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 Your past mistakes are meant to guide you, not define you

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PILULES AVALÉES : 240
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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Mer 8 Fév - 15:31



Your past mistakes are

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Avec Nirina Vespucci


Je posai sur le bord de mon bureau, côté interlocuteur, la petite barre en métal gravée. Docteur N. O'Callaghan. Je soupirai et m'assis dans mon fauteil, perdue dans mes pensées. Plusieurs jours avaient passé, et je n'avais toujours pas commencé à travailler. Il fallait que je m’acclimate, m'avait-on dit. Je n'aimais pas vraiment le ton qu'avait employé le directeur de l'hôpital lorsqu'il avait prononcé ces mots. M'acclimater ? M'acclimater à quoi ? J'avais beau être tout juste diplômée, je n'étais pas à mon premier round en hôpital psychiatrique. J'avais bien dû réaliser mon internat quelque part après tout.

Je soupirai à nouveau et me relevai brusquement, posant les deux mains sur mon bureau, la tête baissée. J'allais devenir folle, moi aussi, à rester dans cet endroit à ne rien faire. Un thé, j'avais besoin d'un thé. Cliché, n'est-ce pas, pour une Irlandaise de se préparer un thé lorsque quelque chose la contrarie. Je fermai la porte derrière moi et me rendis dans la salle de repos des employés. J'eu un soupir de soulagement en voyant qu'elle était vide. La dernière chose que je voulais maintenant, c'était de devoir prétendre devant des collègues que tout allait bien. Le regard dans le vide, je me mis à divaguer dans mes pensées, en pensant à mon pays. Le décor de l'île n'était pas bien différent de celui de ma campagne irlandaise, mais l'atmosphère qui y régnait n'avait évidemment rien à voir avec la bonne humeur et la gentillesse caractéristique de mes compatriotes. Je ne regrettais pas mon départ ni même mon affectation à Ostrov. J'étais persuadée qu'une fois que je me mettrais au travail, ça irait. Mais tout le monde avait des jours sans, et aujourd'hui c'était mon cas. Je pensai à mes parents, à mes amis, à Conor, et bien sûr, comme à chaque fois que je pensais à ma vie en Irlande, à chaque fois que je me perdais dans mes pensées, en fait, je pensai à Matty.

Le sifflement de la bouilloire me tira de mes pensées nostalgiques avec un sursaut. Je versai l'eau dans une tasse, laissai infuser le thé quelques minutes et pris enfin une gorgée du liquide chaud et boisé. Je laissai échapper un petit soupir de contentement; le thé était vraiment la solution à tout. Je voulu me retourner pour sortir et me rendre à mon bureau à nouveau, mais alors je faisais volte-face, j'entrai en contact brutal avec une autre personne. Je poussai un cri alors que mon thé encore très chaud gicla sur mon pull et levai la tête pour voir que la personne avec qui j'étais rentrée en collision en avait également reçu sur ses vêtements. Nirina. "Merde !" Je posai la tasse et attrapai un torchon que je lui tendis. Je l'avais déjà aperçue quelques fois, nous avions été présentée lors de mon arrivée, mais je n'avais jamais eu l'occasion de vraiment parler avec elle. Super introduction à la discussion, Niamh, bravo. Je me mordis la lèvre en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. "Je suis vraiment désolée, je ne t'ai pas entendue arriver et... j'étais perdue dans mes pensées. Je suis tellement désolée !!"


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SITUATION : Esprit plongé dans un océan d'incertitudes et d'amers souvenirs aujourd'hui consumés.
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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Mar 14 Fév - 9:41



Your past mistakes are meant to guide you, not define you


“Une épine d'expérience vaut toute une brousse d'avertissements.” James Russell Lowell, Voyages au coin du feu



Plongée dans son dossier, Nirina pouvait jurer que de la fumée sortait de ses oreilles sous l’effort que fournissait son cerveau pour continuer à fonctionner. Rien à faire, cela devait faire deux bonnes heures qu’elle bloquait sur ce dossier. Voyant qu’elle relisait la même ligne pour la cinquième fois consécutive, elle abdiqua et referma le dossier en lâchant un soupir d’exaspération. N’ayant pas de rendez-vous, elle avait le reste de sa journée de libre et voulant la mettre à profit, elle avait décidé d’avancer un peu plus dans les dossiers de patients. Sauf que sa motivation et son cerveau avait pris leur week-end anticipé. Elle commençait à saturer à force de rester dans son bureau comme un lion en cage et estima qu’elle avait bien le droit de s’accorder une petite pause. Juste le temps décompresser avant de se remettre au travail pour essayer de sortir quelque chose d’intéressant. Quittant son bureau, elle se dirigea vers la salle de repos du personnel pour y glaner quelques magazines.

