolution qu'il ne pensait pas mériter. Rejeter la faute sur l'un des objets de sa démence lui paraissait commode. S'il n'y avait eu qu' Edgar dans l'équation, il aurait peut-être pu passer un deal avec Dieu et tous ses idoles du Paradis, mais ce n'était pas la seule ombre au tableau. Howard était terrorisé par énormément de choses, et il craignait par dessus tout qu'on pose la main sur lui, qu'on lui inflige une nouvelle blessure, un nouvel hématome flambant neuf. Il avait l'air d'un petit chien battu qu'on trouve recroquevillé et tout tremblant dans un chenil. Il parvenait petit à petit à exposer le problème Edgar Anderson, mais parler de son paternel, plutôt s'emparer du presse papier sur le beau bureau, et de laisser James Taylor empailler le corps de son fils unique. Cela aurait sans doute été plus enviable que le sort qu'il lui aurait réservé si l'un des médecin aurait eu l'audace de l'informer sur ce que son fils aurait pu confesser en séance...
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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Ven 9 Juin - 21:06


 
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Même si elle n’était pas explicitement indiquée dans son dossier, je n’aurais pas dû être aussi surprise que je le fusse devant l’instabilité émotionnelle d’Howard. Pourtant, la rapidité avec laquelle son comportement avait changé me laissait stupéfaite. Alors qu’au début de notre échange, il avait semblé à arriver à se mettre à l’aise, me posant des questions, osant même quelques petites remarque sur l’hôpital, il avait suffi qu’il se permette pendant une seconde de se considérer comme normal pour que tout bascule.

Je voulais bien croire qu’Howard ne serait pas un patient à problèmes. Il n’y avait aucun doute qu’il faisait partie de ceux qui sont "sages", comme il l’avait dit. Alors qu’est-ce qui pouvait bien l’en faire douter lui-même ? Alors que j’essayais de comprendre ce qu’il se passait dans l’esprit du jeune homme, ce dernier ne pouvait s’empêcher de trembler de tous ces membres. L’idée d’appeler de l’aide me traversa l’esprit pendant un quart de seconde, mais je savais qu’il n’était pas judicieux pour Howard de voir encore une autre tierce personne impliquée et être témoin de la situation. Dans tous les cas, les tremblements finirent par s’arrêter d’eux-mêmes. De ma voix la plus douce, je tentais de rassurer Howard pour l’amener à se confier et finalement l’aider à résoudre ce qui était manifestement un très gros blocage. J’avais fait l’erreur de toucher les mains d’Howard, ce qui ne m’aidait pas dans cette démarche.

Après m’avoir énoncé la liste de ses diagnostics, que j’avais déjà pu lire dans son dossier, Howard compris que ce n’était pas l’information que je recherchais. Il mentionna alors quelqu’un, un homme, en utilisant le pronom "lui". Ayant appris que le jeune homme avait été élevé très strictement dans la religion catholique et étant toujours extrêmement croyant et pratiquant, je n’étais pas complétement sûre de savoir de qui il parlait. Je me doutais cependant bien qu’il ne cherchait pas à être soigné de sa foi. "Howard, est-ce que tu peux me dire de qui tu veux parler ? Si tu ne le veux pas, ce n’est pas un problème, on pourra y revenir plus tard, pendant une autre séance, quand tu seras prêt…" Honnêtement, je n’avais pas grand espoir d’obtenir la coopération du jeune homme après cet épisode. Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque, après avoir observé Howard débattre intérieurement pour savoir quoi répondre, il ouvrit la bouche pour difficilement articuler. "Il… Il est arrivé dans ma vie…" Il s’interrompit, comme s’il allait vomir. Je scrutais son visage avec inquiétude, puis ses mains et m’aperçu qu’il serrait ses poings si fort que je pouvais en voir les jointures, devenues blanches. A nouveau, le besoin mécanique de poser mes mains sur les siennes pour l’apaiser me submergea, mais je me retins. Il reprit la parole, avec une certaine dureté dans sa voix, presque violente : "Oh, et je vous défends formellement de me dire que c'est naturel ou tolérable, par pitié ! Pour une fois, veuillez le reconnaître. C'est ça qui me ferait véritablement du bien. Je n'ai que faire de votre compassion, madame. Je ne suis pas ici pour qu'on m'innocente, je suis ici pour payer." Soudain, l’évidence me frappa. Tout pris sens dans ma tête, et cela me brisa un peu le cœur. Howard avait grandi entouré, martelé de tous ces dogmes plus stupides et illogiques les uns que les autres, convaincu que tout ce que ses parents et la Bible lui avaient enseigné faisait office de vérité universelle. Je respectais les religions de chacun, mais j’étais personnellement athée, notamment dû au fait que je ne comprenais pas comment une (ou plusieurs, pur ce qu’il en était) divinité pouvait laisser ses soi-disant "enfants" ou "créations" commettre de telles horreurs en son nom.

J’étais soulagée de voir qu’Howard continuait à parler, car j’aurais été bien embêtée si j’avais dû trouver quoi répondre immédiatement. Je réfléchissais à comment aborder la situation le mieux possible, tout en prêtant attention à son discours. "J'aimerais juste savoir pourquoi moi... Je suis pourtant un bon chrétien, Madame, je prie tous les jours, plusieurs fois, parfois toute la nuit sans fermer l’œil, je le jure ! J'ai toujours été fidèle à Dieu, je lui ai consacré une immense partie de ma vie, il... Il m'a abandonné, n'est-ce pas ? Non... Non, c'est entièrement de ma faute ! Je n'aurais pas dû !" Malgré moi, je secouai la tête. Il m’était difficile de prendre sur moi et de ne pas exploser devant l’absurdité que les paroles du jeune homme m’inspiraient. Je me souvenais du nombre de fois où des débats houleux avaient éclatés dans ma famille, Irlandaise, traditionnelle et religieuse, à ce sujet. Cependant, il ne s’agissait pas ici de mon grand-père borné et fermé d’esprit, ni de ma tante insupportable et je-sais-tout. Je pris une grande inspiration pour reprendre mes esprits et alors que j’allais parler, Howard prit à nouveau les devants. "Qu'est-ce qu'il m'arrive ? J'ai... Mal au ventre. Mal au ventre tout le temps. Ça me ronge, je sens, là, à l'intérieur, ce monstre..." Ses dernières paroles me firent sourire doucement, et tristement. Tous ces sentiments refoulés, par-dessus tous ses troubles déjà existants. Si seulement Howard pouvait comprendre que ses préférences sexuelles n’étaient pas le signe du démon, il pourrait probablement vivre une vie bien plus paisible… "Ca me fatigue... Et le pire, c'est la nuit, là ça me… prend la tête ! Il... Il a tout pillé, tout saccagé, il a tout sali ! Mes artères... Et aussi mes pores, mes... Mes veines ! Est-ce que vous comprenez ? C'est pas ma faute..."

