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 You can lay it all on me

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PILULES AVALÉES : 137
MIROIR : Emilia Clarke
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CRÉDITS : (c)jeunepadawan
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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: You can lay it all on me   Mer 25 Jan - 19:18



You can lay it all on me

Avec Héloïse Winchester


Je posai sur mon bureau les trois cadres qui se trouvaient au fond du dernier de mes cartons de déménagement. Le premier comportait une photo de moi souriante, heureuse, au milieu de ma mère qui m’entourait de ses bras et de mon père qui déposait un baiser sur le haut de mon crâne. La deuxième représentait Conor et moi sur notre trente et un, debout l’un à côté de l’autre, son bras autour de ma taille et ma main sur son torse, au mariage d’une de ses cousines ; cette photo avait été prise trois ans auparavant, alors que nous venions de nous remettre ensemble après une énième rupture. Comme à chaque fois pendant les quelques mois qui suivaient nos réconciliations, nous  avions l’air heureux. Je soupirai et esquissai un sourire triste et timide en posant les yeux sur le dernier cadre ; ces photos étaient tellement vieilles, elles me paraissaient avoir été prises des milliers d’années plus tôt.  Sur la première, on m’y voyait, seule, assise, la tête tournée sur ma gauche, visiblement agacée et en train de parler à quelqu’un ; sur la deuxième y faisait apparition un jeune homme grand, mince, les cheveux noirs et les yeux verts profonds, s’asseyant manifestement à regret à côté d’une Niamh toute contente d’avoir réussi à le faire rentrer ; je faisais une horrible grimace sur la troisième, et le garçon à côté de moi me regardait avec un début de sourire narquois ; sur la dernière, je riais aux éclats alors qu’il arborait un grand sourire franc et éclatant. Mon sourire s’élargit alors que je repensais à la scène. J’avais réussi à convaincre Matty de m’accompagner au bal de fin d’année de notre lycée, non sans mal, et j’avais voulu immortaliser ce moment dans le photomaton mis à disposition pour l’occasion. Cela avait conduit à une nouvelle série de négociations, et il avait encore fini par accepter. Je n’avais pas encore 18 ans, lui 21. Je me souviens encore à quel point j’étais heureuse à cette époque. Cela me semblait aujourd’hui bien loin…

Je soupirais à nouveau et secouai la tête pour chasser le souvenir du sourire de mon meilleur ami de mon esprit. Dieu sait à quel point il me manquait.
Me voilà donc installée dans ma chambre. Petite, mais assez cosy puisque j’avais amené le maximum d’effets personnels possibles pour la décorer. Ce n’était donc pas si mal que ça. En regardant par la fenêtre, je vis le soleil briller, ce qui me semblait assez improbable pour la région, mais je me dis qu’il fallait bien en profiter. J’enfilai mon manteau – nous étions tout de même au mois de Janvier – et attrapai mon livre avant de quitter mon nouveau chez-moi et de me diriger vers le parc.

Après avoir passé les gardes qui gardaient le portail de l’entrée, je me promenai un moment, errant dans ce parc si paisible que l’on en oublierait presque où l’on est. En profitant du soleil qui chauffait doucement mon visage, je me rappelais des nombreux après-midi passés dans le parc de Trinity College à la période des révisions. Au bout d’un moment, je décidai de m’arrêter et de m’asseoir sur l’un des bancs qui formait un demi-cercle sous un immense chêne centenaire. J’étais plongée dans ma lecture depuis je ne sais combien de temps lorsqu’une présence sur le banc voisin me força à relever le nez. Ma voisine était grande, blonde, ses traits étaient fins et élégants. Elle avait l’air assez jeune, peut-être juste quelques années de plus que moi. Elle était habillée normalement, mais j’avais remarqué que tous les patients étaient vêtus de manière normale. Elle lisait également, et je souris en voyant la couverture. "
Fan de Dickens, toi aussi ?" Je lui montrais alors mon livre ; manifestement, nous avions les mêmes goûts littéraires puisque nous lisions toutes les deux le même livre.

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Héloïse Winchester

MessageSujet: Re: You can lay it all on me   Jeu 9 Fév - 21:13

you can lay it all on me.NIAMH&HELOÏSE;
A great hero teaches an entire city that dancing is the greatest thing there is.

?
I am not some starry-eyed waif here to succumb to your... your pelvic sorcery.