Elle continuait à longer les couloirs mais lorsqu’elle passa devant la porte d’un bureau, elle ne pu s’empêcher d’y jeter un coup d’oeil. Sur une petite plaquette métallique collée à la porte était inscrit le nom de Docteur Isak Gallagher. Elle s’arrêta puis guetta devant puis derrière elle, le couloir était vide. Ne pouvant résister à la tentation, elle vint coller son oreille contre la porte. Lorsqu’elle entendit un timbre de voix grave retentir à travers le bois de la porte, un sourire s’afficha sur ses lèvres. Puis le rouge s’empara de ses joues en pensant à l’absurdité de la situation. On aurait pardonné ce genre de comportement à une jeune adolescente, mais à 31 ans, les excuses étaient plus complexes à trouver. Se redressant précipitamment avant que quelqu’un la découvre, elle reprit sa route.

Arrivant enfin à destination, elle ouvrit la porte, entra dans la pièce et puis tout se passa très vite. D’abord Nirina vit puis ressenti respectivement une ombre foncer sur elle puis un violent choc, dans la foulée un liquide brûlant vint lui enflammer la peau à travers ses vêtements. Un cri s’était perdu entre-temps et en baissant les yeux Nirina retrouva un torchon entre les mains, ne sachant pas comment il était arrivé là. Hébétée, sa main vint instinctivement nettoyer le liquide qui avait tâché sa veste pendant qu’elle observait la jeune femme qui se tenait devant elle, l’air confus et désolé. La jeune blonde reconnu celle qui lui était rentrée dedans, Niamh O’Callaghan. Elle se souvenait du jour de sa présentation et surtout de son étonnement en apprenant qu’elle était tout juste diplômée. Pour Nirina, c’était un fait établi, elle était beaucoup trop jeune et qu’importe l’expérience qu’elle avait pu se forger en milieu hospitalier durant ses études, Ostrov n’était pas un endroit pour elle. Elle sourit en l’entendant s’excuser, la pauvre ne savait plus où se mettre.
« Ne te mets pas dans cet état » s’amusa-t-elle, « ce n’est qu’une veste. » Elle en profita pour poser le torchon puis retirer son vêtement taché pour le mettre sur le dos d’une chaise en attendant qu’il soit sec.
« Tu ne vas pas te sauver maintenant, on a pas encore eu l’occasion de faire vraiment connaissance », elle jeta un coup d’œil à la tasse fumante posée sur la table, « et je devine que tu as du temps libre devant-toi » finit-elle tout en allant s’asseoir sur un des deux fauteuils disposés près de la fenêtre.

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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Dim 26 Fév - 21:59



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Avec Nirina Vespucci


J’avais toujours été de nature plutôt maladroite, et j’avais également tendance à être légèrement tête en l’air, ce qui n’arrangeait en rien ce premier défaut. Je me souviens d’un jour où j’avais failli embrocher le pied de mon père avec un couteau de cuisine alors que j’avais trébuché en le tenant. Ou encore les nombreuses fois où j’avais brûlé superficiellement la peau des gens avec mes cendres de cigarette en gesticulant dans tous les sens. Sans parler de tous les bleus que je découvrais régulièrement sur mon corps, dont je ne me rappelais même pas l’origine tant que je cognais souvent et partout.

