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 Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne

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PILULES AVALÉES : 97
MIROIR : Thomas Brodie Sangster
IDENTITÉ : Lore
CRÉDITS : MISH.MISH
A DÉBARQUÉ LE : 01/12/2016
FORCE : 452

SITUATION : Célibataire toujours amoureux... Et haineux
EST ÂGÉ DE : 24 ans
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Gwenaël Lefebvre

MessageSujet: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Jeu 1 Déc - 22:27


Gwenaël Lefebvre
-Please, listen. -What ? -The silence

   
identité : Gwenaël Lefebvre surnom : A vous d'en trouver un date et lieu de naissance : 16 décembre 1992 à Paris âge : 23 ans, bientôt 24 nationalité et origines : Nationalité anglaise et origines suédoises et anglaises situation maritale : Célibataire orientation sexuelle : Pansexuel ne supportant pas le corps humain occupation : Patient ancienneté à ostrov island : Enfermé entre ces murs depuis le 10 janvier 2013 maladie(s) : Boulimique, trichotillomane, dépressif et ayant recours à une certaine forme d'automutilation avatar : Thomas Brodie Sangster groupe choisi : Lycoris Sanguinea principaux traits de caractère : Fidèle - Sensible - Silencieux - Discret - Pète parfois un câble dans des crises de colère effrayantes - Doux - Tolérant - Anxieux - Désordonné - Désenchanté - Rancunier
i'm not mad, my reality is just different from yours...
Tu fixais l'album photo devant toi. La photographie, c'est toujours un truc qui t'avait fait vibrer. Pour toi, en faire, c'était comme sauvegarder des souvenirs pour ensuite remonter le temps. Mais depuis ton entrée ici, tu n'avais plus ouvert l'album. Et ça faisait quatre ans qu'il prenait la poussière dans un coin. Et quand ton psy avait apprit l'existence de ce recueil à souvenirs, il s'était immédiatement mit en tête de l'utiliser pour ta thérapie. Ambition avec laquelle tu n'étais pas du tout d'accord. Tu ne voulais pas replonger là-dedans. Pas dans ton passé. Il n'avait pas le droit de t'imposer ça. Et pourtant, c'est pour ça que tu es ici. Alors, les doigts tremblants, tu soulèves doucement la couverture et te plonges dans tes souvenirs.

Tu souris doucement devant cette première photo. C'est ton père, ton papa à toi qui te tiens dans ses bras alors que tu n'avais que quelques heures de vie sur cette planète. Ta mère est absente de cette photo et ça te soulage. Un peu. D'aussi loin que tu t'en souviennes, tu as toujours eu peur d'elle. Tu aimais ton père plus que tout mais elle, elle te faisait peur avec ses bonnes manières et ses principes d'éducation stricte ainsi que sa tendance à t'enfermer dans le débarras lorsqu'elle devait te punir. Mais ton papa... C'était une toute autre histoire. Des rares souvenirs que tu en as, il était un homme souriant qui aimait énormément jouer avec toi, les photos suivantes le prouve. Les cinq photos suivantes pour être précis. Et puis soudain le coup au cœur. Sans doute le premier d'une longue série maintenant que tu as ré-ouvert la cage où tu enfermais ton passé.

Aujourd'hui on enterre papa. Je comprends pas. Lorsque j'ai demandé à tata Claire ce que ça voulait dire, elle s'est simplement mise à pleurer. Tout le monde pleure. Même maman. Maman qui a toujours le visage tout figé, qui sourit pas beaucoup, mais qui est toujours digne comme papa dit et bien elle pleure. Et moi, je comprends pas. Ça veut dire quoi mourir ? Madame Jane a eu l'air bien embêtée quand je lui ai posé la question après la classe. Elle m'a dit quelque chose qui m'a intrigué, quelque chose que j'ai pas compris. "Il est parti au ciel" ? Ça veut dire quoi ? Alors, je cherche la main de papa mais je ne la trouve pas. Je relève la tête, mais sa silhouette protectrice, son visage rieur et souriant ne sont pas là, à mes côtés. Alors, tandis que les premières larmes coulent, je comprends. Il ne reviendra pas.