J’attendais quelques secondes pour m’assurer que mon patient avait extériorisé tout ce qu’il avait à dire. Après avoir passé tout ce temps accroupie à son côté, je commençai à sentir des crampes dans mes jambes, alors je m’assis par terre, en tailleur, toujours à côté d’Howard, en veillant bien à éviter tout contact physique. Mon seul autre moyen de réconfort étant le thé, je poussais délicatement sa tasse pour le pousser à en boire un peu. Enfin, je me mis à parler, en faisant bien attention à mes mots pour ne pas blesser ou vexer le jeune homme. "Howard… Tout d’abord, je suis impressionnée par ton honnêteté, et j’aimerais t’en remercier. Je n’imagine même pas à quel point cela doit être dur pour toi de confier tout cela à une parfaite inconnue." Je souris. "Je sais que tu veux que je te dise que tu as raison, que tu es un monstre, que tu ne devrais pas ressentir toutes ces choses. Malheureusement, je dois t’avouer que nous n’avons pas été élevés dans les mêmes croyances, et que ta confession ne me choque pas. Pour honorer, ton souhait, je ne te dirais pas que c’est acceptable, même si je le pense, je te dirais seulement ceci : il a été prouvé scientifiquement que l’homosexualité n’est pas une maladie, ni un choix. C’est une prédisposition, on nait hétéro ou gay. C’est une histoire de niveau de testostérone, c’est assez complexe mais il y a de nombreux écrits sur le sujet. Ce n'est pas ta faute. Ce n'est la faute de personne." Je me relevai pour me rasseoir sur ma chaise. Je n’avais pas vraiment réussi à être aussi délicate que je l’avais prévu, mais j’avais réellement fait de mon mieux, et Howard avait besoin d’entendre cela. "Je suis vraiment désolée si ce que je dis te choque, et je comprendrais si tu ne souhaites pas continuer tes séances avec moi. Je pense que ce serait une erreur, car je crois sincèrement que je pourrais t’aider à aller mieux. Mais c’est ton choix…" C’était plutôt audacieux, mais après tout je ne pouvais pas forcer le jeune homme à continuer à se faire suivre par quelqu’un aux croyances si éloignées des siennes.


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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Dim 11 Juin - 19:37


"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
Niamh était gentille, calme et suintait l'intelligence Elle avait l’œil vif et une voix douce qui apaisait les mœurs plus vite qu'une petite cantate MAIS... Mais elle l'avait touché, elle avait touché Howard. Dans un soucis de bien faire évidemment, c'était comme ça que les gens normaux aimaient être rassurés et consolés, oui, les gens normaux... L'anglais avait fait de son mieux pour que sa souffrance ne soit pas trop extravagante, en vain. Son corps entier était agité de spasmes atroces et alors que pour lui cette situation était habituelle, pour un Homme non aguerrit, ses crises pouvaient vite devenir un spectacle terrifiant. Il ne se souvenait plus bien de quand remontaient ses convulsions, mais elles dataient sans doute de l'enfance. C'était d'ailleurs à cette époque que son père s'était découvert une passion singulière pour la violence. Au début c'était des petites corrections qu'il infligeait à son fils unique. Il lui apprenait à sa manière qu'il ne devait pas crier, pas courir, cesser d'être turbulent. Une fessée pour le Bénédicité à table, une petite baffe sur sa pommette ronde pour la prière à genoux avant de se mettre au lit, « trois fois rien » songeait-il, l'éducation, simplement. Taylor Junior avait eu vite fait de comprendre qu'il valait mieux refouler à jamais les instincts joueurs et complices dont la plupart des enfants sont naturellement dotés, pour se terrer dans le mutisme. Il devait avoir près de quatorze ans quand Howard pris son premier coup.

C'était la triste époque de l'adolescence où il entrait pour la première fois dans cette école privée très sélecte d'Angleterre, une école pour garçons... Howard avait toujours été terrifié par la foule et le bruit alors aller en cours constituait épreuve presque insurmontable à ses yeux, surtout à cette époque, être projeté là-dedans en pleine construction de l'identité ! Un soir en rentrant de l'internat, regagnant le domicile familial pour le week-end, Howard avait voulu satisfaire sa curiosité, simplement. A l'école, les garçons ne parlaient tous que de ça, alors... Le plus naturellement possible il s'était ouvert à la découverte des plaisirs solitaires sans vraiment se concentrer ses pensées sur un fantasme en particulier, c'était vraiment par curiosité, c'était de son âge après tout si on en croyait les jeunes de Eton. James Taylor ne pensait pas comme eux, dommage que la porte de sa chambre n'avait jamais été pourvue de verrou...  Howard Taylor, assit dans le cabinet du docteur, frissonna jusqu'aux os en se remémorant l'épisode désastreux. Selon son père et les générations avant lui, le sexe était l'expression la plus évidente du péché et de la décadence. Il devait être utilisé que très partiellement, et à bon escient (à comprendre : pour fonder une famille, point final). Il avait d'ailleurs chargé Meredith, sa femme, d'instruire son fils sur « ces choses-là » puisque jusqu'ici, c'était elle qui avait fait le plus gros de son éducation religieuse. Oh, elle avait bien tenté d'expliquer à son fils comment son père fonctionnait et à quelles lois il fallait se plier dans cette maison, elle avait toujours eu l'air d'une petite fouine docile, terrifiée mais consentante. Depuis, son père n'avait pas réussi à laver ses pensées de l'image de son fils se fourvoyant de la pire façon qu'il soit, et à chaque contrariété, les corrections d'autrefois se transformaient en coups puissants contre ses os qu' Howard entendait craquer un par un. Ventre contre terre, recroquevillé en position fœtale sur le parquet froid, il encaissait sa rage depuis son adolescence sans jamais oser contre ce monstre fou qu'était son père. Même aujourd'hui, alors qu'il avait atteint la maturité nécessaire, il se courbait toujours devant Monsieur Taylor, rasant les murs, fixant le plancher pour éviter de croiser son regard. Sur son corps cireux certaines plaies avaient pris racine, elles resteraient là pour toujours. Elles étaient toutes plus significatives les unes que les autres bien sûr, mais Howard n'avait jamais parlé.

La honte constituait une part non négligeable de son existence. La honte de ce qu'il subissait au manoir familial d'une part, mais aussi le dégoût de lui-même. Il ne se souvenait plus d'où avait surgit cette homosexualité latente, sans doute qu'elle s'annonçait déjà à l'époque de l'école, mais elle lui avait laissé du répit, elle lui avait laissé le temps de s'habituer à la colère de on père avant de se présenter à lui de la manière la plus brutale qui soit.