Finalement, même dans un hôpital psychiatrique une routine pouvait s’installer. Après qu’un infirmier m’avait apporté mes médicaments, je m’habillais et me rendais à la cafétéria pour prendre mon petit déjeuner. J’avalais tout ce que je pouvais, du moins tout ce qui était mangeable sur ce plateau. Puis j’allais dans la salle commune, regardait les livres mis à disposition. Je les avais déjà tous lu, après tout c’était l’une des seules activités que je faisais ici. Seule dans mon coin,  à lire un livre. Mais aujourd’hui, j’allais changer d’endroit. Au lieu de me terrer dans cette salle, entourée d’autres patients tous plus fous les uns que les autres. Alors je préférais sortir, dans le parc. Passant discrètement par l’infirmerie, mon fiancé me donna quelque chose de plus chaud et je sortais. Il n’y avait pas grand monde dehors, quasi personne en fait, à part quelques membres du personnel qui s’occupaient des environs. Je serrais le livre contre moi tout en avançant, avant de m’installer sur un banc. Le soleil brillait, il ne faisait pas chaud, au contraire, mais les quelques rayons de soleil suffisaient à nous réchauffer. C’était l’hiver, la neige était déjà tombée et elle donnerait presque un peu de gaieté au bâtiment lugubre qu’était Ostrov, du moins si on pouvait apporter un peu de gaieté à ce genre de bâtiment. J’avançais encore un peu, histoire d’être le plus éloignée et le plus tranquille possible. Je mettais toutes mes chances de côté pour qu’aucun patient ne vienne m’embêter. Une fois que je trouvais -selon moi- le banc parfaitement bien placé, je m’installais, ouvrais le livre à la première page pour la énième fois depuis que j’étais ici et me plongeais directement dans ma lecture.

Lire était certainement le seul moyen de s’échapper un peu d’ici. C’était comme si j’entrais dans un nouveau monde, loin de tout, de cet hôpital et de ses patients. Je m’évadais clairement, même si mon corps lui était toujours sur l’un des fauteuils ou l’un des bancs de cet hôpital. Je ne voyais même pas les gens passer devant moi, tant qu’ils me laissaient tranquille tout allait bien. Je lisais, j’avançais plutôt vite. En fait, je connaissais déjà l’histoire par cœur. Je l’avais lu plusieurs fois déjà, certainement plus que les autres parce que c’était un de mes livres préférés. Je l’avais même chez moi, en Australie. Mais comme à chaque fois, je le dévorais, totalement plongé dedans. Jusqu’à ce qu’une voix totalement inconnue me sorte de ce monde. "Fan de Dickens, toi aussi ?" Je lève la tête et la jeune femme brune me montre son livre. Le même. Je la regardais quelques secondes. Je ne l’avais jamais vu avant, elle avait le même livre que moi alors que j’étais persuadé qu’il n’était qu’en un exemplaire dans la pseudo bibliothèque de la salle commune. Et puis elle avait l’air gentille. Normale. Beaucoup trop normale. Elle ne pouvait pas être une patiente. Elle va pas te mordre Hélo, parle lui. « Oui… » Un sourire timide se dessina sur mon visage. « Je… je m’appelle Héloïse, et vous ? »

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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: You can lay it all on me   Mar 14 Fév - 16:59



You can lay it all on me

Avec Héloïse Winchester


La jeune femme était manifestement surprise de mon intervention, probablement parce qu’elle ne m’avait pas remarquée avant. En effet, avant que je ne l’interrompe, elle avait l’air tout simplement absorbée dans sa lecture, tout comme je l’étais moi-même avant de noter sa présence à mes côtés. C’était l’effet magique de la lecture, selon moi. Cette possibilité de s'é’happer du monde qui nous entoure, où que l’on soit et quels que soient nos problèmes. Dickens, particulièrement, avait selon moi cette capacité à vous transporter dans ses histoires et à vous faire voir le monde à travers ses yeux innovateurs.

Après m’avoir observée quelques secondes, quelque peu effrayée – ou bien était-ce de la méfiance ? – elle m’adressa enfin la parole. "Oui…" Je lui souris à nouveau. J’étais heureuse de rencontrer quelqu’un qui apprécie cet auteur autant que moi. Dickens était certes reconnu internationalement, mais la plupart des gens l’avaient étudié dans leur jeunesse et le voyait plus comme une corvée qu’un vrai plaisir. La jeune femme me sourit également, avant de se présenter. "Je… je m’appelle Héloïse, et vous ?" Je ne pensais pas avoir déjà entendu ce prénom, qui ne ressemblait en rien aux sonorités anglo-saxonnes auxquelles j’étais habituée. Mais après tout, j’étais bien mal placée pour juger, moi qui avais un prénom dont la prononciation n’avait rien à voir avec l’orthographe.