Aujourd’hui n’avait donc pas fait exception à la règle, et je démontrais encore une fois ma maladresse et mon manque d’attention en me retournant brusquement sans penser une seconde que quelqu’un d’autre puisse se trouver à côté de moi. Heureusement, la majorité du liquide qui avait giclé de ma tasse avait atterri sur mes vêtements, ne causant que quelques petites tâches sur le haut de ma collègue. Je lui tendis tout de même un torchon que je la vis prendre sans vraiment comprendre ce qui venait d’arriver, tout en me confondant en excuses. Je ne l’avais sincèrement pas entendue entrer dans la pièce. Qu’est ce qui avait bien pu me distraire au point de ne pas entendre quelqu’un approcher ? A vrai dire, le contact de mes lèvres avec le liquide doré fumant m’avait immédiatement transportée à des centaines de kilomètres du lieu où je me trouvais. C’était l’effet que me procurait le thé, quel que ce soit le moment de la journée ou l’état d’esprit dans lequel je me trouvais ; cela me ramenait au calme et à la tranquillité de Baskin, aux pauses entre deux séances de révisions à l’université, à mes confidences avec mon meilleur ami. Il était la première chose que j’associais à ce sentiment de  volupté, ce souvenir lointain d’innocence et de joie.

Le contact brutal de mon choc avec Nirina m’avait en tout cas immédiatement ramenée à la réalité du lieu où j’étais et de la situation qui était désormais la mienne : jeune psychiatre sans patients dans un asile isolé de tout, et toujours sans aucune idée de ce qu’avait bien pu devenir Matty. Quelque peu nerveuse à cause de mon inadvertance et de la nostalgie que m’avaient inspirée mes pensées, je commençai à tripoter mes cheveux. "Ne te mets pas dans cet état", entendis-je Nirina me dire avec un sourire, "Ce n’est qu’une veste." Je soupirai doucement de soulagement en lui rendant son sourire. Nirina n’avait dans tous les cas pas l’air d’être le genre de personne à s’énerver pour ce genre de chose, mais je m’étais quand même sentie vraiment mal. "Tu ne vas pas te sauver maintenant, on n’a pas encore eu l’occasion de faire vraiment connaissance, et je devine que tu as du temps libre devant toi.". Elle savait donc manifestement qui j’étais et devait probablement se souvenir aussi du jour de ma présentation, il y avait seulement quelques jours. Alors que la jolie blonde s’installa dans l’un des fauteuils qui meublaient la pièce relativement sobre, j’ouvris la bouche pour trouver une excuse et filer me réfugier dans mon bureau pour continuer à broyer du noir et déprimer sur la disparition de mon meilleur ami, mais me ravisai finalement. Je n’avais certes pas particulièrement envie de sociabiliser maintenant, mais je ne voulais pas passer pour une asociale qui se fichait d’entretenir des relations avec ses collègues, puisque ce n’était absolument pas le cas en temps normal. Et puis, je lui devais au moins ça, après l’avoir presque ébouillantée.

Je hochai la tête et repris ma tasse – en faisant bien attention où je mettais les pieds cette fois – avant de prendre place en face de Nirina. Je pris une gorgée et croisai les jambes en posant la tasse sur mon genou. "Je m’appelle Niamh… Et je te promet que je ne suis pas en train d’échafauder un plan pour éliminer tous mes collègues à grands coups de thé bouillant !" lui dis-je avec un sourire, avant de lui expliquer un peu ma situation. "On ne m’a pas encore attribué de patients car je suis sensée m’habituer à Ostrov d’abord… Du coup je me sens un peu comme un lion en cage ces derniers temps…"


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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Dim 19 Mar - 8:58



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“Une épine d'expérience vaut toute une brousse d'avertissements.” James Russell Lowell, Voyages au coin du feu