« Howard, est-ce que tu peux me dire de qui tu veux parler ? Si tu ne le veux pas, ce n’est pas un problème, on pourra y revenir plus tard, pendant une autre séance, quand tu seras prêt… »

Le problème avec Howard, c'était qu'il avait la mémoire courte... Non, plutôt le déni facile. Franchement c'était tellement pratique le déni ! C'était aussi simple que d'insulter et maudire Edgar Anderson... Était-ce à lui que Niamh faisait allusion, là, tout de suite ? Avait-il déjà parlé de lui ? Howard se le demanda brièvement, surprit d'avoir laissé sa bouche divulguer un indice sur sa triste condition. La jeune femme s'assit au sol en lui tendant une tasse de thé qu' Howard refusa poliment. Le petit sourire sur ses lèvres ne l'enchantait guère quand le sujet de la conversation tournait u vinaigre comme c'était le cas présentement...


« Howard… Tout d’abord, je suis impressionnée par ton honnêteté, et j’aimerais t’en remercier. Je n’imagine même pas à quel point cela doit être dur pour toi de confier tout cela à une parfaite inconnue. Je sais que tu veux que je te dise que tu as raison, que tu es un monstre, que tu ne devrais pas ressentir toutes ces choses. Malheureusement, je dois t’avouer que nous n’avons pas été élevés dans les mêmes croyances, et que ta confession ne me choque pas. Pour honorer, ton souhait, je ne te dirais pas que c’est acceptable, même si je le pense, je te dirais seulement ceci : il a été prouvé scientifiquement que l’homosexualité n’est pas une maladie, ni un choix. C’est une prédisposition, on nait hétéro ou gay. C’est une histoire de niveau de testostérone, c’est assez complexe mais il y a de nombreux écrits sur le sujet. Ce n'est pas ta faute. Ce n'est la faute de personne. »

Oh doux Jésus... Howard se recroquevilla derrière son épaule et frissonna de tout son squelette en entendant ce mot de but en blanc. Un mot censé le définir ? Homosexualité, rien que l'idée lui donnait envie de vomir sur son beau bureau tout neuf. Le concept même du sexe l’écœurait alors... ça! Il ne voulait pas en entendre parler ! Bien sûr il avait parlé d' Edgar juste avant la grotesque conclusion hâtive de Niamh, mais il disait qu'il lui avait fait du mal et qu'il méritait de pourrir en enfer, elle était sourde ou quoi ?! Bon... C'est vrai qu'il l'avait mise sur la voie bien trop facilement, mais c'était la politique d' Howard : avancer d'un pas, presque accepter, puis faire volte-face et retrouver son précieux déni. Parfois il alternait lucidité et conscience en seulement quelques secondes. Quoi qu'il en soit, non, il n'aimait pas ses allégations plus que douteuses, à tel point que sa respiration se brisa et changea de cadence à la seconde où elle avait comprit... Le teint de l'anglais alternait entre le blanc cadavérique et le pourpre, la colère se mêlant au dégoût, à la terreur. La psychiatre se releva pour regagner sa précieuse chaise de docteur de la tête. L'une de se fameux fauteuils confortables avec quartes petites roues en dessous.

« Je suis vraiment désolée si ce que je dis te choque, et je comprendrais si tu ne souhaites pas continuer tes séances avec moi. Je pense que ce serait une erreur, car je crois sincèrement que je pourrais t’aider à aller mieux. Mais c’est ton choix »


La pauvre, elle né méritait pas d'être traitée comme ça son premier jour de travail, elle avait vraiment fait de son mieux et avec toute l'honnêteté de son cœur, mais...

« Comment OSEZ-VOUS ? », pestiféra Howard dont les jambes avaient canalisé juste assez de force pour pouvoir porter le poids de son corps quelques instants. Droit comme un « i », il faisait face à la jeune femme, poings serrés, mâchoire tendue. C'était ça qu'il aurait du faire depuis longtemps face à son propre père, mais il manquait de courage, il était bien trop lâche.

« Vous... Vous ne me connaissez pas ! », réaction puérile d'un ado en séance avec son psychologue ou son prof. « Je vous défends formellement de vous aviser encore d'insinuer de telles choses ! ».

Howard devait guérir, il le savait et il était là pour ça, mais c'était plus fort que lui... Écouter une tierce personne lui brandir la vérité sous nez le révulsait de toute son âme. Si le sujet devait être évoqué, il fallait y aller avec des pincettes, toujours dissimuler l'idée derrière un voile épais de métaphores et de subtilité. Il fallait percer l’abcès, il le fallait pourtant, c'était le rôle de Niamh et le sien était d'être bien sage et se laisser guérir.

« Je... Je suis désolé... », bredouilla-t-il gêné en regagnant son siège. Le feu avait consumé ses pommettes et par extension, la plus grande partie de son visage. « C'est juste que... Il... Il ne faut pas dire ces choses... ».
W.B



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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Jeu 22 Juin - 13:55


 
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Le cas d’Howard était loin d’être le plus simple que j’avais abordé dans ma courte carrière, mais le jeune homme n’était pas non plus le pire patient qu’il m’eut été de rencontrer. Sans compter mon meilleur ami, qui avait tout de même mis le feu à son domicile et tué sa famille au passage, j’avais dû faire face à de sacrés cas au cours de ma formation : paranoïa aiguë, troubles dissociatifs de la personnalité, automutilation et autodestruction poussées à l’extrême,… De nombreuses fois, j’avais douté de ma capacité et de celle de qui que ce soit à parvenir à aider ces personnes. Pour bon nombre d’entre eux, la rémission ne serait jamais une option, le mieux que nous pouvions faire était de les soulager au mieux.