Tu te hâtes de tourner la page. Tu ne sais pas pourquoi tu gardes cette photo. Sans doute parce que c'est le jour où tu as dis au revoir à ton père et que les souvenirs d'un enfant de quatre ans sont friables. Pourtant, tu te souviens très clairement de ce jour-là. Mais peu importe. Tu ne veux pas t'en débarrasser. Point. Tu laisses ton regard sur la photo suivante. Celle-ci, c'est pareille. Tu ne sais pas pourquoi tu la gardes alors qu'elle te rappelle terriblement ta boulimie, ton envie compulsive de manger. Alors en voyant ce festin de Noël sur votre table à manger de l'époque, c'est une toute autre nuit qui te reviens en tête.

Je me réveille dans ce qui manque d'être un cri de terreur. Instinctivement, je cherche Mr. Koro dans mon lit. Je n'arrête pas de faire des cauchemars depuis l'enterrement. J'arrive jamais à me rendormir sereinement, je vois des ombres partout. Après avoir enfin attrapé Mr. Koro, je me réfugie sous ma couette, tremblant, et rabats cette dernière par-dessus ma tête. J'ai la gorge desséchée par l'angoisse. Je ferme les yeux  en tentant d'oublier la sensation dérangeante. Je ne veux pas me lever, j'ai trop peur du monstre qui se cache sous mon lit. Mais, lorsque je me mets à tousser, la soif devient plus forte que la peur. Alors, le coeur battant, je sors mon bras du cocon protecteur et tente de trouver l'interrupteur de ma lampe de chevet le plus vite possible. Enfin, la lumière éclaire ma chambre et dissipe les ombres. Je lâche un soupir de soulagement tremblant. Alors, je trouves enfin le courage de quitter mon lit, Mr. Koro serré contre moi pour me diriger vers la cuisine. Je ne me soucie pas vraiment de faire du bruit. La chambre de maman est à l'étage supérieur et elle a le sommeil lourd. Frissonnant au contact du carrelage gelé sous ma plante de pied, j'entre dans la cuisine et attrape le verre que j'ai laissé au bord de l'évier pour le remplir rapidement. Je le bois à petites gorgées, observant la cuisine autour de moi. En apercevant une des pommes qui trône dans la corbeille à fruit, je me souviens soudain des paroles de tata Claire sur le fait que manger une pomme peut aider à dormir. Alors j'attrape la pomme que je dévore rapidement. A chaque bouchée, j'ai l'impression d'apaiser l'angoisse qui me tord les entrailles. Alors, j'entame un paquet de gâteaux. Je sais que c'est pas bien. Je sais que j'ai pas le droit. Mais ça me fait du bien. Alors, après le paquet de gâteaux vient le petit morceau de fromage qui restait au fond du frigo avec une tranche de pain de mie. Puis un yaourt. Deux. Trois. Et lorsque enfin je me sens vraiment plus calme et apaisé, un monticule de sachets, boites, miettes, noyaux et autres règnent sur le bar. Je suis mortifié. Maman va me gronder très fort quand elle verra tout ça. Alors, je fais comme papa m'a montré pour quand il avait fait une bêtise. J'attrape un sac plastique et je mets tout dedans. Puis, je vais enfiler mes chaussures et je vais jeter le tout dans la grosse poubelle dans la grosse poubelle devant la maison que les monsieurs viennent vider deux fois par semaine. Et comme ils passent demain, maman n'en saura jamais rien.