Face à Niamh, Nirina avait l’impression de se revoir le jour de son arrivée à Ostrov, jeune et pleine d’espoir, et surtout d’une incroyable naïveté. Le premier jour, face à l’immense façade grise de l’hôpital, l’ambiance froide et lugubre n’avait pas réussi à entacher sa soif de motivation, bêtement persuadée qu’elle parviendrait à accomplir des miracles. Elle était venue dans le but d’être la digne héritière du grand psychiatre Vespucci, celle qui continuerait à faire briller la renommée de son nom, tout cela lui semblait à des années lumières maintenant qu’elle y repensait. Elle avait l’impression que tout l’espoir qui avait réussi à lui faire oublier l’environnement où elle travaillait s’était envolé, ça et toute la moralité qui la caractérisait si bien. La jeune blonde qui avait été si fière de sa conduite irréprochable, de son respect minutieux du règlement, tout cela avait presque disparu. Dans les moments où elle flanchait, de plus en plus nombreux, elle avait l’impression de n’être plus que l’ombre d’elle-même. Ostrov Island l’avait transformé, son poison s’était déversé en elle comme des produits nocifs s’écouleraient dans un ruisseau pur et limpide. Seule et sans repère, elle avait dû apprendre par elle-même les règles pour ne pas se laisser manger toute crue par les patients et l’hôpital en lui-même. Elle n’avait eu aucune aide pour la guider, lui dire les précautions à prendre pour ne pas se mettre en danger, elle avait dû évoluer toute seule, à son plus grand regret. Personne ne l’avait prévenu de l’horreur de cette île, elle avait appris par elle-même, une fois jetée dans la fosse aux lions. Et plus elle regardait sa jeune collègue, plus elle craignait qu’Ostrov ne lui réserve le même sort, si jeune et déjà condamnée par un sort funeste pensa la jeune blonde. Ostrov Island était probablement le meilleur moyen de faire flancher un psychologue ou psychiatre sur ses compétences, sur l’espoir de guérir un patient, sur la certitude de pouvoir réchapper de cette maudite île.

Assise sur son fauteuil, Nirina voyait la jeune femme hésiter à la rejoindre. Elle ne lui en aurait pas voulu si elle avait trouvé une excuse pour prendre la poudre d’escampette, mais elle fut rassurée de finalement la voir prendre place à ses côtés. Elle se mit doucement à rire devant la remarque de Niamh, elle avait rarement l’habitude de voir des personnes avec de l’autodérision dans cet hôpital, en réalité, elle avait même rarement l’habitude de voir des collègues plaisanter avec elle sans que ce soit ironique ou déplacé. Elle reprit cependant son air sérieux lorsque son interlocutrice lui expliqua sa situation. Nirina ne comprenait que trop bien ce que vivait Niamh, elle aussi avait dû faire preuve de patience avant qu’on lui confie son premier patient. Et maintenant qu’elle avait ses patients… Elle enviait presque sa collègue.

« Moi c’est Nirina…  » commença-t-elle en hochant la tête « ne t’inquiètes pas c’est le protocole habituel. C’est juste que la direction pense que c’est mieux pour toi de d’abord prendre tes marques avant de te jeter pleinement dans la fosse aux lions. » Puis elle haussa les épaules en laissant échapper un soupir. « Crois-moi, profite de ce court répit où tu peux encore prendre du temps pour toi. Une fois que tu auras ton emploi du temps et tes patients, il te faudra là aussi t’habituer à vivre un quotidien pas forcément chargé mais plutôt… » elle laissa sa phrase en suspend, le temps de chercher ses mots « routinier. » finit-elle en grimaçant.

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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Jeu 23 Mar - 19:29




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Avec Nirina Vespucci


Je regardai la jeune femme en face de moi avec attention. Nirina était grande, fine, et incroyablement élégante. Je me sentais minuscule à côté d’elle, moi qui était petite, galbée et incroyablement maladroite. Cependant, je n’étais pas jalouse ou envieuse. Bien au contraire, j’étais heureuse d’avoir trouvé une collègue qui semblait ouverte et gentille. Nous étions peut-être totalement différentes sur le plan physique, mais je sentais que nous nous entendrions bien. "Moi c’est Nirina… Ne t’inquiètes pas c’est le protocole habituel. C’est juste que la direction pense que c’est mieux pour toi de d’abord prendre tes marques avant de te jeter pleinement dans la fosse aux lions. Crois-moi, profite de ce court répit où tu peux encore prendre du temps pour toi. Une fois que tu auras ton emploi du temps et tes patients, il te faudra là aussi t’habituer à vivre un quotidien pas forcément chargé mais plutôt… routinier." La routine. Je me replongeai dans mes pensées, remontant bien des années auparavant, lorsque ma vie me semblait être la plus ennuyeuse du monde. J’étais jeune et insouciante, je rêvais d’aventure et d’exaltation. Mais il faut bien l’avouer, ma vie à l’époque n’avait rien de bien passionnant, et la routine, je ne connaissais que trop bien. Toujours les mêmes habitudes, le même rythme de vie, les mêmes personnes… Tout cela avait évidemment volé en éclat après ma rencontre avec Matty. Les sept ans qui ont suivi le jour de notre rencontre n’ont plus jamais été routiniers. Il m’entraînait toujours dans de nouvelles aventures – pas forcément toujours ses plus brillantes idées, mais je ne m’étais plus jamais ennuyée.