Le cas d’Howard n’était pas le plus simple de tous, mais je ne me faisais pas de soucis pour lui. En aucun cas je ne minimisais la gravité de ses troubles, ni les niais. Ils étaient bien là, et mon patient ne se trouvait pas dans mon bureau sans raison. Il avait très clairement beaucoup souffert de l’éducation stricte et partiale de ses parents, et à la manière dont il semblait si effrayé par le contact humain, je me demandais également s’il n’avait pas été victime de violence physique par-dessus tout cela. Malgré sa posture recroquevillée sur son siège et ses regards fuyants, je pouvais voir qu’il m’écoutait, je pouvais visualiser les émotions qui se bousculaient dans sa tête après chacun de mes mots prononcés. La surprise, tout d’abord, après m’avoir entendu prononcer audacieusement ce mot, LE mot qui le révulsait tant, qu’il s’employait si vivement à ne pas considérer. Suivi presque immédiatement par le dégoût, comme si pendant un quart de secondes, il comprenait la situation, que j’avais raison, que malgré tous ses efforts, c’était bien ce qu’il était. Apparurent ensuite deux sentiments que je n’avais encore jamais vu s’exprimer chez lui, et que je n’aurais jamais cru voir un jour après avoir lu son dossier. Le premier fut la colère. Une colère pure, presque effrayante tellement ses yeux lançaient des éclairs dans ma direction. Si le regard pouvait tuer… Laissant place ensuite à une haine, à une hargne sans précédent, qui le força soudainement à se dresser de tout son corps devant moi, me dominant par sa hauteur. “Comment OSEZ-VOUS ? Vous... Vous ne me connaissez pas ! Je vous défends formellement de vous aviser encore d'insinuer de telles choses !” Sa voix était plus forte qu’elle ne l’avait été de toute notre conversation, elle ne présentait presque plus aucune trace d’insécurité ou de peur. Pour ce que j’imaginais être la première fois depuis très longtemps, Howard s’affirmait. Il s’affirmait de tout son corps et de tout son être. Il avait laissé tomber les barrières de la bienséance qui l’avaient empêché jusque-là de s’exprimer proprement et librement.

Alors qu’il me criait dessus, je réussis à retenir un sourire de satisfaction. Depuis le début de cette séance, mon but avait été de déclencher une réaction chez le jeune homme. Je n’avais certes pas prévu de le pousser à bout pour le faire sortir de ses gonds, une simple conversation mondaine et banale aurait suffi. Si j’avais quelque peu regretté la franchise avec laquelle je m’étais exprimée après ma diatribe, je réalisai maintenant que pour avancer sur le chemin de la guérison, Howard aurait besoin d’être un peu chamboulé, pour sortir de sa zone de confort. A très petites doses, évidemment, puisque cette méthode pouvait également avoir de néfastes conséquences. Mon patient finit par se calmer, retrouvant un rythme normal dans sa respiration, et se rassit. Presque immédiatement, toute l’énergie qu’il avait déployée à s’égosiller quelques secondes plus tôt s’effaça au profit de son malaise familier. Il s’excusa, et m’expliqua d’un ton presque enfantin que je ne devais pas dire ce genre de chose. Je souris. “C’est moi qui suis désolée, Howard. Je n’aurais clairement pas dû te dire cela de cette manière.” Je tendais le bras pour récupérer ma tasse de thé que j’avais laissé à l’opposé de mon bureau, où j’étais assise quelques minutes auparavant. J’en sirotai quelques gorgées en croisant les jambes. “Je pense que tu as fait de gros progrès aujourd’hui, et tu as bien mérité que j’arrête de te malmener.  Si tu me parlais un peu de ta vie à Ostrov ? Je veux dire… Qu’est-ce que tu aimes faire pendant ton temps libre ? Personnellement, j’adore lire, et je trouve que le parc de l’hôpital est un merveilleux endroit lorsque la météo le permet.”  Je souris à nouveau. Il ne s’agissait ici en aucun cas d’une tentative dissimulée de martyriser un peu plus le jeune homme, de lui faire cracher plus de détails sur sa vie personnelle. La scène qui venait de se dérouler avait été chargée en émotion pour lui, et il avait bien mérité un peu de répit. Je cherchais simplement à établir un dialogue léger pour finir cette séance et le laisser se remettre de ses émotions.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Jeu 29 Juin - 13:32


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La haine venait de le perforer comme un hameçon dans sa chair. C'était toujours comme ça que ça marchait avec Howard depuis qu'il était enfermé ici : de longues périodes calmes où il était presque invisible tant il était discret, et au contraire, des crises d'indignation à la limite de la furie furieuse. Tout ce qu'on lui avait enseigné, tous ces codes, toutes ces manières, tout ce beau ruban de politesse s'évaporait, et forcément, presque aussitôt s'en suivait le remord, le regret. En général, les médecins appréciaient quand il se rebellait de la sorte, même s'il avait clairement l'air d'un adolescent puérile et attardé : au moins on était certain qu'il ressentait enfin quelque chose. Plus Howard remarquait la satisfaction sur leurs visages, plus la situation s'envenimait, mais Niamh contenait parfaitement bien ses émotions et sentiments. Son visage était neutre, droit, impassible, comme il l'aimait. L'anglais n'était pas du genre à jouir du malaise des gens, et après avoir vociféré son indignation et sa honte, comme à son habitude, il se confondit en excuse. Il maîtrisait pas trop mal l'art de la démesure, mais ne savais jamais sur quel pied danser, pourtant il n'avait encore jamais été diagnostiqué bipolaire.


« C’est moi qui suis désolée, Howard. Je n’aurais clairement pas dû te dire cela de cette manière. »

Vous n'auriez pas du dire ça TOUT COURT!, songea Howard dont le sang recommençait doucement à bouillir. Personne n'avait le droit de l'accuser de telles horreurs, il savait bien que … C'était le Mal moderne, le Mal à la mode, ça, mais être à la mode n'avait jamais fait parti de ses ambitions et désirs.


« Je pense que tu as fait de gros progrès aujourd’hui, et tu as bien mérité que j’arrête de te malmener.  Si tu me parlais un peu de ta vie à Ostrov ? Je veux dire… Qu’est-ce que tu aimes faire pendant ton temps libre ? Personnellement, j’adore lire, et je trouve que le parc de l’hôpital est un merveilleux endroit lorsque la météo le permet. »,  demanda-t-elle, jambes croisées sur son grand fauteuil.

Ah, voilà quelque chose de plus rationnel, on ne divaguait pas dans des idioties tissées par le Diable ! Howard se massa doucement la nuque et haussa les épaules.

« Ma vie à Ostrov ? »
, répéta-t-il d'un air à l fois égaré et surprit. « Je passe le plus clair de mon temps entre le parc et ma chambre. C'est... Une boite à chaussures terne et moisie, une cellule de prison en somme. Elle possède une toute petite fenêtre rectangulaire mais elle est trop en hauteur, je suis trop petit pour voir à travers. Dieu merci, je n'ai pas de colocataire, manquerait plus que ça ! Comment se présente la vôtre ? », Howard n'était pas certain de pouvoir poser cette question, mais elle avait une dette envers lui depuis qu'elle l'avait insulté !

« Mon temps libre ? Je n'ai que ça... Le travail me manque. Mon travail... Ici je suis bon à rien. Il n'est pas question que j'aille me mettre les genoux dans la terre pour jardiner, pas question que je suive une thérapie de groupe, des ateliers de dessins ou de théâtre, plutôt mourir ! », c'est fou ce qu' Howard était un garçon sociable et jovial !