Tu secoues la tête. Si à l'époque tu pensais que c'était exceptionnel, que cette envie compulsive de tout dévorer n'était que passagère, le futur se chargea de te prouver qu'il n'en était rien. Et encore aujourd'hui, la honte est cuisante lorsque tu fais une crise et que tu te retrouves avec ce besoin de manger pour t'apaiser. Tu passes à la photo suivante et grimace. Celle-ci elle va partir à la poubelle. Là. Maintenant. Tout de suite. Tu avais la varicelle ce jour-là et tout heureux, trouvant ça assez rigolo, tu avais demandé à ta maman si elle pouvait prendre une photo ton corps qui ressemblait désormais à un champignon vénéneux. Mais déjà à ce moment-là, tu haïssais ton corps et bien plus tard, tu te rendrais compte que ce n'était pas spécialement ton corps que tu haïssais mais celui de l'espèce humaine en général que l'individu soit homme ou femme et c'était particulièrement vrai pour tout ce qui était parties génitales (que ce soit chez les hommes ou les femmes encore une fois) et la poitrine. Et cette haine, ce dégoût, tu les avais expérimenté pour la première fois à l'âge de dix ans. Rapidement tu attrapes la photo et la déchire en milles morceaux rageusement. Mais c'est trop tard. Les souvenirs affleurent déjà la surface de ton esprit.

Dans le reflet du miroir, je fixais ce que maman appelait "les parties génitales". Et je trouve ça moche. Profondément disgracieux. Absolument immonde. Non mais sérieusement. Et dire qu'il y en a qui s'en servent pour autre chose que faire leurs besoins... Je grimace devant la tronche que ça a dans le miroir. Et vu de haut, c'est pas mieux. Et je me dis ça, chaque jour que Dieu fait. J'aime déjà pas beaucoup le reste du corps humain. Mais je crois que cette partie c'est la pire. J'espère que je pourrais me les faire retirer quand je serais plus grand. J'ose plus en parler à maman. La seule fois où j'ai essayé, je me suis retrouvé enfermé dans le débarras pendant une heure. Pas agréable. Je détourne finalement la tête et me hâte d'enfiler mon boxer, mon jean et mon haut avant de sortir de la salle de bain en tentant de diriger ma réflexion vers autre chose. Même si je sais que ces pensées reviendront me hanter dès demain.

Tu reviens finalement devant l'album et tu tournes la page. C'est toi et Peter, ton meilleur ami de l'époque. Vous êtes en train de jouer au basket. C'était le père de Peter qui avait prit cette photo. Tu souris doucement. Certains jours, Peter te manque beaucoup. Après tout, il avait toujours été un ami fidèle avant de déménager. Et puis tu te souviens que tu n'avais jamais reçu les lettres tant promises. Ça te fait mal. Alors tu fais en sorte d'oublier. Comme à chaque fois que tu contemples cette photo. tu aperçois le trou dans ton crâne que ton mouvement dévoile. Et comme toujours, tu te souviens de la première fois.

Je regardais mon réveil. Minuit. Mon dieu, que ma mère soit maudite. J'en ai marre de réviser, je veux aller me coucher. Et en plus, j'ai finis mon paquet de dragibus qui était définitivement ma dernière motivation. Pourtant si je veux décrocher une note acceptable demain, je n'ai pas le choix. Alors je continuais à réviser, encore et encore, ma main droite jouant dans mes cheveux, les ébouriffant un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà. Et finalement, lorsque je ressortais le nez de mon cahier, il était minuit cinquante. J'étais épuisé, mais prêt. Je m'apprêtais à refermer mon cahier lorsque je me rendis compte que la page de droite était couverte de poils blonds. Non, pas des poils. Des cheveux. Je fronçais les sourcils et regardait à terre avant d'arrondir les yeux. La quantité était encore plus impressionnante. Mais c'était impossible. C'était pas à moi ça. Mais lorsque je ramassais les longs fils blonds, je dû bien me rendre à l'évidence. J'étais seul dans ma chambre et ça ressemblait bien à mes cheveux. Mais j'avais pas pu perdre tout ça en si peu de temps. Mais soudain je me figeais. J'avais pas fait ça quand même... Je m'étais pas moi-même arraché les cheveux, c'était juste pas possible. C'était pas normal...