Je soupirai. Je n’avais plus peur de la routine. Je m’y étais à nouveau renfermée après l’incident, depuis que Matty ne faisait plus partie de mon quotidien. Il est vrai qu’en étant isolée sur une île, la diversification des activités en dehors de mes heures de travail n’allait pas être bien large, mais aurais-je réellement plus profité de la vie ailleurs ? Si j’étais restée en Irlande, j’aurais probablement fini par épouser Conor, avoir un beau poste, des enfants, une maison avec un jardin à la campagne, et j’aurais fini par revenir à la vie monotone qui me déprimait tant enfant. La simple idée de cette vie me donnait la nausée. J’aimais Conor – probablement ; j’adorais mon pays d’origine ; je n’avais jamais vraiment réfléchi à l’idée d’être mère mais l’idée ne me dégoutait pas totalement. Pourquoi avais-je fuis tout cela alors, pour me retrouver seule sur une île déserte entourée de fous, me direz-vous ? La vérité, c’est que j’avais besoin d’espace, je ne voulais pas avoir cette vie tout de suite, et – j’en étais de plus en plus persuadée – j’avais trouvé une forme de punition dans mon exil.

Après l’appel de ma mère ce jour-là, après être rentrée à Baskin pour l’enterrement des Dickens, j’avais essayé de retrouver mon meilleur ami. Mes parents, bien entendu, ne m’avait pas laissé faire, et j’avais fini par abandonner. Et je ne me l’étais jamais pardonné. Je n’avais aucune idée d’où se trouvait Matty aujourd’hui, ce qu’il était devenu ou même s’il était toujours en vie. La vision de son corps inanimé me réveillait bien trop souvent en plein milieu de la nuit. Je l’avais laissé tomber, de la même manière que je l’avais laissé tomber lorsque j’étais partie à Dublin en le laissant derrière, chez nous. J’étais rongée par la culpabilité, les regrets, les "et si"… Je pense que je m’étais imposée l’austérité d’Ostrov pour me forcer à vivre dans les conditions que je l’imaginais subir.

J’eus un sursaut en me rendant compte que j’avais complétement quitté le moment présent pour rejoindre les méandres de mon passé. Je clignai des yeux et fronçai le nez en souriant, gênée. "Pardon, j’étais… Je réfléchissais. Tu as l’air de bien t’y connaître… Depuis combien de temps es-tu là ? Qu’est-ce qui t’a amené ici ?" Je me mordis la lèvre inférieure en rougissant légèrement. "Désolée, je suis très curieuse" avouai-je avec un petit rire nerveux. J’espérai que mon absence temporaire quelques minutes plus tôt ne réveillerait pas la déformation professionnelle de ma collègue, même si je n’y croyais pas trop. Je n’étais absolument pas prête à parler des raisons de ma baisse de moral.


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Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Mar 2 Mai - 20:11



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La blonde observait la réaction de Niamh en guettant le moindre signe d’inquiétude ou d’appréhension dans son regard. La routine pouvait sembler anodine dite comme ça, notre vie entière étant généralement dictée sous le règne de la routine. On se lève, on travaille, on rentre chez soit, on se couche pour affronter un nouveau lendemain quasi semblable à la journée passée. Mais sur le continent il était toujours possible de casser cette routine ou de l’égayer. Restaurants, cinémas, sorties entre amies, balades, ce n’était pas les opportunités qui manquaient pour échapper à un quotidien anxiogène et fade. Mais ici à Ostrov… Seul cet hôpital se dressait sur cette maudite île, où la seule activité consistait à voir les patients, discuter avec des collègues entre deux séances avec les patients lorsqu’ils avaient le temps, voir se balader dans le parc… ou déambulaient des patients. A son arrivée à Ostrov, elle avait eu pitié de ces malades prisonniers de cette île, mais elle comprenait maintenant qu’elle était assignée au même rang qu’eux, et qui était là pour la prendre en pitié ? Personne. Cependant Nirina commençait à s’inquiéter de ne voir aucune réaction de la part de sa collègue. Cette dernière semblait plongée dans ses réflexions, mais les secondes s’éternisaient et aucune réponse ne sortait de sa bouche. Dans son regard vague, la jeune femme devinait que Niamh était ailleurs, dans un lieu probablement meilleur que cet endroit. Et au moment où elle s’apprêtait à doucement lui secouer le bras pour la faire revenir à la réalité, Niamh tressaillit aussitôt avant de se confondre en excuses. Cependant face à la question de cette dernière, le sourire qui n’avait jusqu’ici pas quitté la blonde perdit de sa superbe jusqu’à se transformer en un léger rictus involontaire.