« Oh, vous aimez lire ? », enfin un sourire ! « J'aime ça. Les livres d'aventure surtout. Quelques classiques anglais, on n'est pas mauvais en littérature ! Et vous ? Quel est vôtre livre de chevet ? », demanda Howard sans mentionner qu'il avait toujours un exemplaire de la Bible à son chevet, et qu'aujourd'hui encore, elle constituait la majeure partie de ses lectures.

« Vous recevez qui, après moi... ? », questionna-t-il soudainement, en passant du coq à l'âne. « Vous allez me donner des médicaments ? », autre question lancée comme ça, dans l'espace, ceci dit, celle-ci, il la trouvait légitime !

Un silence plomba l'atmosphère de la pièce et Howard soupira. Sans méchanceté aucune, il planta son regard azur cerné de noir dans celui de Niamh.

« Où ça va nous mener, tout ça? », allait-il guérir un jour à coups de questions sur ses hobbies?

Seigneur Dieu attendez-moi...


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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 26 Juil - 12:27


 
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J’espérais fort ne pas avoir mis Howard mal à l’aise au point de se refermer complétement et d’avoir perdu sa confiance. Même si nous n’étions pas devenus les meilleurs amis du monde en une séance, j’avais sentis qu’il n’était pas complétement réticent à l’idée d’au moins interagir avec moi. Jusqu’à ce que je m’aventure sur le terrain périlleux de sa sexualité. Je savais bien qu’aborder ce sujet, d’autant plus avec quelqu’un d’aussi pieux qu’Howard, était loin d’être l’idée de l’année, mais c’était vraiment une cause pour laquelle j’étais très engagée, et voir les dégâts que la répression de ses sentiments naturels avaient sur sa santé me rendait malade. J’avais toujours été bonne pour faire la part des choses entre l’étude de mes patients et mes convictions personnelles, mais aujourd’hui j’avais échoué à fermer ma grande bouche.

Heureusement, il ne semblait pas qu’Howard me tiendrait rigueur de mon dérapage. Probablement parce qu’il était trop bien élevé pour continuer à s’emporter contre un médecin, il se calma et se confondit en excuses. Je m’excusai à mon tour, consciente de la peine que j’avais pu lui causer, sans pour autant renier mes valeurs. Je décidai ensuite de lui accorder un peu de répit en lui posant des questions de conversation légère, ce qui sembla surprendre un peu mon patient. Il m’expliqua qu’il alternait ses journées entre le parc et sa chambre, m’offrant une description complète de ses quartiers et me demandant ensuite à quoi ressemblait la mienne. La franchise de sa question me fit sourire. On aurait dit qu’il osait enfin sortir des sentiers battus en me retournant mes questions, ce qui représentait un bon signe à mon avis. Sa question me mit cependant légèrement mal à l’aise, bien que je n’en laisse rien paraître; les chambres des patients ressemblaient vraiment à des cellules de prison d’après sa description. Nous, le personnel, ne vivions pas non plus dans le luxe d’un hôtel cinq étoiles, nos chambres étant équipées du minimum syndical – un lit plutôt inconfortable, un bureau et une penderie – mais j’avais espéré que les patients jouissent des mêmes conditions. Ma naïveté me perdra, comme le disait si souvent Matthew. "Il y a pire, bien sûr… Mais mon lit me manque." répondis-je simplement. Contrairement à la plupart des patients ici, et même de certains membres du personnel, j’avais choisi de venir ici. Je pouvais donc difficilement me plaindre de ma situation, mais tout de même. Si la maison ne me manquait pas particulièrement plus que ça, le confort du domicile de mes parents ou même de mon dortoir à Trinity faisait grandement défaut à Ostrov.

Howard m’offrit un sourire sincère lorsque je lui avouai adorer lire, passion apparemment réciproque. Il s’interrogea sur mes lectures, et je lui rendis son sourire, contente de le voir s’habituer et participer à une conversation banale. "J’aime beaucoup la littérature anglaise, particulièrement Charles Dickens." Ma voix faiblit imperceptiblement à l’évocation de ce nom. Peu importait le nombre de fois que je l’avais prononcé, il m’était impossible de ne pas visualiser le visage de mon meilleur ami lorsqu’il était question de son nom. "Mais j’aime aussi m’évader au travers de romans d’aventure ou fantastiques…"  continuai-je le plus naturellement possible, avant de boire une gorgée de thé, qui commençait à devenir désagréablement froid. J’allais enchaîner sur une autre question de curiosité, lorsque Howard me demanda de but en blanc qui serait mon prochain patient. Il ne me laissa même pas le temps de répondre avant d’enchaîner avec d’autres questions, me regardant d’une manière intense, comme il ne l’avait encore jamais fait : "Vous allez me donner des médicaments ? Où ça va nous mener, tout ça ?" Je reposai ma tasse et posai mes yeux dans les siens, en souriant légèrement, et lui répondit d’une voix calme et rassurante. "Je ne suis pas autorisée à te prescrire de traitement. N’étant pas ton médecin attitré, je peux seulement rapporter mes observations et recommandations au Dr. Johnson, qui prendra ensuite une décision. Mais si ça ne tenait qu’à moi, je ne te donnerais rien de plus que ton traitement habituel." J’avais pour principe de toujours être ouverte et honnête avec mes patients, j’étais donc sincère sur tout ce que je venais de dire. "Si tu veux parler de notre petite conversation mondaine, cela te paraît peut-être superficiel et inutile, mais je pense qu’il est important pour toi que tu t’y habitue. Je ne cherche pas à te transformer en une personne ultra extravertie, mais il serait bon pour toi que tu parles un peu plus de choses simples… Ce serait une preuve d’un grand progrès."

Je me relevai pour remplir ma tasse désormais vide, tout en continuant à parler. "Tu m’as dit que ton emploi te manquait… Est-ce que tu peux m’en parler un peu plus ? Qu’est-ce qui te plaît dans ton travail ? Depuis combien de temps exerces-tu ?"

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Howard Taylor

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 26 Juil - 18:33


"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
« Il y a pire, bien sûr… Mais mon lit me manque. », avoua Niamh avec le sourire. La réflexion amusait beaucoup l'anglais qui partageait le même avis. Certes sa propre maison en Angleterre en aurait effrayé plus d'un, mais lui, il s'y sentait bien. Son lit lui manquait aussi bien qu'il n'y paraissait pas souvent. Ses grandes étagères, sa gigantesque penderie, sa salle de bain réservée, les milles parfums qu'exhalaient les contenus des flacons de verre bien rangés dans le placard au dessus de l'évier. Bien sûr que tout ça lui manquait, mais pas autant que sa bibliothèque !