Si c'était possible. Et en plus ça avait continué. Encore aujourd'hui, tu avais honte. Tu tournas la page et sentis ton cœur s'accélérer. Sous tes yeux, Théo et toi, un sourire un peu idiot présent sur vos lèvres, les yeux pleins de tendresse, vos mains enlacés sous la neige de Londres lorsque vous y étiez allés pour le nouvel an. Vous n'aviez que dix-huit ans, mais déjà, vous aviez l'impression narcissique de tout connaître, de tout savoir de la vie, de l'amour. Vous vous aimiez et à l'époque ça te semblait largement suffisant.

Je souriais. C'était un merveilleux cadeau que les parents de Théo nous avait offert là. Un voyage à Londres pour le nouvel an. Que demander de mieux ? Ma main dans celle de Théo, mon épaule contre la sienne et une des plus belles villes du monde qui brillait de milles feux pour cette dernière soirée de l'année. Entre Théo et moi ça avait été... simple. Une évidence. Comme quelque chose qui coulait de source. Et voilà six mois qu'on était ensemble. Et j'étais heureux. Il respectait tout chez moi. Ma haine du corps humain (ce qui le privait de sexe... Et je me sentais coupable. Il avait beau me dire que ce n'était pas grave, qu'il m'aimait cent fois plus que le sexe, c'était tout de même de ma faute. Mais la seule fois où on avait essayé, j'avais littéralement bloqué), mon caractère de cochon le matin et j'avais même l'impression qu'à son contact, mes crises de boulimie s'apaisaient doucement, tout comme ma trichotillomanie. Un vrai bonheur.  Et surtout il était un ange, mon ange. Patient, calme, bavard, drôle... Je l'aimais tellement. Et une nouvelle fois, j'avais besoin de lui faire savoir. Alors je murmurais "Théo ?" et tandis qu'il se tournait vers moi, je posais mes lèvres sur les siennes, tentant par ce biais de lui faire comprendre à quel point je l'aimais.

Tu tournes la page en vitesse, ton cœur s'emballant. Tu savais que les premières photos avec Théodore seraient dures. Mais celles-ci te font un coup au cœur. Toi, chauve, blotti entre les bras de celui que tu aimais. Théodore avait tenu à prendre une photo ce jour là pour que tu puisses te rappeler ton courage. Tu te souvenais encore de ce moment où le métal froid de la tondeuse s'était posé sur ton crâne.

Théodore me fixait incertain, la tondeuse en main. Il faut dire que ma demande était plutôt originale. Je ne lui demanderais sans doute pas tout les jours de me raser le crâne. C'est sans doute pour cela que ses yeux sont si hésitants. Il sait à quel point les plaques sans cheveux que j'ai sur la tête sont dures à supporter pour moi, à quel point elles me font honte.Alors j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Si j'ai le crâne rasé, je n'aurais plus la tentation d'aller tirer et on ne verrait plus les trous. Mais ça ne me réjouissait pas de perdre mes cheveux. J'aime les mèches blondes qui couvraient mon crâne. J'ai peur. J'ai peur du résultat, j'angoisse de ne plus avoir rien pour me détendre. Pourtant, le regard plongé dans les prunelles grises de Théodore, je hoche fermement la tête. Si il faut en passer par là, alors je pourrais le supporter. Théodore passe derrière moi et allume la tondeuse avant que je ne sente la morsure du fer froid contre ma peau tandis que les premières mèches se retrouvent à terre. Alors, je ferme les yeux pour retenir mes larmes.

Lorsque Théodore murmura tristement "C'est fini Naël", je rouvrais lentement les yeux, craignant ce que j'allais voir dans le miroir. Mais la seule chose que je pus apercevoir furent les yeux incroyablement tristes et amoureux de Théo. Il finit par s'écarter et je ne pus retenir un cri lorsque j'aperçus mon reflet. Mon dieu. Je savais que le résultat ne serait pas beau, comment pourrait-il l'être alors que je me suis contraint et forcé à faire ça ? Mais malgré tout, je ne m'attendais tout de même pas à ça. Je ressemblais à un cancéreux, moi qui n'avait jamais été bien en chair, je semblais flotter dans mes habits... Seulement à cause de ma tête. C'était pas possible... C'était pas possible. Je réalisais que c'était pire, ma faiblesse était encore plus inscrite sur mon visage qu'auparavant. Sans un mot, Théo vint me cacher la vue du miroir, me prenant contre lui. Je m'accrochais à mon amour, retenant mes pleurs.