Elle hésitait quant à la réponse à lui donner. Lui dire depuis combien de temps elle résidait ici ne lui posait aucun problème, en revanche quant à la raison… C’était une autre paire de manche. C’était son père qui lui avait trouvé une place ici, prétextant qu’Ostrov était son seul moyen de pouvoir accéder à la réussite et à la gloire. Et elle avait fait tout son possible pour trouver un traitement ou une thérapie révolutionnaire qui lui aurait permis d’être la digne héritière de sa famille, avant de se résoudre à l’échec de sa mission. Cependant, les choses auraient surement été différentes si elle n’avait pas donné cette fichue corde à ce satané patient pour qu’il se pende avec durant son absence. Mais elle ne pouvait pas dire à Niamh qu’elle se retrouvait ici pour avoir causé la mort d’un homme, qu’aurait-elle pensé d’elle après ? Elle venait enfin de trouver une collègue avec qui elle s’entendait bien, il était hors de question de la faire fuir en lui confiant son incompétence.

« Ça doit faire quelques mois je suppose… Les jours se ressemblent tous tellement qu’on perd vite la notion du temps tu sais. Mon père est psychiatre comme toi, et… il m’a vivement conseillé de venir ici pour enrichir mon expérience dans le milieu psychiatrique. » lui répondit-elle en fixant le mur du fond. La jeune blonde ne voulait pas s’attarder sur sa vie mais elle était intriguée par cette jeune psychiatre qui avait choisie d’exercer ici.
« Et toi alors comment ça se fait que tu te retrouves ici ? Tu es jeune, tu aurais pu trouver une clinique psychiatrique plus tranquille. Ostrov n’est pas un lieu des plus… reposants. » lui confia t-elle sur un ton plus sérieux. « Tu vas devoir te forger un mental d’acier si tu veux survivre ici, à commencer par te méfier de certains patients… »

Nirina ne doutait ni de sa gentillesse, ni de ses compétences. Ce n’était pas cela qui comptait à Ostrov, que l’on soit le pire sadique comme la plus douce des brebis, que l’on soit aussi doué qu’un bigorneau ou le futur Einstein, ce qui comptait à Ostrov, c’était la résistance et la survie. Tout passait par sa capacité à encaisser les coups jours après jours sans jamais flancher.

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MessageSujet: Re: Your past mistakes are meant to guide you, not define you   Lun 19 Juin - 20:17




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Je m'inquiétais de voir le sourire de Nirina s'effacer quelque peu après mon avalanche de question. J'espérai ne pas avoir mis les pieds dans le plat et passer pour une fouine intrusive, ce que je n'étais tout de même pas, malgré ma curiosité maladive.
A la place du sourire éclatant qu'elle avait arboré jusqu'à maintenant, le visage de mon interlocutrice se fendit d'un petit rictus presque désabusé alors qu'elle me répondait. Lorsqu’elle me dit que c’était son père qui lui avait recommandé de venir dans cet endroit, je me demandai s’il lui avait vraiment laissé le choix. Elle n’avait pas vraiment l’air d’apprécier cet endroit, mais après tout, si cela ne faisait que quelques mois qu’elle était là, peut-être qu’elle essayait de laisser une chance à cet hôpital. Personnellement, je n’avais jamais nécessairement imaginé vivre dans un vieil asile délabré sur une île déserte, mais maintenant que j’y étais, l’idée de me déplaisait pas autant que cela. Au moins, rien ici ne me rappelait constamment  mon adolescence, ni mon meilleur ami. Enfin, à part certains patients, comme Lexie par exemple, qui présentait de nombreuses similarités au cas de Matty, et de qui j’avais essayé de me rapprocher. Encore une fois, je ne savais pas trop ce qu’il m’avait pris, d’aborder une patiente dont je n’avais entendu que de mises en garde et qui était manifestement dangereuse.  Probablement ma fichue tendance à vouloir aider tout le monde, ou alors j’avais tout simplement réalisé un certain transfert de mon ancien meilleur ami à la jeune femme. Même si pour le moment, il n’y avait encore rien à signaler, je savais qu’il fallait tout de même que je reste sur mes gardes en permanence en sa présence.