« J’aime beaucoup la littérature anglaise, particulièrement Charles Dickens. », nouveau sourire d' Howard. En matière de littérature anglaise, il était plutôt à l'aise. Bien qu'il ai suivi des études scientifiques et que son métier tourne majoritairement autour de ce domaine, il avait toujours aimé lire. La Bible pour commencer, c'était l’Épopée qu'il préférait encore à ce jour, la Bible qui l'avait sauvé de bien des situations désagréables, mais aussi certains romans et même des pièces de théâtre.


« Mais j’aime aussi m’évader au travers de romans d’aventure ou fantastiques ». Jamais une personne n'avait réussi à remonter aussi vite dans son estime.

« Je ne suis pas très friand du fantastique, mais les romans d'aventure me plaisent beaucoup ! », c'était assez contradictoire pour un type persuadé qu'un Être suprême qu'il n'avait jamais vu existait au delà de sa réalité matérielle !

« Alors c'est ça finalement avoir une séance chez le psy ? Parler de littérature et de thé ? », demanda Howard avec un petit rictus amusé et compatissant aux lèvres. « C'est pas si dramatique... », bredouilla-t-il en dressant son cerveau pour qu'il replonge dans le déni confortable de leur dernière conversation qui l'avait fait sortir de ses gonds. Ceci étant dit, il n'était pas dupe et savait bien que derrière ce masque plus ou moins factice se cachait une vraie profession. Il avait suivi quelques cours de psychologie à l'école et il avait assez écouté en cours pour reconnaître certains mécanismes utilisé par Niamh, certains procédés habiles pour s'appuyer sur ses réponses afin de les transformer en questions. Il avait la sensation de jouer aux échecs...

« Je ne suis pas autorisée à te prescrire de traitement. N’étant pas ton médecin attitré, je peux seulement rapporter mes observations et recommandations au Dr. Johnson, qui prendra ensuite une décision. Mais si ça ne tenait qu’à moi, je ne te donnerais rien de plus que ton traitement habituel. »

A la bonne heure ! Des cachets il en gobait tellement qu'il ne se souvenait même plus du nombre, alors il n'osait même pas imaginer à quoi ressemblait le pilulier de Kathérina Barrow ! Il grimaça légèrement en entendant le nom de son psychiatre attitré, ce type tout aussi jeune que lui le mettait particulièrement mal à l'aise...

« Ah... Bien. », soupira Howard. « Dites... Je sais bien que vous êtes nouvelle ici, mais... Franchement, entre nous, pensez-vous sincèrement que des gens repartent d'ici ? », demanda très franchement l'anglais, peu convaincu qu'une fois « « guérit » », les patients repartent gaiement chez eux. Il aimait mieux être réaliste qu'utopiste.


« Si tu veux parler de notre petite conversation mondaine, cela te paraît peut-être superficiel et inutile, mais je pense qu’il est important pour toi que tu t’y habitue. Je ne cherche pas à te transformer en une personne ultra extravertie, mais il serait bon pour toi que tu parles un peu plus de choses simples… Ce serait une preuve d’un grand progrès. »

Oh, elle n'avait pas tort, Taylor savait bien que c'était en partie pour ces... Bizarreries sociales là qu'il pourrissait ici ! Il n'allait pas lui tenir rigueur de cette observation.

« Des choses simples.. », répéta Howard en attendant la suite. Niamh se leva pour se resservir du thé et enchaîna sur un sujet qui plaisait beaucoup au patient renfermé.

« Tu m’as dit que ton emploi te manquait… Est-ce que tu peux m’en parler un peu plus ? Qu’est-ce qui te plaît dans ton travail ? Depuis combien de temps exerces-tu ? »

Son ongle gratta machinalement un coin du bureau pendant qu'un petit sourire captif retroussa ses lèvres. Enfin quelque chose de stable, quelque chose qu'il savait manipuler, quelque chose sur laquelle il pouvait avoir le contrôle, tout allait bien !

« Oh... ! Oui, oui bien sûr, je... Et bien... A vrai dire je ne me souviens plus bien depuis combien de temps j'exerce. Il me semble que je fais ça depuis toujours. Quand j'étais petit garçon, Père avait l'habitude de me montrer les soins de conservation. Oh il ne perdait pas de temps à se demander ce qui pouvait ou non traumatiser l'équilibre d'un gamin de neuf ans, il me montrait, c'est tout. Pour lui.. Enfin, pour lui c'était juste son travail, enfin juste », répéta Howard en mimant des guillemets sur le mot « juste ». « Son boulot, comme moi, c'est sa vie. C'est ce qui fait notre fierté, ce pour quoi nous sommes doués. Je n'ai pas eu d'autres choix que de me lancer dans l'entreprise familiale, mais je ne me souviens pas y avoir été à reculons, bien au contraire. L'école était une période très difficile malgré mes résultats excellents, mais une fois diplômé, j'ai commencé à exercer officiellement et me constituer ma propre clientèle. Vous savez.. S'occuper des morts c'est pas pire que de s'occuper des fleurs ! », affirma Howard qui, malgré tout, s'occupait de temps à autre des compositions florales des salles de cérémonies.

« Ce qui me manque ? Le calme. Le silence. La concentration. L'excellence. La satisfaction. Être utile. Faire quelque chose et le faire bien. On aime tous ça non ? Être reconnu dans son travail. Et vous... ? Que cherchez-vous à fuir en vous enfermant ici ? », la question posée à l'envers était sans doute plus douloureuse que celle que venait de lui poser Niamh, mais cela avait piqué sa curiosité,a près tout... C'est ELLE qui voulait le faire parler comme un type normal, non ?

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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 16 Aoû - 19:50


 
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Je souris et ris doucement aux paroles d’Howard. Je ne sais pas à quoi il s’attendait avant d’entrer dans mon bureau, mais généralement oui, les séances avec moi se passent comme cela, à siroter du thé et parler de littérature ou autre sujet culturel. Au moins au début, avant d’engager délicatement sur la raison principale du rendez-vous. J’ai pris une petite liberté aujourd’hui en inversant la chronologie, attaquant assez tôt le vif du sujet. Et comme je l’ai dit à Howard, je l’ai déjà suffisamment maltraité pour aujourd’hui, d’où le retour aux bases. Ses paroles provoquent aussi un léger soulagement en moi, en voyant qu’il n’a pas l’air de me détester malgré ma franchise un peu trop directe et son élan de colère, un peu plus tôt. La confiance est essentielle pour arriver à le faire s’ouvrir, à terme, et tenter de le faire aller mieux. J’ai décidé de remettre à plus tard le sujet sensible de son orientation et probablement d’en discuter avec son psy assigné, mais je peux au moins déjà travailler sur ses troubles sociaux.