Tu grimaces. Parmi les idées pas brillantes que tu avais eu, celle de te faire la boule à zéro pour combattre ta trichotillomanie faisait sans doute partie des pires si ce n'était la pire. Et les mois qui avaient suivit avaient été douloureux tandis que tes cheveux repoussaient lentement. Mais pas tous. Tu savais pourquoi. Car sur la plupart que tu avais arraché, il y avait encore le bulbe, empêchant un cheveu de repousser à cet endroit. Et pour ça tu t'étais maudit. Dans tes moments de pure détresse, tu aurais pu te couper les doigts pour ne plus tirer sur tes cheveux tellement tu te haïssais. Comme un réflexe, tu replaçais tes cheveux pour t'assurer que tout les trous étaient bien couverts. Alors, tu tournas de nouveau la page. Tu te souviens de cette photo. C'était Clara, la grande soeur de Théo qui l'avait prise lorsqu'elle était venue vous voir. Lorsqu'elle était arrivée, vous étiez enlacés sous les draps, endormis. Vous trouvant trop mignon, elle avait immortalisée cet instant avant de vous relever à coup de verre d'eau dans la tronche. Mais toi, tu savais pourquoi vous vous étiez retrouvés comme ça.

Je ne savais plus où j'étais. Pourquoi j'étais là ? Pourquoi j'avais aussi froid ? Pourquoi j'avais plus rien sur la tête ? J'avais envie de tirer, de me détendre. J'en avais besoin en fait. Je voulais m'ancrer dans la réalité, mes doigts me démangeaient, j'avais beau tâter encore et encore mais rien. Pas le plus petit cheveu où s'accrocher, plus aucune attache où se rattraper. Plus que mon crâne, trop lisse. Je me mis à gratter nerveusement. J'avais besoin de m'occuper les doigts et gratter était la meilleure solution. Soudain, je sentis une étreinte chaude autour de moi tandis que des doigts délicats détachaient les miens de mon crâne et qu'une voix chaude soufflait mon prénom à mon oreille. Théo. Même dans le brouillard de la crise, je saurais le reconnaître entre mille. Alors, comme un instinct ancré en moi, mon corps se détendit lentement sous sa poigne et ses mots rassurants, réconfortants, tendres. Il finit par me transporter jusqu'à notre lit où épuisé, je m'endormis.

Tu redoutais de te retrouver face à la prochaine photo. Tu l'avais découpé dans un journal, c'était une photographie du jour de la condamnation de Théodore. Pourquoi ? Tu ne savais pas bien. Pour te souvenir des horreurs que ton "ange" avait commit peut-être. Sans doute d'ailleurs. Pourtant, il allait bien falloir tourner cette page. Tu savais qu'il ne te restait que trois photos, après, tu pourrais enfin te voiler de nouveau la face sur ton passé et surtout sur celui que tu aimais toujours. Alors, les doigts tremblants, tu passas à la photo suivante.

Je restais silencieux sur mon banc derrière Théo. Juste derrière lui. Les preuves étaient accablantes. C'était bien lui le coupable des viols des trois filles d'il y a un an. Il y a un an... Il y a un an il me rasait la tête. Il y a un an, il m'empêchait de sombrer dans la folie. Il y a un an, je l'aimais davantage que je ne l'avais jamais aimé. Et lui, il avait violé ces pauvres filles. En moi, les racines de la haine et de la trahison prenaient doucement place. Je me levais et quittais la salle d'audience. En m'entendant partir, Théo poussa un cri et tenta de me suivre, des sanglots dans la voix. Mais il fut retenu par deux gorilles et je pus aller pleurer tout mon soûl dans les toilettes. Pleurer l'adieu à l'homme que j'aimais. Pleurer la mort de mon amour. Papa... Où es-tu quand j'ai besoin de toi ? Alors, à défaut de l'étreinte de Théo, à défaut d'un signe de mon père, je me mis à tirer sur la dernière chose qui me restait pour ne pas totalement perdre pied.