Je glissai sur ma gauche de manière à me rapprocher d’Héloïse et lui tendis la main. "Enchantée Héloïse, je m’appelle Niamh." Je l’observai un peu plus en détail ; elle avait vraiment l’air timide et assez craintive, ce qui me fis penser qu’elle devait donc être une patiente. J’avais beau ne pas être moi-même la personne la plus extravertie au monde, il fallait tout de même avoir une certaine aptitude à engager la conversation pour exercer mon métier. Je posai mon livre à côté de moi et resserrai le col de mon manteau autour de mon cou. L’air était frais, malgré le soleil. Pourtant, Dieu sait que j’étais habituée au froid, avec le traditionnel vent irlandais qui transperçait vos vêtements et vous glaçait les os. Mais l’hiver à Ostrov était encore plus rude, probablement dû à l’ambiance et à l’aspect lugubres de l’endroit.

Je voyais bien qu’Héloïse ne serait pas la première à lancer la conversation, et je ne voulais pas la déranger, car après tout elle n’en avait peut-être tout simplement pas envie. Cependant, j’étais indéniablement intriguée par sa personne ; si elle était vraiment une patiente, qu’est-ce que qui lui avait valu d’atterrir ici ? Ma curiosité prenant le dessus, je ne pus m’empêcher de reprendre la parole. "Excuse-moi de te demander ça, mais… Qu’est-ce que tu fais ici ?" Je fus surprise moi-même par le manque de délicatesse apparent de ma question. Je fronçai le nez et secouai la tête. "Désolée, ce n’est pas ce que je voulais dire. C’est juste que… Eh bien, tu as l’air plutôt… normale. Je ne dis pas que tous les gens qui sont à Ostrov ressemblent à des psychopathes mais… " Je m’interrompis et soupirai. Mon Dieu. Je m’enfonçai dans un marasme de mots qui ne menaient à rien. Je pris une grande inspiration et offris un sourire gêné à Héloïse. "Je suis vraiment désolée. Je crois que ce que j’essaie de dire, c’est simplement que je suis très curieuse… Et que j’aimerais beaucoup apprendre à te connaître, si tu n’y vois pas d’inconvénients, bien sûr."


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Héloïse Winchester

MessageSujet: Re: You can lay it all on me   Jeu 16 Mar - 17:47

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Le soleil brillait dehors, et malgré des températures encore basses, je décidais de sortir pour lire mon bouquin. Alors je m’étais installée sur un banc, et j’étais plongée dans mon livre, que je lisais pour la énième fois. Il fallait avouer que depuis que j’étais là, c'est-à-dire quasi deux longues années, la bibliothèque d’Ostrov n’avait pas vraiment été renouvelée. Et vu que lire occupait une grande partie de mes journées, alors j’avais rapidement fait le tour de la bibliothèque. Je les avais tous lu au moins deux fois, et ceux que je préférais j’avais du les lire au moins quatre fois. Puis une voix me sortit de ma lecture, me demandant si j’étais moi aussi fan de Dickens. Je relevais la tête et regardais la jeune femme, brune, assise non loin de moi. Je ne l’avais même pas remarqué, jusqu’à ce qu’elle parle. Elle avait l’air normale, du moins beaucoup trop normale pour être une personne internée ici. Je répondais finalement à sa question, toujours un peu méfiante. Mais finalement, plus je l’observais, plus je me disais qu’elle était inoffensive. Alors je me présentais, naturellement, timidement surtout. Et elle s’approchait de moi, glissant sur le banc avant de me tendre la main, disant qu’elle s’appelait Niamh. Ok, alors là elle n’était définitivement pas une patiente. Je n’avais jamais vu un patient, ou une patiente, se présenter en tendant la main. Ça devait faire des années que je n’avais pas salué comme ça, et j’aurais même pu croire que c’était totalement démodé. Mais après quelques secondes, je prenais sa main et la serra, la balançant vivement de haut en bas, me demandant tout de même si c’était toujours comme ça que l’on faisait. « Enchantée Niamh. » Puis je lâchais doucement sa main, reprenant correctement mon livre et attendait la suite. Je n’étais pas (ou plutôt, plus) du genre à lancer la conversation la première, surtout quand je ne connaissais pas la personne. Je ne savais toujours pas qui elle était, ni ce qu’elle faisait là. Je savais juste qu’elle s’appelait Niamh. Et finalement, ça ne me disait pas grand-chose sur elle, à part qu’elle avait un prénom pour le moins original.