Howard semble encore plus soulagé après que je lui ai dit que je ne lui prescrirais pas de médicaments, et n’hésite plus avant de prendre la parole pour me poser des questions que je me doute il n’aurait pas osé auparavant. Je prends quelques secondes pour réfléchir à la réponse. "Je ne connais pas le taux de sortie à Ostrov, mais… je veux croire que oui, certains patients, avec le bon traitement et le bon suivi, parviennent à aller mieux et à retrouver une vie relativement normale." Vous me trouvez certainement incroyablement naïve de penser cela. Ostrov ne frappe pas comme le genre d'établissement duquel on peut sortir. Mais l'hôpital n'est pas infini, et toujours plus de patients sont admis chaque semaine. Sur le principe des vases communicants, il faut bien que des places se libèrent. Et mon optimisme aigu m'empêche d'imaginer une autre solution.

"Oh... ! Oui, oui bien sûr, je... Et bien... A vrai dire je ne me souviens plus bien depuis combien de temps j'exerce. Il me semble que je fais ça depuis toujours. Quand j'étais petit garçon, Père avait l'habitude de me montrer les soins de conservation. Oh il ne perdait pas de temps à se demander ce qui pouvait ou non traumatiser l'équilibre d'un gamin de neuf ans, il me montrait, c'est tout. Pour lui.. Enfin, pour lui c'était juste son travail, enfin juste... Son boulot, comme moi, c'est sa vie. C'est ce qui fait notre fierté, ce pour quoi nous sommes doués. Je n'ai pas eu d'autres choix que de me lancer dans l'entreprise familiale, mais je ne me souviens pas y avoir été à reculons, bien au contraire. L'école était une période très difficile malgré mes résultats excellents, mais une fois diplômé, j'ai commencé à exercer officiellement et me constituer ma propre clientèle." Je souris à nouveau en l'entendant déblatérer ce flot de paroles. Cela représente très probablement le plus long laps de temps pendant lequel il a jamais parlé, en tout cas certainement au cours d'une séance. Je souris aussi parce que ses mots me font écho. Pas la partie technique, qui m'a d'ailleurs mise légèrement mal à l'aise, mais lorsqu'il parle de sentiment d'accomplissement, de fierté. J'aime mon travail parce qu'il me fait me sentir utile, surtout lorsque j'arrive à aider les gens que je rencontre. "Vous savez.. S'occuper des morts c'est pas pire que de s'occuper des fleurs !" Je ne peux m'empêcher de rire. Vu de ce point de vue, j'imagine qu'il a raison. Mon patient continue de me parler de ce qui lui manque dans son travail, et je hoche la tête. "Je ne peux pas être plus d'accord avec toi... Tu as pensé à peut-être te renseigner sur les postes vacants ici, pour au moins occuper tes journées ?" Certes, faire le ménage ou la plonge ne sera jamais aussi satisfaisant que retrouver son emploi, mais au moins cela pourrait l'aider à se changer les idées, et le forcer à interagir avec autrui.

La franchise de sa question suivant me laisse surprise pendant quelques secondes. Il n'hésite plus, voilà une chose de sûre. Je finis par retrouver un sourire amusé mais réfléchis à quoi je peux bien lui répondre. "Mes parents. Partir à deux heures n'était manifestement pas suffisant pour ne plus les avoir sur le dos !", je plaisante. Je suis bien obligée de contourner la question, ne pouvant pas révéler les vraies raisons de mon isolation auto-infligée. Cependant, la confiance est essentielle pour qu'Howard continue à s'ouvrir, et cela ne peut pas être à sens unique. "Plus sérieusement, c'est la première offre d'emploi que j'aie reçu, et je l'ai vue comme un challenge." Ce qui est également vrai. Je veux prouver, à moi-même et à tous les autres, que je peux arriver à soigner des personnes qui en ont besoin, d'autant plus dans ce contexte.


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MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Ven 25 Aoû - 9:06


"Words have no power to impress the mind without the exquisite horror of their reality"
Quand Howard était entré à Ostrov et que les lourdes portes s'étaient refermées sur lui en condamnant sa liberté, il s'était imaginé ne jamais en sortir. Comment un tel endroit, où se concentraient toutes ses terreurs, pouvait l'aider à avancer? C'est vrai quoi, il y avait la foule, ces regards curieux, ces uniformes crasseux, cette collectivité où la pudeur s'effaçait. Il y avait ce cruel manque d'hygiène qui infestait les murs et les sols, la violence et sa salle de torture, ces manipulations médicales rustres, ces prétendus psychiatres qui déviaient lui faire vomir tous ses péchés et puis... Par dessus tout, il y avait Edgar Anderson qui séjournait ici comme dans un hôtel!Allait-il finir par guérir? Par EN guérir?

« Je connais pas le taux de sortie à Ostrov, mais… je veux croire que oui, certains patients, avec le bon traitement et le bon suivi, parviennent à aller mieux et à retrouver une vie relativement normale. »

Normale? C'était une promesse bien trop belle pour Howard, à tel point qu'il en avait même peur d'en rêver: être normal. Juste un type ordinaire, presque banal avec une certaine aisance où même introverti tant pis mais tout à fait apte à se fondre dans la masse anonyme et grouillante de la société. Pouvoir rire aux blagues entendus dans le métro, POUVOIR prendre le métro! Serrer des mains avec poigne, se présenter fièrement sans que l'ombre de son père n'écrase ses épaules. Trouver une fille, séduire, même maladroitement, mais plaire et surtout qu'elle lui plaise! En somme un monsieur bien gentil et débrouillard qui mènerait de front aussi bien sa vie privée que professionnelle. Ah son travail... C'était vraiment ça qui lui manquait le plus dehors, ça et sa maison. Il se fichait pas mal du vaste monde et de tout ce qu'il avait à offrir en dehors de ces murs. Il voulait Juste sa maison, ses occupations. En racontant les ficelles de son métier à Niamh, Howard avait sans doute tenu le temps de parole le plus long depuis qu'il avait rencontré Katherina Barrow du moins! Cela dit tendrement sourie la jeune femme. Sa verve et sa passion réveillèrent une curieuse suggestion chez la psychiatre.

« Je ne peux pas être plus d'accord avec toi... Tu as pensé à peut-être te renseigner sur les postes vacants ici, pour au moins occuper tes journées ?»


Mais quelle drôle d'idée! Être Le sous fifre d'Ostrov! Le simple fait de s'imaginer récurer les carrelages des salles de bains ou les assiettes déstructurées de la cantine, ça le faisait frissonner d'horreur.