Tu sentis les larmes te monter aux yeux, tu ne valais sans doute pas mieux que Théo. Car aujourd'hui encore, tu l'aimais tout en le haïssant ton ange. Mais par-dessus tout, tu te haïssais toi-même. Tu savais quelle était la photo qui allait suivre. Ta dernière conversation avec Théodore. Ton dernier baiser avec lui aussi. Tu n'avais jamais pu résister à ses yeux. Tout ce qu'il te demandait, tu y cédais. Et une nouvelle fois, c'était ce qui s'était passé.

J'avais le droit à une dernière discussion avec Théo avant qu'il parte en prison pour les reste de sa vie. Qu'est ce qu'on dit au mec qu'on a aimé pendant trois ans avant d'apprendre qu'il était un violeur ? Alors, je le fixais sans un mot, mal à l’aise, dégoûté de lui… Mais je n’y parvenais pas. Je voulais le haïr de toutes mes forces, de tout mon cœur, mais je ne pouvais pas. Peu importe combien je le désirais, cela m’était impossible. En le fixant dans les yeux, je savais. Théo finit par déclarer :
« -Je t’en supplie, ne me hais pas… »
Je comprenais à la supplication dans sa voix, au désespoir inscrit sur son visage, à la lueur d’amour éperdu qui flottait dans ses yeux que pour notre dernière rencontre, notre dernière conversation, il ne supporterait pas de voir la haine se peindre chez moi. Et pourtant, je ne pouvais pas ne pas le regarder avec un certain dégoût ce monstre qui avait prit l’apparence de mon ange. Lorsqu’il s’aperçut de cela, je pus le voir se décomposer. Sa souffrance s’affichait sur son visage, me plantant un poignard de plus dans le cœur. Je me haïssais de le faire souffrir tout comme je me haïssais de ne pas avoir su faire l’amour avec lui. La seule fois où nous avions essayé, j’avais littéralement bloqué, ma haine du corps humain avait prit le dessus. Théo finit par murmurer d’une voix hésitante, brisé :
« -Au moins, embrasse moi une dernière fois… S’il te plait Naël… »
Je le fixais, les larmes aux yeux. Même moi j’en avais envie de ce dernier baiser des condamnés. Mon dieu que ça semblait à la fois tragique et pathétique. Mais je m’en foutais. Je le haïssais. Je l’aimais. Et c’était sans doute la dernière fois de ma vie que je le voyais. Alors, sans réfléchir, je m’approchais doucement. Il m’attrapa par les hanches comme si j’allais disparaître à tout instant et m’attira doucement contre lui. Alors, je joignais mes mains derrière son cou pour lui offrir une dernière preuve d’amour. Ses larmes se mêlaient aux miennes et je dus finalement me détacher de ses lèvres par manque d’air. Je profitais encore quelques secondes d’être entre ses bras, savourant ce que je savais être notre dernière étreinte. Mon dieu que je l’aimais. Monstre que je devais être pour aimer un démon comme lui. Mais un démon qui m’aimait et à qui je le rendais bien. Je finis par reculer doucement d’un pas, mettant fin à tout. A notre amour. A notre relation. A notre vie commune. A notre bonheur. A ma vie. Alors, tandis qu’ils l’emmenaient, tandis qu’il gardait ses yeux fixés sur moi, je murmurais :
« -Adieu Théo. »
La porte se referma sur eux en un claquement de fin du monde.


Tu fermais les yeux. Dieu, que ça faisait mal, n’est-ce-pas ? Mais c’était ta pénitence. Pour n’avoir rien vu du monstre qui grandissait en celui que tu prétendais aimer. Mais si tu l’aimais vraiment, tu aurais vu non ? Tu serrais les poings, te refusant à céder aux larmes. Encore une photo et tout était fini. Une photo et tu pourrais de nouveau te voiler la face bien comme il faut. Tu tournais doucement la page et effleurais du bout des doigts la photo d’identité qui avait été prise à ton entrée à Ostrov. Tu te souvenais parfaitement bien de ce jour où ta vie avait basculée un peu plus bas une nouvelle fois.