Je remarquai que Nirina ne s’étendait pas plus que ça sur les raisons de sa présence ici, et qu’elle semblait plus intéressée par mon histoire. Je ne pus retenir un petit sourire amusé. Déformation professionnelle, n’étions-nous pas tous comme ça, même lorsque l’on discutait avec des gens autres que nos patients ? Mon sourire ne tint cependant pas très longtemps alors que je réfléchissais à quoi lui répondre. Savais-je seulement moi-même pourquoi j’étais là ? Il me semblait que ma vie n’était plus qu’un grand flou depuis des années, depuis cette année où tout avait changé après le départ de Matty. Tout ce que j’avais fait ensuite, toutes les décisions que j’avais prises, avaient été orientées soit dans l’idée de le retrouver, soit de réussir là où j’avais échoué avec lui. Et pour être honnête, j’avais laissé tomber l’idée de le retrouver un jour. Cependant, je ne pouvais décemment pas balancer la vérité de but en blanc à la jeune femme comme cela. Je suis venue m’isoler ici pour me punir parce que je me sens coupable des actions de mon ancien meilleur ami psychopathe. Probablement le meilleur moyen de me faire interner moi aussi. J’étais heureuse d’entendre que Nirina parlait encore, me disait de me méfier de certains patients et d’être forte pour tenir dans cet endroit.

Je réfléchissais un instant à sa dernière remarque. Si je m’étais effectivement imposé cette réclusion ici, avais-je vraiment analysé tous les aspects que cela impliquait ? Après tout, je n’avais que vingt-cinq ans, j’étais tout juste diplômée, et même si j’avais largement fait mes preuves, il n’empêche que ce boulot n’était déjà pas facile dans un environnement « naturel », alors dans un asile louche complétement isolé… Je balayais tout cela de mon esprit. Cela ne me faisait pas peur ; en réalité, je crois même que j’aimais cette idée. J’étais certes naïve et idéaliste, parfois insouciante, je connaissais ma force d’esprit et surtout mon entêtement. Je savais que je saurais traverser tout ce par quoi Ostrov me ferait passer, non sans séquelle mais sans baisser les bras ou perdre espoir, j’en étais sûre. Je souris à Nirina. "Merci du conseil, j’imagine que je n’y avais jamais vraiment pensé… Mais ça devrait aller, j’ai déjà un peu d’expérience, disons, personnelle." Je m’interrompais pour ne pas en révéler plus. Nirina avait l’air adorable et compréhensive, mais je ne la connaissais pas. Je n’avais jamais parlé de cette histoire à qui que ce soit à Dublin, les seules personnes qui étaient au courant étant les habitants de ma ville natale, alors que j’avais fréquenté ces personnes pendant des années. Même Conor n’en savait rien, alors que nous étions censés tout partager. Peut-être qu’avec le temps, enfermée sur cette île sans échappatoire, sans personne à qui parler, j’en arriverais à parler à la jeune femme, qui je l’espérais, deviendrait une amie. Pour éviter de devenir folle. Peut-être que j’y arriverais un jour. Mais pas aujourd’hui.

Il me semblait avoir détecté un léger accent dans l’anglais parfait de Nirina, et je saisissais alors l’opportunité de dévier la conversation. "Je peux te demander d’où tu viens ? Ton anglais est parfait, mais je n’ai pas l’impression que tu sois Anglaise…."


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