« Hum...», comment rester poli et ne pas paraître condescendent?

« Vous savez... Je ne manque pas réellement d'occupation, j'ai des livres, de quoi user mes semelles au parc ou près des falaises, mais en réalité c'est pas un travail qui me manque, c'est mon travail, vous comprenez? Je refuse de faire des tâches ingrates... »

Marrant pour un type dont le métier était principalement de rendre quelque chose de sale et laid En En une autre présentable et propre!

C'était maintenant à son tour de poser les questions. Il était passablement curieux de savoir ce qu'une femme fraîche et ambitieuse qui avait toute la vie devant elle, faisait ici. Elle méritait au moins de bosser dans un chouette hôpital privé (aussi "chouette" que les hôpitaux pouvaient l'être...), bien blanc et sain. Quelque chose lui échappait pourtant il avait toujours aimé les énigmes et inventer aux gens des histoires cousues de toutes pièces.

« Mes parents. Partir à deux heures n'était manifestement pas suffisant pour ne plus les avoir sur le dos !»

Quelque chose de brisa en lui. Et si... Non, impossible. Enfin... Peut-être qu'une part de lui avait cherché à fuir le contexte familial auquel il pensait être si attaché... Finalement tous les éminents psychiatres s'accordaient à penser que la source des plus profonds traumatismes se trouvait dans l'enfance et qu'elle nous façonnait immanquablement. C'était sans doute de ce côté qu'il fallait axer la thérapie, enfin s'il en croyait les talentueux psychologues et les philosophes. Parler de ses parents, de sa famille en général, n'était pas une chose facile...


« Plus sérieusement, c'est la première offre d'emploi que j'aie reçu, et je l'ai vue comme un challenge »

Ah, déception.


« Ah oui? C'est ce que l'on appelle manquer de bol alors! Vous m'envoyez navré! », le tutoiement était encore difficile à maîtriser naturellement, mais l'humour était bien présent dans son intonation.

« Je me disais... Vos parents ne devaient vraiment pas être faciles pour vous faire envier cet endroit! », lança-t-il dangereusement en relevant doucement la tête comme un chien qui attendait sa punition.
W.B

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PILULES AVALÉES : 282
MIROIR : Emilia Clarke
IDENTITÉ : lamaouautruche
CRÉDITS : (c) Even
A DÉBARQUÉ LE : 23/01/2017
FORCE : 1069
(c) jeune padawan
SITUATION : En couple
EST ÂGÉ DE : 25 ans
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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: The best way to know if you can trust somebody is to trust them   Mer 11 Oct - 14:18


 
The best way to find out

if you can trust somebody

is to trust them

Avec Howard Taylor


Howard cherche manifestement ses mots pour ne pas paraître trop brusque, bien que ma suggestion de travailler au sein d'Ostrov n'est clairement pas pour lui l'activité la plus gratifiante de la terre. Certes, faire le service à la cantine ou le ménage des chambres ne requiert pas de compétences spécifiques, mais beaucoup des patients que j'ai pu observer par le passé retirent de la fierté et même un sentiment d'accomplissement, même dans les tâches les plus ingrates. Cependant, je comprend bien que, dû principalement à ses origines sociales, Howard ne souhaite pas et ne voit pas l'intérêt de se réduire à cela. Et je comprend également que ce soit son travail à lui, la mise en pratique de ces compétences spécifiques, qui lui manquent le plus. Je ne relève donc pas sa réponse, me contentant d'un sourire compréhensif et prends quelques notes sur mon carnet, pour faire part de mes différentes observations au docteur Johnson plus tard.

Un coup d'oeil à la petite horloge placée à ma gauche me surprend; cela fait près de trois quarts d'heure qu'Howard et moi discutons. Entre l'épisode mouvementé qui semble maintenant bien lointain, la mise en confiance progressive et sa tendance à renverser la situation et me poser des questions, je n'ai pas vu le temps passer. Il nous reste toutefois encore un bon quart d'heure, et même si je ne laisse d'habitude pas mes patients se renseigner autant sur ma personne, je décide de le laisser prendre la main. Et puis je lui fais confiance pour garder pour lui ce que nos échangeons dans cette pièce, même si je n'ai aucune garantie et que je ne devrais sûrement pas. De moins en moins réservé, Howard se permet à nouveau une petite réflexion tentée d'humour qui me fait échapper un petit rire. "Tu sais, être psychiatre, dans n'importe quel environnement, n'est pas le métier le plus drôle du monde... Je ne suis pas sûre qu'il y ait une grande différence entre travailler ici ou travailler quelque part chez moi, en Irlande." Bien sûr, la différence majeure est qu'en Irlande, je serais entourée par mes amis et ma famille, et que même si le temps est plus ou moins le même, l'ambiance est clairement moins lugubre. Mais rester en Irlande, devoir mentir sur une partie de ma vie à mes amis, ne pas pouvoir parler de Matthew à personne, ni même prononcer son nom dans ma propre maison familiale, tout cela était devenu beaucoup trop dur. Au moins, ici, même si je n'en parle pas plus, je n'ai pas l'impression de mentir. Et je subis ma punition, résultat de mon incapacité à gérer la situation d'il y a sept ans."Je me disais... Vos parents ne devaient vraiment pas être faciles pour vous faire envier cet endroit !" Les paroles d'Howard me sortent de mes pensées et immédiatement culpabiliser. Faire passer mes parents pour des tyrans est la dernière chose que j'ai voulu insinuer. Je me mords la lèvre et secoue la main, comme pour chasser ce que j'ai dit précédemment. "Mon Dieu, non, ce n'est pas ce que je voulais dire ! J'adore mes parents. Ils sont juste un peu... old school. Ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe dans la tête d'une jeune femme de vingt cinq ans en 2017." Je souris en pensant à la validité de ma dernière phrase. Mes parents, bons Irlandais catholiques, se sont toujours imaginé que je resterais en Irlande, au pire à Dublin, prête à revenir m'installer chez eux avec ma famille lorsqu'ils seraient vieux. Que j'épouserai un bon Irlandais catholique lui aussi, et que j'aurais une vie tranquille et sans histoire. Je n'ai jamais été ravie par cette perspective, et l'arrivée de Matthew à l'époque a définitivement brisé toute possibilité pour moi de devenir cette personne.

Je profite du fait qu'Howard m'interroge sur ma famille pour lui renvoyer l'ascenseur. J'ai remarqué qu'il n'a parlé de son père qu'une fois depuis le début de notre entretien, et qu'il a semblé s'effacer à ce moment là. "Qu'en est-il de tes parents à toi ? Comment les décrirais-tu ?"


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The best way to know if you can trust somebody is to trust them

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