Je tentais de rester le plus neutre possible dans cette voiture qui m’emmenait vers mon futur enfer personnel (bien que ce que je vivais jusqu’à aujourd’hui ne soit pas bien reluisant non plus). Ostrov Island. J’en avais entendu parler à de nombreuses reprises mais jamais je n’aurais imaginé m’y retrouver un jour. Il faut croire que tout arrive. Sans doute que si ma mère ne m’avait pas retrouvé en position fœtale au milieu des sachets de bouffes éventrés et de mèches de cheveux arrachés par poignées ainsi qu’avec un verre explosé près de ma tête le jour de l’anniversaire de Théo, rien de tout cela ne serait arrivé. Mais j’avais paniqué. C’est tout. Je n’avais pas pu servir d’autre excuse au médecin lorsqu’il m’avait demandé pourquoi j’avais fait ça. Parce que je n’en avais pas d’autre tout simplement. Et puis il me faisait chier avec ses questions aussi ! Putain on est dans un pays libre non ? Bordel ! Je faisais bien ce qui me chantait quand ça me chantait et si j’avais envie de m’ouvrir les veines sur mon putain de parquet c’est moi que ça regarde et pas cette bande de cons !


Tu te souvenais encore de ce qui avait suivi. Tu étais arrivé à Ostrov Island dans une de tes crises de colère, tu avais littéralement pété un câble contre tout ceux qui t’entouraient et tu avais passé trois jours en isolement suite à ça. Bien pour commencer un séjour en hôpital psychiatrique. Surtout que, le fait qu’il avait suffit d’une simple signature de ta mère et du médecin pour t’envoyer ici ne t’avait pas aider à te calmer. Et voilà maintenant bientôt cinq ans que tu étais enfermé entre ces murs. Autant de temps que Théo ne quittait jamais ton cerveau. Tu refermais ton album prêt à oublier ton passé à nouveau et à reprendre ta routine. Mais peut-être que bientôt, tout allait changer.

   
Lore
prénom : On m'appelle Lore ^^ âge : 16 ans type de personnage : Inventé  d'où connais-tu le forum ? comment le trouves-tu ? Google est ton ami... A part ça, ce forum est juste... Fantastique !    as-tu lu le règlement ? Yep Sir  autre chose à dire ? Nop Sir.

   

   
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Dernière édition par Gwenaël Lefebvre le Lun 5 Déc - 21:41, édité 5 fois
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EST ÂGÉ DE : 22 ans
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Soan A. Calloway

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Jeu 1 Déc - 22:29

Bienvenue officiellement parmi nous

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EST ÂGÉ DE : vingt-sept ans.
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Héloïse Winchester

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Jeu 1 Déc - 23:01

bienvenue parmi nous bonne chance pour le reste de ta fiche

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but you know happiness can be found even in the darkest of times, when one only remembers to turn on the light.
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Crabe De Compagnie
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EST ÂGÉ DE : 50 ans
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Uddi D. Møller

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Jeu 1 Déc - 23:43

Bienvenue !
Hâte de lire la suite de ta fiche
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ADMINISTRATRICE
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CRÉDITS : 'Joke
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SITUATION : Dans une belle merde...
EST ÂGÉ DE : 27 ans
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MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 6:57

Encore bienvenue !
Ton personnage a l'air très intéressant.