J’étais presque prête à reprendre ma lecture, lorsqu’elle me posa une nouvelle question. Je la regardais, un peu surprise. Elle n’avait pas remarqué que j’étais une patiente, ou du moins, elle avait un léger doute sur la question. Il est clair que contrairement à une majorité de personnes ici, je n’avais pas le look psychopathe. Au contraire, j’avais un regard plutôt effrayée qu’effrayant. Puis elle s’excusait, ajoutant que j’avais l’air plutôt normale, qu’elle ne disait pas que tous les gens ici ressemblaient à des psychopathes, mais. Elle était perdue, elle s’emmêlait les pinceaux toute seule ce qui m’arracha un léger rire. Je voyais parfaitement ce qu’elle avait voulu dire, oui. Je hochais doucement la tête lorsqu’elle eut terminé de parler. Elle avait l’air gentille, elle n’avait pas l’air de vouloir me tuer ou me faire du mal alors je ne voyais pas d’inconvénients à lui parler un peu. Ça ne me ferait pas de mal, d’avoir une interaction sociale avec une autre personne que mon psy. « Je… Je souffre de terreurs nocturnes, dépression et trouble panique. » C’était comme si j’avais appris mon dossier par cœur. Mais je n’oublierais jamais le médecin m’annoncer tout ça, avant d’ajouter que je serais mieux dans un hôpital. Jamais. « Et contrairement à d’autre je… je n’ai tué personne. » ajoutais-je dans un petit sourire. « Et vous… ? Vous semblez encore plus normale que moi… »

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A. Niamh O'Callaghan

MessageSujet: Re: You can lay it all on me   Jeu 4 Mai - 14:22



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Avec Héloïse Winchester


Héloïse prit ma main tendue dans la sienne pour la serrer, mais n’exerça en réalité aucune pression, se contentant de la secouer légèrement de haut en bas. Elle n’avait pas l’air extrêmement à l’aise, alors je lui souris doucement à nouveau. La jolie blonde n’était manifestement pas du genre très bavarde ou confiante, et elle avait certainement cherché à fuir l’agitation de l’hôpital en venant se réfugier ici. Il était très probable que la dernière chose qu’elle souhaitait était de voir son espace personnel envahi par une inconnue, mais je ne pouvais m’empêcher de lui parler. Quelque chose dans son regard fuyant, dans sa stature prostrée attisait ma curiosité et un certain désir de l’aider.

Alors que je me noyais dans un flux de paroles maladroites, je vis un petit sourire se dessiner sur le visage d’Héloïse, accompagné d’un léger rire. Cela me fit immédiatement sourire à mon tour, et je me dis qu’elle devrait sourire plus souvent. Son visage déjà fin et élégant s’illuminait d’autant plus, et son rire cristallin ne semblait pas perturber le silence de la nature autour de nous. "Je… Je souffre de terreurs nocturnes, dépression et trouble panique." Son visage s’était renfrogné à nouveau, et je pouvais détecter dans son ton une certaine amertume. Elle était profondément malheureuse de se retrouver dans cette situation. Evidemment, peu de patients à Ostrov étaient contents d’être internés. Mais certains y étaient venus de leur plein gré, pendant que d’autres s’étaient comme résignés et avaient trouvé un certain plaisir dans leur malheur. Je fronçai légèrement les sourcils en pensant qu’Ostrov me paraissait comme une solution bien trop radicale pour quelqu’un souffrant de terreurs nocturnes et de dépression. Je n’étais pas persuadée que cet environnement serait le plus propice à sa rémission. "Et contrairement à d’autre je… je n’ai tué personne." Héloïse laissa échapper cette dernière phrase avec un nouveau sourire, et je ne pus retenir un petit rire de surprise. Je ne m’étais pas attendue à un trait d’humour de sa part, mais c’était rafraîchissant. Comme si, malgré tout, elle n’avait pas oublié que tout n’était pas gris.

Elle me regarda ensuite et continua la conversation. "Et vous… ? Vous semblez encore plus normale que moi…" Je laissai à nouveau échapper un petit rire, ironique cette fois. Plus j’y réfléchissais, moins je pensais correspondre à la définition de l’adjectif normale. J’étais venue de mon plein gré travailler dans un asile psychiatrique reconnu pour ses méthodes peu orthodoxes, isolé sur une île éloignée des côtes, en quittant mon pays natal adoré, ma famille et mon petit ami de longue date. Sans parler du fait que je pensais presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre à mon meilleur ami considéré comme psychopathe dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis des années. Je fronçai légèrement le nez, comme toujours lorsque j’étais contrariée ou mal à l’aise mais me forçai à retrouver mon ton enjoué habituel. "Je travaille ici, à l’hôpital. Je suis psychiatre…" Je relevai la tête vers Héloïse et levai les mains de manière innocente. "Mais je te jure que je ne suis pas là pour te psychanalyser !" Je lui souris et réalisai que pour une fois, cela pourrait être agréable de répondre à des questions plutôt que de les poser. De raconter mon histoire plutôt que d’écouter celle de quelqu’un d’autre. Mais j’étais psy, et ce n’était sûrement pas ma place de déblatérer sur ma vie et mes problèmes, d’autant plus avec quelqu’un que je ne connaissais pas et qui avait déjà assez avec ses propres problèmes. "Tu as un accent différent de la plupart des gens ici… et je m’y connais en accent étranger, je suis moi-même Irlandaise. Et toi, d’où est-ce que tu viens ?"


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