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★ I keep dragging around what's bringing me down ★
Did you lose what won't return? Did you love but never learn? Did it hurt so much you thought it was the end? Did you break but never mend? Lose your heart but don't know when. The fire's out but still it burns. And no one cares, there's no one there.
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EST ÂGÉ DE : 53 ans
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Isak Gallagher

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 7:02

Bienvenue parmi nous! J'ai trop envie de lire ta fiche

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HURTS LIKE HELL
How can I put it down into words. When it's almost too much for my soul alone. I loved and I loved and I lost you.And it hurts like hell  -Lyubov'
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Invité
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Invité

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 9:58

Bienvenue
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PILULES AVALÉES : 283
MIROIR : Ebba Zingmark
IDENTITÉ : Larme d'Étoile ou Senara
CRÉDITS : Éléa (avatar) ; minori (signature) ; tumblr pour les gifs
A DÉBARQUÉ LE : 30/10/2016
FORCE : 1078

SITUATION : célibataire, mais le verbe aimer n'a pas vraiment de sens pour elle
EST ÂGÉ DE : 22 ans
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Sixtine Emerson

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 16:46

Bienvenue parmi nous
Hâte de voir ton personnage évoluer par ici (oui, j'ai été espionner dans la partie invité :haha: )
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PILULES AVALÉES : 97
MIROIR : Thomas Brodie Sangster
IDENTITÉ : Lore
CRÉDITS : MISH.MISH
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SITUATION : Célibataire toujours amoureux... Et haineux
EST ÂGÉ DE : 24 ans
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Gwenaël Lefebvre

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 18:34

Merci à tous !
Ah le stress, j'espère que Gwen sera à la hauteur de vos attentes *flippe un peu du coup*
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MIROIR : carey mulligan
IDENTITÉ : Verendrye
CRÉDITS : Avatar : Verendrye
A DÉBARQUÉ LE : 26/09/2016
FORCE : 4032

SITUATION : Des rumeurs courent disant que le coeur de la blonde ne serait plus à prendre. Si elle est toujours là, c'est pour lui.
EST ÂGÉ DE : 31 ans
avatar
Nirina Vespucci

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 21:06

T'inquiètes je suis sûr qu'on va l'aimer
Et bienvenue parmi nous
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PILULES AVALÉES : 267
MIROIR : Chris Wood
IDENTITÉ : Kay
A DÉBARQUÉ LE : 11/09/2016
FORCE : 858

SITUATION : Coeur pris... mais il ne battra bientôt plus
EST ÂGÉ DE : Vingt-sept ans
avatar
Edward Dawkins

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Ven 2 Déc - 22:38

Officiellement bienvenue
Bon courage pour ta fiche
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PILULES AVALÉES : 97
MIROIR : Thomas Brodie Sangster
IDENTITÉ : Lore
CRÉDITS : MISH.MISH
A DÉBARQUÉ LE : 01/12/2016
FORCE : 452

SITUATION : Célibataire toujours amoureux... Et haineux
EST ÂGÉ DE : 24 ans
avatar
Gwenaël Lefebvre

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Lun 5 Déc - 14:58

Merci à vous deux ! ^^
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ADMINISTRATRICE
PILULES AVALÉES : 455
MIROIR : Amber Heard
IDENTITÉ : yellowsubmarine
A DÉBARQUÉ LE : 25/12/2015
FORCE : 1382

SITUATION : elle a perdu son fiancé, lâchement assassiné par un fou furieux
EST ÂGÉ DE : 27 ans
avatar
Calypso Maddox

MessageSujet: Re: Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne   Mar 6 Déc - 11:59


Félicitations !

Wow, quelle belle écriture, et cette histoire Tout est bon

Te voilà maintenant validé En premier lieu, nous te demanderons d'aller vérifier que ton avatar est bien recensé. Désormais, tu as la possibilité d'aller te créer un scénario. Tu devras ensuite aller créer ta fiche de liens et celle de tes sujets. Oh, n'oublie pas de faire ta demande de logement ou de dortoir ! Ensuite, rendez-vous dans ce sujet, que vous soyez psychiatres ou patient, pour vous recenser ! Bon jeu sur Ostrov Island !

_________________
she exists as in dreams. she has no sense of reality. she gets nervous because people are always interrupting her daydreams.
IT'S ALWAYS ME ALONE.
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Vis ta vie et laisse moi survivre à la mienne

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